
Résumé
Au Sénégal, une nouvelle génération de dirigeants marque un tournant dans la gouvernance nationale. Le plébiscite d’El Malick Ndiaye, 41 ans, comme président de l’Assemblée nationale, accompagné de Diomaye Faye, 44 ans, président de la République, et Ousmane Sonko, 50 ans, Premier ministre, illustre une rupture générationnelle. Ces figures incarnent une gouvernance en phase avec une population où 64 % des citoyens ont moins de 25 ans. À l’opposé, le Cameroun reste dirigé par une classe politique vieillissante, avec des figures comme Paul Biya, 91 ans, président depuis 1982, et Marcel Niat Njifenji, 89 ans, président du Sénat. Cet article examine les implications de cette disparité générationnelle dans la gouvernance des deux pays, en s’appuyant sur des données démographiques, sociopolitiques et des études académiques.
Mots-clés
Jeunesse, gouvernance générationnelle, Sénégal, Cameroun, leadership, démographie, innovation politique, El Malick Ndiaye, Diomaye Faye, Ousmane Sonko.
Abstract
In Senegal, a new generation of leaders marks a turning point in national governance. The election of El Malick Ndiaye, 41, as Speaker of the National Assembly, alongside President Diomaye Faye, 44, and Prime Minister Ousmane Sonko, 50, demonstrates generational renewal. These leaders reflect governance aligned with a population where 64% are under 25 years old. Conversely, Cameroon remains governed by an aging political class, exemplified by Paul Biya, 91, in power since 1982, and Marcel Niat Njifenji, 89, Senate President. This paper explores the implications of this generational disparity in governance between the two countries, leveraging demographic, sociopolitical data and academic studies.
Keywords
Youth, generational governance, Senegal, Cameroon, leadership, demographics, political innovation, El Malick Ndiaye, Diomaye Faye, Ousmane Sonko.
Introduction
La gouvernance contemporaine en Afrique pose une question cruciale : l’âge des dirigeants reflète-t-il les aspirations des populations jeunes ? Le Sénégal s’impose comme un exemple d’adaptation générationnelle, avec des figures telles qu’El Malick Ndiaye (41 ans), président de l’Assemblée nationale, Diomaye Faye (44 ans), président de la République, et Ousmane Sonko (50 ans), Premier ministre.
Face à cette dynamique, le Cameroun reste ancré dans une gouvernance vieillissante, illustrée par Paul Biya (91 ans), Marcel Niat Njifenji (89 ans) et Cabaye Yeguié Dibril. Cette disparité soulève des interrogations sur les impacts d’un leadership jeune par rapport à un leadership âgé, en termes d’innovation politique, de participation citoyenne et de représentativité.
Cet article explore ces enjeux en comparant le Sénégal et le Cameroun, à travers une analyse approfondie des données démographiques et des réalités politiques.
I. La Jeunesse au Pouvoir au Sénégal : Un Changement de Paradigme
1. El Malick Ndiaye, un symbole de renouveau
À 41 ans, El Malick Ndiaye est devenu en 2024 le plus jeune président de l’Assemblée nationale du Sénégal depuis l’indépendance. Ancien économiste et militant pour la transparence institutionnelle, il incarne une génération de leaders marquée par la modernité.
2. Un exécutif jeune et homogène
• Diomaye Faye, président de la République, 44 ans : avocat de formation, il s’est imposé comme un défenseur de la justice sociale et de la réforme institutionnelle.
• Ousmane Sonko, Premier ministre, 50 ans : ancien inspecteur des impôts, connu pour son franc-parler et son combat contre la corruption.
3. Alignement avec une démographie jeune
Selon les données de l’ONU (2023), 64 % de la population sénégalaise a moins de 25 ans, et la médiane d’âge est de 19 ans. Cette jeunesse se reflète désormais dans un leadership politique, favorisant une meilleure inclusion et des politiques publiques adaptées.
4. Réformes en cours
Depuis leur arrivée, ces dirigeants ont lancé entre autres :
• Des programmes d’entrepreneuriat pour les jeunes.
• Une digitalisation accrue de l’administration publique.
• Un soutien massif à l’éducation technique et à la santé reproductive.
II. Le Cameroun : Un Leadership Vieillissant, une Gouvernance en Déphasage
1. Une élite vieillissante aux commandes
• Paul Biya, 91 ans, président depuis 1982 : au pouvoir depuis plus de 42 ans, il est l’un des chefs d’État les plus âgés et les plus anciens en fonction dans le monde.
.Cavayé Yeguié Djibril, né le 1er janvier 1940 à Mada I, président de l’Assemblée nationale depuis 1992 ,.
• Marcel Niat Njifenji, président du Sénat, 89 ans : ancien ingénieur et figure de l’élite politique camerounaise depuis des décennies.
2. Un contraste frappant avec la démographie nationale
Selon la Banque mondiale (2023), le Cameroun partage une structure démographique similaire au Sénégal, avec une médiane d’âge de 18,7 ans et 62 % de la population âgée de moins de 25 ans. Malgré cela, l’écart générationnel entre les dirigeants et les citoyens reste massif.
3. Conséquences pour la gouvernance
• Une faible participation des jeunes aux décisions publiques.
• Des politiques souvent perçues comme déconnectées des réalités de la jeunesse.
• Une lenteur dans l’adoption des innovations technologiques et des réformes institutionnelles.
III. Gouverner par Génération : Avantages et Défis
1. Les atouts du leadership jeune
• Adaptabilité : Compréhension des enjeux contemporains tels que la technologie et l’environnement.
• Mobilisation : Capacité à engager une jeunesse souvent marginalisée dans le processus décisionnel.
• Innovation : Introduction de nouvelles idées et approches dans la gestion publique.
2. Les défis du rajeunissement
• Manque d’expérience : Les jeunes leaders peuvent commettre des erreurs stratégiques par manque de recul.
• Fragilité institutionnelle : Le renouvellement doit s’accompagner d’une stabilité institutionnelle pour éviter des ruptures brutales.
3. L’équilibre générationnel idéal
Les systèmes politiques doivent s’appuyer sur une diversité générationnelle, combinant la créativité des jeunes et l’expérience des aînés pour une gouvernance optimale.

2. Implications pour les politiques publiques
Au Sénégal, la jeunesse au pouvoir favorise des initiatives telles que :
• L’entrepreneuriat digital.
• Les réformes dans le système éducatif.
Au Cameroun, l’inertie politique empêche souvent une réponse adéquate aux défis des jeunes, tels que le chômage ou l’accès aux services sociaux.
Conclusion
Le Sénégal démontre qu’une gouvernance en phase avec sa jeunesse peut catalyser l’innovation et renforcer la participation citoyenne. À l’inverse, le Cameroun illustre les défis d’un leadership vieillissant face à une société jeune. Cette analyse invite à repenser la place des jeunes dans la gouvernance en Afrique, dans un contexte où l’âge des dirigeants influence directement l’efficacité des politiques publiques.
Bibliographie
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