Plongez au cœur du voyage académique du Pr Jimmy Yab, Président de l’Observatoire Chine Afrique Francophone, en Chine.
À travers cette playlist, découvrez une série de vidéos enrichissantes qui retracent ses rencontres, ses analyses et ses observations sur le modèle de développement chinois. Entre échanges universitaires, visites institutionnelles et réflexions stratégiques, ce voyage met en lumière les opportunités de coopération entre la Chine et l’Afrique francophone.
Au programme :
– Immersion dans les universités et institutions chinoises
– Analyse des politiques économiques et sociales
– Perspectives d’innovation, d’éducation et de développement
CHAPITRE 5 : UN RETOUR FORCÉ EN ANGLETERRE: MALADIE ET EXIL MÉDICAL, SYMBOLE ULTIME DE L’EFFONDREMENT DU SYSTÈME
Radio du pied à l’hôpital ST Mary
L’adieu à ma mère aurait dû marquer un moment de recueillement et de résilience. Mais à peine les obsèques achevées, mon corps, épuisé par la douleur, le stress et les épreuves endurées, a cédé. Paludisme, anémie, fatigue extrême, blessures dues à mon accident de moto, entorse… Mon état de santé s’est rapidement détérioré, au point de ne plus pouvoir rester au Cameroun. Ironie cruelle du destin : alors que je venais d’enterrer celle qui m’a donné la vie, je me retrouvais moi-même en danger de mort dans mon propre pays.
Le Cameroun m’a forcé à l’exil, non pas pour des raisons politiques, mais pour un impératif vital : survivre. J’ai dû quitter précipitamment Yaoundé et embarquer pour Londres, où je suis aujourd’hui hospitalisé à St Mary’s Hospital, bénéficiant des soins d’un système médical digne de ce nom. Ce seul fait résume le drame absolu du Cameroun contemporain : un pays où même un universitaire, un intellectuel, un leader politique, ne peut espérer guérir sans fuir.
Mais cette opportunité d’accès aux soins à l’étranger, je ne la dois ni au gouvernement camerounais ni à un quelconque mérite national. Je la dois exclusivement à mon parcours académique, à mes études supérieures en Angleterre, à mon PhD en politique obtenu à l’Université de Southampton – l’une des meilleures universités du Royaume-Uni –, et à ma résidence permanente dans ce pays où vit une partie de ma famille. Si je n’avais pas eu ce privilège, que me serait-il arrivé ? Que se passe-t-il pour les millions de Camerounais qui, eux, n’ont pas d’issue de secours ?
Car la vérité est brutale : le système de santé camerounais est une condamnation à mort pour les pauvres et un simple désagrément pour les riches. Tandis que le peuple se débat dans des hôpitaux délabrés, manquant de médicaments, d’équipements et de personnel, les élites du régime, elles, prennent le premier vol pour Paris, Genève ou Bruxelles au moindre malaise. L’apartheid sanitaire est une réalité au Cameroun : il y a un système de santé pour les puissants, et un autre pour les damnés de la terre.
Ce chapitre est un acte d’accusation. Il démontrera, à travers mon expérience personnelle et des faits tangibles, l’ampleur du scandale du système de santé camerounais :
1. Un système de santé à l’agonie : un pays où tomber malade est une condamnation
– Comment l’hôpital public camerounais est devenu un mouroir pour la population
– Les chiffres alarmants de la mortalité et du sous-financement du secteur
– Le manque criant de personnel médical et la fuite massive des médecins à l’étranger
2. Le scandale des évacuations médicales : un apartheid sanitaire entretenu par les élites
– Pourquoi les dirigeants camerounais refusent-ils de se soigner dans leurs propres hôpitaux ?
– Des milliards de francs CFA engloutis chaque année dans les soins à l’étranger pour les ministres et leurs familles
– Comment cet apartheid médical institutionnalisé maintient le système dans son sous-développement chronique
3. Que serait-il arrivé si je n’avais pas eu accès aux soins à l’étranger ?
– Une analyse des conséquences d’une hospitalisation « classique » dans un hôpital camerounais
– Les statistiques implacables sur la mortalité due aux maladies évitables
– L’injustice fondamentale d’un système de santé qui condamne les pauvres et protège les nantis
À travers ce témoignage, je pose une question fondamentale : Pourquoi un pays qui produit d’excellents médecins et qui regorge de ressources naturelles ne peut-il pas garantir un accès aux soins de base à ses citoyens ? La réponse est simple : parce que nos dirigeants n’ont aucun intérêt à améliorer le système de santé tant qu’ils peuvent eux-mêmes se faire soigner ailleurs.
Le Cameroun est malade. Mais son cancer n’est pas le paludisme, ni la fatigue, ni les blessures mal soignées. Son cancer, c’est un régime qui a décidé que la santé du peuple ne valait rien. Ce chapitre est un cri d’alerte, une dénonciation frontale d’un État qui laisse mourir ses citoyens dans l’indifférence la plus totale, pendant que ses dirigeants s’offrent les meilleurs hôpitaux du monde.
Si je suis encore en vie, c’est parce que j’ai pu partir. Mais combien de Camerounais meurent chaque jour faute d’avoir eu, comme moi, une porte de sortie ?
I. Un système de santé à l’agonie : un pays où tomber malade est une condamnation
Au Cameroun, la maladie n’est pas simplement une épreuve physique ; elle se transforme souvent en une sentence fatale en raison de l’effondrement du système de santé. Les infrastructures médicales sont en ruine, les équipements obsolètes ou inexistants, et le personnel médical, bien que dévoué, est submergé et insuffisamment formé. Cette réalité tragique est accentuée par des statistiques alarmantes qui témoignent de l’ampleur du désastre sanitaire.
St Mary’s Hospital
Espérance de vie et mortalité infantile : des indicateurs au rouge
L’espérance de vie au Cameroun stagne à environ 51 ans, un chiffre qui reflète les conditions de vie précaires et l’accès limité aux soins de santé de qualité. La mortalité infantile est tout aussi préoccupante, avec un taux de 122 décès pour 1 000 naissances vivantes, plaçant le pays parmi ceux où la survie des enfants est la moins assurée.
Mortalité maternelle : un fléau persistant
Les femmes enceintes au Cameroun affrontent des risques considérables. Le taux de mortalité maternelle est estimé à 406 décès pour 100 000 naissances vivantes, un chiffre qui illustre les carences en matière de soins prénatals et obstétricaux. Cette situation est exacerbée par des inégalités régionales flagrantes, certaines zones enregistrant des taux encore plus élevés.
Paludisme : une menace omniprésente
Le paludisme demeure l’une des principales causes de morbidité et de mortalité au Cameroun. Il représente environ 23,7 % de la charge morbide totale et 25 % des décès, affectant particulièrement les enfants de moins de cinq ans. Malgré ces chiffres alarmants, les efforts de prévention et de traitement restent insuffisants, laissant une grande partie de la population vulnérable face à cette maladie dévastatrice.
Infrastructures et personnel médical : un déficit criant
Le pays compte environ 6 770 formations sanitaires, dont 3 351 publiques. Cependant, cette offre est largement insuffisante pour une population de plus de 22 millions d’habitants. Les zones rurales sont particulièrement défavorisées, avec des centres de santé souvent éloignés, mal équipés et manquant de personnel qualifié. Cette situation conduit de nombreux Camerounais à parcourir de longues distances pour accéder à des soins de base, un parcours semé d’embûches qui décourage plus d’un.
Dépenses de santé : un fardeau pour les ménages
L’accès aux soins est également entravé par le coût prohibitif des services médicaux. Selon l’Organisation mondiale de la santé, 97 % des dépenses de santé des ménages camerounais sont constituées de paiements directs au point de service, une réalité qui plonge de nombreuses familles dans la précarité lorsqu’une maladie survient. Cette situation est d’autant plus scandaleuse que, parallèlement, les élites politiques et économiques du pays n’hésitent pas à se faire soigner à l’étranger aux frais de l’État, illustrant une inégalité criante dans l’accès aux soins.
Une urgence sanitaire nationale
Le système de santé camerounais est en état de délabrement avancé, transformant chaque maladie en une potentielle condamnation à mort pour les citoyens ordinaires. Les indicateurs de santé sont alarmants, les infrastructures insuffisantes et le personnel médical en sous-effectif chronique. Il est impératif que des réformes profondes et immédiates soient entreprises pour redresser ce secteur vital, garantir un accès équitable aux soins de santé et restaurer la confiance de la population dans son système de santé.
II. Le scandale des évacuations médicales : un apartheid sanitaire entretenu par les élites
Petit Déjeuner à St’s Mary Hospital
Au Cameroun, le système de santé est en proie à une crise profonde, caractérisée par des infrastructures délabrées, un personnel médical insuffisant et des équipements obsolètes. Dans ce contexte, les évacuations sanitaires à l’étranger sont devenues une pratique courante pour les élites politiques et économiques, créant ainsi une fracture sanitaire béante entre les privilégiés et le reste de la population.
Une pratique coûteuse et inéquitable
Les évacuations sanitaires consistent à transférer des patients vers des établissements de santé étrangers pour des soins non disponibles ou inaccessibles localement. Si, en théorie, cette option devrait être exceptionnelle, elle est devenue la norme pour les dirigeants camerounais. En 2008, le ministère de la Santé publique recensait une soixantaine d’évacuations pour un coût avoisinant 600 millions de FCFA . Bien que les données récentes soient rares, les estimations suggèrent que ces chiffres ont considérablement augmenté, atteignant des montants faramineux.
Cette pratique soulève des questions éthiques majeures. Alors que les élites bénéficient de soins de qualité à l’étranger aux frais de l’État, la majorité des Camerounais sont contraints de se contenter d’un système de santé national défaillant. Cette situation crée une véritable ségrégation sanitaire, où l’accès aux soins dépend du statut social et des connexions politiques.
Un système de santé national en déliquescence
Le recours systématique aux évacuations médicales par les élites est symptomatique de la dégradation du système de santé camerounais. Les hôpitaux publics souffrent d’un manque chronique de financement, de personnel qualifié et d’équipements adéquats. Les patients doivent souvent fournir eux-mêmes le matériel médical de base, et les ruptures de stock de médicaments essentiels sont fréquentes. Cette réalité contraste fortement avec les sommes colossales dépensées pour les évacuations sanitaires des privilégiés.
Des coûts exorbitants pour des résultats discutables
Les évacuations sanitaires représentent une charge financière considérable pour l’État camerounais. En 2014, le Cameroun a fait interner 213 patients dans les hôpitaux français, principalement dans le cadre d’évacuations sanitaires . Le coût d’une évacuation sanitaire par Europ Assistance est estimé entre 20 et 40 millions de FCFA par patient, sans compter les frais annexes tels que le transport, l’hébergement et les soins post-hospitalisation. Ces dépenses exorbitantes profitent à une infime minorité, tandis que l’investissement dans les infrastructures de santé locales demeure insuffisant.
Un détournement des ressources publiques
Le financement des évacuations sanitaires est souvent opaque, et les fonds publics alloués à ces opérations échappent à tout contrôle citoyen. Cette opacité favorise les abus et les détournements de fonds, au détriment du développement d’un système de santé performant pour l’ensemble de la population. Les ressources consacrées aux évacuations pourraient être réinvesties dans la modernisation des infrastructures sanitaires nationales, la formation du personnel médical et l’approvisionnement en équipements et médicaments de qualité.
Vers une réforme nécessaire et urgente
Pour mettre fin à cette injustice sanitaire, il est impératif de réformer en profondeur le système de santé camerounais. Cela passe par une allocation budgétaire accrue en faveur de la santé publique, une gestion transparente et efficace des ressources, et une volonté politique de réduire les inégalités d’accès aux soins. Les évacuations sanitaires devraient redevenir des exceptions, réservées aux cas réellement intraitables localement, et non un privilège pour une élite déconnectée des réalités de la majorité.
Le scandale des évacuations médicales au Cameroun illustre un apartheid sanitaire institutionnalisé, où les élites se soignent à l’étranger aux frais de l’État, tandis que la population est abandonnée à un système de santé moribond. Il est urgent de repenser les priorités sanitaires du pays pour garantir un accès équitable aux soins pour tous les Camerounais.
III. Que serait-il arrivé si je n’avais pas eu accès aux soins à l’étranger ?
Si aujourd’hui je peux encore écrire ces lignes, c’est parce que j’ai eu la chance – ou plutôt le privilège – d’avoir eu accès à des soins médicaux de qualité en Angleterre. Mais ce privilège ne m’a pas été offert par le Cameroun, mon pays d’origine. Je le dois uniquement à mon parcours académique, à mes études supérieures en Angleterre et à ma résidence permanente dans ce pays, où une partie de ma famille vit. Si je n’avais pas eu cette opportunité, si je faisais partie des millions de Camerounais condamnés à se soigner sur place, mon sort aurait été tout autre.
Un destin bien différent dans un hôpital camerounais : la roulette russe sanitaire
Que se serait-il passé si j’avais dû me soigner dans un hôpital public camerounais ? Le scénario est glaçant : une attente interminable dans un couloir bondé, faute de lits disponibles. Une prise en charge retardée, car il aurait fallu que j’achète moi-même les médicaments et même le matériel médical de base. Des soins bâclés par un personnel soignant surmené et démoralisé, travaillant dans des conditions indignes.
Avec une fatigue extrême, une anémie avancée, une entorse sévère et des blessures consécutives à mon accident, sans parler du paludisme et de la fièvre violente qui m’épuisaient déjà, il est presque certain que mon état aurait empiré rapidement. L’absence d’équipements modernes, l’indisponibilité des médicaments et le manque de réactivité des structures hospitalières camerounaises auraient transformé mon hospitalisation en une véritable descente aux enfers.
Les chiffres de l’échec : un système de santé qui tue
Les statistiques sont implacables. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le Cameroun affiche l’un des taux de mortalité hospitalière les plus élevés d’Afrique. En 2021, le taux de mortalité infantile y était de 52 décès pour 1 000 naissances, contre 4 décès pour 1 000 naissances au Royaume-Uni. La mortalité maternelle y est également alarmante, avec 529 décès pour 100 000 naissances, contre 7 décès pour 100 000 en Angleterre (source : OMS, 2023). Ces chiffres traduisent un système de santé où chaque hospitalisation devient un pari avec la mort.
Le paludisme, qui était l’une des principales causes de ma maladie, reste la première cause de mortalité au Cameroun. En 2022, plus de 3 500 personnes en sont mortes, et la maladie continue de ravager les populations les plus vulnérables, faute de prévention et de traitements adéquats (source : Ministère de la Santé du Cameroun, 2023).
Si l’on ajoute à cela les pénuries de sang dans les banques de transfusion, l’absence de soins spécialisés en traumatologie et la vétusté des équipements médicaux, il est évident qu’en restant au Cameroun, mon pronostic vital aurait été engagé.
Le cauchemar des hôpitaux camerounais : quand se soigner est un luxe
Le budget de la santé publique au Cameroun est dérisoire : seulement 5,1 % du budget national y est alloué en 2023, bien en deçà des 15 % recommandés par l’OMS. Cette négligence budgétaire se traduit par des hôpitaux sous-équipés, des médecins en sous-effectif et des patients abandonnés à leur sort.
Les hôpitaux publics sont devenus des mouroirs. Dans les urgences, les malades sont souvent laissés sur le sol, faute de lits disponibles. Dans certains cas, les cadavres restent plusieurs heures dans les salles faute de morgue fonctionnelle. Les médecins eux-mêmes, mal payés et désabusés, fuient le pays. Environ 40 % des médecins formés au Cameroun exercent aujourd’hui à l’étranger (source : Conseil Médical du Cameroun, 2023).
Et si j’avais été un Camerounais « ordinaire » ?
Si je n’avais pas eu le privilège de pouvoir me faire soigner en Angleterre, je serais aujourd’hui un simple numéro dans les statistiques morbides du Cameroun. Je serais peut-être mort d’un accès de paludisme mal traité. Peut-être que l’infection causée par mes blessures se serait aggravée en septicémie, faute d’antibiotiques adaptés. Peut-être que l’anémie aurait eu raison de mon corps affaibli, faute de transfusion sanguine rapide.
Combien de Camerounais meurent chaque jour dans l’indifférence générale faute d’accès aux soins ? Combien de familles doivent assister, impuissantes, à l’agonie de leurs proches, simplement parce qu’ils n’ont pas les moyens de se faire évacuer à l’étranger comme le font les ministres et les hauts fonctionnaires ?
Ce n’est pas une fatalité. C’est une injustice. C’est la conséquence directe d’un système de santé sacrifié sur l’autel du clientélisme et de l’incompétence.
Quand l’injustice sanitaire devient une condamnation sociale
Le scandale des évacuations sanitaires des élites est un apartheid médical institutionnalisé. D’un côté, une minorité qui voyage en avion privé vers les hôpitaux de Paris, Genève ou Londres, aux frais du contribuable. De l’autre, une population abandonnée à un système hospitalier sinistré, où l’espérance de vie est inférieure à 60 ans.
Moi, j’ai eu la chance de partir. Mais cette chance, combien l’ont ? Combien de Camerounais meurent simplement parce qu’ils sont nés du mauvais côté de la barrière sociale ?
Se pose alors la question fondamentale : pourquoi, en 2025, un citoyen camerounais doit-il fuir son propre pays pour espérer survivre ? Pourquoi le Cameroun, qui a vu naître de brillants médecins et chercheurs, est-il incapable de garantir des soins de base à sa population ?
La réponse est simple : parce que nos dirigeants ont décidé que la santé du peuple ne les concernait pas. Parce qu’ils se soignent ailleurs, ils ne ressentent pas l’urgence de moderniser nos hôpitaux. Ils n’investissent pas dans la santé publique, car ils savent qu’en cas de problème, ils prendront le premier avion pour la France ou la Suisse.
Le réveil est nécessaire
Si mon hospitalisation en Angleterre m’a permis de survivre, elle m’a aussi ouvert les yeux sur l’ampleur du drame qui se joue au Cameroun. Ce n’est pas un simple dysfonctionnement, c’est un crime. C’est un abandon collectif.
Il est temps que les Camerounais réalisent que la santé n’est pas un privilège réservé à une élite. C’est un droit fondamental. Il est temps que les milliards dépensés pour les évacuations médicales des ministres soient réinvestis dans la construction d’hôpitaux modernes. Il est temps de demander des comptes à ceux qui, depuis des décennies, sacrifient la vie de millions de citoyens pour leur propre confort.
Aujourd’hui, je suis vivant. Mais demain, combien d’autres mourront faute d’avoir eu, comme moi, une porte de sortie ? Combien de familles perdront un père, une mère, un enfant, simplement parce qu’ils sont Camerounais et non ministres ?
Cette injustice ne peut plus durer. L’histoire jugera ceux qui, par leur incompétence et leur cynisme, ont transformé un pays en un cimetière à ciel ouvert.
Conclusion: Quand tomber malade devient un crime de pauvreté
Mon exil médical en Angleterre n’était pas un choix, mais une nécessité. Mon corps, épuisé par des semaines d’intenses épreuves, n’a pas résisté. Malaria, anémie, blessures, fatigue extrême… des maladies qui, ailleurs, auraient été prises en charge rapidement, mais qui, au Cameroun, peuvent signifier une condamnation à mort. J’ai eu la chance de partir, de bénéficier d’un système de santé digne de ce nom, mais cette opportunité est un luxe inaccessible pour des millions de mes compatriotes.
Ce chapitre a démontré, à travers mon propre vécu, l’effondrement du système de santé camerounais, devenu un champ de ruines où la maladie est une loterie fatale pour les pauvres et un désagrément temporaire pour les élites. Le drame du Cameroun n’est pas un manque de ressources, mais un manque de volonté politique. Un pays qui produit des médecins d’exception, qui regorge de ressources naturelles et dont les élites dépensent des fortunes pour se soigner à l’étranger ne peut pas prétendre manquer des moyens pour offrir des soins de qualité à son peuple.
Mais pourquoi améliorer un système de santé quand ceux qui dirigent ne comptent jamais l’utiliser ?
Telle est la question fondamentale que pose le scandale des évacuations médicales. Pourquoi construire des hôpitaux performants au Cameroun quand un billet d’avion pour Paris, Genève ou Bruxelles suffit à garantir les meilleurs soins aux dirigeants ? Tant que cette inégalité flagrante existera, le Cameroun ne pourra jamais évoluer.
Le système de santé est à l’image du régime : un cercle vicieux d’incompétence, de cynisme et d’abandon. La maladie, au Cameroun, est devenue une question de classe sociale, une tragédie évitable que le gouvernement refuse de résoudre. Pendant que le peuple meurt dans l’indifférence, les dignitaires du régime dépensent chaque année des milliards de francs CFA en soins à l’étranger, au mépris des citoyens qui les ont élus.
Mon cas personnel illustre une vérité brutale : au Cameroun, seule l’élite au pouvoir a le droit de survivre. Moi, j’ai pu partir. Mais combien de Camerounais meurent chaque jour faute de médicaments, d’équipements, ou simplement d’un médecin disponible ? Combien de mères voient leurs enfants leur être arrachés parce qu’une perfusion, une simple poche de sang ou un respirateur n’étaient pas disponibles ? Combien de destins brisés par un système qui considère la vie humaine comme une variable négligeable ?
L’effondrement du système de santé camerounais n’est pas une fatalité. C’est une décision politique. Tant que le pays sera gouverné par une élite qui ne croit pas en ses propres infrastructures, qui méprise son peuple et qui refuse de bâtir un État digne de ce nom, la maladie continuera d’être une condamnation pour les plus vulnérables. L’histoire jugera ces criminels qui, au lieu de servir le peuple, l’ont condamné à mourir dans la souffrance et l’indifférence.
Si je suis encore en vie aujourd’hui, c’est parce que j’ai pu fuir. Mais qu’adviendra-t-il de ceux qui n’ont pas d’issue de secours ?
CHAPITRE 4: QUAND L’ADIEU À MA MÈRE DEVIENT UN RÉVÉLATEUR: OBSÈQUES, EXCLUSION SOCIALE ET TRAHISON DES TRADITIONS SOUS LE RÉGIME DU RDPC
Introduction : Un dernier hommage dans un pays fracturé
Un enterrement est bien plus qu’un simple rituel funéraire ; il est un moment de communion, un témoignage de respect et d’amour, un acte de mémoire collective. C’est une parenthèse où la famille, les amis, les collègues, et la communauté se rassemblent, non seulement pour pleurer une disparition, mais aussi pour célébrer une vie. Pourtant, dans le Cameroun du RDPC, même un événement aussi sacré qu’un dernier hommage devient un terrain d’affrontement politique, une démonstration de l’exclusion sociale systémique imposée par le régime en place.
Lorsque j’ai conduit les obsèques de ma mère, je m’attendais à un moment de recueillement, à un instant où l’unité familiale et communautaire transcenderait les divisions. Mais ce que j’ai vu, ressenti et vécu ce jour-là a révélé avec une brutalité implacable l’état de décomposition avancée de la société camerounaise sous le joug du RDPC. L’absence de mes collègues de l’IRIC, l’Institut des Relations Internationales du Cameroun, a mis en lumière une intelligentsia soumise, réduite au silence et privée de toute ambition intellectuelle indépendante. La non-présence des figures influentes du parti au pouvoir dans ma famille a confirmé la politisation extrême des relations sociales. L’absence des chefs traditionnels, censés être les garants de la cohésion communautaire, a démontré que même le socle de nos traditions a été infiltré et perverti par le régime.
Ce dernier hommage à ma mère ne fut donc pas qu’une simple cérémonie d’adieu. Il s’est transformé en un révélateur brutal des fractures profondes qui rongent le Cameroun : un pays où l’appartenance politique détermine l’inclusion ou l’exclusion sociale, où la fonction publique est devenue une machine de clientélisme et d’intimidation, où la chefferie traditionnelle a troqué son indépendance pour une servitude politique, et où l’élite intellectuelle a renoncé à son rôle critique pour devenir une chambre d’écho du pouvoir.
Avec le Patriarche Marcel YONDO et Vincent NKONG- NJOCK
Cette partie explore ces différentes dimensions de la fracture sociale et politique du Cameroun à travers quatre aspects majeurs :
1. L’absence des collègues de l’IRIC : quand l’élite intellectuelle choisit le silence plutôt que l’engagement
• Loin d’être un simple incident anecdotique, le refus des membres de l’IRIC de venir rendre hommage à ma mère illustre un malaise profond dans l’intelligentsia camerounaise. L’institut, censé former les futurs cadres diplomatiques du pays, est devenu une maison de résonance du RDPC, un bastion du conformisme où toute pensée critique est réprimée. À travers cette analyse, nous verrons comment le Cameroun a brisé l’esprit de ses intellectuels, les transformant en bureaucrates dociles, incapables de défendre des idées de progrès et de développement.
2. L’exclusion sociale sous le RDPC : un système de domination par la peur et l’isolement
• Le RDPC ne se contente pas d’exercer un pouvoir autoritaire sur les institutions, il fracture aussi le tissu social en opposant ceux qui lui sont loyaux à ceux qui osent penser autrement. L’absence des membres influents du parti lors des obsèques de ma mère démontre la profondeur de cette stratégie d’isolement et de répression sociale. Ce chapitre analyse comment le RDPC a réussi à diviser même les familles, à créer un climat de méfiance où le simple fait d’assister aux funérailles d’un opposant politique est perçu comme un acte de dissidence.
3. L’absence de la chefferie traditionnelle : la domestication des gardiens des traditions par le régime
• Dans les sociétés africaines, les chefs traditionnels sont censés être les piliers de la cohésion sociale, les protecteurs des valeurs ancestrales et les arbitres des conflits. Pourtant, au Cameroun, ils sont devenus des marionnettes du pouvoir, subordonnés au RDPC et contraints d’ignorer les souffrances de leurs propres populations. L’absence des chefs lors des funérailles de ma mère n’était pas un simple oubli, mais un acte politique : une démonstration de leur soumission totale à un régime qui les a vidés de leur autorité morale. Ce chapitre démontrera comment la capture de la chefferie par l’État a affaibli les structures communautaires et rendu les populations encore plus vulnérables face aux abus du pouvoir central.
4. Un hommage authentique : quand la vraie famille transcende les divisions artificielles
• Malgré ces absences et ces trahisons, la cérémonie a révélé une autre vérité : celle d’une famille véritable, non pas celle dictée par la politique ou les affiliations, mais celle du quotidien, du partage, de l’amour sincère et inconditionnel. Si les figures influentes du RDPC et les élites corrompues ont choisi de briller par leur absence, les amis sincères, les voisins, les proches et les anonymes ont répondu présents, prouvant que la solidarité humaine ne peut être totalement étouffée par la machine du régime. La messe pontificale, célébrée par Mgr Achille Eyabi, a marqué un moment de recueillement et de dignité, prouvant que, même dans un pays fracturé, certains espaces de vérité et d’humanité persistent.
Ainsi, ces obsèques ont été bien plus qu’un adieu à une mère ; elles ont été le miroir des maux profonds du Cameroun sous le RDPC. Elles ont révélé l’ampleur de l’exclusion sociale orchestrée par le régime, la soumission de l’élite intellectuelle, la trahison des valeurs traditionnelles par la chefferie et, paradoxalement, la force de la solidarité humaine face à l’oppression.
Un enterrement ne devrait jamais être un acte politique, et pourtant, au Cameroun, il l’est devenu. Quand même les morts ne peuvent rassembler les vivants, c’est que le régime en place a réussi à pervertir jusqu’aux liens les plus sacrés de la société. Mais l’histoire nous enseigne aussi que tout système de domination fondé sur la peur et la division finit un jour par s’effondrer.
Ce récit est donc à la fois un constat amer et un appel à la résilience : tant que l’humain prévaudra sur la politique, tant qu’il y aura des hommes et des femmes refusant de plier devant l’injustice, alors l’exclusion sociale imposée par le RDPC ne sera jamais totale.
I. L’absence des collègues de l’IRIC : Quand l’élite intellectuelle choisit le silence plutôt que l’engagement
L’intellectuel est censé être une boussole pour la société, un phare dans l’obscurité du conformisme et de la pensée unique. Pourtant, au Cameroun, l’élite académique s’est transformée en spectatrice silencieuse du délitement national. Le silence assourdissant de mes collègues de l’IRIC lors des obsèques de ma mère est la preuve que, dans ce pays, même la mort est politisée.
L’IRIC, censé former les élites diplomatiques du Cameroun, devrait être un creuset de réflexion critique sur l’État, la gouvernance et les relations internationales. Mais au lieu de cela, il est devenu une maison de résonance du RDPC, où la pensée critique s’arrête là où commence la peur des représailles.
Le jour des funérailles, je n’ai pas seulement enterré ma mère. J’ai aussi constaté la mort de la solidarité intellectuelle, l’agonie d’un milieu académique qui a renoncé à sa mission première : éclairer la société, dénoncer l’injustice, être un contre-pouvoir.
Quand le silence devient une forme de complicité
Si mes collègues de l’IRIC ont brillé par leur absence, ce n’est pas parce qu’ils ne pouvaient pas venir. C’est parce qu’ils ont choisi de ne pas être associés à un homme qui défie l’ordre établi. Le simple fait d’assister aux obsèques d’un intellectuel engagé dans l’opposition politique est perçu comme une prise de position risquée. Dans le Cameroun de Paul Biya, tout geste, même le plus anodin, est scruté à travers le prisme de l’allégeance au pouvoir.
Ce mutisme collectif est révélateur d’une dynamique plus large. L’universitaire camerounais, jadis figure respectée et redoutée du débat public, est devenu un fonctionnaire de la pensée, un bureaucrate du savoir, un diplomate du silence. Son rôle n’est plus de questionner l’État, mais de le légitimer par des discours vides et des recherches sans impact.
L’intellectuel camerounais : un prisonnier volontaire du système
Pourquoi ce silence ? Par peur, bien sûr. Au Cameroun, l’intellectuel qui ose parler est puni ; celui qui se tait est récompensé. Les nominations, les subventions, les promotions sont conditionnées par un allégeance tacite au régime. L’université, censée être un sanctuaire de la pensée libre, est aujourd’hui un laboratoire de l’autocensure.
En refusant de s’associer à un collègue qui défie le pouvoir, mes anciens camarades de l’IRIC ont confirmé qu’ils sont prisonniers d’un système où l’intellectuel ne doit pas penser, mais réciter. Ils ont choisi la prudence plutôt que la loyauté, la carrière plutôt que le courage, le silence plutôt que la vérité.
Une élite qui trahit sa mission
L’intellectuel n’a pas pour mission de se cacher derrière des titres et des privilèges. Il a le devoir de questionner, de déranger, de proposer. Mais au Cameroun, il est devenu un spectateur passif, un témoin muet de la déchéance nationale.
Le silence de mes collègues n’est pas juste une lâcheté individuelle, c’est une trahison collective. Une trahison de la jeunesse qui attend des modèles, une trahison du peuple qui a besoin de guides, une trahison de la mémoire des penseurs africains qui ont risqué leur vie pour une société plus juste.
À quoi sert un intellectuel qui ne pense pas ? À quoi sert un enseignant qui n’enseigne pas la vérité ? À quoi sert une élite qui préfère la soumission au combat ?
Dans ce Cameroun où l’intelligence est devenue un crime et le silence une vertu, il n’est plus étonnant que la médiocrité triomphe et que l’exclusion soit le prix du courage.
II. L’exclusion sociale sous le RDPC : un système de domination par la peur et l’isolement
Le régime du RDPC ne se contente pas de gouverner par la force ou la fraude électorale. Il contrôle aussi la société par un mécanisme insidieux : l’exclusion sociale. Dans le Cameroun de Paul Biya, ne pas appartenir au RDPC, c’est être marginalisé, isolé, traité comme un paria.
Un système qui brise les liens sociaux
L’absence de nombreux proches, collègues et figures influentes lors des obsèques de ma mère en est une illustration parfaite. Ce n’était pas un oubli. Ce n’était pas une coïncidence. C’était un message. Un message envoyé par un système qui punit ceux qui osent penser différemment. Refuser de soutenir le RDPC, c’est être mis au ban de la société, c’est voir ses relations s’effriter, c’est devenir un “intouchable” dans son propre pays.
Ce phénomène ne me concerne pas uniquement. Il est vécu par des milliers de Camerounais qui osent ne pas plier le genou devant le parti au pouvoir. Dans l’administration, dans les entreprises, dans les familles mêmes, le RDPC a instauré une logique d’exclusion où l’appartenance politique détermine qui a droit au respect, à l’entraide, au simple lien humain.
Diviser pour mieux régner
La stratégie est claire : créer une fracture sociale entre ceux qui “sont avec le parti” et ceux qui refusent de se soumettre. Ce n’est pas un hasard si les cadres du RDPC n’étaient pas présents aux funérailles. Ce n’est pas un hasard si même certains membres de ma famille affiliés au parti ont préféré l’absentéisme. La peur du régime est si profonde que même rendre hommage à une défunte devient un acte politique risqué.
On retrouve ce même mécanisme dans les milieux professionnels. Dans l’administration, une promotion n’est pas accordée sur la base du mérite, mais sur l’allégeance au RDPC. Dans les universités, les enseignants critiques sont mis à l’écart, bloqués dans leur avancement, exclus des cercles de décision. L’État ne se contente pas d’exclure ses opposants politiquement, il les condamne aussi à une mort sociale.
Une exclusion qui rappelle les divisions religieuses coloniales
L’absence de certains membres de ma famille aux obsèques de ma mère a révélé une vérité encore plus tragique : au Cameroun, la politique a remplacé la religion comme principal facteur de division sociale.
Autrefois, les familles africaines ont été déchirées par l’arrivée des religions monothéistes, qui ont imposé de nouveaux dogmes en opposition aux traditions ancestrales (Mudimbe, 1988). Aujourd’hui, le RDPC applique la même stratégie : il divise les familles, sépare les amis, et impose une allégeance idéologique comme condition d’intégration sociale.
• Soit vous êtes avec eux, soit vous êtes contre eux.
• Soit vous faites allégeance au RDPC, soit vous êtes considéré comme un paria.
Ce schéma a remplacé les valeurs d’entraide et de solidarité par une logique d’exclusion, où les liens de sang sont moins importants que les liens partisans.
Dans un pays où le pouvoir est monopolisé par une oligarchie vieillissante, l’adhésion au RDPC est devenue une condition de survie, et la neutralité un crime silencieux.
L’intimidation et le chantage comme outils de gouvernance
L’intimidation, dans ce contexte, devient un outil de gouvernance, ou du moins, de maintien du pouvoir. L’absence d’une réponse claire et cohérente du gouvernement face aux défis sociaux (comme la destruction du pont de Nkanla) est l’expression la plus évidente de ce climat de peur. Les citoyens, les intellectuels, les leaders communautaires savent qu’ils devront payer un prix s’ils osent défier l’ordre établi. C’est cette peur d’être écarté, ostracisé, voire puni, qui rends toute tentative d’opposition ou de protestation presque impossible.
Le mécanisme de chantage est subtil mais efficace : si vous ne vous alignez pas sur le pouvoir, vous perdez vos privilèges, vos relations, vos opportunités de carrière. Dans un pays où les moyens économiques et les opportunités sont limités, cette pression sociale devient écrasante. Cela pousse de nombreux Camerounais à se conformer au régime, non par conviction, mais par peur d’être réduits au silence, à la marginalisation, voire à l’anonymat total.
III. L’absence de la chefferie traditionnelle : la domestication des gardiens des traditions par le régime
Dans les sociétés africaines précoloniales, la chefferie traditionnelle était l’incarnation de l’autorité légitime, du lien ancestral et du garant de l’harmonie communautaire. Elle jouait un rôle central dans la régulation sociale, la résolution des conflits et la préservation des valeurs culturelles. Les chefs traditionnels étaient des figures respectées, au-dessus des querelles politiques, servant d’intermédiaires entre les vivants et les ancêtres, entre le peuple et les forces spirituelles.
Or, l’un des aspects les plus frappants des obsèques de ma mère a été l’absence des autorités traditionnelles, censées être les gardiennes du respect et de l’ordre moral dans nos communautés. Comment expliquer qu’une institution aussi ancrée dans notre histoire ait été dévoyée au point de devenir un simple prolongement du pouvoir politique ?
De la légitimité coutumière à l’asservissement politique : une trahison des valeurs ancestrales
Sous le régime du RDPC, les chefferies traditionnelles ont progressivement perdu leur autonomie pour devenir des instruments dociles du pouvoir central. Cette capture institutionnelle s’est faite par plusieurs moyens :
1. La cooptation et la nomination des chefs traditionnels par l’État
• Avant l’indépendance et dans les premières décennies postcoloniales, les chefs étaient désignés selon des critères historiques et coutumiers. Aujourd’hui, le RDPC a transformé cette fonction en un poste politique. Les chefs qui refusent de prêter allégeance au parti sont marginalisés, remplacés ou tout simplement ignorés.
• L’État ne reconnaît officiellement que les chefs qui servent ses intérêts, créant ainsi une fracture entre les chefs légitimes selon la tradition et ceux fabriqués par le pouvoir.
2. L’intégration des chefs dans l’appareil du RDPC
• À travers le décret présidentiel de 1977, modifié plusieurs fois, les chefs traditionnels ont été transformés en auxiliaires de l’administration, les obligeant à faire allégeance au parti unique.
• Certains d’entre eux deviennent des militants actifs du RDPC, servant plus les intérêts du parti que ceux des populations qu’ils sont censés représenter.
• Ils participent aux campagnes électorales, mobilisent leurs sujets pour voter en faveur du RDPC et répriment toute contestation locale.
3. L’instrumentalisation économique et financière des chefferies
• Les chefs traditionnels reçoivent des salaires de l’État, ce qui les place dans une situation de dépendance vis-à-vis du régime.
• En échange de cette subvention, ils doivent servir de relais du pouvoir en place, empêcher les contestations locales et neutraliser toute opposition politique dans leur territoire.
Cette domestication des chefferies traditionnelles par le RDPC a vidé ces institutions de leur essence. Plutôt que d’être des figures neutres et protectrices des populations, les chefs sont devenus des courroies de transmission du pouvoir.
L’absence de la chefferie à mes obsèques : un symbole de soumission totale au régime
Dans une société où la tradition reste profondément ancrée, les funérailles d’une personne sont un moment sacré où les chefs coutumiers ont un rôle crucial à jouer. Ils viennent honorer la mémoire du défunt, témoigner de la continuité du lien entre les vivants et les ancêtres, et réaffirmer l’appartenance du disparu à la communauté.
Le fait que les autorités traditionnelles aient brillé par leur absence lors des funérailles de ma mère n’était pas anodin. Il s’agissait d’un acte politique, une preuve de l’emprise totale du RDPC sur ces institutions supposées être indépendantes.
• Ce silence n’était pas un oubli, mais une allégeance : l’omission de leur présence à cette cérémonie reflète leur crainte d’être perçus comme proches d’un opposant politique.
• L’évitement était un message : en s’abstenant de participer, ces chefs montraient leur soumission totale au pouvoir en place, préférant l’obéissance au RDPC plutôt que le respect des traditions et des valeurs ancestrales.
Cette absence ne concernait pas seulement ma famille. Elle est le symptôme d’une situation bien plus grave qui touche toutes les familles camerounaises :
• Lorsqu’une chefferie traditionnelle préfère suivre les ordres d’un parti politique plutôt que de remplir son devoir envers son peuple, c’est que la société est en perdition.
• Lorsqu’un chef traditionnel doit choisir entre sa loyauté à l’État et son engagement envers son peuple, c’est que l’État a corrompu le fondement même de notre civilisation.
Dans un Cameroun où le RDPC a remplacé les coutumes par l’obéissance aveugle, où la parole des anciens est soumise aux injonctions de Yaoundé, que reste-t-il du respect des traditions ?
IV. Un hommage authentique : quand la vraie famille transcende les divisions artificielles
Le moment de recueillement, célébré par Mgr Achille Eyabi, docteur de l’Eglise, Evêque d’Eseka, fut une véritable messe pontificale, un hommage qui a transcendé les divisions artificielles et révélé la vraie famille. Ce fut un succès total, marquant la célébration de la vie de ma mère dans la vérité et la dignité, et une victoire de l’humanité sur la politique de division du pouvoir en place.
L’hommage rendu à ma mère fut un acte profondément émouvant et significatif, marquant bien plus qu’une simple cérémonie funéraire. Il fut, en effet, un moment de vérité et de résistance silencieuse face à la fracture sociale orchestrée par le régime du RDPC. Un hommage où la “vraie famille” s’est manifestée dans sa plus pure expression, dépassant les clivages politiques, les rivalités partisanes et les exclusions sociales. Cet hommage fut, avant tout, un rappel que, malgré les divisions imposées par le pouvoir, la véritable unité ne réside pas dans les alliances artificielles, mais dans la solidarité authentique des hommes et des femmes unis par des liens d’affection, d’histoire et de culture commune.
L’absence des membres du RDPC, ainsi que des collègues de l’IRIC, m’a profondément interpellé. Il n’était pas question ici de politique, mais de l’essence même de l’humanité : rendre hommage à un être cher, célébrer une vie, marquer un départ dans la dignité. Cette absence n’était pas seulement symbolique ; elle fut une démonstration flagrante de l’exclusion sociale systématique dont les citoyens sont victimes lorsqu’ils ne se conforment pas à la vision étroite et totalitaire du pouvoir en place. Il est difficile de ne pas voir dans cette absence une volonté délibérée d’ostracisme. Le RDPC, par son attitude, a non seulement marginalisé mon engagement politique, mais a également séparé les familles, transformant ce qui devrait être un acte de solidarité humaine en un enjeu de loyauté partisane.
Mais, malgré tout, l’âme de cette cérémonie fut celle de la famille véritable. Contrairement à l’image imposée par ceux qui se sont opposés à mon engagement, la famille qui a entouré ma mère, la véritable famille, n’a pas été celle qui se définissait par des liens politiques, mais par des liens de cœur et de mémoire. Elle n’a pas été celle des partis et des distinctions, mais celle des gens du peuple, des amis sincères, des voisins, des parents d’hier et d’aujourd’hui. Cette famille-là, la seule qui vaille, est celle qui transcende les barrières politiques et les préjugés. Elle est celle qui prend soin de l’autre sans attendre d’avantages politiques. Elle est celle qui, en silence, tisse les liens humains, ceux qui sont plus forts que toutes les manipulations et exclusions sociales.
Il est particulièrement révélateur de constater que l’absence de mes collègues de l’IRIC et des responsables du RDPC contraste directement avec la présence de ceux qui, de manière authentique, ont montré leur solidarité. Parmi eux, il y avait ceux qui se sont toujours tenus aux côtés de ma famille, indépendamment de la politique ou des affiliations partisanes. La véritable famille se compose de ceux qui sont là, dans les bons et mauvais moments, de ceux qui ont choisi de ne pas être aveuglés par des idéologies politiciennes, mais de faire preuve de respect humain et de fraternité. C’est cette famille-là qui, par sa présence, a dignement honoré la mémoire de ma mère.
Le contraste était d’autant plus frappant avec l’absence de la chefferie traditionnelle, pourtant supposée être un pilier de la communauté. Là aussi, cette absence n’était pas accidentelle. Elle témoigne de la manière dont les institutions traditionnelles, jadis considérées comme les garantes de l’unité communautaire, ont été infiltrées et dénaturées par le régime en place. La chefferie, autrefois perçue comme le lien social par excellence, a été réduite à un simple instrument de pouvoir, corrompu et isolé de la réalité du peuple. Elle ne pouvait, de ce fait, se rendre présente pour rendre hommage à une personnalité véritablement incarnée par la communauté, qui n’était pas issue de la sphère politique mais de la vie quotidienne.
L’absence de ces différentes figures du pouvoir n’a donc fait que souligner la vérité sur la société camerounaise actuelle : une société déchirée, divisée par des lignes tracées artificiellement par le régime, où la solidarité, l’humanité et l’empathie sont constamment écartées au profit d’une loyauté aveugle envers un système qui se nourrit de la division et de la peur. Mais dans ce contexte, un hommage authentique a su prendre forme, non pas à travers les gestes des puissants, mais grâce à ceux qui, loin de l’ombre de l’idéologie du RDPC, ont honoré ma mère avec sincérité et respect.
Conclusion : Un dernier adieu sous le poids d’un régime diviseur
Ce qui aurait dû être un moment de recueillement, un hommage solennel rendu à une mère disparue, s’est transformé en une démonstration éclatante du mal profond qui ronge la société camerounaise. Sous le régime du RDPC, même la mort ne suffit plus à rassembler, car elle est désormais soumise aux calculs politiques, aux allégeances partisanes et aux fractures sociales imposées par un pouvoir qui ne tolère aucune voix dissonante.
L’absence des collègues de l’IRIC a révélé l’emprise d’une culture du silence et du conformisme sur une élite intellectuelle qui, plutôt que de jouer son rôle de vigie de la société, se contente d’être l’écho du pouvoir en place. L’exclusion sociale dont j’ai été victime, au sein même de ma propre famille élargie, a mis en lumière l’un des piliers du système RDPC : diviser pour mieux régner, en instillant la peur et en brisant les liens naturels de solidarité. La soumission de la chefferie traditionnelle, autrefois bastion de la cohésion communautaire, montre combien le régime a su s’approprier les structures ancestrales pour les transformer en instruments de légitimation de son pouvoir.
Pourtant, au milieu de cette mise en scène de l’isolement et de la trahison des valeurs essentielles, une vérité éclatante s’est imposée : la vraie famille n’est pas celle dictée par les appartenances politiques, les titres ou les privilèges, mais celle qui demeure fidèle, qui résiste aux pressions et qui se tient debout dans l’épreuve. C’est cette famille-là, composée des proches sincères, des villageois et des âmes libres, qui a rendu un hommage digne à ma mère et a refusé de céder à la logique d’exclusion imposée par le régime.
Ainsi, ces obsèques sont devenues bien plus qu’une cérémonie funéraire : elles ont été une illustration tragique de la manière dont le RDPC a transformé la société camerounaise en une arène de suspicion, d’allégeance contrainte et d’opportunisme politique. Mais elles ont aussi été un acte de résistance, la preuve que malgré l’emprise du pouvoir, des poches de dignité subsistent et s’affirment.
L’histoire retiendra que, même sous le poids de la répression et de la manipulation, il existe encore des Camerounais capables de dire non à la division, capables d’honorer leurs morts sans compromission et de maintenir vivantes les valeurs de solidarité et d’authenticité que le régime tente d’enterrer. Mon adieu à ma mère a donc été aussi un adieu à une illusion : celle d’un Cameroun encore capable de fraternité sous ce régime. Mais il a été aussi un serment : celui de continuer à me battre pour un pays où plus jamais la mort ne servira d’instrument de ségrégation politique.
À gauche, mon arrivée au Cameroun, à droite, mon départ du Cameroun
INTRODUCTION: Un voyage de deuil, un retour à l’enfer
Dans le cadre de mes publications académiques, j’ai souvent l’opportunité de voyager, de parcourir le monde pour confronter mes idées avec d’autres chercheurs, pour débattre de la gouvernance, du développement et des systèmes politiques. Mais aucun voyage ne m’a autant marqué que mon retour au Cameroun pour les obsèques de ma mère.
Parti au pays avec deux pieds, j’en suis reparti avec trois, une béquille sous le bras et le poids du désespoir dans le cœur. Ce n’était pas qu’un deuil personnel que je vivais, mais le deuil d’un pays en perdition, d’un État en lambeaux, d’une société où la souffrance est devenue une norme et où l’injustice est érigée en système.
Ce récit n’est pas seulement le témoignage d’un seul individu que je suis, il s’agit d’une réalité partagée par des millions de Camerounais qui, qu’ils soient sur place ou à l’étranger, sont piégés dans un pays où tout est conçu pour briser les âmes, humilier les citoyens et les priver de leur dignité. Ce que j’ai vécu en quelques semaines est le quotidien de ceux qui y survivent chaque jour : des infrastructures abandonnées, un État absent, une administration corrompue, un système de santé en ruine et une société profondément divisée par la politique du régime en place.
À travers cinq étapes marquantes – de la destruction d’un pont à Ngompem et du mépris des autorités, à ma tentative désespérée de reconstruire ce que l’État refusait de réparer ( à mes propres frais = 3 500 000 FCFA) , en passant par un accident sur des routes délabrées, l’isolement social dû à mon engagement politique et un exil médical forcé – je raconte ici le calvaire d’un peuple pris au piège d’un régime qui ne lui offre qu’une alternative : la soumission ou la mort.
Le Cameroun de Paul Biya est devenu un enfer à ciel ouvert où la misère est institutionnalisée, où la jeunesse est abandonnée, où les élites gouvernantes ne se préoccupent que de leur propre survie. Ce texte n’est pas un simple témoignage, c’est un cri d’alarme, une radiographie d’un pays en état de décomposition avancée. Il met en évidence les maux profonds qui gangrènent notre société et appelle à une prise de conscience collective, car il ne s’agit pas que du sort d’un individu, mais bien de l’avenir de tout un peuple.
CHAPITRE 1 . L’indifférence criminelle de l’État : 31 Décembre 2025 à Pouma, le combat pour un pont et la dignité des citoyens
Lorsque je suis retourné au Cameroun après quelques jours Angleterre après un séminaire, pour les obsèques de ma mère, je ne m’attendais pas à être confronté à l’une des formes les plus manifestes du mépris de l’État pour ses citoyens : la privation du droit fondamental à la mobilité. À Ngompem, dans l’arrondissement de Pouma, un pont essentiel reliant le même village avait été détruit depuis plus de trois ans par une entreprise privée opérant sous le regard passif des autorités locales.
Ce pont, loin d’être un simple ouvrage d’ingénierie, représentait un lien vital pour les populations locales, leur permettant d’accéder aux marchés, aux écoles, aux hôpitaux et aux services administratifs. Sans lui, ces citoyens étaient réduits à l’isolement, coupés du reste du pays comme des prisonniers enfermés dans un ghetto à ciel ouvert.
Au conseil municipal
Le 31 décembre 2024, je me suis rendu au conseil municipal de Pouma pour exiger des explications. Face à moi, le représentant du Préfet de la SANAGA MARITIME, le maire adjoint de Pouma, le sous-préfet, les membres du conseil municipal, tous figures d’une administration qui prétend gouverner mais qui, en réalité, abandonne ses citoyens à leur sort. Ils ne voulaient pas me donner la parole, comme si évoquer le sort de ces populations invisibilisées était une offense. Ils ne voulaient pas entendre que depuis trois à quatre ans, des Camerounais étaient privés de leur droit le plus élémentaire : celui de se mouvoir. Leur attitude était symptomatique d’un régime qui a fait de la surdité institutionnelle un mode de gouvernance.
L’infrastructure : un luxe réservé aux grandes villes et aux élites
Pont détruit de NKANGLA
Le cas du pont de Ngompem n’est pas un incident isolé. Il est le reflet d’un problème systémique au Cameroun : la négligence des infrastructures, en particulier celles situées en dehors des centres urbains stratégiques. Selon un rapport de la Banque Mondiale (2022), plus de 60% des routes au Cameroun sont en mauvais état, et près de 45% des localités rurales sont difficilement accessibles pendant la saison des pluies. Pourtant, la Constitution camerounaise et plusieurs engagements internationaux signés par l’État garantissent le droit à la libre circulation comme un principe fondamental.
Alors que les membres du gouvernement voyagent en jets privés et que les hauts fonctionnaires circulent dans des véhicules de luxe achetés avec l’argent du contribuable, des millions de Camerounais risquent leur vie chaque jour sur des routes défoncées, des ponts effondrés, des pistes impraticables. L’injustice saute aux yeux : l’argent qui aurait pu être investi pour améliorer les infrastructures publiques est détourné pour enrichir une élite restreinte qui ne se sent redevable à personne.
Le mépris des autorités : une politique de l’inaction
Lors de cette réunion du conseil municipal, j’ai vu de mes propres yeux à quel point les dirigeants locaux ne se sentaient ni responsables ni concernés par les souffrances des populations qu’ils sont censés administrer. Non seulement ils ont refusé de me donner la parole, mais ils ont également cherché à minimiser le problème, comme si trois ans d’isolement forcé n’étaient qu’un désagrément mineur.
Ce mépris pour les doléances des citoyens est un des traits caractéristiques du régime Biya. D’après le classement 2023 de l’Indice Ibrahim de la gouvernance africaine, le Cameroun se classe 35e sur 54 pays africains en matière de participation et de droits humains, ce qui reflète le manque de considération des autorités pour les préoccupations des populations. L’administration camerounaise fonctionne comme une forteresse bureaucratique coupée du monde réel, où les décisions sont prises sans consultation, où l’inaction est la règle et où toute voix dissidente est réduite au silence.
L’absence de responsabilité : une impunité institutionnalisée
Le scandale du pont de Ngompem n’est qu’un exemple parmi tant d’autres où l’administration refuse de rendre des comptes. Qui est responsable de sa destruction ? Pourquoi aucune entreprise n’a été tenue de le reconstruire ? Où sont passés les fonds censés être alloués à l’entretien des infrastructures ? Ces questions restent sans réponse, car dans un pays où la corruption siphonne près de 30% du budget de l’État chaque année (Transparency International, 2023), les dirigeants ne se sentent pas obligés de justifier leur incompétence.
En réalité, la destruction du pont est le résultat d’un système où les entreprises privées, souvent liées à des membres influents du régime, peuvent détruire des infrastructures publiques en toute impunité, sans jamais être inquiétées. L’administration locale, au lieu de défendre les intérêts des populations, se contente d’observer passivement, ou pire, de tirer profit de ces situations.
Une administration qui nie l’humanité de son peuple
Ce qui m’a le plus marqué lors de cette confrontation avec le conseil municipal de Pouma, ce n’est pas seulement leur refus de m’écouter, mais l’indifférence avec laquelle ils ont balayé les souffrances de milliers de personnes. Cette attitude traduit une vérité plus profonde : dans le Cameroun de Paul Biya, l’État ne considère pas ses citoyens comme des êtres humains dignes de respect, mais comme des sujets dont on peut ignorer les droits et la dignité.
Il ne s’agit pas seulement d’un pont détruit. Il s’agit d’une politique d’abandon délibéré, d’une stratégie où l’État punit les populations rurales en les privant des services les plus élémentaires. Il s’agit d’une mentalité où la classe dirigeante vit dans une bulle de privilèges pendant que le reste du pays s’enfonce dans la misère et l’oubli.
Ce jour-là, en quittant la salle du conseil municipal sans avoir été écouté, j’ai compris une chose essentielle : dans ce pays, il ne suffit pas de dénoncer, il faut agir, car l’État ne viendra jamais au secours de son peuple. Et c’est ainsi que j’ai pris la décision qui allait marquer la deuxième étape de mon séjour : reconstruire moi-même ce que le gouvernement avait laissé s’effondrer.
CHAPITRE 2. Construire avec le peuple ce que l’État a détruit : un acte de résistance face à l’abandon
J’ai eu l’honneur de donner des séminaires à l’École Internationale de Guerre de Yaoundé, un lieu emblématique où se forment les esprits stratégiques les plus brillants d’Afrique. C’est dans cet environnement que j’ai saisi pleinement une vérité souvent ignorée : l’armée n’est pas seulement une institution militaire, elle est l’épine dorsale de la souveraineté nationale, le dernier bastion de la démocratie et un moteur de transformation sociale.
Aujourd’hui, le Cameroun traverse des turbulences multiples. Sa jeunesse, confrontée à un chômage galopant, à l’effritement des valeurs traditionnelles et à la montée des divisions sociopolitiques, manque cruellement de repères. Les institutions civiles vacillent sous le poids des crises, et les conflits internes dans les régions anglophones ou l’Extrême-Nord menacent l’unité nationale. Dans ce contexte, l’armée camerounaise se dresse comme un pilier inébranlable, garantissant la stabilité démocratique et incarnant une citoyenneté active.
Il est vrai que l’armée n’échappe pas à la critique. Certains abus isolés dans les zones de conflit ont alimenté des débats houleux, et des organisations internationales ont pointé du doigt des dysfonctionnements. Pourtant, réduire cette institution à ces incidents serait une erreur profonde et injuste. Car, au-delà des polémiques, l’armée camerounaise est un modèle incontestable de discipline, de patriotisme et de service communautaire. Elle transcende son rôle militaire pour devenir un acteur de développement, de cohésion sociale et un repère essentiel pour une jeunesse en quête de direction.
Plus qu’un simple rempart contre les menaces internes et externes, l’armée est aujourd’hui le dernier garant de la démocratie camerounaise. Dans une sous-région marquée par des coups d’État et des transitions forcées, elle a su maintenir une neutralité politique exemplaire et protéger les fondements constitutionnels du pays. À une époque où la résilience de l’État est testée, où les tensions identitaires mettent à mal l’unité, et où les jeunes cherchent une voie, le Cameroun a plus que jamais besoin de son armée pour préserver sa souveraineté et raviver l’espoir d’une nation unie.
Cet article défend une thèse inhabituelle mais profondément ancrée dans la réalité : l’armée camerounaise, malgré ses défis, incarne le dernier rempart contre la fragmentation sociale et politique.Par ses actions de développement communautaire, son engagement civique et son rôle stabilisateur, elle représente une institution indispensable pour la survie et l’épanouissement du modèle républicain camerounais. Quand tout vacille, l’armée demeure le socle sur lequel le Cameroun peut reconstruire son avenir.
I. L’armée camerounaise : un modèle de citoyenneté républicaine
Dans un Cameroun marqué par des fractures sociales et des tensions régionales, l’armée camerounaise s’est affirmée comme un pilier de la citoyenneté républicaine. Sa mission dépasse le simple maintien de l’ordre et la défense des frontières. Elle incarne des valeurs fondamentales qui structurent la société : l’unité nationale, la discipline, le respect des institutions et la promotion d’une citoyenneté active.
A. Une institution garante de l’unité nationale
Depuis l’indépendance, l’armée camerounaise a été pensée comme une institution capable de transcender les divisions ethniques et linguistiques du pays. À travers une politique de recrutement inclusive, elle reflète la diversité culturelle du Cameroun, ce qui renforce son rôle dans la consolidation de l’unité nationale.
Selon Tchouala (2018), « la structure multiethnique des forces armées camerounaises symbolise une volonté de dépasser les clivages identitaires et de forger un véritable esprit de fraternité nationale ».
• Exemple concret : Chaque année, l’École Militaire Interarmées (EMIA) forme des officiers provenant de toutes les régions du Cameroun. Ces futurs cadres, en interagissant avec des camarades issus d’autres groupes culturels, développent une vision unifiée et collective de la nation.
L’armée s’efforce également d’apaiser les tensions régionales par sa présence dans les zones historiquement marginalisées. Par exemple, dans l’Extrême-Nord, elle ne se limite pas à lutter contre Boko Haram, mais elle s’implique aussi dans des projets de développement, renforçant ainsi la confiance entre les populations locales et l’État.
B. La discipline et le patriotisme comme piliers éducatifs
L’armée camerounaise est non seulement une force de défense, mais aussi une école de discipline et de patriotisme. Dès leur intégration, les recrues reçoivent une formation rigoureuse basée sur des valeurs telles que l’intégrité, la loyauté et le service à la nation.
Pondi (2016) souligne que « l’armée camerounaise incarne une école de citoyenneté où les recrues apprennent à mettre l’intérêt collectif au-dessus des intérêts individuels ».
• Exemple concret : Les célébrations annuelles de la fête nationale du 20 mai, organisées par les forces armées, ne se limitent pas à des parades militaires. Elles incluent des ateliers éducatifs pour les jeunes, visant à promouvoir le sens du devoir et l’amour pour la patrie.
Ces efforts se traduisent également par la participation de l’armée à des programmes de sensibilisation dans les écoles. En 2022, par exemple, des officiers ont visité 50 établissements scolaires dans tout le pays pour dispenser des cours sur le civisme, le respect des institutions et les droits humains. Cette initiative, organisée en partenariat avec le ministère de l’Éducation de base, a touché plus de 30 000 élèves.
C. L’armée comme rempart contre les dérives populistes
Dans un environnement marqué par des tensions politiques croissantes, l’armée camerounaise joue un rôle crucial en tant que stabilisateur institutionnel. Contrairement à certaines armées de la sous-région, souvent instrumentalisées à des fins partisanes, l’armée camerounaise a su maintenir une neutralité politique.
• Comparaison régionale :
• Au Tchad, l’armée est souvent perçue comme un outil de répression au service des régimes en place.
• En République centrafricaine, des éléments des forces armées se sont alignés sur des factions politiques, exacerbant les conflits internes.
En revanche, l’armée camerounaise a su préserver son image de gardienne des institutions républicaines, favorisant la stabilité et la cohésion sociale.
• Exemple concret : Lors des élections générales de 2018, l’armée a été déployée pour sécuriser le processus électoral dans les zones sensibles. Contrairement à d’autres pays où les forces militaires interfèrent dans les résultats, l’armée camerounaise a strictement respecté son rôle, contribuant à renforcer la crédibilité des institutions démocratiques.
D. Une réponse aux crises identitaires et sociales
Le Cameroun, souvent qualifié d’« Afrique en miniature » en raison de sa diversité ethnique, linguistique et religieuse, fait face à des défis identitaires majeurs. Dans ce contexte, l’armée joue un rôle pédagogique en renforçant les valeurs de respect et de tolérance.
Selon Mouiche (1996), « en associant des jeunes de différents horizons au sein des forces armées, l’armée camerounaise crée un espace de dialogue interculturel, atténuant ainsi les tensions communautaires ».
En 2021, dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, des campagnes de sensibilisation menées par l’armée ont mis l’accent sur la coexistence pacifique. Ces efforts incluaient des ateliers sur le vivre-ensemble, animés par des officiers formés en médiation culturelle.
II. Un acteur central du développement communautaire
Loin de se limiter à ses fonctions traditionnelles de défense et de sécurité, l’armée camerounaise s’illustre comme un moteur de développement communautaire. Ses actions vont au-delà des opérations militaires, en touchant directement des aspects critiques du bien-être social. Dans un pays où les inégalités régionales persistent, notamment dans les zones enclavées, l’armée joue un rôle de bâtisseur et de vecteur de transformation sociale.
A. Contributions concrètes au développement local
Les contributions de l’armée camerounaise au développement communautaire se matérialisent par la construction et la réhabilitation d’infrastructures dans des zones délaissées. Ces initiatives, menées souvent en collaboration avec des organisations locales et internationales, visent à améliorer l’accès aux services essentiels.
• Projets d’infrastructures :
En 2021, l’armée a construit 15 écoles dans des zones rurales des régions du Nord et de l’Extrême-Nord, accueillant plus de 10 000 élèves. Ces écoles ont permis de scolariser des enfants déplacés par les conflits avec Boko Haram, offrant ainsi une chance à la jeunesse d’accéder à une éducation de base.
• Exemple spécifique : À Mozogo (Extrême-Nord), une unité du Génie militaire a construit un centre scolaire entièrement équipé pour des élèves déplacés, avec le soutien de l’UNICEF.
• Amélioration des infrastructures de santé :
En collaboration avec le ministère de la Santé, l’armée a réhabilité plusieurs centres de santé dans les régions isolées. En 2020, 4 centres médicaux ont été remis à neuf dans la région de l’Est, facilitant l’accès aux soins pour plus de 50 000 habitants.
• Accès à l’eau potable :
Des forages ont été installés dans des villages éloignés, comme ceux de la région de l’Adamaoua, permettant à des milliers de familles de bénéficier d’un accès à l’eau potable. Ces efforts réduisent les risques de maladies hydriques dans des zones particulièrement vulnérables.
B. Soutien humanitaire en temps de crise
L’armée camerounaise joue également un rôle humanitaire crucial lors des crises humanitaires et des catastrophes naturelles. Dans ces situations, ses capacités logistiques et organisationnelles deviennent un atout indispensable pour répondre aux besoins urgents des populations.
• Réponse aux déplacements massifs :
Les conflits avec Boko Haram dans l’Extrême-Nord ont entraîné des déplacements massifs de populations. En 2020, l’armée a distribué des vivres, des vêtements et des fournitures médicales à plus de 20 000 réfugiés internes dans les camps de Kolofata et Mora.
Human Rights Watch (2021) reconnaît que « l’armée camerounaise, en dépit de défis structurels, a su mobiliser ses ressources pour atténuer les souffrances des populations déplacées. »
• Aide en période de catastrophes naturelles :
Lors des inondations de 2019 dans la région de l’Extrême-Nord, l’armée a déployé des équipes pour construire des digues temporaires, reloger des familles et distribuer des vivres. Ces interventions ont permis d’éviter une aggravation de la crise humanitaire.
• Soins médicaux d’urgence :
En partenariat avec des ONG, l’armée a mis en place des cliniques mobiles pour fournir des soins gratuits dans les zones de conflit. En 2022, plus de 5 000 consultations médicales ont été réalisées grâce à ces initiatives dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
C. Programmes éducatifs et civiques pour la jeunesse
Consciente de l’importance de l’éducation et de la formation civique, l’armée a développé des programmes spécifiques pour la jeunesse camerounaise. Ces initiatives visent à inculquer des valeurs citoyennes, à promouvoir la discipline et à encourager la participation communautaire.
• Camps civiques pour les jeunes :
Depuis 2018, des camps organisés par les forces armées accueillent chaque année des milliers de jeunes Camerounais. Ces camps enseignent des compétences pratiques (agriculture, menuiserie, etc.) tout en sensibilisant les participants aux droits et devoirs des citoyens.
• Exemple spécifique : En 2022, un camp civique organisé à Garoua a formé 500 jeunes, dont beaucoup étaient issus de milieux vulnérables.
• Ateliers de sensibilisation au civisme :
L’armée organise régulièrement des ateliers dans les écoles secondaires, où des officiers expliquent aux élèves l’importance de valeurs telles que le respect des institutions, la solidarité et le patriotisme. Ces actions ont touché plus de 30 000 élèves entre 2019 et 2022, selon le ministère de la Défense.
• Promotion de l’engagement communautaire :
En encourageant les jeunes à participer à des projets locaux, l’armée crée des ponts entre les générations et favorise un sentiment d’appartenance à la nation. Par exemple, des campagnes de reboisement menées dans la région de l’Ouest ont mobilisé plus de 1 000 jeunes volontaires sous la supervision de militaires.
D. L’armée comme catalyseur du vivre-ensemble
Le Cameroun, pays aux multiples identités culturelles, linguistiques et religieuses, a souvent été confronté à des tensions communautaires. L’armée, par son action inclusive et ses initiatives de dialogue, s’est imposée comme un acteur clé du vivre-ensemble.
• Exemple spécifique : Dans les régions anglophones, où les tensions sont particulièrement vives, des officiers spécialement formés en médiation culturelle ont organisé des forums de dialogue en 2021. Ces initiatives, qui ont réuni des leaders communautaires, religieux et des jeunes, ont permis de désamorcer certaines tensions locales.
Selon Mouiche (1996), « en intervenant dans les crises sociales avec une approche de dialogue et de médiation, l’armée transcende son rôle militaire pour devenir un acteur du renforcement de la cohésion nationale. »
III. Une institution exemplaire malgré les défis et une comparaison régionale favorable
Bien que l’armée camerounaise joue un rôle fondamental dans la consolidation de la citoyenneté et le développement communautaire, elle n’échappe pas à des défis. Ces défis, bien que notables, n’éclipsent pas son caractère exemplaire, surtout lorsqu’elle est comparée aux armées de la sous-région Afrique centrale. Cette partie met en lumière les critiques, les réformes en cours, et démontre pourquoi l’armée camerounaise reste un modèle face à ses homologues régionaux.
A. Des défis liés aux conflits internes
Depuis 2016, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont en proie à une crise sociopolitique connue sous le nom de conflit anglophone. Ce conflit a mis à rude épreuve l’armée camerounaise, qui s’efforce de rétablir la paix tout en limitant les débordements. Cependant, des incidents isolés d’abus ont terni son image.
• Critiques des ONG : Des organisations comme Human Rights Watch ont documenté des cas d’arrestations arbitraires, d’exactions et de violences commises par certains éléments de l’armée. Par exemple, un rapport de 2021 mentionne des abus dans les localités de Bamenda et Kumbo, affectant la perception de l’armée dans ces zones.
Mouiche (1996) nuance cette critique en affirmant que « les dérives observées dans les zones de conflit ne doivent pas occulter le rôle stabilisateur et éducatif global de l’armée camerounaise. »
• Réformes en cours : En réponse, l’État camerounais a renforcé les formations en droits humains pour les militaires déployés dans ces zones. En 2022, 500 soldats ont suivi des séminaires sur le droit international humanitaire, en partenariat avec le Comité international de la Croix-Rouge.
B. Une gestion délicate des tensions communautaires
Outre les zones anglophones, l’armée opère également dans l’Extrême-Nord, où elle combat Boko Haram. Si les interventions ont permis de limiter l’expansion du groupe terroriste, des tensions subsistent entre l’armée et certaines populations locales.
• Exemple concret : À Kolofata en 2020, des accusations de pillages ont été portées contre des soldats, ce qui a nécessité une intervention disciplinaire des autorités militaires.
• Réaction institutionnelle : Ces incidents, bien qu’isolés, ont poussé l’armée à renforcer ses mécanismes internes de contrôle et à établir des équipes de médiation pour désamorcer les tensions.
C. Comparaison avec les armées de la sous-région
Lorsque l’on compare l’armée camerounaise aux autres forces armées d’Afrique centrale, il devient évident qu’elle s’affirme comme un modèle de discipline et de citoyenneté, en particulier dans son approche du développement communautaire.
1. Cameroun vs Tchad : une armée plus équilibrée
Le Tchad est souvent perçu comme une puissance militaire dans la lutte contre le terrorisme. Cependant, l’armée tchadienne est critiquée pour son manque de neutralité politique et son recours fréquent à la répression.
• Comparaison :
• L’armée tchadienne, bien qu’efficace sur le plan militaire, reste un outil du régime pour asseoir son autorité.
• En revanche, l’armée camerounaise, malgré des défis internes, montre une volonté d’équilibrer ses missions militaires avec des actions sociales et civiques.
2. Cameroun vs Gabon : une armée plus impliquée dans la société civile
Au Gabon, l’armée est principalement concentrée sur la protection du régime en place, avec peu d’implication dans le développement communautaire.
• Comparaison :
• Contrairement au Cameroun, où l’armée construit des écoles, des routes et distribue des vivres, l’armée gabonaise reste cantonnée à un rôle de maintien de l’ordre.
• Les projets sociaux de l’armée camerounaise renforcent son lien avec la population, un point souligné par Tchouala (2018), qui affirme que « l’armée camerounaise, par ses actions civiques, bâtit un pont entre l’État et le peuple. »
3. Cameroun vs République centrafricaine : un rôle stabilisateur
En République centrafricaine, l’armée nationale est affaiblie et dépend fortement des forces étrangères pour maintenir l’ordre. Le Cameroun, en revanche, dispose d’une armée autonome et proactive, capable de mener des missions complexes sans dépendre d’appuis extérieurs.
D. Les réformes nécessaires pour maintenir l’exemplarité
Malgré ses réussites, l’armée camerounaise peut encore améliorer certains aspects pour consolider son rôle exemplaire. Voici quelques pistes :
1. Renforcer la transparence :
• La création d’une commission indépendante pour surveiller les abus dans les zones de conflit renforcerait la confiance du public.
2. Améliorer la formation continue :
• Intégrer des modules de gestion des tensions communautaires et de médiation culturelle dans les programmes de formation des officiers.
3. Institutionnaliser les partenariats civils :
• Collaborer davantage avec les ONG et les associations locales pour maximiser l’impact des projets sociaux et humanitaires.
IV. L’armée camerounaise : dernier rempart de la démocratie camerounais
Selon Pondi (2016), « l’armée camerounaise, en se tenant à l’écart des conflits politiques, incarne l’idéal d’une force armée républicaine entièrement dédiée au service de la nation. »
Dans un contexte où les institutions civiles vacillent sous le poids des crises politiques, économiques et sociales, l’armée camerounaise s’impose comme le dernier rempart de la démocratie et de la souveraineté nationale. Bien plus qu’un simple outil de défense, elle joue un rôle stratégique dans la préservation des valeurs républicaines et la stabilité démocratique. Cette section met en lumière son rôle clé en tant que garant de l’ordre constitutionnel et de la cohésion nationale.
A. Une neutralité politique exemplaire
Contrairement à d’autres pays de la sous-région où les armées se sont souvent impliquées dans des coups d’État ou des luttes de pouvoir, l’armée camerounaise a su maintenir une neutralité politique qui renforce sa légitimité et sa crédibilité.
• Un positionnement non partisan :
• Lors des élections générales de 2018, marquées par des tensions politiques, l’armée a assuré la sécurité du processus électoral sans interférer dans les résultats. Elle a permis aux institutions civiles de fonctionner normalement tout en veillant à la protection des populations.
• Un contraste avec les armées de la région :
• Au Tchad ou en Guinée équatoriale, les forces armées sont régulièrement perçues comme des outils de maintien au pouvoir des régimes en place. À l’opposé, l’armée camerounaise s’efforce de préserver une indépendance qui la distingue dans une sous-région souvent marquée par des dérives autoritaires.
B. Un rôle clé dans la protection de la souveraineté nationale
Face aux menaces internes et externes, l’armée est un acteur incontournable pour garantir l’intégrité territoriale et la continuité de l’État.
1. La lutte contre les insurrections internes :
• Dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, l’armée a été déployée pour protéger les institutions républicaines contre les velléités sécessionnistes. Bien que des abus aient été signalés, son rôle central dans le maintien de l’ordre et la défense de l’intégrité territoriale est indéniable.
• Exemple concret : En 2020, les forces armées ont sécurisé les administrations locales de Bamenda, permettant à la justice et aux services publics de reprendre leurs fonctions.
2. La lutte contre les menaces transnationales :
• Face à Boko Haram, l’armée a non seulement protégé le Cameroun, mais a également collaboré avec les pays voisins dans le cadre de la Force multinationale mixte (FMM) pour garantir la stabilité régionale.
Human Rights Watch (2021) note que « l’armée camerounaise, malgré ses défis, est un pilier dans la lutte contre le terrorisme en Afrique centrale, contribuant à préserver la souveraineté nationale et régionale. »
C. Un garant de la continuité constitutionnelle
L’armée camerounaise est aussi un rempart contre les menaces qui pourraient ébranler la démocratie, telles que les tentatives de prise de pouvoir illégale ou les crises institutionnelles.
• Un engagement en faveur de la légalité constitutionnelle :
• En 2019, alors que certains groupes politiques contestaient la légitimité des institutions, l’armée s’est mobilisée pour protéger les infrastructures publiques et garantir la continuité des services de l’État.
• Exemple concret : Lors des manifestations post-électorales de 2018, les forces armées ont agi en concert avec la police pour éviter les débordements, tout en respectant les principes de proportionnalité.
• Une position de stabilisateur national :
• Contrairement à certains pays d’Afrique où les transitions de pouvoir sont souvent accompagnées de crises militaires, le Cameroun a bénéficié de la stabilité relative offerte par une armée disciplinée et respectueuse de l’ordre républicain.
D. L’armée comme ultime protectrice des libertés publiques
Bien que l’armée soit associée à la sécurité et à l’ordre, elle joue également un rôle indirect dans la protection des libertés publiques. En sécurisant les processus démocratiques et en veillant à la continuité de l’État, elle garantit un environnement où les citoyens peuvent exercer leurs droits fondamentaux.
• Exemple concret : Lors des élections municipales et législatives de 2020, l’armée a été déployée dans les régions sensibles pour permettre aux citoyens de voter en toute sécurité.
• Tchouala (2018) affirme que « l’armée camerounaise, en sécurisant l’espace public, permet l’expression des libertés fondamentales tout en évitant les dérives anarchiques. »
V. Recommandations pour pérenniser le rôle modèle de l’armée camerounaise
Si l’armée camerounaise s’est affirmée comme un pilier de citoyenneté et de développement communautaire, elle doit encore consolider son rôle pour répondre pleinement aux attentes d’une jeunesse en quête de repères. Cette section propose des recommandations stratégiques visant à renforcer son impact civique, sa crédibilité et son exemplarité, tout en maximisant son influence positive sur la société camerounaise.
A. Renforcer la transparence et la reddition des comptes
L’une des principales critiques adressées à l’armée camerounaise concerne le manque de transparence dans certaines de ses opérations, en particulier dans les zones de conflit. Pour préserver sa légitimité et renforcer la confiance des populations, des mécanismes de contrôle et de reddition des comptes doivent être mis en place.
1. Créer une commission indépendante de surveillance :
• Une entité autonome composée de représentants de l’armée, d’organisations de la société civile et d’experts en droits humains pourrait enquêter sur les abus et recommander des mesures disciplinaires.
• Exemple inspirant : Le Rwanda a mis en place des organes de suivi similaires pour garantir l’éthique de ses forces armées, contribuant à améliorer leur image internationale.
2. Publier des rapports périodiques sur les activités militaires :
• Un rapport annuel détaillant les actions civiques, les dépenses et les progrès réalisés dans les zones de conflit renforcerait la transparence.
B. Investir davantage dans la formation aux droits humains
L’efficacité de l’armée camerounaise repose sur la discipline de ses membres, mais celle-ci doit être complétée par une solide formation sur les droits humains et les principes de citoyenneté.
1. Institutionnaliser la formation en droit international humanitaire :
• Tous les niveaux hiérarchiques devraient suivre des modules obligatoires sur les droits humains, le droit des conflits armés et les techniques de gestion des populations civiles.
2. Renforcer la sensibilisation à la médiation communautaire :
• Former des officiers spécialisés dans la gestion des tensions intercommunautaires, notamment dans les régions anglophones et septentrionales.
Selon Mouiche (1996), « une armée qui intègre la médiation dans son approche stratégique devient un acteur clé de pacification et de réconciliation nationale. »
C. Étendre les initiatives civiques pour la jeunesse
Pour répondre à la désorientation de la jeunesse camerounaise, l’armée pourrait intensifier ses programmes de sensibilisation et d’encadrement civique. Ces initiatives seraient une réponse directe aux frustrations des jeunes et un moyen efficace de promouvoir les valeurs républicaines.
1. Multiplier les camps civiques à l’échelle nationale :
• Organiser des sessions régulières pour former les jeunes aux principes de citoyenneté, de leadership et de participation communautaire.
• Exemple concret : Les camps organisés dans la région de Garoua en 2022 pourraient être élargis à d’autres régions, avec un objectif de toucher au moins 10 000 jeunes par an.
2. Créer un programme de volontariat civique encadré par l’armée :
• Inspiré du service civique dans d’autres pays, ce programme impliquerait les jeunes dans des projets locaux (reboisement, construction d’infrastructures, campagnes de sensibilisation).
3. Inclure des formations professionnelles :
• Offrir aux jeunes des compétences transférables (artisanat, agriculture, informatique) pour améliorer leur employabilité tout en renforçant leur engagement civique.
D. Intensifier les collaborations avec les acteurs civils et internationaux
L’armée camerounaise ne peut maximiser son impact civique et communautaire sans une collaboration étroite avec d’autres acteurs. Les partenariats avec des organisations locales et internationales peuvent renforcer les capacités et les ressources nécessaires pour ses projets.
1. Travailler avec les ONG locales :
• Impliquer des organisations comme Redhac (Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale) dans les programmes de sensibilisation aux droits humains.
2. Mobiliser les ressources internationales :
• Coopérer avec des institutions comme l’UNICEF ou l’OMS pour des projets humanitaires et éducatifs.
• Exemple inspirant : Le partenariat entre l’armée et l’UNICEF dans l’Extrême-Nord a permis de construire des écoles et de fournir un accès à l’eau potable à des milliers de familles.
3. Créer des plateformes de dialogue interinstitutionnel :
• Organiser des forums réguliers entre l’armée, les communautés locales, les leaders religieux et les associations pour discuter des priorités communautaires.
E. Améliorer les conditions de vie des militaires pour renforcer leur exemplarité
L’efficacité et l’intégrité des forces armées dépendent également de leurs conditions de vie et de travail. Il est essentiel de garantir un environnement qui motive les soldats à donner le meilleur d’eux-mêmes.
1. Revaloriser les salaires et les primes :
• Une rémunération juste et compétitive réduirait les risques de corruption ou d’abus.
2. Investir dans l’équipement et les infrastructures militaires :
• Fournir des équipements modernes et renforcer les bases militaires pour améliorer les conditions de travail.
3. Offrir des programmes de soutien psychologique :
• Les soldats en première ligne, particulièrement dans les zones de conflit, devraient bénéficier d’un suivi psychologique pour faire face au stress et au traumatisme.
En investissant dans la transparence, l’éducation aux droits humains, les initiatives pour la jeunesse et les collaborations avec les acteurs civils, l’armée pourrait devenir non seulement un modèle pour le Cameroun, mais aussi une référence régionale. Plus que jamais, le Cameroun a besoin d’une armée forte, disciplinée et tournée vers l’avenir.
Conclusion
Dans un Cameroun traversé par des crises identitaires, politiques et sociales, l’armée camerounaise s’impose comme le dernier bastion de la souveraineté nationale et de la démocratie. Plus qu’une simple force de défense, elle est devenue un acteur clé du développement communautaire, le dernier rempart de la démocratie, un modèle de citoyenneté dans un pays où la jeunesse, désorientée, cherche désespérément des repères.
Par ses actions sur le terrain – construction d’écoles, réhabilitation d’infrastructures, distribution d’aides humanitaires – et son rôle dans la préservation de l’unité nationale, l’armée transcende sa mission première. Elle protège non seulement le territoire, mais aussi les valeurs républicaines qui cimentent la nation. Sa neutralité politique exemplaire, dans une région souvent marquée par des dérives autoritaires, et son engagement en faveur de la continuité constitutionnelle en font un rempart essentiel contre l’effondrement des institutions civiles.
Certes, des défis subsistent, notamment dans la gestion des conflits internes et les perceptions négatives liées à des abus isolés. Mais ces failles ne doivent pas occulter l’essentiel : l’armée est le socle de la résilience camerounaise. Elle incarne l’espoir d’un Cameroun uni, démocratique, fort et prospère, capable de surmonter ses divisions et de préparer un avenir meilleur pour sa jeunesse.
Aujourd’hui plus que jamais, le Cameroun a besoin de son armée. Elle est le rempart ultime contre le chaos, le garant de la stabilité démocratique et le moteur d’un développement inclusif. Dans un monde incertain, où les institutions chancellent, l’armée camerounaise reste le pilier sur lequel le peuple peut compter pour préserver son identité, sa souveraineté et ses aspirations républicaines.
Bibliographie
1. ALT Mabou, A. Legrand. De la crise anglophone à la construction d’un nouveau contrat social au Cameroun. Analecta, 2020. Lien PDF.
2. NEF Xavier. Le cinéma et l’éducation à la citoyenneté au Cameroun. Espace Géographique et Société Marocaine, 2021. Lien PDF.
3. Mouiche, I. Mutations socio-politiques et replis identitaires en Afrique: le cas du Cameroun. African Journal of Political Science, 1996. JSTOR.
4. Barry, M. A. L’armée guinéenne : comment et pourquoi faire ? Torrossa, 2009.
5. Pondi, J. E. Citoyenneté et pouvoir politique en Afrique centrale. 2016.
6. Tchouala, R. A. L. Diplomatie préventive et construction d’une communauté de sécurité en Afrique centrale. 2018.
Introduction : Le Mensonge Transgénérationnel de Paul Biya
En préparant les obsèques de ma défunte mère qui auront lieu le 7 et 8 Février 2025 à Ngompem, un village sans eau potable, sans électricité, sans routes praticables, coupé en 2 par la destruction de ses ponts et dépourvu de tout service social de base, j’ai découvert dans leurs archives personnelles les cartes de membres du RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais) de mes parents datant des années 90. Ces archives étaient plus qu’un simple souvenir : elles incarnaient leur foi dans les promesses d’un homme, Paul Biya, et dans son régime, qui avaient promis de transformer le Cameroun en une nation prospère. Mais cette foi, maintes fois renouvelée à chaque élection depuis 1982, n’a jamais été récompensée. Mes parents sont partis dans la pauvreté, comme des millions d’autres Camerounais, trahis par des décennies de mensonges.
Cette découverte m’a confronté à une question existentielle : pourquoi avons-nous, en tant que générations successives, permis à ce système de perdurer ? Nos parents ont cru en des promesses de développement, notre génération a été bercée par des illusions d’émergence, et aujourd’hui, on nous demande d’être complices en transmettant ces mensonges à nos enfants et petits-enfants.
Le Cameroun, sous Paul Biya, est devenu un exemple frappant de stagnation déguisée en progrès. À travers des promesses récurrentes de prospérité économique, de modernisation des infrastructures, et de paix sociale, le régime a tissé un discours séduisant, mais creux, qui a maintenu le pays dans un état de dépendance économique et de sous-développement chronique. Les statistiques sont accablantes : près de 40 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (Banque mondiale, 2023), les infrastructures de base sont en ruine, et la jeunesse, qui constitue 60 % de la population, fait face à un chômage massif et un avenir incertain.
Cet article vise à poser une vérité essentielle : le règne de Paul Biya est un règne de promesses non tenues, un mensonge transgénérationnel qui a piégé les espoirs de plusieurs générations. À l’aube des élections présidentielles de 2025, il devient impératif de rompre ce cycle. Ce papier analyse comment ce régime a trahi nos parents, sacrifié notre génération, et tente aujourd’hui de condamner nos enfants à un avenir similaire. À travers des données rigoureuses, nous démontrerons pourquoi les Camerounais doivent dire non aux mensonges des futures générations et saisir cette opportunité historique pour un changement radical et collectif.
1. Les Promesses Non Tenues à la Génération de Nos Parents
Lorsque Paul Biya accède au pouvoir en 1982, il hérite d’un Cameroun relativement stable et prospère, avec un potentiel économique significatif. Son discours inaugural promet un « Renouveau National », basé sur l’unité, la prospérité et la modernisation. Cependant, cette vision s’est rapidement érodée, laissant derrière elle un pays embourbé dans des défis structurels, notamment pour les générations de nos parents qui ont soutenu ce régime avec espoir. Joseph Takougang (2019), dans son livre “Cameroon under Paul Biya: Continuity or Change?”, note que « les promesses faites dans les premières années du Renouveau National n’étaient que des outils de propagande pour consolider le pouvoir, sans stratégie claire de mise en œuvre. »
1.1. Les Déficiences en Développement Rural
L’une des promesses phares du régime Biya était de moderniser les zones rurales pour réduire les disparités entre les régions urbaines et rurales. Pourtant :
• Accès à l’électricité : En 1982, environ 60 % des villages camerounais étaient privés d’électricité (Banque mondiale, 1985). Aujourd’hui, près de 40 % des zones rurales restent non électrifiées, selon les statistiques de la Banque africaine de développement (BAD, 2022). Cette lente progression reflète un manque d’investissement dans les infrastructures.
• Manque d’accès à l’eau potable : Un rapport de l’UNICEF (2021) indique que seuls 37 % des Camerounais vivant en milieu rural ont accès à des sources d’eau potable, une situation presque inchangée depuis les années 1980.
Ces carences condamnent des millions de familles rurales à vivre dans des conditions précaires, où les maladies hydriques et l’insécurité alimentaire persistent.
1.2. Échec des Infrastructures Routières
Paul Biya avait promis de connecter les zones rurales aux centres urbains pour stimuler l’agriculture et les échanges économiques. Cependant, le Cameroun figure encore parmi les pays africains les moins bien desservis en infrastructures routières. Mbaku & Takougang (2004) dans “The Leadership Challenge in Africa” expliquent que « l’incapacité du régime Biya à investir dans les infrastructures critiques dans les années 1980 a marqué le début d’un déclin systémique dans les zones rurales. »
• Statistiques alarmantes : En 2023, seuls 5,7 % des routes sont asphaltées (source : Global Economy Report, 2023), un chiffre qui place le Cameroun bien en dessous de la moyenne africaine, estimée à 20 %.
• Conséquences économiques : Selon une étude du Centre pour la Recherche et le Développement Durable en Afrique (CERDA, 2020), l’agriculture camerounaise perd 40 % de sa production annuelle en raison de l’inaccessibilité des marchés.
Ces failles dans le réseau routier affectent directement les villages comme celui de mes parents, où la pauvreté est exacerbée par l’isolement économique.
1.3. Des Services Sociaux Dégradés
Malgré les promesses d’améliorer les conditions de vie, les services sociaux de base tels que la santé et l’éducation restent désastreux :
• Santé : L’espérance de vie moyenne au Cameroun était de 46 ans en 1982 et est passée à 60 ans en 2023 (Banque mondiale, 2023). Bien que cela représente une amélioration, cette progression est bien inférieure à celle des pays comparables comme le Ghana ou le Sénégal. Les zones rurales continuent de souffrir d’un manque criant de centres de santé, avec seulement 1 médecin pour 10 000 habitants (OMS, 2023).
• Éducation : En 1982, le taux d’alphabétisation était de 41 %. En 2023, il avoisine les 77 %, mais cette augmentation masque une qualité d’éducation médiocre. Les enseignants, souvent sous-payés et démotivés, ne sont pas en mesure d’assurer une formation adéquate.
1.4. L’Héritage d’une Génération Trompée
Mes parents, comme des millions d’autres Camerounais de leur génération, ont cru aux promesses du RDPC et ont activement soutenu le régime. Mais ces promesses n’ont jamais été tenues. Leur mort dans un village dépourvu d’eau, d’électricité et de routes symbolise l’échec de cette génération à voir les fruits du « Renouveau National ».
1.5. Appel à la Mémoire Collective
Les échecs du passé doivent nous alerter. La génération de nos parents a été dupée par des discours vides de sens et des promesses irréalistes. En tant que leurs héritiers, nous devons refuser de continuer sur cette voie. Le renouveau qu’ils espéraient n’a jamais vu le jour, et c’est à nous de briser ce cycle de mensonges générationnels.
2. Une Génération Sacrifiée : Mon Témoignage Personnel
La génération née dans les années 1970 et 1980, à laquelle j’appartiens, a grandi sous les promesses du « Renouveau National ». Ces années étaient marquées par une croyance collective que l’avenir, sous la gouvernance de Paul Biya, serait plus prospère que celui de nos parents. Pourtant, cette foi s’est heurtée à une dure réalité : chômage massif, système éducatif défaillant et insécurité omniprésente. Ma génération est devenue une génération sacrifiée, piégée dans un cycle d’échec et de désillusion.
2.1. Le Chômage : Une Bombe à Retardement
Malgré les engagements répétés du régime Biya de réduire le chômage et de stimuler l’économie, la réalité a été bien différente :
• Taux de chômage et sous-emploi :
En 2023, le taux de chômage officiel au Cameroun était de 6 % selon l’INS (Institut National de la Statistique). Toutefois, ces chiffres masquent une autre réalité : plus de 70 % des travailleurs camerounais sont employés dans le secteur informel, selon la Banque mondiale (2022). Les jeunes diplômés sont les plus touchés, avec un taux de sous-emploi estimé à 77 %.
• Promesses non tenues en matière d’emploi :
En 2001, le gouvernement a lancé le programme « Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté » (DSRP), qui visait à créer des opportunités d’emploi pour les jeunes. Deux décennies plus tard, les résultats sont minimes, avec une économie encore largement dépendante du secteur primaire et des emplois non qualifiés.
Dans leur analyse des politiques économiques de Biya, Amin et Fokam (2020) concluent que « les réformes économiques, en particulier les programmes d’ajustement structurel des années 1990, ont marginalisé davantage les jeunes en détruisant les secteurs publics et industriels qui auraient pu absorber la main-d’œuvre qualifiée. »
Nkemngu (2019), dans son étude sur l’emploi au Cameroun, indique que « l’incapacité du gouvernement à moderniser le secteur industriel a transformé le Cameroun en une économie de survie, où les jeunes survivent au lieu de s’épanouir. »
2.2. Un Système Éducatif en Ruine
La formation de ma génération a été profondément affectée par un système éducatif qui n’a cessé de se détériorer sous le régime Biya.
• Statistiques éducatives :
En 2022, le Cameroun affichait un taux brut de scolarisation primaire de 88 %, mais seulement 45 % des enfants inscrits atteignent le secondaire (UNESCO, 2023). De plus, les infrastructures éducatives sont en lambeaux, avec une moyenne de 85 élèves par classe dans les écoles publiques rurales.
• Faibles investissements :
Le budget alloué à l’éducation représente en moyenne 3,5 % du PIB, un chiffre bien en deçà de la recommandation de l’UNESCO de 6 %.
• Condition des enseignants :
Les enseignants camerounais, souvent non payés pendant plusieurs mois, mènent des grèves fréquentes. En 2022, plus de 30 000 enseignants du primaire étaient encore des vacataires, selon un rapport du Syndicat National des Enseignants du Cameroun (SNEC).
Tchombe (2021), dans son étude sur l’éducation en Afrique centrale, souligne que « l’absence de stratégie éducative cohérente a produit une génération d’apprenants incapables de rivaliser sur le marché globalisé. »
Mforteh et Ndi (2018) notent que « la priorisation des grands projets politiques sur l’éducation illustre l’abandon des valeurs fondamentales qui définissent un État développementaliste. »
2.3. Une Crise Sécuritaire Persistante
Le Cameroun sous Paul Biya est marqué par une insécurité croissante, exacerbant les défis auxquels ma génération fait face :
• Conflits armés :
La guerre contre Boko Haram dans l’Extrême-Nord et la crise anglophone ont déplacé plus de 900 000 personnes à l’intérieur du pays (HCR, 2023). Ces conflits ont détruit des infrastructures, perturbé les activités économiques et créé un climat de peur.
• Budget militaire exorbitant :
En 2023, le Cameroun a consacré 1,5 milliard de dollars (soit 6 % de son PIB) à la défense, selon le SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute). Malgré ces dépenses, l’insécurité persiste, en particulier dans les régions anglophones où des milliers de vies ont été perdues.
• Impact sur la jeunesse :
La militarisation de certaines régions a rendu impossible l’accès à l’éducation pour des milliers d’enfants et de jeunes. En 2023, plus de 30 % des écoles dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest étaient fermées en raison de la crise (UNICEF, 2023).
Mbuh et Ndifor (2022) dans “The Anglophone Crisis in Cameroon” notent que « la réponse militarisée de l’État n’a pas seulement aggravé le conflit, mais a aussi détruit les aspirations économiques et éducatives des jeunes. »
Fonkeng (2021) souligne que « la négligence des causes profondes des crises a transformé les régions affectées en zones de non-droit, contribuant à la désillusion des jeunes. »
2.4. Une Génération Désabusée
Ma génération a été témoin d’une trahison systématique :
• Nous avons grandi avec l’idée que l’éducation nous ouvrirait les portes de l’emploi, mais nous nous sommes retrouvés face à un marché saturé et inhospitalier.
• Nous avons espéré un système politique stable, mais avons vu les conflits se multiplier.
• Nous avons cru en la modernisation promise, mais avons hérité de villes et de villages où les services sociaux sont inexistants.
Ces frustrations alimentent une profonde désillusion chez les jeunes, beaucoup d’entre eux choisissant l’exil, tandis que d’autres sombrent dans le désespoir ou l’activisme radical.
2.5. Une Génération à Revendiquer
L’échec de la génération de mes parents à obtenir un véritable « renouveau » a transformé ma génération en victime collatérale des politiques du régime Biya. Nous devons refuser de laisser cet échec s’étendre à nos enfants. Cet héritage de désillusion doit devenir un appel à l’action pour construire un Cameroun plus juste, plus équitable et véritablement tourné vers l’avenir.
3. La Complicité Inacceptable : Paul Biya et le Mensonge Transgénérationnel
Après avoir menti à la génération de nos parents et sacrifié celle de nos enfants, Paul Biya cherche à prolonger son règne en manipulant notre génération et celle de nos enfants. Les élections présidentielles de 2025 sont un moment critique où ce régime espère encore une fois nous embarquer dans un cycle de promesses creuses et de trahisons historiques. Cette stratégie repose sur la création d’une illusion de changement, alors qu’elle ne fait que perpétuer un système défaillant.
3.1. Des Promesses Électorales Répétitives et Illusoires
Depuis les années 1980, le régime de Paul Biya a construit son discours autour de promesses ambitieuses, mais systématiquement non tenues :
• Promesses économiques : En 1987, Biya avait promis de transformer le Cameroun en une « économie émergente » avant l’an 2000. En 2009, il a renouvelé cette promesse en fixant l’horizon 2035 pour atteindre cet objectif. Pourtant, selon le classement de la Banque mondiale (2023), le Cameroun reste classé parmi les pays à revenu intermédiaire inférieur, avec un PIB par habitant de seulement 1 540 USD, très en deçà des normes des économies émergentes.
• Emplois pour la jeunesse : En 2018, lors de sa campagne électorale, Paul Biya avait promis de créer 500 000 emplois par an. Or, les rapports du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle (2022) indiquent que seulement 15 000 emplois formels ont été créés en moyenne par an depuis 2018, soit moins de 3 % de l’objectif.
• Projets d’infrastructure : Le régime a annoncé plusieurs « grands projets » tels que le port en eau profonde de Kribi, le barrage hydroélectrique de Lom Pangar et l’autoroute Yaoundé-Douala. Bien que certains aient vu le jour, leur gestion inefficace, marquée par des surcoûts massifs et des délais prolongés, a limité leur impact sur l’économie nationale (Transparency International, 2023).
Takougang (2019) décrit ces promesses répétées comme un « cycle de déception institutionnalisée », soulignant que « le régime utilise des projets symboliques pour masquer l’absence de réforme structurelle. »
Selon Fomba et Kamdem (2021), « l’économie camerounaise stagne à cause de politiques incohérentes qui privilégient la communication politique au détriment des résultats concrets. »
3.2. Un État Capturé par les Intérêts Personnels
Le régime de Paul Biya a été marqué par une gestion patrimoniale de l’État, où les ressources publiques sont utilisées pour maintenir le pouvoir au lieu de servir la population :
• Corruption endémique : En 2022, le Cameroun se classait 138e sur 180 pays dans l’Indice de Perception de la Corruption de Transparency International. Chaque année, le pays perd environ 30 % de son budget public à cause de la corruption, selon le Contrôle supérieur de l’État.
• Endettement croissant : La dette publique du Cameroun représentait 46,8 % du PIB en 2023, contre 13 % en 2008 (Banque mondiale). Cette augmentation est due à des emprunts mal gérés pour financer des projets souvent inachevés.
• Gestion népotique : Le système administratif est gangrené par le favoritisme, où des proches du pouvoir occupent des postes stratégiques, indépendamment de leur compétence.
Bayart (1993), dans “The State in Africa: The Politics of the Belly”, décrit les régimes comme celui de Biya comme des systèmes où l’État devient une source de prédation économique pour l’élite politique.
Fonkeng (2020) note que « l’absence de transparence dans la gestion publique a consolidé une oligarchie qui contrôle tous les secteurs clés de l’économie. »
3.3. Un Héritage Désastreux pour les Générations Futures
Si rien ne change, nos enfants et petits-enfants hériteront d’un Cameroun marqué par :
• Un appauvrissement chronique : Selon le PNUD (2022), 37,5 % de la population vit encore en dessous du seuil de pauvreté. Les projections indiquent que ce chiffre pourrait augmenter si les réformes structurelles nécessaires ne sont pas mises en œuvre.
• Un système éducatif désuet : En l’absence d’investissements significatifs, les infrastructures éducatives continueront à se dégrader, compromettant l’avenir des jeunes Camerounais.
• Une dette insoutenable : La dette extérieure du Cameroun est projetée à atteindre 25 milliards de dollars d’ici 2030 (FMI, 2023), laissant peu de marge pour financer les services publics essentiels.
• Un climat d’insécurité persistante : La gestion inefficace des crises actuelles (crise anglophone, Boko Haram) risque de créer une instabilité prolongée, privant les générations futures de la paix et de la sécurité nécessaires au développement.
Mbuh (2022) affirme que « l’échec à résoudre les crises actuelles compromet non seulement la stabilité à court terme, mais aussi le développement à long terme. »
UNICEF (2023) indique que « sans une réforme urgente du système éducatif, plus de 50 % des enfants camerounais risquent de devenir des adultes non qualifiés, incapables de contribuer efficacement à l’économie. »
3.4. Un Appel au Réveil Collectif
Paul Biya cherche à prolonger son règne en manipulant la mémoire collective et en jouant sur les peurs d’un changement. Mais il est temps de dire non à cette stratégie. Refuser de participer à cette mascarade électorale, c’est refuser d’être complice d’un mensonge qui condamne nos enfants et petits-enfants à un avenir de pauvreté et de stagnation.
4. Dire Non aux Mensonges : L’Appel à une Révolution Générationnelle
Les Camerounais, en particulier notre génération et celles qui suivent, doivent rompre avec les mensonges institutionnalisés du régime de Paul Biya. Depuis son accession au pouvoir en 1982, les promesses non tenues se sont accumulées, alimentant le déclin économique, social et politique du pays. Ce cycle de tromperie et de stagnation appelle à un éveil collectif, à une prise de conscience nationale pour bâtir un avenir meilleur.
4.1. Un État au Bord de l’Effondrement
Le Cameroun est aujourd’hui confronté à des crises multiformes qui menacent sa stabilité à long terme :
• Crise économique persistante :
Selon la Banque mondiale (2023), le taux de croissance économique du Cameroun est en moyenne de 3,5 % par an, insuffisant pour réduire significativement la pauvreté ou améliorer les infrastructures publiques. En comparaison, des pays comme le Rwanda et l’Éthiopie affichent des taux supérieurs à 6 %, avec des programmes de réformes axés sur l’innovation et l’industrialisation.
• Dégradation des infrastructures :
Plus de 70 % des routes du pays sont en mauvais état, limitant l’accès aux marchés et augmentant les coûts de transport. Les villages ruraux, comme celui de Ngompem, où mes parents, ont vécu et sont décédés, sont les plus touchés. Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD, 2022) estime que l’absence d’infrastructures modernes réduit la productivité agricole de 40 %, aggravant la pauvreté.
• Déséquilibres sociaux :
En 2023, le GINI index du Cameroun, mesurant les inégalités, était de 46,6, indiquant une concentration extrême des richesses entre les mains d’une élite restreinte, alors que 37,5 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
Bayart (1993) affirme que les régimes comme celui de Paul Biya perpétuent des inégalités en utilisant l’État comme un outil de prédation économique.
Tchouassi et Fokam (2021) décrivent la politique économique camerounaise comme « un système incapable de générer une croissance inclusive, enfermant le pays dans un cercle vicieux de pauvreté et de dépendance extérieure. »
4.2. Le Poids de la Corruption : Un Système à Déconstruire
La corruption sous le régime de Paul Biya est institutionnalisée, sapant toute tentative de réforme ou de progrès.
• Coût de la corruption :
Environ 30 % du budget annuel du Cameroun, soit plus de 5 milliards de dollars, est détourné chaque année (Transparency International, 2023). Ces fonds auraient pu financer la construction d’écoles, d’hôpitaux et d’infrastructures essentielles.
• Conséquences pour les générations futures :
Les ressources qui auraient pu être investies dans le développement durable sont dilapidées. Par exemple, l’endettement croissant du pays (46,8 % du PIB en 2023) compromet la capacité de l’État à financer des projets à long terme.
Ndifor et Ambe (2019) concluent que « la corruption est à la fois une cause et une conséquence de la faiblesse des institutions au Cameroun, perpétuant un état de stagnation nationale. »
Dans son analyse de la gestion publique au Cameroun, Essomba (2020) note que « la culture de l’impunité a ancré la corruption comme un élément structurel de la gouvernance. »
4.3. Un Appel au Réveil Citoyen
Pour mettre fin à ce cycle de mensonges et de promesses non tenues, un mouvement citoyen massif est nécessaire.
• Engagement politique des jeunes :
En 2023, plus de 60 % de la population camerounaise avait moins de 30 ans (INS, 2023). Cependant, leur participation politique reste faible, en grande partie à cause du sentiment de désillusion et de méfiance envers les institutions. La mobilisation des jeunes est cruciale pour porter des leaders nouveaux et visionnaires.
• Exemples de changement dans d’autres pays :
Les récentes transitions démocratiques en Zambie, au Malawi, au Sénégal, au Burkina Faso, au Mali et en Guinée montrent qu’un leadership engagé et une mobilisation populaire peuvent transformer des systèmes corrompus en opportunités pour les citoyens.
Cheeseman (2022), dans “How to Rig an Election”, montre que des sociétés jeunes et dynamiques peuvent renverser des régimes autoritaires par la mobilisation et la dénonciation des abus.
Kondoh et Ndong (2021) analysent comment la jeunesse africaine, en particulier à travers les réseaux sociaux, joue un rôle croissant dans l’éveil démocratique et la dénonciation des abus de pouvoir.
4.4. Repenser le Modèle de Gouvernance : Vers un État DéveloppementalisteCommunautaire
Pour sortir le Cameroun de cette spirale de stagnation, il faut adopter un modèle de gouvernance centré sur le développement humain, basé sur les principes suivants :
• Investissements massifs dans l’éducation et la santé :
Revoir les priorités budgétaires pour allouer 10 % du PIB à l’éducation et 7 % à la santé, conformément aux recommandations de l’UNESCO et de l’OMS.
• Diversification de l’économie :
Passer d’une économie basée sur l’exportation de matières premières (pétrole, bois) à une industrialisation accrue.
• Décentralisation effective :
Donner aux collectivités locales les moyens de décider et d’agir, au lieu de centraliser les décisions à Yaoundé.
Ndongmo (2020), dans “The Path to Sustainable Development in Central Africa”, plaide pour une décentralisation comme clé d’un développement inclusif.
World Bank (2023) recommande des politiques économiques qui mettent l’accent sur la transformation agricole et industrielle pour stimuler la croissance.
4.5. Un Nouveau Contrat Social : La Responsabilité de Dire Non
Dire non aux mensonges du régime Biya, c’est dire oui à un Cameroun nouveau :
• Oui à une gouvernance transparente.
• Oui à des politiques économiques inclusives.
• Oui à un système éducatif et sanitaire accessible à tous.
Les élections présidentielles de 2025 offrent une opportunité historique de briser ce cycle de tromperie transgénérationnelle. Nous devons refuser de légitimer un régime qui a échoué à répondre aux besoins fondamentaux de ses citoyens.
Conclusion : Rompre avec le Cycle de Mensonges et de Stagnation
Le règne de Paul Biya, qui s’étend sur plus de quatre décennies, est un témoignage accablant d’un système politique marqué par des promesses non tenues, des illusions entretenues et une gouvernance axée sur la perpétuation du pouvoir plutôt que sur le progrès collectif. À travers les générations, ce régime a perfectionné l’art du mensonge : des engagements initiaux envers nos parents qui ont été brisés, à la désillusion de notre propre génération, jusqu’à la tentative de condamner nos enfants à un avenir sans espoir.
Les faits sont clairs : le Cameroun est aujourd’hui embourbé dans une crise multidimensionnelle. Économiquement, nous sommes confrontés à une stagnation chronique avec près de 40 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté. Socialement, les infrastructures de base restent inexistantes dans de nombreuses régions, reflétant un État qui a failli à son devoir envers ses citoyens. Politiquement, la corruption et le népotisme ont consolidé un système qui privilégie l’élite au détriment de la majorité. Ces réalités ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un régime qui a fait de la manipulation et de l’inaction une stratégie de gouvernance.
L’heure n’est plus au silence ni à la résignation. À l’aube des élections présidentielles de 2025, les Camerounais ont une opportunité historique de rompre avec ce cycle de mensonges et de trahisons. Dire non à ce régime, c’est dire oui à un avenir différent : un avenir où nos ressources seront investies dans l’éducation, la santé, les infrastructures, et le développement économique durable ; un avenir où nos enfants et petits-enfants pourront rêver, innover et bâtir sans être écrasés par l’héritage de la stagnation.
Le changement ne viendra pas de l’élite politique actuelle, mais de la prise de conscience collective de chaque citoyen camerounais. Nous devons refuser d’être complices du mensonge transgénérationnel et agir pour construire un État développementaliste, inclusif et prospère. Ensemble, nous avons le pouvoir de transformer le Cameroun, de briser les chaînes du passé et d’inaugurer une nouvelle ère de responsabilité, de justice et de progrès.
Paul Biya et son régime incarnent le passé. L’avenir appartient à ceux qui ont le courage de dire non, de se lever et de bâtir. Le Cameroun mérite mieux, et l’histoire nous jugera sur les choix que nous ferons aujourd’hui. La révolution générationnelle est en marche – à nous de la mener avec détermination et espoir.
Bibliographie
1. Banque Mondiale. (2023). Rapport sur le développement mondial : Croissance économique et inégalités au Cameroun. Washington, DC : World Bank Publications.
2. Bayart, J.-F. (1993). L’État en Afrique : La politique du ventre. Paris : Fayard.
3. Cheeseman, N. (2022). How to Rig an Election. New Haven : Yale University Press.
4. Essomba, P. L. (2020). The Culture of Impunity in Cameroon: Governance and Corruption. Yaoundé : Presses Universitaires du Cameroun.
5. Institut National de la Statistique (INS). (2023). Données statistiques sur la population et l’économie du Cameroun. Yaoundé : INS Cameroun.
6. Kondoh, H., & Ndong, J. P. (2021). Youth Mobilization in Africa: Social Media and Political Change. Johannesburg : African Studies Review.
7. Ndifor, A., & Ambe, C. (2019). Corruption and Economic Decline in Cameroon: A Systematic Analysis. Douala : Centre for Economic Studies.
8. Ndongmo, R. M. (2020). The Path to Sustainable Development in Central Africa: Lessons for Cameroon. Libreville : Central African Development Press.
9. Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). (2022). Rapport sur le développement humain au Cameroun : Défis et opportunités. New York : United Nations Development Programme.
10. Transparency International. (2023). Indice de perception de la corruption 2023 : Cameroun. Berlin : Transparency International.
11. Tchouassi, G., & Fokam, A. J. (2021). The Vicious Circle of Poverty and Underdevelopment in Cameroon: Rethinking Economic Policies. Yaoundé : African Economic Research Consortium.
12. World Bank. (2023). Enhancing Economic Diversification in Sub-Saharan Africa: Cameroon Case Study. Washington, DC : World Bank Publications.
Introduction : Un discours en trompe-l’œil pour masquer l’échec total
Le 31 décembre 2024, Paul Biya, fidèle à une tradition vieille de plusieurs décennies, s’est adressé aux Camerounais avec un discours empreint de promesses, de chiffres flatteurs et d’un ton résolument optimiste. Pourtant, derrière cette rhétorique bien rodée, se cache une réalité incontestable : celle d’un pays en proie à une crise multiforme et à un recul socio-économique constant. Depuis son accession au pouvoir en 1982, Paul Biya a multiplié les discours exaltant des avancées imaginaires, alors que la situation sur le terrain se détériore inexorablement. Les problèmes liés à la sécurité, à l’économie, aux infrastructures sociales et à l’industrialisation sont autant de preuves d’un échec total que ce discours tente de dissimuler.
Ce discours s’inscrit dans une stratégie récurrente du régime : afficher une image de progrès et de stabilité pour légitimer un pouvoir en déclin, tout en éludant les véritables causes des maux dont souffre le Cameroun. Les taux de croissance vantés, les projets d’infrastructures annoncés et les efforts sécuritaires supposés concluants ne résistent pas à une analyse objective des faits. Derrière les chiffres officiels se cachent des réalités plus sombres : un chômage endémique, une dépendance économique accrue, une désindustrialisation rampante et une insécurité persistante dans plusieurs régions du pays.
Le contraste entre le discours et la réalité est frappant, notamment sur des aspects cruciaux tels que :
• L’économie, où une croissance purement quantitative masque une pauvreté généralisée et une absence de véritable transformation structurelle.
• La sécurité, où les conflits dans les régions anglophones et les attaques de Boko Haram continuent de semer la terreur, malgré les déclarations sur un retour à la paix.
• Les infrastructures sociales, où la majorité des Camerounais peinent à accéder à des services de base de qualité, malgré des décennies de promesses gouvernementales.
• L’industrie, où le Cameroun, autrefois leader industriel en Afrique centrale, a vu disparaître la plupart de ses fleurons industriels sous le règne de Paul Biya, laissant place à une économie largement dépendante des importations.
Cette introduction met en lumière l’écart abyssal entre les déclarations officielles et la réalité vécue par les Camerounais. Si le régime de Paul Biya s’emploie à maquiller la réalité par des discours soigneusement élaborés, les faits montrent que le Cameroun est confronté à une gestion défaillante de ses ressources, une gouvernance minée par la corruption et un manque cruel de vision stratégique pour sortir le pays de la stagnation.
Dans cette analyse, il s’agira de déconstruire le discours de fin d’année 2024 en mettant en évidence ses contradictions, ses failles et ses omissions volontaires. À travers une étude critique des principaux thèmes abordés, économie, sécurité, infrastructures sociales et industrialisation, nous démontrerons que ce discours, loin de refléter une réalité tangible, n’est qu’une opération de communication destinée à maintenir un pouvoir vieillissant et à masquer les véritables échecs d’un régime à bout de souffle. Le Cameroun, après 42 ans de promesses non tenues, mérite une gouvernance nouvelle, tournée vers le développement inclusif et la justice sociale.
I. Des chiffres de croissance économique trompeurs : le vrai visage de l’économie camerounaise
Dans son discours de fin d’année 2024, Paul Biya s’est félicité d’une croissance économique de 3,8 % en 2024 et a annoncé une projection de 4,1 % pour 2025. Ce chiffre, bien qu’attrayant sur le papier, est loin de refléter la réalité économique vécue par la majorité des Camerounais. En effet, cette croissance, essentiellement quantitative, masque de profondes inégalités, une pauvreté persistante et une absence de véritable transformation structurelle de l’économie.
1. Une croissance sans impact sur le quotidien des Camerounais
Bien que le Cameroun affiche régulièrement des taux de croissance positifs, cette croissance ne se traduit pas par une amélioration significative des conditions de vie de la population :
• Taux de pauvreté élevé : Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), plus de 37 % de la population camerounaise vit en dessous du seuil de pauvreté, malgré la croissance affichée. Cette pauvreté est particulièrement marquée dans les zones rurales, où l’accès aux services de base (éducation, santé, eau potable) reste limité.
• Inégalités sociales accrues : Le Cameroun présente un indice de Gini (mesure des inégalités) supérieur à 0,43, indiquant une forte concentration des richesses dans les mains d’une minorité. Cette inégalité est perceptible à travers le contraste entre les quartiers huppés de Douala et Yaoundé et les bidonvilles en pleine expansion.
Exemple concret : À Douala, le quartier de Bonanjo abrite les sièges de grandes entreprises et des résidences luxueuses, tandis que, non loin de là, des quartiers comme New Bell et Makepe sont caractérisés par une pauvreté extrême, sans accès régulier à l’eau potable ni à l’électricité.
2. Une économie dépendante des matières premières
Le Cameroun reste fortement dépendant de l’exportation de matières premières, sans véritable transformation locale :
• Secteur pétrolier : Bien que le pétrole contribue à plus de 40 % des recettes d’exportation, il n’a pas permis de diversifier l’économie ni de créer des emplois massifs. La chute des prix du pétrole sur le marché international entre 2015 et 2018 a révélé la fragilité de cette dépendance.
• Exportation brute des produits agricoles : Le Cameroun exporte principalement du cacao, du café et de l’hévéa sous forme brute, sans transformation locale significative. En 2024, le pays a exporté plus de 300 000 tonnes de cacao, mais seule une infime partie a été transformée localement, privant ainsi l’économie nationale de valeur ajoutée et d’emplois.
Exemple concret : La filière cacao-café, qui emploie plus de 600 000 producteurs, souffre d’un manque d’industries locales de transformation. La majorité des producteurs vendent leurs récoltes à bas prix à des multinationales étrangères, qui se chargent de la transformation et de la commercialisation sur les marchés internationaux.
3. Un secteur industriel embryonnaire
Malgré les annonces sur l’industrialisation, le secteur industriel camerounais reste peu développé :
• Faible contribution au PIB : Le secteur secondaire, incluant l’industrie manufacturière, ne représente que 14 % du PIB, un chiffre faible pour un pays aspirant à l’émergence.
• Projets industriels non aboutis : De nombreuses zones économiques, comme celle de Kribi, censées attirer les investisseurs industriels, peinent à décoller en raison de la bureaucratie, de l’absence d’infrastructures de qualité et d’un climat des affaires peu attractif.
Exemple concret : Le projet de la zone industrielle de Kribi, lancé en grande pompe en 2017, devait accueillir des usines de transformation du bois, du cacao et du pétrole. À ce jour, très peu d’usines ont vu le jour, et la zone reste largement sous-utilisée.
4. Chômage et sous-emploi massifs
Le chômage et le sous-emploi constituent l’un des plus grands défis économiques du Cameroun :
• Chômage des jeunes : Selon l’Institut National de la Statistique (INS), le taux de chômage chez les jeunes de 15 à 35 ans dépasse 30 %, une situation aggravée par l’absence de politiques publiques efficaces de création d’emplois.
• Sous-emploi : La majorité des Camerounais actifs travaillent dans le secteur informel, souvent dans des conditions précaires, sans couverture sociale ni sécurité de l’emploi. En 2024, le secteur informel représentait environ 90 % de l’emploi total.
Exemple concret : À Yaoundé et Douala, les jeunes diplômés peinent à trouver des emplois correspondant à leurs qualifications et se retrouvent souvent contraints de travailler comme conducteurs de mototaxis ou petits commerçants dans le secteur informel.
5. Inflation et perte du pouvoir d’achat
Malgré les affirmations du président sur la maîtrise de l’inflation, la réalité est que les prix des produits de première nécessité continuent de grimper :
• Inflation persistante : L’inflation, bien que réduite à 5 % en 2024, reste élevée pour une économie où les salaires sont faibles et stagnants.
• Hausse des prix des denrées alimentaires : Le prix du pain, du riz, de l’huile et des autres produits de base a fortement augmenté ces dernières années, mettant à mal le pouvoir d’achat des ménages.
Exemple concret : Entre 2021 et 2024, le prix du litre d’huile de palme est passé de 600 FCFA à 1 200 FCFA, et celui du sac de riz de 12 000 FCFA à 18 000 FCFA, entraînant une baisse du niveau de vie des familles les plus modestes.
Une croissance factice et déséquilibrée
Le discours officiel sur la croissance économique ne reflète pas la réalité quotidienne des Camerounais. Derrière les chiffres flatteurs se cache une économie fragile, marquée par une dépendance excessive aux matières premières, une absence de véritable industrialisation et des inégalités croissantes. Cette situation illustre l’échec des politiques économiques menées sous le régime de Paul Biya, incapables de traduire la croissance en développement inclusif.
II. Une politique industrielle fictive : où sont les vraies usines ?
Dans ses discours, Paul Biya vante régulièrement les « progrès industriels » réalisés sous son régime, citant quelques projets ponctuels comme la création de nouvelles cimenteries ou d’usines de carreaux. Toutefois, cette rhétorique masque une réalité bien plus sombre : une désindustrialisation massive depuis son accession au pouvoir en 1982. Le Cameroun, autrefois doté d’un tissu industriel dynamique, a vu la fermeture de nombreuses usines majeures au cours des quatre dernières décennies, laissant place à une dépendance accrue aux importations.
1. Un tissu industriel en déclin depuis les années 1980
Avant l’arrivée de Paul Biya au pouvoir, le Cameroun possédait un secteur industriel prometteur, soutenu par un État interventionniste qui investissait dans des industries stratégiques. Certaines des usines les plus emblématiques de cette époque étaient :
• CELLUCAM (Cellulose du Cameroun) : Cette usine, située à Edea, était spécialisée dans la transformation du bois en pâte à papier. Elle jouait un rôle clé dans l’exploitation des vastes ressources forestières du pays. Sa fermeture dans les années 1990, due à une mauvaise gestion et à un manque d’investissements, a non seulement entraîné la perte de milliers d’emplois, mais aussi forcé le Cameroun à importer du papier.
• CICAM (Cotonnière Industrielle du Cameroun) : Acteur majeur de l’industrie textile, la CICAM produisait des tissus destinés à la consommation locale et à l’exportation. Sous Paul Biya, l’usine a progressivement décliné en raison de la concurrence des produits importés, notamment asiatiques, et de l’absence de protection de l’industrie locale. Aujourd’hui, la CICAM fonctionne à peine, avec une production bien en deçà de sa capacité initiale.
• CAMSUCO (Cameroun Sugar Company) : Cette entreprise sucrière, située dans la région du Centre, contribuait à la production locale de sucre. Sa privatisation mal encadrée dans les années 1990 a conduit à son effondrement. Le Cameroun est depuis devenu dépendant des importations pour combler sa consommation de sucre.
Exemple marquant : En 1980, le Cameroun exportait une partie de sa production textile et de son papier. Aujourd’hui, il importe l’essentiel de ces produits, aggravant son déficit commercial.
2. Des privatisations désastreuses sous les programmes d’ajustement structurel
Dans les années 1990, le Cameroun, sous pression du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, a lancé une série de privatisations dans le cadre des programmes d’ajustement structurel. Ces privatisations, mal préparées et souvent entachées de corruption, ont conduit à la fermeture de nombreuses usines :
• Privatisation de la SONEL (Société Nationale d’Électricité) : Cette entreprise, autrefois publique, a été privatisée en 2001. La gestion privée qui s’en est suivie n’a pas permis d’améliorer l’accès à l’électricité, et les coupures de courant restent fréquentes, entravant le développement industriel.
• Liquidation de la REGIFERCAM (Régie Ferroviaire du Cameroun) : La disparition de cette société publique a eu des conséquences dramatiques sur le transport des marchandises et l’approvisionnement des usines en matières premières.
Conséquence : La privatisation et la fermeture de ces entreprises ont entraîné une désorganisation de l’économie nationale et une hausse des coûts de production pour les rares industries restantes.
3. Des projets industriels récents non aboutis
Depuis les années 2010, le gouvernement a multiplié les annonces de projets industriels ambitieux, mais peu d’entre eux ont réellement vu le jour :
• Zone industrielle de Kribi : Cette zone, censée accueillir des usines de transformation du bois et des matières premières, reste largement sous-exploitée. En 2024, seules quelques entreprises y opèrent, et les infrastructures promises ne sont toujours pas finalisées.
• Technopôle agro-industriel de Ouassa-Babouté : Ce projet, annoncé pour relancer la transformation des produits agricoles locaux (céréales, tubercules, lait), n’a toujours pas démarré, plusieurs années après son lancement officiel.
Exemple concret : La transformation du cacao, un secteur stratégique pour le Cameroun, est un échec flagrant. Bien que le pays soit l’un des premiers producteurs mondiaux de cacao, plus de 85 % de la production est exportée sous forme brute. Les rares usines de transformation fonctionnent en dessous de leur capacité, faute d’investissements et d’un environnement favorable.
4. Un secteur manufacturier embryonnaire
Le secteur manufacturier, clé du développement économique, reste marginal au Cameroun :
• Faible contribution au PIB : Le secteur manufacturier représente à peine 14 % du PIB, contre plus de 30 % dans des pays comme l’Éthiopie ou le Maroc, qui ont su diversifier leur économie.
• Absence de chaîne de valeur locale : La plupart des produits consommés au Cameroun sont importés, même ceux fabriqués à partir de matières premières disponibles localement. Par exemple, le pays importe des meubles alors qu’il dispose de vastes ressources forestières.
Exemple concret : Dans le secteur de la cimenterie, bien que de nouvelles usines aient vu le jour (comme celle de Dangote Cement), le coût du ciment reste élevé, et l’industrie ne parvient pas à répondre à la demande locale en raison de problèmes d’approvisionnement en énergie et en transport.
5. Conséquences de la désindustrialisation
La désindustrialisation massive sous le régime de Paul Biya a eu des conséquences profondes sur l’économie camerounaise :
• Perte de souveraineté économique : Le Cameroun est devenu dépendant des importations pour de nombreux biens de consommation, aggravant son déficit commercial.
• Chômage et précarité : La fermeture des grandes usines a entraîné une perte massive d’emplois formels. La majorité des Camerounais travaillent désormais dans le secteur informel, sans couverture sociale ni sécurité de l’emploi.
• Faible compétitivité : L’absence d’une industrie forte empêche le Cameroun de s’insérer dans les chaînes de valeur régionales et mondiales, limitant ainsi son potentiel de croissance.
Une illusion industrielle entretenue par le régime
Contrairement aux discours officiels, la réalité industrielle du Cameroun est celle d’un déclin constant depuis les années 1980. Les quelques usines récemment inaugurées ne suffisent pas à masquer la disparition de véritables fleurons industriels, ni à compenser les emplois perdus.
III. Gouvernance et corruption : une plaie béante jamais guérie
Paul Biya promet une fois de plus de renforcer la lutte contre la corruption. Or, selon le classement de Transparency International de 2024, le Cameroun figure parmi les 25 pays les plus corrompus au monde, occupant la 142e place sur 180.
Quelques exemples récents illustrent l’ampleur de cette corruption endémique :
Les rapports de la Cour des comptes : Un miroir accablant de la mauvaise gouvernance au Cameroun
Les rapports annuels de la Cour des comptes du Cameroun constituent une source essentielle pour comprendre les dysfonctionnements structurels qui caractérisent la gestion publique sous le régime de Paul Biya. Ces documents, élaborés par une institution indépendante censée surveiller l’utilisation des deniers publics, révèlent chaque année des irrégularités massives, des détournements de fonds et une mauvaise gestion des ressources publiques. Toutefois, malgré la gravité des conclusions de ces rapports, les mesures correctives tardent à être prises et les responsables identifiés ne subissent que rarement des sanctions exemplaires.
1. Des détournements de fonds à grande échelle
Les rapports de la Cour des comptes soulignent régulièrement des cas de détournements massifs de fonds publics dans plusieurs secteurs clés :
• Affaire CovidGate : Dans un rapport publié en 2022, la Cour des comptes a dénoncé la gestion opaque et les détournements de plusieurs milliards de FCFA destinés à la lutte contre la pandémie de Covid-19. Ce scandale a impliqué des ministères stratégiques, mais à ce jour, peu de sanctions concrètes ont été prises.
• Projets d’infrastructures routières : La Cour des comptes a pointé du doigt des surcoûts injustifiés dans plusieurs projets routiers, comme l’autoroute Yaoundé-Douala, dont la première phase, entamée en 2014, n’est toujours pas achevée. Des surfacturations et des paiements effectués pour des travaux non réalisés figurent parmi les irrégularités relevées.
2. La mauvaise gestion des entreprises publiques
Un autre point régulièrement souligné par la Cour des comptes concerne la gestion inefficace des entreprises publiques. De nombreuses sociétés d’État, bien que bénéficiant de subventions massives, continuent d’accumuler des pertes sans contribuer au développement économique :
• CAMTEL (société de télécommunications) et SONARA (raffinerie nationale) figurent parmi les entreprises dont la gestion a été qualifiée de catastrophique par les rapports successifs de la Cour.
• Les zones économiques, telles que la zone industrielle de Kribi, censées dynamiser l’industrialisation, peinent à produire des résultats concrets en raison d’une gestion inadéquate et d’un manque de vision stratégique.
3. Une gouvernance inefficace et un manque de reddition des comptes
Les rapports mettent également en évidence un problème chronique de gouvernance, notamment :
• Absence de suivi des recommandations : Bien que la Cour des comptes formule chaque année des recommandations pour améliorer la gestion publique, celles-ci sont rarement suivies d’effet. Cela témoigne d’un manque de volonté politique de mettre en œuvre des réformes.
• Implication de hauts responsables intouchables : Nombre des détournements et irrégularités concernent des personnalités proches du pouvoir, qui bénéficient d’une impunité totale.
4. Un signal ignoré par Paul Biya
Les rapports de la Cour des comptes auraient pu être un outil puissant de réforme et d’assainissement de la gestion publique. Cependant, sous le régime de Paul Biya, ils restent largement ignorés, réduisant cette institution à un simple observateur sans réel pouvoir de contrainte. Cette situation illustre parfaitement l’incapacité du régime à instaurer une gouvernance fondée sur la transparence et la reddition des comptes.
Les rapports de la Cour des comptes offrent une preuve irréfutable de l’échec du régime en matière de gestion publique. Ils montrent que, malgré les discours officiels sur la lutte contre la corruption et l’amélioration de la gouvernance, le Cameroun reste enlisé dans des pratiques prédatrices qui freinent son développement. Si Paul Biya décide de se présenter à l’élection présidentielle de 2025, il devra répondre de cet héritage accablant. À moins qu’il ne choisisse de sortir par la grande porte, en facilitant une alternance politique et en permettant une nouvelle gouvernance plus efficace et transparente.
Le scandale des stades de football au Cameroun : Une vitrine de la mauvaise gouvernance
Le scandale entourant la construction et la réhabilitation des stades de football au Cameroun est un symbole éclatant de la mauvaise gestion des projets d’infrastructures sous le régime de Paul Biya. Ce scandale a pris de l’ampleur lors de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2021, initialement prévue en 2019, mais reportée en raison des retards accumulés dans la livraison des infrastructures. Les dysfonctionnements constatés révèlent non seulement une gestion calamiteuse des fonds publics, mais aussi un système profondément corrompu.
1. Des coûts exorbitants et injustifiés
Le coût total des infrastructures sportives liées à la CAN a largement dépassé les prévisions initiales. Le cas emblématique est celui du stade d’Olembe, dont le coût initial était estimé à 163 milliards de FCFA, mais qui a finalement dépassé 330 milliards de FCFA. Cette explosion des coûts s’explique par :
• La mauvaise planification : Des modifications répétées des plans et des délais non respectés ont conduit à une inflation artificielle des coûts.
• La surfacturation et les détournements de fonds : Selon des rapports de la Cour des comptes et de certaines enquêtes journalistiques, une partie importante des fonds alloués a été détournée ou mal utilisée.
Le stade d’Olembe, censé être un joyau architectural et une fierté nationale, n’a été partiellement achevé qu’à la veille de la compétition, après plusieurs avertissements de la Confédération Africaine de Football (CAF).
2. Des infrastructures inachevées ou sous-utilisées
Malgré les sommes faramineuses investies, plusieurs stades restent partiellement achevés ou sous-utilisés :
• Le stade d’Olembe, malgré son inauguration précipitée pour la CAN, présente encore des travaux inachevés. Le complexe sportif prévu autour du stade, comprenant des hôtels et des commerces, n’a jamais été réalisé.
• Le stade de Japoma, construit à Douala à un coût également élevé, souffre d’un entretien insuffisant, et son utilisation est limitée faute d’une gestion adaptée.
3. Un scandale sans véritable sanction
Malgré l’ampleur des dysfonctionnements et des détournements constatés, aucune sanction significative n’a été prise contre les responsables de ce fiasco. Les appels de la société civile et de certains parlementaires à ouvrir une enquête indépendante sont restés sans suite. Ce silence s’explique par la proximité des principaux bénéficiaires de ces détournements avec le cercle du pouvoir :
• Responsabilité politique : Plusieurs ministres et hauts responsables ayant supervisé ces projets n’ont jamais été inquiétés.
• Impunité systémique : Le régime Biya a démontré à plusieurs reprises son incapacité, ou son absence de volonté, à sanctionner les cas de corruption impliquant des proches du pouvoir.
IV. Un bilan sécuritaire désastreux : le mythe de la paix retrouvée
Dans son discours de fin d’année 2024, Paul Biya affirme que la paix et la sécurité sont désormais consolidées au Cameroun, malgré quelques « attaques lâches » de groupes terroristes et des « atrocités commises par des bandes armées ». Cette affirmation, loin de refléter la réalité sur le terrain, s’inscrit dans une longue tradition de discours minimisant la gravité des crises sécuritaires que traverse le pays. En vérité, le bilan sécuritaire du régime Biya est désastreux, marqué par une gestion inefficace des conflits et une détérioration constante de la situation dans plusieurs régions.
1. La persistance de la crise anglophone : Une guerre non déclarée
Depuis 2016, le Cameroun est plongé dans une grave crise dans ses régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où des groupes séparatistes anglophones affrontent les forces gouvernementales. Malgré les déclarations répétées du gouvernement sur un retour progressif à la paix, la réalité est bien différente :
• Un conflit meurtrier : Selon les estimations de l’International Crisis Group, le conflit a fait plus de 6 000 morts et forcé près d’un million de personnes à fuir leurs foyers. Les civils, pris en étau entre les forces de sécurité et les groupes séparatistes, paient le prix fort.
• Exactions des deux camps : Des rapports de Human Rights Watch et d’autres organisations de défense des droits humains documentent des exactions commises par les deux parties. Les forces de sécurité sont accusées d’exécutions extrajudiciaires, de viols et de destruction de villages, tandis que les groupes séparatistes multiplient les enlèvements, les attaques contre les écoles et les assassinats de civils soupçonnés de collaborer avec le gouvernement.
• Un processus de paix au point mort : Le Grand Dialogue National organisé en 2019, censé résoudre la crise, n’a produit aucun effet concret. Les principales revendications des anglophones, comme la fédéralisation ou une autonomie accrue, ont été ignorées, ce qui a conduit à un durcissement des positions des groupes séparatistes.
Exemple marquant : En novembre 2024, une attaque dans un village de la région du Nord-Ouest a causé la mort de 27 civils, dont des femmes et des enfants, un événement qui illustre la violence persistante dans cette zone. Malgré la présence de forces de sécurité, les habitants continuent de vivre dans la peur quotidienne.
2. La menace persistante de Boko Haram dans l’Extrême-Nord
La région de l’Extrême-Nord du Cameroun est confrontée depuis 2014 à la menace de Boko Haram, un groupe terroriste originaire du Nigeria. Bien que Paul Biya se félicite des « progrès significatifs » dans la lutte contre ce groupe, les faits démontrent que la menace persiste :
• Attaques régulières : En 2024, plusieurs dizaines d’attaques ont été recensées dans la région, causant la mort de civils et de militaires. Ces attaques visent principalement des villages isolés et des postes de sécurité.
• Déplacements de population : Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), plus de 340 000 personnes restent déplacées dans l’Extrême-Nord à cause des violences de Boko Haram, vivant dans des conditions précaires.
• Recrutement forcé : Le groupe terroriste continue de recruter de force des jeunes dans les villages reculés, profitant de la pauvreté et de l’absence d’opportunités économiques.
Exemple marquant : En juillet 2024, une attaque de Boko Haram dans la localité de Mozogo a fait 15 morts, principalement des civils, et provoqué le déplacement de centaines de familles. Cet événement démontre que, malgré les opérations militaires, la menace terroriste reste vive.
3. Criminalité urbaine et insécurité dans les grandes villes
En plus des crises majeures dans les régions anglophones et l’Extrême-Nord, le Cameroun est confronté à une montée de la criminalité dans les centres urbains :
• Banditisme et vols à main armée : À Douala et Yaoundé, les cas de vols à main armée, d’agressions et de cambriolages se sont multipliés ces dernières années. Malgré l’annonce de mesures pour renforcer la sécurité, les populations continuent de vivre dans l’insécurité.
• Développement des gangs : Des gangs organisés, souvent composés de jeunes désœuvrés, prolifèrent dans plusieurs quartiers sensibles, profitant de l’absence de politiques efficaces de réinsertion sociale.
Exemple marquant : En octobre 2024, une série de cambriolages spectaculaires dans des quartiers résidentiels de Yaoundé a suscité une vive inquiétude parmi les habitants, forçant les autorités à lancer une opération de sécurisation. Cependant, ce type d’actions ponctuelles reste sans effet durable sur la criminalité.
4. L’échec des programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR)
Pour tenter de résoudre les conflits armés, le gouvernement camerounais a mis en place des programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) destinés aux combattants séparatistes et aux ex-membres de Boko Haram. Cependant, ces programmes peinent à atteindre leurs objectifs :
• Faible adhésion : Très peu de combattants séparatistes ont rejoint les centres de DDR, craignant des représailles ou ne croyant pas en la sincérité de l’offre gouvernementale.
• Conditions de vie précaires dans les centres : Plusieurs rapports font état de mauvaises conditions de vie dans les centres de DDR, où les ex-combattants peinent à recevoir une formation professionnelle ou un accompagnement adéquat.
• Rechute dans la violence : Faute de suivi et d’opportunités économiques, certains ex-combattants retournent dans la clandestinité et reprennent les armes.
Un discours déconnecté de la réalité
Le bilan sécuritaire de Paul Biya est loin d’être celui d’un pays en voie de pacification. En réalité, le Cameroun reste confronté à de multiples foyers de tension qui continuent de déstabiliser plusieurs régions et d’affecter la vie quotidienne des populations. Le discours du régime, qui présente une image d’un pays en paix, relève davantage de la propagande que de la réalité.
V. Des infrastructures sociales insuffisantes : un quotidien difficile pour les Camerounais
Malgré les discours optimistes de Paul Biya sur l’amélioration des conditions de vie des Camerounais, les infrastructures sociales restent gravement insuffisantes. Les secteurs clés comme l’éducation, la santé, l’eau potable et l’électricité souffrent d’un sous-investissement chronique et d’une gestion inefficace. Ces défaillances ont des conséquences directes sur le quotidien des populations, notamment les plus vulnérables.
1. Éducation : Des écoles sous-équipées et des enseignants mal rémunérés
Le système éducatif camerounais est confronté à de nombreux défis :
• Manque d’infrastructures scolaires : Dans de nombreuses régions, les écoles sont en nombre insuffisant et mal équipées. Il n’est pas rare de voir des enfants suivre les cours dans des abris de fortune ou sous des arbres, faute de salles de classe adaptées.
• Classes surchargées : Dans les zones urbaines, les écoles publiques accueillent souvent plus de 100 élèves par classe, ce qui nuit à la qualité de l’enseignement.
• Faible motivation des enseignants : Les enseignants, mal rémunérés et confrontés à des conditions de travail précaires, multiplient les grèves pour réclamer de meilleures conditions. En 2022, le mouvement des enseignants baptisé “On a trop supporté” a paralysé le secteur pendant plusieurs semaines.
Ces problèmes contribuent à un taux d’abandon scolaire élevé, en particulier dans les zones rurales et les régions anglophones touchées par la crise.
2. Santé : Un système sous-équipé et inaccessible
Malgré les annonces répétées sur le renforcement du système de santé, la réalité reste préoccupante :
• Insuffisance des infrastructures de santé : De nombreuses localités, notamment en zones rurales, ne disposent pas d’hôpitaux ou de centres de santé fonctionnels. Là où ils existent, ils manquent souvent de personnel qualifié, de médicaments et d’équipements essentiels.
• Hôpitaux en crise : Les grands hôpitaux publics des villes comme Yaoundé et Douala sont saturés et sous-équipés. Le manque de lits, de matériel médical et de médicaments est récurrent. En 2023, une enquête a révélé que plus de 60 % des patients hospitalisés dans les grandes villes devaient acheter eux-mêmes leurs médicaments en pharmacie.
• Frais de santé élevés : L’absence d’un système de couverture universelle efficace rend les soins de santé inaccessibles à une grande partie de la population. De nombreuses familles doivent choisir entre se soigner et subvenir à leurs besoins de base.
Exemple marquant : le Centre hospitalier universitaire de Yaoundé (CHUY), qui, malgré son statut d’hôpital de référence, souffre d’un manque chronique de financement et d’équipements, entraînant une détérioration constante de la qualité des soins.
3. Eau potable : Un défi quotidien pour des millions de Camerounais
L’accès à l’eau potable reste un défi majeur dans de nombreuses régions :
• Pénurie d’eau dans les grandes villes : À Yaoundé et Douala, les coupures d’eau sont fréquentes, obligeant les habitants à s’approvisionner auprès de revendeurs informels à des prix élevés. En 2024, plusieurs quartiers de Yaoundé ont connu des périodes de pénurie prolongée, suscitant la colère des populations.
• Accès limité en milieu rural : Dans les zones rurales, moins de 40 % des habitants ont accès à une source d’eau potable. La majorité des populations s’approvisionne encore dans les rivières et les puits non protégés, exposant ainsi les familles à des maladies hydriques comme le choléra.
Bien que des projets d’adduction d’eau aient été lancés, comme celui du projet d’alimentation en eau de la ville de Yaoundé à partir du fleuve Sanaga, leur impact reste limité en raison des retards et des problèmes de gestion.
4. Électricité : Un accès irrégulier et insuffisant
Malgré les promesses d’amélioration de l’accès à l’électricité, le Cameroun continue de faire face à des délestages fréquents :
• Délestages chroniques : Les coupures de courant sont monnaie courante, même dans les grandes villes. Cela perturbe non seulement la vie des ménages, mais aussi les activités économiques, notamment les petites entreprises.
• Inégalité dans l’accès : Selon un rapport de la Banque mondiale, environ 30 % de la population rurale n’a toujours pas accès à l’électricité. Dans certaines localités, les habitants doivent parcourir de longues distances pour recharger leurs appareils électriques à des générateurs privés.
Exemple marquant : le barrage de Lom Pangar, annoncé comme une solution durable au problème énergétique, a été achevé avec plusieurs années de retard et n’a pas permis de résoudre les délestages persistants.
5. Logement et urbanisation : Une gestion anarchique
L’urbanisation rapide des grandes villes comme Douala et Yaoundé a conduit à une crise du logement :
• Bidonvilles en expansion : Une grande partie de la population urbaine vit dans des quartiers précaires, sans accès aux services de base (eau, électricité, assainissement). Selon une étude de l’ONU-Habitat, plus de 60 % des habitants de Douala vivent dans des bidonvilles.
• Projets de logements sociaux non achevés : Plusieurs programmes de logements sociaux annoncés par le gouvernement, comme ceux de Logpom à Douala et de Mbanga-Bakoko à Yaoundé, n’ont pas été finalisés ou restent inaccessibles en raison de coûts élevés.
Le quotidien difficile des Camerounais, marqué par des infrastructures sociales insuffisantes, contraste fortement avec les discours officiels qui se félicitent de progrès inexistants. La détérioration des services de base reflète l’échec d’une gouvernance incapable de répondre aux besoins essentiels de sa population.
VI. Paul Biya et la présidentielle de 2025 : Le faux appel du peuple et le choix de sa sortie
Dans son discours de fin d’année 2024, Paul Biya laisse habilement entendre qu’il pourrait à nouveau être candidat à l’élection présidentielle prévue en 2025. Bien qu’il ne déclare pas ouvertement ses intentions, les sous-entendus sont clairs : il évoque sa « détermination intacte » et le soutien prétendu d’un peuple reconnaissant, tout en insistant sur la nécessité de poursuivre le chemin entamé sous son impulsion. Cette mise en scène prépare le terrain à une candidature que ses partisans présenteront comme une « demande du peuple ». Mais au-delà des apparences, cet « appel » du peuple n’est qu’une mascarade orchestrée par une élite politico-administrative soucieuse de préserver ses privilèges sous un régime usé.
1. L’illusion de l’appel populaire : Une manœuvre politicienne bien rodée
Depuis plusieurs décennies, chaque élection présidentielle au Cameroun est précédée d’une série de « motions de soutien » adressées au président Paul Biya par des groupes d’élites locales, des chefs traditionnels et des membres du parti au pouvoir, le RDPC. Ces motions, souvent relayées par les médias publics, présentent toujours la même rhétorique : elles implorent le président de « répondre favorablement à l’appel pressant du peuple » et de briguer un nouveau mandat « pour assurer la stabilité et la continuité du développement ».
Or, il est important de rappeler que ces appels ne sont ni spontanés ni représentatifs de la volonté populaire réelle. En effet :
• Mobilisation artificielle : Les motions de soutien sont le fruit de pressions exercées sur les élites locales, qui craignent de perdre leurs privilèges ou leurs postes s’ils ne participent pas activement à cette mise en scène.
• Répression des voix dissidentes : Toute voix s’opposant à cette narrative est systématiquement étouffée. L’espace démocratique étant extrêmement restreint au Cameroun, la majorité des citoyens n’a ni les moyens ni la liberté de s’exprimer véritablement.
Le véritable sentiment populaire est tout autre : une grande majorité des Camerounais aspire à un changement de leadership, une alternance démocratique et une nouvelle dynamique politique après 42 années d’immobilisme.
2. Une candidature qui prolongerait la crise politique et économique
Si Paul Biya décidait de se représenter en 2025, cela signifierait le prolongement d’un régime marqué par :
• Une économie stagnante : Malgré les discours optimistes, le Cameroun peine à diversifier son économie et reste dépendant des matières premières, tandis que le taux de chômage reste élevé, notamment chez les jeunes.
• Une gouvernance défaillante : La corruption endémique, la mauvaise gestion des ressources publiques et l’absence de réformes structurelles continueraient de freiner le développement.
• Une instabilité sécuritaire persistante : La crise anglophone, mal gérée depuis son déclenchement, risque de s’enliser davantage si le régime actuel, perçu comme illégitime par une partie de la population, reste en place.
En choisissant de se maintenir au pouvoir, Paul Biya ne ferait que retarder une transition inévitable, au risque de plonger le pays dans une crise politique et sociale encore plus profonde.
3. Le choix historique de Paul Biya : La grande porte ou la petite porte
À 92 ans et après plus de quatre décennies à la tête du Cameroun, Paul Biya est face à un choix crucial qui déterminera son héritage historique :
• Sortir par la grande porte : Le geste d’un homme d’État
Paul Biya a encore la possibilité de marquer positivement l’histoire en renonçant à briguer un nouveau mandat et en organisant une transition démocratique transparente. Ce geste serait celui d’un homme d’État responsable, soucieux de préserver la stabilité de son pays et d’assurer une alternance pacifique. Il pourrait devenir un exemple pour les autres dirigeants africains souvent accusés de s’accrocher au pouvoir. Cette sortie par la grande porte lui permettrait de se retirer avec honneur, respecté non seulement par les Camerounais, mais aussi par la communauté internationale.
• Sortir par la petite porte : L’épilogue d’un règne contesté
À l’inverse, s’il choisit de se représenter, Paul Biya risque d’être emporté par une contestation populaire croissante. Une nouvelle candidature ne ferait que renforcer le sentiment de frustration et d’exaspération d’une grande partie de la population, ouvrant la voie à des troubles politiques majeurs. L’histoire est pleine de dirigeants qui, refusant de lire les signes du temps, ont fini par être chassés du pouvoir dans l’humiliation et la violence.
La sagesse voudrait que Paul Biya prenne la mesure de la situation et comprenne qu’il est temps de laisser la place à une nouvelle génération de dirigeants capables de relever les défis de l’heure. Cette décision lui appartient seul : elle sera celle d’un homme qui choisit de rester dans l’histoire comme un bâtisseur de paix ou d’être rejeté comme un dirigeant ayant refusé de céder sa place au moment opportun.
4. Une opportunité pour un nouveau départ démocratique
La non-candidature de Paul Biya pourrait ouvrir une nouvelle ère au Cameroun :
• Une transition pacifique et crédible : En se retirant, il permettrait au Cameroun d’organiser des élections crédibles, transparentes et inclusives, qui offriraient au pays une chance de se réinventer.
• Un dialogue national sincère : Son retrait ouvrirait la voie à un véritable dialogue avec toutes les forces vives de la nation, y compris l’opposition et la société civile, pour définir un nouveau projet national.
• Une réconciliation nationale : L’alternance politique favoriserait la réconciliation des régions anglophones et le renforcement de l’unité nationale.
Conclusion générale : L’heure du choix a sonné
Paul Biya est à un moment décisif de son règne. Son choix de se maintenir au pouvoir ou de céder sa place déterminera non seulement son héritage personnel, mais aussi l’avenir du Cameroun. Ce pays, riche de son potentiel et de sa jeunesse, mérite mieux que la stagnation actuelle. Il mérite une nouvelle direction, une nouvelle vision, un nouveau souffle.
Seul Paul Biya peut encore décider de sortir par la grande porte, en homme d’État conscient de sa responsabilité historique. S’il ne le fait pas, l’histoire et le peuple camerounais lui imposeront tôt ou tard une sortie par la petite porte, avec le souvenir amer d’un règne trop long, marqué par des promesses non tenues et une transition manquée.
Le Cameroun a besoin de changement, et ce changement doit commencer maintenant.
Bibliographie
1. Banque mondiale, « Promouvoir une croissance inclusive au Cameroun : Défis et opportunités », Washington DC, 2023.
2. Institut National de la Statistique (INS), Rapport sur l’évolution du secteur industriel au Cameroun, Yaoundé, 2024.
3. Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), Indice de développement humain et rapport sur la compétitivité économique du Cameroun, Yaoundé, 2023.
4. Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), Rapport sur la désindustrialisation en Afrique centrale : le cas du Cameroun, Vienne, 2023.
5. Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), « Politique industrielle et chaînes de valeur en Afrique », Genève, 2022.
6. Transparency International, Indice de perception de la corruption : focus sur les grands projets d’infrastructures et gouvernance au Cameroun, Berlin, 2024.
7. Human Rights Watch, « Cameroon: Armed Separatists and Security Forces Abuses », New York, 2024.
8. Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), Rapport sur les déplacés internes au Cameroun, Genève, 2023.
9. International Crisis Group, « Cameroon’s Anglophone Crisis: The Need for Dialogue », Bruxelles, 2024.
10. Agence Ecofin, Articles sur l’économie, les infrastructures et la sécurité au Cameroun, Douala, 2023-2024.
11. Le Messager, « CELLUCAM, CICAM, CAMSUCO : un passé industriel glorieux abandonné », Yaoundé, édition spéciale, 2023.
12. Mutations, « Privatisations et fermetures d’usines : un bilan controversé », Douala, juin 2024.
13. Cour des comptes du Cameroun, Rapport sur la gestion des projets d’infrastructures sportives liés à la CAN 2019 et audit des entreprises publiques, Yaoundé, 2021-2023.
14. ONU-Habitat, Rapport sur l’urbanisation et le logement au Cameroun, Nairobi, 2023.
15. Ministère de la Défense du Cameroun, Rapport annuel sur les opérations de maintien de l’ordre et la lutte contre le terrorisme, Yaoundé, 2024.
16. Cameroon Tribune, Articles sur les défis de la transformation locale et les projets industriels, Yaoundé, 2023-2024.
17. Mutations, « Le chômage des jeunes au Cameroun : une bombe à retardement », Douala, édition spéciale, mai 2024.
18. Le Messager, « Crise anglophone : les civils entre deux feux », Yaoundé, édition spéciale, décembre 2023.
19. Agence Ecofin, « Les échecs des zones industrielles au Cameroun : cas de Kribi et Ouassa-Babouté », Douala, 2023.
20. Confédération Africaine de Football (CAF), Rapports d’inspection des infrastructures sportives au Cameroun, 2018-2021.
L’Église catholique au Cameroun, pourtant historiquement influente, semble s’être retranchée dans une posture prudente face aux défis politiques et sociaux cruciaux du pays. À travers l’interview de Mgr Samuel Kleda, archevêque de Douala, on observe une déconnexion croissante entre l’institution religieuse et les attentes populaires. Cet article critique cette posture en soulignant son manque d’engagement concret, tout en la comparant à des Églises africaines plus engagées, comme celle de Côte d’Ivoire, qui ont su assumer un rôle prophétique et défendre fermement les intérêts des populations. Une telle comparaison révèle l’échec de l’Église camerounaise à incarner un véritable soutien aux luttes populaires, renforçant son image d’une institution timorée, voire complice du statu quo.
Mots clés: Église catholique au Cameroun, Engagement politique, Mgr Samuel Kleda, Crise anglophone, Transition démocratique, Justice sociale, Leadership religieux en Afrique, Église catholique en Côte d’Ivoire, Médiation des conflits, Société civile et religion, Influence religieuse en politique, Églises africaines et droits humains
Abstract
The Catholic Church in Cameroon, historically an influential institution, appears increasingly disconnected from the pressing demands of its people. This paper critically examines the recent interview of Archbishop Samuel Kleda, analyzing its lack of substantive proposals and highlighting the Church’s passive stance on critical national issues such as political transition, the Anglophone crisis, and socioeconomic inequalities. Drawing comparisons with more politically engaged Catholic Churches in Africa, such as those in Côte d’Ivoire and the Democratic Republic of Congo, this study underscores the Church’s failure to embody a prophetic voice. The analysis demonstrates how the Church’s reticence compromises its credibility and alienates it from the struggles of the Cameroonian people, contrasting this with examples of proactive and transformative ecclesiastical leadership in Africa. Finally, the paper calls for a reimagined role of the Catholic Church in Cameroon as a bold advocate for justice, democracy, and social change.
Keywords: Catholic Church in Cameroon, Political engagement, Archbishop Samuel Kleda, Anglophone crisis, Church and democracy, Justice and social change, Côte d’Ivoire Catholic Church, Democratic Republic of Congo (DRC) Catholic Church, Church and political transition, African ecclesiastical leadership
1. Introduction : L’Église face à une crise d’engagement
Dans les contextes africains marqués par des crises politiques, économiques et sociales, les institutions religieuses jouent souvent un rôle déterminant en tant que médiateurs et catalyseurs de changement. Pourtant, l’Église catholique camerounaise semble hésiter à assumer pleinement cette responsabilité. L’interview de Mgr Kleda, bien qu’évoquant des préoccupations légitimes telles que la transition politique et la résolution de la crise anglophone, manque de profondeur, de fermeté et de propositions concrètes pour accompagner le peuple dans sa quête de justice et de démocratie.
2. L’interview de Mgr Kleda : Une neutralité malvenue
2.1. Un appel à la transition politique sans substance
Mgr Kleda appelle à une « transition pacifique » et qualifie une nouvelle candidature de Paul Biya de « non réaliste ». Cependant, cette déclaration évite d’aborder les racines profondes de la crise politique au Cameroun : la gouvernance autocratique et les élections systématiquement contestées.
• Neutralité et passivité institutionnelle
Selon Philpott (2004), les Églises qui réussissent à influencer les transitions démocratiques adoptent des positions claires et courageuses face aux régimes autoritaires. L’Église catholique en Pologne, par exemple, a joué un rôle décisif dans la chute du communisme en soutenant activement le mouvement Solidarnosc. Par contraste, les déclarations de Mgr Kleda manquent de substance et ne remettent pas directement en question le système en place.
2.2. Une position floue sur la crise anglophone
La crise anglophone, l’un des conflits les plus meurtriers en Afrique centrale, n’est abordée que de manière superficielle dans l’interview. L’appel au dialogue de Mgr Kleda, bien intentionné, reste dénué de propositions concrètes sur la manière de structurer ce dialogue ou d’en garantir l’efficacité.
• L’inaction face aux conflits prolongés
Lederach (1997) insiste sur l’importance de la médiation proactive et de la création d’espaces sûrs pour les négociations dans les conflits prolongés. L’Église camerounaise, malgré son influence, n’a pas organisé de forums ou offert ses ressources comme médiateur impartial, contrairement à ce que l’on a vu dans d’autres pays.
2.3. L’oubli des préoccupations socio-économiques
L’interview de Mgr Kleda néglige totalement les préoccupations socio-économiques des Camerounais, tels que le chômage massif, l’inflation et l’inégalité croissante. Cette omission illustre une déconnexion de l’Église avec les réalités quotidiennes de ses fidèles.
• La justice sociale comme mission centrale
Gutierrez (1973) souligne que l’Église doit être à l’avant-garde des luttes pour la justice sociale. En ignorant ces questions, l’Église camerounaise échoue à incarner une institution réellement au service du peuple.
3. Une comparaison avec des Églises africaines engagées
3.1. L’Église catholique de Côte d’Ivoire : Une voix prophétique dans les crises
En Côte d’Ivoire, l’Église catholique s’est démarquée par son franc-parler et son engagement dans les crises politiques. Lors de la crise post-électorale de 2010-2011, les évêques ivoiriens ont publiquement condamné la violence et les abus de pouvoir, tout en appelant à une solution pacifique basée sur la justice. Leur déclaration collective, « Nous n’avons pas peur de la vérité », a marqué une prise de position courageuse et sans ambiguïté.
• Exemple : La médiation active de l’Église ivoirienne
En plus de ses déclarations, l’Église catholique ivoirienne a initié des médiations entre les factions rivales et a plaidé pour des réformes institutionnelles afin de garantir des élections crédibles. Cette posture contraste fortement avec l’attentisme de l’Église camerounaise.
3.2. L’Église catholique au Congo-Kinshasa : Leader de la société civile
En République démocratique du Congo (RDC), l’Église catholique est un acteur majeur de la société civile. En 2018, face à l’incertitude politique entourant la succession de Joseph Kabila, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a joué un rôle crucial dans la supervision des élections et la dénonciation des irrégularités.
• Exemple : Mobilisation pour la vérité électorale
En mobilisant des milliers d’observateurs pour surveiller les élections et en publiant des rapports détaillés sur les irrégularités, la CENCO a démontré un engagement clair en faveur de la démocratie et des droits des citoyens. Cette mobilisation a renforcé la légitimité de l’Église auprès du peuple.
3.3. Comparaison : Une Église camerounaise en retrait
Contrairement à ces exemples, l’Église catholique au Cameroun reste sur la défensive, évitant les confrontations directes avec le régime et négligeant les initiatives concrètes pour accompagner la transition démocratique ou résoudre la crise anglophone.
4. Conclusion : L’Église catholique camerounaise à la croisée des chemins
L’Église catholique camerounaise est confrontée à une crise de crédibilité en raison de son manque d’engagement clair face aux luttes populaires. L’interview de Mgr Kleda, bien qu’évoquant des thématiques importantes, illustre une institution plus soucieuse de préserver son équilibre institutionnel que de défendre les aspirations des Camerounais.
À la lumière des exemples ivoiriens et congolais, il est évident que l’Église au Cameroun a les moyens de jouer un rôle plus actif et courageux. Cependant, son hésitation actuelle renforce l’idée qu’elle est déconnectée du peuple qu’elle prétend servir.
Pour retrouver sa place en tant qu’institution prophétique et morale, l’Église catholique camerounaise doit :
1. Prendre des positions claires et courageuses sur les crises politiques et sociales.
2. Proposer des initiatives concrètes pour accompagner les transitions démocratiques et résoudre les conflits.
3. S’engager davantage dans les luttes pour la justice sociale et économique.
Faute de quoi, elle continuera à être perçue comme une institution timorée, complice du statu quo, et déconnectée des réalités et des aspirations des Camerounais.
Références
• Gutierrez, G. (1973). A Theology of Liberation: History, Politics, and Salvation. Orbis Books.
• Lederach, J. P. (1997). Building Peace: Sustainable Reconciliation in Divided Societies. United States Institute of Peace Press.
• Philpott, D. (2004). “The Catholic Wave.” Journal of Democracy, 15(2), 32-46.
• Conférence Épiscopale de Côte d’Ivoire (2011). Déclaration sur la vérité et la réconciliation.
L’article analyse la décision du président Paul Biya de proroger les mandats des députés et des maires, ainsi que le maintien de son gouvernement sans modification, en 2024. Bien que justifiée par un calendrier électoral chargé, cette décision reflète une gouvernance caractérisée par l’inaction et l’absence de responsabilité. Cette prorogation, accompagnée de l’immobilisme au sein du gouvernement, exacerbe les déficiences institutionnelles, érode la démocratie et freine le développement local. L’article examine les implications de ces mesures, s’appuyant sur des études académiques pour souligner l’importance de la responsabilité et de l’évaluation dans la gouvernance.
Mots-clés : prorogation des mandats, gouvernance, développement local, Paul Biya, immobilisme politique, responsabilité institutionnelle
Abstract :
This article analyzes President Paul Biya’s 2024 decision to extend the mandates of deputies and mayors, while maintaining the current government composition. Though justified by a packed electoral calendar, this move highlights governance marked by inaction and lack of accountability. The extension, coupled with political inertia, exacerbates institutional deficiencies, weakens democracy, and hinders local development. Drawing on academic studies, the article underscores the critical role of accountability and evaluation in governance.
Keywords: mandate extension, governance, local development, Paul Biya, political inertia, institutional accountability
Marchés publiques non-exécutés
Introduction
Il n’y a qu’au Cameroun où l’on récompense les médiocres. La récente décision du président Paul Biya de proroger les mandats des députés et des conseillers municipaux en est une illustration frappante. Officialisée par la Loi N°2024/011 et le Décret N°2024/328, cette prorogation prolonge les mandats des députés à l’Assemblée nationale jusqu’au 30 mars 2026 et ceux des conseillers municipaux jusqu’au 31 mai 2026. Bien que cette mesure soit techniquement légale, elle constitue une entorse flagrante aux principes démocratiques et à l’exigence de responsabilité des élus.
Cette décision s’inscrit dans un contexte où la performance des élus prolongés est largement remise en question. Au lieu de profiter de cette occasion pour exiger des comptes sur leur gestion, le gouvernement semble avoir choisi de valider leur inaction. Les députés, censés contrôler l’action gouvernementale, se contentent souvent de jouer un rôle figuratif, négligeant leur mission de représenter les intérêts des citoyens. De leur côté, les conseillers municipaux, responsables du développement local, peinent à répondre aux besoins fondamentaux des populations, comme l’illustre la dégradation des infrastructures dans des villes comme Yaoundé et Douala.
Cette prorogation, loin d’être une mesure isolée, reflète une tendance récurrente sous le régime de Paul Biya. Déjà en 2019, une prorogation similaire avait été mise en œuvre, invoquant les mêmes justifications logistiques et financières. Ces reports successifs traduisent un dysfonctionnement systémique dans la gestion des processus électoraux, renforçant l’idée d’un pouvoir central plus préoccupé par sa propre pérennité que par la satisfaction des aspirations populaires.
Au-delà de son impact immédiat sur le calendrier électoral, cette décision soulève des questions fondamentales sur l’état de la démocratie camerounaise. Elle met en lumière une gouvernance marquée par l’inertie, où les institutions censées servir de contre-pouvoir sont progressivement affaiblies. Les citoyens, déçus par l’absence de renouvellement et de progrès, perdent confiance dans le système politique, ce qui exacerbe le désengagement civique et l’abstention lors des scrutins.
Cet article propose d’analyser en profondeur les implications de cette prorogation sur la démocratie et le développement local au Cameroun. En examinant les performances des élus concernés, l’impact sur les institutions locales et nationales, ainsi que les conséquences socio-économiques de cette gouvernance stagnante, il met en évidence les défis auxquels le pays est confronté. Plus encore, il appelle à une réflexion urgente sur la nécessité de réformes structurelles pour restaurer la confiance dans les institutions et promouvoir une gouvernance centrée sur la responsabilité et l’efficacité.
1. Contexte et Justification de la Prorogation
1.1. Une Mesure d’Exception devenue une Norme
La prorogation des mandats des députés et des maires par Paul Biya est une décision qui, bien que techniquement conforme à la loi, est devenue une réalité récurrente au Cameroun. Le prétexte avancé est celui d’un calendrier électoral surchargé, regroupant potentiellement plusieurs scrutins en 2025, notamment les présidentielles, législatives et municipales. Cependant, une analyse plus approfondie révèle que cette mesure ne résulte pas uniquement de contraintes organisationnelles, mais aussi d’une stratégie politique visant à éviter des élections incertaines dans un contexte de mécontentement généralisé.
Depuis 2013, le Cameroun a connu au moins deux prorogations similaires (2018 et 2019), établissant ainsi une tendance préoccupante où des élections, pourtant essentielles au renouvellement démocratique, sont ajournées sans évaluation rigoureuse. Les autorités mettent souvent en avant des difficultés financières ou logistiques, mais ces justifications masquent mal une incapacité chronique à respecter un calendrier démocratique.
La prorogation décidée en 2024, officialisée par la Loi N°2024/011 et le Décret N°2024/328, illustre cette dérive. Les élections locales, prévues initialement en 2025, auraient dû permettre de renforcer la représentativité et la légitimité des élus locaux. Pourtant, en optant pour une prolongation des mandats jusqu’en 2026, le gouvernement a choisi de maintenir en poste des dirigeants souvent critiqués pour leur inefficacité.
Selon Lindberg (2006), des élections régulières et transparentes constituent un pilier fondamental pour la démocratie. Elles permettent aux citoyens d’évaluer leurs représentants et de leur confier, ou non, un nouveau mandat. Au Cameroun, cette continuité forcée des mandats empêche toute forme de reddition de comptes et encourage un système où la médiocrité peut prospérer sans conséquence.
1.2. Conséquences sur la Démocratie Camerounaise
La prorogation des mandats ne nuit pas seulement aux collectivités locales ; elle affaiblit également les institutions démocratiques nationales. Les députés, censés représenter les intérêts des citoyens, voient leur rôle réduit à celui de simples exécutants des directives gouvernementales. Ces élus, reconduits sans consultation populaire, manquent souvent d’incitations à améliorer leurs performances. Ainsi, les questions cruciales, telles que les réformes nécessaires pour une décentralisation effective ou les initiatives visant à renforcer la transparence budgétaire, restent largement négligées.
Un autre effet direct de cette prorogation est l’érosion de la confiance des citoyens dans les institutions publiques. Une enquête réalisée par Afrobarometer (2021) montre que seulement 23 % des Camerounais estiment que leurs élus locaux représentent réellement leurs intérêts. Ce chiffre, déjà bas, risque de diminuer davantage dans un contexte où les élus restent en fonction sans avoir à justifier leurs actions.
En comparaison, des pays comme le Ghana, qui organisent des élections régulières et crédibles, illustrent comment des institutions renforcées peuvent favoriser une plus grande implication citoyenne. Par exemple, au Ghana, les périodes électorales sont souvent accompagnées d’un débat public animé, qui permet non seulement d’évaluer les élus sortants, mais aussi de susciter l’engagement des jeunes et des nouveaux acteurs politiques.
La prorogation au Cameroun, en revanche, crée un cercle vicieux où les mêmes figures politiques dominent la scène nationale sans offrir d’améliorations tangibles. Cela nourrit un sentiment d’aliénation parmi les citoyens et affaiblit l’idée même de la démocratie comme moteur de développement.
2. L’Impact sur le Développement Local
2.1. Dysfonctionnements Structurels dans les Collectivités Locales
Les collectivités locales camerounaises occupent une position centrale dans la gestion des infrastructures de base et des services sociaux. Toutefois, leur inefficacité chronique, exacerbée par la prorogation des mandats des maires, freine considérablement le développement local. À Yaoundé, par exemple, la prolifération des déchets dans les marchés, notamment au Marché Mokolo, illustre la mauvaise gestion des ordures ménagères. Ces dysfonctionnements ont des impacts directs sur la santé publique, avec une recrudescence des maladies liées à l’insalubrité, comme le choléra.
Dans le domaine des infrastructures, Douala, la capitale économique, en est un autre exemple frappant. Le projet de modernisation du réseau routier, annoncé en 2017, est toujours au point mort. Des zones comme Bonabéri ou Ndogbong souffrent de l’absence de routes praticables, ce qui complique non seulement le transport des marchandises, mais également les déplacements quotidiens des habitants. Ces retards, attribués à une planification urbaine défaillante, reflètent l’incapacité des élus locaux à répondre aux besoins urgents des citoyens.
En comparaison, des villes africaines comme Kigali, au Rwanda, montrent comment une gestion municipale efficace peut transformer les communautés. À travers une combinaison de planification stratégique, de participation citoyenne et de partenariats public-privé, Kigali a réussi à devenir une référence en matière de gestion urbaine. Les marchés locaux y sont bien organisés, les déchets ménagers sont collectés régulièrement et les infrastructures sont modernisées. Cette réussite démontre l’importance d’avoir des élus compétents et motivés, capables de mobiliser les ressources nécessaires pour améliorer la qualité de vie des citoyens.
2.2. Conséquences Socio-économiques Directes
L’impact économique des dysfonctionnements municipaux est également significatif. À Douala, par exemple, l’absence de marchés formels bien aménagés a conduit à une prolifération des marchés informels. Ces espaces, bien qu’utiles pour une économie de subsistance, échappent largement aux collectes fiscales. Cela prive les municipalités de ressources financières essentielles pour financer des projets de développement. Une étude de la Banque Mondiale (2020) a montré que des systèmes de collecte fiscale inefficaces réduisaient de 20 à 30 % le potentiel de croissance des économies locales.
De plus, les retards dans la mise en œuvre des infrastructures de base découragent les investissements. Les entreprises locales, confrontées à un réseau routier dégradé et à des services publics insuffisants, peinent à prospérer. À titre d’exemple, plusieurs petites et moyennes entreprises (PME) du secteur agricole, basées dans la périphérie de Yaoundé, ont signalé des difficultés à transporter leurs produits vers les centres urbains en raison du mauvais état des routes. Cela limite leur capacité à atteindre les marchés, réduisant ainsi leurs revenus et leur compétitivité.
L’impact se fait également sentir sur le plan social. L’absence de logements sociaux décents, combinée à une mauvaise planification urbaine, a conduit à une augmentation des bidonvilles dans des quartiers comme Makepe à Douala ou Etoudi à Yaoundé. Ces zones surpeuplées manquent souvent d’accès à l’eau potable et aux services de base, créant un environnement propice à la marginalisation sociale.
2.3. Un Exemple à Suivre : Le Modèle Rwandais
Le Rwanda offre un exemple convaincant de ce que peut accomplir une gouvernance locale bien structurée. À travers des initiatives telles que le programme « Umuganda » (travail communautaire), le pays a mobilisé ses citoyens pour participer activement à des projets de développement. En investissant dans des infrastructures modernes, comme les routes et les marchés, Kigali a attiré des investisseurs et amélioré la vie de ses habitants. Ce modèle montre qu’avec des élus compétents et une vision claire, les collectivités locales peuvent devenir des moteurs de développement économique et social.
2.4. Une Opportunité Manquée pour le Cameroun
La prorogation des mandats des maires prive le Cameroun d’une opportunité précieuse pour restructurer et revitaliser ses collectivités locales. En laissant en place des élus inefficaces, le gouvernement perpétue un cercle vicieux d’inefficacité et de stagnation. Pour rompre ce cycle, des mécanismes d’évaluation rigoureux doivent être introduits, afin d’identifier les lacunes dans la gestion municipale et de promouvoir un leadership responsable.
3. Le Maintien du Gouvernement : Une Double Punition pour le Développement
3.1. Une Gouvernance d’Inaction
Le maintien d’un gouvernement pratiquement inchangé sous Paul Biya, malgré les défis croissants auxquels le Cameroun est confronté, illustre une gouvernance figée dans l’inaction. Depuis des décennies, les mêmes figures politiques occupent les postes-clés du gouvernement, créant une inertie institutionnelle qui freine le développement. Des ministères stratégiques, tels que ceux en charge des Travaux publics, de l’Éducation et de la Santé, sont dirigés par des personnalités qui, malgré leurs échecs répétés, demeurent en place. Par exemple, le retard dans la construction de l’Hôpital régional de Garoua, lancé en 2015, reste une épine dans le pied du ministère de la Santé. Ce projet, censé améliorer l’accès aux soins dans le nord du pays, est toujours inachevé en 2024.
Dans le domaine des infrastructures, les promesses non tenues abondent. Le projet d’autoroute Douala-Yaoundé, annoncé comme une priorité nationale, souffre d’interruptions régulières et de dépassements budgétaires massifs. Les retards répétés et l’absence de sanctions à l’encontre des responsables impliqués traduisent un manque criant de leadership et de responsabilité au sein du gouvernement.
Cette stagnation n’est pas sans conséquences. Elle alimente une méfiance croissante envers les institutions étatiques et décourage les initiatives locales. Les citoyens, confrontés à des infrastructures en ruine et à des services publics déficients, perdent confiance dans la capacité de l’État à répondre à leurs besoins. L’immobilisme politique perpétue également un système où la médiocrité est tolérée, voire encouragée, au détriment de l’innovation et de l’efficacité.
3.2. Les Réformes Sacrifiées
Le maintien du gouvernement actuel empêche la mise en œuvre de réformes structurelles pourtant cruciales. L’un des domaines les plus affectés est la décentralisation. Bien que cette réforme ait été inscrite dans la Constitution depuis 1996, sa mise en œuvre reste largement symbolique. Les collectivités locales continuent de dépendre du gouvernement central pour des décisions qui devraient relever de leur compétence. Cela limite leur capacité à élaborer des politiques adaptées aux réalités locales.
Un exemple révélateur est celui des budgets municipaux. De nombreuses mairies se plaignent de ne pas recevoir les fonds nécessaires à temps, ce qui bloque des projets cruciaux tels que la réhabilitation des écoles ou la création de centres de santé. Cette situation aurait pu être résolue si le gouvernement avait entrepris des réformes pour accroître l’autonomie des collectivités locales. Au lieu de cela, le statu quo persiste, avec des élus locaux souvent réduits à des rôles de figurants.
Par ailleurs, l’absence de réformes dans le secteur de l’éducation illustre également cet immobilisme. Les enseignants, en particulier dans les zones rurales, continuent de travailler dans des conditions précaires. L’amélioration de la qualité de l’éducation, qui aurait pu être priorisée par un gouvernement plus dynamique, reste une promesse non tenue. Selon une étude de l’UNESCO (2022), le Cameroun figure parmi les pays où le ratio élèves-enseignants est l’un des plus élevés en Afrique, ce qui affecte directement les performances scolaires.
3.3. Les Conséquences pour la Jeunesse
L’un des aspects les plus préoccupants de cet immobilisme est le message qu’il envoie à la jeunesse camerounaise. Le maintien des mêmes dirigeants, malgré des performances médiocres, renforce l’idée que les efforts individuels et la compétence ne sont pas valorisés. Cette perception décourage les jeunes talents d’investir dans les affaires publiques et renforce l’exode des cerveaux.
Selon une enquête d’Afrobarometer (2021), près de 70 % des jeunes Camerounais estiment que leurs aspirations ne sont pas prises en compte par la classe politique actuelle. Cette désillusion pousse de nombreux jeunes à chercher des opportunités à l’étranger, privant le pays de sa ressource la plus précieuse : son capital humain. À titre d’exemple, des secteurs prometteurs comme les technologies de l’information ou l’agro-industrie souffrent d’un manque de talents, car les jeunes formés préfèrent s’établir dans des pays offrant un environnement plus favorable.
3.4. Un Appel à l’Action
Pour rompre ce cercle vicieux, un changement radical s’impose. Il est essentiel d’introduire des mécanismes pour évaluer régulièrement les performances des ministres et des élus, afin de promouvoir une culture de responsabilité. Les gouvernements de pays comme le Sénégal ont montré qu’un remaniement ministériel, bien planifié et basé sur des critères de performance, peut insuffler une nouvelle dynamique dans la gouvernance. Par exemple, au Sénégal, le secteur de l’agriculture a connu une transformation significative après l’introduction de nouvelles politiques par un ministre compétent et engagé.
Le Cameroun pourrait s’inspirer de ces exemples pour réorganiser ses institutions et donner aux jeunes leaders la possibilité de contribuer au développement national. Cela nécessitera une volonté politique forte et une rupture avec les pratiques actuelles d’immobilisme et de favoritisme.
4. Perspectives et Recommandations
4.1. Renforcer la Reddition des Comptes
Pour pallier les carences structurelles identifiées, il est impératif d’instaurer une culture de la reddition des comptes à tous les niveaux de la gouvernance. Les élus locaux, prolongés dans leurs fonctions sans consultation populaire, devraient être soumis à des mécanismes d’évaluation rigoureux. Cela peut inclure des audits annuels indépendants pour examiner leurs performances et la gestion des ressources publiques. Par exemple, des outils comme les « Citizen Report Cards », utilisés dans plusieurs pays d’Asie et en Afrique du Sud, permettent de recueillir des retours directs des citoyens sur la qualité des services publics.
Au Cameroun, ces mécanismes pourraient être mis en œuvre par des institutions telles que la Chambre des Comptes ou des ONG locales spécialisées dans la transparence gouvernementale. Une telle démarche garantirait que les maires et députés restent redevables envers les citoyens qu’ils sont censés servir. En outre, ces évaluations pourraient être publiées pour encourager une concurrence saine entre les collectivités locales et stimuler l’innovation dans la prestation des services.
4.2. Promouvoir un Renouvellement Politique
Le renouvellement de la classe politique est essentiel pour insuffler une nouvelle dynamique au Cameroun. Cela implique non seulement d’organiser des élections régulières, mais aussi de créer un environnement favorable à l’émergence de nouveaux leaders. Des pays comme le Kenya ont mis en place des quotas pour encourager la participation des jeunes et des femmes à la politique. Cette initiative a permis un rajeunissement progressif de la classe dirigeante et une meilleure représentation des groupes marginalisés.
Pour le Cameroun, cela pourrait inclure des réformes électorales visant à réduire les obstacles financiers et administratifs à la candidature, ainsi que la création de plateformes de formation pour les jeunes leaders. Par exemple, des programmes tels que le « Mandela Washington Fellowship », qui forme de jeunes Africains au leadership, pourraient être adaptés au contexte local pour préparer une nouvelle génération d’acteurs politiques compétents et éthiques.
4.3. Encourager la Participation des Jeunes
La jeunesse, qui représente une part importante de la population camerounaise, est actuellement sous-représentée dans les processus de décision. Pour inverser cette tendance, le gouvernement doit mettre en place des politiques favorisant leur inclusion. Cela peut inclure la création de conseils municipaux de jeunes, comme cela a été fait au Nigeria, où des jeunes participent activement à la gestion des affaires locales. Ces conseils permettent non seulement de former les futurs leaders, mais aussi d’intégrer des perspectives nouvelles dans les politiques locales.
En outre, des incitations spécifiques peuvent être introduites pour encourager les jeunes entrepreneurs à investir dans leurs communautés. Par exemple, un fonds d’investissement dédié aux projets communautaires dirigés par des jeunes pourrait être établi. Cela aiderait à renforcer leur rôle dans le développement local tout en leur offrant une alternative à l’émigration.
4.4. Réformer les Collectivités Locales
La décentralisation, bien que prévue dans la Constitution camerounaise depuis 1996, reste largement théorique. Pour que cette réforme devienne une réalité, le gouvernement doit transférer davantage de compétences et de ressources aux collectivités locales. Cela nécessite une refonte des mécanismes de financement public pour garantir que les municipalités reçoivent des allocations budgétaires suffisantes et en temps opportun.
Un modèle inspirant est celui du Maroc, qui a introduit un programme ambitieux de décentralisation en 2015. Ce programme a permis de renforcer les capacités des collectivités locales, en leur offrant des formations sur la gestion des projets et en établissant des partenariats avec le secteur privé pour financer les infrastructures. Le Cameroun pourrait adopter une approche similaire pour dynamiser ses municipalités et améliorer la qualité de vie des citoyens.
4.5. Sanctionner la Médiocrité et Valoriser le Mérite
Enfin, il est crucial de mettre fin à la culture de l’impunité qui prévaut dans la gouvernance camerounaise. Les élus et fonctionnaires responsables de mauvaise gestion ou de détournement de fonds doivent être sanctionnés de manière exemplaire. Parallèlement, un système de récompenses pourrait être instauré pour valoriser les performances exceptionnelles des élus locaux. Par exemple, un concours national des « Meilleures pratiques en gouvernance locale » pourrait être organisé chaque année pour promouvoir l’excellence et inspirer les autres collectivités.
Conclusion
La décision de proroger les mandats des députés et des conseillers municipaux, combinée à l’immobilisme du gouvernement camerounais, met en lumière une gouvernance qui semble privilégier la stabilité au détriment du progrès. Cette stratégie, bien qu’elle puisse être justifiée par des contraintes administratives ou financières, entraîne des conséquences profondes sur le développement local, la démocratie et la confiance des citoyens envers leurs institutions.
Les analyses menées dans cet article montrent clairement que cette prorogation prolonge un cycle d’inefficacité institutionnelle et de médiocrité. Les élus, libérés de la pression électorale et des exigences de reddition des comptes, sont peu incités à améliorer leurs performances. Cette situation affaiblit non seulement les collectivités locales, mais également le cadre démocratique national, en érodant le principe fondamental selon lequel les élus doivent être redevables envers les citoyens.
En outre, l’absence de réformes significatives au sein du gouvernement, malgré les défis sociaux et économiques croissants, aggrave les inégalités et ralentit le développement. Les jeunes, confrontés à un manque de perspectives et de reconnaissance de leurs talents, continuent de s’éloigner du processus politique, privant ainsi le pays de son potentiel humain le plus précieux.
Pour surmonter ces défis, le Cameroun doit adopter une approche proactive et structurelle. Cela implique de rompre avec la culture de l’impunité en introduisant des mécanismes robustes d’évaluation des performances des élus et des ministres. De plus, des réformes électorales devraient être mises en œuvre pour garantir des élections régulières, transparentes et inclusives. Ces mesures contribueraient non seulement à renforcer la démocratie, mais également à restaurer la confiance des citoyens dans leurs institutions.
Enfin, il est impératif de promouvoir un renouvellement politique en favorisant l’émergence de nouvelles figures, notamment parmi la jeunesse et les groupes marginalisés. Cela nécessite des investissements dans des programmes de formation en leadership et la création de plateformes pour encourager l’engagement civique.
La prorogation des mandats, si elle est perçue comme une solution temporaire, ne devrait pas devenir une norme institutionnalisée. Le Cameroun doit tirer les leçons de ces décisions controversées pour réinventer sa gouvernance, en s’appuyant sur les principes de responsabilité, de mérite et de participation citoyenne. Ce n’est qu’à travers une telle transformation que le pays pourra espérer répondre efficacement aux aspirations de ses citoyens et construire un avenir prospère et équitable pour tous.
Bibliographie
Afrobarometer. (2021). Perceptions of Democracy in Sub-Saharan Africa. Disponible sur : https://www.afrobarometer.org
Banque Mondiale. (2020). Rethinking Subnational Governance in Africa. Washington, DC: World Bank Publications.
Fondation Mo Ibrahim. (2020). Governance and Development in Africa: Annual Index. Londres: Fondation Mo Ibrahim.
Lindberg, S. I. (2006). Democracy and Elections in Africa. Baltimore: Johns Hopkins University Press.
Mbaku, J. M. (2007). Institutions and Development in Africa. London: Routledge.
UNESCO. (2022). Education for All Global Monitoring Report. Paris: UNESCO.
World Bank. (2004). Citizen Report Cards: Improving Local Governance and Service Delivery. Washington, DC: World Bank Publications.
Paul Atanga Nji, le ministre camerounais de l’Administration territoriale.
Résumé
Dans un contexte gouvernemental marqué par des déclarations parfois jugées déconnectées des réalités institutionnelles, Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration Territoriale du Cameroun, se distingue par une gestion rigoureuse et rationnelle de ses fonctions. Cet article examine les attributions du ministère de l’Administration Territoriale et les compare aux actions et déclarations d’Atanga Nji. À travers une analyse critique, il établit un contraste avec d’autres membres du gouvernement, notamment Luc Magloire Mbarga Atangana (ministre du Commerce), et Emmanuel Nganou Djoumessi (ministre des Travaux Publics). En s’alignant strictement sur les missions régaliennes de son ministère, Atanga Nji apparaît comme une figure pragmatique et méthodique, contrairement à des déclarations controversées ou irréalistes de ses homologues. Cet article démontre que Paul Atanga Nji, par sa rationalité et son respect des prérogatives institutionnelles, s’impose comme le ministre le plus rationnel du gouvernement Paul Biya en 2024.
Mots-clés : Paul Atanga Nji, Rationalité gouvernementale, Administration Territoriale, Cameroun, Gouvernement Paul Biya.
Abstract
In a government often criticized for unrealistic and controversial statements, Paul Atanga Nji, Cameroon’s Minister of Territorial Administration, stands out for his rational and methodical management of his duties. This article examines the functions of the Ministry of Territorial Administration and compares them with Atanga Nji’s actions and statements. A critical analysis contrasts his performance with other government officials, such as Luc Magloire Mbarga Atangana (Minister of Commerce) and Emmanuel Nganou Djoumessi (Minister of Public Works). By adhering strictly to the sovereign functions of his ministry, Atanga Nji emerges as a pragmatic and disciplined figure, in stark contrast to the hyperbolic and unrealistic remarks of some of his peers. This article argues that Paul Atanga Nji, through his rationality and respect for institutional mandates, is the most rational minister in Paul Biya’s government in 2024.
Keywords: Paul Atanga Nji, Rational governance, Territorial Administration, Cameroon, Paul Biya’s government.
Introduction
La rationalité républicaine se définit comme la capacité à agir en conformité avec les responsabilités institutionnelles, à prioriser les intérêts collectifs sur les ambitions personnelles, et à maintenir un équilibre entre fermeté et respect des principes démocratiques. Dans le gouvernement Paul Biya, où l’inaction et la médiocrité reflètent une polarisation politique et un éloignement des responsabilités institutionnelles, les déclarations publiques des ministres ont souvent suscité des controverses. Dans cette marrée non productive, seul Paul Atanga Nji incarne cette rationalité républicaine en 2024.
Par exemple, Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce, a affirmé que « ne pas soutenir Paul Biya, c’est défier Dieu qui l’a choisi », une déclaration qui mêle politique et théologie.
De son côté, Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre des Travaux Publics, a demandé publiquement : « Aidez-nous à arrêter la pluie.» Ces propos contrastent fortement avec la posture pragmatique et institutionnelle de Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration Territoriale, qui s’est concentré sur les missions régaliennes de son ministère, notamment le maintien de l’ordre, la supervision des élections et la gestion des crises.
Cet article vise à démontrer, de manière scientifique, qu’Atanga Nji est le ministre le plus rationnel du gouvernement Paul Biya en 2024. Pour cela, nous analyserons les missions régaliennes du ministère de l’Administration Territoriale et comparerons ses actions et déclarations à celles de ses collègues.
I. Les Missions Régaliennes du Ministère de l’Administration Territoriale
Le ministère de l’Administration Territoriale (MINAT) a des missions claires et stratégiques :
1. Maintien de l’ordre public : Coordination avec les forces de sécurité pour assurer la stabilité nationale.
2. Supervision des ONG et Associations : Contrôle des organisations pour prévenir les ingérences étrangères et les activités subversives.
3. Organisation des élections : Préparation logistique et sécurisation des processus électoraux en collaboration avec ELECAM.
4. Gestion des crises : Coordination des réponses aux catastrophes naturelles et aux conflits internes.
Paul Atanga Nji a démontré son engagement à remplir ces fonctions de manière cohérente et pragmatique, en utilisant une rhétorique des proverbes africains.
Chapitre II : Comparaison avec Luc Magloire Mbarga Atangana : Une Déconnexion Institutionnelle
Luc Magloire Atangana Mbarga, Ministre du Commerce camerounais
1. Déclarations Polémiques : Le cas de la théologisation du pouvoir
Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce, a marqué les esprits avec sa déclaration du 6 novembre 2024 :
« Ne pas soutenir Paul Biya, c’est défier Dieu qui l’a choisi. »
Cette déclaration, faite lors des célébrations marquant l’anniversaire de l’accession de Paul Biya au pouvoir, a suscité de vives critiques. Elle illustre une approche où la fidélité au chef de l’État dépasse le cadre de la neutralité institutionnelle attendue d’un ministre.
En tant que ministre du Commerce, Mbarga Atangana est censé se concentrer sur la régulation des marchés, la maîtrise des prix des denrées alimentaires, et la stimulation des échanges économiques. Cependant, sa déclaration semble mêler religion et politique dans un contexte où les Camerounais s’attendent à des solutions économiques face à la montée des prix des produits de première nécessité. Cette théologisation du pouvoir est un décalage notable par rapport aux attentes de ses fonctions.
2. Analyse Critique : Une posture émotionnelle de Magloire Atangana Mbarga contre la rationalité d’Atanga Nji
En comparaison, Paul Atanga Nji se limite à des déclarations strictement liées à ses responsabilités. Par exemple, lors des tensions postélectorales de 2020, il a déclaré :
« La loi et l’ordre sont des principes fondamentaux pour la stabilité. Nous agirons pour protéger nos institutions. »
Cette posture légaliste et dépourvue de rhétorique émotionnelle démontre une rationalité centrée sur l’État de droit. Contrairement à Mbarga Atangana, Atanga Nji ne détourne pas son rôle institutionnel pour exprimer une allégeance personnelle.
3. Impact sur la crédibilité gouvernementale
Les déclarations de Mbarga Atangana, bien qu’applaudies par les partisans du régime, ont contribué à polariser davantage le débat politique. Elles donnent une image d’un gouvernement plus préoccupé par la loyauté personnelle envers le président que par la résolution des défis économiques. À l’inverse, Atanga Nji projette une image de neutralité institutionnelle, essentielle pour préserver la crédibilité d’un État moderne.
Chapitre III : Contraste avec Emmanuel Nganou Djoumessi : Entre Réalisme et Idéalisme
Ngannou Djoumessi, Ministre des Travaux Publiques camerounais
1. Déclarations Irréalistes : La pluie comme obstacle au développement
Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre des Travaux Publics, a déclaré devant le SÉNAT:
« Aidez-nous à arrêter la pluie. »
Cette déclaration, faite devant le SÉNAT, a été perçue comme une tentative maladroite de justifier des retards chroniques dans les travaux d’infrastructures. Elle a suscité moqueries et indignation dans l’opinion publique, qui attend des solutions concrètes face à l’état des routes, souvent impraticables.
2. Une Déconnexion avec les Réalités du Ministère
Le rôle du ministère des Travaux Publics est d’assurer la planification, la construction, et l’entretien des infrastructures. Pourtant, sous la direction de Nganou Djoumessi, de nombreux projets ont été retardés, souvent attribués à des problèmes de financement ou de planification.
Par exemple, l’auto-route Douala- Yaoundé reste inachevée après plusieurs années. Plutôt que d’assumer les responsabilités structurelles, le ministre a fait des déclarations qui minimisent la gravité des défis logistiques et financiers.
3. Conséquences pour la Perception Publique
Les déclarations de Nganou Djoumessi renforcent l’image d’un gouvernement inefficace dans la gestion des infrastructures critiques, un domaine central pour le développement économique. À l’opposé, les actions d’Atanga Nji renforcent sa crédibilité en tant que gestionnaire de crises, en phase avec les attentes des citoyens.
Synthèse des Comparaisons
Les actions et déclarations d’Atanga Nji révèlent une cohérence et une rationalité absentes chez plusieurs de ses collègues. Qu’il s’agisse de Magloire Atangana Mbarga dans ses déclarations théologico- émotives ou de Nganou Djoumessi, dont les déclarations irréalistes fantaisistes décrédibilisent son ministère, Atanga Nji se démarque par son pragmatisme et son respect des missions régaliennes.
Conclusion
Dans un gouvernement souvent marqué par des déclarations controversées et des postures éloignées des réalités institutionnelles, Paul Atanga Nji se distingue par sa rationalité et son respect des missions régaliennes de son ministère. En 2024, il s’impose comme le ministre le plus rationnel du gouvernement Paul Biya, en contraste avec des collègues comme Luc Magloire Mbarga Atangana et Emmanuel Nganou Djoumessi.
Il est la figure qui incarne la rationalité républicaine. Sa capacité à respecter et à exceller dans ses responsabilités institutionnelles fait de lui un exemple rare de pragmatisme et de performance dans un système souvent critiqué pour ses faiblesses. Ce faisant, il rappelle l’importance d’une gouvernance centrée sur le respect des institutions et la réponse aux attentes du peuple camerounais.
Bibliographie
1. Paul Atanga Nji, Discours sur l’Unité et l’Ordre Public. Yaoundé : MINAT, 2023.
2. Luc Magloire Mbarga Atangana, « Déclarations publiques sur le soutien au président Biya. » Journal du Cameroun, 2024.
3. Emmanuel Nganou Djoumessi, Rapports sur les Travaux Publics au Cameroun. Douala : Éditions Universitaires, 2023.
4. ELECAM, Rapport sur les Élections de 2020 au Cameroun. Yaoundé, 2021.
5. Tchango, Jacques. Les Défis de la Gouvernance au Cameroun. Douala : Presse Universitaire, 2021.
Professeur Jimmy Yab devant l’Affiche Mufasa, The Lion King à Londres
Résumé
Pour assister à l’avant-première du film Mufasa: The Lion King à Londres, il fallait s’organiser très à l’avance tant les billets se sont vendus rapidement. Ce film, réalisé par Barry Jenkins, illustre le talent d’un Afro-Américain, mais également la manière dont Disney s’est approprié l’imagerie africaine pour construire une machine lucrative mondiale. Cette exploitation soulève des questions fondamentales : où sont les Africains dans ce processus ? Cet article analyse comment l’Afrique, riche de ses récits et de son patrimoine, est laissée à la marge des gains économiques et culturels. En proposant des solutions dans le cadre de la construction d’un État développementaliste communautaire, nous soulignons le rôle central que la culture peut jouer dans la souveraineté économique et identitaire de l’Afrique.
Attending the premiere of Mufasa: The Lion King in London required careful planning due to high demand. Directed by Barry Jenkins, the film highlights an African-American’s talent but also Disney’s ability to capitalize on African imagery for global economic success. This dynamic raises critical questions: where are Africans in this process? This paper explores the marginalization of Africans in the economic and cultural exploitation of their heritage. Proposing solutions within the framework of a developmentalist community state, it emphasizes the central role of culture in Africa’s economic and identity sovereignty.
Keywords: Africa, cultural appropriation, Disney, developmentalist community state, African cinema, Mufasa.
Introduction
Pour obtenir un ticket pour l’avant-première de Mufasa: The Lion King, il fallait affronter des files d’attente virtuelles interminables. Les projections se sont remplies en un temps record, témoignant de l’engouement mondial pour ce film. Cependant, cet intérêt ne reflète pas une reconnaissance de l’Afrique et de ses créateurs. Disney, une multinationale américaine, continue d’exploiter l’imaginaire africain pour créer des produits culturels générant des milliards de dollars, tandis que l’Afrique reste exclue des bénéfices économiques et symboliques. Cet article examine cette dynamique d’appropriation culturelle, tout en proposant des pistes pour que l’Afrique se réapproprie son patrimoine dans le cadre d’un État développementaliste communautaire.
L’Histoire de Mufasa et ses Valeurs
Mufasa pris en photo sur l’écran géant de la salle de Cinéma par Pr Jimmy Yab
Mufasa: The Lion King raconte l’histoire d’un jeune lion orphelin, confronté à des défis insurmontables avant de devenir roi. Le film explore des thèmes universels tels que la résilience, le courage et l’importance de la transmission intergénérationnelle. Narrativement, il s’inscrit à la fois comme un préquel et une suite de The Lion King (2019). Ces valeurs, bien que fondamentales, sont utilisées pour enrichir un récit global qui déconnecte l’Afrique réelle de ses récits mythiques.
L’Appropriation Culturelle : Une Industrie Multimilliardaire
Selon Achille Mbembe, « l’Afrique est souvent réduite à un spectacle, un décor dans l’imaginaire occidental ». Disney s’inscrit parfaitement dans cette logique. Avec des films comme The Lion King et Mufasa, la multinationale a transformé des récits inspirés de la culture africaine en produits destinés à un marché mondial. Pourtant, aucune part de ces bénéfices n’est réinvestie dans le développement des industries culturelles africaines. Cette dynamique met en lumière un déséquilibre criant : l’Afrique est le fournisseur des idées, mais les autres en récoltent les fruits.
Propositions pour un État Développementaliste Communautaire Centré sur la Culture
La réappropriation de la culture africaine passe nécessairement par des initiatives structurées et ambitieuses qui s’intègrent dans une vision d’État développementaliste communautaire. Voici les axes principaux :
1. Faire de la culture un pilier du développement économique
Un État développementaliste communautaire place la culture au cœur de ses stratégies économiques. Cela implique :
• La création de studios de production nationaux capables de concurrencer les grandes entreprises internationales.
• Le financement d’industries culturelles locales à travers des partenariats public-privé.
• L’exportation de récits africains authentiques pour capter une part du marché mondial.
En soutenant des plateformes de streaming africaines et en renforçant les droits d’auteur, l’Afrique peut valoriser ses artistes et ses récits.
2. Renforcer l’éducation et la formation culturelle
L’éducation est centrale dans la construction d’un État développementaliste communautaire. Les écoles et universités doivent inclure des programmes valorisant le patrimoine africain, notamment :
• La formation en métiers de la création, de la production et de la distribution.
• La mise en place de bourses pour les jeunes artistes et cinéastes.
L’objectif est de créer une génération capable de raconter des histoires africaines avec des outils modernes tout en préservant l’authenticité culturelle.
3. Protéger le patrimoine africain par des cadres juridiques internationaux
La culture africaine doit être protégée par des instruments juridiques solides. Cela implique :
• La ratification et l’application stricte des conventions internationales sur la protection du patrimoine culturel.
• La création d’une agence panafricaine dédiée à la promotion et à la sauvegarde du patrimoine immatériel.
Un État développementaliste communautaire veille à ce que les profits générés par l’exploitation du patrimoine reviennent aux communautés locales.
4. Encourager des récits authentiques dans les médias
La réappropriation narrative est essentielle. Cela signifie :
• Développer des récits où l’Afrique n’est pas seulement un décor, mais un acteur central.
• Financer des projets qui valorisent les héros africains et les luttes locales.
Ces récits permettent non seulement de renforcer l’identité culturelle, mais aussi de créer des produits compétitifs sur le marché mondial.
Conclusion
Mufasa: The Lion King est une œuvre qui met en lumière à la fois le potentiel immense de l’imagerie africaine et les contradictions de son exploitation. Dans un cadre d’État développementaliste communautaire, la culture peut devenir un levier de transformation sociale et économique pour l’Afrique. Il appartient aux gouvernements, aux artistes et aux jeunes générations de prendre en main ce défi, afin que l’Afrique ne soit plus un spectateur de son propre patrimoine, mais un acteur central de son exploitation et de sa valorisation.
Bibliographie
• Mbembe, Achille. Critique de la raison nègre. La Découverte, 2013.
• Hall, Stuart. Representation: Cultural Representations and Signifying Practices. SAGE Publications, 1997.
Pr Jimmy Yab à l’Ecole Internationale de Guerre de Yaoundé
Résumé
Cet article analyse le rôle de l’armée camerounaise comme modèle de citoyenneté développementaliste dans un contexte où la jeunesse, confrontée à des crises sociales et économiques, cherche des repères. Par ses initiatives de développement communautaire, son engagement éducatif et son rôle dans la promotion des valeurs républicaines, l’armée incarne un acteur central de la cohésion sociale au Cameroun. En dépit des critiques liées à certains conflits, elle reste un pilier essentiel pour une jeunesse en quête de stabilité et d’unité nationale.
This article examines the role of the Cameroonian army as a developmentalist model of citizenship in a context where youth face social and economic crises and seek guidance. Through its community development initiatives, educational engagement, and promotion of republican values, the army serves as a central actor in social cohesion in Cameroon. Despite criticisms linked to certain conflicts, it remains an essential pillar for youth seeking stability and national unity.
Keywords : Cameroonian army, citizenship, community development, youth, republican values, social cohesion.
Pr Jimmy Yab à l’Ecole Internationale de Guerre de Yaoundé
Introduction
J’ai eu le privilège de donner des séminaires sur la géopolitique militaire de la Chine à l’École Internationale de Guerre de Yaoundé, une institution reconnue pour son rôle dans la formation des élites stratégiques africaines. Cette expérience a confirmé une conviction profonde : l’armée, lorsqu’elle est bien structurée, peut jouer un rôle déterminant dans la construction de la citoyenneté et du développement communautaire.
Dans le cas du Cameroun, cette réalité est d’autant plus pertinente que la jeunesse, confrontée à des crises multiples — chômage endémique, perte de valeurs et insécurité — manque cruellement de repères. Dans ce contexte, l’armée camerounaise se distingue non seulement comme garant de la souveraineté nationale, mais aussi comme un modèle de citoyenneté active et développementaliste.
Cet article explore comment l’armée camerounaise, à travers ses engagements civiques, ses programmes éducatifs et son rôle dans la cohésion sociale, incarne une institution exemplaire pour une jeunesse désorientée. Il défend l’idée que l’armée est un acteur clé du développement communautaire et un repère incontournable pour la jeunesse camerounaise.
I. L’armée camerounaise : un modèle de citoyenneté républicaine
Avec une estimation de 40 000 soldats actifs (IISS), l’armée camerounaise occupe une place stratégique dans la défense et la sécurité nationale. Son rôle ne se limite pas aux missions militaires. En effet, elle participe activement à des missions de développement et de promotion de valeurs républicaines.
A. Une institution porteuse des valeurs républicaines
Depuis sa création, l’armée camerounaise s’est affirmée comme un pilier de l’unité nationale. À travers sa composition ethnique et régionale diversifiée, elle reflète la mosaïque culturelle du pays.
« La diversité au sein des forces armées camerounaises symbolise une volonté d’unité et de cohésion, surmontant les clivages ethniques et linguistiques » (Tchouala, 2018).
Les valeurs républicaines inculquées dans les écoles militaires incluent :
1. L’intégrité et la discipline : Ces principes, au cœur de la formation des recrues, sont transmis à travers des programmes éducatifs rigoureux.
2. Le respect de l’autorité et des institutions : L’armée agit comme un vecteur de stabilisation sociale dans un environnement souvent marqué par des crises politiques.
B. La promotion de l’unité nationale
Face aux tensions sociales et régionales, notamment dans les zones anglophones, l’armée joue un rôle clé dans la promotion de l’unité nationale. En intégrant des recrues de toutes les régions et en favorisant une éducation commune, elle réduit les fractures sociales.
• Exemple : L’École Militaire Interarmées (EMIA) rassemble des jeunes de toutes les régions, contribuant ainsi à forger un esprit de camaraderie nationale.
II. Un acteur central du développement communautaire
Pr Jimmy Yab à l’Ecole Internationale de Guerre de Yaoundé
A. Contributions tangibles au développement local
L’armée camerounaise dépasse ses fonctions traditionnelles pour devenir un acteur du développement communautaire. En 2021, elle a achevé plus de 30 projets communautaires, incluant la construction d’infrastructures et la mise en place de services essentiels.
• Exemples spécifiques :
• Construction d’écoles dans l’Extrême-Nord pour accueillir des élèves déplacés par les attaques de Boko Haram.
• Réhabilitation de routes et de ponts dans les zones enclavées.
Ces actions renforcent le lien entre l’armée et les communautés locales, consolidant ainsi son rôle de modèle de citoyenneté développementaliste.
B. Soutien humanitaire en période de crise
Lors des crises humanitaires, l’armée joue un rôle vital dans l’assistance aux populations affectées.
En 2020, l’armée a fourni des vivres et des abris temporaires à plus de 20 000 réfugiés internes, contribuant à stabiliser les régions touchées par les conflits.
« L’armée camerounaise est un acteur clé dans les réponses d’urgence, combinant logistique militaire et action humanitaire » (Human Rights Watch, 2021).
C. Programmes éducatifs et civiques pour la jeunesse
L’armée organise des camps civiques et des programmes de sensibilisation pour les jeunes. Ces initiatives, qui ont touché plus de 10 000 participants entre 2019 et 2022, inculquent :
1. Les principes de citoyenneté active : Sensibilisation aux droits et devoirs des citoyens.
2. La discipline et l’engagement communautaire : Participation à des projets environnementaux et sociaux.
III. Une institution confrontée à des défis, mais toujours exemplaire
A. Gestion des conflits internes
Bien que des abus aient été signalés dans les régions anglophones, ces incidents concernent des éléments isolés. Des réformes sont en cours pour renforcer la transparence et la responsabilité des unités déployées. « Les critiques envers l’armée doivent être nuancées, car elles ne remettent pas en question son rôle structurant dans la société camerounaise » (Mouiche, 1996).
B. Comparaison avec les armées de la sous-région
En Afrique centrale, l’armée camerounaise se distingue par son engagement civique et développementaliste.
Contrairement au Tchad ou au Gabon, où les armées se concentrent sur des objectifs militaires ou politiques, l’armée camerounaise intègre le développement communautaire dans ses priorités stratégiques.
IV. Perspectives et recommandations
Pour pérenniser son rôle modèle, l’armée camerounaise pourrait :
1. Institutionnaliser les programmes de développement communautaire : Faire des initiatives sociales une composante obligatoire des missions militaires.
2. Renforcer la formation en droits humains : Intégrer systématiquement ces modules dans les formations de base et avancées.
3. Créer des partenariats avec les ONG et les institutions civiles : Collaborer avec les acteurs locaux pour maximiser l’impact des projets communautaires.
4. Multiplier les campagnes civiques pour la jeunesse : Étendre les camps civiques et les ateliers éducatifs à l’ensemble du territoire.
Conclusion
L’armée camerounaise incarne un modèle de citoyenneté développementaliste et communautaire dans un environnement où la jeunesse cherche des repères. Par ses actions tangibles, son engagement pour l’unité nationale et sa capacité à répondre aux besoins des populations, elle dépasse son rôle militaire traditionnel pour devenir un pilier de la cohésion sociale.
Avec des réformes structurelles et une collaboration accrue avec les acteurs civils, l’armée camerounaise continuera de jouer un rôle clé dans la construction d’une nation unie, stable et résolument tournée vers le développement.
Références
1. Tchouala, R. A. L. Diplomatie préventive et construction d’une communauté de sécurité en Afrique centrale. 2018.
2. Mouiche, I. Mutations socio-politiques et replis identitaires en Afrique: le cas du Cameroun. African Journal of Political Science, 1996.
3. Pondi, J. E. Citoyenneté et pouvoir politique en Afrique centrale. 2016.
4. Human Rights Watch. World Report 2023: Cameroon.
5. International Institute for Strategic Studies. Military Balance 2022.
Cet article explore le concept de souveraineté économique développementaliste industrielle au Cameroun, un modèle visant à réduire la dépendance extérieure et à promouvoir une croissance inclusive. Inspiré par les expériences des États développementalistes d’Asie de l’Est et du communitarisme en Afrique, ce modèle combine une gouvernance participative, une industrialisation stratégique, et une valorisation des ressources locales. En s’appuyant sur des communes comme unités de développement, sur une souveraineté industrielle transformant les matières premières localement, et sur une stratégie régionale cohérente, le Cameroun peut diversifier son économie et se positionner comme un pôle industriel en Afrique centrale. L’article met également en lumière les défis et opportunités liés à l’intégration régionale, la réforme monétaire, et le rôle central du capital humain et de l’innovation dans cette transition.
Mots-clés: Souveraineté économique, Cameroun, industrialisation, développement communautaire, intégration régionale, transformation des ressources, capital humain, innovation, développement durable.
Abstract
This article examines the developmental and industrial economic sovereignty of Cameroon, a model designed to minimize external dependence and foster inclusive growth. Drawing inspiration from the developmental states of East Asia, the model integrates participatory governance, strategic industrialization, and the local valorization of resources. By leveraging communes as development units, advancing industrial sovereignty through local transformation of raw materials, and pursuing a coherent regional strategy, Cameroon can diversify its economy and establish itself as an industrial hub in Central Africa. The article highlights the challenges and opportunities of regional integration, monetary reform, and the pivotal role of human capital and innovation in achieving this ambitious vision.
Keywords: Economic sovereignty, Cameroon, industrialization, community development, regional integration, resource transformation, human capital, innovation, sustainable development.
Introduction
Face aux défis imposés par la mondialisation, la dépendance chronique aux exportations de matières premières, et des crises structurelles internes, le Cameroun se trouve à un carrefour décisif. Le pays explore une stratégie ambitieuse : la souveraineté économique développementaliste communautaire (SEDC). Ce modèle propose une combinaison innovante de gouvernance participative, d’industrialisation stratégique, et de valorisation des ressources locales pour bâtir une économie résiliente, inclusive et compétitive.
La souveraineté industrielle, pierre angulaire de cette vision, vise à réduire la dépendance extérieure tout en stimulant une transformation locale des matières premières. Ce processus est soutenu par des réformes structurelles, une modernisation des infrastructures et un investissement accru dans le capital humain. Cet article examine les composantes essentielles de cette vision, tout en abordant les défis et opportunités liés à l’intégration régionale, à la réforme monétaire, et au rôle crucial de l’innovation dans ce projet.
1. La Souveraineté Économique Développementaliste Communautaire : Une Approche Contextualisée
1.1 Gouvernance participative et décentralisation
Inspirée par les succès des États développementalistes d’Asie de l’Est, la SEDC repose sur une approche intégrée où la gouvernance décentralisée joue un rôle central. Le Cameroun, avec ses 360 communes, a une opportunité unique de mobiliser ses structures locales pour impulser un développement inclusif. Comme l’affirme Rondinelli (1981), la décentralisation permet une meilleure appropriation des politiques publiques par les citoyens, favorise une répartition équitable des ressources, et réduit les disparités territoriales.
Chaque commune devient ainsi un moteur de développement économique, capable de concevoir et d’exécuter des projets adaptés aux besoins locaux, renforçant ainsi la cohésion sociale et économique.
1.2 Nationalisme économique et valorisation des ressources
Le Cameroun adopte une stratégie de nationalisme économique visant à promouvoir la production locale et à protéger ses industries émergentes. Rodrik (2004) souligne que les politiques protectionnistes intelligentes, combinées à des incitations fiscales, peuvent catalyser le développement industriel tout en stimulant les investissements nationaux dans des secteurs stratégiques comme l’agro-industrie et l’énergie. Ce nationalisme économique, loin d’être isolationniste, vise à renforcer la résilience face aux chocs externes tout en favorisant une croissance endogène.
2. La Souveraineté Industrielle : Le Socle de l’Autonomie Économique
2.1 Transformation locale des ressources
Le Cameroun dispose d’abondantes ressources naturelles, notamment le cacao, le bois, et le pétrole. Cependant, leur transformation locale reste limitée. Sachs et Warner (2001) montrent que la dépendance aux exportations de matières premières non transformées expose les économies au “syndrome hollandais”. La souveraineté industrielle au Cameroun implique de transformer ces ressources sur place pour produire des biens à forte valeur ajoutée, capturant ainsi une plus grande part des chaînes de valeur mondiales.
Par exemple, développer des industries locales pour transformer le cacao en chocolat ou le bois en produits finis pourrait stimuler l’emploi, augmenter les revenus fiscaux, et réduire la vulnérabilité économique.
2.2 Diversification économique et modernisation des infrastructures
La diversification économique est essentielle pour atténuer la dépendance aux matières premières. Hirschman (1958) suggère que les investissements dans des secteurs comme les énergies renouvelables, le textile, ou la chimie peuvent renforcer la résilience économique. Ces initiatives doivent être soutenues par une modernisation des infrastructures, notamment les routes, les ports, et l’accès à une énergie fiable.
2.3 Rôle stratégique de l’État
L’État camerounais doit jouer un rôle catalyseur en planifiant et en dirigeant les investissements stratégiques. Les expériences des pays d’Asie de l’Est, comme la Corée du Sud, montrent que des politiques industrielles proactives, combinées à des partenariats public-privé, peuvent accélérer l’industrialisation (Rodrik, 2004).
3. Défis et Opportunités dans un Contexte d’Intégration Régionale
3.1 Intégration régionale
Avec la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF), le Cameroun a une opportunité unique de se positionner comme un pôle industriel pour l’Afrique centrale. Cependant, comme le souligne Baldwin (2011), l’intégration régionale doit être progressive pour permettre aux industries locales de devenir compétitives avant de s’ouvrir pleinement aux marchés étrangers.
3.2 Réforme monétaire et autonomie financière
L’utilisation du Franc CFA limite la souveraineté monétaire du Cameroun. Stiglitz (2010) argue que l’indépendance monétaire est cruciale pour ajuster les instruments financiers aux besoins de l’industrialisation. Une réforme du Franc CFA pourrait offrir une flexibilité accrue pour soutenir les ambitions industrielles du pays.
4. Capital Humain et Innovation : Les Facteurs Déterminants
4.1 Formation technique et éducation
Le Cameroun doit investir massivement dans la formation technique et professionnelle pour répondre aux besoins des industries émergentes. Lundvall et Johnson (1994) mettent en avant l’importance d’un système éducatif orienté vers l’apprentissage et l’innovation. Des centres de formation spécialisés et des universités axées sur la recherche appliquée sont indispensables.
4.2 Recherche et développement
Encourager l’innovation est essentiel pour réduire la dépendance technologique. Des partenariats entre le secteur privé et les universités peuvent catalyser l’émergence de solutions adaptées au contexte local, renforçant ainsi la compétitivité industrielle.
5. Une Vision Sociale et Inclusive
La SEDC ne se limite pas à des objectifs économiques ; elle inclut une dimension sociale visant à améliorer le bien-être des populations. Cela comprend :
• Une meilleure redistribution des richesses pour réduire les inégalités.
• La lutte contre les discriminations, notamment en matière de genre et d’accès aux services de base.
• La promotion d’un dialogue social inclusif pour garantir que les politiques publiques répondent aux besoins réels des citoyens (Alesina & Perotti, 1996).
Conclusion : Une Feuille de Route pour l’Avenir
Le Cameroun dispose des atouts nécessaires pour devenir un modèle de transformation économique en Afrique. En valorisant ses ressources localement, en diversifiant son économie, et en investissant dans son capital humain, le pays peut bâtir une économie résiliente et inclusive. Cependant, la réussite de cette vision repose sur une gouvernance efficace, une volonté politique forte, et une mobilisation collective des ressources.
Avec une approche cohérente et adaptée à ses réalités, le Cameroun peut non seulement réduire sa dépendance extérieure, mais également se positionner comme un acteur majeur dans l’économie régionale et mondiale.
Références Bibliographiques
1. Alesina, A., & Perotti, R. (1996). Income distribution, political instability, and investment. European Economic Review, 40(6), 1203-1228.
2. Baldwin, R. (2011). Trade and industrialization after globalization’s second unbundling: How building and joining a supply chain are different and why it matters. NBER Working Paper.
3. Hirschman, A. O. (1958). The Strategy of Economic Development. Yale University Press.
4. Lundvall, B.-Å., & Johnson, B. (1994). The learning economy. Journal of Industry Studies, 1(2), 23-42.
5. Rodrik, D. (2004). Industrial Policy for the Twenty-First Century. UNIDO.
6. Sachs, J. D., & Warner, A. M. (2001). The curse of natural resources. European Economic Review, 45(4-6), 827-838.
7. Stiglitz, J. E. (2010). Freefall: America, Free Markets, and the Sinking of the World Economy. W. W. Norton & Company.
8. Rondinelli, D. A. (1981). Government decentralization in comparative perspective: theory and practice in developing countries. International Review of Administrative Sciences, 47(2), 133-145.
Président Paul Biya, Mme Irene Biya et Président Paul Biya
Résumé
Cet article examine le rôle central de l’éducation missionnaire, promue par l’Église, dans la formation des élites africaines et son impact sur le développement en Afrique francophone, notamment au Cameroun. Il démontre comment ce système éducatif, tout en fournissant les outils nécessaires à l’émergence d’une classe dirigeante, a aliéné culturellement ces élites et perpétué des modèles néocoloniaux inadaptés. En analysant le parcours de Paul Biya et de ses gouvernements successifs, nous montrons que cette éducation a produit des dirigeants incapables d’initier des réformes structurelles, consolidant ainsi la dépendance et le sous-développement. Nous mobilisons des références académiques pour une démonstration rigoureuse et documentée.
Mots clés : Éducation missionnaire, Église, Afrique francophone, sous-développement, Cameroun, Paul Biya, néocolonialisme, élites africaines
Abstract
This article investigates the pivotal role of missionary education, promoted by the Church, in shaping African elites and its impact on the development of Francophone Africa, with a specific focus on Cameroon. It demonstrates how this educational system, while equipping elites with essential administrative skills, culturally alienated them and perpetuated unsuitable neo-colonial models. By analyzing the trajectory of Paul Biya and his successive governments, we reveal how this education system fostered leaders unable to implement structural reforms, thereby entrenching dependency and underdevelopment. Academic references are used to support a rigorous and well-documented analysis.
L’éducation est un levier fondamental pour le développement d’une société. En Afrique francophone, les écoles missionnaires ont dominé la scène éducative pendant la période coloniale et après les indépendances, formant une grande partie des élites politiques et administratives. Cependant, malgré l’accès à l’éducation, ces pays restent embourbés dans des problématiques structurelles de sous-développement. L’éducation missionnaire, bien que contribuant à la scolarisation, a-t-elle également limité la capacité des élites africaines à développer des solutions adaptées à leurs contextes locaux ?
Cet article analyse cette question en trois parties. La première explore l’histoire et les objectifs de l’éducation missionnaire. La seconde s’intéresse au Cameroun, en particulier à Paul Biya et certains de ses gouvernements. Enfin, la troisième partie propose une critique de l’héritage missionnaire et des pistes pour en sortir.
Pape Benedict, President Paul BIYA et Mme Chantal BIYA
1. L’éducation missionnaire : outil de domination et d’aliénation
1.1. Les objectifs de l’éducation missionnaire
L’éducation missionnaire a été introduite en Afrique comme un outil stratégique pour soutenir la colonisation. L’objectif principal des missions chrétiennes était la conversion religieuse. Selon Fanon (1952), les missionnaires percevaient les pratiques culturelles africaines comme inférieures et cherchaient à imposer des normes chrétiennes européennes. Ce processus de christianisation allait de pair avec une aliénation culturelle, car les Africains étaient encouragés à rejeter leurs croyances et traditions. À travers l’éducation, les missionnaires formaient une élite locale qui servait d’intermédiaire entre la population et l’administration coloniale. White (1996) soutient que cette élite devait être suffisamment instruite pour remplir des rôles administratifs, mais pas assez autonome pour contester l’ordre colonial. Par ailleurs, les missionnaires insistaient sur la soumission aux autorités, tant religieuses que politiques, consolidant ainsi une culture de dépendance. Les écoles missionnaires devinrent ainsi des instruments de contrôle idéologique, non seulement en christianisant les populations, mais aussi en instaurant une vision du monde hiérarchisée où l’Europe représentait le modèle à suivre. Ce processus a créé un fossé entre les élites éduquées et le reste de la population, renforçant les inégalités sociales et la domination coloniale.
1.2. Les limites du modèle éducatif missionnaire
Le système éducatif missionnaire, bien qu’il ait offert un accès à l’instruction, présentait des limitations majeures qui ont freiné le développement des sociétés africaines. Tout d’abord, le contenu des enseignements était essentiellement eurocentré. Les matières comme l’histoire et la géographie étaient enseignées du point de vue européen, marginalisant les savoirs locaux et les contributions africaines à l’histoire mondiale (Mudimbe, 1988). De plus, les disciplines techniques et scientifiques étaient sous-représentées, limitant les opportunités de développement industriel et technologique. L’approche pédagogique, centrée sur la mémorisation et la récitation, décourageait l’esprit critique et l’innovation. Paulo Freire (1970) critique ce modèle qu’il qualifie de « pédagogie bancaire », où les apprenants sont de simples récipients passifs d’un savoir imposé. Enfin, les écoles missionnaires privilégiaient une éducation élitiste, accessible à un nombre limité d’élèves, souvent issus de familles favorisées. Cela a accentué les inégalités, en créant une classe dirigeante déconnectée des réalités des masses populaires. Ces limites ont façonné des élites peu préparées à gérer les défis post-indépendance, contribuant à l’instabilité socio-économique persistante.
2. Paul Biya et ses gouvernements successifs : un produit et une reproduction de l’éducation missionnaire
2.1. Paul Biya : un dirigeant modelé par l’éducation missionnaire
Paul Biya, né en 1933 dans le village de Mvomeka’a, a grandi dans un contexte marqué par l’influence des missions catholiques dans le sud du Cameroun. Il a reçu son éducation primaire et secondaire dans des écoles dirigées par des missionnaires catholiques, notamment les plus prestigieux. Cette formation a profondément marqué sa vision du monde et son approche de la gouvernance. Les valeurs inculquées – respect de l’autorité, loyauté envers les hiérarchies, et rigueur morale – se retrouvent dans son style de leadership.
Cependant, cette éducation a aussi ses limites. L’approche missionnaire, centrée sur l’obéissance et l’assimilation culturelle, a produit des dirigeants comme Biya, qui privilégient la stabilité au détriment de l’innovation. En analysant ses 42 ans de règne, on constate une tendance marquée à reproduire des schémas administratifs hérités de la période coloniale. Son modèle économique, basé sur l’exportation de matières premières (cacao, pétrole, bois), reste ancré dans une logique néocoloniale. Ce conservatisme économique illustre un manque de vision pour une transformation structurelle du pays.
Par ailleurs, son mode de gouvernance autoritaire reflète une centralisation excessive du pouvoir, semblable à la hiérarchie rigide des structures ecclésiastiques. Biya s’appuie sur un réseau d’élites loyalistes, souvent issues des mêmes écoles missionnaires, pour maintenir son contrôle. En consolidant un régime caractérisé par l’immobilisme, il incarne le produit parfait de l’éducation missionnaire, où la soumission à l’ordre prime sur la capacité à innover ou à remettre en question le statu quo.
2.2. Les gouvernements successifs de Paul Biya : une continuité de l’héritage missionnaire
Depuis son accession au pouvoir en 1982, Paul Biya a formé plus de 30 gouvernements successifs. Ces gouvernements, bien que renouvelés périodiquement sauf ces dernières années, partagent des caractéristiques communes qui trahissent l’influence de l’éducation missionnaire sur leurs membres et leurs politiques.
2.2.1. Les profils des élites gouvernementales : une éducation missionnaire dominante
La majorité des membres des gouvernements Biya ont été formés dans des écoles missionnaires, qu’elles soient catholiques ou protestantes. Ces institutions, comme le collège Vogt à Yaoundé, le collège Libermann à Douala, ou les écoles protestantes de Bali, ont produit des cadres hautement qualifiés mais profondément ancrés dans des modèles éducatifs eurocentriques. Parmi ces figures clés :
• Peter Mafany Musonge : Ancien Premier ministre, éduqué dans des institutions protestantes anglophones, il a adopté une gestion bureaucratique marquée par la continuité plutôt que par le changement.
• Amadou Ali : Ancien ministre de la Justice, issu des écoles protestantes du Nord, son approche rigide des réformes judiciaires reflète une formation axée sur l’obéissance et la loyauté.
• Luc Sindjoun : Conseiller spécial de Paul Biya, sa vision intellectuelle reste influencée par une éducation missionnaire valorisant les modèles occidentaux de pensée.
Ces élites, bien qu’éduquées, illustrent une incapacité chronique à développer des politiques publiques adaptées aux réalités locales. Leur gestion se concentre souvent sur la préservation de l’ordre établi, reproduisant les logiques administratives coloniales sans innovation notable.
2.2.2. Un immobilisme économique et social : l’impact de la formation des élites
Les gouvernements successifs de Biya ont largement échoué à diversifier l’économie camerounaise ou à réduire la pauvreté. Cette stagnation peut être liée à la vision eurocentrée des élites formées dans des écoles missionnaires, qui valorisaient les théories économiques classiques occidentales mais ignoraient les dynamiques locales. Par exemple :
• Les plans d’ajustement structurel des années 1980 et 1990, imposés par le FMI, ont été acceptés sans contestation par des ministres des Finances comme Polycarpe Abah Abah, lui-même issu d’une formation missionnaire. Ces politiques, axées sur la réduction des dépenses publiques et la privatisation, ont aggravé la pauvreté sans résoudre les problèmes structurels du pays.
• La dépendance aux exportations de matières premières reste un problème central. Malgré la richesse en ressources naturelles, les gouvernements Biya n’ont pas investi dans l’industrialisation ou dans des projets de transformation locale. Cette orientation économique, héritée de la colonisation, reflète une incapacité à penser en dehors des cadres imposés par l’éducation missionnaire.
2.2.3. Une éthique dévoyée : entre morale chrétienne et corruption systémique
Bien que l’éducation missionnaire ait inculqué des valeurs chrétiennes, comme l’intégrité et la morale, ces principes ne se reflètent pas dans la pratique gouvernementale. Transparency International (2023) classe régulièrement le Cameroun parmi les pays les plus corrompus au monde. Ce paradoxe – entre une morale chrétienne ostensiblement affichée et des pratiques administratives opaques – met en lumière l’échec de l’éducation missionnaire à inculquer une éthique publique cohérente.
2.3. Une gouvernance immobiliste : un produit de la culture missionnaire
Les gouvernements successifs de Paul Biya se distinguent par leur incapacité à initier des réformes structurelles profondes. Cette tendance à l’immobilisme est un reflet direct des valeurs inculquées par l’éducation missionnaire :
– Centralisation excessive du pouvoir : Les institutions sont conçues pour concentrer le pouvoir entre les mains de l’élite dirigeante, reflétant la hiérarchie stricte des structures ecclésiastiques. Cette centralisation limite l’innovation et la prise de décision au niveau local.
– Absence de vision pour le développement rural : Alors que la majorité des Camerounais vivent en milieu rural, les politiques gouvernementales sont souvent conçues en fonction des modèles urbains occidentaux. Cette déconnexion résulte d’une éducation qui valorisait les normes européennes tout en négligeant les réalités africaines.
–Prédominance des intérêts personnels : Les gouvernements Biya sont caractérisés par un clientélisme et un favoritisme exacerbés. Cette culture politique, où les élites privilégient leurs intérêts personnels, reflète une formation éducative qui a favorisé la loyauté envers les autorités plutôt que la responsabilité envers les citoyens.
En étudiant en détail les gouvernements successifs de Paul Biya, on observe une continuité des limites héritées de l’éducation missionnaire : une dépendance aux modèles coloniaux, une incapacité à innover, et une culture de gouvernance marquée par l’immobilisme et la corruption. Ces caractéristiques, profondément enracinées, expliquent en grande partie l’échec du Cameroun à amorcer une transformation économique et sociale durable.
Président Paul Biya, Pape François et Mme Chantale Biya
3. Critique de l’héritage missionnaire et perspectives
3.1. Les conséquences structurelles
L’héritage de l’éducation missionnaire en Afrique francophone, et particulièrement au Cameroun, a laissé des traces profondes. L’aliénation culturelle est l’une des conséquences les plus marquantes. Mudimbe (1988) souligne que l’éducation missionnaire a implanté une perception selon laquelle les cultures et savoirs africains étaient inférieurs. Cela a conduit à une marginalisation des langues locales, des traditions et des pratiques endogènes dans les politiques publiques. En outre, le déficit d’esprit critique, issu d’un système éducatif dogmatique, limite la capacité des élites à développer des solutions innovantes face aux défis contemporains. Les gouvernements camerounais, influencés par cet héritage, continuent de privilégier des modèles économiques néocoloniaux axés sur l’extraction des ressources naturelles, perpétuant la dépendance aux anciens colonisateurs. Enfin, la stratification sociale produite par l’éducation missionnaire a consolidé une classe dirigeante éloignée des réalités des populations rurales. Ces conséquences structurelles expliquent en partie pourquoi des pays comme le Cameroun n’ont pas réussi à diversifier leur économie ou à améliorer significativement les conditions de vie de leurs citoyens, malgré des décennies d’indépendance.
3.2. Sortir de l’héritage missionnaire
Pour surmonter l’héritage de l’éducation missionnaire, une réforme profonde du système éducatif est nécessaire. Cela commence par une réhabilitation des savoirs locaux, incluant l’intégration des langues et des pratiques culturelles africaines dans les curricula. Une éducation inclusive, valorisant la diversité et les compétences pratiques, pourrait aider à réduire les inégalités sociales. De plus, il est crucial de promouvoir une pédagogie critique, inspirée des travaux de Freire (1970), qui encourage les apprenants à questionner les structures existantes et à proposer des solutions alternatives. Enfin, une gouvernance éthique, basée sur une responsabilité publique plutôt que sur des dogmes religieux, doit être encouragée. Cela implique une rupture avec les pratiques néocoloniales et une réorientation des politiques publiques vers des objectifs de développement durable. Ces réformes permettraient non seulement de corriger les erreurs du passé, mais aussi de préparer une nouvelle génération de leaders capables de transformer leurs sociétés en profondeur.
Bibliographie
• Bayart, J.-F. (1989). L’État en Afrique : La politique du ventre. Fayard.
• Fanon, F. (1952). Peau noire, masques blancs. Éditions du Seuil.
• Freire, P. (1970). Pedagogy of the Oppressed. Bloomsbury Publishing.
• Kuenzi, M. (2006). “Education and Democracy in Africa.” African Studies Review, 49(1), 31-57.
• Mudimbe, V. Y. (1988). The Invention of Africa: Gnosis, Philosophy, and the Order of Knowledge. Indiana University Press.
Cet article défend la revendication du Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) pour l’instauration d’un 13ème mois de salaire pour les fonctionnaires camerounais. En analysant des données économiques et sociales, l’article démontre que cette mesure pourrait réduire les inégalités salariales, stimuler l’économie locale, améliorer la productivité des employés publics et renforcer la cohésion nationale. Située dans le cadre de la vision du MLDC d’un État développementaliste communautaire ( EDC), cette réforme s’inscrit dans une stratégie plus large pour une gouvernance inclusive et durable.
This article supports the Movement for the Liberation and Development of Cameroon (MLDC)’s demand for the implementation of a 13th-month salary for Cameroonian civil servants. Through an analysis of economic and social data, the article shows how this measure could reduce wage disparities, stimulate the local economy, improve public employee productivity, and strengthen national cohesion. Framed within the MLDC’s vision of a developmental and community-focused state, this reform is part of a broader strategy for inclusive and sustainable governance.
Le Cameroun, comme de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, est confronté à des défis majeurs liés aux disparités salariales et aux faibles rémunérations des fonctionnaires. Le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) propose une réforme audacieuse : l’instauration d’un 13ème mois de salaire. Cette mesure, loin d’être uniquement symbolique, est un levier stratégique pour améliorer les conditions de vie des travailleurs, stimuler l’économie locale et promouvoir une gouvernance équitable et inclusive. Cet article analyse les arguments avancés par le MLDC, appuyés par des données économiques et des exemples académiques.
1. Réduction des inégalités salariales : un impératif pour la justice sociale
Les inégalités salariales au Cameroun sont parmi les plus élevées de la région. Selon une étude de la Banque mondiale (2023), le salaire moyen des fonctionnaires camerounais est de 250 USD (150 000 FCFA) par mois, contre 450 USD (290 000 FCFA) au Ghana, 349 USD (220 000 FCFA) en Cote d’Ivoire et 1 200 USD (760 000 FCFA) en Afrique du Sud, où un 13ème mois est versé.
• Comparaison internationale :
• Afrique du Sud : Le 13ème mois est un acquis social qui contribue à maintenir une rémunération compétitive et à réduire les écarts entre les différentes catégories de fonctionnaires.
• Ghana : Depuis l’introduction d’un “bonus de Noël” équivalent au 13ème mois, les écarts de rémunération entre les travailleurs publics et privés ont diminué de 15 %.
Au Cameroun, où le coût de la vie a augmenté de plus de 30 % entre 2015 et 2023, les fonctionnaires peinent à couvrir leurs besoins de base, aggravant les inégalités sociales.
Impact attendu :
L’instauration d’un 13ème mois pour tous les fonctionnaires offrirait un soutien financier crucial, réduisant les disparités salariales internes et améliorant la qualité de vie des employés publics.
2. Stimulation du pouvoir d’achat et dynamisation de l’économie locale
Le 13ème mois injecte directement des liquidités dans l’économie, augmentant le pouvoir d’achat des ménages et stimulant la consommation. Selon une étude menée par l’Union africaine (2022), l’introduction de primes de fin d’année dans les pays africains a conduit à une augmentation de 18 % des dépenses des ménages en décembre.
• Effets multiplicateurs :
• Secteur informel : Les commerçants, artisans et petites entreprises bénéficient directement de l’augmentation des dépenses des ménages.
• Croissance économique : En Afrique du Sud, le paiement du 13ème mois contribue à 1,2 % du PIB annuel grâce à la hausse des transactions économiques.
Étude de cas : Cameroun
Le secteur informel représente plus de 80 % de l’économie camerounaise. Une augmentation du pouvoir d’achat des fonctionnaires, qui forment une part importante des consommateurs, aurait un effet multiplicateur sur les revenus des acteurs économiques locaux.
Impact attendu :
Le 13ème mois pourrait être un levier pour dynamiser l’économie nationale, augmentant les recettes fiscales grâce à la TVA et stimulant la création d’emplois dans les secteurs informel et formel.
3. Motivation et productivité des fonctionnaires
La motivation des fonctionnaires est directement liée à leur rémunération. Selon une enquête menée en 2021, 62 % des fonctionnaires camerounais estiment que leur salaire est insuffisant pour subvenir à leurs besoins, ce qui affecte leur engagement et leur performance.
• Exemple international :
• Sénégal : Depuis l’introduction d’un 13ème mois pour les fonctionnaires des catégories supérieures, les indicateurs de productivité dans la fonction publique ont augmenté de 12 %.
• Ghana : Le “bonus de Noël” a contribué à une réduction de l’absentéisme et à une amélioration des services publics.
Impact attendu :
En reconnaissant les efforts des fonctionnaires avec un 13ème mois, l’État camerounais renforcerait leur engagement, réduisant ainsi la corruption et améliorant la qualité des services publics.
4. Stabilité sociale et renforcement de la cohésion nationale
Dans un pays marqué par des tensions sociales, l’instauration d’un 13ème mois pourrait apaiser les frustrations des fonctionnaires et réduire les risques de grèves.
• Exemple international :
• En Afrique du Sud, le 13ème mois est perçu comme un outil de pacification sociale, renforçant la confiance entre l’État et ses employés publics.
Impact attendu :
Le MLDC considère cette réforme comme une solution stratégique pour renforcer la cohésion sociale et promouvoir une gouvernance inclusive, essentielle à la stabilité politique.
Vers un État Développementaliste Communautaire : Le Rôle du 13ème Mois
Le MLDC inscrit cette réforme dans sa vision d’un État développementaliste communautaire, où les ressources humaines sont valorisées et où les politiques publiques sont orientées vers l’équité sociale et le développement économique.
1. Redistribution équitable et justice sociale
Le 13ème mois s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire les écarts sociaux et à redistribuer les richesses de manière équitable.
2. Financement durable
Le MLDC propose de financer cette mesure par :
• Une meilleure collecte des impôts.
• La réduction des dépenses administratives superflues.
• La création d’un Fonds de Développement Communautaire.
3. Implication citoyenne
Le MLDC propose de mobiliser les communautés locales et les fonctionnaires pour superviser les projets de développement, renforçant ainsi la transparence et l’engagement citoyen.
Conclusion
L’instauration d’un 13ème mois de salaire pour les fonctionnaires camerounais est bien plus qu’une réforme économique : c’est une étape fondamentale vers la justice sociale, la stabilité politique et le développement économique. Pour le MLDC, cette mesure incarne les valeurs d’un État développementaliste communautaire, où les politiques publiques sont centrées sur les citoyens et orientées vers un avenir inclusif et prospère.
Références
1. Banque Mondiale. (2023). “Rapport sur les disparités salariales en Afrique subsaharienne.”
2. Union africaine. (2022). “Politiques économiques et bien-être des fonctionnaires.”
3. OCDE. (2023). “Le rôle des primes salariales dans la croissance économique.”
4. Gouvernement du Ghana. (2021). “Impact économique du bonus de Noël sur les ménages.”
5. Étude MLDC. (2024). “Repenser la gouvernance salariale pour un Cameroun équitable.”
6. Yab,J., et Nkong-Njock, V., ( 2024). Construction d’un État Développementaliste Communautaire; le Cameroun
Individu identifié comme militant du RDPC, entouré d’un stock de cartes nationales d’identité
Objet : Appel à une intervention urgente pour mettre fin au trafic des cartes nationales d’identité en lien avec les élections présidentielles de 2025
Monsieur le Délégué Général,
En ma qualité de Secrétaire Général du Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC), je me permets de m’adresser directement à vous, en tant que patriarche et serviteur dévoué de la République, pour attirer votre attention sur une situation gravissime qui menace l’intégrité de notre nation et la paix sociale.
Il y’a quelques temps, une vidéo, devenue virale sur les réseaux sociaux, met en évidence un trafic présumé de cartes nationales d’identité. Cet acte, perpétré par des individus qui semblent affiliés au RDPC, met en lumière un réseau organisé visant à manipuler le processus électoral. Ce trafic est une menace directe contre l’État de droit et la démocratie, et il engage la responsabilité des institutions chargées de protéger ces valeurs, en particulier la Police nationale.
Monsieur le Délégué Général, en tant que garant de la sécurité nationale, votre sens du devoir et votre amour profond pour le Cameroun vous imposent d’agir avec fermeté et transparence. Le peuple camerounais, et en particulier sa jeunesse, repose sur votre sagesse pour garantir que de telles dérives ne restent pas impunies.
Nous vous demandons respectueusement de :
Ouvrir une enquête immédiate : Identifier et poursuivre les responsables impliqués dans ce trafic de cartes nationales d’identité, y compris Monsieur Ali Bachir, dont le nom est cité dans cette affaire.
Renforcer les mécanismes de contrôle : Mettre en place des procédures strictes pour sécuriser la production et la distribution des cartes nationales d’identité.
Collaborer avec ELECAM : Assurer une gestion transparente et impartiale des documents électoraux en amont du scrutin présidentiel de 2025.
Monsieur le Patriarche, le Cameroun traverse une période critique. L’histoire retiendra votre courage et votre sens du devoir si vous agissez maintenant pour protéger l’intégrité de notre système électoral. Votre patriotisme et votre amour pour notre pays sont la garantie que justice sera faite. Nous croyons fermement que vous saurez répondre à cet appel du peuple camerounais.
Recevez, Monsieur le Délégué Général, l’expression de ma très haute considération.
PR JIMMY YAB Secrétaire Général Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC)
PR JIMMY YAB et LE PATRIARCHE FOTSO VICTOR, CAPITAINE D’INDUSTRIE
Résumé
Cet article explore comment les modèles économiques communautaires des Bamilekés du Cameroun et des Igbo du Nigeria peuvent inspirer la construction d’États développementalistes en Afrique. Ces deux communautés, reconnues pour leur dynamisme entrepreneurial et leurs réseaux de solidarité, incarnent des approches complémentaires du développement économique local. À travers une analyse approfondie de leurs pratiques culturelles, économiques et sociales, nous mettons en lumière des similitudes et des différences clés, tout en proposant des recommandations pour intégrer ces modèles traditionnels dans des politiques nationales modernes et inclusives.
This article examines how the community-driven economic models of the Bamileké of Cameroon and the Igbo of Nigeria can inspire the construction of developmental states in Africa. Both communities are renowned for their entrepreneurial dynamism and robust solidarity networks, representing complementary approaches to local economic development. Through a detailed analysis of their cultural, economic, and social practices, the article highlights key similarities and differences and offers recommendations for integrating these traditional models into modern, inclusive national policies.
Keywords: Bamileké, Igbo, community economy, developmentalism, Africa, entrepreneurship, ethnic solidarity
Introduction
Le développement économique inclusif est un défi majeur pour de nombreux pays africains. Dans ce contexte, les communautés ethniques jouent un rôle essentiel grâce à leurs mécanismes internes d’entraide et d’organisation économique. Les Bamilekés du Cameroun et les Igbo du Nigeria figurent parmi les exemples les plus emblématiques de communautés ayant développé des systèmes économiques dynamiques tout en préservant leur identité culturelle.
Cet article propose d’étudier ces deux modèles pour montrer comment leurs pratiques traditionnelles peuvent être adaptées aux politiques nationales modernes afin de promouvoir un développement économique équitable et durable.
Analyse des Modèles Bamileké et Igbo
1. Organisation Sociale et Institutionnelle
Les Bamilekés et les Igbo partagent une organisation sociale centrée sur des structures communautaires solides. Les chefs traditionnels Bamilekés jouent un rôle pivot dans la gestion des ressources et la coordination des activités économiques locales (Den Ouden, 1981). De leur côté, les Igbo favorisent une approche décentralisée où l’initiative individuelle et les réseaux familiaux sont essentiels.
Cette différence reflète deux styles complémentaires de gouvernance communautaire : un modèle hiérarchique chez les Bamilekés et un modèle plus horizontal chez les Igbo, mais tous deux soutenus par des valeurs de solidarité et de responsabilité collective.
2. Systèmes de Solidarité : Tontines et “Igba-boi”
Chez les Bamilekés, les tontines constituent un pilier économique majeur. Ces associations d’épargne et de crédit mutuel permettent aux membres de financer leurs projets sans dépendre des institutions financières traditionnelles (Eckert, 1999). Ce système favorise une répartition équitable des ressources au sein de la communauté et réduit les inégalités.
Les Igbo, quant à eux, se distinguent par le système “Igba-boi”. Ce modèle de mentorat entrepreneurial repose sur l’apprentissage, où un jeune travaille pour un entrepreneur expérimenté pendant plusieurs années avant de recevoir un soutien financier pour démarrer sa propre activité. Ce mécanisme renforce l’esprit entrepreneurial et garantit une transmission intergénérationnelle des compétences (Ekeh, 1975).
3. Dynamisme Entrepreneurial et Diversification
Les deux communautés se caractérisent par leur forte capacité à entreprendre et à diversifier leurs activités économiques.
• Les Bamilekés excellent dans le commerce, l’artisanat et l’agriculture, tout en exploitant des opportunités économiques dans des régions urbaines éloignées de leur zone d’origine (Mindzeng, 2018).
• Les Igbo, pour leur part, se concentrent sur le commerce international, l’import-export et les industries modernes, s’imposant comme des acteurs clés dans des secteurs comme l’automobile ou l’électronique.
Leur succès repose sur une capacité commune à s’adapter rapidement aux contextes économiques changeants, tout en capitalisant sur des réseaux communautaires solides.
Comparaison des Modèles Bamileké et Igbo
Aspect Bamileké Igbo
Organisation sociale Modèle hiérarchique structuré Décentralisation et initiative individuelle
Mécanisme de solidarité Tontines Igba-boi (mentorat entrepreneurial)
Diaspora Investissements locaux Réseaux globaux et commerce international
Impact culturel Fort ancrage dans les traditions Intégration de pratiques modernes
Perspectives pour un État DéveloppementalisteCommunautaire
1. Intégration des Systèmes de Solidarité
Les modèles Bamileké et Igbo montrent que des mécanismes comme les tontines et le mentorat peuvent être institutionnalisés à l’échelle nationale. La création de structures de microfinance inspirées des tontines ou de programmes de mentorat entrepreneurial pourrait stimuler le développement économique des jeunes entrepreneurs.
2. Mobilisation de la Diaspora
Les diasporas Bamileké et Igbo jouent un rôle clé dans le financement de projets communautaires. Les gouvernements pourraient mettre en place des incitations fiscales et des partenariats pour canaliser ces fonds vers des initiatives de développement.
3. Développement Participatif
Un modèle de gouvernance basé sur la participation des communautés locales, inspiré des pratiques Bamilekés et Igbo, pourrait renforcer la légitimité et l’efficacité des politiques publiques. Cela inclut la reconnaissance officielle des chefs traditionnels comme partenaires dans le développement économique.
4. Renforcement de l’Éducation Entrepreneuriale
Le système Igbo d’apprentissage entrepreneurial (Igba-boi) pourrait être intégré dans les systèmes éducatifs pour encourager l’autonomie économique des jeunes Camerounais.
Conclusion
Les Bamilekés et les Igbo démontrent que les traditions économiques africaines peuvent être un puissant levier de développement moderne. Ces communautés offrent des solutions pratiques aux défis économiques et sociaux en Afrique, notamment par leur capacité à combiner tradition et innovation. En adaptant ces modèles à l’échelle nationale, des États comme le Cameroun peuvent bâtir un développement inclusif et durable.
Références
1. Den Ouden, J. H. B. (1981). Changes in land tenure and land use in a Bamileke Chiefdom, Cameroon, 1900-1980.
2. Socpa, A. (2015). Political entrepreneurship in Cameroon. Taylor & Francis.
3. Eckert, A. (1999). African rural entrepreneurs and labor in the Cameroon Littoral.
4. Mindzeng, T. N. (2018). Community-based tourism and development in the Bamileke zone of Cameroon.
5. Ekeh, P. (1975). Social exchange theory and Igbo entrepreneurialism. African Studies Review.
6. Ndjio, B. (2009). Migration, architecture, and the transformation of the landscape in the Bamileke Grassfields of West Cameroon.
Le sommet extraordinaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), tenu le 16 décembre 2024, s’est conclu sur des résolutions ambitieuses en apparence, mais qui restent en deçà des défis économiques et sociaux de la sous-région. Cet article examine ces décisions à la lumière des statistiques et démontre leur inadéquation face aux attentes contemporaines. Nous plaidons pour une refonte radicale via la création d’un État Développementaliste Communautaire (EDC) dans chaque pays de la CEMAC et d’une monnaie sous-régionale souveraine, vecteurs d’intégration économique et de souveraineté financière.
The extraordinary summit of the Economic and Monetary Community of Central Africa (CEMAC), held on December 16, 2024, concluded with resolutions that appear ambitious but fall short of addressing the region’s pressing challenges. This article critically examines these decisions, underlining their inefficiency with statistical evidence. We advocate for a transformational approach through the establishment of a Developmental Community State (DCS) and a sovereign sub-regional currency to foster economic integration and financial independence.
La CEMAC, regroupant six États d’Afrique centrale, s’est réunie en sommet extraordinaire pour répondre à des défis persistants : une croissance économique stagnante, une faible intégration régionale et une dépendance économique externe. Si les résolutions adoptées sont présentées comme des solutions, une analyse critique révèle leur manque de profondeur stratégique. Cet article démontre, à l’aide de preuves statistiques, pourquoi ces résolutions sont dépassées et propose une alternative fondée sur l’instauration d’un État Développementaliste Communautaire (EDC) dans chaque pays de la CMAC et une monnaie souveraine sous-régionale.
Analyse des Résolutions : Des ambitions limitées
1. Consolidation de la stabilité macroéconomique
Le sommet recommande des mesures strictes pour réduire les déficits budgétaires et stabiliser la dette publique. Cependant, ces recommandations restent ancrées dans une orthodoxie économique inefficace.
• Statistiques : Le déficit moyen de la sous-région est de 4,6 % du PIB (Banque Mondiale, 2024), et le taux de croissance régional n’atteint que 2,8 %, bien en dessous des 5 % nécessaires pour réduire significativement la pauvreté.
• Critique : Ces politiques ignorent la nécessité d’investissements publics massifs dans les infrastructures et l’éducation, qui pourraient générer une croissance à long terme.
2. Réformes structurelles dans les secteurs clés
Des réformes structurelles sont proposées dans les secteurs de l’énergie et des transports. Cependant, elles sont souvent dictées par des institutions financières internationales, limitant leur appropriation par les États membres.
• Faits : Le taux d’électrification reste à 26 % dans les zones rurales, et seulement 32 % des projets routiers transfrontaliers annoncés depuis 2010 ont été achevés (Banque Africaine de Développement, 2023).
• Limites : Sans mécanismes de financement régional, ces réformes ne répondent pas aux besoins des populations.
3. Soutien au secteur privé
La CEMAC propose des incitations pour le secteur privé, mais sans cadre clair pour favoriser les PME locales.
• Chiffres : Les PME locales ont reçu moins de 15 % des financements alloués en 2024, tandis que 82 % des investissements directs étrangers (IDE) se concentrent dans l’exploitation des ressources naturelles (UNCTAD, 2023).
• Critique : Ces initiatives profitent principalement aux multinationales étrangères, renforçant les inégalités économiques.
4. Intégration régionale
Le sommet réaffirme l’importance de la libre circulation des biens et des personnes.
• Statistiques : Le commerce intra-CEMAC représente seulement 2,8 % des échanges totaux, contre 15 % pour la CEDEAO.
• Analyse : Les barrières douanières et l’absence d’infrastructures transfrontalières freinent l’intégration effective.
Proposition : Un État Développementaliste Communautaire (EDC)
1. Vision et Objectifs
L’EDC se base sur une gouvernance économique régionale centralisée pour piloter le développement.
• Planification économique : Des investissements stratégiques dans les infrastructures, l’éducation et l’industrialisation.
• Souveraineté des ressources : Une gestion commune des ressources naturelles pour maximiser les bénéfices pour les populations locales.
2. Une monnaie souveraine sous-régionale
La création d’une monnaie indépendante du franc CFA est essentielle pour renforcer la souveraineté financière.
• Impact : Une monnaie régionale pourrait augmenter les échanges intra-CEMAC de 25 % en cinq ans (Université de Yaoundé, 2022).
• Avantages : Réduction de la dépendance aux fluctuations de l’euro et stimulation des échanges régionaux.
3. Cohésion sociale et économique
L’EDC intégrerait des mécanismes pour harmoniser les politiques fiscales, lutter contre la corruption et garantir une meilleure répartition des richesses.
• Exemple : Un fonds commun pour les infrastructures régionales améliorerait l’intégration économique et la mobilité des biens et des personnes.
Conclusion
Le sommet extraordinaire de la CEMAC illustre une incapacité à proposer des solutions innovantes face aux défis de la sous-région. Les résolutions adoptées, bien que pertinentes sur le papier, manquent d’ambition et de profondeur stratégique. La construction d’un État Développementaliste Communautaire, soutenu par une monnaie souveraine sous-régionale, représente une voie alternative crédible pour atteindre une croissance durable et inclusive.
Références bibliographiques
1. Banque Mondiale (2024). “Rapport sur le développement en Afrique : défis et opportunités.”
2. Banque Africaine de Développement (2023). “Perspectives économiques régionales : Afrique centrale.”
3. UNCTAD (2023). “World Investment Report.”
4. Université de Yaoundé (2022). “L’impact d’une monnaie régionale sur le commerce intra-CEMAC.”
Besoin d’ajustements ou d’autres éléments ? N’hésitez pas à demander.
Trois signatures du Président de la République du Cameroun apparement différentes
Résumé
Cet article analyse de manière scientifique l’authenticité des signatures apposées sur divers décrets récents émanant de la Présidence de la République du Cameroun. En prenant pour référence la signature présidentielle réalisée en direct et retransmise publiquement lors du Communiqué Final du Sommet Extraordinaire de la CEMAC tenu à Yaoundé le 16 décembre 2024, nous comparons cette signature à celles présentes sur les décrets officiels signés début décembre 2024. Les divergences observées soulèvent des interrogations majeures concernant une possible falsification ou manipulation des documents. Cette étude met en lumière les conséquences d’une telle manipulation sur la crédibilité de l’État, la confiance nationale et les relations internationales du Cameroun. Elle propose enfin des recommandations pour restaurer la transparence et renforcer les mécanismes de sécurité documentaire.
Mots-Clés
Signature présidentielle, Authenticité des documents, Manipulation politique, Crise de confiance, Sécurité documentaire, Cameroun,MLDC, Friedman, Paul Biya, Dawson, Martin et Smith
Abstract
This article scientifically analyzes the authenticity of signatures affixed to recent decrees from the Presidency of the Republic of Cameroon. Using the presidential signature captured live and publicly broadcast during the Final Communiqué of the Extraordinary CEMAC Summit held in Yaoundé on December 16, 2024, we compare this signature with those found on official decrees signed in early December 2024. The observed discrepancies raise significant questions about potential falsification or manipulation of these documents. This study highlights the consequences of such manipulation on the credibility of the State, national trust, and Cameroon’s international relations. Finally, it offers recommendations to restore transparency and strengthen document security mechanisms.
Keywords
Presidential signature, Document authenticity, Political manipulation, Trust crisis, Document security, Cameroon, MLDC, Friedman, Paul Biya, Dawson, Martin et Smith.
Communiqué Final du Sommet Extraordinaire de la CEMAC tenu à Yaoundé le 16 décembre 2024
Introduction
La signature présidentielle occupe une place centrale dans le fonctionnement de l’État. Elle garantit la légitimité des actes administratifs et politiques du pouvoir exécutif, tout en incarnant la souveraineté nationale. Lors du Sommet Extraordinaire de la CEMAC tenu le 16 décembre 2024 à Yaoundé, la signature du Président de la République, Paul Biya, a été réalisée en direct, sous le regard attentif des chefs d’État présents et des médias internationaux. Cette signature, diffusée à la télévision, constitue ainsi une référence visuelle authentique.
Cependant, une analyse approfondie des décrets récents signés début décembre 2024 révèle des divergences troublantes. Ces signatures, qui diffèrent de la référence visuelle du Sommet CEMAC, posent des questions fondamentales : s’agit-il d’une falsification ou d’une erreur administrative ? Les implications d’une telle manipulation pourraient être désastreuses pour la stabilité institutionnelle, la confiance publique et la réputation du Cameroun sur la scène internationale. Comme le souligne Friedman (2021), « l’intégrité des documents officiels est la pierre angulaire de la gouvernance démocratique et de l’État de droit ».
Cet article, structuré autour d’une analyse scientifique des signatures, examine ces incohérences en utilisant des méthodes rigoureuses de comparaison visuelle et graphologique. Il explore également les conséquences possibles d’une falsification et propose des solutions concrètes pour garantir l’intégrité des documents officiels à l’avenir.
A. Méthodologie
L’approche adoptée repose sur une méthodologie en plusieurs étapes visant à établir la fiabilité des signatures présidentielles examinées :
Collecte des documents officiels a partir du site web officiel de la Présidence de la République du Cameroun: https://www.prc.cm Les décrets analysés incluent :
1.1. Décret N°2024/638 : financement de la chaîne de valeur du riz.
Décret N°2024/638 du 02 décembre 2024 relatif au financement du Projet de Développement de la Chaine de Valeur du Riz au Cameroun (PDCVRC)
1.2. Décret N°2024/643 : nomination au ministère de la recherche scientifique.
Décret N 2024/643 du 03 décembre 2024 portant nomination d’un Inspecteur Général au Ministère de la Recherche Scientifique et de l’innovation
1.3. Décret N°2024/637 : promotion au grade supérieur des forces de défense
Décret N°2024/637 du 02 décembre 2024 portant promotion au grade supérieur d’un personnel Officier d’Active des Forces de Défense, pour compter du second semestre de l’année budgétaire 2024, à titre de régularisation
1.4.Décret N°2024/639 : financement du système de vidéosurveillance.
Décret N°2024/639 du 02 décembre 2024 relatif au financement partiel du Projet d’extension au plan national du système Intelligent de vidéosurveillance urbaine
1.5. Décret N°2024/642 : prêt pour le secteur de l’électricité.
Décret N°2024-642 du 03 décembre 2024 habilitant le MINEPAT à signer -avec la BAD -un Accord de Prêt pour le financement du Programme d’ Appui au Redressement du Secteur de l’Electricité au Cameroun (PARSEC
2. Analyse comparative des signatures Analyse scientifique des divergences : Chaque signature a été évaluée visuellement et graphiquement pour identifier des anomalies pouvant suggérer une manipulation. Les signatures ont été comparées selon les critères suivants :
Inclinaison des lettres : la régularité de l’écriture.
Pression du stylo : uniformité des traits, zones épaisses et minces.
Fluidité des courbes : cohérence et continuité du mouvement manuscrit.
2.1. Signature de référence : La signature réalisée en direct lors du Communiqué Final de la CEMAC constitue l’étalon de comparaison.
Cette méthodologie s’appuie sur des techniques éprouvées en analyse documentaire. Comme le note Martin et Smith (2020), « une signature falsifiée se distingue par un manque de fluidité naturelle et une absence de continuité dans les traits ».
B. Analyse des Signatures des Décrets et Résultats
Décret N°2024-638 et Décret N°2024-637 : En examinant les signatures apposées sur ces deux décrets, plusieurs incohérences apparaissent :
L’inclinaison des lettres est irrégulière, contrairement à la signature authentique.
La pression du stylo varie excessivement, avec des zones anormalement épaisses.
Certaines lettres semblent déformées ou hésitantes, ce qui n’est pas caractéristique d’une écriture naturelle.
Décret N°2024-639 : Dans ce décret, la signature présente des traits plus rigides et mécaniques, suggérant une possible reproduction automatisée. La comparaison visuelle montre clairement un manque de fluidité.
Décret N°2024-642 et Décret N°2024-643 : Ces deux signatures sont les plus troublantes. Elles affichent des différences frappantes avec la signature de référence, notamment :
Des lettres mal alignées.
Une disproportion dans les courbes et les boucles.
Une absence de continuité dans le mouvement du stylo.
Ces incohérences, comparées à la signature authentique du Communiqué Final, suggèrent une manipulation potentielle ou une falsification potentielle.
C. Conséquences d’une Manipulation
1. Crise de Confiance Nationale
La falsification de la signature présidentielle est un acte extrêmement grave qui peut entraîner une rupture totale de confiance entre le peuple camerounais et ses institutions. La signature du Chef de l’État symbolise la souveraineté, la légitimité et la continuité de l’État. Lorsqu’un doute s’installe sur l’authenticité d’une telle signature, il remet en cause la validité des décrets et des décisions prises, fragilisant ainsi les fondements du contrat social entre gouvernants et gouvernés. Une perte de confiance généralisée peut s’étendre à toutes les structures de l’État, notamment les administrations publiques, les forces de l’ordre et le système judiciaire, perçues comme complices ou inefficaces face à une telle manipulation. De plus, cette crise de légitimité peut donner lieu à des contestations citoyennes, alimentant un climat d’instabilité sociale et politique. Le peuple camerounais, déjà confronté à de nombreux défis socio-économiques, verrait dans cette situation une preuve supplémentaire de la faiblesse de la gouvernance. À terme, cette crise pourrait délégitimer toutes les décisions prises par le gouvernement, conduisant à un blocage des réformes et projets nécessaires pour le développement du pays. Comme le souligne Dawson (2019), « la confiance est l’oxygène des institutions démocratiques. Lorsque cet oxygène se raréfie, la société suffoque ».
2. Répercussions Internationales
La manipulation d’une signature présidentielle ne se limite pas aux frontières nationales. Elle a des conséquences directes sur les relations diplomatiques et économiques du Cameroun avec ses partenaires internationaux. Les organisations internationales telles que la Banque Africaine de Développement (BAD) ou le Fonds Monétaire International (FMI), qui financent des projets essentiels pour le développement du pays, pourraient suspendre leurs accords de financement jusqu’à ce que la situation soit clarifiée. Une telle décision compromettrait les projets d’infrastructure, de santé ou d’éducation, plongeant le pays dans une crise économique majeure. De plus, les investisseurs étrangers, déjà prudents dans un contexte africain souvent perçu comme risqué, se détourneraient du Cameroun, affaiblissant son attractivité économique. En diplomatie, la crédibilité d’un État repose sur la cohérence et la transparence de ses actions. Une manipulation confirmée entacherait durablement l’image du Cameroun sur la scène internationale, entraînant des conséquences politiques et économiques. Comme l’affirme Friedman (2021), « un État qui ne parvient pas à garantir l’intégrité de ses documents officiels s’expose à une défiance globale ».
3. Affaiblissement de l’État de Droit
L’État de droit repose sur la confiance des citoyens dans le caractère authentique et légitime des décisions prises par leurs dirigeants. Une falsification de la signature présidentielle affaiblirait cet équilibre fragile. En effet, si des documents officiels, censés être irréprochables, se révèlent manipulés, cela ouvrirait la porte à des abus plus graves comme la corruption systémique ou la falsification d’autres décisions cruciales. Le système judiciaire serait également remis en cause, car les citoyens pourraient douter de sa capacité à sanctionner les responsables d’une telle fraude. Une manipulation de cette nature encourage le développement d’une culture d’impunité, où les faussaires ne sont pas inquiétés, ce qui mine l’efficacité des institutions publiques. Cette situation créerait un dangereux précédent, où les lois et les règles seraient perçues comme manipulables au gré des intérêts personnels ou politiques. Comme le rappellent Martin et Smith (2020), « la solidité d’un État repose sur sa capacité à garantir l’intégrité de ses processus institutionnels et à inspirer confiance aux citoyens ».
4. Risques de Tensions Sociales
Dans un contexte où les inégalités économiques et les frustrations politiques sont déjà marquées, une manipulation de la signature présidentielle pourrait exacerber les tensions sociales au Cameroun. Les citoyens, sentant leurs droits bafoués et leur confiance trahie, pourraient descendre dans les rues pour exiger des comptes aux autorités. De telles manifestations, si elles ne sont pas encadrées, risqueraient de dégénérer en violences, avec des affrontements entre les forces de l’ordre et la population. Les groupes d’opposition pourraient exploiter cette situation pour mobiliser leurs partisans, accentuant les clivages politiques. Les tensions sociales pourraient également s’étendre aux communautés ethniques et régionales, alimentant des divisions déjà existantes. Cette instabilité risquerait de compromettre les progrès économiques et sociaux réalisés jusqu’ici. Comme l’indique Friedman (2021), « la stabilité d’un pays repose sur sa capacité à garantir la transparence et la justice, faute de quoi les citoyens finissent par contester sa légitimité ».
D. Recommandations du MLDC
1. Clarification Officielle
Face aux divergences observées, le Secrétariat Général de la Présidence doit impérativement publier un communiqué officiel expliquant de manière détaillée les circonstances entourant la signature des décrets récents. Ce communiqué doit clarifier les processus ayant mené à ces incohérences et présenter les documents authentiques pour dissiper les doutes. La transparence est essentielle pour rassurer la population et éviter que cette situation ne dégénère en crise politique. Le gouvernement doit également s’engager à fournir des preuves documentaires irréfutables, telles que des enregistrements ou des registres de signatures, afin de renforcer la crédibilité des explications avancées.
2. Mise en Place d’une Enquête Indépendante
Le MLDC propose la création d’une commission d’enquête indépendante composée d’experts en graphologie, sécurité documentaire et droit constitutionnel, issus de structures nationales et internationales. Cette commission doit disposer d’un accès illimité aux décrets concernés et aux archives présidentielles pour mener une analyse scientifique rigoureuse. Une telle enquête garantirait une évaluation objective des signatures et permettrait d’identifier d’éventuels auteurs de falsification. Les résultats de cette enquête doivent être rendus publics pour assurer une transparence totale et rétablir la confiance.
3. Renforcement des Mécanismes de Sécurité
Pour éviter de futures manipulations, le MLDC recommande l’intégration de technologies de sécurité avancées dans la validation des documents officiels. Par exemple, la mise en place de signatures numériques cryptées assurerait l’authenticité des documents et rendrait leur falsification quasiment impossible. Ces outils, déjà utilisés dans plusieurs pays, garantissent la traçabilité des documents et permettent de vérifier rapidement leur provenance.
4. Mobilisation de la Société Civile
Les organisations de la société civile, les médias et les citoyens doivent jouer un rôle actif dans cette situation en exigeant des comptes aux autorités. Leur mobilisation est essentielle pour maintenir la pression politique nécessaire à l’établissement de la vérité. Par ailleurs, des campagnes de sensibilisation pourraient permettre à la population de mieux comprendre les enjeux liés à cette manipulation.
Conclusion
L’intégrité de la signature présidentielle est cruciale pour le fonctionnement de l’État et la confiance nationale. Les incohérences relevées dans les décrets récents posent des questions graves sur l’authenticité des documents émanant de la Présidence de la République. Si cette situation n’est pas traitée avec transparence et rigueur, elle risque de compromettre la stabilité politique, sociale et économique du Cameroun. Le MLDC appelle les autorités à agir avec responsabilité en clarifiant cette situation à travers une enquête indépendante et des réformes structurelles visant à renforcer la sécurité documentaire. Le peuple camerounais a droit à la vérité pour préserver sa confiance envers les institutions et garantir la stabilité de la nation. Comme l’a dit Dawson (2019) : « La transparence est le fondement de la légitimité démocratique. »
Références Bibliographiques
Friedman, J. (2021). State Integrity and Document Security. Oxford University Press.
Martin, R., & Smith, L. (2020). Graphological Analysis in Governance. Cambridge University Press.
Dawson, P. (2019). The Fragility of Public Trust. Routledge.
Cet article explore la crise économique actuelle au sein de la CEMAC, exacerbée par sa dépendance au franc CFA, une monnaie contrôlée depuis l’extérieur. Face à des dettes publiques croissantes, des réserves de change insuffisantes et un commerce intrarégional limité, il plaide pour l’urgence d’une monnaie sous-régionale. En s’appuyant sur le modèle de l’État Développementaliste Communautaire (EDC), l’article démontre qu’une autonomie monétaire permettrait de financer des projets communautaires, renforcer les échanges économiques, et établir une gouvernance monétaire indépendante alignée sur les besoins des populations. Sans cette révolution monétaire, les aspirations de la CEMAC au développement intégré resteront des promesses non tenues.
Mots-clés : CEMAC, franc CFA, autonomie monétaire, dette publique, réserves de change, intégration régionale, État Développementaliste Communautaire (EDC).
Abstract
This article examines the current economic crisis in CEMAC, worsened by its dependence on the CFA franc, a currency controlled externally. With rising public debts, insufficient foreign reserves, and limited intra-regional trade, it calls for the urgent creation of a sub-regional currency. Drawing on the Community Developmentalist State (CDS) model, the article argues that monetary autonomy would enable the financing of community projects, boost economic exchanges, and establish independent monetary governance aligned with local needs. Without this monetary revolution, CEMAC’s ambitions for integrated development will remain unfulfilled promises.
Keywords: CEMAC, CFA franc, monetary autonomy, public debt, foreign reserves, regional integration, Community Developmentalist State (CDS).
Introduction
La Communauté Économique et Monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC) traverse une période de turbulences économiques marquée par une dette publique alarmante, des réserves de change insuffisantes et une faible intégration régionale. Ces défis, exacerbés par la dépendance au franc CFA, soulignent les limites d’un système monétaire hérité de l’histoire coloniale, incapable de répondre aux besoins de développement des États membres.
Face à cette impasse, le modèle de l’État Développementaliste Communautaire (EDC) propose une alternative ambitieuse : repenser la souveraineté monétaire pour en faire un levier de transformation économique et sociale. Ce modèle place l’autonomie monétaire au cœur des politiques publiques, permettant ainsi de financer des projets communautaires, d’accroître les échanges intra-régionaux et de garantir une gouvernance monétaire indépendante alignée sur les aspirations locales.
L’enjeu est clair : sans une monnaie sous-régionale autonome, la CEMAC ne pourra bâtir un avenir fondé sur l’intégration économique et le développement durable. Ce texte explore pourquoi et comment une monnaie régionale, ancrée dans la vision de l’EDC, pourrait briser les chaînes du franc CFA pour ouvrir la voie à une prospérité partagée en Afrique centrale.
À quoi sert la CEMAC sans une autonomie monétaire ?
Le sommet extraordinaire des chefs d’État de la Communauté Économique et Monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC), tenu le 16 décembre 2024 à Yaoundé, intervient dans un contexte économique critique. Entre une dette publique croissante, des déficits budgétaires alarmants, et des réserves de change en déclin, cette rencontre pose une question essentielle : la CEMAC peut-elle réussir son intégration et garantir le développement économique de ses membres sans une monnaie véritablement sous-régionale et autonome ?
1. Une économie sous contrainte extérieure : le poids du franc CFA
Le franc CFA, utilisé par les six pays de la CEMAC, demeure une monnaie contrôlée par la France via le Trésor public. Cette dépendance monétaire limite la capacité des États membres à mener des politiques économiques autonomes. Contrairement à des pays africains comme le Ghana, l’Éthiopie ou le Kenya, qui utilisent leurs monnaies nationales (cedi, birr, shilling), les États de la CEMAC n’ont pas la flexibilité nécessaire pour ajuster leur masse monétaire ou leur taux de change selon leurs besoins économiques.
Comparaison économique :
• Taux de croissance moyen 2023 :
• Ghana (avec sa monnaie nationale) : 3.5 %
• Zone CEMAC : 2.8 %
• Dette publique en pourcentage du PIB :
• Ghana : 71 % (mais en voie de restructuration grâce à des choix monétaires audacieux).
• Congo (CEMAC) : près de 100 %, sans levier monétaire pour y remédier.
La dépendance au franc CFA expose également les économies de la CEMAC aux fluctuations des devises internationales et limite leur capacité d’exportation compétitive.
2. La dette publique : un fardeau aggravé par l’absence d’autonomie monétaire
La dette publique atteint des niveaux critiques dans certains États membres, comme le Congo, où elle représente près de 100 % du PIB. Cette situation est aggravée par les limitations imposées par le franc CFA, qui empêche les gouvernements de financer leurs dépenses par la création monétaire, une stratégie utilisée par des pays avec leurs monnaies nationales pour amortir les chocs économiques.
Les politiques budgétaires rigides imposées par le FMI, souvent liées à l’usage du franc CFA, freinent également l’investissement dans des secteurs stratégiques tels que l’éducation et les infrastructures. Par exemple :
• En 2023, le Cameroun n’a investi que 4.1 % de son PIB dans l’éducation contre 6.2 % au Rwanda, qui utilise sa monnaie nationale.
3. Des réserves de change en déclin : une fragilité systémique
Les réserves de change de la CEMAC s’établissent à seulement trois mois d’importations, loin des cinq mois recommandés. Cette situation expose la région à un risque de dévaluation, une décision qui serait pourtant prise en dernier recours par le Trésor français, et non par les États membres.
À titre comparatif, des pays comme l’Afrique du Sud, grâce à sa souveraineté monétaire, maintiennent des réserves couvrant plus de six mois d’importations, renforçant ainsi la stabilité de leur économie.
4. Une monnaie sous-régionale comme solution à la crise
Pour la CEMAC, la création d’une monnaie autonome pourrait être un levier stratégique pour :
• Stimuler l’intégration régionale : En renforçant les échanges commerciaux intrarégionaux. Actuellement, ils ne représentent que 3 % du commerce total des pays membres, contre 16 % dans la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), qui utilise des monnaies nationales.
• Accroître l’indépendance financière : Une monnaie sous-régionale permettrait de réduire la dépendance à l’euro et d’exploiter pleinement les ressources économiques locales.
• Dynamiser les politiques publiques : Avec une banque centrale indépendante, les États auraient une plus grande marge de manœuvre pour ajuster leur politique monétaire aux besoins locaux.
Des exemples de succès existent :
• L’Union monétaire d’Afrique de l’Ouest (UEMOA) discute actuellement de l’adoption de l’eco, une monnaie régionale, dans le cadre d’une transition du franc CFA vers une souveraineté accrue.
• L’Éthiopie a maintenu une croissance économique moyenne de 7 % au cours de la dernière décennie grâce à une monnaie nationale qui favorise l’industrialisation.
5. L’État Développementaliste Communautaire (EDC) comme socle d’une monnaie sous-régionale
L’État Développementaliste Communautaire (EDC), tel que proposé, repose sur une vision axée sur l’autonomie économique, la solidarité régionale, et le développement intégré des communautés. Ce modèle, qui place l’État au cœur de la transformation économique et sociale, soutient de manière cohérente l’idée d’une monnaie sous-régionale ou régionale comme pilier d’un développement durable et inclusif.
5.1. Une monnaie au service du développement communautaire
Dans le cadre d’un EDC, une monnaie sous-régionale ne serait pas un simple outil monétaire. Elle deviendrait un instrument de transformation économique au service des communautés :
• Financement des projets locaux : Une monnaie sous-régionale, adossée à une banque centrale véritablement indépendante et tournée vers le développement, permettrait de financer des projets communautaires sans recourir systématiquement aux emprunts extérieurs. Par exemple, les infrastructures rurales, l’agro-industrie locale, et l’éducation pourraient bénéficier d’un accès direct à des financements adaptés aux réalités des populations.
• Renforcement de la résilience économique : L’EDC valorise la production locale et les chaînes de valeur communautaires. Une monnaie régionale faciliterait les échanges intra-régionaux, réduisant ainsi la dépendance aux importations et renforçant la souveraineté économique.
5.2. La solidarité régionale comme levier
Le modèle EDC repose sur une solidarité économique et sociale entre les États membres d’une communauté intégrée. La création d’une monnaie sous-régionale s’inscrit dans cette logique :
• Mutualisation des risques : Une monnaie régionale pourrait intégrer un fonds de stabilisation économique, alimenté par les contributions des pays membres, pour aider les États en difficulté à surmonter des crises conjoncturelles, comme celle de la dette publique dans le cas du Congo.
• Renforcement des échanges : En alignant les politiques économiques des pays membres, une monnaie sous-régionale stimulerait les échanges intra-CEMAC, actuellement limités à 3 % du commerce total. Ces échanges deviendraient un moteur pour l’industrialisation locale et la diversification économique.
5.3. Une gouvernance monétaire alignée avec les valeurs communautaires
Dans un EDC, la gouvernance monétaire devrait refléter les aspirations des populations et s’affranchir des ingérences extérieures. Contrairement au franc CFA, dont la gestion est externalisée, une monnaie sous-régionale serait gérée par une institution commune où chaque État membre disposerait d’une voix égale.
Les décisions monétaires seraient guidées par les besoins de développement, par exemple :
• Stimuler les secteurs prioritaires comme l’agriculture et l’énergie.
• Offrir des taux de change compétitifs pour encourager les exportations régionales.
• Créer des emplois via des politiques monétaires proactives.
5.4. L’EDC et l’indépendance économique
L’EDC ne peut se réaliser pleinement sans autonomie monétaire. La dépendance actuelle au franc CFA limite la capacité des États membres à construire des économies résilientes et inclusives. Une monnaie régionale, intégrée au projet d’État Développementaliste Communautaire, devient ainsi un outil stratégique pour :
• Libérer les États de la tutelle monétaire extérieure.
• Permettre une meilleure mobilisation des ressources locales.
• Aligner les politiques monétaires avec les objectifs sociaux et environnementaux des communautés.
l’EDC comme cadre pour une souveraineté monétaire et économique
Le projet d’État Développementaliste Communautaire offre une vision claire et cohérente d’un avenir où les économies sous-régionales sont libérées des chaînes de la dépendance. La création d’une monnaie régionale ou sous-régionale n’est pas simplement un objectif technique, mais une étape nécessaire pour ancrer le développement économique dans les aspirations et les besoins des populations locales.
En adoptant une monnaie sous-régionale, les États de la CEMAC pourraient enfin aligner leurs politiques économiques avec un projet collectif ambitieux : bâtir des sociétés inclusives et prospères, où chaque communauté joue un rôle actif dans la transformation de son avenir. L’EDC, en ce sens, n’est pas seulement une alternative, mais une nécessité pour le développement de l’Afrique centrale.
Conclusion : la nécessité d’une révolution monétaire
La crise actuelle au sein de la CEMAC met en lumière les limites d’un système monétaire hérité de la colonisation. Sans une autonomie monétaire et une véritable réforme institutionnelle, l’intégration régionale restera un mirage et le développement économique, une promesse non tenue.
Le sommet de Yaoundé devrait être l’occasion pour les dirigeants de poser les bases d’une monnaie sous-régionale, symbole d’une souveraineté retrouvée. Faute de quoi, la CEMAC continuera d’être un simple spectateur des transformations économiques mondiales.
Références bibliographiques :
1. Nkrumah, K. (1965). Neo-Colonialism: The Last Stage of Imperialism.
2. Sikafinance. (2024). Rapport économique sur la CEMAC.
3. International Monetary Fund (IMF). (2023). Africa Regional Economic Outlook.
4. Ndikumana, L., & Boyce, J. (2011). Africa’s Odious Debts.
5. Yab, J., & Nkong-Njock, V.,(2024). Construction d’un État Développementaliste Communautaire: Le Cameroun
Nous nous adressons à vous avec respect mais également avec une profonde inquiétude concernant la situation désastreuse dans laquelle se trouve le village de Ngompem Nord, une localité de la Sanaga Maritime que vous représentez en tant que député. Permettez que cette lettre soit un rappel solennel de votre devoir en tant que représentant du peuple et membre de l’opposition.
Monsieur le Député, le rôle principal de l’opposition dans une démocratie est de contrôler les actions du gouvernement et de défendre les droits des citoyens contre toute forme d’abus ou de négligence. Dans le cas présent, la mairie de Pouma, tenue par le parti au pouvoir, a manifestement failli à sa mission de développement local. Les ponts Nkanla I et Nkanla II, ainsi que l’unique tronçon routier reliant Ngompem Nord au reste du département, ont été détruits et laissés à l’abandon sous prétexte de travaux qui n’ont jamais été réalisés. Cette négligence, amplifiée par des pratiques de corruption dans la passation des marchés publics, a isolé cette population, la privant de ses droits fondamentaux.
Depuis trois ans, les conséquences de cette situation sont dramatiques : des malades meurent faute d’être évacués vers les centres de santé, des familles ne peuvent plus transporter leurs défunts à la morgue, et des produits agricoles pourrissent faute d’accès aux marchés urbains. Il est clair que cette tragédie résulte directement de la mauvaise gouvernance et du manque de responsabilité de l’exécutif local.
Monsieur le Député, en tant que membre de l’opposition, vous avez une obligation morale et politique de contrôler l’action de l’exécutif, y compris celle de la mairie de Pouma. Votre silence sur cette question est perçu par les populations de Ngompem Nord comme un manquement grave à votre mission. Les citoyens de cette localité s’interrogent : pourquoi leur représentant n’a-t-il pas élevé la voix pour dénoncer cette injustice ? Pourquoi n’avez-vous pas exigé des comptes sur l’exécution des projets publics dans cette zone ?
Nous vous demandons donc, avec insistance, de nous indiquer quelles actions concrètes vous envisagez d’entreprendre pour réparer les torts causés aux populations de Ngompem Nord. Allez-vous exiger une enquête parlementaire sur la gestion des marchés publics par la mairie de Pouma ? Allez-vous mobiliser les autres élus de l’opposition pour faire pression sur les autorités compétentes afin que justice soit rendue à ces populations ?
Monsieur le Député, l’histoire retiendra vos actes, tout comme elle retiendra votre silence. Les populations de Ngompem Nord, qui vivent dans l’isolement et la misère, attendent de vous un engagement ferme et immédiat. Nous espérons que cette lettre saura raviver en vous le sens du devoir et l’attachement à votre rôle de défenseur des droits des citoyens.
Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Député, l’expression de nos salutations distinguées.
Pr Jimmy Yab, Honorable Yinda Yvette, Sénatrice Sanaga Maritime et M. Nguidjol Nlend, 1er Adjoint Maire de Pouma
Madame la Sénatrice,
Honorable,
Permettez que cette lettre ouverte, marquée par une profonde douleur et une légitime indignation, vienne frapper à la porte de votre grand cœur. Nous nous adressons à vous non seulement en tant qu’élue de la nation mais aussi, et surtout, en tant FEMME de Ngompem Nord, ce village qui vous a accueilli et que vous portez désormais dans votre lignée.
Madame la Sénatrice, comment comprendre que depuis votre accession à la haute dignité de représentante de la nation, vous n’ayez pas mis les pieds dans votre propre village, Ngompem Nord ?
Votre absence répétée est perçue comme un abandon des vôtres. Avez-vous oublié ceux qui, avec tant d’espoir, voyaient en votre élection une chance de changement ? Avez-vous délibérément tourné le dos à votre village par alliance, qui endure aujourd’hui une humiliation sans précédent ?
Madame la Sénatrice, depuis trois longues années, les habitants de Ngompem Nord vivent dans un isolement total. Les ponts Nkanla I et Nkanla II ont été détruits, la seule route qui les reliait au reste du pays est devenue impraticable. Des familles entèrent leurs morts sur place faute d’accès à une morgue ; des malades meurent sans pouvoir être évacués. Pire encore, les produits agricoles, unique source de revenu de cette population laborieuse, pourrissent sur place faute de voies d’écoulement.
Comment LA FEMME de ce village que vous êtes peut-elle rester indifférente à une telle tragédie ? Qu’a donc fait Ngompem Nord pour mériter une telle indifférence de votre part ? Pourquoi laissez-vous LES PARENTS DE VOTRE ÉPOUX, LE PATRIARCHE LOUIS YINDA, vos propres proches, sombrer dans la misère et l’humiliation ?
Madame la Sénatrice, nous faisons appel à votre compassion et à votre devoir moral envers les vôtres. En tant qu’élue de la nation, vous avez le pouvoir et l’influence nécessaires pour agir. Quelles actions concrètes comptez-vous entreprendre pour rétablir les ponts et le tronçon routier qui relient Ngompem Nord au reste du département ? Quelles mesures envisagez-vous pour réhabiliter la dignité de ce village, votre village, et lui redonner espoir ?
Ponts détruits de Nkanla II
Nous vous invitons à venir constater par vous-même les conditions de vie déplorables de cette population qui vous considère toujours comme LA MAMA DU VILLAGE.
Madame la Sénatrice, l’histoire retiendra vos actes, mais elle retiendra aussi vos silences. Ngompem Nord vous appelle aujourd’hui à l’action. Entendez cet appel.
Avec tout le respect que nous vous devons, nous espérons que cette lettre saura toucher votre cœur et réveiller en vous l’attachement profond à votre village.
Dans l’attente de vos actions, nous vous prions d’agréer, Madame la Sénatrice, l’expression de nos salutations distinguées.
Monsieur le Préfet, Préfecture de la Sanaga Maritime, Édéa.
Objet : Lettre ouverte à Monsieur le Préfet pour une intervention urgente en faveur des populations de Ngompem Nord
Monsieur le Préfet,
En votre qualité de représentant du Chef de l’État dans le département de la Sanaga Maritime, nous faisons appel à votre bienveillance et à votre sens du devoir pour une intervention urgente et salvatrice en faveur des populations de Ngompem Nord, aujourd’hui confrontées à une situation dramatique qui menace leur survie.
Depuis près de trois ans, la population de Ngompem Nord vit dans une asphyxie totale en raison de la destruction des ponts Nkanla I et Nkanla II ainsi que de l’unique tronçon routier reliant cette localité au reste du département. Ces infrastructures vitales, qui devaient être réhabilitées dans le cadre de projets publics, ont été abandonnées pour des raisons inconnues par l’ENTREPRISE HOL AND BROTHERS et par La MAIRIE DE L’ARRONDISSEMENT DE POUMA dont NGOMPEM fait partie. Les conséquences de cet abandon sont catastrophiques et affectent chaque aspect de la vie de ces citoyens.
Pont détruit de NKANGLA II par l’Entreprise HOL AND BROTHERS
Privés de voies de communication fonctionnelles, les habitants ne peuvent plus écouler leurs produits agricoles vers les centres urbains, plongeant ainsi des familles dans une précarité alimentaire. L’impossibilité d’évacuer les malades vers les hôpitaux met en danger la santé publique, et les défunts doivent être enterrés sur place faute d’accès à une morgue. Ces faits, monsieur le Préfet, violent le droit fondamental à la libre circulation consacré par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Par ailleurs, cette situation met en péril les Projets Structurants de S.E. Paul Biya, notamment la construction du barrage hydroélectrique Grand-Eweng, prévu dans cette région. L’accès à ce site stratégique est aujourd’hui compromis, fragilisant ainsi les perspectives de développement local et national.
Monsieur le Préfet, devant ce drame humanitaire et économique, nous vous demandons d’user de votre autorité pour :
Ordonner une enquête approfondie sur les pratiques de l’ENTREPRISE HOL AND BROTHERS
Veiller à la reprise immédiate des travaux sur les ponts Nkanla I et II ainsi que sur le tronçon routier reliant Ngompem Nord à Pouma.
Assurer une assistance immédiate aux populations pour répondre à leurs besoins urgents en matière de santé, de transport et d’écoulement des vivres.
Nous avons foi en votre capacité à être à l’écoute des souffrances des populations et à traduire, par des actions concrètes, la volonté du Chef de l’État de promouvoir la cohésion sociale et le développement équitable.
Dans l’attente de votre prompte intervention, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de notre profond respect.
La diaspora camerounaise, forte de plus de 5 millions de membres répartis à travers le monde, joue un rôle central dans les dynamiques socio-économiques et politiques du pays. En 2025, le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) met cette communauté au cœur de sa stratégie électorale, en vue de mobiliser un électorat globalisé et de promouvoir un projet sociopolitique inclusif. Cet article examine en détail les contributions économiques, sociales et politiques de la diaspora camerounaise tout en les comparant aux rôles similaires joués par les diasporas nigériane et sénégalaise. À travers cette analyse, nous identifions des stratégies concrètes pour maximiser l’impact de cette communauté sur les prochaines élections présidentielles et au-delà.
Mots-clés: Diaspora camerounaise, Élections présidentielles 2025, MLDC, Participation politique, Transferts financiers, Plaidoyer international, Développement économique,Vote des expatriés, Mobilisation diaspora, Structuration politique
Abstract
The Cameroonian diaspora, with over 5 million members worldwide, plays a central role in the country’s socio-economic and political dynamics. In 2025, the Movement for the Liberation and Development of Cameroon (MLDC) places this community at the core of its electoral strategy, aiming to mobilize a globalized electorate and promote an inclusive sociopolitical agenda. This article provides an in-depth analysis of the economic, social, and political contributions of the Cameroonian diaspora, comparing them to similar roles played by Nigerian and Senegalese diasporas. Through this examination, we identify actionable strategies to enhance the diaspora’s impact on upcoming presidential elections and beyond.
Keywords: Cameroonian diaspora, 2025 presidential elections, MLDC, Political participation, Financial remittances, International advocacy, Economic development, Expatriate voting, Diaspora mobilization, Political structuring
1. La diaspora camerounaise : un levier économique et social
1.1. Les transferts financiers : une bouffée d’oxygène pour l’économie nationale
La diaspora camerounaise contribue de manière significative à l’économie nationale à travers des transferts financiers réguliers. En 2022, ces envois de fonds représentaient environ 1,7 milliard USD, soit 7,5 % du PIB camerounais (Banque mondiale, 2023). Ces montants sont souvent destinés à financer des besoins essentiels : paiement des frais de scolarité, frais médicaux, construction d’habitations, et soutien aux PME. Ces fonds apportent une stabilité économique à des milliers de familles et atténuent les effets de la pauvreté structurelle.
Cependant, ces flux financiers restent largement informels, ce qui limite leur impact sur l’économie nationale dans son ensemble. Contrairement à la diaspora nigériane, qui canalise une part importante de ses envois à travers des plateformes bancaires formelles, la diaspora camerounaise utilise encore massivement des réseaux informels, comme les agences de transfert d’argent ou les envois directs. Pour maximiser cet apport, il est essentiel d’encourager des politiques de bancarisation et d’incitation fiscale, ce que le MLDC pourrait intégrer à son programme économique.
1.2. Le rôle social et culturel de la diaspora
La diaspora camerounaise joue également un rôle central dans le renforcement des liens sociaux et culturels entre les Camerounais résidant au pays et ceux à l’étranger. À travers des associations ou des organisations spécifiques à certaines régions (Bamiléké, Bassa, etc.), elle contribue à des projets communautaires, tels que la construction de centres de santé, le financement de bourses d’études, et la rénovation d’infrastructures locales.
Sur le plan culturel, cette diaspora promeut le patrimoine camerounais à l’international par l’organisation de festivals, conférences, et expositions, ce qui contribue à rehausser l’image du pays sur la scène mondiale. Ce rôle de médiation culturelle pourrait être mieux exploité par le MLDC pour construire une identité collective nationale qui transcende les divisions ethniques et régionales.
2. Rôle politique de la diaspora dans les élections de 2025
2.1. Mobilisation politique : entre défis et opportunités
Depuis plusieurs années, la diaspora camerounaise s’affirme comme un acteur politique majeur, notamment par son rôle dans les mobilisations contre les irrégularités électorales. En 2018, des manifestations organisées dans des villes comme Paris, Washington, et Berlin ont attiré l’attention internationale sur les enjeux démocratiques du pays. En 2025, le MLDC entend canaliser cette énergie en mobilisant la diaspora autour d’un projet politique cohérent.
Cependant, plusieurs défis subsistent. Le vote des Camerounais de l’étranger, bien que légalement prévu, reste sous-exploité en raison de la faible accessibilité des bureaux de vote et du manque de sensibilisation. À titre comparatif, le Sénégal permet à sa diaspora de participer activement au processus électoral, avec une représentation politique institutionnalisée, ce qui renforce la légitimité démocratique.
Pour le MLDC, il est impératif de plaider pour des réformes permettant une plus grande inclusion électorale de la diaspora. Cela pourrait inclure la mise en place de plateformes numériques pour l’inscription sur les listes électorales ou l’introduction du vote par correspondance.
2.2. Diplomatie parallèle et plaidoyer international
La diaspora camerounaise utilise également sa position stratégique dans des pays influents, comme la France ou les États-Unis, pour attirer l’attention des gouvernements et des organisations internationales sur les enjeux politiques et humanitaires du Cameroun. Ce rôle de diplomatie parallèle a permis de sensibiliser sur des problématiques comme la crise anglophone ou la lutte contre la corruption.
Pour les élections de 2025, le MLDC pourrait renforcer cette dynamique en organisant des campagnes internationales de plaidoyer, mobilisant les Camerounais de la diaspora pour interpeller des institutions telles que l’Union européenne, l’Union africaine, ou les Nations unies sur l’importance d’un processus électoral transparent.
3. Comparaison avec d’autres diasporas africaines
3.1. La diaspora nigériane : un modèle de structuration économique et politique
La diaspora nigériane est souvent citée comme un exemple de structuration réussie. Avec des transferts financiers atteignant 21,9 milliards USD en 2022, elle est l’une des premières sources de devises pour le Nigeria. Mais au-delà de son impact économique, cette diaspora a su se positionner politiquement grâce à des organisations bien établies, comme la Nigerian Diaspora Organization (NIDO), qui agit comme une interface entre les Nigérians à l’étranger et le gouvernement.
3.2. La diaspora sénégalaise : un acteur politique institutionnalisé
La diaspora sénégalaise, bien que moins nombreuse, joue un rôle politique crucial grâce à son droit de vote effectif à l’étranger et à la représentation directe dans le Parlement national. Ce modèle, qui renforce l’inclusion politique, pourrait inspirer des réformes au Cameroun, notamment sous l’impulsion du MLDC.
3.3. La spécificité camerounaise
En comparaison, la diaspora camerounaise reste sous-représentée dans les structures politiques nationales, malgré sa contribution économique significative. Cette situation découle en partie d’un manque de structuration et de mécanismes institutionnels adaptés.
4. Perspectives pour le MLDC et la diaspora camerounaise
4.1. Renforcer la structuration de la diaspora
Le MLDC pourrait jouer un rôle clé en facilitant la création de réseaux organisés autour d’intérêts communs, tels que le développement économique ou la démocratisation politique. Cela passe par la mise en place d’une plateforme numérique dédiée, qui connecterait les associations diasporiques et offrirait des ressources pour la mobilisation.
4.2. Réformer le cadre législatif pour le vote à l’étranger
Plaider pour une réforme permettant le vote électronique ou par correspondance pourrait considérablement augmenter la participation de la diaspora.
4.3. Sensibiliser sur l’importance de l’engagement politique
Enfin, une campagne de communication ciblée pourrait encourager davantage de Camerounais de l’étranger à s’impliquer dans le processus électoral, tant en tant qu’électeurs qu’en tant que donateurs ou militants.
Conclusion
La diaspora camerounaise dispose d’un potentiel immense pour influencer positivement les élections présidentielles de 2025. En s’appuyant sur ses contributions économiques, son rôle de plaidoyer et ses aspirations politiques, le MLDC peut non seulement maximiser l’impact de cette communauté, mais aussi tracer la voie vers une transformation durable du paysage politique camerounais.
Bibliographie
• Banque mondiale (2023). Migration and Remittances Data.
• Collier, P. (2013). Exodus: How Migration is Changing Our World. Oxford University Press.
• Mohan, G., & Zack-Williams, A. B. (2002). Globalisation from below: Conceptualising the role of the African diaspora in Africa’s development. Review of African Political Economy.
• Ndi, F. A. (2020). Diaspora politics and development in Cameroon. African Affairs.
• Ratha, D., & Plaza, S. (2011). Harnessing Diaspora Resources for Africa. World Bank.
L’annonce récente d’ELECAM de réintégrer 120 000 électeurs dans le fichier électoral met en lumière des irrégularités systémiques dans la gestion du processus électoral camerounais. Le MLDC (Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun) dénonce cette décision comme un mécanisme institutionnalisé de fraude et réitère sa demande de démission du président d’ELECAM. S’appuyant sur des exemples internationaux, cet article plaide pour une réforme urgente de l’organe électoral et une supervision internationale afin de restaurer la crédibilité avant les élections présidentielles de 2025.
The recent announcement by ELECAM to reintegrate 120,000 voters into the electoral registry highlights systemic irregularities in the management of Cameroon’s electoral process. The MLDC (Movement for the Liberation and Development of Cameroon) condemns this decision as an institutionalized mechanism for fraud and reiterates its call for the resignation of ELECAM’s president. Drawing from global case studies, this article advocates for an urgent overhaul of the electoral body and international oversight to restore credibility ahead of the 2025 presidential elections.
L’annonce récente par Élections Cameroon (ELECAM) de la réintégration de 120 000 noms sur les listes électorales met en évidence des défaillances structurelles profondes dans la gestion du processus électoral au Cameroun. Cette situation survient à un moment critique, à moins d’un an des élections présidentielles de 2025. Selon le MLDC (Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun), cette réintégration tardive ne peut être interprétée autrement que comme une tentative d’institutionnalisation de la fraude. En conséquence, le MLDC exige la démission immédiate du président d’ELECAM pour incompétence manifeste et appelle à un audit international indépendant du fichier électoral. L’objectif est clair : restaurer la crédibilité du processus électoral camerounais et assurer une élection juste et transparente.
Analyse des faits
La réintégration des 120 000 inscrits, précédemment supprimés pour des raisons liées à des « problèmes d’empreintes digitales », soulève de sérieuses interrogations. Pourquoi ces erreurs n’ont-elles pas été corrigées plus tôt ? Quelle garantie existe-t-il que ces électeurs réintégrés ne sont pas fictifs ou manipulés ? Selon les statistiques publiées par ELECAM, le fichier électoral comprend près de 7 millions d’électeurs inscrits. Une anomalie de 120 000 noms représente environ 1,7 % du total, un chiffre suffisant pour influencer des élections dans un pays où les résultats sont souvent très serrés.
Cette situation rappelle les défaillances électorales observées au Zimbabwe en 2018, où une analyse des listes électorales a révélé la présence de milliers de doublons et d’électeurs fictifs, menaçant ainsi la crédibilité du scrutin. Au Cameroun, l’absence de transparence et le manque de contrôles internes renforcent les soupçons de manipulation. Dans un contexte où les institutions électorales devraient garantir la justice et la transparence, cette annonce d’ELECAM apparaît comme une preuve accablante d’incompétence et de mauvaise gestion.
Position du MLDC
Le MLDC dénonce fermement cette situation comme une fraude d’État institutionnalisée. Le parti estime que maintenir un fichier électoral fiable n’est pas seulement une obligation technique mais un pilier fondamental de la démocratie. La gestion chaotique du fichier électoral par ELECAM, marquée par des erreurs massives et un manque flagrant de transparence, justifie pleinement la démission immédiate du président de cette institution. En outre, le MLDC appelle à la vigilance de la jeunesse camerounaise, qui représente plus de 60 % de l’électorat, pour exiger des réformes structurelles et une gestion électorale transparente.
En comparaison, des pays comme le Ghana ont montré qu’il est possible d’améliorer significativement la crédibilité électorale. En 2020, la Commission électorale du Ghana a adopté un système biométrique avancé et mis à jour ses listes électorales, réduisant ainsi les fraudes à un minimum. Le MLDC préconise une solution similaire pour le Cameroun : moderniser les outils électoraux et adopter une technologie plus robuste pour prévenir les irrégularités.
Comparaisons internationales
L’expérience de pays comme le Kenya offre des leçons précieuses. En 2017, avant les élections générales, un audit indépendant du fichier électoral réalisé par la Fondation Internationale pour les Systèmes Électoraux (IFES) a permis de détecter et de corriger des anomalies majeures. Cette initiative a renforcé la crédibilité des élections et réduit les tensions politiques. De même, en Afrique du Sud, la publication régulière des listes électorales pour examen public constitue une pratique exemplaire de transparence.
Au Cameroun, ces modèles pourraient être adaptés. Le MLDC propose un audit international supervisé par des personnalités reconnues pour leur impartialité et leur expérience, comme l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo. Ce dernier a souvent joué un rôle décisif dans la résolution des crises électorales en Afrique, apportant une expertise et une neutralité essentielle pour rétablir la confiance.
Recommandations
Pour éviter une crise électorale majeure en 2025, le MLDC propose les actions suivantes :
Audit international indépendant : Faire appel à des organisations internationales comme l’Union Africaine ou la Fondation Carter pour examiner le fichier électoral. Cet audit pourrait être supervisé par des figures comme Olusegun Obasanjo pour garantir sa crédibilité.
Publication des listes électorales : Les rendre accessibles au public pour permettre une vérification citoyenne, comme cela se fait en Afrique du Sud.
Modernisation technologique : Adopter des technologies biométriques plus avancées pour éliminer les doublons et les erreurs d’inscription.
Formation et responsabilisation des agents électoraux : Introduire des formations approfondies pour garantir que les responsables électoraux soient compétents et impartiaux.
Sensibilisation citoyenne : Mener des campagnes pour informer les Camerounais sur leurs droits électoraux et les inciter à exiger des élections transparentes.
En prenant ces mesures, le Cameroun pourrait non seulement restaurer la confiance dans son processus électoral mais aussi envoyer un signal fort à la communauté internationale sur son engagement envers la démocratie.
Conclusion
La réintégration de 120 000 inscrits par ELECAM ne peut être vue comme une simple correction technique. C’est un symptôme d’un problème systémique plus profond qui, s’il n’est pas adressé, pourrait compromettre les élections présidentielles de 2025. Le MLDC, en tant que voix de l’opposition et du changement, appelle à une refonte totale du système électoral camerounais, sous la supervision d’experts internationaux. Il est temps pour le Cameroun de suivre l’exemple de pays africains qui ont réussi à moderniser et crédibiliser leurs processus électoraux. L’avenir de la démocratie camerounaise en dépend.
Bibliographie
1. Transparency International. (2023). Perceptions of Electoral Integrity in Africa. Berlin : Transparency International.
2. IFES. (2021). Enhancing Electoral Integrity through Technology. Washington, DC : IFES.
Au Sénégal, une nouvelle génération de dirigeants marque un tournant dans la gouvernance nationale. Le plébiscite d’El Malick Ndiaye, 41 ans, comme président de l’Assemblée nationale, accompagné de Diomaye Faye, 44 ans, président de la République, et Ousmane Sonko, 50 ans, Premier ministre, illustre une rupture générationnelle. Ces figures incarnent une gouvernance en phase avec une population où 64 % des citoyens ont moins de 25 ans. À l’opposé, le Cameroun reste dirigé par une classe politique vieillissante, avec des figures comme Paul Biya, 91 ans, président depuis 1982, et Marcel Niat Njifenji, 89 ans, président du Sénat. Cet article examine les implications de cette disparité générationnelle dans la gouvernance des deux pays, en s’appuyant sur des données démographiques, sociopolitiques et des études académiques.
In Senegal, a new generation of leaders marks a turning point in national governance. The election of El Malick Ndiaye, 41, as Speaker of the National Assembly, alongside President Diomaye Faye, 44, and Prime Minister Ousmane Sonko, 50, demonstrates generational renewal. These leaders reflect governance aligned with a population where 64% are under 25 years old. Conversely, Cameroon remains governed by an aging political class, exemplified by Paul Biya, 91, in power since 1982, and Marcel Niat Njifenji, 89, Senate President. This paper explores the implications of this generational disparity in governance between the two countries, leveraging demographic, sociopolitical data and academic studies.
Keywords
Youth, generational governance, Senegal, Cameroon, leadership, demographics, political innovation, El Malick Ndiaye, Diomaye Faye, Ousmane Sonko.
Introduction
La gouvernance contemporaine en Afrique pose une question cruciale : l’âge des dirigeants reflète-t-il les aspirations des populations jeunes ? Le Sénégal s’impose comme un exemple d’adaptation générationnelle, avec des figures telles qu’El Malick Ndiaye (41 ans), président de l’Assemblée nationale, Diomaye Faye (44 ans), président de la République, et Ousmane Sonko (50 ans), Premier ministre.
Face à cette dynamique, le Cameroun reste ancré dans une gouvernance vieillissante, illustrée par Paul Biya (91 ans), Marcel Niat Njifenji (89 ans) et Cabaye Yeguié Dibril. Cette disparité soulève des interrogations sur les impacts d’un leadership jeune par rapport à un leadership âgé, en termes d’innovation politique, de participation citoyenne et de représentativité.
Cet article explore ces enjeux en comparant le Sénégal et le Cameroun, à travers une analyse approfondie des données démographiques et des réalités politiques.
I. La Jeunesse au Pouvoir au Sénégal : Un Changement de Paradigme
1. El Malick Ndiaye, un symbole de renouveau
À 41 ans, El Malick Ndiaye est devenu en 2024 le plus jeune président de l’Assemblée nationale du Sénégal depuis l’indépendance. Ancien économiste et militant pour la transparence institutionnelle, il incarne une génération de leaders marquée par la modernité.
2. Un exécutif jeune et homogène
• Diomaye Faye, président de la République, 44 ans : avocat de formation, il s’est imposé comme un défenseur de la justice sociale et de la réforme institutionnelle.
• Ousmane Sonko, Premier ministre, 50 ans : ancien inspecteur des impôts, connu pour son franc-parler et son combat contre la corruption.
3. Alignement avec une démographie jeune
Selon les données de l’ONU (2023), 64 % de la population sénégalaise a moins de 25 ans, et la médiane d’âge est de 19 ans. Cette jeunesse se reflète désormais dans un leadership politique, favorisant une meilleure inclusion et des politiques publiques adaptées.
4. Réformes en cours
Depuis leur arrivée, ces dirigeants ont lancé entre autres :
• Des programmes d’entrepreneuriat pour les jeunes.
• Une digitalisation accrue de l’administration publique.
• Un soutien massif à l’éducation technique et à la santé reproductive.
II. Le Cameroun : Un Leadership Vieillissant, une Gouvernance en Déphasage
1. Une élite vieillissante aux commandes
• Paul Biya, 91 ans, président depuis 1982 : au pouvoir depuis plus de 42 ans, il est l’un des chefs d’État les plus âgés et les plus anciens en fonction dans le monde.
.Cavayé Yeguié Djibril, né le 1er janvier 1940 à Mada I, président de l’Assemblée nationale depuis 1992 ,.
• Marcel Niat Njifenji, président du Sénat, 89 ans : ancien ingénieur et figure de l’élite politique camerounaise depuis des décennies.
2. Un contraste frappant avec la démographie nationale
Selon la Banque mondiale (2023), le Cameroun partage une structure démographique similaire au Sénégal, avec une médiane d’âge de 18,7 ans et 62 % de la population âgée de moins de 25 ans. Malgré cela, l’écart générationnel entre les dirigeants et les citoyens reste massif.
3. Conséquences pour la gouvernance
• Une faible participation des jeunes aux décisions publiques.
• Des politiques souvent perçues comme déconnectées des réalités de la jeunesse.
• Une lenteur dans l’adoption des innovations technologiques et des réformes institutionnelles.
III. Gouverner par Génération : Avantages et Défis
1. Les atouts du leadership jeune
• Adaptabilité : Compréhension des enjeux contemporains tels que la technologie et l’environnement.
• Mobilisation : Capacité à engager une jeunesse souvent marginalisée dans le processus décisionnel.
• Innovation : Introduction de nouvelles idées et approches dans la gestion publique.
2. Les défis du rajeunissement
• Manque d’expérience : Les jeunes leaders peuvent commettre des erreurs stratégiques par manque de recul.
• Fragilité institutionnelle : Le renouvellement doit s’accompagner d’une stabilité institutionnelle pour éviter des ruptures brutales.
3. L’équilibre générationnel idéal
Les systèmes politiques doivent s’appuyer sur une diversité générationnelle, combinant la créativité des jeunes et l’expérience des aînés pour une gouvernance optimale.
2. Implications pour les politiques publiques
Au Sénégal, la jeunesse au pouvoir favorise des initiatives telles que :
• L’entrepreneuriat digital.
• Les réformes dans le système éducatif.
Au Cameroun, l’inertie politique empêche souvent une réponse adéquate aux défis des jeunes, tels que le chômage ou l’accès aux services sociaux.
Conclusion
Le Sénégal démontre qu’une gouvernance en phase avec sa jeunesse peut catalyser l’innovation et renforcer la participation citoyenne. À l’inverse, le Cameroun illustre les défis d’un leadership vieillissant face à une société jeune. Cette analyse invite à repenser la place des jeunes dans la gouvernance en Afrique, dans un contexte où l’âge des dirigeants influence directement l’efficacité des politiques publiques.
Bibliographie
1. Institut national de la statistique du Sénégal. Rapport démographique 2023. Dakar, Sénégal.
2. Banque mondiale. Perspectives démographiques et économiques de l’Afrique. 2023.
3. Mbaye, Fatou. Jeunesse et politique en Afrique de l’Ouest. Paris : L’Harmattan, 2020.
4. Bayart, Jean-François. L’État en Afrique : La politique du ventre. Paris : Fayard, 1989.
5. ONU Afrique. La jeunesse africaine et les objectifs de développement durable. 2022.
6. Mbembe, Achille. Critique de la raison nègre. Paris : La Découverte, 2013.
L’inauguration par Paul Biya du Palais des sports de Yaoundé, construit par les Chinois, contraste fortement avec l’absence d’une cérémonie similaire pour le siège flambant neuf de l’Assemblée nationale, également bâti par la Chine. Ce choix soulève des interrogations sur la perception et la crédibilité de l’institution parlementaire au Cameroun. S’agit-il d’un désaveu du président de l’Assemblée ou d’une crise plus profonde de la représentativité et du fonctionnement de l’institution ? En analysant les symboles et implications politiques de cet acte, cet article explore les tensions qui minent le parlement camerounais et leur portée pour la gouvernance nationale.
Mots Clés:
Abstract
Paul Biya’s inauguration of the Yaoundé Sports Complex, built by the Chinese, starkly contrasts with his omission of a similar ceremony for the brand-new National Assembly building, also constructed by China. This decision raises questions about the perception and credibility of the parliamentary institution in Cameroon. Is this a snub to the Speaker of the Assembly, or a reflection of a deeper crisis in the institution’s representativeness and functioning? By analyzing the symbolic and political implications of this act, this article delves into the tensions undermining Cameroon’s parliament and their impact on national governance.
Assemblée Nationale Cameroun
1. Le Parlement Camerounais : Une Institution Fragilisée
L’Assemblée nationale est censée incarner la souveraineté populaire selon l’article 1 de la Constitution camerounaise. Cependant, cette institution, comme beaucoup d’autres parlements africains, est confrontée à une faiblesse structurelle qui entrave son rôle.
1.1. Absence d’Indépendance
Le parlement camerounais est largement dominé par le parti au pouvoir, le RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais), qui détient une majorité écrasante depuis plusieurs décennies. En conséquence, son rôle législatif est souvent réduit à un appui mécanique aux décisions présidentielles. Comme l’écrit Jean-François Bayart dans L’État en Afrique : La politique du ventre (1989) :
« Les institutions parlementaires en Afrique ne sont souvent que des vitrines permettant de légitimer les décisions d’un exécutif omnipotent. »
Un exemple frappant est l’adoption systématique des lois budgétaires sans véritable débat parlementaire. En 2023, par exemple, la loi de finances a été adoptée en moins de deux semaines, une rapidité qui traduit un manque d’examen critique.
1.2. Déficit de Légitimité
Les taux de participation aux élections législatives sont en constante baisse. Lors des élections de 2020, la participation nationale n’a été que de 43 %, et certaines régions, notamment anglophones, ont enregistré des taux inférieurs à 15 %, en raison de la crise sociopolitique qui secoue ces zones. Ce faible taux de participation témoigne d’une désaffection croissante envers une institution perçue comme éloignée des préoccupations citoyennes.
Un parallèle peut être établi avec d’autres parlements africains : en Côte d’Ivoire, le parlement de Laurent Gbagbo, avant la crise de 2010, faisait face à des accusations similaires d’être une chambre d’enregistrement. La crise politique qui en a découlé a montré à quel point le manque de légitimité d’une institution peut miner la stabilité nationale.
2. Un Désaveu Personnel ou Institutionnel ?
L’absence d’inauguration du siège de l’Assemblée nationale par Paul Biya peut être interprétée sous deux angles complémentaires :
2.1. Un Désaveu du Président de l’Assemblée
Cavaye Yéguié Djibril, qui préside l’Assemblée nationale depuis 1992, est devenu un symbole de la stagnation institutionnelle. Sa longévité à ce poste illustre une politisation excessive et un manque de renouvellement des élites parlementaires. Dans un contexte où la société civile demande davantage de transparence et de diversité politique, Cavaye est régulièrement critiqué pour son alignement inconditionnel avec l’exécutif.
Comme l’écrit Achille Mbembe dans On the Postcolony (2001) :
« Les élites politiques africaines maintiennent leur position non pas en modernisant les institutions, mais en consolidant des structures de domination qui aliènent les citoyens. »
L’absence d’inauguration pourrait donc traduire une volonté de Paul Biya de marquer une distance avec Cavaye, même si cela n’implique pas nécessairement une rupture.
2.2. Une Crise Institutionnelle Profonde
Au-delà des individus, le parlement camerounais souffre d’une crise structurelle. En ne lui accordant pas l’importance symbolique qu’il réserve à des infrastructures comme le Palais des sports, Paul Biya semble refléter un consensus tacite sur l’inutilité relative de l’Assemblée dans le processus décisionnel.
Des précédents historiques appuient cette lecture. En République démocratique du Congo sous Mobutu, l’Assemblée nationale était surnommée « la caisse de résonance », en référence à son rôle passif. Cette absence de pouvoir réel a contribué à l’effondrement institutionnel du régime dans les années 1990.
3. Le Symbolisme de l’Acte et Ses Implications
L’absence d’inauguration est un acte chargé de symboles. En analysant les messages implicites qu’il véhicule, plusieurs implications se dégagent.
3.1. La Primauté de l’Exécutif
Dans un régime hyperprésidentialisé comme celui du Cameroun, le président concentre l’essentiel des pouvoirs. En célébrant le Palais des sports et en ignorant l’Assemblée nationale, Paul Biya renforce l’idée que les infrastructures tangibles et les projets exécutifs priment sur les espaces de débat démocratique.
Ce phénomène n’est pas unique au Cameroun. En Éthiopie, sous Haile Selassie, les institutions parlementaires étaient maintenues pour des raisons symboliques, mais elles n’avaient aucun impact réel sur les politiques publiques.
3.2. Une Vision Orientée vers l’Apparence
Le Palais des sports représente un outil de diplomatie publique : il accueille des compétitions internationales, attire des visiteurs et projette une image de modernité. En revanche, le siège de l’Assemblée nationale, bien qu’important, ne génère pas la même visibilité.
Comme le souligne Larry Diamond dans Developing Democracy: Toward Consolidation (1999) :
« Les régimes autoritaires tendent à privilégier les réalisations spectaculaires qui masquent leur déficit démocratique. »
En inaugurant le Palais des sports, Paul Biya mise sur des infrastructures qui valorisent son image, plutôt que sur celles qui renforcent les institutions démocratiques.
Conclusion : Une Institution à Réinventer
L’omission de l’inauguration du siège de l’Assemblée nationale par Paul Biya illustre une crise institutionnelle plus large au Cameroun. Si le Palais des sports brille par son éclat, l’Assemblée nationale incarne une stagnation politique et un déficit démocratique.
Ce geste met en lumière un problème récurrent en Afrique : la mise à l’écart des institutions démocratiques au profit d’un exécutif omniprésent. Pour restaurer la confiance dans le parlement camerounais, des réformes profondes sont nécessaires : renouvellement des élites, indépendance accrue et mécanismes de reddition des comptes. En l’absence de telles initiatives, le parlement risque de rester une institution marginalisée, incapable de jouer son rôle dans la construction démocratique.
Bibliographie
1. Bayart, Jean-François. L’État en Afrique : La politique du ventre. Fayard, 1989.
Nouvelle bâtisse de l’Assemblée Nationale construite par la Chine
Résumé
L’inauguration du nouveau bâtiment de l’Assemblée nationale camerounaise, construit par la Chine, illustre un engagement continu de Beijing dans les infrastructures africaines. Toutefois, une analyse comparative des investissements chinois en Afrique subsaharienne met en évidence un retard notable au Cameroun. Ce décalage découle principalement de la méconnaissance des mécanismes géopolitiques chinois et de la faiblesse institutionnelle de l’administration camerounaise. Cet article analyse la situation en profondeur, en s’appuyant sur des statistiques récentes et des références académiques pour comparer les investissements chinois au Cameroun avec ceux réalisés dans d’autres pays comme l’Éthiopie ou l’Angola, et propose des pistes pour une coopération bilatérale plus efficace.
Mots clés: Chine, Cameroun, investissement chinois, géopolitique, Afrique subsaharienne, infrastructures, Assemblée nationale camerounaise
Abstract: The inauguration of Cameroon’s new National Assembly building, constructed by China, underscores Beijing’s sustained interest in African infrastructure. However, comparative analysis of Chinese investments in sub-Saharan Africa reveals Cameroon’s significant lag. This gap arises from inadequate understanding of Chinese geopolitical mechanisms and the weaknesses in Cameroon’s institutions. This article thoroughly examines the situation, utilizing recent statistics and academic references to compare Chinese investments in Cameroon with those in countries such as Ethiopia and Angola. It also offers insights on how to foster more effective bilateral cooperation.
Keywords: China, Cameroon, Chinese investment, geopolitics, sub-Saharan Africa, infrastructure, National Assembly building.
Pr Jimmy Yab et S.E. Wang Yi, Ministre des Affaires étrangères chinois
Introduction
L’inauguration du nouveau bâtiment de l’Assemblée nationale camerounaise, financé et construit par la République populaire de Chine, a eu lieu le 30 novembre 2024. Ce bâtiment moderne, d’une valeur estimée à 56 milliards de FCFA, symbolise la relation de longue date entre Beijing et Yaoundé. Pourtant, au-delà de cet acte diplomatique, se cache une réalité troublante : le Cameroun peine à capitaliser sur son partenariat avec la Chine. Tandis que d’autres pays africains comme l’Éthiopie, l’Angola ou encore le Kenya enregistrent des volumes d’investissements massifs et stratégiques, le Cameroun semble confiné à des projets symboliques. Pourquoi cette différence ? Ce retard s’explique par plusieurs facteurs, notamment l’absence d’une stratégie nationale cohérente et un déficit de connaissances sur les mécanismes de la coopération sino-africaine. Cet article s’interroge sur les causes profondes de cette stagnation et propose des pistes pour réorienter la relation sino-camerounaise vers une trajectoire plus ambitieuse.
Les investissements chinois au Cameroun : état des lieux
Les relations sino-camerounaises ont pris de l’ampleur depuis le début des années 2000, à la faveur de l’expansion de la diplomatie économique chinoise en Afrique. Parmi les projets phares, on peut citer le port en eau profonde de Kribi, réalisé grâce à un prêt de 1,3 milliard de dollars octroyé par Exim Bank China, et le barrage hydroélectrique de Memve’ele, qui a coûté environ 850 millions de dollars. Ces infrastructures visent à moderniser les capacités du Cameroun, mais leur impact économique reste limité en raison d’une gestion inefficace et d’une faible intégration dans les chaînes de valeur locales.
En termes de chiffres, le Cameroun a reçu environ 5 milliards de dollars d’investissements directs chinois entre 2000 et 2023, représentant moins de 3 % du total des investissements chinois en Afrique subsaharienne, estimé à 153 milliards de dollars sur la même période (Brautigam, 2019). À titre de comparaison, l’Angola a capté environ 42 milliards de dollars, tandis que l’Éthiopie en a reçu 16 milliards, principalement dans des secteurs productifs comme l’industrie et les transports (IMF, 2023). Cette différence illustre non seulement une volonté stratégique différente de la part de Beijing, mais aussi une incapacité du Cameroun à proposer des projets d’envergure répondant aux priorités chinoises.
Comparaison avec d’autres pays d’Afrique subsaharienne
L’Éthiopie représente un modèle exemplaire de coopération avec la Chine. Ce pays a su aligner ses priorités nationales avec la stratégie chinoise de la Belt and Road Initiative (BRI). Le chemin de fer Addis-Abeba-Djibouti, financé à hauteur de 3,4 milliards de dollars par la Chine, a permis de réduire de moitié le coût et le temps de transport des marchandises entre les deux pays (World Bank, 2024). En parallèle, des parcs industriels comme celui de Hawassa, soutenus par des financements chinois, ont attiré des investisseurs étrangers et créé des milliers d’emplois.
En Angola, la Chine a joué un rôle clé dans la reconstruction post-guerre civile, notamment grâce à un mécanisme novateur de prêts garantis par le pétrole. Ce pays a bénéficié de plus de 500 projets financés par Beijing, allant des infrastructures routières aux hôpitaux, renforçant ainsi sa capacité à diversifier son économie (Mohan & Lampert, 2013).
En revanche, au Cameroun, les projets sont souvent perçus comme des « éléphants blancs ». Le port de Kribi, par exemple, fonctionne bien en deçà de sa capacité maximale en raison d’un manque de connexions ferroviaires et d’infrastructures logistiques appropriées. Cela reflète une planification déficiente et un manque d’intégration dans les réseaux régionaux.
Les raisons du retard camerounais
Plusieurs facteurs expliquent le faible niveau d’investissements chinois au Cameroun, malgré un potentiel évident :
Faiblesse institutionnelle : Contrairement à des pays comme l’Éthiopie, où les projets sont intégrés dans un plan national de développement, le Cameroun manque d’une stratégie claire pour maximiser les opportunités offertes par la Chine.
Méconnaissance des mécanismes chinois : L’administration camerounaise reste mal équipée pour naviguer dans la complexité des financements chinois, qui requièrent souvent des propositions bien documentées et alignées avec les objectifs de la BRI.
Absence de leadership stratégique : Les responsables camerounais se concentrent souvent sur des projets symboliques, sans prendre en compte leur rentabilité économique ou leur durabilité à long terme.
En outre, les fonctionnaires chargés de négocier avec Beijing manquent souvent de formation spécifique en géopolitique chinoise. La Chine fonctionne selon des priorités stratégiques précises, basées sur le développement des infrastructures régionales et l’intégration économique. Sans une compréhension claire de ces dynamiques, le Cameroun risque de rester un partenaire secondaire dans les plans chinois pour l’Afrique.
Vers une coopération plus efficace
L’invitation officielle adressée au président de l’Association d’amitié Chine-Cameroun et de l’Observatoire Chine-Afrique francophone, Pr. JIMMY YAB, pour participer aux célébrations marquant le 75ᵉ anniversaire de la République populaire de Chine et le 70ᵉ anniversaire de l’Association du peuple chinois pour l’amitié avec les étrangers (CPAFFC) est un signe clair de la volonté de Beijing de renforcer ses relations avec le Cameroun. Cet événement, qui s’est tenu sous le thème « Approfondir l’amitié populaire sino-étrangère et promouvoir une communauté de destin pour l’humanité », met en lumière l’importance d’une diplomatie centrée sur les échanges culturels, économiques et stratégiques.
1. Mieux intégrer les mécanismes de la diplomatie chinoise
La Chine privilégie une approche multilatérale qui s’appuie sur des organisations comme la CPAFFC pour bâtir des relations bilatérales solides. Cependant, le Cameroun doit apprendre à tirer parti de ces plateformes en participant activement aux dialogues et en proposant des projets alignés sur les priorités stratégiques chinoises. Les objectifs de Beijing dans la région incluent notamment :
Le développement des infrastructures transnationales pour intégrer les économies régionales.
La promotion de zones économiques spéciales (ZES) pour stimuler l’industrialisation.
Le renforcement des échanges culturels et académiques pour favoriser la compréhension mutuelle.
Recommandation : Créer un Comité permanent pour la coopération sino-camerounaise, sous l’égide de l’Association d’amitié Chine-Cameroun. Ce comité pourrait servir de plateforme pour identifier et prioriser des projets à soumettre aux instances chinoises, tout en veillant à ce qu’ils soient conformes aux besoins du Cameroun et aux orientations stratégiques de la Chine.
2. Capitaliser sur le rôle des échanges culturels et associatifs
Le rôle de la CPAFFC dans la diplomatie chinoise va au-delà des relations étatiques. Son approche consiste à établir des ponts via les associations et organisations de la société civile. Cette méthode permet d’élargir les perspectives de coopération en touchant directement les populations. En tant que président de l’Observatoire Chine-Afrique francophone, vous êtes bien placé pour utiliser cette invitation comme levier afin de :
Renforcer les relations interculturelles entre les deux pays par des programmes d’échange.
Organiser des séminaires et conférences sur le rôle des relations sino-africaines dans un contexte multipolaire.
Proposer des projets de recherche collaborative entre les universités camerounaises et chinoises sur des thèmes comme l’agriculture durable, la technologie ou la santé publique.
Exemple concret : En Éthiopie, les universités chinoises ont financé des programmes de formation en ingénierie pour former des cadres locaux capables de gérer les infrastructures financées par la Chine. Une telle initiative pourrait être répliquée au Cameroun.
3. Développer une stratégie nationale alignée sur la Belt and Road Initiative (BRI)
La BRI, initiative phare de la Chine, repose sur un réseau mondial d’infrastructures visant à stimuler le commerce et la connectivité. Malgré l’adhésion du Cameroun à ce programme, le pays reste absent des corridors majeurs de la BRI en Afrique. Par exemple, l’Éthiopie et Djibouti bénéficient de projets de transport intégrés qui facilitent le commerce intra-africain et avec l’Asie, tandis que le Cameroun n’a pas encore exploité son potentiel de hub régional.
Proposition stratégique :
Réhabiliter les corridors logistiques reliant le port de Kribi au Tchad et à la République centrafricaine.
Intégrer le Cameroun dans les chaînes de valeur régionales en développant des zones économiques spéciales soutenues par des financements chinois.
Favoriser les investissements dans des projets verts (énergies renouvelables, reboisement, etc.) pour aligner les priorités nationales avec les engagements environnementaux de la Chine.
4. Former une nouvelle génération de cadres en géopolitique chinoise
La compréhension des priorités chinoises exige des compétences spécifiques que la plupart des fonctionnaires camerounais ne possèdent pas actuellement. Il est donc impératif de former une nouvelle génération de cadres, non seulement dans la langue et la culture chinoises, mais aussi dans la géopolitique et les mécanismes de financement de la Chine.
Action immédiate : Collaborer avec la CPAFFC pour mettre en place un programme de formation continue destiné aux fonctionnaires et cadres du secteur privé, incluant des modules sur :
Les mécanismes de financement des banques chinoises (Exim Bank, Banque chinoise de développement).
Les principes de négociation des accords bilatéraux dans le cadre de la BRI.
L’utilisation des forums sino-africains (FOCAC) pour attirer des investissements stratégiques.
Conclusion
L’invitation de la CPAFFC au 75ᵉ anniversaire de la République populaire de Chine représente une opportunité unique pour le Cameroun de réévaluer et de renforcer sa coopération avec Beijing. En utilisant cette plateforme, le Cameroun peut s’inspirer des succès d’autres pays africains pour proposer des projets ambitieux, diversifier ses partenariats, et former une nouvelle génération de leaders capables de naviguer dans la complexité des relations sino-africaines. En combinant diplomatie culturelle et stratégie économique, le Cameroun pourrait devenir un acteur majeur de la coopération sino-africaine au XXIᵉ siècle.
Diagramme de chronologie de la réorganisation fédérale du Cameroun dès 2026
Résumé
Cet article jette les jalons d’une analyse des réformes législatives et constitutionnelles nécessaires pour établir une fédération fonctionnelle au Cameroun, en s’inspirant du modèle proposé par Jimmy Yab et Vincent Nkong-Njock dans leur ouvrage Construction d’un État Développementaliste Communautaire : Le Cameroun. Le diagramme chronologique fourni, renforce la faisabilité de cette transition en quatre grandes régions fédérées. L’objectif est d’évaluer les étapes critiques, d’identifier les défis institutionnels et politiques, et de suggérer une méthodologie réaliste pour transformer cette vision ambitieuse en un projet applicable à court et à moyen terme.
Mots-clés
Fédéralisme, réformes constitutionnelles, Cameroun, chronologie, faisabilité, gouvernance, développement local, diagramme de séquences législatives, diagramme de chronologie, EDC, État Développementaliste Communautaire, Grand Nord, Grand Sud, Grand Littoral, et Grand Ouest.
Introduction
La vision de fédéralisation du Cameroun en quatre grandes régions fédérées à savoir: Grand Nord, Grand Sud, Grand Littoral, et Grand Ouest, développée par Jimmy Yab et Vincent Nkong-Njock, vise à résoudre des problématiques structurelles liées à la gouvernance centralisée, aux inégalités régionales et aux tensions intercommunautaires. Si leur proposition théorique présente des arguments convaincants en faveur d’une gestion décentralisée et communautaire, sa mise en œuvre nécessite un cadre institutionnel solide et une planification minutieuse. Cet article jette les jalons d’une analyse des réformes législatives détaillées dans leur projet, les contextualise par rapport aux réalités sociopolitiques du Cameroun, et présente une chronologie pour rendre cette transition réalisable à moyen et à court terme.
Réformes législatives et constitutionnelles proposées
Jimmy Yab et Vincent Nkong-Njock identifient plusieurs réformes fondamentales pour assurer le passage du Cameroun à un système fédéral. Ces réformes se déclinent en trois axes principaux :
Diagramme de séquence sur les réformes législatives et constitutionnelles en vue de l’Etat Fédéré
1. Révision de la Constitution
La Constitution actuelle du Cameroun centralise les pouvoirs exécutifs, législatifs et financiers à Yaoundé. Une révision constitutionnelle est nécessaire pour :
Redéfinir les compétences des régions et de l’État central.
Établir une autonomie budgétaire et législative des régions fédérées.
Inscrire les droits des citoyens à une gouvernance locale participative dans la loi fondamentale.
2. Adoption de lois organiques
Pour opérer cette transition, des lois organiques spécifiques doivent être adoptées pour :
Réglementer les relations entre l’État central et les gouvernements régionaux.
Définir les mécanismes de partage des ressources naturelles et fiscales entre les régions.
Créer des institutions de suivi, telles que des conseils interrégionaux, pour garantir une coordination entre les entités fédérées.
3. Renforcement de la justice constitutionnelle
La mise en place d’un modèle fédéral nécessite une Cour constitutionnelle autonome capable d’arbitrer les conflits entre les régions et l’État central. Cela passe par la révision des mandats et du fonctionnement des institutions judiciaires actuelles pour garantir leur indépendance et leur impartialité.
Analyse de la chronologie et des séquences
Diagramme de chronologie
1. Chronologie des réformes : Une transition en étapes (2026-2030)
Le diagramme de chronologie met en évidence une transition progressive vers une réorganisation fédérale à partir de 2026. Cette période est divisée en trois phases principales :
Phase 1 : Sensibilisation et diagnostic (2026) Cette phase consiste à mobiliser les parties prenantes nationales et locales pour identifier les faiblesses du système centralisé actuel. Les débats publics et consultations populaires sont essentiels pour garantir l’adhésion des citoyens et des institutions à la réforme (Rodríguez-Pose, 2013).
Phase 2 : Réformes législatives et constitutionnelles (2027-2028) Cette phase implique la révision de la Constitution pour intégrer les structures fédérales et redéfinir les compétences des régions et du gouvernement central. Des lois spécifiques devront être adoptées pour garantir l’autonomie budgétaire et administrative des régions, tout en maintenant une cohésion nationale (Oyedele, 2016).
Phase 3 : Mise en œuvre et ajustement (2029-2030) La dernière phase inclut l’installation des gouvernements régionaux et l’ajustement des politiques publiques en fonction des spécificités locales. Des mécanismes de suivi seront essentiels pour évaluer l’impact de la réforme sur le développement régional.
Défis et opportunités
Défis majeurs :
Opposition politique : Les partis favorables à un système centralisé pourraient s’opposer aux réformes, nécessitant un dialogue inclusif.
Capacités institutionnelles : La mise en œuvre effective dépendra de la capacité des institutions locales à assumer de nouvelles responsabilités.
Risques de fragmentation : Une autonomie accrue pourrait exacerber les revendications indépendantistes dans certaines régions.
Opportunités :
Renforcement de la gouvernance locale : Le fédéralisme peut améliorer la participation citoyenne et la responsabilisation des autorités locales.
Développement économique équilibré : Une gestion régionale des ressources naturelles favorisera une répartition équitable des richesses (Ndoye & Kaimowitz, 2000).
Cohésion sociale : En répondant aux besoins spécifiques de chaque région, la réforme pourrait réduire les tensions intercommunautaires.
Conclusion
La réorganisation fédérale du Cameroun, telle qu’envisagée par Jimmy Yab et Vincent Nkong-Njock, représente une opportunité majeure de transformation institutionnelle. Le succès de ce projet repose sur une mise en œuvre méthodique des réformes législatives et constitutionnelles, comme illustré dans les diagrammes de chronologie et de séquence. En adoptant un modèle fédéral adapté, le Cameroun pourrait devenir un exemple de gouvernance inclusive et de développement communautaire en Afrique. Toutefois, pour atteindre cet objectif, une mobilisation collective des citoyens et des institutions est indispensable.
Références
Konings, P., & Nyamnjoh, F. B. (2003). Negotiating an Anglophone Identity: A Study of the Politics of Recognition and Representation in Cameroon. Brill.
Ndoye, O., & Kaimowitz, D. (2000). « Macroeconomics, Markets, and the Sustainability of Management in the Congo Basin. » CIFOR Papers.
Oyedele, D. (2016). « Federalism and the Challenges of Development in Africa. » Journal of African Studies.
Rodríguez-Pose, A. (2013). « Do Institutions Matter for Regional Development? » Regional Studies.
Résumé Cet article explore la proposition de réorganisation territoriale du Cameroun en quatre grandes régions fédérées, telle que présentée par Jimmy Yab et Vincent Nkong Njock dans leur ouvrage Construction d’un État Développementaliste Communautaire : Le Cameroun. Le modèle proposé vise à renforcer la gouvernance locale, gérer la diversité ethnique et promouvoir un développement économique équilibré. Chaque région fédérée est étudiée sous l’angle de ses caractéristiques démographiques, économiques, défis majeurs et avantages attendus du fédéralisme. Cette réorganisation ambitionne de répondre aux défis structurels et sociaux tout en favorisant une répartition équitable des ressources et un développement inclusif.
Mots-clés : Cameroun, fédéralisme, État Développementaliste Communautaire (EDC),diversité ethnique, gouvernance locale, développement durable, Grand Sud, Grand Nord, Grand Littoral, Grand Ouest.
NB : Les ethnies mentionnées dans cet article sont données à titre indicatif et ne constituent pas une liste exhaustive pour chacune des grandes régions.
Introduction
La gestion de la diversité ethnique et des défis sociopolitiques au Cameroun reste un enjeu crucial pour garantir la stabilité et le développement. Face aux tensions croissantes et aux disparités économiques, Jimmy Yab et Vincent Nkong Njock proposent une réorganisation territoriale dans leur livre Construction d’un État Développementaliste Communautaire : Le Cameroun. Cet article explore cette proposition, qui suggère de regrouper les dix régions actuelles en quatre grandes régions fédérées : le Grand Sud, le Grand Nord, le Grand Littoral et le Grand Ouest.
Contexte et cadre théorique
Le modèle de l’État développementaliste communautaire s’appuie sur les théories de gouvernance participative et de développement régional (Rodríguez-Pose, 2013). Il combine une décentralisation politique avec une gestion intégrée des ressources pour promouvoir l’équité et l’efficacité. Ce cadre théorique s’inspire également des expériences réussies de fédéralisme en Afrique (Oyedele, 2016), de l’Etat developpementaliste de l’Asie de l’Est (Yab, 2020) et du régime communitarisme de l’Afrique Subsaharienne.
Les quatre grandes régions
Organisation des Quatre Grandes Régions Fédérées
Grand Sud : Diversité et richesses naturelles
Caractéristiques démographiques Le Grand Sud regroupe les régions du Centre, du Sud et de l’Est, caractérisées par une population majoritairement bantoue. Les principales ethnies incluent les Beti, Bassas, Ewondo, Fangs, Maka, et les Gbaya, etc.. ainsi que les Pygmées, souvent marginalisés. Ces groupes vivent dans une mosaïque culturelle complexe qui reflète la diversité du Cameroun, surnommé « l’Afrique en miniature ». La région abrite également la capitale, Yaoundé, un centre urbain en pleine expansion. Ce territoire, bien que riche en diversité culturelle, est marqué par une dynamique migratoire importante, en raison des opportunités économiques à Yaoundé et des activités agro-industrielles dans les zones rurales. Cette population diversifiée constitue une richesse, mais aussi un défi pour une gouvernance inclusive.
Atouts économiques Le Grand Sud est une région dotée d’immenses ressources naturelles, notamment des forêts tropicales, des réserves minières de bauxite et de cobalt, et des hydrocarbures en exploitation offshore. La région est également l’un des principaux producteurs de cultures de rente comme le cacao, le café et la banane, qui contribuent significativement au PIB national. En outre, les ressources forestières génèrent des revenus importants grâce à l’exportation de bois, bien que leur exploitation soit parfois entachée par des pratiques illégales. Avec son climat favorable à l’agriculture, cette région possède un potentiel énorme pour la diversification économique, notamment à travers l’agroforesterie et l’écotourisme, encore sous-développés.
Défis Cependant, la région est confrontée à des défis majeurs. La déforestation rapide menace les écosystèmes et les moyens de subsistance des populations locales, notamment les Pygmées, qui dépendent des forêts. L’exploitation minière et forestière, souvent peu réglementée, conduit à des conflits fonciers et à des dégradations environnementales significatives. Par ailleurs, la corruption et une gestion inadéquate des revenus issus de ces ressources perpétuent les inégalités sociales et régionales. Ces défis entravent le développement durable et mettent en évidence la nécessité d’une meilleure gouvernance et de mécanismes de transparence.
Avantages du fédéralisme Le passage à un modèle fédéral offrirait au Grand Sud une autonomie accrue, permettant aux autorités locales de mieux gérer leurs ressources naturelles et d’élaborer des politiques adaptées aux réalités locales. Cela permettrait également de renforcer la participation citoyenne dans la prise de décisions, tout en encourageant une gestion environnementale plus responsable. Une répartition équitable des revenus issus des ressources naturelles contribuerait à réduire les inégalités et à favoriser un développement socio-économique équilibré dans la région.
Grand Nord : Résilience face aux défis sécuritaires et climatiques
Caractéristiques démographiques Le Grand Nord regroupe les régions de l’Extrême-Nord, du Nord et de l’Adamaoua, qui se distinguent par leur diversité ethnique. Les Peuls, Kanuri, Toupouri et Kirdi, etc…composent les principaux groupes, avec des traditions culturelles et sociales variées. La région de l’Extrême-Nord, particulièrement densément peuplée, est un carrefour commercial majeur. En revanche, l’Adamaoua, moins peuplée, agit comme une zone de transition géographique et culturelle entre le Nord et le Sud. Cette diversité ethnique est une force pour le Grand Nord, mais elle est aussi source de tensions liées aux ressources limitées et aux conflits intercommunautaires.
Atouts économiques Le Grand Nord est une région à forte vocation agro-pastorale. L’agriculture y est orientée vers les cultures vivrières (mil, sorgho, arachides) et la production de coton, qui est une source clé de devises pour le pays. L’élevage de bovins, caprins et camélidés constitue également une activité économique majeure, en particulier dans l’Adamaoua, surnommée la « ceinture de l’élevage ». Par ailleurs, la région possède des potentialités inexploitées dans les secteurs minier et énergétique. Le développement de l’agriculture irriguée pourrait transformer cette région en un moteur agricole pour le Cameroun.
Défis Le Grand Nord fait face à des défis cruciaux, notamment l’insécurité provoquée par Boko Haram dans l’Extrême-Nord. Les attaques terroristes ont entraîné des déplacements de population, des perturbations économiques et un climat de peur. De plus, la région est particulièrement vulnérable aux changements climatiques, avec des sécheresses prolongées et des inondations récurrentes. Ces phénomènes affectent directement la productivité agricole et aggravent la pauvreté. Les tensions ethniques et foncières exacerbent ces défis, rendant la stabilité et le développement difficiles.
Avantages du fédéralisme Une organisation fédérale permettrait au Grand Nord de renforcer ses capacités à gérer ses défis locaux en adaptant les politiques à ses besoins spécifiques. L’autonomie accrue donnerait aux dirigeants locaux les moyens de lutter contre l’insécurité, de promouvoir des pratiques agricoles résilientes au climat et de développer des infrastructures adaptées. En outre, cela favoriserait la stabilité et renforcerait la confiance des populations envers les institutions locales.
Vincent Nkong -Njock et Jimmy Yab
Grand Littoral : Pôle économique et multiculturalisme
Caractéristiques démographiques Le Grand Littoral regroupe les régions du Littoral, du Sud-Ouest et des départements du Nyong- et – Kéllé et de l’Ocean, incluant des départements francophones et anglophones. Douala, la capitale économique, est le cœur de cette région cosmopolite, attirant des populations variées grâce à ses opportunités économiques. Cette diversité linguistique et culturelle est à la fois une richesse et une source de tensions, particulièrement dans le contexte de la crise anglophone. La cohabitation des communautés Bakoko, Bassa, Douala, Bakweri, les Sawa en general, crée une dynamique culturelle complexe, nécessitant des mécanismes de gestion interculturelle efficaces.
Atouts économiques Le Grand Littoral est le principal pôle économique du Cameroun, abritant le port de Douala, qui gère la majorité des importations et exportations nationales. La région est également riche en hydrocarbures offshore, avec des infrastructures pétrolières modernes. En outre, le développement des ports de Kribi et de Limbé renforce le rôle stratégique de cette région. Parallèlement, le secteur industriel et commercial y est florissant, avec une concentration d’entreprises locales et multinationales, faisant de Douala le moteur économique du Cameroun.
Défis La région fait face à des défis importants liés à la gestion des tensions linguistiques et politiques entre francophones et anglophones. La crise anglophone a amplifié ces tensions, entraînant des perturbations économiques et sociales. L’urbanisation rapide de Douala exerce une pression considérable sur les infrastructures urbaines, avec des problèmes de logement, de transport et de pollution. La gestion des conflits entre les communautés et l’équité dans le partage des ressources économiques restent des priorités pour assurer la stabilité de la région.
Avantages du fédéralisme Le fédéralisme offrirait une plateforme pour répondre aux spécificités linguistiques et culturelles de la région. Une plus grande autonomie locale permettrait d’élaborer des politiques de gestion des infrastructures et de réconciliation adaptées aux besoins des différentes communautés. Cela contribuerait également à apaiser les tensions et à promouvoir la coexistence pacifique, tout en renforçant le rôle stratégique du Grand Littoral dans l’économie nationale.
Grand Ouest : Innovation et résilience économique
Caractéristiques démographiques Le Grand Ouest, composé des régions de l’Ouest et du Nord-Ouest, se distingue par sa densité de population et sa diversité culturelle. Les principales ethnies, dont Bamileké, les Bamoun, les Mbô, les Bororo, les Tikar sont connues pour leur esprit entrepreneurial et leur dynamisme économique. Cependant, la région du Nord-Ouest, majoritairement anglophone, est marquée par des revendications politiques pour une plus grande autonomie, exacerbées par la crise anglophone. Cette situation met en lumière les défis d’intégration nationale et de gestion des différences culturelles.
Atouts économiques La région est un modèle de résilience économique grâce à son commerce florissant, ses petites et moyennes entreprises, et ses marchés animés. L’agriculture de rente, notamment la culture du café et du cacao, constitue un pilier économique majeur. L’artisanat et le tourisme culturel, autour des chefferies traditionnelles, renforcent l’économie locale. Par ailleurs, les Bamilékés se distinguent par leur capacité à investir dans l’immobilier et les réseaux commerciaux, faisant de cette région un moteur d’innovation et de croissance.
Défis Le Grand Ouest est confronté à des défis politiques et sociaux, notamment les tensions liées à la marginalisation perçue et les revendications séparatistes dans le Nord-Ouest. La crise anglophone a entraîné des violences et des déplacements de population, affectant gravement l’économie locale. En outre, la densité de population élevée exerce une pression sur les ressources naturelles et les terres arables, menaçant la durabilité environnementale.
Avantages du fédéralisme Le fédéralisme pourrait offrir au Grand Ouest une plus grande autonomie pour gérer ses défis spécifiques. En donnant plus de pouvoir aux autorités locales, il serait possible de répondre aux besoins des populations anglophones et francophones, de promouvoir la paix et de relancer les activités économiques affectées par les conflits. Cette autonomie permettrait également de renforcer les initiatives locales pour un développement inclusif et durable.
Conclusion
La proposition de réorganisation du Cameroun en quatre grandes régions fédérées repose sur une vision stratégique visant à mieux répondre aux défis démographiques, économiques et sociopolitiques du pays. Cette structure fédérale offre une opportunité de gouvernance décentralisée et inclusive, favorisant une gestion plus efficace des ressources naturelles, une réduction des tensions intercommunautaires et une promotion de la paix. Elle permettrait également d’adopter des politiques adaptées aux réalités locales, renforçant ainsi la cohésion nationale tout en respectant la diversité culturelle et linguistique.
En outre, ce modèle fédéral renforcerait l’autonomie des régions tout en maintenant l’unité nationale. Chaque région, en s’appuyant sur ses atouts spécifiques, pourrait devenir un pôle de développement économique et social. Cette transformation institutionnelle, si bien mise en œuvre, pourrait repositionner le Cameroun comme un État développementaliste communautaire exemplaire en Afrique, capable de relever les défis contemporains tout en jetant les bases d’un avenir prospère et équitable pour tous ses citoyens.
Références
Burnham, P. (1996). The Politics of Cultural Difference in Northern Cameroon. Indiana University Press.
Fanso, V. G. (1989). Cameroon History for Secondary Schools and Colleges: Colonial and Post-Colonial Periods. Macmillan Education.
Hawkins, P. (2009). « Pastoralism in the Sahel: Managing Risk in a Fragile Environment. » World Bank Papers.
Konings, P., & Nyamnjoh, F. B. (2003). Negotiating an Anglophone Identity: A Study of the Politics of Recognition and Representation in Cameroon. Brill.
Magrin, G. (2013). « The Lake Chad Basin: A Forgotten Area. » Journal of African Studies.
Ndoye, O., & Kaimowitz, D. (2000). « Macroeconomics, Markets, and the Sustainability of Management in the Congo Basin. » CIFOR Papers.
Rodríguez-Pose, A. (2013). « Do Institutions Matter for Regional Development? » Regional Studies.
Topa, G., et al. (2009). The Rainforests of Cameroon: Opportunities and Constraints. World Bank Publications.
Yab, J.,(2020). Succès des Politiques de Développement en Asie de l’Est: Étude comparative des politiques économiques de développement: Japon, Corée du Sud, Taïwan, … Malaisie, Singapour et Indonésie. (1960-1997), SUP
L’avenir démocratique du Cameroun est en jeu alors que le pays se prépare aux élections présidentielles de 2025 dans un climat de méfiance généralisée envers son organe électoral, ELECAM. Les taux alarmants de rejet des inscriptions sur les listes électorales, atteignant jusqu’à 87 % dans certaines circonscriptions, révèlent des défaillances systémiques qui menacent la crédibilité du processus électoral. Face à cette situation, le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) propose un audit international d’ELECAM, supervisé par des personnalités respectées comme l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo. Cet article explore les raisons pour lesquelles le Cameroun a un besoin urgent d’un encadrement international pour ses réformes électorales, en s’inspirant des exemples du Kenya, du Ghana et du Nigeria, tout en inscrivant les propositions du MLDC dans une vision globale pour le renouveau démocratique et la stabilité géopolitique en Afrique centrale.
Introduction : Un pays en quête d’élections crédibles
Le Cameroun traverse une crise de confiance dans son processus électoral, et les élections présidentielles de 2025 constituent un test crucial pour son intégrité démocratique. Les taux de rejet élevés des inscriptions sur les listes électorales révélés par ELECAM ont suscité des inquiétudes quant à la suppression des électeurs et à des défaillances administratives.
Dans ce contexte, le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) propose une solution audacieuse : un audit international d’ELECAM, dirigé par des figures respectées comme Olusegun Obasanjo. Cette initiative reflète l’engagement du MLDC en faveur d’un système électoral crédible et inclusif, dans le cadre de sa vision plus large d’un État développementaliste. La participation de personnalités telles qu’Obasanjo, reconnues pour leur impartialité et leur expérience en résolution de conflits électoraux, pourrait restaurer la confiance publique et ouvrir la voie à des réformes significatives. Cet article plaide pour l’urgence d’une supervision internationale afin de garantir des élections crédibles et de protéger la démocratie camerounaise.
Les échecs d’ELECAM et l’urgence d’une réforme
Liste de rejet ELECAM
1. Des taux de rejet alarmants
Les données d’ELECAM montrent des taux de rejet atteignant 87 % dans des circonscriptions comme Yaoundé 5, en grande partie en raison de défaillances dans les systèmes d’enregistrement biométrique. Ces chiffres révèlent des failles critiques dans l’infrastructure électorale du Cameroun, sapant la confiance publique dans l’équité des prochaines élections.
2. Une crise de confiance publique
Des accusations généralisées de partialité et d’incompétence contre ELECAM ont renforcé le sentiment de méfiance. Le manque de transparence dans les processus d’inscription sur les listes électorales soulève des inquiétudes concernant la suppression des électeurs, en particulier dans les bastions de l’opposition, exacerbant les tensions politiques.
3. Implications régionales et mondiales
La stabilité politique du Cameroun est essentielle pour l’Afrique centrale. Un échec électoral au Cameroun pourrait aggraver l’instabilité régionale, perturber les efforts d’intégration économique et offrir des opportunités à des groupes extrémistes comme Boko Haram pour exploiter le chaos qui en résulterait.
Pourquoi une supervision internationale est essentielle
1. Restaurer la confiance publique
La nomination d’une équipe d’audit international dirigée par des personnalités comme Olusegun Obasanjo rassurerait les Camerounais sur l’impartialité et la transparence du processus. La confiance publique est un pilier de la légitimité démocratique, et un audit international pourrait fournir la responsabilité qu’ELECAM ne garantit pas actuellement.
2. S’aligner sur les meilleures pratiques
Des nations africaines comme le Ghana et le Kenya ont démontré l’importance de la supervision internationale dans la construction de systèmes électoraux crédibles. L’adoption par le Ghana de la technologie biométrique et les réformes électorales post-crise du Kenya, toutes deux soutenues par des observateurs internationaux, servent de modèles pour le Cameroun.
3. Prévenir les crises politiques
Le transfert pacifique du pouvoir au Nigeria en 2015, facilité par la Commission électorale nationale indépendante (INEC) et soutenu par des observateurs internationaux, souligne l’importance d’élections crédibles pour prévenir l’instabilité politique. Le Cameroun doit tirer les leçons de ces exemples pour éviter les conflits électoraux susceptibles de dégénérer en troubles.
4. Tirer parti de l’expertise africaine
Les anciens dirigeants africains comme Olusegun Obasanjo apportent une expérience et une autorité morale inégalées dans la médiation électorale. Son rôle dans la résolution des crises au Libéria (2017) et au Zimbabwe (2008) démontre sa capacité à naviguer dans des environnements politiques complexes et à favoriser le consensus.
La vision du MLDC : Un plan pour la réforme électorale
La proposition du MLDC d’un audit international s’inscrit dans une stratégie plus large visant à transformer le Cameroun en un État développementaliste fondé sur la transparence et la responsabilité. Les recommandations incluent :
1. Un audit international indépendant
Le MLDC propose un audit complet des opérations d’ELECAM, dirigé par une équipe d’experts électoraux internationaux, de dirigeants africains et de représentants de la société civile. Exemple : La Commission électorale indépendante du Kenya (IEBC) a bénéficié d’une supervision similaire, qui a renforcé sa crédibilité après la crise électorale de 2007.
2. Modernisation de la technologie électorale
Pour réduire les taux de rejet, le MLDC préconise l’adoption de technologies biométriques avancées, en s’inspirant de la mise en œuvre réussie des systèmes de seconde génération au Ghana en 2020.
3. Garantir l’indépendance institutionnelle
Le MLDC insiste sur la nécessité de dépolitiser ELECAM en restructurant son modèle de gouvernance pour refléter celui de la Commission électorale indépendante d’Afrique du Sud (IEC), reconnue pour son impartialité et son professionnalisme.
4. Surveillance multipartite
Le MLDC appelle à la création d’un conseil consultatif multipartite, comprenant des représentants des partis politiques, de la société civile et des observateurs internationaux, pour surveiller les activités d’ELECAM et garantir sa responsabilité.
5. Campagnes d’éducation des électeurs
Reconnaissant l’importance de la participation citoyenne éclairée, le MLDC propose une vaste campagne d’éducation des électeurs, inspirée de l’initiative nigériane « Vote Not Fight », qui a mobilisé avec succès les jeunes pour des élections pacifiques.
Le rôle d’Olusegun Obasanjo dans la transformation électorale
La participation d’Olusegun Obasanjo à l’audit proposé serait transformative. En tant qu’ancien président du Nigeria et observateur expérimenté, Obasanjo a fait ses preuves dans la médiation des conflits électoraux et la promotion des transitions démocratiques. Sa direction garantirait que l’audit soit approfondi, impartial et crédible, établissant une nouvelle norme pour l’intégrité électorale au Cameroun.
Implications géopolitiques des réformes électorales au Cameroun
1. Stabiliser l’Afrique centrale
La stabilité du Cameroun est essentielle à l’intégration économique et politique de l’Afrique centrale. Des élections crédibles renforceraient la confiance régionale dans le leadership du Cameroun et favoriseraient la collaboration sur les initiatives de sécurité et de développement.
2. Renforcer la position du Cameroun à l’international
En adoptant une supervision internationale, le Cameroun pourrait se positionner en tant que leader de la gouvernance démocratique en Afrique. Cela attirerait des investissements étrangers et renforcerait les partenariats avec les institutions mondiales engagées dans le développement démocratique.
3. Prévenir les ingérences extérieures
Des élections transparentes réduisent la probabilité que des acteurs extérieurs exploitent l’instabilité politique à des fins stratégiques ou économiques, protégeant ainsi la souveraineté et les intérêts nationaux du Cameroun.
Conclusion : Un appel à l’action
Les élections présidentielles de 2025 représentent une opportunité cruciale pour le Cameroun de restaurer la confiance dans ses institutions démocratiques. L’appel du MLDC à un audit international, dirigé par des personnalités comme Olusegun Obasanjo, constitue une solution audacieuse et pragmatique à la crise électorale du pays. En adoptant cette proposition, le Cameroun pourrait non seulement garantir des élections crédibles, mais aussi réaffirmer son engagement envers les principes démocratiques et la stabilité régionale. Le moment d’agir est venu—avant que la crise de confiance ne devienne une crise de démocratie.
References
Annan, K. (2014). Interventions: A Life in War and Peace. New York: Penguin Press.
Obasanjo, O. (2014). My Watch: A Memoir. Lagos: Prestige Publishers.
Le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) tire la sonnette d’alarme face aux rejets massifs des inscriptions sur les listes électorales publiées par ELECAM, atteignant des taux inquiétants allant jusqu’à 87 % dans certaines communes. Cet article analyse les failles institutionnelles, technologiques et organisationnelles de cet organe électoral, tout en examinant l’impact sur la crédibilité du processus démocratique. À travers une analyse approfondie, le MLDC exige un audit indépendant et propose des réformes pour garantir des élections transparentes et inclusives en 2025.
Introduction : Un scandale qui menace la démocratie camerounaise
Le processus électoral est au cœur de la démocratie, car il incarne la participation citoyenne et la légitimité des institutions publiques. Au Cameroun, les préparatifs pour les élections présidentielles de 2025 sont entachés par des dysfonctionnements graves, notamment les rejets massifs d’inscriptions électorales. Selon les données publiées par ELECAM, certaines communes enregistrent des taux de rejet atteignant 87 %, comme à Yaoundé 5.
Ces chiffres alarmants ont des conséquences profondes sur le processus démocratique et la confiance publique envers ELECAM. Pour le MLDC, ces rejets massifs constituent un scandale électoral qui exige un audit immédiat et des réformes profondes. Cet article explore les causes, les implications et propose des solutions concrètes pour assurer la crédibilité des élections de 2025.
1. Analyse des données d’ELECAM : Des rejets massifs sans justification claire
Les chiffres publiés par ELECAM montrent une situation critique :
Yaoundé 5 : 87 % de rejets (14 235 sur 16 409 inscrits).
Yaoundé 3 : 75 % de rejets (10 130 sur 13 273 inscrits).
Douala 5 : Un taux plus faible de 7 % (3 912 sur 54 695 inscrits), révélant une disparité inexplicable entre les communes.
Ces disparités soulèvent plusieurs questions :
Défaillances technologiques ? L’absence d’empreintes digitales comme motif principal de rejet suggère que les équipements biométriques d’ELECAM sont soit obsolètes, soit mal utilisés.
Incohérences dans les procédures : Pourquoi certaines communes comme Douala 5 affichent-elles des taux de rejet beaucoup plus faibles que Yaoundé 5 ?
Manque de formation : Les agents d’ELECAM, souvent mal formés, pourraient être à l’origine d’erreurs dans la collecte des données.
Le MLDC considère ces rejets comme un symptôme d’un dysfonctionnement institutionnel majeur et demande un audit pour identifier les causes profondes.
2. Implications pour la démocratie camerounaise : Un processus électoral en péril
Les conséquences des rejets massifs d’inscriptions vont bien au-delà des chiffres :
2.1. Exclusion massive des électeurs
Des milliers de citoyens camerounais risquent d’être exclus du processus électoral, notamment dans des zones urbaines stratégiques comme Yaoundé. Cela compromet gravement le principe d’inclusion démocratique, où chaque citoyen a le droit de voter sans obstacle inutile.
2.2. Suspicion de manipulation électorale
Des taux de rejet aussi élevés pourraient être perçus comme une tentative délibérée d’exclure des électeurs potentiellement favorables à l’opposition, une accusation qui pourrait polariser davantage la société camerounaise.
2.3. Perte de confiance dans ELECAM
ELECAM, en tant qu’organe électoral indépendant, est censé garantir la transparence et l’équité des élections. Cependant, des erreurs massives et des disparités inexpliquées risquent d’entraîner une défiance généralisée envers cette institution.
2.4. Risques de tensions sociales
Dans un contexte politique déjà fragile, l’exclusion de milliers d’électeurs pourrait alimenter des tensions sociales, voire des manifestations, surtout si les régions affectées sont politiquement sensibles.
3. Une crédibilité entamée : La perception publique d’ELECAM
Pour le MLDC, la crédibilité d’un processus électoral repose sur la confiance du public envers les institutions chargées de son organisation. Les rejets massifs d’inscriptions compromettent cette confiance pour plusieurs raisons :
Manque de professionnalisme perçu : Les citoyens pourraient voir en ELECAM une organisation incapable de gérer efficacement un processus aussi crucial que les inscriptions électorales.
Risque de partialité : Si les rejets affectent principalement certaines régions ou communes perçues comme des bastions de l’opposition, ELECAM pourrait être accusé de biais en faveur du régime en place.
Impact négatif sur la participation : Une perte de confiance risque de décourager de nombreux électeurs potentiels, aggravant ainsi l’abstention.
Pour restaurer sa crédibilité, ELECAM doit agir de manière proactive, en engageant des réformes et en acceptant une supervision externe.
4. Une alerte pour sauver la démocratie camerounaise
Le taux alarmant de rejets d’inscriptions sur les listes électorales au Cameroun met en évidence des failles majeures dans l’organisation électorale. Des taux allant jusqu’à 87 % dans certaines communes, comme Yaoundé 5, suscitent des interrogations sur la compétence, l’intégrité et l’impartialité d’ELECAM. Pour le MLDC, ce scandale exige des mesures immédiates et une approche comparative pour tirer des leçons des expériences réussies dans d’autres démocraties.
4.1. Audit indépendant : Apprendre de l’exemple du Kenya
Contexte et exemple international
Le Kenya, après des élections controversées en 2007 ayant engendré des violences post-électorales, a entrepris un audit complet de son système électoral en 2017. Cet audit, réalisé par des experts nationaux et internationaux, a permis d’identifier les défaillances dans l’inscription des électeurs, la transmission des résultats et l’utilisation de la biométrie. Ces recommandations ont conduit à une modernisation réussie du système.
Application au Cameroun
Le MLDC propose qu’un audit indépendant d’ELECAM soit mené par une commission composée :
D’experts internationaux (ONU, Union africaine, IDEA).
De représentants de la société civile camerounaise, pour garantir la transparence et éviter les biais institutionnels.
De techniciens spécialisés dans la gestion électorale et la biométrie.
Cet audit permettra de :
Diagnostiquer les causes des rejets massifs.
Évaluer les capacités technologiques et organisationnelles d’ELECAM.
Proposer des solutions adaptées pour rétablir la confiance dans le processus électoral.
4.2. Modernisation des équipements électoraux : L’exemple du Ghana
Contexte et exemple international
Le Ghana a introduit des équipements biométriques modernes en 2012 pour lutter contre la fraude électorale. Après avoir rencontré des problèmes techniques, la Commission électorale ghanéenne a investi dans des machines biométriques de deuxième génération en 2020, réduisant considérablement les erreurs et augmentant la fiabilité des données électorales.
Application au Cameroun
Le MLDC recommande :
L’acquisition de technologies biométriques modernes, adaptées aux conditions climatiques et au niveau d’infrastructure des zones rurales et urbaines du Cameroun.
L’entretien régulier des équipements pour éviter les pannes.
La création de centres régionaux de maintenance pour une gestion rapide des dysfonctionnements techniques.
ELECAM pourrait collaborer avec des entreprises internationales spécialisées, comme la société Smartmatic, qui a équipé plusieurs pays d’Afrique avec des technologies électorales avancées.
4.3. Formation intensive des agents électoraux : L’exemple du Rwanda
Contexte et exemple international
Le Rwanda, reconnu pour son organisation méthodique, investit lourdement dans la formation de ses agents électoraux. En 2020, tous les agents impliqués dans les élections ont suivi des ateliers de formation intensifs sur la manipulation des technologies électorales, la gestion des données et l’interaction avec les électeurs.
Application au Cameroun
Le MLDC propose un programme national de formation pour les agents d’ELECAM, incluant :
Une formation technique sur l’utilisation des technologies biométriques.
Une sensibilisation sur les principes de neutralité et d’impartialité.
Une évaluation périodique des compétences.
Le Cameroun pourrait également solliciter l’appui de l’Union africaine pour financer et organiser ces formations.
4.4. Période de régularisation des inscriptions : L’exemple du Nigeria
Contexte et exemple international
Au Nigeria, avant les élections générales de 2023, la Commission électorale nationale indépendante (INEC) a accordé une période supplémentaire pour permettre aux électeurs dont les données étaient incomplètes ou erronées de corriger leur situation. Cette démarche a favorisé une participation massive.
Application au Cameroun
Le MLDC recommande qu’ELECAM ouvre une période exceptionnelle de régularisation pour :
Permettre aux citoyens rejetés de fournir leurs empreintes digitales ou de rectifier leurs informations.
Lancer une campagne nationale pour informer les citoyens sur les modalités de régularisation.
Établir des centres d’inscription mobiles dans les zones reculées, inspirés du modèle ougandais.
4.5. Supervision internationale : L’exemple du Sénégal
Contexte et exemple international
Le Sénégal est souvent cité comme un modèle de démocratie en Afrique. Depuis plusieurs années, ses élections sont supervisées par des observateurs internationaux (CEDEAO, Union européenne), garantissant leur transparence. Cette supervision a renforcé la confiance des citoyens et des partis politiques dans le processus électoral.
Application au Cameroun
Le MLDC propose que les élections présidentielles de 2025 soient supervisées par :
Des observateurs internationaux, issus d’organisations telles que l’Union africaine, l’Union européenne et Transparency International.
Des observateurs nationaux indépendants, incluant des représentants de la société civile camerounaise.
Cette mesure renforcerait la perception d’impartialité et contribuerait à prévenir les fraudes.
4.6. Sensibilisation massive des citoyens : L’exemple de l’Afrique du Sud
Contexte et exemple international
L’Afrique du Sud organise régulièrement des campagnes nationales pour encourager la participation des citoyens aux élections. Avant les élections générales de 2019, la Commission électorale sud-africaine (IEC) a utilisé les médias, les réseaux sociaux et des partenariats communautaires pour sensibiliser les électeurs sur les procédures d’inscription et de vote.
Application au Cameroun
Le MLDC recommande :
Le déploiement d’une campagne de sensibilisation nationale, utilisant la télévision, la radio, les réseaux sociaux et les leaders communautaires.
La production de matériel éducatif multilingue, adapté aux différentes communautés linguistiques du Cameroun.
La collaboration avec des ONG et des organisations religieuses, pour atteindre les populations rurales et marginalisées.
Cette sensibilisation massive permettra de réduire les taux de rejet et d’encourager une participation plus inclusive.
Conclusion : Une réforme indispensable pour restaurer la confiance
Les rejets massifs des inscriptions électorales publiés par ELECAM constituent une menace sérieuse pour la démocratie camerounaise. Le MLDC, fidèle à sa vision d’un État Développementaliste Communautaire, et inspiré des meilleures pratiques internationales, lpropose des réformes concrètes et ambitieuses pour moderniser le système électoral, renforcer la transparence et rétablir la confiance des citoyens. Sans ces mesures, le Cameroun risque de voir les élections de 2025 entachées d’irrégularités, compromettant ainsi la stabilité politique et sociale du pays.
Références
Schmitter, P. C., & Karl, T. L. (1991). What Democracy Is… and Is Not. Journal of Democracy, 2(3), 75-88.
International IDEA. (2021). The Global State of Democracy Report. Stockholm: International IDEA.
Elklit, J., & Reynolds, A. (2005). Judging Elections: Criteria for Free and Fair Elections. Political Science Quarterly, 120(2), 231-250.
ELECAM. (2024). Liste des rejets des inscriptions aux listes électorales au Cameroun.
Transparency International. (2023). Perceptions of Electoral Integrity in Africa. Berlin: Transparency International.
Cet article analyse les résultats du Cameroun au concours d’agrégation en médecine du CAMES, où le pays affiche un faible taux de réussite de 23,53 %, comparé à des taux dépassant 90 % dans des pays comme la Côte d’Ivoire et le Bénin. Cette performance médiocre est liée aux conditions de travail précaires des enseignants camerounais, notamment un salaire moyen de 600 000 FCFA par mois, bien inférieur à celui de leurs homologues en Côte d’Ivoire et au Bénin, qui gagnent respectivement environ 1 200 000 FCFA et 1 100 000 FCFA. L’écart de rémunération souligne la crise de l’enseignement supérieur au Cameroun et l’impact de la sous-valorisation des enseignants sur la qualité de l’éducation et de la recherche. L’article prône une revalorisation des salaires pour redonner au Cameroun une chance de rivaliser dans le domaine académique en Afrique.
Les résultats du dernier concours d’agrégation en médecine du CAMES (Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur) révèlent une contre-performance alarmante pour le Cameroun. Avec un taux de réussite de seulement 23,53 %, le Cameroun est largement distancé par des pays comme la Côte d’Ivoire (97,26 %) et le Bénin (93,94 %). Ce constat met en évidence une crise structurelle de l’enseignement supérieur au Cameroun, aggravée par les conditions précaires et la faible rémunération des enseignants. Cet article explore l’impact de cette sous-valorisation salariale sur les performances académiques et le développement du pays.
1. Le concours CAMES : Une évaluation révélatrice
Au concours CAMES pour l’agrégation en médecine, le Cameroun n’a enregistré que 4 admissions sur 17 candidats, soit un taux de réussite de 23,53 %. Ce résultat est préoccupant lorsque l’on considère que le taux moyen d’admission pour les pays participants est de 87,87 %. Par exemple, le Bénin et la Côte d’Ivoire, avec respectivement 93,94 % et 97,26 % de taux de réussite, montrent que l’investissement dans les enseignants se reflète directement dans les résultats académiques internationaux.
2. Comparaison des salaires des enseignants : Le Cameroun à la traîne
Une analyse des salaires des enseignants dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale met en lumière l’écart de rémunération qui explique en partie la crise de l’enseignement supérieur au Cameroun :
• Cameroun : En moyenne, un professeur titulaire gagne entre 500 et 600 000 FCFA par mois. Un maître de conférences démarre à environ 450 000 FCFA. Ces montants sont parmi les plus bas de la région.
• Côte d’Ivoire : Un professeur titulaire gagne autour de 1 200 000 FCFA par mois, soit le double du salaire au Cameroun.
• Bénin : Les professeurs titulaires touchent en moyenne 1 100 000 FCFA par mois. Ce salaire est près de 83 % supérieur à celui des enseignants camerounais.
• Sénégal : Les professeurs d’université gagnent en moyenne 1 000 000 FCFA, un salaire plus attractif qui contribue à un climat académique plus stable et plus compétitif.
Cette comparaison révèle un manque d’investissement dans le personnel académique au Cameroun, créant un climat de découragement et une démotivation accrue parmi les enseignants.
3. Les conséquences d’une faible rémunération sur la qualité de l’enseignement
Plusieurs études ont montré l’importance de la rémunération des enseignants dans la qualité de l’éducation et de la recherche. Selon Bankole et Adebayo (2020), la rémunération insuffisante des enseignants est corrélée à une baisse de motivation, un phénomène observé au Cameroun où de nombreux enseignants, confrontés à des salaires bas, sont obligés de chercher des revenus complémentaires. Cette situation nuit à leur productivité académique et à la qualité de leur encadrement des étudiants.
Au Cameroun, le faible salaire des enseignants pousse certains à exercer des activités parallèles ou à quitter le secteur universitaire pour des postes mieux rémunérés dans le privé ou à l’étranger. Ce phénomène est amplifié par des retards de paiements fréquents et une absence de soutien pour les projets de recherche. Les pays comme la Côte d’Ivoire et le Bénin, où les enseignants sont mieux rémunérés, bénéficient non seulement de taux d’admission plus élevés au concours CAMES, mais aussi d’un meilleur climat de recherche, avec des chercheurs mieux soutenus et plus motivés.
4. Impact sur le développement national
L’enseignement supérieur est un pilier du développement d’une nation, produisant des experts et des chercheurs essentiels pour l’innovation et la croissance économique. Un pays qui néglige la rémunération et les conditions de travail de ses enseignants hypothèque son avenir. La crise de l’enseignement supérieur au Cameroun, exacerbée par des salaires faibles, affecte non seulement les performances académiques mais aussi la capacité du pays à retenir ses talents.
En Côte d’Ivoire et au Bénin, les gouvernements ont investi dans la revalorisation salariale des enseignants, reconnaissant leur rôle dans la formation de cadres et de chercheurs compétents. Le Cameroun pourrait tirer des leçons de ces exemples pour restructurer son système d’enseignement supérieur, améliorer les conditions de travail des enseignants et offrir des salaires compétitifs pour favoriser la stabilité et l’attractivité du secteur.
Conclusion
Le faible taux de réussite du Cameroun au concours CAMES pour l’agrégation en médecine et la rémunération inadéquate des enseignants universitaires traduisent une crise profonde de l’enseignement supérieur. Avec un salaire moyen de 600 000 FCFA, les enseignants camerounais sont moins bien rémunérés que leurs homologues en Côte d’Ivoire (1 200 000 FCFA) et au Bénin (1 100 000 FCFA), ce qui limite leur efficacité et affecte la qualité de l’éducation. Le Cameroun doit entreprendre une réforme de son système d’enseignement supérieur en revalorisant les salaires des enseignants pour retrouver sa compétitivité académique en Afrique et garantir un avenir prometteur à sa jeunesse.
Références
• Bankole, A., & Adebayo, O. (2020). Higher Education Salary Structure in Sub-Saharan Africa: Comparative Perspectives. African Education Review, 17(3), 450-467.
• Moll, P., & Tlamelo, T. (2019). The Impact of Teacher Compensation on Educational Quality: Evidence from Southern Africa. Journal of African Development, 21(2), 35-52.
• Smith, J., Adams, R., & Choi, J. (2021). Linking Teacher Well-being to Educational Outcomes: Insights from Low-Income Countries. Global Journal of Education Policy, 29(1), 100-125.
La fonction publique camerounaise est confrontée à des défis majeurs, allant de la surpopulation administrative à un manque d’efficacité, dû à un système de recrutement biaisé et une centralisation excessive des postes. Ce diagnostic examine les faiblesses structurelles actuelles en mettant en évidence les effets de l’actuel ratio de 1 fonctionnaire pour 85 habitants. En comparaison avec les modèles de Singapour, de la Chine et de plusieurs autres pays, nous proposons une réduction et une redistribution des effectifs afin de parvenir à un ratio optimal de 1 pour 60, tel que recommandé par le Mouvement pour la Libération du Cameroun (MLDC). Ce nouveau ratio permettrait une administration plus décentralisée, compétente et apte à répondre aux besoins spécifiques des populations locales, s’inscrivant dans une vision d’État développementaliste communautaire.
Mots clés : fonction publique, Cameroun, décentralisation, efficacité administrative, ratio optimal, MLDC, comparaison internationale, Chine , Singapour
Introduction
La fonction publique camerounaise est marquée par des failles systémiques qui réduisent son efficacité et freinent le développement socio-économique du pays. Ces maux incluent une gestion pléthorique, des pratiques de recrutement peu rigoureuses, une centralisation excessive et un manque de technocrates compétents dans des secteurs stratégiques. Ce dysfonctionnement se traduit par une inflation des effectifs, peu de valorisation des compétences locales et une faible réactivité aux besoins des citoyens.
Cet article dresse un diagnostic des principaux maux de la fonction publique camerounaise en tenant compte de comparaisons internationales et propose un ratio de 1 fonctionnaire pour 60 habitants, comme solution selon le modèle d’État développementaliste communautaire proposé par le MLDC.
I. Diagnostic des Dysfonctionnements de la Fonction Publique Camerounaise
Les faiblesses de la fonction publique au Cameroun peuvent se résumer en plusieurs points clés :
1. Un Ratio Excessif et Inefficace :
Actuellement, le Cameroun compte environ 1 fonctionnaire pour 85 habitants, un ratio qui pourrait paraître modeste, mais qui masque une inefficacité structurelle. La répartition des effectifs reste déséquilibrée, avec une concentration des postes dans les grands centres urbains au détriment des zones rurales. Cette configuration limite la capacité de l’administration à répondre efficacement aux besoins de toutes les communautés.
2. Recrutements Biaisés et Favoritisme :
Les processus de recrutement privilégient souvent le népotisme et le clientélisme au détriment de la compétence. Cette pratique entraîne un déficit de technocrates qualifiés, notamment dans les secteurs critiques du développement local et économique.
3. Centralisation Excessive des Postes et Manque de Décentralisation :
La centralisation des décisions et des ressources entrave l’efficacité de la gouvernance locale et aggrave les disparités régionales. Bien que le Cameroun ait initié des réformes de décentralisation, leur mise en œuvre reste limitée, empêchant les collectivités locales de répondre efficacement aux besoins de leurs citoyens.
4. Absence de Formation Continue et d’Évaluation des Performances :
Les fonctionnaires camerounais bénéficient rarement de formations continues, et les évaluations de performance sont quasi-inexistantes. Ceci nuit à l’efficience de l’administration, réduisant la capacité des agents à s’adapter aux nouvelles exigences technologiques et aux priorités économiques.
II. Comparaison Internationale : Leçons de la Fonction Publique à l’Étranger
Pour déterminer un ratio plus optimal, il est utile de se référer à d’autres pays ayant des structures de fonction publique plus performantes.
• Singapour : Avec un ratio de 1 fonctionnaire pour 20 habitants, Singapour met l’accent sur l’excellence administrative, la compétence et la formation continue des agents. Ce modèle est hautement performant grâce à une rigueur de recrutement et un processus de responsabilisation strict (Lee, 2019).
• Chine : La Chine maintient un ratio d’environ 1 fonctionnaire pour 60 habitants, avec une fonction publique décentralisée et orientée vers les priorités de développement. L’administration chinoise repose sur une planification stratégique et un déploiement de technocrates qualifiés dans les zones locales, permettant une exécution rapide et ciblée des politiques de développement (Ming, 2021).
• France : La France, avec un ratio de 1 pour 12, conserve une administration étoffée, mais les défis de centralisation et de bureaucratie restent notables. Ce ratio, bien que permettant une forte couverture des services, n’illustre pas nécessairement une efficacité optimale pour un pays en développement comme le Cameroun (INSEE, 2022).
• Afrique du Sud : La fonction publique sud-africaine, avec un ratio de 1 fonctionnaire pour 35 habitants, affiche une structure centralisée avec des problèmes d’inefficacité similaires à ceux du Cameroun, notamment en matière de décentralisation (StatsSA, 2022).
III. Vers un Ratio Optimal pour une Fonction Publique Efficace au Cameroun : 1 Fonctionnaire pour 60 Habitants
Au vu des modèles internationaux, le MLDC propose de fixer un ratio de 1 fonctionnaire pour 60 habitants au Cameroun, permettant de répondre aux besoins d’efficacité administrative tout en allégeant les charges budgétaires. Ce ratio vise à favoriser un équilibre entre couverture administrative et efficience, et s’accompagne des mesures suivantes :
1. Réduction et Redistribution des Effectifs :
La réduction des effectifs dans les centres urbains pour une meilleure redistribution vers les communes rurales permettrait de répondre aux besoins locaux. En promouvant la décentralisation et en renforçant les capacités des communes, ce modèle assure une gouvernance plus proche des citoyens.
2. Recrutement Basé sur la Compétence et Formation Continue :
Inspiré par les modèles singapourien et chinois, le MLDC recommande une réforme des procédures de recrutement, priorisant la compétence et la transparence. La formation continue et l’évaluation de la performance doivent être intégrées pour renforcer les compétences et maintenir la qualité des services publics.
3. Encourager la Responsabilisation Locale et l’Autonomie des Communes :
La décentralisation doit s’accompagner d’une responsabilisation accrue des administrations locales, permettant à chaque commune d’adapter les politiques publiques à ses spécificités locales, ce qui est un pilier de l’État développementaliste communautaire.
IV. Conclusion : Une Réforme Nécessaire vers une Administration Efficiente
Pour améliorer la fonction publique camerounaise, une révision du ratio fonctionnaires/population s’impose, de 1 pour 85 actuellement à 1 pour 60, comme proposé par le MLDC. Ce changement, associé à des réformes de décentralisation, de recrutement et de formation, pourrait transformer l’administration publique en un levier essentiel du développement. En adoptant ce modèle d’État développementaliste communautaire, le Cameroun pourra mieux répondre aux attentes de sa population, promouvoir l’équité régionale et engager une dynamique de croissance inclusive.
Références
• Lee, H. (2019). Public Administration in Singapore: Lessons for Developing Countries. Singapore Journal of Public Policy.
• Ming, Z. (2021). Technocracy and Economic Development in China: A Case Study. Journal of East Asian Development.
• INSEE (2022). Les effectifs de la fonction publique en France. Paris: INSEE.
• StatsSA (2022). Public Sector Employment Data. South African Statistical Association.
• INS (2021). Statistiques de la fonction publique camerounaise. Yaoundé : Institut National de la Statistique.
Alors qu’une nouvelle session parlementaire s’ouvre cette semaine au Cameroun, le bilan de plus de quatre décennies de sessions laisse un goût amer. Et depuis les premières élections législatives pluralistes des années 1990, le parlement camerounais a échoué à défendre les intérêts du peuple, miné par une domination du parti au pouvoir qui muselle l’opposition. Sous la gouvernance continue de Paul Biya, l’Assemblée Nationale a souvent été perçue comme un outil de validation des décisions de l’exécutif plutôt qu’un véritable contre-pouvoir.
Face à une situation socio-économique de plus en plus critique, où la pauvreté et le chômage grimpent sans relâche, avec une situation securitaire critique, le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) propose des réformes novatrices pour transformer cette institution en un moteur de développement communautaire, au service des citoyens. Inspirées des meilleures pratiques internationales et de la philosophie d’un État développementaliste communautaire, ces réformes visent à rétablir un parlement véritablement représentatif, transparent et comptable.
Un Parlement Impuissant Face à la Montée de la Pauvreté
Les indicateurs socio-économiques du Cameroun depuis les années 1990 brossent un tableau alarmant. En 1991, au lendemain des premières élections législatives pluralistes, le taux de pauvreté nationale était estimé à environ 40%. Depuis, ce chiffre n’a fait qu’augmenter, atteignant plus de 50% en 2022, avec des disparités régionales prononcées où le taux de pauvreté dépasse les 70% dans certaines zones rurales (INS Cameroun, 2022). Par ailleurs, le taux de chômage, qui oscillait autour de 5% en 1991, est aujourd’hui estimé à plus de 12%, affectant particulièrement les jeunes, qui peinent à trouver un emploi stable et durable.
Cette aggravation de la pauvreté et du chômage révèle l’échec d’un parlement inactif, incapable d’adopter des lois favorisant la croissance économique et l’inclusion sociale. Comme le souligne le politologue Jean-François Bayart, « un parlement déconnecté de la réalité du peuple devient complice de l’oppression économique » (Bayart, 1993). En d’autres termes, un parlement sans véritable opposition et sans mécanismes de contrôle des politiques économiques gouvernementales ne fait que prolonger un statu quo défavorable aux citoyens.
Une Assemblée aux Couleurs d’un Parti Unique : L’Absence d’Opposition
Depuis les premières élections législatives pluralistes des années 1990, l’opposition camerounaise a lutté pour se faire une place dans un parlement dominé par le RDPC. En pratique, l’opposition n’a pratiquement jamais eu le pouvoir de faire adopter des lois significatives. Selon les travaux de l’historien Achille Mbembe, « un parlement sans opposition devient une simple chambre d’enregistrement où le pouvoir exécutif impose son agenda sans débat réel » (Mbembe, 2000). Cette remarque résume parfaitement le fonctionnement de l’Assemblée Nationale au Cameroun : les initiatives parlementaires issues de l’opposition, rares et souvent marginalisées, finissent systématiquement par être rejetées, étouffées par une majorité mécanique.
En 42 ans, combien de lois portées par l’opposition ont réellement été adoptées ? La réponse est dérisoire. Dans le contexte camerounais, le pouvoir législatif semble servir davantage à valider les décisions de l’exécutif qu’à offrir un espace de débat démocratique. La quasi-absence d’une opposition structurée et influente au sein de l’Assemblée conduit à une stagnation législative qui ne répond en rien aux besoins criants de la population. Cette situation a mené le Cameroun dans une impasse, où l’inertie institutionnelle se traduit par une absence de progrès socio-économique.
Conséquences de l’Absence d’un Contre-pouvoir Parlementaire
Sans opposition forte, le parlement camerounais s’avère incapable de jouer son rôle de contrepoids au pouvoir exécutif. L’essence même de la démocratie parlementaire, qui repose sur un équilibre entre les différents pouvoirs, est ici compromise. Selon le politologue Jean-François Bayart, « un parlement doit être le reflet des aspirations populaires et non un simple appui pour les décisions du président » (Bayart, 1993). Or, au Cameroun, l’Assemblée Nationale a rarement, voire jamais, constitué un espace de défense des intérêts populaires. Les lois adoptées, principalement initiées par le gouvernement, répondent davantage aux priorités de l’élite politique et économique qu’à celles des citoyens ordinaires.
Cet immobilisme législatif se reflète dans la vie quotidienne des Camerounais : éducation en crise, infrastructures de santé défaillantes, et système de transport obsolète. En l’absence de pression venant d’une opposition active, le gouvernement se trouve dispensé de rendre des comptes. Les rapports annuels de Transparency International sur le Cameroun, qui placent régulièrement le pays parmi les plus corrompus du monde, témoignent d’un système où l’opacité règne et où les institutions manquent de transparence et de responsabilité.
Les Propositions du MLDC pour un Parlement au Service du Développement Communautaire
Pour le MLDC, l’urgence est de transformer l’Assemblée Nationale en un véritable outil de développement et de soutien communautaire, capable de répondre aux besoins sociaux et économiques des Camerounais. En s’inspirant des parlements les plus performants dans le monde, le MLDC propose des réformes structurelles pour rendre l’Assemblée plus accountable, participative et proactive.
Création d’un Bureau de Responsabilité Parlementaire (BRP) : Inspiré du modèle scandinave, ce bureau indépendant serait chargé de surveiller et d’évaluer les activités des députés afin d’assurer qu’ils répondent aux attentes des électeurs. Ce bureau rendrait des comptes à travers des rapports publics réguliers sur les activités, l’assiduité et l’engagement des députés, permettant ainsi aux citoyens de mieux juger la performance de leurs représentants.
Commissions Citoyennes de Contrôle Législatif : À l’image des commissions citoyennes en Europe, le MLDC propose d’associer des citoyens experts ou tirés au sort pour évaluer et suggérer des modifications aux lois. Ces commissions garantiraient que les textes de loi adoptés tiennent compte des préoccupations locales et des réalités sociales et économiques du pays. Selon Achille Mbembe, « le rôle d’un parlement est de donner voix aux aspirations populaires dans chaque décision législative » (Mbembe, 2000).
Budget Participatif pour le Financement des Projets Locaux : Inspirée du modèle brésilien de budget participatif, cette réforme impliquerait que les députés consacrent une partie de leur budget à des projets communautaires définis directement par les citoyens. Cela permettrait aux Camerounais de choisir les projets prioritaires dans leur région, que ce soit pour l’éducation, la santé ou les infrastructures, renforçant ainsi le lien de confiance entre les électeurs et leurs représentants.
Séances Hebdomadaires de Questions au Gouvernement : À l’image des questions hebdomadaires au gouvernement dans les démocraties parlementaires britanniques, le MLDC propose que les ministres soient hebdomadaire tenus de répondre publiquement aux questions des députés. Cette transparence permettrait aux citoyens de suivre de près les décisions de l’exécutif, renforçant ainsi la responsabilité du gouvernement envers la population.
Tribunes de Débat Public et Référendums Consultatifs : Pour renforcer la participation des citoyens aux grandes décisions politiques, le MLDC propose d’instaurer des tribunes de débat public et des référendums consultatifs. Inspirée des pratiques suisses, cette mesure permettrait aux Camerounais de s’exprimer directement sur des questions législatives majeures et de s’assurer que les lois répondent aux besoins réels du pays.
Statut Officiel pour l’Opposition et Droits Renforcés : Le MLDC défend l’idée d’un statut officiel et de moyens accrus pour l’opposition au parlement, afin de garantir un véritable contre-pouvoir. Inspiré du modèle indien, où l’opposition joue un rôle clé dans le processus législatif, ce statut permettrait à l’opposition de proposer des lois, d’enquêter sur les affaires gouvernementales et de représenter plus efficacement les citoyens.
Sessions Annuelles de Bilan devant les Citoyens : Inspiré des pratiques allemandes, le MLDC propose que chaque député organise annuellement une session publique de bilan dans sa circonscription, où il rendrait compte de son activité parlementaire. Cette transparence renforcerait la redevabilité des élus, permettant aux citoyens de mieux suivre et évaluer le travail de leurs représentants.
Une Comparaison Internationale : L’État Développementaliste Communautaire en Action
Dans les pays nordiques, la transparence parlementaire et l’inclusivité sont des piliers essentiels de la gouvernance, et les résultats économiques sont frappants : avec un taux de pauvreté inférieur à 10% et un chômage sous les 5%, ces pays prouvent qu’un parlement accountable peut transformer un pays (World Bank, 2023). Au Japon, la tradition de dialogue et de consensus, essentielle dans la culture communautaire, inspire des pratiques parlementaires où l’opposition est activement impliquée, permettant des lois qui soutiennent une croissance inclusive.
Dans le contexte africain, les valeurs de solidarité, de consultation et d’écoute des sages, présentes dans les cultures locales, peuvent inspirer un parlement qui valorise la parole citoyenne et intègre les préoccupations communautaires. La constitution de commissions législatives comprenant des leaders communautaires, comme le propose le MLDC, contribuerait à rapprocher les institutions politiques des réalités sociales et culturelles camerounaises.
Le Parlement au Service du Peuple
Le MLDC croit fermement que le rôle du parlement camerounais doit être d’incarner un véritable service au peuple, de représenter les intérêts des citoyens, et d’assurer le développement durable de chaque communauté. Avec des réformes audacieuses et inspirées d’un État développementaliste communautaire, il est possible de bâtir une Assemblée Nationale qui répond enfin aux attentes populaires. Un parlement transparent, responsable et inclusif est non seulement un pilier d’une démocratie vivante, mais aussi une condition essentielle pour améliorer les conditions de vie des Camerounais.
Mots Clés:Prime de modernisation de la recherche-Enseignants-chercheurs-Infantilisation-Incompétence- Gouvernement-MLDC (Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun)-État développementaliste communautaire-Michael Apple-Paolo Freire-Michel Foucault-Modèle anglo-saxon–Paul Biya
Analyse du Pr Jimmy Yab, SG du MLDC
Le décret présidentiel n°2009/121 du 8 avril 2009, instituant une « prime pour la modernisation de la recherche » au Cameroun, avait initialement été salué comme une avancée majeure. Cette prime, destinée aux enseignants-chercheurs, visait à stimuler la recherche scientifique et à positionner le Cameroun comme un acteur compétitif dans la production de savoir. Cependant, quinze ans après cette annonce, l’absence de paiement effectif a révélé des failles profondes dans la gestion de cette promesse. Cette situation met en lumière une stratégie politique bien plus complexe, relevant autant de la manipulation et de l’incompétence que d’une volonté délibérée d’infantiliser le corps enseignant camerounais. Face à cette crise, le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) propose des solutions fondées sur les principes d’un État développementaliste communautaire et inspirées des meilleures pratiques de l’éducation universelle pour rétablir la dignité des enseignants.
1. Manipulation et incompétence : une promesse non tenue pour décourager l’excellence académique
Dès l’introduction de la prime, les autorités camerounaises ont présenté cette initiative comme une réponse aux besoins urgents de financement de la recherche. Cependant, le paiement a été retardé année après année, sous des prétextes administratifs qui masquent une incapacité chronique à gérer efficacement le secteur éducatif. Les enseignants-chercheurs, malgré leur engagement et leurs sacrifices, se trouvent démunis face à des institutions qui manquent de transparence et de responsabilité.
Dans son ouvrage The State and Higher Education, Michael Apple (2000) souligne que « les systèmes éducatifs en crise reflètent souvent une crise de l’État lui-même, où l’incapacité à respecter les engagements sociaux traduit un échec de la gouvernance ». Cette observation s’applique pleinement au Cameroun, où l’incapacité à payer la prime de modernisation de la recherche illustre le dysfonctionnement d’un État qui, en sous-estimant le secteur éducatif, compromet son propre développement.
Le MLDC estime que la première étape pour redresser cette situation est la mise en place d’un système transparent et indépendant de gestion des fonds pour l’éducation et la recherche. Inspiré des pratiques de transparence financière anglo-saxonnes, le MLDC propose de créer un Fonds national pour la modernisation de la recherche, administré par un conseil incluant des représentants des enseignants, des experts financiers, et des membres de la société civile. Ce fonds serait entièrement dédié aux primes et financements de recherche, et ses comptes publiés annuellement pour assurer un suivi citoyen et réduire les risques de détournement.
2. L’infantilisation des enseignants : une stratégie de contrôle politique
La crise actuelle dépasse la simple question de l’incompétence. Pour de nombreux observateurs, le refus de payer cette prime traduit une politique de dépendance et de soumission, destinée à maintenir les enseignants dans une position d’infériorité. En refusant d’assurer aux enseignants des droits économiques garantis, le gouvernement semble s’assurer que le corps académique reste « en attente » de la bonne volonté de l’État. Comme le soutient Paolo Freire dans Pedagogy of the Oppressed (1970), « la privation de droits économiques équivaut à une privation de dignité, et un groupe privé de sa dignité est plus facile à dominer ». Au Cameroun, cette approche crée une culture de dépendance et de résignation chez les enseignants, les empêchant de contester ouvertement les décisions du pouvoir.
Le MLDC considère qu’une éducation émancipatrice est un élément fondamental d’un État développementaliste. Pour rompre avec cette dynamique d’infantilisation, il est nécessaire de garantir aux enseignants non seulement une rémunération équitable, mais également une autonomie financière. Inspiré des systèmes anglo-saxons, où les universités disposent d’une forte indépendance budgétaire et académique, le MLDC propose la création d’un système de financement décentralisé, où chaque université camerounaise serait responsable de gérer ses propres ressources pour rémunérer ses enseignants et financer ses projets de recherche. Cette approche permettrait aux institutions d’enseignement supérieur de négocier directement avec le gouvernement les subventions nécessaires, offrant ainsi aux enseignants une plus grande sécurité financière et une indépendance vis-à-vis des caprices de l’État central.
3. Le maintien dans une dépendance économique : une stratégie de domination symbolique
Au-delà de la privation économique, cette prime impayée symbolise une stratégie politique de domination. En gardant les enseignants dans un état de précarité économique, le gouvernement les place dans une situation de vulnérabilité permanente, freinant toute velléité d’opposition. Comme le décrit Michel Foucault dans Surveiller et punir (1975), « la précarité économique est une technique de contrôle, car elle déstabilise psychologiquement les individus, les empêchant d’organiser une résistance collective efficace ». Les enseignants, censés être des vecteurs de savoir et de pensée critique, se retrouvent donc économiquement dépendants d’un gouvernement qui peut, selon son bon vouloir, choisir de respecter ou non ses engagements.
Le MLDC est convaincu que l’indépendance financière et intellectuelle des enseignants est cruciale pour garantir un système éducatif sain et résilient. Inspiré par les universités britanniques et américaines, où le financement de la recherche repose sur un mélange de fonds publics, de mécénat et de contributions privées, le MLDC propose de créer des partenariats public-privé pour la recherche au Cameroun. Ces partenariats permettraient de diversifier les sources de financement de la recherche académique, offrant aux enseignants un accès plus large aux ressources, tout en réduisant la dépendance des institutions académiques vis-à-vis du budget étatique. En parallèle, un Conseil des enseignants-chercheurs, indépendant du gouvernement, serait créé pour assurer un suivi des financements et proposer des projets de recherche d’intérêt national.
Les propositions du MLDC : un modèle éducatif inspiré du système anglo-saxon
Le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) est conscient que le développement du Cameroun passe par une réforme en profondeur de son système éducatif. Inspiré par les modèles anglo-saxons, le MLDC propose les solutions suivantes pour revaloriser durablement le corps enseignant :
1. Établissement d’une autonomie académique et financière pour les universités : En suivant le modèle britannique, où les universités bénéficient d’une grande liberté administrative et budgétaire, chaque établissement au Cameroun disposerait d’un budget indépendant et d’un pouvoir décisionnel autonome. Cela permettrait de garantir une gestion efficiente des fonds de recherche et des primes des enseignants.
2. Création d’un Institut de Formation Permanente pour les Enseignants : Inspiré des programmes de formation continue anglo-saxons, cet institut permettrait aux enseignants camerounais d’accéder à des formations de pointe, financées par l’État et par des partenaires privés, pour adapter leurs compétences aux évolutions de la recherche et des pratiques pédagogiques.
3. Développement d’un système de financement mixte de la recherche : Le MLDC propose d’ouvrir le financement de la recherche aux contributions privées et aux dons d’entreprises, comme c’est le cas dans les universités américaines. Cela permettrait de diversifier les sources de financement, d’encourager les projets innovants, et d’atténuer la dépendance des universités à l’égard du budget étatique.
4. Création d’un Conseil National de la Recherche et de l’Éducation : À l’image du Higher Education Funding Council du Royaume-Uni, cet organe indépendant surveillerait l’allocation des financements dans le domaine éducatif, assurant ainsi transparence et équité dans la répartition des fonds destinés à la recherche et aux enseignants.
5. Mise en place d’une Charte de la Dignité Enseignante : Inspirée des chartes éthiques anglo-saxonnes, cette charte garantirait aux enseignants des droits économiques et sociaux fondamentaux, reconnaissant leur rôle crucial dans le développement de la société camerounaise.
En somme, pour le MLDC, l’amélioration du système éducatif camerounais passe par la mise en place de politiques transparentes, l’autonomisation des universités et le respect des droits des enseignants. En s’inspirant des modèles anglo-saxons et en instaurant des réformes profondes, le Cameroun peut non seulement rendre justice à ses enseignants, mais aussi bâtir une société plus prospère et plus juste. Le MLDC est résolu à mener ces réformes pour que le Cameroun devienne un État développementaliste communautaire, où chaque acteur du savoir est respecté et valorisé dans sa contribution à l’édification nationale.
Je disais déjà à l’époque dans l’émission Hutu Africa de Stéphane Mbarga à Info TV que:
IL FAUT REMPLACER TOUS LES DEPUTES ET MAIRES RDPC EN 2025-2026, C’EST UN IMPERATIF CITOYEN POUR NOUS ET LES FUTURES GENERATIONS
Lorsqu’un pays est gouverné pendant des décennies par de mauvaises lois, il en résulte inévitablement des conséquences désastreuses. D’une part, on forme des citoyens qui manquent de compétences et d’initiative. D’autre part, on crée des individus qui, moralement, perdent leurs repères et se retrouvent dans des comportements nuisibles, souvent contraires aux valeurs de bienveillance, de solidarité et d’intégrité.
Pr Jimmy Yab à Info TV
Le problème du Cameroun ne se limite pas à la personne de Paul Biya. Il réside également dans un système entier qui favorise des pratiques et des structures inefficaces, notamment à travers :
1. Les députés du RDPC qui votent des lois inadaptées aux réalités et aux besoins de notre société, renforçant ainsi des normes qui freinent le progrès.
2. Les maires RDPC qui, pour beaucoup, font preuve d’incompétence et d’arrogance, éloignant ainsi l’administration des préoccupations et du bien-être des populations locales.
Ce cadre, qui se perpétue depuis des années, a engendré une partie de notre jeunesse qui manque de repères et de perspectives positives, et qui, parfois, sombre dans des comportements contraires à l’éthique et aux valeurs citoyennes. Pour réformer ce pays, nous devons non seulement transformer les institutions, mais aussi insuffler un nouveau sens des responsabilités et de l’engagement, afin de bâtir une société où les citoyens sont compétents, éthiques et guidés par des valeurs solides.
Cette vidéo met en évidence l’impact des mauvaises pratiques politiques sur la société camerounaise et la nécessité d’un changement en profondeur pour rétablir une gouvernance basée sur des valeurs solides et une administration compétente.
La récente ferveur autour du clip VIVIANE (Remix) de PRINCE AIMÉ, featuring Maahlox Le Vibeur, Magasco, Lili Anoma, et Thérapie, a démontré une puissance mobilisatrice inattendue chez la jeunesse camerounaise. En seulement deux jours, le clip a atteint 4,3 millions de vues sur YouTube, attestant de l’engagement massif des jeunes. Cette énergie, déployée autour de l’univers musical, peut-elle se transposer aux prochaines élections présidentielles de 2025 ?
Pour beaucoup d’observateurs, cette mobilisation pour un clip musical révèle une jeunesse active, passionnée et capable de se rassembler autour d’objectifs communs. Il est désormais crucial d’orienter cette même dynamique vers les enjeux politiques du pays, notamment la présidentielle de 2025, où chaque voix comptera pour l’avenir du Cameroun.
1. Un besoin de changement qui appelle à l’engagement citoyen
À travers leurs millions de vues et de partages, les jeunes camerounais expriment un désir de reconnaissance et de représentation. Ils veulent être acteurs de leur société, prendre part aux décisions et se sentir concernés par les choix politiques de leur pays. Cette génération, largement connectée et influencée par les réseaux sociaux, ne se contente plus d’un rôle passif. Dans le contexte des élections, cette jeunesse pourrait être le moteur d’un réel changement politique, en apportant sa voix à des projets et des candidats qui répondent à ses aspirations.
2. L’impact des réseaux sociaux et l’accès à l’information
Comme en témoigne le succès fulgurant du clip VIVIANE (Remix), les réseaux sociaux jouent un rôle majeur dans la sensibilisation et la mobilisation des jeunes Camerounais. Ces plateformes sont de puissants outils de communication et d’organisation, rendant chaque information instantanément accessible. Pour les élections, ces mêmes réseaux pourraient devenir le canal de prédilection pour les débats, les campagnes et les appels au vote, offrant à chaque jeune la possibilité d’exercer une influence concrète sur l’avenir du Cameroun.
3. Un engagement artistique comme modèle de rassemblement politique
La scène musicale et artistique du Cameroun inspire et rassemble massivement la jeunesse. Les artistes incarnent souvent les valeurs et les idéaux qui résonnent avec les aspirations de cette génération. À l’image de leur soutien pour le clip VIVIANE (Remix), les jeunes pourraient soutenir des projets politiques qui leur parlent, qui comprennent leurs réalités et qui promettent des solutions tangibles. Les élections de 2025 sont ainsi une opportunité pour eux de prolonger cette logique d’engagement artistique vers un engagement civique.
4. L’importance des enjeux socio-économiques et de la vision d’avenir
En 2025, les attentes sont grandes, et la jeunesse camerounaise est de plus en plus consciente des défis sociaux et économiques auxquels elle fait face : chômage, difficultés d’accès à l’éducation et à la santé, et manque d’opportunités pour un avenir stable. Ce contexte pourrait inciter cette jeunesse à se mobiliser en masse, espérant trouver des solutions dans un choix de leaders politiques susceptibles de transformer positivement le Cameroun. Leur engagement ne serait donc pas une simple formalité mais bien une décision porteuse d’avenir pour eux-mêmes et pour les générations futures.
5. Une génération qui veut réinventer la politique camerounaise
À l’heure où les jeunes se sont massivement mobilisés pour VIVIANE (Remix), le Cameroun se trouve à un carrefour décisif. Les élections de 2025 représentent une occasion unique pour que cette génération s’affirme en tant qu’acteur principal du destin de son pays. La mobilisation autour de cette échéance pourrait être l’occasion pour les jeunes Camerounais de réinventer la politique, de revendiquer leur droit à un avenir meilleur, et de manifester leur volonté de prendre les rênes de leur propre histoire.
L’enthousiasme des jeunes pour le clip VIVIANE (Remix) est un signe clair que cette génération est prête à se mobiliser quand elle se sent concernée et inspirée. Aux acteurs politiques de capter cette énergie et d’inviter les jeunes à transformer leur passion en votes et en engagement pour les élections présidentielles de 2025. Ce serait là le vrai remix : un Cameroun où la jeunesse trouve enfin sa place dans l’arène politique, façonnant l’avenir de leur nation avec la même ardeur qu’ils ont pour leur culture.
I recently visited MARWELL ZOO IN ENGLAND with my family and while I was watching the giraffes, one question comes to my mind: Is the Lion Truly the King of the jungle?
The lion has long been celebrated as the “king of the jungle” or even “king of the forest,” a title that conjures images of unrivaled strength, majesty, and dominance. But how accurate is this label? In reality, the lion’s kingdom is not the forest or jungle but rather the savannas, grasslands, and open plains of Africa. Exploring the lion’s actual habitat, behavioral traits, and ecological relationships reveals that its “royal” title may not fully reflect its role in the natural world. Here, we challenge the traditional notion of the lion as the king of the forest.
The Lion’s Habitat: Not the Forest, Not the Jungle
To begin with, lions don’t inhabit forests or jungles in the sense people often imagine. Lions are primarily found in Africa’s grasslands and savannas, open spaces that allow them to hunt in prides and utilize their strength and coordination. The misconception that they dwell in jungles likely arose from the title “king of the jungle,” which seems to be a misinterpretation based on a lack of knowledge about their true habitats.
In actual forests, lions would not be well-adapted hunters. Forests are dense, shadowy environments where solitary predators, such as tigers and leopards, excel due to their ability to blend into the shadows and stalk prey with stealth. By contrast, lions rely on open plains, where their cooperative hunting strategies and powerful physiques are advantageous.
Royal Status: Dominance in the Animal Kingdom?
The notion of the lion as “king” of the animal kingdom is also worth challenging. While lions are apex predators, they are not the most powerful or even the most successful hunters in their ecosystems. Lions have hunting success rates of about 25% to 30%, a figure lower than that of solitary hunters like leopards and cheetahs, who operate with greater stealth. Further, a lion’s hunting prowess is typically bolstered by teamwork in prides, meaning that even their strength is largely reliant on collaboration rather than individual dominance.
Additionally, lions often scavenge from other animals, including hyenas. Despite popular portrayals of lions as the noble lords of the savanna, they regularly engage in competitive scavenging. In some cases, lions even steal kills from smaller predators or scavenge carrion left by other animals, blurring the line between apex predator and opportunistic scavenger.
Rival Kings in the Animal Kingdom
Jimmy Yab at Marvell zoo in England
When evaluating the title of “king” based on dominance within an ecosystem, other animals could be equally, if not more, deserving of this title. Elephants, for example, are not only physically larger and more powerful than lions but also play a significant ecological role in shaping the environment. Through their behavior—uprooting trees, creating water sources, and spreading seeds—elephants have a profound impact on the ecosystems they inhabit, thus exercising a form of natural governance and influence unmatched by any lion.
Other animals also display unique traits that contribute to their own “kingly” status. Tigers, for instance, dominate the jungles of Asia and have been observed taking down prey larger than themselves, even in dense forests. Their solitary and stealthy approach allows them to reign in an environment where lions would struggle to survive.
Social Structure: Kings Without Kingdoms?
Lions’ social structures, centered around prides, also differ from the hierarchical, centralized image we often associate with kingship. In a pride, there is no absolute, unchallenged ruler. Male lions frequently compete for dominance, often through violent confrontations. A “king” lion may only hold his position temporarily until he is challenged and replaced by a younger or stronger male. This turnover of “kings” within prides contrasts with the traditional idea of a stable monarchy, where a king reigns until death or abdication. Instead, lions’ dominance is transient, a survival strategy rather than a birthright or inherent rule.
The Lion’s Symbolic Value
Much of the lion’s “royal” status comes from symbolic associations in human culture, rather than the animal’s natural behaviors. Across many societies, lions have symbolized strength, courage, and authority, traits idealized by humans. From the roaring lions depicted on heraldry and royal crests to religious and cultural iconography, the lion has been positioned as a symbol of nobility and majesty. This symbolism, however, is largely a human construct, one that overlooks the complex realities of lion behavior and ecology.
In recent years, popular culture has cemented the image of the lion as royalty, thanks to stories such as The Lion King, which portrays lions as moral and wise rulers of the animal world. This narrative, while inspiring, romanticizes the lion’s actual place in the ecosystem and promotes an oversimplified view of its role.
Conclusion: The Complexity of the Natural World
So, is the lion truly the king of the forest? Not really. The title “king” misrepresents the lion’s role in nature, which is more complex and nuanced than simple dominance or royal authority. In the savannas and grasslands, lions occupy a specific ecological niche as powerful and cooperative predators, but they are neither supreme rulers nor lone monarchs. The title also ignores the impressive qualities of other species, from the elephants’ ecological influence to the tiger’s solitary mastery of the jungle.
Ultimately, perhaps it is more fitting to view the lion as a “symbol” rather than a “king”—a reminder of strength, unity, and resilience, but not an uncontested ruler of all creatures or environments. By examining the lion’s true place in nature, we gain a deeper appreciation for the intricate balance of ecosystems and the unique qualities of each species within it.
L’État Développementaliste Communautaire (E.D.C.) décrit par JIMMY YAB et Vincent Nkong-Njock, est un modèle de gouvernance innovant qui fusionne les stratégies industrielles et économiques planifiées des États d’Asie de l’Est avec la structure communautariste des Sociétés Africaines Subsahariennes.
Principes normatifs
L’EDC s’inspire des principes normatifs de deux theories importantes :
l’État développementaliste d’Asie de l’Est, qui guide activement le marché capitaliste pour promouvoir le développement des populations, et
l’État communautariste de l’Afrique au Sud du Sahara, où l’importance de l’individu est mesurée par sa contribution au développement de la communauté.
Elements fondamentaux
L’EDC repose sur trois éléments fondamentaux :
Le nationalisme économique comme moteur du développement : Cette approche met l’accent sur la promotion des industries locales, la protection des marchés intérieurs et l’encouragement des investissements nationaux pour stimuler la croissance économique.
Le régime communautaire, où les priorités politiques sont définies en fonction des besoins locaux : En reconnaissant la diversité des communautés, ce modèle s’efforce de créer des politiques qui répondent directement aux besoins spécifiques de chaque localité, assurant ainsi une gouvernance plus réactive et plus pertinente.
La mise en œuvre de politiques industrielles stratégiques par une administration techniquement compétente : Cela implique la formation et le déploiement de technocrates capables de planifier et d’exécuter des projets de développement industriel de manière efficace et efficiente.
Objectif
L’objectif principal de ce modèle est de favoriser un développement économique inclusif en décentralisant le pouvoir et en renforçant les structures communautaires locales. Cela garantit une participation équitable et une juste répartition des bénéfices du développement. Tout en s’inspirant des réussites des pays d’Asie de l’Est et en intégrant les pratiques sociales et les dynamiques communautaires africaines, ce modèle offre une approche holistique adaptée au contexte africain pour le développement.
Un modèle adapté aux réalités camerounaises
Le Cameroun, souvent désigné comme « l’Afrique en miniature » pour sa diversité ethnique, linguistique et culturelle, fait face à de nombreux défis de développement. Le modèle montre comment l’État développementaliste communautaire (EDC) pourrait être mis en œuvre de manière pratique pour résoudre les crises structurelles qui entravent son progrès.
Le modèle propose une refonte en profondeur des structures politiques et économiques du Cameroun, notamment par une réorganisation fédérale en quatre grandes régions et une décentralisation des pouvoirs. Cette approche permet de mieux répondre aux besoins locaux tout en renforçant l’unité nationale.
Une collaboration interdisciplinaire pour une analyse complète
L’un des points forts de ce modèle réside dans la complémentarité de ses auteurs. L’un est professeur de Sciences Politiques et Relations Internationales, et l’autre est Expert en Ingénierie et Systèmes énergétiques y compris l’énergie atomique. Ensemble, ils proposent une analyse à la fois théorique et pragmatique, en croisant des disciplines variées pour offrir des solutions concrètes aux problèmes de gouvernance et de développement en Afrique subsaharienne.
L’État Développementaliste Communautaire (EDC), étant conçu spécifiquement à partir des spécificités de l’Afrique subsaharienne, le modèle est adaptable à chaque pays de cette région. Ainsi, dans le livre Construction d’unÉtat Développementaliste Communautaire: Le Cameroun, le concept d’EDC est appliqué au cas du Cameroun. Cela permet de montrer comment ce modèle peut être mis en œuvre de manière pratique pour répondre aux défis uniques de développement que rencontre le Cameroun, tout en tirant parti de ses atouts culturels et communautaires pour stimuler une croissance économique durable et inclusive.
L’élection de Kemi Badenoch à la tête du Parti conservateur britannique marque un tournant dans la politique britannique, parallèlement à l’importance du rôle de Kamala Harris en tant que première femme vice-présidente des États-Unis et peut -être présidente . Ces deux dirigeantes représentent des réalisations historiques pour les femmes et les minorités dans des institutions traditionnellement conservatrices, et leur ascension a de profondes implications pour les jeunes et les femmes aspirantes à un poste de dirigeante dans le monde entier, en particulier dans les anciennes colonies britanniques comme le Nigeria et le Cameroun.
Leadership jeune et pouvoir de représentation
Kemi Badenoch
À 44 ans, la jeunesse de Badenoch est un facteur frappant, en particulier au sein du Parti conservateur, connu pour sa préférence pour les politiciens chevronnés. De même, Harris, bien qu’elle soit plus âgée, apporte une perspective nouvelle au pouvoir exécutif américain, et son passé de femme d’origine africaine et sud-asiatique incarne la diversité dans une sphère historiquement dominée par des hommes blancs plus âgés. Les deux femmes brisent les codes, remettent en question les idées reçues sur les personnes « aptes » à diriger la politique et apportent des perspectives éclairées par leurs expériences uniques.
L’ascension de Badenoch offre à la jeunesse britannique une nouvelle vision du leadership qui va au-delà de l’image traditionnelle des chefs de parti. Son âge, combiné à son approche dynamique, reflète le désir croissant des jeunes d’avoir des représentants qui comprennent leurs valeurs et leurs préoccupations. Ce changement a des implications plus larges pour les jeunes des anciennes colonies britanniques, comme le Cameroun et le Nigéria, où les jeunes voix sont souvent marginalisées au profit de personnalités politiques plus âgées et bien établies. En assumant un rôle aussi important dans la politique britannique, Badenoch signale que les jeunes peuvent et doivent être inclus aux plus hauts niveaux de prise de décision, un message qui résonne auprès des jeunes Africains désireux de voir des changements similaires dans leur propre paysage politique.
L’autonomisation des femmes et la redéfinition des normes de leadership L’ascension de Badenoch au leadership en tant que femme d’origine nigériane au sein du Parti conservateur reflète la nature révolutionnaire du rôle de Kamala Harris dans l’administration américaine. Harris a brisé les barrières raciales et de genre en devenant la première femme vice-présidente noire et sud-asiatique, et sa position sur la scène internationale a inspiré les femmes et les filles du monde entier. La position de Badenoch en Grande-Bretagne a un pouvoir similaire ; son leadership remet en question les stéréotypes sur les femmes, les minorités et les immigrés, en particulier dans les cadres conservateurs. Les deux dirigeants illustrent l’idée que des voix diverses sont essentielles pour façonner les politiques et relever les défis modernes, inspirant les femmes et les filles à s’imaginer dans des rôles puissants et impactants.
Pour les jeunes femmes africaines, voir deux femmes d’origine africaine occuper des postes aussi influents en Occident est une source profonde d’inspiration. La représentation politique des femmes dans de nombreux pays africains reste faible, souvent limitée par des rôles de genre profondément enracinés et des attentes sociétales. Le leadership de Badenoch et Harris fournit des exemples concrets de femmes excellant dans des environnements à enjeux élevés, traditionnellement dominés par les hommes. Leurs réalisations exhortent les sociétés africaines à reconsidérer les normes de genre et encouragent les jeunes femmes à aspirer à des rôles de direction sans craindre les limitations systémiques ou culturelles. Ce parcours commun de rupture des barrières renforce un puissant récit : les femmes de tous horizons, lorsqu’elles sont autonomisées, peuvent conduire des changements substantiels et un leadership aux plus hauts niveaux.
Un nouveau modèle de leadership pour les jeunes du monde entier et les communautés de la diaspora Badeenoch et Harris représentent toutes deux un nouveau modèle de leadership, qui trouve un écho auprès des jeunes du monde entier et des communautés de la diaspora. En tant qu’enfants d’immigrants, elles portent des perspectives façonnées par des origines multiculturelles et un sentiment d’identité mondiale, ce qui rend leur leadership très pertinent dans le monde interconnecté d’aujourd’hui. Leurs expériences correspondent aux priorités d’une génération qui valorise l’inclusion, la diversité et le leadership axé sur les solutions, des traits particulièrement attrayants pour les jeunes en quête de changement.
Kamala Harris
Dans les communautés de la diaspora africaine, Badenoch et Harris sont de puissants symboles de ce qui est possible pour les individus issus de groupes historiquement marginalisés. Leur succès souligne que le leadership politique n’est plus limité par la race ou le sexe, et que les jeunes d’horizons divers peuvent et doivent aspirer à apporter des contributions significatives à la gouvernance mondiale. En accédant à ces rôles importants, Badenoch et Harris démantèlent les notions persistantes de « qui appartient », réaffirmant aux jeunes d’horizons divers qu’ils sont tout aussi capables et méritants d’occuper des postes de direction.
Un héritage durable pour les générations futures Le parallèle entre le leadership de Badenoch et de Harris s’étend au-delà de leurs rôles immédiats. Leurs réalisations jettent les bases pour les générations futures, établissant un héritage d’inclusion et de résilience. Leur succès souligne un changement profond dans la politique mondiale, où les dirigeants sont de plus en plus représentatifs des populations qu’ils servent. Cette évolution est porteuse d’un message fort pour les jeunes du monde entier : le leadership n’est plus limité à des groupes démographiques restreints, mais est ouvert à tous ceux qui ont la vision et la détermination de façonner leurs sociétés.
Pour les anciennes colonies britanniques comme le Nigeria et le Cameroun, ce message est particulièrement transformateur. Les jeunes Africains, inspirés par les réalisations de Badenoch et Harris, peuvent se sentir habilités à remettre en question les structures politiques bien ancrées et à suivre des voies de leadership qui leur étaient traditionnellement fermées. Pour les jeunes femmes en particulier, le succès de ces leaders à des postes politiques de haut niveau dans les pays occidentaux pourrait inspirer des aspirations similaires en Afrique, favorisant une nouvelle génération de femmes leaders engagées dans la conduite de réformes sociales et politiques.
En résumé, l’élection de Kemi Badenoch à la tête du Parti conservateur en Grande-Bretagne et la vice-présidence historique de Kamala Harris aux États-Unis illustrent une nouvelle ère de leadership définie par la diversité, la jeunesse et l’autonomisation des femmes. Ensemble, ils redéfinissent qui peut diriger et inspirer les jeunes, en particulier les femmes et les personnes de couleur, à se considérer comme de futurs leaders. Leurs histoires signalent un changement dans le paysage politique mondial, un paysage dans lequel les perspectives diverses et l’énergie de la jeunesse sont non seulement bienvenues mais essentielles. Ce modèle de leadership peut inspirer les jeunes Africains et les femmes du monde entier à prendre le relais du changement, à dépasser les frontières traditionnelles et à œuvrer pour un monde qui reflète véritablement les origines et les expériences variées de ses habitants.
Je vous partage ici le COMMENTAIRE d’un lecteur et ma RÉPONSE sur notre modèle de développement c’est- a-dire: l’Etat Développementaliste Communautaire( EDC) et le PROTECTIONISME.
COMMENTAIRE:
Bonjour Pr. Dans quelle mesure la construction d’un État Développementariste Communautaire et donc fondamentalement protectionniste, pourrait s’accommoder aux dynamiques d’intégration régionale et être compétitif dans un contexte de libre circulation (marché commun) et autres défis liés aux APE?
J’ai l’impression de ne pas bien saisir, je saurais gré d’un échange instructif à ce sujet.
MA RÉPONSE:
Bonjour,
je t’invite à la première dédicace qui aura lieu le 13 Novembre au Palais des congrès de Yaoundé Nous aurons largement le temps d’en parler et tu auras la possibilité d’avoir l’ouvrage.
Ceci étant dit, voici quelques éléments de réponses à tes interrogations.
Ta question soulève un point crucial sur les défis auxquels pourrait faire face un État Développementaliste Communautaire (EDC) dans le cadre de l’intégration régionale et des accords de libre-échange, tels que les Accords de Partenariat Économique (APE).
Protectionnisme et Intégration Régionale
L’approche de l’EDC se base sur le protectionnisme pour soutenir l’économie locale en protégeant les industries nationales et en favorisant les investissements domestiques. Cependant, il est possible de combiner cette stratégie avec les dynamiques d’intégration régionale en adaptant les mesures protectionnistes. Par exemple, l’État peut définir des secteurs stratégiques où le protectionnisme est justifié à des fins de développement industriel, tout en autorisant une ouverture progressive sur les autres marchés africains pour des produits compétitifs. Cela permettrait d’assurer la compétitivité des industries locales tout en respectant les engagements d’intégration régionale.
Compétitivité dans un Marché Commun
L’EDC pourrait s’engager dans une stratégie de compétitivité régionale par étapes. Au lieu d’ouvrir immédiatement l’ensemble de ses secteurs, l’État pourrait identifier les industries qui sont prêtes pour la compétition régionale et investir dans celles-ci pour améliorer leur productivité et leurs normes de qualité. L’objectif serait de transformer progressivement les industries nationales protégées en industries compétitives au niveau régional, créant ainsi un équilibre entre protection intérieure et expansion dans le marché commun.
Défis des APE et Adaptation de l’EDC
Les APE avec l’Union Européenne posent un défi particulier puisqu’ils imposent des baisses tarifaires sur les produits européens. Pour un EDC, il serait pertinent de négocier des exceptions sectorielles et des périodes de transition prolongées pour les industries naissantes. Parallèlement, l’État pourrait tirer parti des APE pour stimuler les investissements dans des industries locales orientées vers l’exportation, bénéficiant de l’accès privilégié aux marchés européens, tout en soutenant la montée en puissance de celles-ci par des politiques de subventions et d’incitations.
Une Vision de Long Terme
En somme, l’approche développementaliste communautaire n’est pas nécessairement incompatible avec la libre circulation et les APE. L’essentiel est de construire un équilibre qui permet de préserver les intérêts nationaux et de développer progressivement une compétitivité régionale. L’État peut jouer un rôle actif en orientant les ressources vers les secteurs porteurs, en investissant dans le renforcement des capacités et en adoptant des politiques commerciales intelligentes pour naviguer entre protectionnisme et ouverture.
Cette démarche permettrait ainsi de bâtir une économie résiliente, capable de s’intégrer progressivement dans les marchés régionaux et mondiaux, sans sacrifier le développement national. J’espère que cela clarifie les liens entre le modèle de l’EDC et les enjeux d’intégration régionale. N’hésite pas à échanger davantage si tu as des questions. PR JIMMY YAB
Pourquoi le Cameroun Doit Encourager ses Talents Internationaux
Dans son article 29 Octobre 2024, Le système Biya, pire ennemi du Cameroun à l’international ?, Georges Dougueli met en lumière les obstacles que le gouvernement camerounais semble ériger pour limiter l’accession de ses citoyens aux postes internationaux. Selon Dougueli, cette réticence s’enracine dans une méfiance politique visant à éviter l’émergence de figures influentes pouvant devenir des concurrents pour le pouvoir en place. Voici les principaux arguments avancés par l’auteur :
Réticence du Pouvoir Camerounais à Soutenir les Candidats Internationaux : Dougueli pointe un recul manifeste du soutien gouvernemental aux Camerounais cherchant des postes stratégiques dans les organisations internationales, attribuant cela à une crainte de l’apparition de nouveaux leaders susceptibles de contester le pouvoir actuel.
Nostalgie de l’Époque Ahidjo : Sous la présidence d’Ahmadou Ahidjo, les ressortissants camerounais étaient encouragés à occuper des postes de premier plan dans des institutions telles que l’Organisation de l’unité africaine (OUA) et les Nations Unies, contribuant au rayonnement international du Cameroun.
Les « Orphelins à l’International » : Simon Pascal Alain Handy, ancien diplomate camerounais, décrit les Camerounais comme abandonnés sur le marché de l’emploi international. Son propre parcours, marqué par des obstacles administratifs dus au manque de soutien de son gouvernement, illustre une tendance généralisée.
Surveillance et Méfiance envers les Camerounais à l’Étranger : L’article indique que le président Paul Biya, ainsi que ses services spéciaux, surveillent les Camerounais évoluant à l’international, craignant leur loyauté et soupçonnant qu’ils puissent nourrir des ambitions politiques.
Comparaison avec le Gabon : Dougueli compare cette attitude du Cameroun à celle du Gabon, où Omar Bongo, puis son fils Ali, surveillaient de près les carrières internationales de leurs compatriotes, montrant une tendance similaire de méfiance au sein de certains États africains.
Doctrine de Léopold Ferdinand Oyono : Dougueli cite une recommandation de Léopold Ferdinand Oyono, haut diplomate camerounais, qui aurait dissuadé de soutenir les Camerounais à l’international dont la fidélité politique n’était pas garantie, affirmant ainsi la doctrine actuelle de prudence du Cameroun envers ses ressortissants ambitieux.
Exemples d’Obstacles aux Carrières Internationales de Camerounais : Plusieurs exemples illustrent cette doctrine, dont les candidatures retardées de Théodore Nkodo pour la Banque Africaine de Développement ou de Philippe Camille Akoa pour ONU-Habitat, où l’inaction du gouvernement a compromis leurs chances.
Cas Isolé de Philémon Yang : L’article mentionne Philémon Yang comme une rare exception, élu président de l’Assemblée générale des Nations unies, bien que l’auteur considère cela comme une anomalie dans une tendance générale de retrait du soutien aux Camerounais.
L’ensemble de ces arguments met en évidence une stratégie politique où le gouvernement camerounais se méfie de l’influence que pourraient acquérir ses ressortissants à l’international, perçue comme potentiellement menaçante pour le régime en place.
Cependant, cette attitude ne devrait pas prévaloir. À l’inverse, soutenir les talents camerounais sur la scène internationale représente une opportunité unique de renforcement de l’image, de l’influence et des intérêts du Cameroun. De nombreux pays ont compris que promouvoir leurs ressortissants à l’étranger est non seulement un levier de rayonnement, mais aussi un moyen de défendre activement leurs intérêts stratégiques.
Les Pays qui Investissent dans la Promotion de leurs Talents à l’International
Le Rwanda : Sous Paul Kagame, le Rwanda soutient fermement ses citoyens pour occuper des postes internationaux, comme Louise Mushikiwabo, devenue Secrétaire Générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie. Ce soutien a permis de renforcer l’influence diplomatique du Rwanda et de développer son image positive.
La France : La France place activement ses ressortissants dans les organisations internationales comme l’ONU, l’OTAN et l’Union européenne, utilisant cette présence pour influencer des décisions clés et faire avancer ses intérêts nationaux.
La Corée du Sud : Avec des figures comme Ban Ki-moon, ancien secrétaire général de l’ONU, la Corée du Sud illustre comment le soutien à des talents nationaux peut renforcer le soft power d’un pays et augmenter son rayonnement diplomatique.
L’Inde : Forte de sa diaspora, l’Inde encourage ses citoyens à exceller dans des organisations mondiales telles que l’OMS et la Banque mondiale, permettant ainsi d’élargir l’influence et les partenariats de l’Inde à travers le monde.
Le Brésil : En Amérique latine, le Brésil utilise la présence de ses diplomates dans des organisations comme la Banque interaméricaine de développement pour asseoir son leadership régional et défendre ses intérêts économiques et politiques.
Ces exemples montrent que la promotion de citoyens au sein des organisations internationales offre des avantages significatifs pour le pays d’origine, en termes d’influence politique, d’ouverture économique, et d’amélioration de l’image à l’étranger. Le Cameroun a tout à gagner en soutenant ses candidats et en réintégrant une diplomatie proactive pour placer ses talents dans des rôles stratégiques.
Pourquoi le Cameroun Doit Revoir sa Stratégie
Encourager les Camerounais à occuper des postes d’influence ne devrait pas être perçu comme une menace pour le pouvoir en place, mais bien comme un moyen de redonner au Cameroun une influence internationale significative. Je recommande une politique de soutien inconditionnel des talents camerounais pour des postes internationaux. Le Cameroun a tout à gagner à se rapprocher des modèles rwandais, français ou sud-coréen pour assurer une présence internationale forte, propice au développement économique et politique. Soutenir les talents camerounais sur la scène mondiale, c’est non seulement valoriser les compétences de la nation, mais également accroître les possibilités de partenariats internationaux, de financements, et de projets de développement en faveur du pays.
L’article de Dougueli, bien qu’il soulève des obstacles actuels, devrait servir de catalyseur pour repenser la diplomatie camerounaise et encourager le pays à exploiter pleinement le potentiel de ses citoyens pour mieux se positionner dans un monde de plus en plus interconnecté.
Par l’Association d’Amitié Chine Cameroun (AACC) et l’Observatoire Chine-Afrique Francophone (OCAF)
BEIJING, le 11 octobre 2024 — Le Président chinois Xi Jinping a présidé la Conférence Internationale d’Amitié à Beijing à laquelle nous avons assisté, un événement marquant le 70e anniversaire de l’Association du Peuple Chinois pour l’Amitié avec l’Étranger (CPAFFC). Cette conférence a réuni près de 200 participants internationaux, incluant d’anciens dirigeants politiques, des membres de familles royales et des représentants d’organisations de coopération internationale. La rencontre a mis en avant la vision de Xi Jinping d’une « communauté de destin partagé » et le rôle essentiel de la diplomatie populaire dans le renforcement des Relations Internationales.
Un Engagement Renouvelé pour l’Amitié entre les Peuples
Dans son discours d’ouverture, le Président Xi Jinping a souligné le fondement que représente l’amitié entre les peuples dans la stabilité et la prospérité mondiale. Rappelant les 75 ans de développement de la Chine depuis la fondation de la République Populaire, il a noté que ce progrès n’aurait pas été possible sans le soutien de nombreux partenaires internationaux. « Nous nous souviendrons toujours de vos contributions importantes à la Chine et de l’amitié sincère qui s’est développée avec le peuple chinois, » a déclaré Xi.
En insistant sur le rôle central de la CPAFFC dans l’établissement de liens entre les peuples, Xi a réaffirmé que la diplomatie populaire est essentielle pour créer un monde plus équitable et pacifique. Cette approche, selon lui, doit servir de modèle dans un contexte global marqué par des transformations profondes.
Bâtir une Communauté de Destin Partagé pour l’Humanité
Dans son allocution, Xi Jinping a fait écho aux défis contemporains en appelant à la création d’une « communauté de destin partagé pour l’humanité ». Dans cette vision, il a exposé trois axes essentiels :
Responsabilité partagée : Selon Xi, « nous devons construire un large consensus sur la création d’une communauté avec un avenir commun pour l’humanité », en s’appuyant sur des valeurs telles que la paix, le développement et la justice. Il a prôné un monde multipolaire, caractérisé par l’égalité et une mondialisation inclusive.
Coopération gagnant-gagnant : Xi a réitéré que la modernisation de la Chine ne vise pas un développement autocentré. Il a encouragé les nations étrangères à participer activement à ce processus, dans une approche qui favorise la prospérité partagée et le développement pacifique à l’échelle mondiale.
Dialogue des civilisations : Xi Jinping a défendu un modèle de diplomatie qui valorise les échanges interculturels. En s’appuyant sur la tradition chinoise d’ouverture, il a promu l’Initiative pour la Civilisation Globale, visant à dépasser les conflits pour instaurer un dialogue constructif.
En conclusion, Xi a déclaré que la diplomatie chinoise est au service du peuple et que le gouvernement chinois soutiendra pleinement la CPAFFC pour poursuivre sa mission d’amitié internationale et de coopération pragmatique.
Témoignages des Invités d’Honneur
Parmi les invités, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo et l’ancien président de l’Assemblée nationale de Thaïlande, Bhokin Bhalakula, ont exprimé leur admiration pour le développement rapide de la Chine sous la direction de Xi Jinping. Ils ont salué les initiatives de Xi telles que la « Belt and Road Initiative » comme autant de signes de sa vision pour un monde plus interconnecté et solidaire. La Chine, ont-ils affirmé, est aujourd’hui une source d’espoir pour les pays en développement, ayant démontré qu’il est possible d’éradiquer la pauvreté absolue et d’atteindre une croissance inclusive.
Un Message de Paix et de Prospérité pour le Monde
La Conférence Internationale d’Amitié et le 70e anniversaire de la CPAFFC témoignent de la volonté de la Chine de promouvoir une diplomatie populaire en soutien à la coopération internationale. En invitant des partenaires du monde entier à s’associer à sa modernisation, la Chine se pose en acteur responsable et soucieux de bâtir une humanité unie autour de valeurs communes. Cette démarche, pilotée par Xi Jinping, engage les relations internationales vers un futur basé sur la solidarité, le respect et la prospérité partagée.
Perspectives et Prochaines Étapes
À l’heure où le monde est à un carrefour historique, la conférence a montré que la diplomatie populaire peut jouer un rôle de premier plan dans la résolution des défis globaux. Sous l’impulsion de Xi Jinping et avec le soutien de la CPAFFC, la Chine s’engage à développer des relations amicales et pacifiques, tout en offrant aux nations partenaires des opportunités de développement mutuellement bénéfiques. Ce dialogue international marque un nouveau chapitre dans les efforts de la Chine pour un avenir partagé, et la CPAFFC continuera de renforcer ces liens dans les années à venir.
PR. JIMMY YAB
President de l’Association d’Amitié Chine Cameroun (AACC) et de l’Observatoire Chine-Afrique Francophone (OCAF)
« Décoloniser l’éducation africaine : Écarter les philosophes racistes pour redonner du pouvoir intellectuel et spirituel a l’Afrique
Lorsque j’ai écrit « Kant and the Politics of Racism: Towards Kant’s Racialised Form of Cosmopolitan Right » c’est-a-dire: Kant et la politique du racisme : Vers une forme racialisée du droit cosmopolitique chez Kant, publié en 2021 par Palgrave Macmillan, l’une des plus prestigieuses maison d’edition occidentale, mon objectif principal était de dévoiler les préjugés raciaux profondément ancrés dans la philosophie de Kant, un biais qui n’est pas unique à lui, mais partagé par d’autres penseurs des Lumières tels que David Hume, Voltaire et Georg Wilhelm Friedrich Hegel. Ces philosophes, largement célébrés pour leurs contributions intellectuelles, ont également propagé des idées qui soutenaient et justifiaient les hiérarchies raciales au fondement du colonialisme et de l’oppression. Dans les universités africaines, où le contenu éducatif devrait être aligné avec les objectifs de libération, de valorisation culturelle et de décolonisation, l’inclusion non critique de telles figures dans les programmes représente un risque. Voici les principaux arguments pour lesquels des philosophes comme Kant et d’autres ayant des points de vue similaires devraient être réévalués, voire exclus, des programmes universitaires en Afrique.
1. La perpétuation des hiérarchies raciales dans l’éducation
Le concept de droit cosmopolitique de Kant, qui en apparence semble universel, soutient implicitement une hiérarchie plaçant les Européens au sommet, les considérant comme moralement et intellectuellement supérieurs aux autres races. Si ces perspectives sont enseignées sans recul critique, elles peuvent subtilement promouvoir un sentiment d’infériorité chez les étudiants africains, sapant ainsi leur identité culturelle et perpétuant des mentalités coloniales. En intégrant Kant dans les programmes sans un cadre critique qui souligne ses préjugés raciaux, nous risquons de maintenir un modèle qui place la pensée occidentale—spécifiquement celle empreinte de préjugés raciaux—comme le summum du raisonnement philosophique.
D’autres philosophes, tels que David Hume et Hegel, partageaient des vues également destructrices sur la race. Hume qualifiait les Africains d’« inférieurs par nature » aux Européens, tandis que Hegel décrivait l’Afrique comme un continent sans histoire ni civilisation. Continuer d’enseigner ces perspectives comme des piliers philosophiques dans les universités africaines revient, en quelque sorte, à valider leurs présupposés racistes et à dénigrer l’héritage et les capacités intellectuelles africaines.
2. Incompatibilité avec les objectifs de décolonisation en Afrique
L’éducation en Afrique est aujourd’hui perçue comme un outil de décolonisation, un moyen de cultiver la pensée indépendante, la fierté culturelle et l’émancipation socio-économique. Cependant, l’intégration non critique de philosophes ayant soutenu des idéologies colonialistes va directement à l’encontre de ces objectifs de décolonisation. Des figures comme Kant et Voltaire ont contribué à un héritage philosophique justifiant l’exploitation et la déshumanisation des Africains, qui fut à la base du projet colonial.
Lorsque j’ai écrit Kant et la politique du racisme, j’ai souligné l’urgence de réévaluer les philosophies présentées comme des « vérités universelles ». En écartant—ou au moins en recontextualisant de manière critique—ces penseurs, nous créons un espace pour des philosophies africaines qui favorisent le respect de soi, la résilience et l’indépendance intellectuelle.
3. Impact psychologique sur les étudiants africains
L’inclusion de philosophes ayant dénigré les cultures non-européennes crée un environnement psychologique néfaste pour les étudiants africains. Une exposition répétée à des penseurs reléguant les Africains à des rôles inférieurs dans leurs cadres philosophiques peut influencer subtilement la perception de soi des étudiants. L’héritage éducatif colonial a déjà présenté l’Afrique et ses habitants comme étant « dépourvus » de civilisation ou d’intellect. Enseigner ces œuvres sans analyse critique risque de perpétuer un sentiment d’infériorité internalisé, un vestige colonial qui continue d’affecter le bien-être psychologique des étudiants africains.
Dans mon livre, je montre comment la représentation de Kant des non-Européens comme étant moralement et rationnellement inférieurs sous-tend son cosmopolitisme. En présentant Kant et ses contemporains comme le sommet de l’accomplissement intellectuel, nous risquons de réinscrire les mêmes hiérarchies coloniales dont les nations africaines cherchent encore à se libérer.
4. Philosophies alternatives pour les contextes africains
Des intellectuels africains tels que Cheikh Anta Diop, Fabien Eboussi Boulaga et Kwasi Wiredu proposent des philosophies ancrées dans les contextes, cultures et expériences africains, offrant des cadres précieux pour aborder les problématiques contemporaines africaines. Remplacer ou compléter les programmes avec ces penseurs ne refléterait pas seulement les réalités vécues des étudiants africains, mais inspirerait également une fierté dans les accomplissements intellectuels africains. Lorsque les universités en Afrique priorisent Kant ou Hegel au détriment de Diop ou Wiredu, elles relèguent les contributions des penseurs africains qui répondent mieux aux réalités historiques et culturelles du continent.
Dans mon livre, je montre comment, en se tournant vers la philosophie africaine, c’est-a- dire celle des africains, les universités africaines peuvent cultiver un environnement éducatif qui soutient l’émancipation et la fierté culturelle. Les penseurs africains ont développé des philosophies éthiques, politiques et sociales complètes ; leur inclusion dans les programmes servirait bien mieux les étudiants africains que des philosophes dont l’héritage est lié à la subjugation raciale.
5. Promouvoir un cosmopolitisme réellement inclusif
Enfin, l’objectif d’une éducation cosmopolite devrait être de favoriser le respect mutuel, la compréhension interculturelle et une inclusion authentique. Les philosophies de Kant et de ses contemporains, cependant, contredisent ces idéaux en excluant les non-Européens de leurs définitions d’êtres moraux et rationnels. Une éducation plus inclusive en Afrique devrait critiquer et remettre en question ces limitations, en favorisant un cosmopolitisme qui valorise toutes les cultures de manière égale.
En conclusion, comme je le soutiens dans« Kant and the Politics of Racism: Towards Kant’s Racialised Form of Cosmopolitan Right », les universités africaines devraient réévaluer avec soin la place de Kant et d’autres philosophes empreints de préjugés raciaux dans leurs programmes. Plutôt que d’enseigner ces figures sans recul critique, les universités devraient privilégier des penseurs dont le travail s’aligne avec les objectifs de libération, d’émancipation et d’inclusion authentique pour les étudiants africains.
Je me permets ici de partager le point de vue d’un ami et frère en réaction à mon article intitulé : « Présidente ou Vice-Présidente en 2025 : Le Cameroun prêt pour un Leadership Féminin », car il soulève une question fondamentale : celle de la notion d’Institutions Fortes versus Hommes Forts. Ce débat fait écho à la position de Barack Obama, qui affirme : « L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes et fiables. » Cette citation ouvre une réflexion profonde sur le rôle des leaders dans la construction des fondations durables d’une nation.
Je vous partage également ma réponse à ce débat, dans laquelle j’analyse et développe la vision de ce que signifie réellement un leadership fort et responsable dans le contexte africain et au-delà. »
LE TEXTE DE MON AMI ET FRERE
« Bonjour Jimmy, excuse-moi, mais le problème du Cameroun se situe ailleurs. Les Camerounais ne revendiquent ni la parité des genres dans l’attribution des responsabilités politiques, ni l’équilibre régional, contrairement à ce que certains activistes manipulateurs veulent souvent faire croire dans leur interprétation des conflits actuels.
Le véritable problème du Cameroun est celui de la mauvaise gouvernance, ainsi que l’absence de définition d’une vision et d’une dynamique orientées vers un progrès industriel et économique réel.
En réalité, nous perdons beaucoup de temps dans des débats dits démocratiques, qui ne sont en fait qu’une distraction orchestrée par le néocolonialisme, nous maintenant ainsi dans une position de dépendance pendant qu’il continue de nous piller. Nous devons regarder ailleurs, nous affranchir du néocolonialisme, créer nos propres chaînes de valeur, nous réinventer et nous projeter dans les relations internationales sans paternalisme, qu’il soit occidental ou oriental. C’est de cela que nous avons besoin.
Et, bien sûr, je donne raison à Barack Obama lorsqu’il affirmait : « L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes et fiables. » Pour ma part, je voudrais reprendre cette phrase en ajoutant que l’Afrique n’a besoin ni d’hommes ni de femmes forts, mais d’une vision de progrès indépendante, soutenue par des institutions solides et dignes de confiance.
Bonne journée, mon frère. »
MA REPONSE
Mon très cher ami et frère,
Tu as raison de dire que le Cameroun a besoin d’une vision de progrès, et qu’il est crucial de se libérer du néocolonialisme pour construire nos propres chaînes de valeurs. Cependant, il est important de souligner que des institutions fortes ne peuvent pas naître spontanément ni fonctionner de manière autonome sans l’action et l’influence de leaders véritablement forts et visionnaires. Ce sont des hommes et des femmes forts, au sens noble du terme, qui construisent et laissent en héritage des institutions solides, capables de soutenir un progrès durable.
Hommes et Femmes Forts : Une Force de Transformation Positive
Quand Barack Obama parle d’“hommes forts”, il critique, en effet, des figures autocratiques comme Mobutu Sese Seko au Congo ou Hissène Habré au Tchad. Ces leaders, bien qu’autoproclamés patriotes, ont concentré le pouvoir entre leurs mains, privant leurs pays d’institutions solides capables de les survivre. Mobutu a régné sur le Congo avec une poigne de fer, laissant un pays affaibli, marqué par la corruption et le népotisme, où les institutions publiques étaient peu efficaces. Hissène Habré, quant à lui, a instauré un régime de terreur au Tchad, réprimant violemment toute opposition et laissant derrière lui un pays économiquement dévasté et institutionnellement fragile. Ces exemples montrent que le terme “homme fort” dans son sens négatif se traduit par un pouvoir personnel oppressant et destructeur, sans réelle vision pour l’avenir collectif.
À l’opposé, un homme ou une femme fort(e), dans le sens positif, est quelqu’un qui agit avec intégrité et vision pour bâtir une nation capable de résister aux épreuves et de prospérer, même après son départ. Nelson Mandela incarne ce type de leader tout comme Ellen Johnson Sirleaf du Liberia.
L’Héritage de Mandela : Un Modèle d’Institutions Durables en Afrique du Sud
Nelson Mandela incarne parfaitement ce type de leadership fort et désintéressé. Sa vision d’une Afrique du Sud pacifiée et démocratique a guidé son action, et en choisissant de quitter le pouvoir après un seul mandat, il a montré que son objectif n’était pas personnel, mais de construire une nation forte, appuyée sur des institutions solides. Mandela a travaillé pour bâtir une société fondée sur l’égalité des droits, la justice et la réconciliation. Son influence perdure aujourd’hui dans les institutions sud-africaines, qui, bien que confrontées à des défis, continuent de résister aux tentations de la dictature et de la centralisation du pouvoir grâce à la culture démocratique qu’il a implantée. Son héritage institutionnel, fondé sur la transparence et la primauté de la Constitution, est devenu un socle sur lequel l’Afrique du Sud a pu s’appuyer, même après sa retraite.
Ellen Johnson Sirleaf : Une Femme Forte pour le Renouveau du Libéria
L’exemple d’Ellen Johnson Sirleaf au Libéria illustre aussi le pouvoir transformateur d’un leader visionnaire. Première femme élue présidente en Afrique, elle a pris la tête d’un pays ravagé par des années de guerre civile et de corruption. Sa gouvernance a mis l’accent sur la reconstruction de l’État, la transparence, et la restauration de la paix. Elle a activement travaillé à réformer les institutions et à éradiquer la corruption systémique qui minait le pays. Aujourd’hui, le Libéria bénéficie d’institutions plus stables et d’un système judiciaire renforcé, des avancées directement héritées de l’engagement de Sirleaf pour le bien public. Contrairement aux dictateurs qui s’accrochent au pouvoir pour consolider leur emprise personnelle, Sirleaf a œuvré à renforcer la nation en posant les bases d’un État plus résilient, capable de répondre aux besoins des citoyens.
Le Genre et la Bonne Gouvernance : Une Question de Diversité et d’Inclusion
La mal-gouvernance, que tu mentionnes, peut également être interprétée à travers le prisme de la diversité des genres dans le leadership. Les études montrent que dans des pays comme la Norvège, la Suède, et le Danemark, où les femmes occupent des postes décisionnels élevés, on observe des niveaux de corruption plus bas, une meilleure gestion des ressources publiques et une plus grande stabilité. Par exemple, en Finlande, la Première ministre Sanna Marin, entourée de nombreuses femmes au gouvernement, a contribué à des politiques plus inclusives, notamment en matière de justice sociale et d’égalité des chances. En introduisant plus de voix féminines, ces nations ont su équilibrer et renforcer leur gouvernance.
L’Afrique dispose également de ses propres exemples de femmes leaders qui ont contribué à la construction d’institutions solides. Ellen Johnson Sirleaf, ancienne présidente du Libéria, comme je l’ai dejà dit a su restaurer la paix et réformer les institutions publiques dans un pays marqué par la guerre civile. Sa gouvernance a non seulement contribué à stabiliser le Libéria, mais a également donné l’exemple de ce qu’un leadership féminin engagé peut accomplir.
Les Institutions Fortes : Un Héritage des Leaders Visionnaires
Les institutions fortes ne naissent pas dans un vide. Elles sont le fruit de la volonté d’hommes et de femmes qui comprennent leur importance pour le développement à long terme d’un pays. Lorsque des leaders visionnaires construisent des institutions, ils assurent leur stabilité au-delà de leur propre mandat. Par exemple, au Ghana, Kwame Nkrumah a posé les bases d’un modèle de développement indépendant, valorisant la souveraineté africaine et la création de ressources locales. Bien que son mandat ait été interrompu, son influence a inspiré les générations futures et les institutions ghanéennes.
D’autres exemples mondiaux, comme Angela Merkel en Allemagne, montrent que la force d’un(e) leader visionnaire contribue à renforcer les structures politiques et économiques d’un pays, en mettant l’accent sur l’équité, la rigueur et l’intégrité. Sous sa direction, l’Allemagne a prospéré et est devenue l’une des principales puissances de l’Europe, en grande partie grâce aux institutions solides qu’elle a su renforcer et léguer.
Conclusion : Une Vision et des Leaders pour un Cameroun Fort
Je suis d’accord avec toi, sur le fait que le Cameroun doit s’émanciper des chaînes du néocolonialisme et forger sa propre voie de progrès. Toutefois, ce progrès ne pourra se réaliser que si nous avons des leaders — hommes et femmes — capables de bâtir des institutions robustes et durables. Il est clair que des institutions fortes ne naissent pas dans le vide. Elles nécessitent l’impulsion d’hommes et de femmes forts au sens noble, qui comprennent leur responsabilité envers le peuple. Mandela et Sirleaf montrent que des leaders visionnaires peuvent transformer leur pays en construisant des structures solides, qui, loin d’être le prolongement de leur pouvoir personnel, sont au service de la société. À l’opposé, les régimes tyranniques comme ceux de Mobutu ou Hissène Habré n’ont laissé qu’un héritage de peur et de ruine.
Pour le Cameroun, et pour l’Afrique en général, il est donc essentiel de promouvoir un leadership qui allie vision, intégrité et engagement pour le bien commun, afin de bâtir des institutions capables de soutenir un développement durable et de résister aux aléas du pouvoir dictatorial.
Le Pr Viviane Ondoua Biwolé, dans son étude approfondie sur la gestion des entreprises publiques camerounaises, fait des révélations accablantes qui soulèvent une question urgente : la nécessité d’un soutien actif de ses collègues de l’académie camerounaise. Elle révèle que 43 présidents de Conseil d’Administration (PCA) ont illégalement perçu 634 millions de francs CFA depuis juillet 2023, alors même que la durée de leur mandat excède la limite légale fixée par la loi de 2017. En outre, ces dirigeants illégaux, dont les mandats auraient dû être révoqués, ont contribué à une perte de 195 milliards de francs CFA pour l’État du Cameroun entre 2020 et 2024.
Face à cette situation préoccupante, il est clair que le Pr Ondoua Biwolé ne peut porter seule le fardeau de ces révélations. Ses collègues universitaires, experts en gouvernance, économie, droit et management, doivent s’engager publiquement pour soutenir ses revendications. En effet, son analyse montre que ces dirigeants d’entités publiques perçoivent des rémunérations conséquentes sans que leurs résultats soient à la hauteur des attentes, une réalité qui met à mal les finances publiques du pays. Elle souligne que 77 % des 48,4 milliards de FCFA versés aux dirigeants publics entre 2020 et 2024 ont été alloués à des entités qui affichent des performances décevantes voire déficitaires.
Ce constat soulève des questions cruciales sur l’efficacité de la gouvernance et de la gestion des entreprises publiques. Mais pour espérer un changement, le Pr Ondoua Biwolé a besoin d’un large front uni de l’académie camerounaise. Il ne s’agit pas seulement de dénoncer, mais de mobiliser les forces intellectuelles pour exiger une réforme des pratiques de gestion publique, tout en proposant des solutions concrètes et adaptées. Le silence de ses collègues face à des révélations aussi graves risque de perpétuer un système où les dirigeants contre-performants continuent de dégrader la valeur des entreprises publiques, tout en bénéficiant d’importantes sommes de l’État.
Le Pr Ondoua Biwolé insiste également sur la nécessité d’évaluer la performance des dirigeants, soulignant que « les dirigeants d’entreprises en stagnation et régression coûtent plus cher à l’État, sans véritablement produire la valeur attendue ». À cet égard, l’académie camerounaise doit jouer un rôle de premier plan, non seulement en appuyant ces revendications, mais aussi en se positionnant comme un acteur incontournable pour l’amélioration de la gouvernance au Cameroun.
En définitive, l’universitaire ne peut réussir cette mission sans un appui fort et public de ses pairs, qui doivent s’élever contre les pratiques illégales et inefficaces qui affaiblissent l’État. En unissant leurs forces à celles du Pr Viviane Ondoua Biwolé, ils pourront non seulement exiger des comptes, mais aussi œuvrer pour une République plus exemplaire, fondée sur la bonne gouvernance et l’utilisation optimale des ressources publiques.
La jeunesse camerounaise, qui représente une large majorité de la population, détient un potentiel considérable pour influencer le processus électoral en 2025. D’après les données démographiques, environ 65% des Camerounais ont moins de 25 ans, ce qui en fait l’une des populations les plus jeunes du monde. Pourtant, malgré ce poids démographique, les jeunes Camerounais sont marginalisés dans les prises de décision politiques, à cause d’un faible taux d’inscription sur les listes électorales et d’une participation limitée aux élections.
STATISTIQUES SUR LA JEUNESSE CAMEROUNAISE ET LA PARTICIPATION ÉLECTORALE
Pour mesurer l’ampleur de ce défi, il est utile de se pencher sur quelques chiffres récents :
1. Taux d’inscription sur les listes électorales: Lors de l’élection présidentielle de 2018, seuls 6,6 millions de Camerounais étaient inscrits sur les listes électorales, dans un pays de plus de 26 millions d’habitants, dont environ 15 millions sont en âge de voter. La jeunesse, en particulier, est sous-représentée dans ces inscriptions. Les jeunes de moins de 30 ans sont beaucoup moins enclins à s’inscrire, soit par manque de sensibilisation, soit par désenchantement vis-à-vis du processus politique.
2. Chômage et désillusion : Le taux de chômage chez les jeunes au Cameroun, en particulier ceux âgés de 15 à 35 ans, est élevé, avoisinant les 13% selon les statistiques officielles, et bien plus si l’on prend en compte le sous-emploi et le secteur informel. Cette situation de précarité économique pousse de nombreux jeunes à se désintéresser de la politique, jugeant que les dirigeants actuels ne sont pas à même de répondre à leurs besoins. Cependant, cette même jeunesse représente un réservoir d’énergie et d’innovation, essentiel au développement socio-économique du pays.
L’IMPORTANCE DU RENOUVELLEMENT DE LA CLASSE POLITIQUE
Avec des dirigeants vieillissants et une classe politique qui semble peu encline à céder la place aux jeunes, il est impératif que la jeunesse s’inscrive sur les listes électorales pour provoquer un véritable renouvellement de la classe politique. Paul Biya, qui est au pouvoir depuis plus de 42 ans, incarne cette longévité à la tête du pays, et son régime est largement perçu comme déconnecté des aspirations des jeunes générations.
Les élections de 2025 sont une occasion cruciale pour la jeunesse camerounaise de jouer un rôle actif dans la transition politique. Le Cameroun n’a jamais connu de véritable alternance politique, et le maintien de la même élite politique au pouvoir pendant plusieurs décennies a engendré une stagnation des idées et des réformes. Le renouvellement de cette classe passe par l’implication de la jeunesse, non seulement en votant, mais aussi en se présentant à des postes de responsabilité et en portant des projets novateurs pour l’avenir du pays.
PRENDRE SON DESTIN EN MAIN
Les jeunes Camerounais doivent comprendre qu’ils ont le pouvoir de changer les choses. Chaque vote compte, et la participation massive de la jeunesse pourrait influencer significativement les résultats de l’élection de 2025. Voici quelques points sur lesquels la jeunesse peut peser :
1. Réformes économiques et sociales: Avec un chômage des jeunes élevé et une économie dominée par le secteur informel, il est nécessaire de repenser le modèle économique du Cameroun. La jeunesse, en particulier les diplômés, doit s’assurer que les dirigeants qu’elle choisit auront à cœur de favoriser l’emploi, l’entrepreneuriat, et l’accès aux opportunités économiques pour les jeunes.
2. Éducation et technologies: Le système éducatif camerounais, bien qu’il ait produit de nombreux talents, reste en décalage avec les besoins du marché du travail. Les jeunes doivent voter pour des leaders capables de réformer le système éducatif pour qu’il soit en phase avec les nouvelles technologies et l’économie numérique.
3. Lutte contre la corruption: La corruption est un fléau qui freine le développement du Cameroun. Les jeunes, victimes de ce système inégalitaire, doivent s’engager à travers leur vote pour des leaders qui placent la transparence, l’éthique et la bonne gouvernance au cœur de leur programme.
DES JEUNES LEADERS ÉMERGENTS
Un autre enjeu du renouvellement politique réside dans l’émergence de jeunes leaders. Plusieurs jeunes Camerounais ont déjà commencé à se démarquer dans différents secteurs, que ce soit dans l’entrepreneuriat, la société civile ou la politique.
Si la jeunesse prend conscience de sa puissance électorale et de sa capacité à définir l’avenir du Cameroun, le pays pourrait enfin connaître une alternance politique, un changement de paradigme en matière de gouvernance, et une réorientation vers des politiques publiques centrées sur les besoins des nouvelles générations.
L’URGENCE DE S’INSCRIRE ET DE VOTER
La jeunesse camerounaise ne doit pas rester en marge du processus électoral de 2025. Avec un pouvoir démographique important et une volonté manifeste de changement, elle peut influencer de manière significative le futur politique du pays. L’inscription massive des jeunes sur les listes électorales et leur participation active aux élections sont des étapes cruciales pour garantir un renouvellement de la classe politique, et surtout pour que le Cameroun entre dans une nouvelle ère où les aspirations de la majorité des citoyens sont prises en compte.
Les statistiques montrent que la jeunesse camerounaise, en termes numériques, a déjà le pouvoir de changer les choses. Il reste à s’assurer qu’elle utilise ce pouvoir pour prendre son destin en main et assurer un avenir meilleur pour le Cameroun.
L’analyse de l’interview de Marc Brys dans le cadre du complexe de supériorité blanche révèle des dynamiques intéressantes. Dans ses propos, plusieurs éléments pourraient être interprétés comme s’inscrivant dans une relation de pouvoir et de domination souvent associée à des perceptions coloniales ou postcoloniales de la race.
1. Ton paternaliste et condescendant: Marc Brys se présente comme celui qui « dit les vérités » à Samuel Eto’o pour l’aider à « évoluer », une affirmation qui peut sous-entendre une perception de supériorité morale et intellectuelle. Le fait de minimiser les compétences d’Eto’o en dehors du football (en le qualifiant d’échec dans d’autres domaines) contribue à renforcer une image de Brys en position d’autorité, suggérant que sa propre expertise est supérieure à celle d’Eto’o.
2. Sous-estimation de l’autre: Brys mentionne que Eto’o n’a réussi que comme footballeur, dénigrant ses autres tentatives d’entrepreneuriat, de coaching ou de gestion. Cela peut refléter une forme de stéréotype racial où le Noir est considéré comme talentueux dans des domaines « physiques » (comme le sport) mais incapable de réussir dans des domaines intellectuels ou administratifs. Cette approche pourrait perpétuer l’idée que certaines races sont meilleures pour des tâches manuelles ou athlétiques, mais moins compétentes dans des rôles de leadership ou de gestion.
3. Cadrage des erreurs et des actions délibérées: Brys semble attribuer tous les échecs organisationnels à une volonté délibérée de nuire, ce qui pourrait être perçu comme une manière de disqualifier l’efficacité de la Fecafoot sous Eto’o. Il évoque des incidents (comme l’absence de ballons ou l’absence d’accréditation de son staff) comme des tentatives malveillantes de déstabilisation. Cette lecture pourrait être interprétée comme une volonté de démontrer que les Africains (et spécifiquement Eto’o ici) ne sont pas capables de gérer leurs propres institutions de manière professionnelle, renforçant ainsi un stéréotype colonial.
4. Référence aux origines d’Eto’o: Brys mentionne les « origines » d’Eto’o et son soutien par « les classes populaires », ce qui peut suggérer une vision raciale ou classiste de la popularité d’Eto’o. Cela pourrait sous-entendre que les masses populaires, vues comme moins éduquées, sont manipulées par des figures noires emblématiques, alors que Brys se positionne comme l’homme raisonnable, rationnel et compétent.
5. Disparité dans les attentes comportementales: Enfin, Brys décrit Eto’o comme agressif, menaçant et irrespectueux, mais se positionne lui-même comme la victime calme et rationnelle qui aurait pu fuir ou se battre, mais qui choisit une réponse « énergique ». Ce contraste dans la manière dont il décrit les comportements (lui étant civilisé et calculé, Eto’o étant impulsif et agressif) s’aligne avec des tropes raciaux historiquement utilisés pour justifier une forme de supériorité blanche.
En somme, l’interview de Marc Brys reflète des aspects implicites d’un complexe de supériorité. Les stéréotypes de compétence, la condescendance, et les dynamiques de pouvoir sous-jacentes dans ses propos sont des éléments qui peuvent être interprétés comme des manifestations contemporaines d’un héritage colonial, où le leadership et les échecs de l’autre (en l’occurrence, un Noir) sont constamment remis en question sous un regard européen perçu comme plus rationnel et efficace.
La gestion des déchets et l’insalubrité à Yaoundé, la capitale politique du Cameroun, est un problème persistant qui reflète des défis plus larges et surtout l’incompétence et la méchanceté des maires RDPC dans la gestion urbaine et le développement du pays. Les poubelles débordantes, les ordures accumulées dans les rues, et l’absence d’un système efficace de collecte et de traitement des déchets contribuent à une image de plus en plus négative de la ville. Ces problèmes ont des répercussions importantes sur la santé publique, l’environnement, et le développement socio-économique.
CONSÉQUENCE SUR LA SANTÉ PUBLIQUE ET L’ENVIRONNEMENT
L’insalubrité chronique dans une ville comme Yaoundé entraîne de graves conséquences pour la santé des habitants. Les déchets mal gérés deviennent des foyers de maladies infectieuses, telles que le paludisme, la fièvre typhoïde et le choléra. Les eaux stagnantes, souvent causées par l’encombrement des caniveaux avec des déchets, favorisent la prolifération des moustiques, responsables de nombreuses maladies. En outre, la décomposition des déchets organiques génère des odeurs nauséabondes et pollue l’air, aggravant les conditions de vie dans les quartiers les plus touchés.
Sur le plan environnemental, l’accumulation de déchets non biodégradables, comme le plastique, contribue à la pollution des sols et des cours d’eau. Cela affecte non seulement les écosystèmes locaux, mais nuit également à la qualité de l’eau potable. L’incinération non contrôlée des ordures à ciel ouvert, souvent pratiquée par des particuliers ou des groupes communautaires désespérés par l’inefficacité des services municipaux, libère des substances toxiques dans l’atmosphère, augmentant la pollution de l’air et les risques de maladies respiratoires.
IMPACT SUR LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE
L’insalubrité à Yaoundé a également un impact significatif sur le développement économique. Une ville mal entretenue devient peu attrayante pour les investisseurs, qui peuvent percevoir l’incapacité à gérer les déchets comme un indicateur de mauvaise gouvernance et d’inefficacité institutionnelle. Le tourisme, un secteur potentiel de croissance économique, est également compromis, car les visiteurs sont rebutés par l’état de propreté de la ville.
De plus, l’inefficacité dans la gestion des déchets augmente les coûts pour les entreprises locales. Les entreprises doivent parfois assumer elles-mêmes la gestion de leurs déchets, ce qui augmente leurs dépenses opérationnelles. Cela peut également entraîner des fermetures temporaires lorsque les conditions de salubrité deviennent insoutenables, ce qui affecte la productivité et l’emploi.
INCOMPÉTENCE DES MAIRES RDPC ET DÉFAILLANCE DES POLITIQUES PUBLIQUES
L’un des problèmes sous-jacents à cette crise d’insalubrité est l’incompétence des maires RDPC de communes à gérer efficacement ce défi. Plusieurs facteurs expliquent cette incompétence :
1. **Manque de Formation et de Compétences Techniques** : Beaucoup de maires manquent de la formation et des compétences nécessaires pour mettre en place des systèmes efficaces de gestion des déchets. Cela inclut l’absence de connaissances en planification urbaine, en gestion environnementale, et en politiques publiques durables.
2. **Corruption et Détournement de Fonds** : La corruption endémique et le détournement des fonds publics destinés à l’assainissement aggravent la situation. Les ressources allouées à la gestion des déchets sont souvent détournées ou mal utilisées, laissant les communes sans les moyens nécessaires pour assurer la propreté de la ville.
3. **Manque de Coordination et de Soutien Institutionnel** : La gestion des déchets nécessite une coordination efficace entre les différentes échelons du gouvernement, des services municipaux aux autorités nationales. Le manque de coopération et de soutien entre ces différents niveaux de gouvernement conduit à une fragmentation des efforts, rendant les interventions inefficaces.
4. **Absence de Sensibilisation et de Participation Communautaire** : Les maires échouent souvent à mobiliser les communautés locales pour qu’elles participent activement à la gestion des déchets. Sans une sensibilisation adéquate et une participation communautaire, même les initiatives les plus bien intentionnées échouent, car elles ne répondent pas aux réalités et aux besoins des habitants.
CONCLUSION
L’insalubrité à Yaoundé est plus qu’un simple problème de gestion des déchets ; c’est un symptôme de la mauvaise gouvernance locale et de l’inefficacité institutionnelle qui freinent le développement du Cameroun. Pour surmonter ces défis, il est essentiel de réformer la gouvernance locale, c’est à dire celle des mairies et de promouvoir la participation active des citoyens. Sans une réponse concertée à ce problème, les conséquences sur la santé publique, l’environnement, et l’économie continueront de s’aggraver, compromettant ainsi le développement durable du pays. PR JIMMY YAB