L’ARMÉE CAMEROUNAISE : LE DERNIER REMPART DE L’ÉTAT DÉVELOPPEMENTALISTE COMMUNAUTAIRE, DE LA DÉMOCRATIE ET LE SOCLE D’UNE JEUNESSE EN QUÊTE DE REPÈRE

Introduction

J’ai eu l’honneur de donner des séminaires à l’École Internationale de Guerre de Yaoundé, un lieu emblématique où se forment les esprits stratégiques les plus brillants d’Afrique. C’est dans cet environnement que j’ai saisi pleinement une vérité souvent ignorée : l’armée n’est pas seulement une institution militaire, elle est l’épine dorsale de la souveraineté nationale, le dernier bastion de la démocratie et un moteur de transformation sociale.

Aujourd’hui, le Cameroun traverse des turbulences multiples. Sa jeunesse, confrontée à un chômage galopant, à l’effritement des valeurs traditionnelles et à la montée des divisions sociopolitiques, manque cruellement de repères. Les institutions civiles vacillent sous le poids des crises, et les conflits internes dans les régions anglophones ou l’Extrême-Nord menacent l’unité nationale. Dans ce contexte, l’armée camerounaise se dresse comme un pilier inébranlable, garantissant la stabilité démocratique et incarnant une citoyenneté active.

Il est vrai que l’armée n’échappe pas à la critique. Certains abus isolés dans les zones de conflit ont alimenté des débats houleux, et des organisations internationales ont pointé du doigt des dysfonctionnements. Pourtant, réduire cette institution à ces incidents serait une erreur profonde et injuste. Car, au-delà des polémiques, l’armée camerounaise est un modèle incontestable de discipline, de patriotisme et de service communautaire. Elle transcende son rôle militaire pour devenir un acteur de développement, de cohésion sociale et un repère essentiel pour une jeunesse en quête de direction.

Plus qu’un simple rempart contre les menaces internes et externes, l’armée est aujourd’hui le dernier garant de la démocratie camerounaise. Dans une sous-région marquée par des coups d’État et des transitions forcées, elle a su maintenir une neutralité politique exemplaire et protéger les fondements constitutionnels du pays. À une époque où la résilience de l’État est testée, où les tensions identitaires mettent à mal l’unité, et où les jeunes cherchent une voie, le Cameroun a plus que jamais besoin de son armée pour préserver sa souveraineté et raviver l’espoir d’une nation unie.

Cet article défend une thèse inhabituelle mais profondément ancrée dans la réalité : l’armée camerounaise, malgré ses défis, incarne le dernier rempart contre la fragmentation sociale et politique. Par ses actions de développement communautaire, son engagement civique et son rôle stabilisateur, elle représente une institution indispensable pour la survie et l’épanouissement du modèle républicain camerounais. Quand tout vacille, l’armée demeure le socle sur lequel le Cameroun peut reconstruire son avenir.

I. L’armée camerounaise : un modèle de citoyenneté républicaine

Dans un Cameroun marqué par des fractures sociales et des tensions régionales, l’armée camerounaise s’est affirmée comme un pilier de la citoyenneté républicaine. Sa mission dépasse le simple maintien de l’ordre et la défense des frontières. Elle incarne des valeurs fondamentales qui structurent la société : l’unité nationale, la discipline, le respect des institutions et la promotion d’une citoyenneté active.

A. Une institution garante de l’unité nationale

Depuis l’indépendance, l’armée camerounaise a été pensée comme une institution capable de transcender les divisions ethniques et linguistiques du pays. À travers une politique de recrutement inclusive, elle reflète la diversité culturelle du Cameroun, ce qui renforce son rôle dans la consolidation de l’unité nationale.

Selon Tchouala (2018), « la structure multiethnique des forces armées camerounaises symbolise une volonté de dépasser les clivages identitaires et de forger un véritable esprit de fraternité nationale ».

Exemple concret : Chaque année, l’École Militaire Interarmées (EMIA) forme des officiers provenant de toutes les régions du Cameroun. Ces futurs cadres, en interagissant avec des camarades issus d’autres groupes culturels, développent une vision unifiée et collective de la nation.

L’armée s’efforce également d’apaiser les tensions régionales par sa présence dans les zones historiquement marginalisées. Par exemple, dans l’Extrême-Nord, elle ne se limite pas à lutter contre Boko Haram, mais elle s’implique aussi dans des projets de développement, renforçant ainsi la confiance entre les populations locales et l’État.

B. La discipline et le patriotisme comme piliers éducatifs

L’armée camerounaise est non seulement une force de défense, mais aussi une école de discipline et de patriotisme. Dès leur intégration, les recrues reçoivent une formation rigoureuse basée sur des valeurs telles que l’intégrité, la loyauté et le service à la nation.

Pondi (2016) souligne que « l’armée camerounaise incarne une école de citoyenneté où les recrues apprennent à mettre l’intérêt collectif au-dessus des intérêts individuels ».

Exemple concret : Les célébrations annuelles de la fête nationale du 20 mai, organisées par les forces armées, ne se limitent pas à des parades militaires. Elles incluent des ateliers éducatifs pour les jeunes, visant à promouvoir le sens du devoir et l’amour pour la patrie.

Ces efforts se traduisent également par la participation de l’armée à des programmes de sensibilisation dans les écoles. En 2022, par exemple, des officiers ont visité 50 établissements scolaires dans tout le pays pour dispenser des cours sur le civisme, le respect des institutions et les droits humains. Cette initiative, organisée en partenariat avec le ministère de l’Éducation de base, a touché plus de 30 000 élèves.

C. L’armée comme rempart contre les dérives populistes

Dans un environnement marqué par des tensions politiques croissantes, l’armée camerounaise joue un rôle crucial en tant que stabilisateur institutionnel. Contrairement à certaines armées de la sous-région, souvent instrumentalisées à des fins partisanes, l’armée camerounaise a su maintenir une neutralité politique.

Comparaison régionale :

• Au Tchad, l’armée est souvent perçue comme un outil de répression au service des régimes en place.

• En République centrafricaine, des éléments des forces armées se sont alignés sur des factions politiques, exacerbant les conflits internes.

En revanche, l’armée camerounaise a su préserver son image de gardienne des institutions républicaines, favorisant la stabilité et la cohésion sociale.

Exemple concret : Lors des élections générales de 2018, l’armée a été déployée pour sécuriser le processus électoral dans les zones sensibles. Contrairement à d’autres pays où les forces militaires interfèrent dans les résultats, l’armée camerounaise a strictement respecté son rôle, contribuant à renforcer la crédibilité des institutions démocratiques.

D. Une réponse aux crises identitaires et sociales

Le Cameroun, souvent qualifié d’« Afrique en miniature » en raison de sa diversité ethnique, linguistique et religieuse, fait face à des défis identitaires majeurs. Dans ce contexte, l’armée joue un rôle pédagogique en renforçant les valeurs de respect et de tolérance.

Selon Mouiche (1996), « en associant des jeunes de différents horizons au sein des forces armées, l’armée camerounaise crée un espace de dialogue interculturel, atténuant ainsi les tensions communautaires ».

En 2021, dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, des campagnes de sensibilisation menées par l’armée ont mis l’accent sur la coexistence pacifique. Ces efforts incluaient des ateliers sur le vivre-ensemble, animés par des officiers formés en médiation culturelle.

II. Un acteur central du développement communautaire

Loin de se limiter à ses fonctions traditionnelles de défense et de sécurité, l’armée camerounaise s’illustre comme un moteur de développement communautaire. Ses actions vont au-delà des opérations militaires, en touchant directement des aspects critiques du bien-être social. Dans un pays où les inégalités régionales persistent, notamment dans les zones enclavées, l’armée joue un rôle de bâtisseur et de vecteur de transformation sociale.

A. Contributions concrètes au développement local

Les contributions de l’armée camerounaise au développement communautaire se matérialisent par la construction et la réhabilitation d’infrastructures dans des zones délaissées. Ces initiatives, menées souvent en collaboration avec des organisations locales et internationales, visent à améliorer l’accès aux services essentiels.

Projets d’infrastructures :

En 2021, l’armée a construit 15 écoles dans des zones rurales des régions du Nord et de l’Extrême-Nord, accueillant plus de 10 000 élèves. Ces écoles ont permis de scolariser des enfants déplacés par les conflits avec Boko Haram, offrant ainsi une chance à la jeunesse d’accéder à une éducation de base.

Exemple spécifique : À Mozogo (Extrême-Nord), une unité du Génie militaire a construit un centre scolaire entièrement équipé pour des élèves déplacés, avec le soutien de l’UNICEF.

• Amélioration des infrastructures de santé :

En collaboration avec le ministère de la Santé, l’armée a réhabilité plusieurs centres de santé dans les régions isolées. En 2020, 4 centres médicaux ont été remis à neuf dans la région de l’Est, facilitant l’accès aux soins pour plus de 50 000 habitants.

• Accès à l’eau potable :

Des forages ont été installés dans des villages éloignés, comme ceux de la région de l’Adamaoua, permettant à des milliers de familles de bénéficier d’un accès à l’eau potable. Ces efforts réduisent les risques de maladies hydriques dans des zones particulièrement vulnérables.

B. Soutien humanitaire en temps de crise

L’armée camerounaise joue également un rôle humanitaire crucial lors des crises humanitaires et des catastrophes naturelles. Dans ces situations, ses capacités logistiques et organisationnelles deviennent un atout indispensable pour répondre aux besoins urgents des populations.

Réponse aux déplacements massifs :

Les conflits avec Boko Haram dans l’Extrême-Nord ont entraîné des déplacements massifs de populations. En 2020, l’armée a distribué des vivres, des vêtements et des fournitures médicales à plus de 20 000 réfugiés internes dans les camps de Kolofata et Mora.

Human Rights Watch (2021) reconnaît que « l’armée camerounaise, en dépit de défis structurels, a su mobiliser ses ressources pour atténuer les souffrances des populations déplacées. »

• Aide en période de catastrophes naturelles :

Lors des inondations de 2019 dans la région de l’Extrême-Nord, l’armée a déployé des équipes pour construire des digues temporaires, reloger des familles et distribuer des vivres. Ces interventions ont permis d’éviter une aggravation de la crise humanitaire.

Soins médicaux d’urgence :

En partenariat avec des ONG, l’armée a mis en place des cliniques mobiles pour fournir des soins gratuits dans les zones de conflit. En 2022, plus de 5 000 consultations médicales ont été réalisées grâce à ces initiatives dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

C. Programmes éducatifs et civiques pour la jeunesse

Consciente de l’importance de l’éducation et de la formation civique, l’armée a développé des programmes spécifiques pour la jeunesse camerounaise. Ces initiatives visent à inculquer des valeurs citoyennes, à promouvoir la discipline et à encourager la participation communautaire.

Camps civiques pour les jeunes :

Depuis 2018, des camps organisés par les forces armées accueillent chaque année des milliers de jeunes Camerounais. Ces camps enseignent des compétences pratiques (agriculture, menuiserie, etc.) tout en sensibilisant les participants aux droits et devoirs des citoyens.

Exemple spécifique : En 2022, un camp civique organisé à Garoua a formé 500 jeunes, dont beaucoup étaient issus de milieux vulnérables.

• Ateliers de sensibilisation au civisme :

L’armée organise régulièrement des ateliers dans les écoles secondaires, où des officiers expliquent aux élèves l’importance de valeurs telles que le respect des institutions, la solidarité et le patriotisme. Ces actions ont touché plus de 30 000 élèves entre 2019 et 2022, selon le ministère de la Défense.

Promotion de l’engagement communautaire :

En encourageant les jeunes à participer à des projets locaux, l’armée crée des ponts entre les générations et favorise un sentiment d’appartenance à la nation. Par exemple, des campagnes de reboisement menées dans la région de l’Ouest ont mobilisé plus de 1 000 jeunes volontaires sous la supervision de militaires.

D. L’armée comme catalyseur du vivre-ensemble

Le Cameroun, pays aux multiples identités culturelles, linguistiques et religieuses, a souvent été confronté à des tensions communautaires. L’armée, par son action inclusive et ses initiatives de dialogue, s’est imposée comme un acteur clé du vivre-ensemble.

Exemple spécifique : Dans les régions anglophones, où les tensions sont particulièrement vives, des officiers spécialement formés en médiation culturelle ont organisé des forums de dialogue en 2021. Ces initiatives, qui ont réuni des leaders communautaires, religieux et des jeunes, ont permis de désamorcer certaines tensions locales.

Selon Mouiche (1996), « en intervenant dans les crises sociales avec une approche de dialogue et de médiation, l’armée transcende son rôle militaire pour devenir un acteur du renforcement de la cohésion nationale. »

III. Une institution exemplaire malgré les défis et une comparaison régionale favorable

Bien que l’armée camerounaise joue un rôle fondamental dans la consolidation de la citoyenneté et le développement communautaire, elle n’échappe pas à des défis. Ces défis, bien que notables, n’éclipsent pas son caractère exemplaire, surtout lorsqu’elle est comparée aux armées de la sous-région Afrique centrale. Cette partie met en lumière les critiques, les réformes en cours, et démontre pourquoi l’armée camerounaise reste un modèle face à ses homologues régionaux.

A. Des défis liés aux conflits internes

Depuis 2016, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont en proie à une crise sociopolitique connue sous le nom de conflit anglophone. Ce conflit a mis à rude épreuve l’armée camerounaise, qui s’efforce de rétablir la paix tout en limitant les débordements. Cependant, des incidents isolés d’abus ont terni son image.

Critiques des ONG : Des organisations comme Human Rights Watch ont documenté des cas d’arrestations arbitraires, d’exactions et de violences commises par certains éléments de l’armée. Par exemple, un rapport de 2021 mentionne des abus dans les localités de Bamenda et Kumbo, affectant la perception de l’armée dans ces zones.

Mouiche (1996) nuance cette critique en affirmant que « les dérives observées dans les zones de conflit ne doivent pas occulter le rôle stabilisateur et éducatif global de l’armée camerounaise. »

Réformes en cours : En réponse, l’État camerounais a renforcé les formations en droits humains pour les militaires déployés dans ces zones. En 2022, 500 soldats ont suivi des séminaires sur le droit international humanitaire, en partenariat avec le Comité international de la Croix-Rouge.

B. Une gestion délicate des tensions communautaires

Outre les zones anglophones, l’armée opère également dans l’Extrême-Nord, où elle combat Boko Haram. Si les interventions ont permis de limiter l’expansion du groupe terroriste, des tensions subsistent entre l’armée et certaines populations locales.

Exemple concret : À Kolofata en 2020, des accusations de pillages ont été portées contre des soldats, ce qui a nécessité une intervention disciplinaire des autorités militaires.

Réaction institutionnelle : Ces incidents, bien qu’isolés, ont poussé l’armée à renforcer ses mécanismes internes de contrôle et à établir des équipes de médiation pour désamorcer les tensions.

C. Comparaison avec les armées de la sous-région

Lorsque l’on compare l’armée camerounaise aux autres forces armées d’Afrique centrale, il devient évident qu’elle s’affirme comme un modèle de discipline et de citoyenneté, en particulier dans son approche du développement communautaire.

1. Cameroun vs Tchad : une armée plus équilibrée

Le Tchad est souvent perçu comme une puissance militaire dans la lutte contre le terrorisme. Cependant, l’armée tchadienne est critiquée pour son manque de neutralité politique et son recours fréquent à la répression.

• Comparaison :

• L’armée tchadienne, bien qu’efficace sur le plan militaire, reste un outil du régime pour asseoir son autorité.

• En revanche, l’armée camerounaise, malgré des défis internes, montre une volonté d’équilibrer ses missions militaires avec des actions sociales et civiques.

2. Cameroun vs Gabon : une armée plus impliquée dans la société civile

Au Gabon, l’armée est principalement concentrée sur la protection du régime en place, avec peu d’implication dans le développement communautaire.

Comparaison :

• Contrairement au Cameroun, où l’armée construit des écoles, des routes et distribue des vivres, l’armée gabonaise reste cantonnée à un rôle de maintien de l’ordre.

• Les projets sociaux de l’armée camerounaise renforcent son lien avec la population, un point souligné par Tchouala (2018), qui affirme que « l’armée camerounaise, par ses actions civiques, bâtit un pont entre l’État et le peuple. »

3. Cameroun vs République centrafricaine : un rôle stabilisateur

En République centrafricaine, l’armée nationale est affaiblie et dépend fortement des forces étrangères pour maintenir l’ordre. Le Cameroun, en revanche, dispose d’une armée autonome et proactive, capable de mener des missions complexes sans dépendre d’appuis extérieurs.

D. Les réformes nécessaires pour maintenir l’exemplarité

Malgré ses réussites, l’armée camerounaise peut encore améliorer certains aspects pour consolider son rôle exemplaire. Voici quelques pistes :

1. Renforcer la transparence :

• La création d’une commission indépendante pour surveiller les abus dans les zones de conflit renforcerait la confiance du public.

2. Améliorer la formation continue :

• Intégrer des modules de gestion des tensions communautaires et de médiation culturelle dans les programmes de formation des officiers.

3. Institutionnaliser les partenariats civils :

• Collaborer davantage avec les ONG et les associations locales pour maximiser l’impact des projets sociaux et humanitaires.

IV. L’armée camerounaise : dernier rempart de la démocratie camerounais

Selon Pondi (2016), « l’armée camerounaise, en se tenant à l’écart des conflits politiques, incarne l’idéal d’une force armée républicaine entièrement dédiée au service de la nation. »

Dans un contexte où les institutions civiles vacillent sous le poids des crises politiques, économiques et sociales, l’armée camerounaise s’impose comme le dernier rempart de la démocratie et de la souveraineté nationale. Bien plus qu’un simple outil de défense, elle joue un rôle stratégique dans la préservation des valeurs républicaines et la stabilité démocratique. Cette section met en lumière son rôle clé en tant que garant de l’ordre constitutionnel et de la cohésion nationale.

A. Une neutralité politique exemplaire

Contrairement à d’autres pays de la sous-région où les armées se sont souvent impliquées dans des coups d’État ou des luttes de pouvoir, l’armée camerounaise a su maintenir une neutralité politique qui renforce sa légitimité et sa crédibilité.

Un positionnement non partisan :

• Lors des élections générales de 2018, marquées par des tensions politiques, l’armée a assuré la sécurité du processus électoral sans interférer dans les résultats. Elle a permis aux institutions civiles de fonctionner normalement tout en veillant à la protection des populations.

Un contraste avec les armées de la région :

• Au Tchad ou en Guinée équatoriale, les forces armées sont régulièrement perçues comme des outils de maintien au pouvoir des régimes en place. À l’opposé, l’armée camerounaise s’efforce de préserver une indépendance qui la distingue dans une sous-région souvent marquée par des dérives autoritaires.

B. Un rôle clé dans la protection de la souveraineté nationale

Face aux menaces internes et externes, l’armée est un acteur incontournable pour garantir l’intégrité territoriale et la continuité de l’État.

1. La lutte contre les insurrections internes :

• Dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, l’armée a été déployée pour protéger les institutions républicaines contre les velléités sécessionnistes. Bien que des abus aient été signalés, son rôle central dans le maintien de l’ordre et la défense de l’intégrité territoriale est indéniable.

Exemple concret : En 2020, les forces armées ont sécurisé les administrations locales de Bamenda, permettant à la justice et aux services publics de reprendre leurs fonctions.

2. La lutte contre les menaces transnationales :

• Face à Boko Haram, l’armée a non seulement protégé le Cameroun, mais a également collaboré avec les pays voisins dans le cadre de la Force multinationale mixte (FMM) pour garantir la stabilité régionale.

Human Rights Watch (2021) note que « l’armée camerounaise, malgré ses défis, est un pilier dans la lutte contre le terrorisme en Afrique centrale, contribuant à préserver la souveraineté nationale et régionale. »

C. Un garant de la continuité constitutionnelle

L’armée camerounaise est aussi un rempart contre les menaces qui pourraient ébranler la démocratie, telles que les tentatives de prise de pouvoir illégale ou les crises institutionnelles.

Un engagement en faveur de la légalité constitutionnelle :

• En 2019, alors que certains groupes politiques contestaient la légitimité des institutions, l’armée s’est mobilisée pour protéger les infrastructures publiques et garantir la continuité des services de l’État.

Exemple concret : Lors des manifestations post-électorales de 2018, les forces armées ont agi en concert avec la police pour éviter les débordements, tout en respectant les principes de proportionnalité.

Une position de stabilisateur national :

• Contrairement à certains pays d’Afrique où les transitions de pouvoir sont souvent accompagnées de crises militaires, le Cameroun a bénéficié de la stabilité relative offerte par une armée disciplinée et respectueuse de l’ordre républicain.

D. L’armée comme ultime protectrice des libertés publiques

Bien que l’armée soit associée à la sécurité et à l’ordre, elle joue également un rôle indirect dans la protection des libertés publiques. En sécurisant les processus démocratiques et en veillant à la continuité de l’État, elle garantit un environnement où les citoyens peuvent exercer leurs droits fondamentaux.

Exemple concret : Lors des élections municipales et législatives de 2020, l’armée a été déployée dans les régions sensibles pour permettre aux citoyens de voter en toute sécurité.

• Tchouala (2018) affirme que « l’armée camerounaise, en sécurisant l’espace public, permet l’expression des libertés fondamentales tout en évitant les dérives anarchiques. »

V. Recommandations pour pérenniser le rôle modèle de l’armée camerounaise

Si l’armée camerounaise s’est affirmée comme un pilier de citoyenneté et de développement communautaire, elle doit encore consolider son rôle pour répondre pleinement aux attentes d’une jeunesse en quête de repères. Cette section propose des recommandations stratégiques visant à renforcer son impact civique, sa crédibilité et son exemplarité, tout en maximisant son influence positive sur la société camerounaise.

A. Renforcer la transparence et la reddition des comptes

L’une des principales critiques adressées à l’armée camerounaise concerne le manque de transparence dans certaines de ses opérations, en particulier dans les zones de conflit. Pour préserver sa légitimité et renforcer la confiance des populations, des mécanismes de contrôle et de reddition des comptes doivent être mis en place.

1. Créer une commission indépendante de surveillance :

• Une entité autonome composée de représentants de l’armée, d’organisations de la société civile et d’experts en droits humains pourrait enquêter sur les abus et recommander des mesures disciplinaires.

Exemple inspirant : Le Rwanda a mis en place des organes de suivi similaires pour garantir l’éthique de ses forces armées, contribuant à améliorer leur image internationale.

2. Publier des rapports périodiques sur les activités militaires :

• Un rapport annuel détaillant les actions civiques, les dépenses et les progrès réalisés dans les zones de conflit renforcerait la transparence.

B. Investir davantage dans la formation aux droits humains

L’efficacité de l’armée camerounaise repose sur la discipline de ses membres, mais celle-ci doit être complétée par une solide formation sur les droits humains et les principes de citoyenneté.

1. Institutionnaliser la formation en droit international humanitaire :

• Tous les niveaux hiérarchiques devraient suivre des modules obligatoires sur les droits humains, le droit des conflits armés et les techniques de gestion des populations civiles.

2. Renforcer la sensibilisation à la médiation communautaire :

• Former des officiers spécialisés dans la gestion des tensions intercommunautaires, notamment dans les régions anglophones et septentrionales.

Selon Mouiche (1996), « une armée qui intègre la médiation dans son approche stratégique devient un acteur clé de pacification et de réconciliation nationale. »

C. Étendre les initiatives civiques pour la jeunesse

Pour répondre à la désorientation de la jeunesse camerounaise, l’armée pourrait intensifier ses programmes de sensibilisation et d’encadrement civique. Ces initiatives seraient une réponse directe aux frustrations des jeunes et un moyen efficace de promouvoir les valeurs républicaines.

1. Multiplier les camps civiques à l’échelle nationale :

• Organiser des sessions régulières pour former les jeunes aux principes de citoyenneté, de leadership et de participation communautaire.

Exemple concret : Les camps organisés dans la région de Garoua en 2022 pourraient être élargis à d’autres régions, avec un objectif de toucher au moins 10 000 jeunes par an.

2. Créer un programme de volontariat civique encadré par l’armée :

• Inspiré du service civique dans d’autres pays, ce programme impliquerait les jeunes dans des projets locaux (reboisement, construction d’infrastructures, campagnes de sensibilisation).

3. Inclure des formations professionnelles :

• Offrir aux jeunes des compétences transférables (artisanat, agriculture, informatique) pour améliorer leur employabilité tout en renforçant leur engagement civique.

D. Intensifier les collaborations avec les acteurs civils et internationaux

L’armée camerounaise ne peut maximiser son impact civique et communautaire sans une collaboration étroite avec d’autres acteurs. Les partenariats avec des organisations locales et internationales peuvent renforcer les capacités et les ressources nécessaires pour ses projets.

1. Travailler avec les ONG locales :

• Impliquer des organisations comme Redhac (Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale) dans les programmes de sensibilisation aux droits humains.

2. Mobiliser les ressources internationales :

• Coopérer avec des institutions comme l’UNICEF ou l’OMS pour des projets humanitaires et éducatifs.

Exemple inspirant : Le partenariat entre l’armée et l’UNICEF dans l’Extrême-Nord a permis de construire des écoles et de fournir un accès à l’eau potable à des milliers de familles.

3. Créer des plateformes de dialogue interinstitutionnel :

• Organiser des forums réguliers entre l’armée, les communautés locales, les leaders religieux et les associations pour discuter des priorités communautaires.

E. Améliorer les conditions de vie des militaires pour renforcer leur exemplarité

L’efficacité et l’intégrité des forces armées dépendent également de leurs conditions de vie et de travail. Il est essentiel de garantir un environnement qui motive les soldats à donner le meilleur d’eux-mêmes.

1. Revaloriser les salaires et les primes :

• Une rémunération juste et compétitive réduirait les risques de corruption ou d’abus.

2. Investir dans l’équipement et les infrastructures militaires :

• Fournir des équipements modernes et renforcer les bases militaires pour améliorer les conditions de travail.

3. Offrir des programmes de soutien psychologique :

• Les soldats en première ligne, particulièrement dans les zones de conflit, devraient bénéficier d’un suivi psychologique pour faire face au stress et au traumatisme.

En investissant dans la transparence, l’éducation aux droits humains, les initiatives pour la jeunesse et les collaborations avec les acteurs civils, l’armée pourrait devenir non seulement un modèle pour le Cameroun, mais aussi une référence régionale. Plus que jamais, le Cameroun a besoin d’une armée forte, disciplinée et tournée vers l’avenir.

Conclusion

Dans un Cameroun traversé par des crises identitaires, politiques et sociales, l’armée camerounaise s’impose comme le dernier bastion de la souveraineté nationale et de la démocratie. Plus qu’une simple force de défense, elle est devenue un acteur clé du développement communautaire, le dernier rempart de la démocratie, un modèle de citoyenneté dans un pays où la jeunesse, désorientée, cherche désespérément des repères.

Par ses actions sur le terrain – construction d’écoles, réhabilitation d’infrastructures, distribution d’aides humanitaires – et son rôle dans la préservation de l’unité nationale, l’armée transcende sa mission première. Elle protège non seulement le territoire, mais aussi les valeurs républicaines qui cimentent la nation. Sa neutralité politique exemplaire, dans une région souvent marquée par des dérives autoritaires, et son engagement en faveur de la continuité constitutionnelle en font un rempart essentiel contre l’effondrement des institutions civiles.

Certes, des défis subsistent, notamment dans la gestion des conflits internes et les perceptions négatives liées à des abus isolés. Mais ces failles ne doivent pas occulter l’essentiel : l’armée est le socle de la résilience camerounaise. Elle incarne l’espoir d’un Cameroun uni, démocratique, fort et prospère, capable de surmonter ses divisions et de préparer un avenir meilleur pour sa jeunesse.

Aujourd’hui plus que jamais, le Cameroun a besoin de son armée. Elle est le rempart ultime contre le chaos, le garant de la stabilité démocratique et le moteur d’un développement inclusif. Dans un monde incertain, où les institutions chancellent, l’armée camerounaise reste le pilier sur lequel le peuple peut compter pour préserver son identité, sa souveraineté et ses aspirations républicaines.

Bibliographie

1. ALT Mabou, A. Legrand. De la crise anglophone à la construction d’un nouveau contrat social au Cameroun. Analecta, 2020. Lien PDF.

2. NEF Xavier. Le cinéma et l’éducation à la citoyenneté au Cameroun. Espace Géographique et Société Marocaine, 2021. Lien PDF.

3. Mouiche, I. Mutations socio-politiques et replis identitaires en Afrique: le cas du Cameroun. African Journal of Political Science, 1996. JSTOR.

4. Barry, M. A. L’armée guinéenne : comment et pourquoi faire ? Torrossa, 2009.

5. Pondi, J. E. Citoyenneté et pouvoir politique en Afrique centrale. 2016.

6. Tchouala, R. A. L. Diplomatie préventive et construction d’une communauté de sécurité en Afrique centrale. 2018.

PARFOIS JE PENSE QUE J’AI ÉCHOUÉ EN TANT QU’ENSEIGNANT: Quand un de mes étudiants me rend profondément triste SUR LA RACE DE JESUS ce 25 DÉCEMBRE

Prof Jimmy Yab dans son bureau à Yaoundé

Un de mes étudiants m’a interpellé par un commentaire qui, je l’avoue, m’a à la fois fait sourire et profondément attristé. Voici ce qu’il a dit :

L’essentiel est qu’il soit ce sue les saintes écritures disent de lui, c’est à dire le seigneur qui est mort sur la croix et que Dieu a ressuscité, celui qui ote le péché de l’humanité par son son sang, quant à sa race, elle nous importe très peu »

Ces mots, prononcés par un jeune Africain camerounais, m’ont frappé comme un coup de poing. Ils révèlent une blessure profonde dans notre conscience collective, une amnésie historique qui nous condamne à répéter les erreurs du passé et à minimiser notre propre valeur.

Je ne peux m’empêcher de poser une question simple : Comment en sommes-nous arrivés là ?

La force des récits : Une arme redoutable

L’histoire de l’humanité est faite de récits. Ces récits ne sont pas neutres. Ils façonnent l’imaginaire collectif, justifient les dominations, et renforcent ou détruisent l’identité des peuples. Pendant des siècles, l’Afrique a été la cible de récits falsifiés, construits pour la dévaloriser. Ces récits ont été utilisés pour justifier l’esclavage, la colonisation et le néocolonialisme.

Prof Jimmy Yab dans son bureau à Yaoundé

Lorsque l’histoire de l’Égypte negro-pharaonique est falsifiée pour nier la contribution de l’Afrique à la civilisation, cela importe. Quand des leaders comme Nicolas Sarkozy affirment que l’Africain “n’est pas entré dans l’histoire”, cela a des conséquences. Ces récits ne sont pas innocents : ils influencent la perception que les autres ont de nous, mais surtout celle que nous avons de nous-mêmes.

Dans ce contexte, dire que “la race de Jésus n’importe pas” ou que “l’histoire est secondaire”, c’est participer, volontairement ou non, à notre propre effacement.

L’importance de la représentation

Pourquoi la couleur de Jésus, qu’il soit noir ou blanc, est-elle importante ? Parce que la représentation compte. Chaque peuple peint ses héros, ses divinités et ses figures historiques à son image. Cela n’a rien de banal : cela renforce l’estime de soi, légitime sa culture, et construit une identité forte.

Alors pourquoi, nous Africains, devrions-nous accepter que nos figures historiques soient effacées ou transformées ? Pourquoi devrions-nous nous contenter des récits imposés par d’autres, qui servent souvent à nous dévaloriser ?

C’est ici que réside le cœur du problème : notre capacité à valoriser notre propre histoire et à la défendre n’est pas qu’une question de fierté. C’est une question de survie culturelle et psychologique.

La responsabilité de l’éducation

En tant qu’enseignant, je ressens une tristesse immense lorsque je rencontre des jeunes Africains qui semblent avoir intégré ces discours dévalorisants. Ils ne sont pas responsables de cet état de fait : ils sont les produits d’un système éducatif qui, depuis la colonisation, a trop souvent ignoré ou minimisé notre histoire.

Mais cela ne peut pas devenir une excuse pour continuer à marcher les yeux fermés. Chaque jeune Africain a le droit, mais aussi le devoir, de questionner ce qu’on lui enseigne. Pourquoi sommes-nous le seul continent où une partie de la jeunesse rejette l’importance de sa propre histoire ? Pourquoi sommes-nous si nombreux à ne pas voir que l’histoire est une arme aussi puissante que l’économie ou la politique ?

Prof Jimmy et ses étudiants à l’IRIC

Un appel à l’éveil

À toi, mon étudiant, et à tous les jeunes Africains : je vous en supplie, ne sous-estimez jamais le pouvoir de l’histoire. Ce n’est pas un luxe intellectuel, ce n’est pas un sujet pour érudits. C’est la base sur laquelle repose notre identité, notre dignité, et notre capacité à revendiquer notre place dans le monde.

Lorsque vous minimisez l’importance de votre histoire, vous ne faites pas que renoncer à votre passé. Vous renoncez aussi à votre avenir.

Alors, oui, tout est important. Que Jésus soit noir ou blanc, que l’Afrique pharaonique soit reconnue comme le berceau de grandes civilisations, que les crimes de la colonisation soient enseignés dans toute leur brutalité — tout cela compte. Parce que si nous ne défendons pas notre histoire, personne ne le fera pour nous.

La lumière au bout du tunnel

Il n’est jamais trop tard pour ouvrir les yeux. Nous avons en nous la capacité de réécrire notre récit, de réhabiliter notre mémoire collective et de redonner à notre jeunesse une fierté légitime. Mais cela commence par une prise de conscience, par un rejet ferme des récits dévalorisants, et par un engagement à transmettre la vérité, à nos enfants et au monde entier.

L’Afrique n’est pas condamnée à être l’otage de l’amnésie historique. À toi, mon étudiant, et à tous ceux qui liront ces lignes : libérons-nous, ensemble, de ces chaînes invisibles. C’est notre responsabilité et notre devoir.

L’ARMÉE CAMEROUNAISE: UN MODÈLE INCONTESTABLE DE CITOYENNETÉ DÉVELOPPEMENTALISTE COMMUNAUTAIRE DANS UNE JEUNESSE EN QUÊTE DE REPÈRES

Pr Jimmy Yab à l’Ecole Internationale de Guerre de Yaoundé

Résumé

Cet article analyse le rôle de l’armée camerounaise comme modèle de citoyenneté développementaliste dans un contexte où la jeunesse, confrontée à des crises sociales et économiques, cherche des repères. Par ses initiatives de développement communautaire, son engagement éducatif et son rôle dans la promotion des valeurs républicaines, l’armée incarne un acteur central de la cohésion sociale au Cameroun. En dépit des critiques liées à certains conflits, elle reste un pilier essentiel pour une jeunesse en quête de stabilité et d’unité nationale.

Mots-clés : Armée camerounaise, citoyenneté, développement communautaire, jeunesse, valeurs républicaines, cohésion sociale.

Abstract

This article examines the role of the Cameroonian army as a developmentalist model of citizenship in a context where youth face social and economic crises and seek guidance. Through its community development initiatives, educational engagement, and promotion of republican values, the army serves as a central actor in social cohesion in Cameroon. Despite criticisms linked to certain conflicts, it remains an essential pillar for youth seeking stability and national unity.

Keywords : Cameroonian army, citizenship, community development, youth, republican values, social cohesion.

Pr Jimmy Yab à l’Ecole Internationale de Guerre de Yaoundé

Introduction

J’ai eu le privilège de donner des séminaires sur la géopolitique militaire de la Chine à l’École Internationale de Guerre de Yaoundé, une institution reconnue pour son rôle dans la formation des élites stratégiques africaines. Cette expérience a confirmé une conviction profonde : l’armée, lorsqu’elle est bien structurée, peut jouer un rôle déterminant dans la construction de la citoyenneté et du développement communautaire.

Dans le cas du Cameroun, cette réalité est d’autant plus pertinente que la jeunesse, confrontée à des crises multiples — chômage endémique, perte de valeurs et insécurité — manque cruellement de repères. Dans ce contexte, l’armée camerounaise se distingue non seulement comme garant de la souveraineté nationale, mais aussi comme un modèle de citoyenneté active et développementaliste.

Cet article explore comment l’armée camerounaise, à travers ses engagements civiques, ses programmes éducatifs et son rôle dans la cohésion sociale, incarne une institution exemplaire pour une jeunesse désorientée. Il défend l’idée que l’armée est un acteur clé du développement communautaire et un repère incontournable pour la jeunesse camerounaise.

I. L’armée camerounaise : un modèle de citoyenneté républicaine

Avec une estimation de 40 000 soldats actifs (IISS), l’armée camerounaise occupe une place stratégique dans la défense et la sécurité nationale. Son rôle ne se limite pas aux missions militaires. En effet, elle participe activement à des missions de développement et de promotion de valeurs républicaines.

A. Une institution porteuse des valeurs républicaines

Depuis sa création, l’armée camerounaise s’est affirmée comme un pilier de l’unité nationale. À travers sa composition ethnique et régionale diversifiée, elle reflète la mosaïque culturelle du pays.

« La diversité au sein des forces armées camerounaises symbolise une volonté d’unité et de cohésion, surmontant les clivages ethniques et linguistiques » (Tchouala, 2018).

Les valeurs républicaines inculquées dans les écoles militaires incluent :

1. L’intégrité et la discipline : Ces principes, au cœur de la formation des recrues, sont transmis à travers des programmes éducatifs rigoureux.

2. Le respect de l’autorité et des institutions : L’armée agit comme un vecteur de stabilisation sociale dans un environnement souvent marqué par des crises politiques.

B. La promotion de l’unité nationale

Face aux tensions sociales et régionales, notamment dans les zones anglophones, l’armée joue un rôle clé dans la promotion de l’unité nationale. En intégrant des recrues de toutes les régions et en favorisant une éducation commune, elle réduit les fractures sociales.

• Exemple : L’École Militaire Interarmées (EMIA) rassemble des jeunes de toutes les régions, contribuant ainsi à forger un esprit de camaraderie nationale.

II. Un acteur central du développement communautaire

Pr Jimmy Yab à l’Ecole Internationale de Guerre de Yaoundé

A. Contributions tangibles au développement local

L’armée camerounaise dépasse ses fonctions traditionnelles pour devenir un acteur du développement communautaire. En 2021, elle a achevé plus de 30 projets communautaires, incluant la construction d’infrastructures et la mise en place de services essentiels.

Exemples spécifiques :

• Construction d’écoles dans l’Extrême-Nord pour accueillir des élèves déplacés par les attaques de Boko Haram.

• Réhabilitation de routes et de ponts dans les zones enclavées.

Ces actions renforcent le lien entre l’armée et les communautés locales, consolidant ainsi son rôle de modèle de citoyenneté développementaliste.

B. Soutien humanitaire en période de crise

Lors des crises humanitaires, l’armée joue un rôle vital dans l’assistance aux populations affectées.

En 2020, l’armée a fourni des vivres et des abris temporaires à plus de 20 000 réfugiés internes, contribuant à stabiliser les régions touchées par les conflits.

« L’armée camerounaise est un acteur clé dans les réponses d’urgence, combinant logistique militaire et action humanitaire » (Human Rights Watch, 2021).

C. Programmes éducatifs et civiques pour la jeunesse

L’armée organise des camps civiques et des programmes de sensibilisation pour les jeunes. Ces initiatives, qui ont touché plus de 10 000 participants entre 2019 et 2022, inculquent :

1. Les principes de citoyenneté active : Sensibilisation aux droits et devoirs des citoyens.

2. La discipline et l’engagement communautaire : Participation à des projets environnementaux et sociaux.

III. Une institution confrontée à des défis, mais toujours exemplaire

A. Gestion des conflits internes

Bien que des abus aient été signalés dans les régions anglophones, ces incidents concernent des éléments isolés. Des réformes sont en cours pour renforcer la transparence et la responsabilité des unités déployées. « Les critiques envers l’armée doivent être nuancées, car elles ne remettent pas en question son rôle structurant dans la société camerounaise » (Mouiche, 1996).

B. Comparaison avec les armées de la sous-région

En Afrique centrale, l’armée camerounaise se distingue par son engagement civique et développementaliste.

Contrairement au Tchad ou au Gabon, où les armées se concentrent sur des objectifs militaires ou politiques, l’armée camerounaise intègre le développement communautaire dans ses priorités stratégiques.

IV. Perspectives et recommandations

Pour pérenniser son rôle modèle, l’armée camerounaise pourrait :

1. Institutionnaliser les programmes de développement communautaire : Faire des initiatives sociales une composante obligatoire des missions militaires.

2. Renforcer la formation en droits humains : Intégrer systématiquement ces modules dans les formations de base et avancées.

3. Créer des partenariats avec les ONG et les institutions civiles : Collaborer avec les acteurs locaux pour maximiser l’impact des projets communautaires.

4. Multiplier les campagnes civiques pour la jeunesse : Étendre les camps civiques et les ateliers éducatifs à l’ensemble du territoire.

Conclusion

L’armée camerounaise incarne un modèle de citoyenneté développementaliste et communautaire dans un environnement où la jeunesse cherche des repères. Par ses actions tangibles, son engagement pour l’unité nationale et sa capacité à répondre aux besoins des populations, elle dépasse son rôle militaire traditionnel pour devenir un pilier de la cohésion sociale.

Avec des réformes structurelles et une collaboration accrue avec les acteurs civils, l’armée camerounaise continuera de jouer un rôle clé dans la construction d’une nation unie, stable et résolument tournée vers le développement.

Références

1. Tchouala, R. A. L. Diplomatie préventive et construction d’une communauté de sécurité en Afrique centrale. 2018.

2. Mouiche, I. Mutations socio-politiques et replis identitaires en Afrique: le cas du Cameroun. African Journal of Political Science, 1996.

3. Pondi, J. E. Citoyenneté et pouvoir politique en Afrique centrale. 2016.

4. Human Rights Watch. World Report 2023: Cameroon.

5. International Institute for Strategic Studies. Military Balance 2022.

Gouvernance par Génération : Le Sénégal et le Cameroun face au Dynamisme de la Jeunesse au Pouvoir

Résumé

Au Sénégal, une nouvelle génération de dirigeants marque un tournant dans la gouvernance nationale. Le plébiscite d’El Malick Ndiaye, 41 ans, comme président de l’Assemblée nationale, accompagné de Diomaye Faye, 44 ans, président de la République, et Ousmane Sonko, 50 ans, Premier ministre, illustre une rupture générationnelle. Ces figures incarnent une gouvernance en phase avec une population où 64 % des citoyens ont moins de 25 ans. À l’opposé, le Cameroun reste dirigé par une classe politique vieillissante, avec des figures comme Paul Biya, 91 ans, président depuis 1982, et Marcel Niat Njifenji, 89 ans, président du Sénat. Cet article examine les implications de cette disparité générationnelle dans la gouvernance des deux pays, en s’appuyant sur des données démographiques, sociopolitiques et des études académiques.

Mots-clés

Jeunesse, gouvernance générationnelle, Sénégal, Cameroun, leadership, démographie, innovation politique, El Malick Ndiaye, Diomaye Faye, Ousmane Sonko.

Abstract

In Senegal, a new generation of leaders marks a turning point in national governance. The election of El Malick Ndiaye, 41, as Speaker of the National Assembly, alongside President Diomaye Faye, 44, and Prime Minister Ousmane Sonko, 50, demonstrates generational renewal. These leaders reflect governance aligned with a population where 64% are under 25 years old. Conversely, Cameroon remains governed by an aging political class, exemplified by Paul Biya, 91, in power since 1982, and Marcel Niat Njifenji, 89, Senate President. This paper explores the implications of this generational disparity in governance between the two countries, leveraging demographic, sociopolitical data and academic studies.

Keywords

Youth, generational governance, Senegal, Cameroon, leadership, demographics, political innovation, El Malick Ndiaye, Diomaye Faye, Ousmane Sonko.

Introduction

La gouvernance contemporaine en Afrique pose une question cruciale : l’âge des dirigeants reflète-t-il les aspirations des populations jeunes ? Le Sénégal s’impose comme un exemple d’adaptation générationnelle, avec des figures telles qu’El Malick Ndiaye (41 ans), président de l’Assemblée nationale, Diomaye Faye (44 ans), président de la République, et Ousmane Sonko (50 ans), Premier ministre.

Face à cette dynamique, le Cameroun reste ancré dans une gouvernance vieillissante, illustrée par Paul Biya (91 ans), Marcel Niat Njifenji (89 ans) et Cabaye Yeguié Dibril. Cette disparité soulève des interrogations sur les impacts d’un leadership jeune par rapport à un leadership âgé, en termes d’innovation politique, de participation citoyenne et de représentativité.

Cet article explore ces enjeux en comparant le Sénégal et le Cameroun, à travers une analyse approfondie des données démographiques et des réalités politiques.

I. La Jeunesse au Pouvoir au Sénégal : Un Changement de Paradigme

1. El Malick Ndiaye, un symbole de renouveau

À 41 ans, El Malick Ndiaye est devenu en 2024 le plus jeune président de l’Assemblée nationale du Sénégal depuis l’indépendance. Ancien économiste et militant pour la transparence institutionnelle, il incarne une génération de leaders marquée par la modernité.

2. Un exécutif jeune et homogène

• Diomaye Faye, président de la République, 44 ans : avocat de formation, il s’est imposé comme un défenseur de la justice sociale et de la réforme institutionnelle.

• Ousmane Sonko, Premier ministre, 50 ans : ancien inspecteur des impôts, connu pour son franc-parler et son combat contre la corruption.

3. Alignement avec une démographie jeune

Selon les données de l’ONU (2023), 64 % de la population sénégalaise a moins de 25 ans, et la médiane d’âge est de 19 ans. Cette jeunesse se reflète désormais dans un leadership politique, favorisant une meilleure inclusion et des politiques publiques adaptées.

4. Réformes en cours

Depuis leur arrivée, ces dirigeants ont lancé entre autres :

• Des programmes d’entrepreneuriat pour les jeunes.

• Une digitalisation accrue de l’administration publique.

• Un soutien massif à l’éducation technique et à la santé reproductive.

II. Le Cameroun : Un Leadership Vieillissant, une Gouvernance en Déphasage

1. Une élite vieillissante aux commandes

• Paul Biya, 91 ans, président depuis 1982 : au pouvoir depuis plus de 42 ans, il est l’un des chefs d’État les plus âgés et les plus anciens en fonction dans le monde.

.Cavayé Yeguié Djibril, né le 1er janvier 1940 à Mada I, président de l’Assemblée nationale depuis 1992 ,.

• Marcel Niat Njifenji, président du Sénat, 89 ans : ancien ingénieur et figure de l’élite politique camerounaise depuis des décennies.

2. Un contraste frappant avec la démographie nationale

Selon la Banque mondiale (2023), le Cameroun partage une structure démographique similaire au Sénégal, avec une médiane d’âge de 18,7 ans et 62 % de la population âgée de moins de 25 ans. Malgré cela, l’écart générationnel entre les dirigeants et les citoyens reste massif.

3. Conséquences pour la gouvernance

• Une faible participation des jeunes aux décisions publiques.

• Des politiques souvent perçues comme déconnectées des réalités de la jeunesse.

• Une lenteur dans l’adoption des innovations technologiques et des réformes institutionnelles.

III. Gouverner par Génération : Avantages et Défis

1. Les atouts du leadership jeune

• Adaptabilité : Compréhension des enjeux contemporains tels que la technologie et l’environnement.

• Mobilisation : Capacité à engager une jeunesse souvent marginalisée dans le processus décisionnel.

• Innovation : Introduction de nouvelles idées et approches dans la gestion publique.

2. Les défis du rajeunissement

• Manque d’expérience : Les jeunes leaders peuvent commettre des erreurs stratégiques par manque de recul.

• Fragilité institutionnelle : Le renouvellement doit s’accompagner d’une stabilité institutionnelle pour éviter des ruptures brutales.

3. L’équilibre générationnel idéal

Les systèmes politiques doivent s’appuyer sur une diversité générationnelle, combinant la créativité des jeunes et l’expérience des aînés pour une gouvernance optimale.

2. Implications pour les politiques publiques

Au Sénégal, la jeunesse au pouvoir favorise des initiatives telles que :

• L’entrepreneuriat digital.

• Les réformes dans le système éducatif.

Au Cameroun, l’inertie politique empêche souvent une réponse adéquate aux défis des jeunes, tels que le chômage ou l’accès aux services sociaux.

Conclusion

Le Sénégal démontre qu’une gouvernance en phase avec sa jeunesse peut catalyser l’innovation et renforcer la participation citoyenne. À l’inverse, le Cameroun illustre les défis d’un leadership vieillissant face à une société jeune. Cette analyse invite à repenser la place des jeunes dans la gouvernance en Afrique, dans un contexte où l’âge des dirigeants influence directement l’efficacité des politiques publiques.

Bibliographie

1. Institut national de la statistique du Sénégal. Rapport démographique 2023. Dakar, Sénégal.

2. Banque mondiale. Perspectives démographiques et économiques de l’Afrique. 2023.

3. Mbaye, Fatou. Jeunesse et politique en Afrique de l’Ouest. Paris : L’Harmattan, 2020.

4. Bayart, Jean-François. L’État en Afrique : La politique du ventre. Paris : Fayard, 1989.

5. ONU Afrique. La jeunesse africaine et les objectifs de développement durable. 2022.

6. Mbembe, Achille. Critique de la raison nègre. Paris : La Découverte, 2013.

PAUL BIYA INAUGURE LE PALAIS DES SPORTS; MAIS BOUDE L’ASSEMBLÉE NATIONALE: UN SYMBOLE D’UNE INSTITUTION EN CRISE

Palais des Sports de Yaoundé

Résumé

L’inauguration par Paul Biya du Palais des sports de Yaoundé, construit par les Chinois, contraste fortement avec l’absence d’une cérémonie similaire pour le siège flambant neuf de l’Assemblée nationale, également bâti par la Chine. Ce choix soulève des interrogations sur la perception et la crédibilité de l’institution parlementaire au Cameroun. S’agit-il d’un désaveu du président de l’Assemblée ou d’une crise plus profonde de la représentativité et du fonctionnement de l’institution ? En analysant les symboles et implications politiques de cet acte, cet article explore les tensions qui minent le parlement camerounais et leur portée pour la gouvernance nationale.

Mots Clés:

Abstract

Paul Biya’s inauguration of the Yaoundé Sports Complex, built by the Chinese, starkly contrasts with his omission of a similar ceremony for the brand-new National Assembly building, also constructed by China. This decision raises questions about the perception and credibility of the parliamentary institution in Cameroon. Is this a snub to the Speaker of the Assembly, or a reflection of a deeper crisis in the institution’s representativeness and functioning? By analyzing the symbolic and political implications of this act, this article delves into the tensions undermining Cameroon’s parliament and their impact on national governance.

Assemblée Nationale Cameroun

1. Le Parlement Camerounais : Une Institution Fragilisée

L’Assemblée nationale est censée incarner la souveraineté populaire selon l’article 1 de la Constitution camerounaise. Cependant, cette institution, comme beaucoup d’autres parlements africains, est confrontée à une faiblesse structurelle qui entrave son rôle.

1.1. Absence d’Indépendance

Le parlement camerounais est largement dominé par le parti au pouvoir, le RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais), qui détient une majorité écrasante depuis plusieurs décennies. En conséquence, son rôle législatif est souvent réduit à un appui mécanique aux décisions présidentielles. Comme l’écrit Jean-François Bayart dans L’État en Afrique : La politique du ventre (1989) :

« Les institutions parlementaires en Afrique ne sont souvent que des vitrines permettant de légitimer les décisions d’un exécutif omnipotent. »

Un exemple frappant est l’adoption systématique des lois budgétaires sans véritable débat parlementaire. En 2023, par exemple, la loi de finances a été adoptée en moins de deux semaines, une rapidité qui traduit un manque d’examen critique.

1.2. Déficit de Légitimité

Les taux de participation aux élections législatives sont en constante baisse. Lors des élections de 2020, la participation nationale n’a été que de 43 %, et certaines régions, notamment anglophones, ont enregistré des taux inférieurs à 15 %, en raison de la crise sociopolitique qui secoue ces zones. Ce faible taux de participation témoigne d’une désaffection croissante envers une institution perçue comme éloignée des préoccupations citoyennes.

Un parallèle peut être établi avec d’autres parlements africains : en Côte d’Ivoire, le parlement de Laurent Gbagbo, avant la crise de 2010, faisait face à des accusations similaires d’être une chambre d’enregistrement. La crise politique qui en a découlé a montré à quel point le manque de légitimité d’une institution peut miner la stabilité nationale.

2. Un Désaveu Personnel ou Institutionnel ?

L’absence d’inauguration du siège de l’Assemblée nationale par Paul Biya peut être interprétée sous deux angles complémentaires :

2.1. Un Désaveu du Président de l’Assemblée

Cavaye Yéguié Djibril, qui préside l’Assemblée nationale depuis 1992, est devenu un symbole de la stagnation institutionnelle. Sa longévité à ce poste illustre une politisation excessive et un manque de renouvellement des élites parlementaires. Dans un contexte où la société civile demande davantage de transparence et de diversité politique, Cavaye est régulièrement critiqué pour son alignement inconditionnel avec l’exécutif.

Comme l’écrit Achille Mbembe dans On the Postcolony (2001) :

« Les élites politiques africaines maintiennent leur position non pas en modernisant les institutions, mais en consolidant des structures de domination qui aliènent les citoyens. »

L’absence d’inauguration pourrait donc traduire une volonté de Paul Biya de marquer une distance avec Cavaye, même si cela n’implique pas nécessairement une rupture.

2.2. Une Crise Institutionnelle Profonde

Au-delà des individus, le parlement camerounais souffre d’une crise structurelle. En ne lui accordant pas l’importance symbolique qu’il réserve à des infrastructures comme le Palais des sports, Paul Biya semble refléter un consensus tacite sur l’inutilité relative de l’Assemblée dans le processus décisionnel.

Des précédents historiques appuient cette lecture. En République démocratique du Congo sous Mobutu, l’Assemblée nationale était surnommée « la caisse de résonance », en référence à son rôle passif. Cette absence de pouvoir réel a contribué à l’effondrement institutionnel du régime dans les années 1990.

3. Le Symbolisme de l’Acte et Ses Implications

L’absence d’inauguration est un acte chargé de symboles. En analysant les messages implicites qu’il véhicule, plusieurs implications se dégagent.

3.1. La Primauté de l’Exécutif

Dans un régime hyperprésidentialisé comme celui du Cameroun, le président concentre l’essentiel des pouvoirs. En célébrant le Palais des sports et en ignorant l’Assemblée nationale, Paul Biya renforce l’idée que les infrastructures tangibles et les projets exécutifs priment sur les espaces de débat démocratique.

Ce phénomène n’est pas unique au Cameroun. En Éthiopie, sous Haile Selassie, les institutions parlementaires étaient maintenues pour des raisons symboliques, mais elles n’avaient aucun impact réel sur les politiques publiques.

3.2. Une Vision Orientée vers l’Apparence

Le Palais des sports représente un outil de diplomatie publique : il accueille des compétitions internationales, attire des visiteurs et projette une image de modernité. En revanche, le siège de l’Assemblée nationale, bien qu’important, ne génère pas la même visibilité.

Comme le souligne Larry Diamond dans Developing Democracy: Toward Consolidation (1999) :

« Les régimes autoritaires tendent à privilégier les réalisations spectaculaires qui masquent leur déficit démocratique. »

En inaugurant le Palais des sports, Paul Biya mise sur des infrastructures qui valorisent son image, plutôt que sur celles qui renforcent les institutions démocratiques.

Conclusion : Une Institution à Réinventer

L’omission de l’inauguration du siège de l’Assemblée nationale par Paul Biya illustre une crise institutionnelle plus large au Cameroun. Si le Palais des sports brille par son éclat, l’Assemblée nationale incarne une stagnation politique et un déficit démocratique.

Ce geste met en lumière un problème récurrent en Afrique : la mise à l’écart des institutions démocratiques au profit d’un exécutif omniprésent. Pour restaurer la confiance dans le parlement camerounais, des réformes profondes sont nécessaires : renouvellement des élites, indépendance accrue et mécanismes de reddition des comptes. En l’absence de telles initiatives, le parlement risque de rester une institution marginalisée, incapable de jouer son rôle dans la construction démocratique.

Bibliographie

1. Bayart, Jean-François. L’État en Afrique : La politique du ventre. Fayard, 1989.

2. Diamond, Larry. Developing Democracy: Toward Consolidation. Johns Hopkins University Press, 1999.

3. Mbembe, Achille. On the Postcolony. University of California Press, 2001.

4. Van de Walle, Nicolas. African Economies and the Politics of Permanent Crisis, 1979-1999. Cambridge University Press, 2001.

5. Nnoli, Okwudiba. Politics of Democratization in Africa. CODESRIA, 2003.

6. Tordoff, William. Government and Politics in Africa. Macmillan, 2002.

Le Cameroun fédéré de 4 regions: LA RÉPARATION DES FRACTURES DE LA CONFÉRENCE DE BERLIN 1884-85

Résumé

La Conférence de Berlin de 1884-1885, orchestrée par les puissances coloniales, a divisé l’Afrique en fonction des intérêts européens, fragmentant des groupes ethniques homogènes en plusieurs États. Ces divisions arbitraires ont perpétué des conflits identitaires et des tensions interétatiques. Cet article explore comment ce même modèle de partition a été appliqué au Cameroun, divisant des peuples culturellement proches pour des raisons administratives ou géopolitiques. Nous proposons un modèle fédéral à quatre régions au Cameroun, fondé sur des critères culturels et historiques, pour réparer ces fractures héritées. En favorisant le regroupement culturel, ce modèle répond aux aspirations d’autonomie tout en renforçant l’unité nationale.

Abstract

The Berlin Conference of 1884-1885, driven by European colonial interests, divided Africa arbitrarily, splitting homogeneous ethnic groups across multiple states. These divisions perpetuated identity conflicts and inter-state tensions. This article examines how the same partition model was applied in Cameroon, dividing culturally linked peoples for administrative or geopolitical purposes. We propose a four-region federal model in Cameroon, based on cultural and historical criteria, to heal these inherited fractures. By prioritizing cultural cohesion, this model addresses aspirations for autonomy while strengthening national unity.

Mots-clés: Cameroun, Conférence de Berlin, fédéralisme culturel, ethnies africaines, reconstruction nationale.

Keywords: Cameroon, Berlin Conference, cultural federalism, African ethnic groups, national reconstruction.

Introduction : Les Héritages de la Conférence de Berlin et la Fragmentation des Identités Africaines

La Conférence de Berlin (1884-1885) marque un tournant décisif dans l’histoire de l’Afrique. Organisée par les puissances européennes, elle visait à se partager le continent africain en zones d’influence, sans tenir compte des réalités culturelles, linguistiques ou historiques des peuples autochtones. Ce découpage, motivé par des intérêts économiques et géopolitiques, a divisé des groupes ethniques homogènes en les dispersant à travers plusieurs frontières nationales. Par exemple, les Ewe se retrouvent aujourd’hui entre le Ghana, le Togo et le Bénin, tandis que les Masaï sont divisés entre le Kenya et la Tanzanie (Hance, 1964). Ces divisions ont généré des tensions identitaires persistantes et des conflits interétatiques.

Au Cameroun, les colonisations successives allemande, française et britannique ont reproduit ces dynamiques destructrices. Les mêmes groupes ethniques et culturels ont été séparés, souvent sur la base de distinctions religieuses ou linguistiques imposées. Cet article propose de reconfigurer le Cameroun en quatre grandes régions fondées sur des critères culturels et historiques, afin de corriger ces injustices et de répondre aux aspirations d’autonomie tout en préservant l’unité nationale.

1. La Conférence de Berlin et ses Conséquences sur l’Afrique

La Conférence de Berlin, convoquée par Otto von Bismarck, visait à réguler la colonisation et le commerce en Afrique. Elle a abouti à la délimitation des frontières modernes de nombreux pays africains, sans considération pour les réalités culturelles des populations. Ce découpage arbitraire a brisé des liens ancestraux et a rassemblé, dans un même État, des groupes souvent antagonistes (Asiwaju, 1985).

Parmi les exemples notables, les Haoussa, ethnie majeure d’Afrique de l’Ouest, se retrouvent dispersés entre le Nigeria, le Niger et le Bénin. De même, les Bakongo, dont les pratiques culturelles et linguistiques sont similaires, sont répartis entre l’Angola, la République démocratique du Congo et la République du Congo. Ces divisions, souvent dictées par des lignes géographiques imaginaires, ont affaibli la cohésion sociale et contribué à des conflits postcoloniaux (Mazrui, 1995).

2. Le Parallèle avec le Cameroun : Une Fragmentation Internalisée

Le Cameroun illustre parfaitement l’application des logiques de Berlin. Initialement un protectorat allemand, le territoire a été divisé en deux zones après la Première Guerre mondiale : une partie sous administration française et l’autre sous administration britannique. Cette division a renforcé les fractures ethniques et linguistiques. Par exemple, les Tikar et les Bamileke, partageant une culture commune, ont été institutionnellement séparés.

La fragmentation s’est poursuivie après l’indépendance, avec des découpages administratifs qui ne reflètent pas les réalités culturelles. Le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, bien que majoritairement anglophones, diffèrent en termes d’appartenances culturelles. De même, les régions du Littoral et de l’Ouest abritent des ethnies partageant des liens historiques, mais souvent administrativement isolées. Ce découpage a exacerbé les tensions identitaires et les revendications autonomistes.

3. Proposer une Réparation : Un Fédéralisme à Quatre Régions

Un fédéralisme basé sur des critères culturels peut corriger ces erreurs historiques. La proposition de regrouper le Cameroun en quatre grandes régions répond à un double objectif : respecter les réalités culturelles et renforcer l’autonomie locale.

1. Grand Nord : Comprenant les régions septentrionales, cette entité repose sur les cultures sahéliennes partagées entre les Fulani, les Kanuri et autres groupes.

2. Grand Ouest : Intégrant le Nord-Ouest et l’Ouest, elle valorise les similitudes entre les Bamileke, les Tikar et les Grassfields.

3. Grand Littoral : Rassemblant le Sud-Ouest, le Littoral et une partie du Sud et centre, elle s’appuie sur les cultures côtières partagées et autres

4. Grand Sud : Axé sur les peuples bantous, cette région valorise les identités forestières.

4. Une Constitution Réparatrice : Garantir l’Autonomie et l’Unité

Le fédéralisme proposé implique une révision constitutionnelle rigoureuse. Chaque région disposera d’une autonomie culturelle, économique et linguistique, garantissant ainsi que les spécificités locales soient respectées. Par exemple, les langues locales pourront coexister avec le français et l’anglais dans l’administration et l’éducation. Un Conseil National de Coordination (CNC) permettra de résoudre les différends interrégionaux et de garantir l’harmonie nationale.

Conclusion : Réparer pour Reconstruire

Le découpage actuel du Cameroun, hérité de la colonisation, perpétue les fractures identitaires imposées par la Conférence de Berlin. En adoptant un fédéralisme culturel à quatre régions, le Cameroun peut corriger ces erreurs historiques et jeter les bases d’une gouvernance inclusive et harmonieuse. Ce modèle offre une solution équilibrée aux revendications autonomistes tout en renforçant l’unité nationale.

Bibliographie :

• Asiwaju, A. I. (1985). Partitioned Africans: Ethnic Relations Across Africa’s International Boundaries 1884–1984. C. Hurst.

• Hance, W. A. (1964). The Geography of Modern Africa. Columbia University Press.

• Mazrui, A. A. (1995). The Africans: A Triple Heritage. BBC Publications.

• Rodney, W. (1972). How Europe Underdeveloped Africa. Bogle-L’Ouverture Publications.

• Zartman, I. W. (1989). Ripe for Resolution: Conflict and Intervention in Africa. Oxford University Press.

Le problème du Cameroun : 1. Les députés RDPC qui votent de mauvaises lois depuis des décennies et 2: Les maires RDPC incompétents et mauvais depuis des décennies

Cliquez sur vidéo pour suivre le débat

Je disais déjà à l’époque dans l’émission Hutu Africa de Stéphane Mbarga à Info TV que:

IL FAUT REMPLACER TOUS LES DEPUTES ET MAIRES RDPC EN 2025-2026, C’EST UN IMPERATIF CITOYEN POUR NOUS ET LES FUTURES GENERATIONS

Lorsqu’un pays est gouverné pendant des décennies par de mauvaises lois, il en résulte inévitablement des conséquences désastreuses. D’une part, on forme des citoyens qui manquent de compétences et d’initiative. D’autre part, on crée des individus qui, moralement, perdent leurs repères et se retrouvent dans des comportements nuisibles, souvent contraires aux valeurs de bienveillance, de solidarité et d’intégrité.

Pr Jimmy Yab à Info TV

Le problème du Cameroun ne se limite pas à la personne de Paul Biya. Il réside également dans un système entier qui favorise des pratiques et des structures inefficaces, notamment à travers :

1. Les députés du RDPC qui votent des lois inadaptées aux réalités et aux besoins de notre société, renforçant ainsi des normes qui freinent le progrès.

2. Les maires RDPC qui, pour beaucoup, font preuve d’incompétence et d’arrogance, éloignant ainsi l’administration des préoccupations et du bien-être des populations locales.

Ce cadre, qui se perpétue depuis des années, a engendré une partie de notre jeunesse qui manque de repères et de perspectives positives, et qui, parfois, sombre dans des comportements contraires à l’éthique et aux valeurs citoyennes. Pour réformer ce pays, nous devons non seulement transformer les institutions, mais aussi insuffler un nouveau sens des responsabilités et de l’engagement, afin de bâtir une société où les citoyens sont compétents, éthiques et guidés par des valeurs solides.

Cette vidéo met en évidence l’impact des mauvaises pratiques politiques sur la société camerounaise et la nécessité d’un changement en profondeur pour rétablir une gouvernance basée sur des valeurs solides et une administration compétente.

Le Botswana a un nouveau Président de 54 ans: Seule une Coalition Populaire et un Programme d’Amélioration du Niveau de Vie Peuvent Vaincre les Partis Historiques comme le RDPC— Vers un Nouvel Élan pour le Cameroun avec le MLDC

Duma Boko, 54 ans, nouveau Président du Botswana

Dans une cérémonie d’investiture haut en couleur le 8 Novembre 2024 et un tournant politique historique, le Botswana a vu l’élection de Duma Boko, jeune président de 54 ans, qui incarne le changement tant attendu par les citoyens. En s’appuyant sur l’Umbrella for Democratic Change (UDC), une coalition unissant le Botswana National Front et l’Alliance for Progressives, Boko a réussi à renverser le parti au pouvoir après 58 ans de domination. Ce succès est un témoignage de la force d’une coalition qui place le bien-être des citoyens au centre de son programme, avec des promesses concrètes pour relever le niveau de vie de la population.

Lors de son investiture à Gaborone, Boko, acclamé par des milliers de citoyens enthousiastes, a souligné l’importance de l’unité et du changement. « C’est l’un des moments les plus rares de notre histoire — une démonstration de la puissance du peuple lorsqu’il s’unit pour un objectif commun », a-t-il déclaré. Son premier discours a mis en avant les valeurs de respect et de coopération, même envers son prédécesseur, Mokgweetsi Masisi, qui a permis une transition pacifique.

Le MLDC : Une Alternative de Changement pour le Cameroun

Inspiré par l’exemple botswanais, le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) se positionne pour les élections de 2025 avec une vision similaire de coalition et de transformation sociale. Conscient que seul un programme populaire et inclusif peut battre le RDPC, parti au pouvoir depuis des décennies, le MLDC propose une coalition large qui réunit les jeunes, les femmes et diverses forces politiques autour d’un objectif commun : améliorer les conditions de vie des Camerounais. Le MLDC est convaincu que seul un mouvement inclusif et solidaire, soutenu par un programme axé sur le bien-être des citoyens, peut apporter l’alternance dont le pays a besoin.

Un Programme pour Élever le Niveau de Vie des Populations

Duma Boko et la coalition UDC ont su capter l’attention des Botswanais avec des engagements concrets : un salaire minimum de 4 000 pulas (302 dollars), des allocations de chômage, des aides pour les personnes âgées, et la création de nouvelles entreprises. Ces mesures répondent directement aux besoins des citoyens, alors que le chômage au Botswana est monté à 27,6 % en 2024. Ce programme pragmatique et orienté vers le développement social a été un facteur clé dans la victoire de l’UDC.

Le MLDC, de son côté, s’engage également à améliorer le niveau de vie des Camerounais, avec des propositions pour lutter contre le chômage, optimiser les services publics, et offrir un accès équitable à l’éducation et à la santé. En mettant l’accent sur une gestion efficace et transparente des fonds publics, le MLDC promet de recentrer les politiques nationales sur les besoins essentiels du peuple, un impératif pour créer un changement durable.

Optimiser les Ressources Nationales pour le Développement

Un autre aspect décisif de la victoire de l’UDC au Botswana est son engagement à renégocier les accords avec De Beers pour maximiser les bénéfices des ressources en diamants, qui constituent 80 % des exportations du pays. En s’inspirant de cette approche, le MLDC au Cameroun propose de réformer la gestion des ressources naturelles telles que le pétrole et le bois, afin d’augmenter les revenus nationaux et de soutenir l’économie locale par la création d’emplois durables.

Un Modèle pour l’Afrique et un Espoir de Transition pour le Cameroun

Le succès de la coalition UDC montre qu’une opposition unie et portée par un programme de progrès social peut triompher même face à un parti historiquement puissant. Cela représente un modèle inspirant pour le Cameroun, où le MLDC se prépare à une campagne historique pour 2025.

En rassemblant les forces populaires et en promouvant un programme qui place le bien-être des Camerounais au premier plan, le MLDC espère encourager la reproduction de ce succès botswanais au Cameroun.

Is the Lion Truly the King of the jungle?

Is the Lion Truly the King of the Forest?

Jimmy Yab

I recently visited MARWELL ZOO IN ENGLAND with my family and while I was watching the giraffes, one question comes to my mind: Is the Lion Truly the King of the jungle?

The lion has long been celebrated as the “king of the jungle” or even “king of the forest,” a title that conjures images of unrivaled strength, majesty, and dominance. But how accurate is this label? In reality, the lion’s kingdom is not the forest or jungle but rather the savannas, grasslands, and open plains of Africa. Exploring the lion’s actual habitat, behavioral traits, and ecological relationships reveals that its “royal” title may not fully reflect its role in the natural world. Here, we challenge the traditional notion of the lion as the king of the forest.

The Lion’s Habitat: Not the Forest, Not the Jungle

To begin with, lions don’t inhabit forests or jungles in the sense people often imagine. Lions are primarily found in Africa’s grasslands and savannas, open spaces that allow them to hunt in prides and utilize their strength and coordination. The misconception that they dwell in jungles likely arose from the title “king of the jungle,” which seems to be a misinterpretation based on a lack of knowledge about their true habitats.

In actual forests, lions would not be well-adapted hunters. Forests are dense, shadowy environments where solitary predators, such as tigers and leopards, excel due to their ability to blend into the shadows and stalk prey with stealth. By contrast, lions rely on open plains, where their cooperative hunting strategies and powerful physiques are advantageous.

Royal Status: Dominance in the Animal Kingdom?

The notion of the lion as “king” of the animal kingdom is also worth challenging. While lions are apex predators, they are not the most powerful or even the most successful hunters in their ecosystems. Lions have hunting success rates of about 25% to 30%, a figure lower than that of solitary hunters like leopards and cheetahs, who operate with greater stealth. Further, a lion’s hunting prowess is typically bolstered by teamwork in prides, meaning that even their strength is largely reliant on collaboration rather than individual dominance.

Additionally, lions often scavenge from other animals, including hyenas. Despite popular portrayals of lions as the noble lords of the savanna, they regularly engage in competitive scavenging. In some cases, lions even steal kills from smaller predators or scavenge carrion left by other animals, blurring the line between apex predator and opportunistic scavenger.

Rival Kings in the Animal Kingdom

Jimmy Yab at Marvell zoo in England

When evaluating the title of “king” based on dominance within an ecosystem, other animals could be equally, if not more, deserving of this title. Elephants, for example, are not only physically larger and more powerful than lions but also play a significant ecological role in shaping the environment. Through their behavior—uprooting trees, creating water sources, and spreading seeds—elephants have a profound impact on the ecosystems they inhabit, thus exercising a form of natural governance and influence unmatched by any lion.

Other animals also display unique traits that contribute to their own “kingly” status. Tigers, for instance, dominate the jungles of Asia and have been observed taking down prey larger than themselves, even in dense forests. Their solitary and stealthy approach allows them to reign in an environment where lions would struggle to survive.

Social Structure: Kings Without Kingdoms?

Lions’ social structures, centered around prides, also differ from the hierarchical, centralized image we often associate with kingship. In a pride, there is no absolute, unchallenged ruler. Male lions frequently compete for dominance, often through violent confrontations. A “king” lion may only hold his position temporarily until he is challenged and replaced by a younger or stronger male. This turnover of “kings” within prides contrasts with the traditional idea of a stable monarchy, where a king reigns until death or abdication. Instead, lions’ dominance is transient, a survival strategy rather than a birthright or inherent rule.

The Lion’s Symbolic Value

Much of the lion’s “royal” status comes from symbolic associations in human culture, rather than the animal’s natural behaviors. Across many societies, lions have symbolized strength, courage, and authority, traits idealized by humans. From the roaring lions depicted on heraldry and royal crests to religious and cultural iconography, the lion has been positioned as a symbol of nobility and majesty. This symbolism, however, is largely a human construct, one that overlooks the complex realities of lion behavior and ecology.

In recent years, popular culture has cemented the image of the lion as royalty, thanks to stories such as The Lion King, which portrays lions as moral and wise rulers of the animal world. This narrative, while inspiring, romanticizes the lion’s actual place in the ecosystem and promotes an oversimplified view of its role.

Conclusion: The Complexity of the Natural World

So, is the lion truly the king of the forest? Not really. The title “king” misrepresents the lion’s role in nature, which is more complex and nuanced than simple dominance or royal authority. In the savannas and grasslands, lions occupy a specific ecological niche as powerful and cooperative predators, but they are neither supreme rulers nor lone monarchs. The title also ignores the impressive qualities of other species, from the elephants’ ecological influence to the tiger’s solitary mastery of the jungle.

Ultimately, perhaps it is more fitting to view the lion as a “symbol” rather than a “king”—a reminder of strength, unity, and resilience, but not an uncontested ruler of all creatures or environments. By examining the lion’s true place in nature, we gain a deeper appreciation for the intricate balance of ecosystems and the unique qualities of each species within it.

Etat Développementaliste Communautaire (EDC): Compétitivité et Protectionisme

Je vous partage ici le COMMENTAIRE d’un lecteur et ma RÉPONSE sur notre modèle de développement c’est- a-dire: l’Etat Développementaliste Communautaire( EDC) et le PROTECTIONISME.

COMMENTAIRE:

Bonjour Pr. Dans quelle mesure la construction d’un État Développementariste Communautaire et donc fondamentalement protectionniste, pourrait s’accommoder aux dynamiques d’intégration régionale et être compétitif dans un contexte de libre circulation (marché commun) et autres défis liés aux APE?

J’ai l’impression de ne pas bien saisir, je saurais gré d’un échange instructif à ce sujet.

MA RÉPONSE:

Bonjour,

je t’invite à la première dédicace qui aura lieu le 13 Novembre au Palais des congrès de Yaoundé Nous aurons largement le temps d’en parler et tu auras la possibilité d’avoir l’ouvrage.

Ceci étant dit, voici quelques éléments de réponses à tes interrogations.

Ta question soulève un point crucial sur les défis auxquels pourrait faire face un État Développementaliste Communautaire (EDC) dans le cadre de l’intégration régionale et des accords de libre-échange, tels que les Accords de Partenariat Économique (APE).

  1. Protectionnisme et Intégration Régionale

L’approche de l’EDC se base sur le protectionnisme pour soutenir l’économie locale en protégeant les industries nationales et en favorisant les investissements domestiques. Cependant, il est possible de combiner cette stratégie avec les dynamiques d’intégration régionale en adaptant les mesures protectionnistes. Par exemple, l’État peut définir des secteurs stratégiques où le protectionnisme est justifié à des fins de développement industriel, tout en autorisant une ouverture progressive sur les autres marchés africains pour des produits compétitifs. Cela permettrait d’assurer la compétitivité des industries locales tout en respectant les engagements d’intégration régionale.

  1. Compétitivité dans un Marché Commun

L’EDC pourrait s’engager dans une stratégie de compétitivité régionale par étapes. Au lieu d’ouvrir immédiatement l’ensemble de ses secteurs, l’État pourrait identifier les industries qui sont prêtes pour la compétition régionale et investir dans celles-ci pour améliorer leur productivité et leurs normes de qualité. L’objectif serait de transformer progressivement les industries nationales protégées en industries compétitives au niveau régional, créant ainsi un équilibre entre protection intérieure et expansion dans le marché commun.

  1. Défis des APE et Adaptation de l’EDC

Les APE avec l’Union Européenne posent un défi particulier puisqu’ils imposent des baisses tarifaires sur les produits européens. Pour un EDC, il serait pertinent de négocier des exceptions sectorielles et des périodes de transition prolongées pour les industries naissantes. Parallèlement, l’État pourrait tirer parti des APE pour stimuler les investissements dans des industries locales orientées vers l’exportation, bénéficiant de l’accès privilégié aux marchés européens, tout en soutenant la montée en puissance de celles-ci par des politiques de subventions et d’incitations.

  1. Une Vision de Long Terme

En somme, l’approche développementaliste communautaire n’est pas nécessairement incompatible avec la libre circulation et les APE. L’essentiel est de construire un équilibre qui permet de préserver les intérêts nationaux et de développer progressivement une compétitivité régionale. L’État peut jouer un rôle actif en orientant les ressources vers les secteurs porteurs, en investissant dans le renforcement des capacités et en adoptant des politiques commerciales intelligentes pour naviguer entre protectionnisme et ouverture.

Cette démarche permettrait ainsi de bâtir une économie résiliente, capable de s’intégrer progressivement dans les marchés régionaux et mondiaux, sans sacrifier le développement national. J’espère que cela clarifie les liens entre le modèle de l’EDC et les enjeux d’intégration régionale. N’hésite pas à échanger davantage si tu as des questions.
PR JIMMY YAB

Paul Biya : Débat sur l’âge et la gouvernance au Cameroun

La question de l’âge du Président Paul Biya, qui atteindra 92 ans lors des élections de 2025, constitue un point focal du débat politique au Cameroun. Cet aspect de sa longévité au pouvoir est souvent mis en avant par l’opposition, qui y voit un argument central pour remettre en cause sa capacité à continuer à gouverner efficacement le pays. Cependant, l’accent mis sur l’âge doit être examiné dans un contexte plus large, où la continuité et la stabilité du régime sont des enjeux majeurs pour l’avenir du Cameroun.

L’âge : un symbole ou un levier politique ?

L’âge avancé du Président Biya ne peut être ignoré. À mesure que l’on avance en âge, il est bien établi que les capacités physiques et cognitives peuvent décliner, affectant potentiellement la prise de décision et la gouvernance d’un pays. Toutefois, cette perspective doit être nuancée. L’âge, en tant que tel, n’est pas automatiquement synonyme d’incapacité à gouverner. Ce qui est plus pertinent, c’est l’efficacité avec laquelle un dirigeant peut continuer à exercer son rôle, même s’il s’appuie sur une équipe de conseillers expérimentés et un réseau de soutien politique bien établi.

Cet argument de l’âge est-il donc légitime ou est-il simplement utilisé par l’opposition comme un outil pour affaiblir un leader qui conserve une emprise considérable sur le pouvoir ? Il est probable que les deux dimensions coexistent. L’âge de Biya symbolise à la fois les défis de la longévité au pouvoir et les craintes d’une stagnation politique. Pourtant, il pourrait également s’agir d’un simple levier rhétorique dans un contexte où l’opposition peine à mobiliser autour d’un programme alternatif convaincant.

La longévité au pouvoir : stabilité ou stagnation ?

Le long règne de Paul Biya a certes apporté une certaine stabilité au Cameroun, un facteur crucial dans une région marquée par des conflits et des incertitudes politiques. Cependant, cette stabilité est de plus en plus perçue comme un obstacle au renouvellement nécessaire du leadership. L’absence de renouvellement politique peut engendrer un immobilisme qui limite la capacité du pays à s’adapter aux enjeux contemporains, qu’ils soient économiques, sociaux ou sécuritaires.

Le débat sur l’âge de Biya doit donc être replacé dans une réflexion plus globale sur la longévité au pouvoir et ses implications pour la démocratie camerounaise. Une gouvernance marquée par la continuité a ses avantages, mais elle pose aussi des questions sur la capacité du régime à se renouveler et à répondre aux aspirations des nouvelles générations.

L’influence persistante de Paul Biya

Malgré son âge, Paul Biya continue de jouir d’une influence considérable, soutenue par un réseau puissant au sein du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) et au-delà. Cette influence pourrait lui permettre de jouer un rôle significatif dans la politique camerounaise, même en cas de déclin physique. Le Cameroun est-il devenu trop dépendant de cette figure centrale, au point que son retrait pourrait entraîner des troubles ou une incertitude politique ? Cette question soulève des préoccupations légitimes sur l’avenir du pays et la nécessité d’une transition maîtrisée.

L’opposition et la quête d’une alternative crédible

L’un des principaux défis pour l’opposition camerounaise réside non seulement dans la critique du maintien au pouvoir d’un président vieillissant, mais aussi dans sa capacité à proposer une alternative cohérente et crédible. À ce jour, l’opposition a peiné à s’unir et à formuler un projet politique convaincant qui pourrait inspirer la confiance des Camerounais et offrir une réelle possibilité de changement.

Le manque de leadership clair et la fragmentation des forces d’opposition affaiblissent leur pouvoir de persuasion et renforcent la position du RDPC et de Paul Biya. Ce déséquilibre est exacerbé par le fait que, pour nombre de Camerounais, la continuité incarne une certaine sécurité, surtout face aux défis sécuritaires actuels, tels que la crise anglophone et la menace de Boko Haram.

Vers une transition politique nécessaire ?

Il est indéniable que le Cameroun devra, à un moment donné, affronter la question de la succession de Paul Biya. Une transition politique pacifique et ordonnée est essentielle pour garantir une stabilité durable. Cette transition pourrait être initiée par un Paul Biya lucide, qui déciderait de passer le flambeau à une nouvelle génération, tout en s’assurant que cette transition se fasse en douceur. À défaut, il incomberait à l’opposition de se structurer pour offrir une alternative solide et prête à prendre les rênes du pouvoir.

Conclusion

L’argument de l’âge du Président Biya ne peut être écarté, mais il doit être analysé dans une perspective plus large qui inclut la nécessité d’un renouvellement politique et la capacité de l’opposition à proposer une alternative crédible. Le Cameroun, comme toute nation, a besoin de leaders qui non seulement comprennent les défis actuels, mais qui sont aussi prêts à préparer l’avenir en permettant une transition politique pacifique et ordonnée. Le futur du pays dépendra de la manière dont cette transition sera orchestrée, qu’elle soit menée par un leader vieillissant ou par une opposition enfin unie et inspirée.

PR JIMMY YAB

Gestion des Déchets à Yaoundé: Un Échec Politique


La gestion des déchets et l’insalubrité à Yaoundé, la capitale politique du Cameroun, est un problème persistant qui reflète des défis plus larges et surtout l’incompétence et la méchanceté des maires RDPC dans la gestion urbaine et le développement du pays. Les poubelles débordantes, les ordures accumulées dans les rues, et l’absence d’un système efficace de collecte et de traitement des déchets contribuent à une image de plus en plus négative de la ville. Ces problèmes ont des répercussions importantes sur la santé publique, l’environnement, et le développement socio-économique.

CONSÉQUENCE SUR LA SANTÉ PUBLIQUE ET L’ENVIRONNEMENT

L’insalubrité chronique dans une ville comme Yaoundé entraîne de graves conséquences pour la santé des habitants. Les déchets mal gérés deviennent des foyers de maladies infectieuses, telles que le paludisme, la fièvre typhoïde et le choléra. Les eaux stagnantes, souvent causées par l’encombrement des caniveaux avec des déchets, favorisent la prolifération des moustiques, responsables de nombreuses maladies. En outre, la décomposition des déchets organiques génère des odeurs nauséabondes et pollue l’air, aggravant les conditions de vie dans les quartiers les plus touchés.

Sur le plan environnemental, l’accumulation de déchets non biodégradables, comme le plastique, contribue à la pollution des sols et des cours d’eau. Cela affecte non seulement les écosystèmes locaux, mais nuit également à la qualité de l’eau potable. L’incinération non contrôlée des ordures à ciel ouvert, souvent pratiquée par des particuliers ou des groupes communautaires désespérés par l’inefficacité des services municipaux, libère des substances toxiques dans l’atmosphère, augmentant la pollution de l’air et les risques de maladies respiratoires.

IMPACT SUR LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE

L’insalubrité à Yaoundé a également un impact significatif sur le développement économique. Une ville mal entretenue devient peu attrayante pour les investisseurs, qui peuvent percevoir l’incapacité à gérer les déchets comme un indicateur de mauvaise gouvernance et d’inefficacité institutionnelle. Le tourisme, un secteur potentiel de croissance économique, est également compromis, car les visiteurs sont rebutés par l’état de propreté de la ville.

De plus, l’inefficacité dans la gestion des déchets augmente les coûts pour les entreprises locales. Les entreprises doivent parfois assumer elles-mêmes la gestion de leurs déchets, ce qui augmente leurs dépenses opérationnelles. Cela peut également entraîner des fermetures temporaires lorsque les conditions de salubrité deviennent insoutenables, ce qui affecte la productivité et l’emploi.

INCOMPÉTENCE DES MAIRES RDPC ET DÉFAILLANCE DES POLITIQUES PUBLIQUES

L’un des problèmes sous-jacents à cette crise d’insalubrité est l’incompétence des maires RDPC de communes à gérer efficacement ce défi. Plusieurs facteurs expliquent cette incompétence :

1. **Manque de Formation et de Compétences Techniques** : Beaucoup de maires manquent de la formation et des compétences nécessaires pour mettre en place des systèmes efficaces de gestion des déchets. Cela inclut l’absence de connaissances en planification urbaine, en gestion environnementale, et en politiques publiques durables.

2. **Corruption et Détournement de Fonds** : La corruption endémique et le détournement des fonds publics destinés à l’assainissement aggravent la situation. Les ressources allouées à la gestion des déchets sont souvent détournées ou mal utilisées, laissant les communes sans les moyens nécessaires pour assurer la propreté de la ville.

3. **Manque de Coordination et de Soutien Institutionnel** : La gestion des déchets nécessite une coordination efficace entre les différentes échelons du gouvernement, des services municipaux aux autorités nationales. Le manque de coopération et de soutien entre ces différents niveaux de gouvernement conduit à une fragmentation des efforts, rendant les interventions inefficaces.

4. **Absence de Sensibilisation et de Participation Communautaire** : Les maires échouent souvent à mobiliser les communautés locales pour qu’elles participent activement à la gestion des déchets. Sans une sensibilisation adéquate et une participation communautaire, même les initiatives les plus bien intentionnées échouent, car elles ne répondent pas aux réalités et aux besoins des habitants.

CONCLUSION

L’insalubrité à Yaoundé est plus qu’un simple problème de gestion des déchets ; c’est un symptôme de la mauvaise gouvernance locale et de l’inefficacité institutionnelle qui freinent le développement du Cameroun. Pour surmonter ces défis, il est essentiel de réformer la gouvernance locale, c’est à dire celle des mairies et de promouvoir la participation active des citoyens. Sans une réponse concertée à ce problème, les conséquences sur la santé publique, l’environnement, et l’économie continueront de s’aggraver, compromettant ainsi le développement durable du pays.
PR JIMMY YAB