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APPEL À LA JEUNESSE CAMEROUNAISE – ÉLECTIONS MUNICIPALES ET LEGISLATIVES 2026, Par le Professeur Jimmy Yab, Président du MLDC.

La géopolitique de l’AXE LOURD DOUALA-YAOUNDE: Le cœur stratégique du Cameroun bat dans l’oubli, l’heure du réveil a sonné!

Ruben Um Nyobe

Résumé

L’axe Douala–Yaoundé est plus qu’une simple infrastructure routière reliant les deux principales métropoles du Cameroun : il constitue un espace stratégique, économique, énergétique, minier et géopolitique majeur pour la refondation du pays. Traversant les départements du Nyong-et-Kéllé et de la Sanaga-Maritime, ce corridor concentre à lui seul l’essentiel des ressources naturelles, des grandes infrastructures de transport et d’énergie, des gisements miniers, ainsi que les principaux projets d’intégration sous-régionale. Pourtant, ce territoire reste marqué par une profonde marginalisation politique et territoriale. L’article examine les dynamiques multiples à l’œuvre le long de cet axe, en mobilisant des données statistiques, des références académiques et une grille d’analyse géopolitique interdisciplinaire. Il soutient que la transformation de cet axe en colonne vertébrale de la souveraineté nationale constitue une condition fondamentale pour tout projet d’État développementaliste communautaire au Cameroun.


Mots-clés

Géopolitique – Douala–Yaoundé – Cameroun – Nyong-et-Kéllé – Sanaga-Maritime – ressources naturelles – souveraineté – corridors logistiques – intégration régionale – État développementaliste communautaire


Abstract

The Douala–Yaoundé corridor is more than just a transport artery linking Cameroon’s two major cities. It is a strategic and multifunctional geopolitical space—economic, energetic, territorial, and symbolic—crossing key departments such as Nyong-et-Kéllé and Sanaga-Maritime. This region hosts a rich endowment of natural resources, critical mineral reserves, hydroelectric infrastructure, and major transport networks, making it a central pillar of national sovereignty and regional integration. Yet, despite its strategic value, this axis suffers from chronic marginalization and underdevelopment. This article provides a multidisciplinary geopolitical analysis of the corridor, drawing on statistical data, field research, and historical perspectives. It argues for the urgent reintegration of this territory into Cameroon’s state-building strategy through a model of community-based developmentalism that links infrastructure, local empowerment, and national sovereignty.


Keywords

Geopolitics – Cameroon – Douala–Yaoundé – Nyong-et-Kéllé – Sanaga-Maritime – natural resources – national sovereignty – regional integration – developmental state – infrastructure


Introduction générale

Le Cameroun est un pays aux multiples potentiels, souvent qualifié de « pays d’Afrique en miniature » pour sa diversité géographique, culturelle et économique. Mais derrière cette formule flatteuse se cache une réalité plus complexe : une centralisation excessive, une distribution inégale des ressources, et des fractures territoriales profondes. Au cœur de ces contradictions se trouve un axe structurant majeur : la route Douala–Yaoundé. Ce corridor, long d’environ 250 kilomètres, n’est pas seulement un trait d’union entre la capitale politique et la capitale économique. Il constitue une colonne vertébrale stratégique traversant deux départements historiquement marginaux, mais géo-économiquement centraux : le Nyong-et-Kéllé et la Sanaga-Maritime.

Depuis l’époque coloniale, cet axe a été conçu comme un couloir de circulation pour les marchandises, l’électricité, les matières premières et les hommes. Cependant, les territoires qu’il traverse sont restés exclus des logiques de redistribution et de gouvernance. Ils concentrent aujourd’hui des inégalités criantes : pauvreté des infrastructures sociales, sous-investissement dans les équipements publics, enclavement rural malgré la présence des grandes voies, et faible représentativité politique. Pourtant, ce territoire renferme une abondance de ressources : forêts, rivières, terres agricoles, barrages hydroélectriques, gisements miniers (or, fer, nickel, calcaire, terres rares), réserves en biodiversité, et un réseau de communication stratégique connectant le port de Douala aux pays de l’hinterland (Tchad, RCA).

Cet article scientifique vise à proposer une relecture géopolitique complète de cet axe, en croisant plusieurs dimensions : territoriale, économique, énergétique, minière, historique, politique et sous-régionale. Il s’agit de démontrer que le corridor Douala–Yaoundé, loin d’être une simple voie de transit, est un territoire stratégique pour la refondation de l’État camerounais, à condition d’y appliquer une grille de lecture intégrée et souveraine. Cette analyse s’inscrit dans le cadre du modèle de l’État Développementaliste Communautaire, qui privilégie la valorisation des ressources locales, la justice territoriale, et l’intégration des populations aux stratégies nationales.

Le premier chapitre analyse l’espace géographique et logistique de l’axe, en démontrant que sa position centrale lui confère une importance structurelle nationale et régionale. Le deuxième chapitre met en lumière la richesse naturelle exceptionnelle du corridor, notamment son potentiel agricole, forestier et hydraulique. Le troisième chapitre s’intéresse aux ressources minières du sous-sol local, encore largement inexploitées malgré les données géologiques prometteuses. Le quatrième chapitre approfondit la dimension énergétique, en examinant le rôle des barrages, des lignes électriques, et des projets industriels associés. Le cinquième chapitre ouvre la perspective sous-régionale, en insistant sur le rôle d’interface logistique que joue l’axe dans la connectivité entre le Cameroun et ses voisins d’Afrique centrale. Enfin, le sixième chapitre développe une réflexion critique sur la géopolitique du pouvoir, la marginalisation historique de la zone, et les recompositions politiques en cours, en particulier dans la perspective d’une transition politique imminente.

Méthodologiquement, l’article s’appuie sur une revue documentaire riche (rapports du MINMIDT, études de la Banque mondiale, littérature académique, données de l’INS), des données statistiques actualisées, ainsi qu’une analyse cartographique du territoire traversé. Il mobilise également les outils théoriques de la géopolitique critique (Lacoste, Raffestin), de l’économie politique du développement (Amin, Mkandawire) et de la sociologie territoriale (Lussault, Badie).

En définitive, l’objectif est de réhabiliter un axe stratégique oublié, en proposant un modèle de gouvernance territoriale fondé sur la souveraineté, la transformation locale des ressources, et la participation communautaire. Cet article s’adresse à la fois aux chercheurs, aux décideurs publics, aux acteurs de la société civile, et aux mouvements politiques porteurs de projets alternatifs. Car repenser l’axe Douala–Yaoundé, c’est aussi repérer la faille qui empêche le Cameroun de devenir une nation cohérente, souveraine et équitable. Et c’est surtout poser les bases d’une réforme territoriale et géopolitique majeure, fondée sur les réalités de terrain, les ressources endogènes, et les aspirations populaires.

Chapitre 1 : Un territoire géographique et logistique central

1.1. Un corridor naturel entre deux capitales stratégiques

L’axe Douala–Yaoundé, long d’environ 230 kilomètres, relie les deux centres de gravité du Cameroun : Yaoundé, la capitale politique et administrative, et Douala, la capitale économique et portuaire. Cet axe traverse deux départements essentiels, à savoir le Nyong-et-Kéllé (dans la région du Centre) et la Sanaga-Maritime (dans la région du Littoral). Cette trajectoire n’est pas fortuite. Elle épouse une géographie naturelle faite de plaines fertiles, de forêts denses, et d’un maillage hydrographique dense dominé par le fleuve Sanaga, le plus grand du pays. Sur le plan topographique, cette zone sert de charnière entre le bassin sud forestier et les plateaux centraux, constituant ainsi un couloir de passage naturel pour les marchandises, les personnes, les ressources énergétiques et les flux d’information.

Historiquement, ce corridor a été structuré dès la colonisation allemande comme axe de pénétration intérieure, reliant le port de Douala aux hauts-plateaux bamilékés et à l’administration centrale. Cette structuration a été renforcée durant la période coloniale française, puis sous les régimes successifs d’Ahmadou Ahidjo et Paul Biya, mais sans jamais inclure sérieusement le développement des zones traversées. D’après une étude du MINHDU (2020), plus de 65 % du fret terrestre national passe par cet axe, et près de 70 % des flux interurbains y sont concentrés. Cette densité de trafic en fait l’artère économique vitale du Cameroun.


1.2. Une convergence multimodale unique au Cameroun

L’axe Douala–Yaoundé est également le seul corridor du pays où convergent tous les modes de transport modernes : routier, ferroviaire, fluvial, électrique et numérique. On y trouve la Route Nationale N°3 (RN3), une voie bitumée classée d’intérêt stratégique par le gouvernement, mais aujourd’hui dégradée à plus de 40 % sur certains tronçons selon le Rapport de suivi des infrastructures du MINTP (2023). En parallèle, la voie ferroviaire de la CAMRAIL relie Douala à Yaoundé, puis à Ngaoundéré, mais le tronçon entre Édéa, Messondo et Makak reste peu utilisé pour le transport local.

En plus de cette infrastructure terrestre, le corridor héberge aussi deux lignes électriques haute tension majeures (225 kV) partant des barrages de Songloulou et d’Édéa pour alimenter Douala, Yaoundé et l’est du pays. Il constitue aussi un passage crucial pour les pipelines de produits pétroliers en provenance du terminal pétrolier de Limbé et des installations portuaires. Le réseau de fibre optique qui alimente les centres urbains en connectivité numérique suit également ce tracé, ce qui fait dire à plusieurs experts que le corridor Douala–Yaoundé est la colonne vertébrale technologique du pays (cf. ANINF, 2022).


1.3. Un espace stratégique pour l’intégration urbaine et périurbaine

La pression démographique autour de cet axe a engendré une urbanisation linéaire, avec des pôles secondaires en croissance rapide comme Édéa, Pouma, Boumnyébel, Makak, Messondo, Mandoumba, etc. Ces localités, bien que traversées par le développement, n’en profitent que très peu, car elles sont dépourvues d’équipements structurants. Selon les données de l’INS (2022), plus de 1,7 million de personnes vivent dans un rayon de 15 km de part et d’autre de la RN3. La zone a un potentiel de mégalopole linéaire si elle était structurée par un aménagement planifié, incluant zones industrielles, habitats sociaux, infrastructures de santé et de formation.

Cependant, cette urbanisation spontanée n’est pas accompagnée par des politiques d’aménagement adaptées. L’Observatoire du Développement Territorial (ODT, 2021) note que la zone est sujette à un déséquilibre croissant entre son poids stratégique et son niveau d’investissement public. Les taux de couverture en eau potable y sont inférieurs à 35 %, ceux d’accès à l’électricité à 40 %, et les taux de scolarisation post-primaire ne dépassent pas 30 % dans plusieurs localités (notamment dans le Nyong-et-Kéllé rural). Ainsi, la croissance y est subie, non organisée, renforçant les tensions sociales.


1.4. Un point d’ancrage entre les bassins agricoles, énergétiques et industriels

Le territoire traversé par cet axe relie trois zones économiques majeures : la zone portuaire et industrielle de Douala, la ceinture énergétique Édéa–Songloulou, et le bassin administratif de Yaoundé. Entre ces trois pôles gravitent des ressources et des activités essentielles au fonctionnement national. Par exemple, la ville d’Édéa accueille l’usine Alucam, fleuron de la transformation d’aluminium (aujourd’hui en sommeil industriel), ainsi qu’une centrale thermique. La zone de Pouma–Dibang héberge plusieurs projets agro-industriels (Socapalm, Hévéa Cameroun, etc.), tandis que le Nyong-et-Kéllé concentre des petits producteurs de cacao, manioc, banane, huile rouge, etc., avec un potentiel de transformation locale inexploité.

Les études de l’ANIS (2022) classent cet axe comme zone prioritaire de structuration industrielle, en raison de sa proximité à la fois aux matières premières, aux infrastructures logistiques et à une main-d’œuvre jeune. Pourtant, aucune politique cohérente de zonage industriel n’a encore été mise en œuvre. Seuls des projets ponctuels, comme la Zone Industrielle Intégrée d’Édéa, ont été proposés sans aboutissement, faute de coordination interministérielle et de planification territoriale réelle. Le paradoxe est que la logistique transite par là, mais la valeur ajoutée part ailleurs.


1.5. Une colonne vertébrale sans moelle : le drame de l’oubli étatique

Malgré sa centralité géographique et logistique, l’axe Douala–Yaoundé souffre d’un abandon institutionnel manifeste. Les budgets d’investissement public dans cette zone représentent moins de 8 % des dépenses régionales du Centre et du Littoral combinés (MINFI, 2021). Ce sous-financement est aggravé par le fait que le territoire reste invisible politiquement. Aucun ministère de plein exercice n’est basé dans cette bande, aucun grand programme gouvernemental de développement rural ou industriel ne cible en priorité ces départements. En somme, l’État traverse la région sans s’y implanter.

Ce décalage entre usage stratégique et marginalisation sociale alimente un sentiment d’exclusion profond. Les populations locales, notamment la jeunesse, n’ont pas accès aux bénéfices des richesses qu’ils voient transiter chaque jour devant eux. Cette situation crée un terreau d’injustice territoriale dont les effets politiques à venir seront déterminants. Comme le souligne Bayart (1989), « le politique est d’abord affaire de territorialisation des ressources ». Or, dans ce corridor vital, les ressources sont centralisées, mais les bénéfices sont déterritorialisés.


1.6. Conclusion : un corridor vital à réintégrer dans la gouvernance territoriale

Le corridor Douala–Yaoundé, loin d’être une simple voie de passage, est un territoire de haute intensité stratégique, tant sur le plan économique que sur celui de l’aménagement, de l’énergie, de l’agriculture, de la mémoire nationale et de la justice sociale. Le considérer comme un simple « axe lourd » est un contresens : il est la colonne vertébrale du Cameroun moderne. Son potentiel logistique, industriel et humain en fait un espace de transformation décisif. Mais pour cela, il doit sortir de l’oubli politique, être investi, gouverné, structuré, et inscrit au cœur des équilibres régionaux et nationaux.

Chapitre 2 : Une abondance de ressources naturelles à haute valeur

2.1. Un patrimoine agroécologique exceptionnel

Le corridor Douala–Yaoundé traverse deux zones agroécologiques majeures du Cameroun : la zone forestière humide à pluviométrie abondante (Sanaga-Maritime) et la zone de transition agroforestière (Nyong-et-Kéllé). Ces zones se caractérisent par une pluviométrie annuelle comprise entre 1 500 et 2 500 mm, des sols ferralitiques riches en matière organique, et une biodiversité exceptionnelle. Cette combinaison climatique et pédologique en fait l’un des bassins agricoles les plus fertiles du pays, avec un fort potentiel pour les cultures de rente et de subsistance.

Selon les données du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (MINADER, 2022), les cultures dominantes dans la zone comprennent le cacao, le manioc, la banane plantain, l’igname, l’huile de palme, le maïs et les arachides. Le département du Nyong-et-Kéllé, notamment les arrondissements de Makak, Messondo, Ngog-Mapubi et Bondjock, est classé parmi les trois plus importants producteurs de manioc au Cameroun, avec une production excédant les 320 000 tonnes par an. La Sanaga-Maritime, notamment autour d’Édéa et Pouma, demeure une zone stratégique de production de cacao, enregistrant plus de 14 000 tonnes de fèves exportées en 2021 (Office National du Cacao et du Café – ONCC, 2022).

Outre les cultures, le territoire possède un potentiel agroforestier immense : essences forestières comestibles (moabi, safoutier, njansang), plantes médicinales (alchornea, prunus africana), et fruitiers tropicaux. Ce potentiel reste sous-exploité du fait du manque d’industries locales de transformation, de l’enclavement des bassins de production, et d’un soutien étatique très limité. Pourtant, une étude du Centre de Recherche Agricole pour le Développement (IRAD, 2020) révèle que 60 % des ménages agricoles du Nyong-et-Kéllé vivent uniquement de la vente de leurs produits, dans un système non structuré et sans accès aux crédits productifs. Une véritable stratégie de souveraineté alimentaire nationale pourrait s’appuyer sur ce patrimoine.


2.2. Des forêts denses à haute valeur économique et écologique

La couverture forestière du corridor Douala–Yaoundé est une richesse souvent méconnue. Les départements de la Sanaga-Maritime et du Nyong-et-Kéllé appartiennent au massif forestier du Sud-Cameroun, qui est une extension du bassin du Congo, le deuxième plus grand bassin forestier tropical du monde. D’après la FAO (Global Forest Resources Assessment, 2020), le Cameroun possède environ 20 millions d’hectares de forêts, dont près de 800 000 hectares sont situés dans les deux départements étudiés.

Ces forêts sont constituées d’essences précieuses telles que l’azobé, le bubinga, le moabi, le sapelli, l’okoumé, le doussié ou encore le padouk. Le Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF, 2023) recense plus de 35 unités forestières d’aménagement (UFA) dans cette bande géographique, représentant environ 11 % du potentiel forestier commercial exploité du pays. Pourtant, les communautés riveraines, notamment à Ngog-Mapubi, Messondo et Pouma, dénoncent l’absence de retombées locales : moins de 7 % des revenus forestiers perçus par l’État sont réinjectés dans ces localités (source : FODER, 2022).

Sur le plan écologique, ces forêts jouent un rôle crucial dans la captation du CO₂, la régulation climatique, la préservation de la biodiversité et la sécurité hydrique des populations riveraines. La pression industrielle, l’exploitation illégale et l’absence de gestion communautaire durable compromettent cependant cet équilibre. Dans un contexte mondial de transition verte, il devient urgent de transformer cette richesse forestière en levier de développement local, via des mécanismes de paiements pour services écosystémiques (PSE), des partenariats de reboisement communautaire, et une réforme de la fiscalité forestière.


2.3. Le potentiel halieutique et hydrologique du fleuve Sanaga

Le fleuve Sanaga, plus grand fleuve du Cameroun avec 918 km de long, traverse de part en part la Sanaga-Maritime et marque l’identité écologique et économique de ce corridor. Ce fleuve, qui alimente les barrages d’Édéa et de Songloulou, constitue également une ressource halieutique majeure. Selon les chiffres du Ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA, 2022), plus de 22 000 pêcheurs traditionnels vivent directement des activités de pêche dans les affluents et bras morts de la Sanaga dans la zone d’Édéa, Mouanko et Yassoukou. La production annuelle dépasse les 9 500 tonnes de poissons d’eau douce, incluant le silure, le capitaine, la perche et diverses espèces de tilapia.

Malgré ce potentiel, aucune infrastructure moderne de transformation du poisson n’existe dans la zone. Les pertes post-capture sont estimées à 30 %, faute de chaînes de froid, de routes carrossables et de marchés formalisés. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO, 2021) recommande la création de zones de transformation halieutique décentralisées pour valoriser ce type de gisement, notamment dans les zones semi-rurales proches de la ressource.

Par ailleurs, la Sanaga est aussi une réserve stratégique en eau potable, aujourd’hui sous-exploitée. Selon Camwater (2021), seules 18 % des localités riveraines du fleuve dans le Nyong-et-Kéllé ont accès à de l’eau potable issue de la Sanaga, malgré des besoins croissants. La sécurisation de cette ressource, combinée à un investissement dans la production d’eau industrielle, pourrait faire de ce fleuve un levier d’hydrodiplomatie nationale et régionale, à condition d’intégrer les collectivités locales dans sa gouvernance.


2.4. Une richesse en terres agricoles, mais une absence de souveraineté foncière

L’un des paradoxes les plus marquants du corridor Douala–Yaoundé réside dans l’abondance de terres agricoles arables et la précarité foncière des producteurs locaux. Le territoire dispose de plus de 700 000 hectares de terres cultivables (source : MINADER/PNDP, 2021), dont à peine 30 % sont mis en valeur. Cela est dû à plusieurs facteurs : enclavement, absence de mécanismes d’irrigation, faiblesse du crédit rural, mais surtout à une insécurité foncière croissante.

La région a été le théâtre de nombreuses opérations d’accaparement foncier, sous forme de concessions agro-industrielles accordées à des multinationales (cas de Socapalm à Dizangué, Hévéa Cameroun à Pouma, ou encore Neo Industry dans le Centre), qui empiètent sur les terres coutumières sans compensation suffisante. Ce phénomène est amplifié par le cadre légal de 1974, qui ne reconnaît pas le droit foncier coutumier en tant que tel. Selon une enquête du Centre pour l’Environnement et le Développement (CED, 2022), près de 65 % des communautés rurales du Nyong-et-Kéllé et de la Sanaga-Maritime n’ont aucun titre de propriété formel, les rendant vulnérables aux expulsions.

Dans une région aussi stratégique, l’absence d’une réforme foncière centrée sur les droits communautaires compromet non seulement la sécurité alimentaire, mais aussi la paix sociale. Des initiatives pilotes de coopératives foncières communautaires, soutenues par certaines ONG internationales (GIZ, FIDA), commencent à émerger dans le Nyong-et-Kéllé, mais restent embryonnaires. Il s’agit d’un enjeu central pour faire des terres un outil de souveraineté plutôt qu’un objet de dépossession.


2.5. Une opportunité pour une économie verte et décentralisée

Enfin, l’abondance de ressources naturelles dans l’axe Douala–Yaoundé représente une base idéale pour bâtir une économie verte, inclusive et décentralisée. Les potentialités dans l’agroécologie, le bois certifié, la transformation alimentaire locale, les biocarburants à partir de palmier à huile, ou encore les énergies renouvelables (solaire, micro-hydro) sont considérables. Les stratégies climatiques nationales, notamment la Contribution Déterminée au niveau National (CDN 2021), identifient cette région comme une zone prioritaire d’investissement climat, mais les financements internationaux tardent à s’y matérialiser.

Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD, 2023) recommande le renforcement des collectivités territoriales décentralisées pour piloter des projets basés sur les ressources locales. Le corridor Douala–Yaoundé, traversant des collectivités comme Édéa 1er, Makak, Pouma, Ngog-Mapubi, pourrait devenir un laboratoire d’économie territoriale circulaire, s’il bénéficie de politiques décentralisées cohérentes, de fonds d’investissement délégués, et d’un accompagnement technique solide. C’est une condition sine qua non pour transformer la richesse naturelle en prospérité partagée, et sortir du cycle de l’exploitation sans développement.

Chapitre 3 – Ressources minières : un sous-sol encore sous-exploité

Le sous-sol du Cameroun regorge de ressources minérales importantes, et l’axe Douala–Yaoundé, notamment les départements du Nyong-et-Kéllé et de la Sanaga-Maritime, n’échappe pas à cette réalité. Ces territoires, longtemps perçus comme zones de transit ou d’exploitation forestière, révèlent aujourd’hui un potentiel minier encore largement sous-évalué. L’émergence de nouveaux permis d’exploration, la ruée vers l’or observée à Eséka, les projets d’industrialisation autour du fer à Édéa, et les indices de minéraux stratégiques comme le rutile, les terres rares ou le nickel, positionnent cette zone comme un réservoir stratégique pour la souveraineté économique nationale. Pourtant, ces ressources restent peu ou mal exploitées, en raison de l’absence d’industries de transformation, de l’enclavement relatif des zones rurales, et de la faiblesse des politiques publiques d’accompagnement. Ce chapitre propose une cartographie précise des principales ressources minières du corridor, les projets en cours, et les défis qui conditionnent leur valorisation dans le cadre d’un État développementaliste communautaire.


3.1. L’or à Eséka : entre ruée artisanale et encadrement institutionnel incertain

Depuis 2017, la commune d’Eséka (département du Nyong-et-Kéllé) connaît une importante activité d’orpaillage, suite à la découverte d’or alluvionnaire dans plusieurs localités dont Eséka-Village, Makak, Mésondo et Ngog-Mapubi. Selon un rapport de la Délégation Régionale des Mines (DRM-Centre, 2019), au moins quatre sites aurifères sont actuellement en activité, exploités principalement par des mineurs artisanaux venus du Centre, de l’Est et même d’Afrique de l’Ouest. Ces exploitations, bien que génératrices de revenus immédiats pour certaines communautés, s’opèrent dans un cadre informel, souvent sans permis légal ni contrôle environnemental. Les préfets des départements concernés ont adopté plusieurs arrêtés de suspension ou d’encadrement, mais sans effets durables, en raison de la pauvreté des populations et de la complicité de certaines élites locales. La production moyenne est difficile à estimer, mais les ONG locales évoquent des extractions de 300 à 600 grammes d’or par mois sur les sites les plus actifs. Cette ruée aurifère, si elle était structurée par l’État, pourrait servir de levier de développement rural, à condition d’instituer des coopératives minières légales, de créer des centres de traitement semi-industriel, et d’assurer une redistribution locale des redevances minières, conformément à l’article 142 du Code minier camerounais (2016).


3.2. Fer à Édéa : un projet d’industrialisation en attente de concrétisation

Le gisement de fer de Sanaga Sud, situé près d’Édéa (Sanaga-Maritime), représente l’un des projets les plus prometteurs de l’axe Douala–Yaoundé. Découvert en 2013 et évalué par West African Minerals puis par la Compagnie Minière du Cameroun (CMC), ce gisement est estimé à environ 82,9 millions de tonnes de minerai de fer, avec une teneur moyenne de 32,1 % Fe (CMC, 2015 ; MINMIDT, 2019). Il présente plusieurs atouts géoéconomiques : proximité du port de Douala (60 km), présence du chemin de fer existant, et connexion directe avec le barrage hydroélectrique de Songloulou. Des études de faisabilité ont été soumises, et un intérêt public a été exprimé par des entreprises chinoises, notamment Sinosteel, pour développer une mine à ciel ouvert couplée à une usine de bouletage, voire à une fonderie. Toutefois, les blocages sont multiples : incertitudes sur la demande mondiale de fer, retards dans la libération des permis, absence d’accords d’infrastructures de soutien (routes, énergie industrielle). Ce gisement, s’il était développé dans une logique nationale, pourrait catalyser la naissance d’un complexe sidérurgique camerounais, contribuant à la production locale d’acier, à la baisse des importations et à la création de plusieurs milliers d’emplois. L’État devrait intégrer ce projet dans le Plan Directeur d’Industrialisation (PDI) et y associer les communes riveraines via un modèle de développement intégré.


3.3. Terres rares, rutile et zircon : minéraux critiques à haute valeur stratégique

Dans un contexte de transition énergétique et numérique mondiale, les terres rares et minéraux critiques deviennent des ressources hautement stratégiques. Le Cameroun, à travers un programme financé par la Banque mondiale (Projet PRECASEM, 2014–2019), a identifié plus de 300 nouveaux sites miniers dans 10 régions, avec des occurrences de rutile (TiO₂), de zircon (ZrSiO₄) et de terres rares légères et lourdes (CNM/World Bank, 2020). Bien que les gisements les plus étudiés soient à Akonolinga (Est) ou Minta (Haute-Sanaga), des indices prometteurs ont été signalés dans la Sanaga-Maritime, notamment dans les sables fluviatiles et latéritiques en aval de la Sanaga et de la Dibamba. Ces sables contiennent jusqu’à 64 % de rutile selon des échantillons prélevés par une société canadienne (Global Mineral Research, 2021). Le zircon, quant à lui, est utilisé dans l’aéronautique et la céramique, tandis que les terres rares sont indispensables pour la fabrication de batteries, d’aimants permanents, et d’équipements militaires. L’absence de cartographie géologique fine dans ces zones constitue un frein. Toutefois, le potentiel existe, et pourrait être valorisé à travers des partenariats public-privé, des coopérations sud-sud, et l’installation de laboratoires régionaux d’analyse minéralogique à Édéa ou Eséka, pour éviter que les échantillons ne soient systématiquement envoyés en Europe ou en Chine.


3.4. Nickel et cobalt : des indices à surveiller dans la dynamique de la transition verte

Le Cameroun dispose d’un potentiel reconnu en nickel et cobalt, notamment dans la région de Lomié (Est), avec les projets de Nkamouna et Ngaoundal (plus de 120 millions de tonnes de minerai à 0,65 % Ni et 0,23 % Co selon Geovic Mining Corp). Toutefois, des prospections menées en 2022–2023 par la société Reymans Mining ont mis en lumière des indices de gisements latéritiques dans le prolongement géologique de la Sanaga-Maritime, notamment à Pouma et Ngwei, zones peu explorées. Ces indices, encore à l’état de pré-campagne géochimique, suggèrent que des extensions latérales du craton du Sud-Cameroun pourraient receler des teneurs économiquement exploitables. Le cobalt, essentiel pour les batteries lithium-ion, pourrait devenir une ressource d’intérêt stratégique majeur pour le Cameroun dans le cadre de la stratégie africaine de mobilité électrique (African Battery Alliance, 2022). Toutefois, l’exploitation de ces métaux doit éviter les erreurs du passé : absence de transformation locale, externalisation complète de la chaîne de valeur, et non-respect des normes environnementales. Le modèle proposé par la République Démocratique du Congo, avec la création d’une zone économique spéciale du cobalt à Kolwezi, pourrait inspirer une approche camerounaise, avec la Sanaga-Maritime comme plaque tournante potentielle.


3.5. Le calcaire et la filière ciment : un levier de croissance industrielle déjà en marche

L’un des rares sous-secteurs miniers déjà en exploitation semi-industrielle dans la zone est celui du calcaire, destiné à l’industrie du ciment. À Édéa, trois cimenteries en cours d’installation – Sinafcim, Central Africa Cement, et Yousheng Cement – ambitionnent une capacité de production cumulée de 4 millions de tonnes de ciment/an, soit plus de 35 % des besoins du marché camerounais. Ces cimenteries s’approvisionnent localement auprès de carrières de calcaire (roche carbonatée) exploitées par SMC (Société Minière de la Côtière) et Huayan Pierre, toutes deux actives à Édéa et Pouma (MINMIDT, 2023). La localisation proche du port de Douala, de la RN3, du rail et des barrages hydroélectriques crée un écosystème industriel propice à l’intégration verticale. Cependant, plusieurs défis persistent : accès au foncier, conflits avec les populations riveraines, manque de régulation sur l’extraction des matériaux, et absence de transformation plus poussée (production de clinker local, préfabrication béton). Le calcaire, bien que moins médiatisé que l’or ou le cobalt, représente une ressource structurante pour l’urbanisation, la construction et les infrastructures. L’insertion de cette filière dans un schéma de développement industriel régional est essentielle pour éviter qu’elle ne devienne un simple relais d’accumulation sans effet multiplicateur.


3.6. Pour une gouvernance souveraine et communautaire des ressources minières

La richesse minérale du corridor Douala–Yaoundé est indéniable. Toutefois, son exploitation actuelle reste fragmentaire, artisanale ou dominée par des acteurs extérieurs, sans intégration réelle dans une stratégie de développement local ou national. L’absence de zones industrielles de transformation, de laboratoires de contrôle géologique régionaux, et de dispositifs de redistribution des revenus miniers vers les collectivités territoriales, renforce un sentiment d’injustice territoriale, notamment dans des communes rurales qui subissent les impacts (pollution, déforestation, conflits fonciers) sans en tirer de bénéfices concrets.

Dans une logique d’État développementaliste communautaire, il est impératif de mettre en place un cadre territorialisé de gouvernance minière, articulé autour de cinq leviers :

  1. La cartographie géologique fine et ouverte au public ;
  2. La révision des permis d’exploration avec clause de transformation locale obligatoire ;
  3. La création de fonds locaux d’investissement minier gérés par les communes ;
  4. La formation de coopératives minières légales avec appui technique de l’État ;
  5. L’institution d’un système de contrôle citoyen des contrats miniers, adossé aux chefferies et aux conseils de villages.

Chapitre 4 – Ressources énergétiques : un pilier de la souveraineté nationale

L’énergie est aujourd’hui l’un des leviers fondamentaux de la souveraineté économique et politique d’un État. Pour les pays africains, qui aspirent à une industrialisation accélérée et à un développement inclusif, la maîtrise de l’approvisionnement énergétique conditionne aussi bien l’essor du tissu productif que l’équilibre territorial. Le Cameroun, doté d’un potentiel énergétique considérable, reste néanmoins confronté à une fracture énergétique profonde, où les zones de production sont souvent distinctes des zones de consommation et largement coupées des communautés locales. Dans cette perspective, l’axe Douala–Yaoundé, et plus précisément les départements du Nyong-et-Kéllé et de la Sanaga-Maritime, occupe une position centrale : c’est à la fois une zone de production majeure d’électricité hydroélectrique, un nœud logistique énergétique, et un corridor stratégique d’interconnexion entre les régions du pays. Ce chapitre examine les principales ressources énergétiques de la zone, leurs impacts géopolitiques et sociaux, ainsi que les défis d’une gouvernance souveraine et communautaire de l’énergie.


4.1. La Sanaga : colonne vertébrale hydroélectrique du Cameroun

Le fleuve Sanaga, le plus long du Cameroun (918 km), joue un rôle vital dans la production d’électricité du pays. Il abrite les deux principaux barrages hydroélectriques : Songloulou (384 MW) et Édéa (276 MW), qui ensemble, assurent environ 60 à 70 % de la production d’électricité du Réseau Interconnecté Sud (RIS) selon les données du MINEE (Ministère de l’Eau et de l’Énergie, 2022). Le barrage d’Édéa, mis en service dès 1954, fut construit à l’origine pour alimenter l’usine d’aluminium de la société ALUCAM. Quant à Songloulou, inauguré en 1981, il est la plus puissante centrale hydroélectrique du pays. Ces installations exploitent le fort dénivelé naturel de la Sanaga entre le plateau de Nanga-Eboko et l’estuaire d’Édéa, où le débit fluvial moyen dépasse 2 100 m³/s. Malgré leur ancienneté, ces barrages demeurent opérationnels, mais nécessitent des opérations constantes de maintenance et de modernisation, notamment du système de turbines. Ils constituent des infrastructures critiques, non seulement pour l’économie camerounaise, mais aussi pour la stabilité du réseau électrique régional, car l’axe Douala–Yaoundé est également connecté à d’autres pôles industriels via des lignes de 225 kV, formant la colonne vertébrale énergétique du pays.


4.2. La centrale hydroélectrique de Nachtigal : une nouvelle ère de production

À une cinquantaine de kilomètres au nord d’Éséka, sur la Sanaga, se trouve le projet hydroélectrique de Nachtigal-Amont, l’un des plus ambitieux développés par le Cameroun dans la dernière décennie. Porté par NHPC (Nachtigal Hydro Power Company), un consortium composé d’EDF, IFC (Banque mondiale), STOA, Africa50 et l’État du Cameroun, ce projet vise une capacité installée de 420 MW, avec une production annuelle estimée à 2 900 GWh (IFC, 2021). Cette centrale, dont la mise en service est prévue pour 2024, permettra d’augmenter de 30 % la capacité énergétique du réseau national et de stabiliser l’approvisionnement du RIS. Elle est directement connectée à la ligne à haute tension 225 kV Nachtigal–Yaoundé–Bertoua, renforçant l’interconnexion entre les centres de consommation et les zones rurales de l’Est et du Centre. Toutefois, les retombées locales restent encore incertaines. Plusieurs villages riverains de la Sanaga dans le Nyong-et-Kéllé, notamment Ngambé Tikar ou Mbandjock périphérique, se plaignent de n’avoir ni électricité, ni compensation foncière équitable, bien que vivant à quelques kilomètres de ces installations. Cette situation illustre le paradoxe de l’énergie camerounaise : les ressources sont disponibles et produites localement, mais les bénéficiaires en sont souvent éloignés.


4.3. Le gaz naturel de Sanaga Sud : diversification et exportation stratégique

En complément de l’hydroélectricité, la région de la Sanaga-Maritime dispose aussi d’une réserve prouvée de gaz naturel offshore. Le champ gazier de Sanaga Sud, situé au large de Kribi, est exploité par un consortium dirigé par Perenco et la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH). Depuis 2013, ce gaz alimente la centrale thermique de Kribi, d’une capacité de 216 MW, opérée par Kribi Power Development Company (KPDC). En 2018, le gouvernement a lancé un projet d’exportation de GNL (gaz naturel liquéfié) via le terminal flottant Hilli Episeyo, qui permet au Cameroun de devenir exportateur net de gaz liquéfié sur les marchés asiatiques. En 2020, le pays a exporté plus de 1,2 million de tonnes de GNL, générant des revenus estimés à 250 millions de dollars (SNH, Rapport annuel 2021). Bien que cette ressource ne soit pas directement exploitée dans le Nyong-et-Kéllé, les infrastructures de transport (gazoducs, routes, lignes électriques) qui traversent la Sanaga-Maritime font de cette région un nœud énergétique stratégique. La question cruciale reste celle de la valeur ajoutée locale : aucune unité de transformation du gaz (engrais, plastiques, méthanol) n’a encore été implantée dans la zone. La conversion énergétique du pays dépendra de la capacité de l’État à lier exploitation, industrialisation et redistribution territoriale.


4.4. Les lignes de transport et la gouvernance de SONATREL

L’interconnexion énergétique du pays repose sur un maillage complexe de lignes haute et moyenne tension. Le corridor Douala–Yaoundé est traversé par la ligne 225 kV Songloulou–Yaoundé (via Édéa et Eséka), opérée par SONATREL (Société Nationale de Transport d’Électricité). Cette ligne permet le transit quotidien de plusieurs milliers de mégawatts, approvisionnant aussi bien les ménages que les zones industrielles (ALUCAM, CIMENCAM, Sinafcim). Pourtant, les pertes sur le réseau restent élevées, dépassant 22 % sur certaines portions (SONATREL, Rapport Technique 2022), à cause du vieillissement des câbles, de la faiblesse des transformateurs, et du vandalisme. Dans le Nyong-et-Kéllé, plusieurs localités riveraines des lignes ne sont pas électrifiées. Des villages comme Makak Nord, Mésondo, ou Ngog-Mapubi Centre, bien que situés à moins de 1 km d’une ligne HT, vivent dans le noir. Ce constat met en lumière une défaillance structurelle : l’infrastructure traverse, mais ne dessert pas. Il est urgent de déployer un plan d’électrification rurale ciblée, intégrant les postes de transformation intermédiaires, les mini-réseaux autonomes, et les subventions croisés entre zones industrielles et zones villageoises.


4.5. Biomasse et potentialités de bioénergie à petite échelle

La biomasse constitue une ressource énergétique majeure dans les deux départements étudiés, notamment grâce à l’intense activité agro-industrielle (SOCAPALM, SAFACAM, SOSUCAM). Les résidus de palmier à huile, les tiges de canne à sucre, les écorces de bois, ainsi que les déjections animales, peuvent être transformés en briquettes, biogaz, ou charbon vert. Selon une étude de l’Université de Dschang (Fopa et al., 2020), le seul domaine de Mbongo (SOCAPALM) pourrait produire jusqu’à 5 GWh/an d’énergie thermique à partir de ses déchets. Pourtant, l’absence de cadre normatif sur la bioénergie, le manque d’investissement dans les digesteurs industriels, et la faible sensibilisation des producteurs limitent cette voie. La production domestique de biogaz pourrait répondre aux besoins énergétiques des ménages ruraux, actuellement dépendants du bois de chauffe, responsable de la déforestation croissante autour des axes routiers. Des projets pilotes ont été lancés en 2022 dans la commune de Pouma avec l’appui du GIZ, mais nécessitent un soutien étatique plus conséquent. La bioénergie pourrait devenir un complément énergétique de proximité, peu coûteux, durable et adapté au contexte communautaire.


4.6. Le solaire : potentiel sous-exploité et enjeux d’inclusion

La région bénéficie d’un ensoleillement moyen de 4,2 à 5,5 kWh/m²/jour, ce qui en fait une zone favorable à l’implantation de centrales photovoltaïques. Pourtant, l’énergie solaire reste marginale dans le mix énergétique local, en dehors de quelques projets isolés d’électrification rurale menés par des ONG ou des bailleurs. En 2021, le PNUD, via le Programme Solaire pour le Sahel, a financé l’installation de 15 mini-centrales solaires dans le Nyong-et-Kéllé, dont deux à Mésondo et Ngog-Mapubi, avec une puissance installée cumulée de 150 kW. Ces initiatives ont permis d’alimenter des écoles, des centres de santé, et des marchés. Toutefois, l’absence de maintenance, la faiblesse des capacités locales en génie solaire, et l’inexistence de financements bancaires pour l’équipement domestique (kits solaires, lampes) limitent l’impact à long terme. Le Cameroun pourrait s’inspirer du modèle rwandais ou béninois, qui ont mis en place des zones d’énergies renouvelables rurales (ZERR), avec subvention étatique et gestion communautaire. Le solaire, dans les zones reculées du Nyong-et-Kéllé, n’est pas un luxe mais une condition minimale de dignité énergétique.


Conclusion

Le corridor Douala–Yaoundé constitue indiscutablement le cœur énergétique du Cameroun. De l’hydroélectricité de la Sanaga au gaz naturel de Kribi, des lignes à haute tension aux résidus agro-industriels, tout converge pour faire de cette zone un pilier de la souveraineté énergétique nationale. Mais cette puissance est aujourd’hui éclatée, inégalement redistribuée, et parfois contradictoire avec les réalités locales. Les communautés qui vivent à l’ombre des barrages, des pylônes ou des usines, ne bénéficient que trop peu des richesses générées. L’enjeu pour un État développementaliste communautaire est donc de reconnecter la production à la consommation locale, de transformer les infrastructures énergétiques en leviers de justice territoriale, et d’intégrer les citoyens à la gouvernance de l’énergie. Sans cela, la puissance énergétique restera une force désincarnée, servant les centres mais oubliant les périphéries.

Chapitre 5 – Une porte d’entrée sous-régionale : intégration et connectivité en Afrique centrale

L’intégration sous-régionale en Afrique centrale reste un défi majeur du XXIe siècle. Malgré les initiatives politiques portées par la CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale) et la CEEAC (Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale), les échanges intra-régionaux représentent à peine 3 % du commerce global des États membres (BAD, 2022), contre plus de 15 % en Afrique de l’Ouest. L’une des principales causes de cette faiblesse est l’insuffisance des infrastructures de connectivité physique, notamment les corridors logistiques multimodaux. Dans ce contexte, le corridor Douala–Yaoundé, traversant la Sanaga-Maritime et le Nyong-et-Kéllé, se révèle être un véritable poumon géoéconomique de la sous-région. C’est lui qui assure la liaison entre le port de Douala et l’hinterland sahélien – en particulier le Tchad, la Centrafrique et, dans une moindre mesure, le nord de la République du Congo. Sa consolidation comme porte d’entrée sous-régionale ne relève pas d’un luxe, mais d’un impératif stratégique pour l’intégration continentale et la compétitivité des économies d’Afrique centrale.


5.1. Un axe vital pour les pays enclavés : chiffres et flux

Le port de Douala est de loin le premier port d’Afrique centrale, avec un trafic annuel de plus de 12 millions de tonnes en 2021, dont 3,5 millions destinés à des pays de la sous-région (Port Autonome de Douala, Rapport 2022). Environ 80 % des importations de la République Centrafricaine (RCA) et 95 % de celles du Tchad passent par Douala, via l’axe Douala–Yaoundé, puis les corridors routiers Douala–Ngaoundéré–N’Djamena (1 800 km) et Douala–Bertoua–Bangui (1 450 km). En 2022, plus de 60 000 camions de fret lourd ont transité chaque année sur ces axes, selon les données du SITRASS (Système d’Information sur les Transports en Afrique Subsaharienne). La Sanaga-Maritime, par sa position, constitue la zone tampon logistique entre la zone portuaire de Douala et les bassins intérieurs. Le passage par Édéa, Pouma et Mésondo est donc incontournable pour l’ensemble du commerce sous-régional. Le corridor est aussi utilisé pour l’exportation du coton tchadien, du bois centrafricain, des grumes de la Sangha congolaise, ou des produits agro-pastoraux vers le Golfe de Guinée. En retour, les pays enclavés y importent carburant, riz, ciment, équipements, etc. L’enjeu est donc clair : l’état de l’axe Douala–Yaoundé conditionne la fluidité de l’intégration sous-régionale.


5.2. L’autoroute Douala–Yaoundé : un projet structurant à géométrie variable

Face à l’augmentation du trafic et à l’usure de la route nationale n°3, le gouvernement camerounais a engagé depuis 2015 la construction d’une autoroute Douala–Yaoundé, avec le soutien de la Chine. Le projet, prévu en deux phases (Douala–Boumnyebel et Boumnyebel–Yaoundé), vise à réduire le temps de parcours de 5 heures à moins de 2 heures et à sécuriser le corridor contre les accidents. La première section de 60 km entre Yaoundé et Bibodi, achevée en 2021, a été réalisée par China First Highway Engineering Co (CFHEC) pour un coût de environ 240 milliards FCFA. Toutefois, les 140 km restants, traversant les départements du Nyong-et-Kéllé et de la Sanaga-Maritime, accusent des retards majeurs en raison de problèmes de financement, d’expropriations foncières contestées, et de désaccords techniques sur le tracé. Pourtant, c’est précisément cette portion centrale qui est la plus vitale pour les échanges sous-régionaux, notamment autour d’Édéa, carrefour vers le port de Kribi. Selon la CEMAC, le non-achèvement de l’autoroute réduit la compétitivité du corridor de 28 % par rapport aux standards de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA, 2021). Ce tronçon devrait donc être considéré comme une priorité communautaire, éligible à des financements régionaux multilatéraux (FODEC, BEAC, Banque africaine de développement).


5.3. Le port en eau profonde de Kribi et son hinterland nord

Depuis la mise en service du port en eau profonde de Kribi en 2018, la question de son intégration dans les corridors logistiques nord est devenue cruciale. Conçu pour accueillir des navires de plus de 100 000 tonnes, Kribi vise à désengorger Douala et à capter une part croissante du trafic régional. Toutefois, les connexions entre Kribi et les zones de transit sont encore limitées. Le port est actuellement relié à la RN3 via un embranchement de 100 km jusqu’à Pouma, puis par la route Douala–Yaoundé. Cela place la Sanaga-Maritime au cœur d’un triangle logistique stratégique, entre deux ports (Douala, Kribi) et l’arrière-pays intérieur. Des plateformes logistiques avancées, comme le port sec de Pouma ou la zone industrielle d’Édéa, ont été proposées dans le Schéma Directeur d’Industrialisation (MINMIDT, 2020). Si ces infrastructures sont réalisées, elles pourraient transformer la zone en un hinterland partagé, capable de redistribuer les flux de conteneurs vers le Tchad, la RCA et le Nord-Cameroun. En 2023, un projet de ligne ferroviaire Kribi–Édéa a été relancé par la société camerouno-chinoise CAMRAIL–CREC, en vue de faciliter le transport minier et industriel.


5.4. Douala, Yaoundé, Kribi : une tripolarité logistique à équilibrer

La complémentarité entre Douala, Yaoundé et Kribi peut devenir un levier de réorganisation régionale. Douala reste le nœud historique du commerce maritime, tandis que Kribi se positionne comme plateforme d’exportation lourde (minerai de fer, bois transformé, hydrocarbures) et que Yaoundé demeure le centre décisionnel de l’État et des politiques régionales. L’axe Douala–Yaoundé, qui connecte les trois pôles via la RN3 et la voie ferrée, est donc plus qu’un simple couloir économique : il est l’épine dorsale de la souveraineté logistique de la CEMAC. Pourtant, cette tripolarité est aujourd’hui déséquilibrée. Les investissements restent fortement concentrés à Douala, tandis que la connectivité intérieure (zones rurales du Nyong-et-Kéllé et de la Sanaga-Maritime) est négligée. Il n’existe actuellement aucune zone économique spéciale (ZES) dans ces deux départements, alors qu’ils forment l’articulation naturelle entre les trois grands pôles. Une révision de la politique d’aménagement du territoire régional devrait intégrer un maillage équilibré des infrastructures, appuyé sur un système de ports secs, de zones logistiques rurales, et de centres de formation technique adaptés aux besoins de la chaîne de valeur régionale.


5.5. Projets CEMAC et corridors régionaux : de la vision à l’action

La CEMAC, dans son Programme Économique Régional (PER II 2021–2025), a identifié six corridors prioritaires d’intégration physique, dont deux concernent directement l’axe Douala–Yaoundé : le corridor Douala–Bangui et le corridor Douala–N’Djamena. Ces corridors ont fait l’objet de financements conjoints de la BAD, de la Banque Mondiale et de l’Union Européenne, à hauteur de plus de 300 millions USD depuis 2018. Le PER II préconise également la mise en place d’observatoires de la fluidité du transport, des guichets uniques de transit, et des programmes de numérisation douanière. Toutefois, la mise en œuvre reste lente. Des tracasseries administratives persistantes (multiples check-points, frais illégaux), une corruption endémique, et l’absence d’harmonisation tarifaire entre les États membres freinent la dynamique. La construction d’un poste frontalier juxtaposé à Kousséri, à l’extrémité du corridor, n’est toujours pas achevée. Le segment central – Douala à Yaoundé – se retrouve donc pénalisé par les lenteurs structurelles régionales, alors qu’il en est la charnière vitale. Une gouvernance communautaire du corridor, sous pilotage multilatéral, pourrait aider à sortir de cette impasse.


5.6. Risques géopolitiques et enjeux sécuritaires du corridor

L’axe Douala–Yaoundé, bien qu’économiquement vital, n’est pas à l’abri de tensions géopolitiques. La présence de groupes armés dans l’Ouest et le Nord-Ouest, la porosité des frontières avec la RCA et le Nigeria, et la criminalité organisée sur les routes (braquages, corruption) constituent des risques systémiques. En 2022, plusieurs incidents ont été recensés entre Pouma et Ngog-Mapubi, impliquant des vols de carburant, des agressions de chauffeurs, et des enlèvements ciblés. Ces insécurités ralentissent la fluidité du commerce, augmentent les coûts de transport, et réduisent la confiance des investisseurs. Selon la CEMAC, le coût de ces instabilités représente jusqu’à 15 % du coût final des marchandises dans la région. Une réponse intégrée est nécessaire : renforcement des unités de gendarmerie mobile, surveillance électronique du corridor, coopération transfrontalière en temps réel, et surtout, inclusion socio-économique des communautés riveraines. Un corridor ne peut être sécurisé que s’il est accepté et co-géré par les territoires qu’il traverse.


Conclusion du chapitre

Le corridor Douala–Yaoundé n’est pas un simple segment d’infrastructure nationale : il est le pivot stratégique de l’intégration sous-régionale en Afrique centrale. De par sa fonction de transit, son positionnement géographique, et son rôle dans le désenclavement de plusieurs pays voisins, il constitue une ressource géopolitique majeure. Pourtant, sa gestion reste trop cloisonnée, trop centralisée, et trop peu ancrée dans les réalités locales. Pour qu’il devienne réellement un levier d’intégration continentale, il faut renforcer la coopération multilatérale, rééquilibrer les investissements entre les ports et l’intérieur, et surtout associer les populations riveraines à la conception, la gestion et les retombées du corridor. Dans une perspective développementaliste communautaire, l’axe Douala–Yaoundé doit devenir non pas un couloir de passage, mais une colonne vertébrale de prospérité partagée, à l’échelle camerounaise et régionale.

Chapitre 6 – Géopolitique de l’Axe : Marginalisation, Recomposition et Souveraineté

L’axe Douala–Yaoundé, bien que central dans la structuration territoriale et économique du Cameroun, a longtemps été victime d’une marginalisation politique silencieuse. Cette marginalisation s’est opérée à travers une série de processus combinant désinvestissement ciblé, exclusion symbolique des élites locales dans les hautes sphères du pouvoir, et centralisation décisionnelle autour d’intérêts exogènes à la zone. Pourtant, cette portion du territoire, traversant les départements du Nyong-et-Kéllé (région du Centre) et de la Sanaga-Maritime (région du Littoral), constitue une véritable dorsale géopolitique. Elle relie non seulement la capitale administrative (Yaoundé) à la capitale économique (Douala), mais structure aussi l’espace interrégional. Dans ce chapitre, nous analysons les dynamiques de marginalisation, les recompositions politico-territoriales à l’œuvre, ainsi que les enjeux de souveraineté liés à cet axe stratégique. L’approche combine la géopolitique des territoires, la sociologie du pouvoir et les théories critiques de l’aménagement.


6.1. Marginalisation historique des bassins intermédiaires : le cas du Nyong-et-Kéllé et de la Sanaga-Maritime

Depuis l’indépendance du Cameroun, les départements du Nyong-et-Kéllé et de la Sanaga-Maritime ont joué un rôle fondateur dans les luttes politiques nationales. Ils ont été les bastions historiques de l’UPC (Union des Populations du Cameroun), mouvement de libération anticolonialiste réprimé dans le sang par l’État français et les régimes successifs. Des figures emblématiques comme Ruben Um Nyobè, assassiné en 1958 dans la brousse de Boumnyebel (Nyong-et-Kéllé), symbolisent cette marginalisation mémorielle. Jusqu’à aujourd’hui, les localités comme Songmbengue, Ngog-Mapubi, Pouma ou Mésondo souffrent d’un déficit d’infrastructures publiques, malgré leur centralité géographique. Aucun centre hospitalier régional, aucune université publique, ni grande école ne s’y trouve, bien que ces territoires abritent les principales voies de circulation du pays. Une étude de l’Université de Yaoundé II (Tchakounte, 2019) note que le taux d’accès aux services de base y est inférieur de 40 % à la moyenne nationale, malgré leur proximité avec deux métropoles majeures. Cette marginalisation n’est pas que physique : elle est aussi politique, sociale et symbolique.


6.2. Une recomposition territoriale à sens unique : centralisation sans redistribution

Le développement des infrastructures le long de l’axe Douala–Yaoundé a souvent été pensé dans une logique de désenclavement vertical (du port vers la capitale), sans intégration des territoires traversés. Ainsi, les barrages hydroélectriques de Songloulou et d’Édéa, les lignes de transport 225 kV, les corridors logistiques, les pipelines gaziers et les projets autoroutiers traversent les villages et communes sans créer de retombées locales. Selon une enquête du Bureau National de Recensement (INS, 2022), plus de 71 % des ménages de la Sanaga-Maritime vivent sans accès régulier à l’électricité, malgré leur proximité avec les centrales. Les revenus issus des redevances foncières et environnementales sont souvent captés par les échelons centraux. Cette situation a contribué à une recomposition à sens unique : les flux d’énergie, de marchandises et de capitaux circulent du sud vers le nord sans redistribution équitable. Or, dans la tradition du développement territorial (Amin, 1980 ; Perroux, 1964), les zones de passage doivent devenir des pôles de polarisation, en structurant la croissance autour d’elles. Ce n’est pas le cas ici. Les populations riveraines sont spectatrices et non actrices du développement qui les traverse.


6.3. Douala–Yaoundé : une géopolitique des rivalités masquées

La géopolitique de l’axe Douala–Yaoundé est également une géopolitique des rivalités interélitaires, souvent invisibles dans les discours officiels mais déterminantes dans l’allocation des ressources. La domination historique de la classe politique originaire du Grand Nord, depuis les années Ahidjo, a concentré les leviers du pouvoir à Yaoundé tout en contrôlant les flux économiques de Douala. Ce verrouillage a produit une configuration bipolaire asymétrique, où Yaoundé contrôle les institutions, et Douala concentre les ressources. Le corridor qui relie les deux devient ainsi un territoire de négociation conflictuelle, notamment au moment des élections, des nominations ou des grands chantiers. La création d’un réseau de notables du Centre (Ngog, Nanga, Nyemeg), et du Littoral (Diboue, Eyoum, Ngock), n’a pas permis de rééquilibrer les rapports de force, car ces élites locales restent dépendantes des réseaux présidentiels. En analysant les affectations budgétaires du ministère des Travaux Publics entre 2010 et 2020, le chercheur camerounais Aboya Endong (2021) note que moins de 5 % des projets routiers stratégiques concernaient les axes secondaires du Nyong-et-Kéllé, alors même qu’ils supportaient plus de 30 % du trafic national.


6.4. La souveraineté territoriale compromise par l’incohérence institutionnelle

La souveraineté territoriale repose sur la capacité de l’État à contrôler, équiper et valoriser son espace national de manière équilibrée. Or, l’axe Douala–Yaoundé, loin d’être une colonne vertébrale consolidée, souffre d’une incohérence institutionnelle profonde. Plusieurs projets d’aménagement – tels que l’autoroute Douala–Yaoundé, le prolongement de la voie ferrée, ou les ZES (zones économiques spéciales) – sont portés par des ministères distincts, souvent en compétition pour les financements. De plus, les collectivités territoriales décentralisées du Nyong-et-Kéllé et de la Sanaga-Maritime n’ont aucun pouvoir effectif d’influence sur ces projets, faute de ressources financières et humaines. La logique de souveraineté, telle que théorisée par Bertrand Badie (2010), suppose une articulation cohérente entre autorité, légitimité et capacité. Ici, l’État camerounais délègue sans autonomiser, planifie sans territorialiser, et construit sans intégrer. Le résultat est un espace stratégique non maîtrisé, où les multinationales (Perenco, Alucam, ENEO) occupent plus de territoire économique que l’administration elle-même. La souveraineté devient alors nominale, désincarnée, sans pouvoir réel sur le terrain.


6.5. Espaces de luttes et de recomposition post-Biya : un axe géopolitique en tension

À l’approche de l’échéance politique de 2025, plusieurs signaux indiquent que l’axe Douala–Yaoundé sera un espace majeur de recomposition politique post-Biya. D’un côté, de nouveaux réseaux tentent de redéployer leurs stratégies autour des corridors logistiques, en captant les mairies stratégiques (Édéa, Pouma, Ngog-Mapubi). De l’autre, la société civile et certains partis d’opposition y testent de nouvelles formes de territorialisation politique, en lien avec les communautés rurales. Le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC), par exemple, a ouvert des antennes permanentes à Boumnyebel, Songmbengue et Pouma, en visant une alliance stratégique entre zones rurales et espaces intermédiaires. Selon le politologue Évariste Owona (2023), les élections locales de 2020 ont montré une percée inédite des partis émergents dans ces zones, avec plus de 20 % des voix à Ngog-Mapubi et Mésondo. Cela indique que les territoires marginalisés deviennent des laboratoires de recomposition. Leur centralité logistique pourrait se transformer en centralité politique, à condition que les mouvements populaires soient soutenus par des programmes structurants, et non par de simples rhétoriques.


6.6. Une souveraineté communautaire à réinventer : pistes pour un État développementaliste

Face à la marginalisation historique et aux recompositions en cours, une alternative consiste à penser l’axe Douala–Yaoundé comme un espace pilote de souveraineté communautaire. Cette approche, inspirée du modèle de l’État développementaliste communautaire (Yab, 2024), repose sur la mise en valeur des ressources locales à travers des chaînes de valeur intégrées, la formation des jeunes sur site, et la gouvernance participative. Elle suppose que chaque infrastructure stratégique (autoroute, barrage, port sec, centrale) doit inclure une part locale d’appropriation (emplois, PME, fonds de compensation). Elle repose aussi sur la relance des chefferies traditionnelles comme co-acteurs du développement, capables de garantir la paix sociale, l’arbitrage foncier et la mobilisation communautaire. Dans cette optique, le corridor Douala–Yaoundé devient un laboratoire de souveraineté renouvelée, à la fois productif, redistributif et légitime. Il ne s’agira plus de relier deux villes, mais de tisser un territoire souverain, capable de transformer les passages en ancrages, et les flux en justice spatiale.


Conclusion du chapitre

La géopolitique de l’axe Douala–Yaoundé révèle une tension structurelle entre centralité fonctionnelle et marginalité politique. Ce corridor, au cœur des flux économiques et énergétiques du Cameroun, reste paradoxalement un espace oublié des grandes politiques de développement territorial. Pourtant, à la croisée des crises de gouvernance, des urgences d’intégration régionale et des aspirations démocratiques, il offre une opportunité unique de repenser la souveraineté territoriale dans une logique communautaire et endogène. Il est temps que cet axe, symbole des fractures anciennes, devienne l’épine dorsale d’une nouvelle République du lien, du service public et de la justice territoriale.

Conclusion générale – L’axe Douala–Yaoundé : d’un couloir de passage à une colonne vertébrale de souveraineté

L’axe Douala–Yaoundé n’est pas une simple route ou un corridor logistique. Il est un espace géopolitique total, une ligne de tension et de connexion à la fois, un miroir des contradictions du Cameroun postcolonial et un levier pour sa transformation souveraine. À travers les analyses développées dans les six chapitres de cet article, il est apparu que cet axe concentre à lui seul l’essentiel des enjeux structurants du pays : économiques, énergétiques, territoriaux, politiques, historiques, et même mémoriels. Pourtant, malgré sa centralité fonctionnelle, cet axe reste périphérique dans les stratégies de développement et de souveraineté de l’État camerounais. Cette dissonance entre centralité géographique et marginalité politique constitue l’un des nœuds critiques de la crise camerounaise contemporaine.

La première partie de notre étude a démontré que le positionnement géographique de l’axe Douala–Yaoundé en fait un territoire logistique stratégique. Il articule les deux principales métropoles du pays, traverse les départements charnières du Nyong-et-Kéllé et de la Sanaga-Maritime, et joue un rôle fondamental dans la structuration territoriale du Cameroun. Toutes les infrastructures vitales y convergent : route nationale, autoroute en construction, voie ferroviaire, lignes électriques haute tension, pipelines, réseaux de communication. À ce titre, cet axe constitue le socle de la souveraineté territoriale et logistique du pays, et devrait, à juste titre, être classé zone d’intérêt national prioritaire, bénéficiant d’un statut spécial d’aménagement et de développement.

La deuxième partie a mis en lumière l’incroyable densité de ressources naturelles présentes tout au long de cet axe : forêts denses exploitables, eaux fluviales, terres agricoles fertiles, biodiversité endémique, et espaces propices à l’agro-industrie. Malgré cette richesse, les populations locales vivent dans la précarité, subissant les effets de l’accaparement foncier, de l’exclusion économique, et de l’absence de services publics. Cette situation souligne un paradoxe : la richesse naturelle cohabite avec la pauvreté sociale, illustrant l’échec d’un modèle de développement basé sur l’extraction sans transformation ni redistribution.

Ce paradoxe s’accentue dans la troisième partie, qui a analysé le potentiel minier sous-exploité de l’axe. Les indices confirmés de gisements d’or, de nickel, de rutile, de calcaire et probablement de terres rares dans le Nyong-et-Kéllé et la Sanaga-Maritime restent largement ignorés des politiques publiques. Ce sous-sol riche, qui pourrait être au cœur d’une stratégie d’industrialisation, est aujourd’hui le théâtre de spéculations, d’abandons et de conflits latents. À l’heure où l’Afrique centrale cherche à rompre avec la malédiction des ressources, l’absence de valorisation de ces gisements constitue une perte stratégique majeure pour le Cameroun. Le silence sur les richesses minières de cette zone est une forme d’auto-sabotage économique.

La quatrième partie a souligné que l’axe Douala–Yaoundé est le pilier énergétique du Cameroun, abritant les principaux barrages hydroélectriques (Édéa, Songloulou), les lignes de transport électrique interconnectées, et les plateformes de transformation industrielle. Pourtant, les populations riveraines continuent de vivre sans électricité stable ni industries locales. Il y a donc une fracture entre l’énergie produite et l’énergie distribuée. Cette situation pose la question fondamentale de la souveraineté énergétique réelle : produire de l’énergie sans la redistribuer localement, c’est entretenir une dépendance interne, contraire à tout projet de développement souverain et équitable.

La cinquième partie a replacé l’axe dans son environnement régional, en démontrant son rôle fondamental dans l’intégration sous-régionale d’Afrique centrale. Le corridor Douala–Yaoundé est la porte d’entrée vers le Tchad, la Centrafrique, et d’autres pays enclavés, avec des flux logistiques vitaux pour leurs économies. Le port de Douala, et de plus en plus celui de Kribi, dépend de cet axe pour assurer leur rôle d’interface régionale. Pourtant, les lenteurs institutionnelles, les conflits de compétence, et l’insécurité sur les routes freinent cette ambition d’intégration. Il est urgent d’internationaliser la gouvernance de ce corridor à travers des mécanismes régionaux CEMAC ou panafricains, de type Zone de libre-échange continentale (ZLECAF), afin que le Cameroun transforme sa position géographique en levier diplomatique et économique.

Enfin, la sixième partie a démontré que l’axe Douala–Yaoundé est un espace géopolitique en tension, marqué par l’héritage des luttes indépendantistes (UPC), la marginalisation des bassins intermédiaires, et les recompositions actuelles du pouvoir à la veille d’un probable changement de régime. Le corridor logistique est aussi un corridor politique, dans lequel se croisent des intérêts divergents : élites centrales, entreprises extractives, populations locales, partis politiques émergents. La souveraineté sur cet axe ne peut être restaurée que par une repolitisation territoriale équitable, fondée sur la justice sociale, la mémoire collective et l’autonomie des communautés. C’est dans ce sens que le modèle de l’État Développementaliste Communautaire, fondé sur la territorialisation des politiques publiques, prend tout son sens.

En somme, l’axe Douala–Yaoundé concentre toutes les contradictions et les potentialités du Cameroun contemporain. C’est un espace où l’infrastructure existe, mais ne profite pas aux riverains ; où les richesses sont extraites, mais non transformées ; où les routes sont construites, mais les villages oubliés ; où le pouvoir passe, mais ne s’arrête pas. Il ne suffit plus de penser cet axe comme un simple lien entre Douala et Yaoundé. Il faut le réinterpréter comme une ligne de fracture à refermer, un vecteur de souveraineté à réactiver, et un laboratoire territorial à reconstruire.

La transition politique à venir ne pourra ignorer ce territoire. Tout projet de refondation nationale qui ne réintègre pas pleinement les départements du Nyong-et-Kéllé et de la Sanaga-Maritime dans la gouvernance, la redistribution et la planification, est voué à l’échec. L’heure est venue de renverser la logique : ne plus construire pour traverser, mais construire pour ancrer ; ne plus exploiter sans redistribuer, mais valoriser avec justice ; ne plus gouverner d’en haut, mais construire avec les communautés d’en bas.

L’axe Douala–Yaoundé ne doit plus être un couloir de passage pour les intérêts extérieurs, mais la colonne vertébrale d’un État souverain, équitable et communautaire.

Bibliographie

1. Ouvrages et articles académiques

  • Amin, S. (1980). Le développement inégal. Paris : Éditions de Minuit.
  • Badie, B. (2010). La fin des territoires. Paris : Fayard.
  • Bayart, J.-F. (1989). L’État en Afrique. La politique du ventre. Paris : Fayard.
  • Lacoste, Y. (1993). La géographie, ça sert d’abord à faire la guerre. Paris : La Découverte.
  • Mkandawire, T. (2001). « Thinking about developmental states in Africa », Cambridge Journal of Economics, 25(3), 289–314.
  • Perroux, F. (1964). L’économie du XXe siècle. Paris : PUF.
  • Raffestin, C. (1980). Pour une géographie du pouvoir. Paris : Librairies Techniques.
  • Tchakounté, J. (2019). Inégalités d’accès aux services publics dans les zones périurbaines du Centre Cameroun. Université de Yaoundé II.
  • Yab, J. (2024). Construction d’un État Développementaliste Communautaire : Le Cameroun. Yaoundé : MLDC Éditions.

2. Rapports institutionnels et statistiques

  • Institut National de la Statistique (INS) (2022). Annuaire Statistique du Cameroun 2022. Yaoundé : INS.
  • Ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique (MINMIDT) (2023). Inventaire des ressources minières du Cameroun. Yaoundé : MINMIDT.
  • Banque Mondiale (2021). Cameroon Economic Update: Building a Resilient Recovery. Washington D.C.
  • CEMAC (2020). Programme Économique Régional de la CEMAC 2020–2025. N’Djamena : Commission CEMAC.
  • Agence Nationale des Investissements Stratégiques (ANIS) (2022). Cartographie des zones industrielles potentielles dans les corridors logistiques du Cameroun. Yaoundé : ANIS.
  • Ministère de l’Énergie et de l’Eau (MINEE) (2023). Rapport sur l’état du réseau énergétique national. Yaoundé : MINEE.
  • Observatoire du Développement Territorial (ODT) (2022). Étude de structuration territoriale des corridors de développement au Cameroun. Yaoundé : ODT.

3. Articles de presse et sources spécialisées

  • Jeune Afrique (2023). « Le port de Kribi monte en puissance », Jeune Afrique, 21 mars 2023.
  • Africa Energy Portal (2022). « Hydropower in Cameroon: A sleeping giant? », Africa-Energy-Portal.org.
  • Investir au Cameroun (2022). « Le Cameroun ambitionne d’attirer plus de compagnies minières », Investir au Cameroun, n°142.
  • EcoMatin (2023). « Les infrastructures manquent dans le Nyong-et-Kéllé : cri d’alarme d’un élu », EcoMatin, 15 avril 2023.

4. Références spécifiques sur les zones étudiées

  • Yondo, M. (2018). Chroniques du Nyong-et-Kéllé : mémoire et luttes d’un territoire marginalisé. Éditions Populaire du Centre.
  • Ngui, A. (2020). « La Sanaga-Maritime entre héritage upéciste et recompositions politiques contemporaines », Revue Camerounaise de Science Politique, 12(2), 55–79.
  • Owona, É. (2023). « Les élections municipales et la recomposition territoriale dans la vallée de la Sanaga », Cahiers d’Études Africaines, 241, 77–95.

À propos de la Justice dans l’État Développementaliste Communautaire

“Quand un État cesse de protéger ses enfants, il cesse d’être un État.”

Le MLDC adresse ses condoléances les plus sincères à la famille du petit Mathis, atrocement arraché à la vie, à seulement six ans, dans une scène d’horreur qui glace le sang. Ce drame n’est pas un simple fait divers : c’est un miroir brisé de notre société, une tragédie nationale, un cri d’alarme contre un système judiciaire rongé par la corruption, l’impunité et la déshumanisation.

Dans un pays normal, un tel acte entraînerait une réaction rapide, juste, transparente et exemplaire. Mais nous sommes au Cameroun de Paul Biya, où la justice est une marchandise, une arme au service des puissants, et un fardeau pour les faibles. Où les crimes sont étouffés sous le poids des réseaux, des influences, et des silences complices. Où, parfois, les liens de sang d’un coupable avec une célébrité suffisent à brouiller les pistes et à dévier l’opinion du cœur de l’horreur : un enfant égorgé. Un pays en ruine morale. Une justice malade.

Oui, nous refusons de détourner le regard. Le MLDC exige justice pour Mathis. Une justice non pas médiatique, mais structurelle. Non pas émotionnelle, mais institutionnelle. Une justice que seul l’État Développementaliste Communautaire (EDC) que nous portons peut bâtir, car c’est un État fondé sur la vérité, la responsabilité, la dignité humaine, et la participation communautaire.

Dans l’État Développementaliste Communautaire :

-Les juges sont élus localement, par les communautés, pour garantir leur indépendance et leur proximité avec les victimes. Les magistrats sont évalués selon leur intégrité et efficacité, pas leur loyauté au pouvoir. Les victimes comme les familles de Mathis ont accès à un système d’accompagnement judiciaire, psychologique et financier, pour reconstruire, se défendre, et obtenir réparation. Les citoyens participent à la surveillance du fonctionnement de la justice, à travers des mécanismes communautaires de contrôle.

Ce que nous vivons aujourd’hui n’est pas un mal isolé. C’est le fruit pourri d’un système autoritaire, élitiste et centralisé, qui a vidé l’État de toute humanité. Combien d’enfants comme Mathis devront encore tomber avant que la peur ne devienne colère ? Avant que la colère ne devienne changement ?

Le MLDC ne se contente pas de pleurer les morts : nous portons l’ambition d’un nouveau Cameroun, où chaque vie compte, où chaque crime est puni, où chaque citoyen peut croire en sa justice. Mathis mérite mieux. Le Cameroun mérite mieux.

Et c’est pourquoi nous appelons à un sursaut national. Pas seulement pour condamner un meurtre, mais pour réinventer un système. Pour que plus jamais un autre Mathis ne soit sacrifié dans le silence ou dans le chaos.

Repose en paix, petit ange. Que ton sang devienne semence de justice.

MLDC — Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun

Pr. Jimmy Yab, Président National

Appel du MLDC à la Diaspora SILENCIEUSE Camerounaise : Le Temps du Silence est Révolu

Camerounaises, Camerounais de la diaspora,

Depuis deux décennies, vous avez été les véritables piliers invisibles du Cameroun. Pendant que le régime en place enchaînait les scandales, les détournements et les promesses sans lendemain, vous étiez là, dans l’ombre, à soutenir vos familles, vos villages, vos communautés. Sans vous, l’État aurait implosé.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Entre 2000 et 2022, selon les données de la Banque mondiale, la diaspora camerounaise a transféré plus de 15 milliards de dollars américains au pays. En 2020 seulement, malgré la pandémie mondiale, vous avez envoyé plus de 333 milliards de FCFA (environ 600 millions USD) à vos proches restés au pays. Ces montants dépassent de loin l’aide publique au développement que le Cameroun reçoit chaque année, et sont près de dix fois supérieurs aux investissements publics dans des secteurs vitaux comme la santé ou l’éducation.

Mais où est votre reconnaissance ? Avez-vous une voix politique ? Avez-vous été consultés sur l’avenir du pays ? Avez-vous même le droit de voter depuis votre pays de résidence sans obstacle administratif ou diplomatique ? Non.

Vous avez été traités comme des étrangers dans votre propre nation.

Il est temps de rompre le silence.

En 2025, le Cameroun va jouer sa survie. Ce sera soit la continuité du déclin, soit le sursaut historique de la reconstruction. Et cette reconstruction, le MLDC la propose à travers un projet clair : la construction d’un État Développementaliste Communautaire, fondé sur la justice sociale, l’intégrité, la souveraineté nationale et le développement local.

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Mais nous ne pouvons pas gagner sans vous.

Vous êtes le cœur économique du peuple camerounais.

Vous êtes l’intelligence dispersée du pays.

Vous êtes la mémoire des échecs, mais aussi la promesse du renouveau.

Camerounais de la diaspora, nous vous appelons à entrer dans l’arène :

Mobilisez-vous activement pour l’alternance politique. Ne soyez plus des observateurs lointains. Soyez des bâtisseurs. Contribuez à la campagne de la transition démocratique, comme vous l’avez fait pendant des années pour nourrir, soigner, scolariser vos familles. Exigez le droit de vote réel, sécurisé, et respecté. Plus jamais votre voix ne doit être confisquée. Rejoignez le MLDC, et portez le flambeau d’un nouveau Cameroun, celui de la dignité retrouvée.

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Ne laissez pas votre silence nourrir le statu quo.

Ne laissez pas vos sacrifices être effacés par l’histoire.

Le 7 octobre 2025, vous devez peser. Pas seulement par vos envois d’argent. Mais par votre voix. Par votre vote. Par votre engagement.

Le MLDC vous tend la main. Répondez à l’appel du pays. Rejoignez le combat.

Vive la diaspora debout ! Vive le Cameroun nouveau !

AU PAYS DE PAUL BIYA: SOIT ON PERD SON ÂME, SOIT ON PERD SA VIE – Analyse approfondie de la défaillance de l’Etat du Cameroun à travers une expérience personnelle, les obsèques de ma mère (SUITE 4)

CHAPITRE 5 : UN RETOUR FORCÉ EN ANGLETERRE: MALADIE ET EXIL MÉDICAL, SYMBOLE ULTIME DE L’EFFONDREMENT DU SYSTÈME

Radio du pied à l’hôpital ST Mary

L’adieu à ma mère aurait dû marquer un moment de recueillement et de résilience. Mais à peine les obsèques achevées, mon corps, épuisé par la douleur, le stress et les épreuves endurées, a cédé. Paludisme, anémie, fatigue extrême, blessures dues à mon accident de moto, entorse… Mon état de santé s’est rapidement détérioré, au point de ne plus pouvoir rester au Cameroun. Ironie cruelle du destin : alors que je venais d’enterrer celle qui m’a donné la vie, je me retrouvais moi-même en danger de mort dans mon propre pays.

Le Cameroun m’a forcé à l’exil, non pas pour des raisons politiques, mais pour un impératif vital : survivre. J’ai dû quitter précipitamment Yaoundé et embarquer pour Londres, où je suis aujourd’hui hospitalisé à St Mary’s Hospital, bénéficiant des soins d’un système médical digne de ce nom. Ce seul fait résume le drame absolu du Cameroun contemporain : un pays où même un universitaire, un intellectuel, un leader politique, ne peut espérer guérir sans fuir.

Mais cette opportunité d’accès aux soins à l’étranger, je ne la dois ni au gouvernement camerounais ni à un quelconque mérite national. Je la dois exclusivement à mon parcours académique, à mes études supérieures en Angleterre, à mon PhD en politique obtenu à l’Université de Southampton – l’une des meilleures universités du Royaume-Uni –, et à ma résidence permanente dans ce pays où vit une partie de ma famille. Si je n’avais pas eu ce privilège, que me serait-il arrivé ? Que se passe-t-il pour les millions de Camerounais qui, eux, n’ont pas d’issue de secours ?

Car la vérité est brutale : le système de santé camerounais est une condamnation à mort pour les pauvres et un simple désagrément pour les riches. Tandis que le peuple se débat dans des hôpitaux délabrés, manquant de médicaments, d’équipements et de personnel, les élites du régime, elles, prennent le premier vol pour Paris, Genève ou Bruxelles au moindre malaise. L’apartheid sanitaire est une réalité au Cameroun : il y a un système de santé pour les puissants, et un autre pour les damnés de la terre.

Ce chapitre est un acte d’accusation. Il démontrera, à travers mon expérience personnelle et des faits tangibles, l’ampleur du scandale du système de santé camerounais :

1. Un système de santé à l’agonie : un pays où tomber malade est une condamnation

– Comment l’hôpital public camerounais est devenu un mouroir pour la population

– Les chiffres alarmants de la mortalité et du sous-financement du secteur

– Le manque criant de personnel médical et la fuite massive des médecins à l’étranger

2. Le scandale des évacuations médicales : un apartheid sanitaire entretenu par les élites

– Pourquoi les dirigeants camerounais refusent-ils de se soigner dans leurs propres hôpitaux ?

– Des milliards de francs CFA engloutis chaque année dans les soins à l’étranger pour les ministres et leurs familles

– Comment cet apartheid médical institutionnalisé maintient le système dans son sous-développement chronique

3. Que serait-il arrivé si je n’avais pas eu accès aux soins à l’étranger ?

– Une analyse des conséquences d’une hospitalisation « classique » dans un hôpital camerounais

– Les statistiques implacables sur la mortalité due aux maladies évitables

– L’injustice fondamentale d’un système de santé qui condamne les pauvres et protège les nantis

À travers ce témoignage, je pose une question fondamentale : Pourquoi un pays qui produit d’excellents médecins et qui regorge de ressources naturelles ne peut-il pas garantir un accès aux soins de base à ses citoyens ? La réponse est simple : parce que nos dirigeants n’ont aucun intérêt à améliorer le système de santé tant qu’ils peuvent eux-mêmes se faire soigner ailleurs.

Le Cameroun est malade. Mais son cancer n’est pas le paludisme, ni la fatigue, ni les blessures mal soignées. Son cancer, c’est un régime qui a décidé que la santé du peuple ne valait rien. Ce chapitre est un cri d’alerte, une dénonciation frontale d’un État qui laisse mourir ses citoyens dans l’indifférence la plus totale, pendant que ses dirigeants s’offrent les meilleurs hôpitaux du monde.

Si je suis encore en vie, c’est parce que j’ai pu partir. Mais combien de Camerounais meurent chaque jour faute d’avoir eu, comme moi, une porte de sortie ?

I. Un système de santé à l’agonie : un pays où tomber malade est une condamnation

Au Cameroun, la maladie n’est pas simplement une épreuve physique ; elle se transforme souvent en une sentence fatale en raison de l’effondrement du système de santé. Les infrastructures médicales sont en ruine, les équipements obsolètes ou inexistants, et le personnel médical, bien que dévoué, est submergé et insuffisamment formé. Cette réalité tragique est accentuée par des statistiques alarmantes qui témoignent de l’ampleur du désastre sanitaire.

St Mary’s Hospital

Espérance de vie et mortalité infantile : des indicateurs au rouge

L’espérance de vie au Cameroun stagne à environ 51 ans, un chiffre qui reflète les conditions de vie précaires et l’accès limité aux soins de santé de qualité.  La mortalité infantile est tout aussi préoccupante, avec un taux de 122 décès pour 1 000 naissances vivantes, plaçant le pays parmi ceux où la survie des enfants est la moins assurée. 

Mortalité maternelle : un fléau persistant

Les femmes enceintes au Cameroun affrontent des risques considérables. Le taux de mortalité maternelle est estimé à 406 décès pour 100 000 naissances vivantes, un chiffre qui illustre les carences en matière de soins prénatals et obstétricaux.  Cette situation est exacerbée par des inégalités régionales flagrantes, certaines zones enregistrant des taux encore plus élevés.

Paludisme : une menace omniprésente

Le paludisme demeure l’une des principales causes de morbidité et de mortalité au Cameroun. Il représente environ 23,7 % de la charge morbide totale et 25 % des décès, affectant particulièrement les enfants de moins de cinq ans.  Malgré ces chiffres alarmants, les efforts de prévention et de traitement restent insuffisants, laissant une grande partie de la population vulnérable face à cette maladie dévastatrice.

Infrastructures et personnel médical : un déficit criant

Le pays compte environ 6 770 formations sanitaires, dont 3 351 publiques.  Cependant, cette offre est largement insuffisante pour une population de plus de 22 millions d’habitants. Les zones rurales sont particulièrement défavorisées, avec des centres de santé souvent éloignés, mal équipés et manquant de personnel qualifié. Cette situation conduit de nombreux Camerounais à parcourir de longues distances pour accéder à des soins de base, un parcours semé d’embûches qui décourage plus d’un.

Dépenses de santé : un fardeau pour les ménages

L’accès aux soins est également entravé par le coût prohibitif des services médicaux. Selon l’Organisation mondiale de la santé, 97 % des dépenses de santé des ménages camerounais sont constituées de paiements directs au point de service, une réalité qui plonge de nombreuses familles dans la précarité lorsqu’une maladie survient.  Cette situation est d’autant plus scandaleuse que, parallèlement, les élites politiques et économiques du pays n’hésitent pas à se faire soigner à l’étranger aux frais de l’État, illustrant une inégalité criante dans l’accès aux soins.

Une urgence sanitaire nationale

Le système de santé camerounais est en état de délabrement avancé, transformant chaque maladie en une potentielle condamnation à mort pour les citoyens ordinaires. Les indicateurs de santé sont alarmants, les infrastructures insuffisantes et le personnel médical en sous-effectif chronique. Il est impératif que des réformes profondes et immédiates soient entreprises pour redresser ce secteur vital, garantir un accès équitable aux soins de santé et restaurer la confiance de la population dans son système de santé.

II. Le scandale des évacuations médicales : un apartheid sanitaire entretenu par les élites

Petit Déjeuner à St’s Mary Hospital

Au Cameroun, le système de santé est en proie à une crise profonde, caractérisée par des infrastructures délabrées, un personnel médical insuffisant et des équipements obsolètes. Dans ce contexte, les évacuations sanitaires à l’étranger sont devenues une pratique courante pour les élites politiques et économiques, créant ainsi une fracture sanitaire béante entre les privilégiés et le reste de la population.

Une pratique coûteuse et inéquitable

Les évacuations sanitaires consistent à transférer des patients vers des établissements de santé étrangers pour des soins non disponibles ou inaccessibles localement. Si, en théorie, cette option devrait être exceptionnelle, elle est devenue la norme pour les dirigeants camerounais. En 2008, le ministère de la Santé publique recensait une soixantaine d’évacuations pour un coût avoisinant 600 millions de FCFA  . Bien que les données récentes soient rares, les estimations suggèrent que ces chiffres ont considérablement augmenté, atteignant des montants faramineux.

Cette pratique soulève des questions éthiques majeures. Alors que les élites bénéficient de soins de qualité à l’étranger aux frais de l’État, la majorité des Camerounais sont contraints de se contenter d’un système de santé national défaillant. Cette situation crée une véritable ségrégation sanitaire, où l’accès aux soins dépend du statut social et des connexions politiques.

Un système de santé national en déliquescence

Le recours systématique aux évacuations médicales par les élites est symptomatique de la dégradation du système de santé camerounais. Les hôpitaux publics souffrent d’un manque chronique de financement, de personnel qualifié et d’équipements adéquats. Les patients doivent souvent fournir eux-mêmes le matériel médical de base, et les ruptures de stock de médicaments essentiels sont fréquentes. Cette réalité contraste fortement avec les sommes colossales dépensées pour les évacuations sanitaires des privilégiés.

Des coûts exorbitants pour des résultats discutables

Les évacuations sanitaires représentent une charge financière considérable pour l’État camerounais. En 2014, le Cameroun a fait interner 213 patients dans les hôpitaux français, principalement dans le cadre d’évacuations sanitaires  . Le coût d’une évacuation sanitaire par Europ Assistance est estimé entre 20 et 40 millions de FCFA par patient, sans compter les frais annexes tels que le transport, l’hébergement et les soins post-hospitalisation. Ces dépenses exorbitantes profitent à une infime minorité, tandis que l’investissement dans les infrastructures de santé locales demeure insuffisant.

Un détournement des ressources publiques

Le financement des évacuations sanitaires est souvent opaque, et les fonds publics alloués à ces opérations échappent à tout contrôle citoyen. Cette opacité favorise les abus et les détournements de fonds, au détriment du développement d’un système de santé performant pour l’ensemble de la population. Les ressources consacrées aux évacuations pourraient être réinvesties dans la modernisation des infrastructures sanitaires nationales, la formation du personnel médical et l’approvisionnement en équipements et médicaments de qualité.

Vers une réforme nécessaire et urgente

Pour mettre fin à cette injustice sanitaire, il est impératif de réformer en profondeur le système de santé camerounais. Cela passe par une allocation budgétaire accrue en faveur de la santé publique, une gestion transparente et efficace des ressources, et une volonté politique de réduire les inégalités d’accès aux soins. Les évacuations sanitaires devraient redevenir des exceptions, réservées aux cas réellement intraitables localement, et non un privilège pour une élite déconnectée des réalités de la majorité.

Le scandale des évacuations médicales au Cameroun illustre un apartheid sanitaire institutionnalisé, où les élites se soignent à l’étranger aux frais de l’État, tandis que la population est abandonnée à un système de santé moribond. Il est urgent de repenser les priorités sanitaires du pays pour garantir un accès équitable aux soins pour tous les Camerounais.

III. Que serait-il arrivé si je n’avais pas eu accès aux soins à l’étranger ?

Si aujourd’hui je peux encore écrire ces lignes, c’est parce que j’ai eu la chance – ou plutôt le privilège – d’avoir eu accès à des soins médicaux de qualité en Angleterre. Mais ce privilège ne m’a pas été offert par le Cameroun, mon pays d’origine. Je le dois uniquement à mon parcours académique, à mes études supérieures en Angleterre et à ma résidence permanente dans ce pays, où une partie de ma famille vit. Si je n’avais pas eu cette opportunité, si je faisais partie des millions de Camerounais condamnés à se soigner sur place, mon sort aurait été tout autre.

Un destin bien différent dans un hôpital camerounais : la roulette russe sanitaire

Que se serait-il passé si j’avais dû me soigner dans un hôpital public camerounais ? Le scénario est glaçant : une attente interminable dans un couloir bondé, faute de lits disponibles. Une prise en charge retardée, car il aurait fallu que j’achète moi-même les médicaments et même le matériel médical de base. Des soins bâclés par un personnel soignant surmené et démoralisé, travaillant dans des conditions indignes.

Avec une fatigue extrême, une anémie avancée, une entorse sévère et des blessures consécutives à mon accident, sans parler du paludisme et de la fièvre violente qui m’épuisaient déjà, il est presque certain que mon état aurait empiré rapidement. L’absence d’équipements modernes, l’indisponibilité des médicaments et le manque de réactivité des structures hospitalières camerounaises auraient transformé mon hospitalisation en une véritable descente aux enfers.

Les chiffres de l’échec : un système de santé qui tue

Les statistiques sont implacables. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le Cameroun affiche l’un des taux de mortalité hospitalière les plus élevés d’Afrique. En 2021, le taux de mortalité infantile y était de 52 décès pour 1 000 naissances, contre 4 décès pour 1 000 naissances au Royaume-Uni. La mortalité maternelle y est également alarmante, avec 529 décès pour 100 000 naissances, contre 7 décès pour 100 000 en Angleterre (source : OMS, 2023). Ces chiffres traduisent un système de santé où chaque hospitalisation devient un pari avec la mort.

Le paludisme, qui était l’une des principales causes de ma maladie, reste la première cause de mortalité au Cameroun. En 2022, plus de 3 500 personnes en sont mortes, et la maladie continue de ravager les populations les plus vulnérables, faute de prévention et de traitements adéquats (source : Ministère de la Santé du Cameroun, 2023).

Si l’on ajoute à cela les pénuries de sang dans les banques de transfusion, l’absence de soins spécialisés en traumatologie et la vétusté des équipements médicaux, il est évident qu’en restant au Cameroun, mon pronostic vital aurait été engagé.

Le cauchemar des hôpitaux camerounais : quand se soigner est un luxe

Le budget de la santé publique au Cameroun est dérisoire : seulement 5,1 % du budget national y est alloué en 2023, bien en deçà des 15 % recommandés par l’OMS. Cette négligence budgétaire se traduit par des hôpitaux sous-équipés, des médecins en sous-effectif et des patients abandonnés à leur sort.

Les hôpitaux publics sont devenus des mouroirs. Dans les urgences, les malades sont souvent laissés sur le sol, faute de lits disponibles. Dans certains cas, les cadavres restent plusieurs heures dans les salles faute de morgue fonctionnelle. Les médecins eux-mêmes, mal payés et désabusés, fuient le pays. Environ 40 % des médecins formés au Cameroun exercent aujourd’hui à l’étranger (source : Conseil Médical du Cameroun, 2023).

Et si j’avais été un Camerounais « ordinaire » ?

Si je n’avais pas eu le privilège de pouvoir me faire soigner en Angleterre, je serais aujourd’hui un simple numéro dans les statistiques morbides du Cameroun. Je serais peut-être mort d’un accès de paludisme mal traité. Peut-être que l’infection causée par mes blessures se serait aggravée en septicémie, faute d’antibiotiques adaptés. Peut-être que l’anémie aurait eu raison de mon corps affaibli, faute de transfusion sanguine rapide.

Combien de Camerounais meurent chaque jour dans l’indifférence générale faute d’accès aux soins ? Combien de familles doivent assister, impuissantes, à l’agonie de leurs proches, simplement parce qu’ils n’ont pas les moyens de se faire évacuer à l’étranger comme le font les ministres et les hauts fonctionnaires ?

Ce n’est pas une fatalité. C’est une injustice. C’est la conséquence directe d’un système de santé sacrifié sur l’autel du clientélisme et de l’incompétence.

Quand l’injustice sanitaire devient une condamnation sociale

Le scandale des évacuations sanitaires des élites est un apartheid médical institutionnalisé. D’un côté, une minorité qui voyage en avion privé vers les hôpitaux de Paris, Genève ou Londres, aux frais du contribuable. De l’autre, une population abandonnée à un système hospitalier sinistré, où l’espérance de vie est inférieure à 60 ans.

Moi, j’ai eu la chance de partir. Mais cette chance, combien l’ont ? Combien de Camerounais meurent simplement parce qu’ils sont nés du mauvais côté de la barrière sociale ?

Se pose alors la question fondamentale : pourquoi, en 2025, un citoyen camerounais doit-il fuir son propre pays pour espérer survivre ? Pourquoi le Cameroun, qui a vu naître de brillants médecins et chercheurs, est-il incapable de garantir des soins de base à sa population ?

La réponse est simple : parce que nos dirigeants ont décidé que la santé du peuple ne les concernait pas. Parce qu’ils se soignent ailleurs, ils ne ressentent pas l’urgence de moderniser nos hôpitaux. Ils n’investissent pas dans la santé publique, car ils savent qu’en cas de problème, ils prendront le premier avion pour la France ou la Suisse.

Le réveil est nécessaire

Si mon hospitalisation en Angleterre m’a permis de survivre, elle m’a aussi ouvert les yeux sur l’ampleur du drame qui se joue au Cameroun. Ce n’est pas un simple dysfonctionnement, c’est un crime. C’est un abandon collectif.

Il est temps que les Camerounais réalisent que la santé n’est pas un privilège réservé à une élite. C’est un droit fondamental. Il est temps que les milliards dépensés pour les évacuations médicales des ministres soient réinvestis dans la construction d’hôpitaux modernes. Il est temps de demander des comptes à ceux qui, depuis des décennies, sacrifient la vie de millions de citoyens pour leur propre confort.

Aujourd’hui, je suis vivant. Mais demain, combien d’autres mourront faute d’avoir eu, comme moi, une porte de sortie ? Combien de familles perdront un père, une mère, un enfant, simplement parce qu’ils sont Camerounais et non ministres ?

Cette injustice ne peut plus durer. L’histoire jugera ceux qui, par leur incompétence et leur cynisme, ont transformé un pays en un cimetière à ciel ouvert.

Conclusion: Quand tomber malade devient un crime de pauvreté

Mon exil médical en Angleterre n’était pas un choix, mais une nécessité. Mon corps, épuisé par des semaines d’intenses épreuves, n’a pas résisté. Malaria, anémie, blessures, fatigue extrême… des maladies qui, ailleurs, auraient été prises en charge rapidement, mais qui, au Cameroun, peuvent signifier une condamnation à mort. J’ai eu la chance de partir, de bénéficier d’un système de santé digne de ce nom, mais cette opportunité est un luxe inaccessible pour des millions de mes compatriotes.

Ce chapitre a démontré, à travers mon propre vécu, l’effondrement du système de santé camerounais, devenu un champ de ruines où la maladie est une loterie fatale pour les pauvres et un désagrément temporaire pour les élites. Le drame du Cameroun n’est pas un manque de ressources, mais un manque de volonté politique. Un pays qui produit des médecins d’exception, qui regorge de ressources naturelles et dont les élites dépensent des fortunes pour se soigner à l’étranger ne peut pas prétendre manquer des moyens pour offrir des soins de qualité à son peuple.

Mais pourquoi améliorer un système de santé quand ceux qui dirigent ne comptent jamais l’utiliser ?

Telle est la question fondamentale que pose le scandale des évacuations médicales. Pourquoi construire des hôpitaux performants au Cameroun quand un billet d’avion pour Paris, Genève ou Bruxelles suffit à garantir les meilleurs soins aux dirigeants ? Tant que cette inégalité flagrante existera, le Cameroun ne pourra jamais évoluer.

Le système de santé est à l’image du régime : un cercle vicieux d’incompétence, de cynisme et d’abandon. La maladie, au Cameroun, est devenue une question de classe sociale, une tragédie évitable que le gouvernement refuse de résoudre. Pendant que le peuple meurt dans l’indifférence, les dignitaires du régime dépensent chaque année des milliards de francs CFA en soins à l’étranger, au mépris des citoyens qui les ont élus.

Mon cas personnel illustre une vérité brutale : au Cameroun, seule l’élite au pouvoir a le droit de survivre. Moi, j’ai pu partir. Mais combien de Camerounais meurent chaque jour faute de médicaments, d’équipements, ou simplement d’un médecin disponible ? Combien de mères voient leurs enfants leur être arrachés parce qu’une perfusion, une simple poche de sang ou un respirateur n’étaient pas disponibles ? Combien de destins brisés par un système qui considère la vie humaine comme une variable négligeable ?

L’effondrement du système de santé camerounais n’est pas une fatalité. C’est une décision politique. Tant que le pays sera gouverné par une élite qui ne croit pas en ses propres infrastructures, qui méprise son peuple et qui refuse de bâtir un État digne de ce nom, la maladie continuera d’être une condamnation pour les plus vulnérables. L’histoire jugera ces criminels qui, au lieu de servir le peuple, l’ont condamné à mourir dans la souffrance et l’indifférence.

Si je suis encore en vie aujourd’hui, c’est parce que j’ai pu fuir. Mais qu’adviendra-t-il de ceux qui n’ont pas d’issue de secours ?

AU PAYS DE PAUL BIYA: SOIT ON PERD SON ÂME, SOIT ON PERD SA VIE – Analyse approfondie de la défaillance de l’Etat du Cameroun à travers une expérience personnelle, les obsèques de ma mère ( Racontée en 5 parties)

PARTIE I : Introduction et Chapitre 1

À gauche, mon arrivée au Cameroun, à droite, mon départ du Cameroun

INTRODUCTION: Un voyage de deuil, un retour à l’enfer

Dans le cadre de mes publications académiques, j’ai souvent l’opportunité de voyager, de parcourir le monde pour confronter mes idées avec d’autres chercheurs, pour débattre de la gouvernance, du développement et des systèmes politiques. Mais aucun voyage ne m’a autant marqué que mon retour au Cameroun pour les obsèques de ma mère.

Parti au pays avec deux pieds, j’en suis reparti avec trois, une béquille sous le bras et le poids du désespoir dans le cœur. Ce n’était pas qu’un deuil personnel que je vivais, mais le deuil d’un pays en perdition, d’un État en lambeaux, d’une société où la souffrance est devenue une norme et où l’injustice est érigée en système.

Ce récit n’est pas seulement le témoignage d’un seul individu que je suis, il s’agit d’une réalité partagée par des millions de Camerounais qui, qu’ils soient sur place ou à l’étranger, sont piégés dans un pays où tout est conçu pour briser les âmes, humilier les citoyens et les priver de leur dignité. Ce que j’ai vécu en quelques semaines est le quotidien de ceux qui y survivent chaque jour : des infrastructures abandonnées, un État absent, une administration corrompue, un système de santé en ruine et une société profondément divisée par la politique du régime en place.

À travers cinq étapes marquantes – de la destruction d’un pont à Ngompem et du mépris des autorités, à ma tentative désespérée de reconstruire ce que l’État refusait de réparer ( à mes propres frais = 3 500 000 FCFA) , en passant par un accident sur des routes délabrées, l’isolement social dû à mon engagement politique et un exil médical forcé – je raconte ici le calvaire d’un peuple pris au piège d’un régime qui ne lui offre qu’une alternative : la soumission ou la mort.

Le Cameroun de Paul Biya est devenu un enfer à ciel ouvert où la misère est institutionnalisée, où la jeunesse est abandonnée, où les élites gouvernantes ne se préoccupent que de leur propre survie. Ce texte n’est pas un simple témoignage, c’est un cri d’alarme, une radiographie d’un pays en état de décomposition avancée. Il met en évidence les maux profonds qui gangrènent notre société et appelle à une prise de conscience collective, car il ne s’agit pas que du sort d’un individu, mais bien de l’avenir de tout un peuple.

CHAPITRE 1 . L’indifférence criminelle de l’État : 31 Décembre 2025 à Pouma, le combat pour un pont et la dignité des citoyens

Lorsque je suis retourné au Cameroun après quelques jours Angleterre après un séminaire, pour les obsèques de ma mère, je ne m’attendais pas à être confronté à l’une des formes les plus manifestes du mépris de l’État pour ses citoyens : la privation du droit fondamental à la mobilité. À Ngompem, dans l’arrondissement de Pouma, un pont essentiel reliant le même village avait été détruit depuis plus de trois ans par une entreprise privée opérant sous le regard passif des autorités locales.

Ce pont, loin d’être un simple ouvrage d’ingénierie, représentait un lien vital pour les populations locales, leur permettant d’accéder aux marchés, aux écoles, aux hôpitaux et aux services administratifs. Sans lui, ces citoyens étaient réduits à l’isolement, coupés du reste du pays comme des prisonniers enfermés dans un ghetto à ciel ouvert.

Au conseil municipal

Le 31 décembre 2024, je me suis rendu au conseil municipal de Pouma pour exiger des explications. Face à moi, le représentant du Préfet de la SANAGA MARITIME, le maire adjoint de Pouma, le sous-préfet, les membres du conseil municipal, tous figures d’une administration qui prétend gouverner mais qui, en réalité, abandonne ses citoyens à leur sort. Ils ne voulaient pas me donner la parole, comme si évoquer le sort de ces populations invisibilisées était une offense. Ils ne voulaient pas entendre que depuis trois à quatre ans, des Camerounais étaient privés de leur droit le plus élémentaire : celui de se mouvoir. Leur attitude était symptomatique d’un régime qui a fait de la surdité institutionnelle un mode de gouvernance.

L’infrastructure : un luxe réservé aux grandes villes et aux élites

Pont détruit de NKANGLA

Le cas du pont de Ngompem n’est pas un incident isolé. Il est le reflet d’un problème systémique au Cameroun : la négligence des infrastructures, en particulier celles situées en dehors des centres urbains stratégiques. Selon un rapport de la Banque Mondiale (2022), plus de 60% des routes au Cameroun sont en mauvais état, et près de 45% des localités rurales sont difficilement accessibles pendant la saison des pluies. Pourtant, la Constitution camerounaise et plusieurs engagements internationaux signés par l’État garantissent le droit à la libre circulation comme un principe fondamental.

Alors que les membres du gouvernement voyagent en jets privés et que les hauts fonctionnaires circulent dans des véhicules de luxe achetés avec l’argent du contribuable, des millions de Camerounais risquent leur vie chaque jour sur des routes défoncées, des ponts effondrés, des pistes impraticables. L’injustice saute aux yeux : l’argent qui aurait pu être investi pour améliorer les infrastructures publiques est détourné pour enrichir une élite restreinte qui ne se sent redevable à personne.

Le mépris des autorités : une politique de l’inaction

Lors de cette réunion du conseil municipal, j’ai vu de mes propres yeux à quel point les dirigeants locaux ne se sentaient ni responsables ni concernés par les souffrances des populations qu’ils sont censés administrer. Non seulement ils ont refusé de me donner la parole, mais ils ont également cherché à minimiser le problème, comme si trois ans d’isolement forcé n’étaient qu’un désagrément mineur.

Ce mépris pour les doléances des citoyens est un des traits caractéristiques du régime Biya. D’après le classement 2023 de l’Indice Ibrahim de la gouvernance africaine, le Cameroun se classe 35e sur 54 pays africains en matière de participation et de droits humains, ce qui reflète le manque de considération des autorités pour les préoccupations des populations. L’administration camerounaise fonctionne comme une forteresse bureaucratique coupée du monde réel, où les décisions sont prises sans consultation, où l’inaction est la règle et où toute voix dissidente est réduite au silence.

L’absence de responsabilité : une impunité institutionnalisée

Le scandale du pont de Ngompem n’est qu’un exemple parmi tant d’autres où l’administration refuse de rendre des comptes. Qui est responsable de sa destruction ? Pourquoi aucune entreprise n’a été tenue de le reconstruire ? Où sont passés les fonds censés être alloués à l’entretien des infrastructures ? Ces questions restent sans réponse, car dans un pays où la corruption siphonne près de 30% du budget de l’État chaque année (Transparency International, 2023), les dirigeants ne se sentent pas obligés de justifier leur incompétence.

En réalité, la destruction du pont est le résultat d’un système où les entreprises privées, souvent liées à des membres influents du régime, peuvent détruire des infrastructures publiques en toute impunité, sans jamais être inquiétées. L’administration locale, au lieu de défendre les intérêts des populations, se contente d’observer passivement, ou pire, de tirer profit de ces situations.

Une administration qui nie l’humanité de son peuple

Ce qui m’a le plus marqué lors de cette confrontation avec le conseil municipal de Pouma, ce n’est pas seulement leur refus de m’écouter, mais l’indifférence avec laquelle ils ont balayé les souffrances de milliers de personnes. Cette attitude traduit une vérité plus profonde : dans le Cameroun de Paul Biya, l’État ne considère pas ses citoyens comme des êtres humains dignes de respect, mais comme des sujets dont on peut ignorer les droits et la dignité.

Il ne s’agit pas seulement d’un pont détruit. Il s’agit d’une politique d’abandon délibéré, d’une stratégie où l’État punit les populations rurales en les privant des services les plus élémentaires. Il s’agit d’une mentalité où la classe dirigeante vit dans une bulle de privilèges pendant que le reste du pays s’enfonce dans la misère et l’oubli.

Ce jour-là, en quittant la salle du conseil municipal sans avoir été écouté, j’ai compris une chose essentielle : dans ce pays, il ne suffit pas de dénoncer, il faut agir, car l’État ne viendra jamais au secours de son peuple. Et c’est ainsi que j’ai pris la décision qui allait marquer la deuxième étape de mon séjour : reconstruire moi-même ce que le gouvernement avait laissé s’effondrer.

CHAPITRE 2. Construire avec le peuple ce que l’État a détruit : un acte de résistance face à l’abandon

QUATRE DÉCENNIES DE MENSONGES TRANSGÉNÉRATIONNELS: COMMENT PAUL BIYA A TROMPÉ MES PARENTS, MA GÉNÉRATION ET VEUT HYPOTHÉQUER L’AVENIR DE MES ENFANTS ET PETITS ENFANTS

Multiples générations sacrifiées

Introduction : Le Mensonge Transgénérationnel de Paul Biya

En préparant les obsèques de ma défunte mère qui auront lieu le 7 et 8 Février 2025 à Ngompem, un village sans eau potable, sans électricité, sans routes praticables, coupé en 2 par la destruction de ses ponts et dépourvu de tout service social de base, j’ai découvert dans leurs archives personnelles les cartes de membres du RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais) de mes parents datant des années 90. Ces archives étaient plus qu’un simple souvenir : elles incarnaient leur foi dans les promesses d’un homme, Paul Biya, et dans son régime, qui avaient promis de transformer le Cameroun en une nation prospère. Mais cette foi, maintes fois renouvelée à chaque élection depuis 1982, n’a jamais été récompensée. Mes parents sont partis dans la pauvreté, comme des millions d’autres Camerounais, trahis par des décennies de mensonges.

Cette découverte m’a confronté à une question existentielle : pourquoi avons-nous, en tant que générations successives, permis à ce système de perdurer ? Nos parents ont cru en des promesses de développement, notre génération a été bercée par des illusions d’émergence, et aujourd’hui, on nous demande d’être complices en transmettant ces mensonges à nos enfants et petits-enfants.

Le Cameroun, sous Paul Biya, est devenu un exemple frappant de stagnation déguisée en progrès. À travers des promesses récurrentes de prospérité économique, de modernisation des infrastructures, et de paix sociale, le régime a tissé un discours séduisant, mais creux, qui a maintenu le pays dans un état de dépendance économique et de sous-développement chronique. Les statistiques sont accablantes : près de 40 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (Banque mondiale, 2023), les infrastructures de base sont en ruine, et la jeunesse, qui constitue 60 % de la population, fait face à un chômage massif et un avenir incertain.

Cet article vise à poser une vérité essentielle : le règne de Paul Biya est un règne de promesses non tenues, un mensonge transgénérationnel qui a piégé les espoirs de plusieurs générations. À l’aube des élections présidentielles de 2025, il devient impératif de rompre ce cycle. Ce papier analyse comment ce régime a trahi nos parents, sacrifié notre génération, et tente aujourd’hui de condamner nos enfants à un avenir similaire. À travers des données rigoureuses, nous démontrerons pourquoi les Camerounais doivent dire non aux mensonges des futures générations et saisir cette opportunité historique pour un changement radical et collectif.

1. Les Promesses Non Tenues à la Génération de Nos Parents

Lorsque Paul Biya accède au pouvoir en 1982, il hérite d’un Cameroun relativement stable et prospère, avec un potentiel économique significatif. Son discours inaugural promet un « Renouveau National », basé sur l’unité, la prospérité et la modernisation. Cependant, cette vision s’est rapidement érodée, laissant derrière elle un pays embourbé dans des défis structurels, notamment pour les générations de nos parents qui ont soutenu ce régime avec espoir. Joseph Takougang (2019), dans son livre “Cameroon under Paul Biya: Continuity or Change?”, note que « les promesses faites dans les premières années du Renouveau National n’étaient que des outils de propagande pour consolider le pouvoir, sans stratégie claire de mise en œuvre. »

1.1. Les Déficiences en Développement Rural

L’une des promesses phares du régime Biya était de moderniser les zones rurales pour réduire les disparités entre les régions urbaines et rurales. Pourtant :

• Accès à l’électricité : En 1982, environ 60 % des villages camerounais étaient privés d’électricité (Banque mondiale, 1985). Aujourd’hui, près de 40 % des zones rurales restent non électrifiées, selon les statistiques de la Banque africaine de développement (BAD, 2022). Cette lente progression reflète un manque d’investissement dans les infrastructures.

• Manque d’accès à l’eau potable : Un rapport de l’UNICEF (2021) indique que seuls 37 % des Camerounais vivant en milieu rural ont accès à des sources d’eau potable, une situation presque inchangée depuis les années 1980.

Ces carences condamnent des millions de familles rurales à vivre dans des conditions précaires, où les maladies hydriques et l’insécurité alimentaire persistent.

1.2. Échec des Infrastructures Routières

Paul Biya avait promis de connecter les zones rurales aux centres urbains pour stimuler l’agriculture et les échanges économiques. Cependant, le Cameroun figure encore parmi les pays africains les moins bien desservis en infrastructures routières. Mbaku & Takougang (2004) dans “The Leadership Challenge in Africa” expliquent que « l’incapacité du régime Biya à investir dans les infrastructures critiques dans les années 1980 a marqué le début d’un déclin systémique dans les zones rurales. »

• Statistiques alarmantes : En 2023, seuls 5,7 % des routes sont asphaltées (source : Global Economy Report, 2023), un chiffre qui place le Cameroun bien en dessous de la moyenne africaine, estimée à 20 %.

• Conséquences économiques : Selon une étude du Centre pour la Recherche et le Développement Durable en Afrique (CERDA, 2020), l’agriculture camerounaise perd 40 % de sa production annuelle en raison de l’inaccessibilité des marchés.

Ces failles dans le réseau routier affectent directement les villages comme celui de mes parents, où la pauvreté est exacerbée par l’isolement économique.

1.3. Des Services Sociaux Dégradés

Malgré les promesses d’améliorer les conditions de vie, les services sociaux de base tels que la santé et l’éducation restent désastreux :

• Santé : L’espérance de vie moyenne au Cameroun était de 46 ans en 1982 et est passée à 60 ans en 2023 (Banque mondiale, 2023). Bien que cela représente une amélioration, cette progression est bien inférieure à celle des pays comparables comme le Ghana ou le Sénégal. Les zones rurales continuent de souffrir d’un manque criant de centres de santé, avec seulement 1 médecin pour 10 000 habitants (OMS, 2023).

• Éducation : En 1982, le taux d’alphabétisation était de 41 %. En 2023, il avoisine les 77 %, mais cette augmentation masque une qualité d’éducation médiocre. Les enseignants, souvent sous-payés et démotivés, ne sont pas en mesure d’assurer une formation adéquate.

1.4. L’Héritage d’une Génération Trompée

Mes parents, comme des millions d’autres Camerounais de leur génération, ont cru aux promesses du RDPC et ont activement soutenu le régime. Mais ces promesses n’ont jamais été tenues. Leur mort dans un village dépourvu d’eau, d’électricité et de routes symbolise l’échec de cette génération à voir les fruits du « Renouveau National ».

1.5. Appel à la Mémoire Collective

Les échecs du passé doivent nous alerter. La génération de nos parents a été dupée par des discours vides de sens et des promesses irréalistes. En tant que leurs héritiers, nous devons refuser de continuer sur cette voie. Le renouveau qu’ils espéraient n’a jamais vu le jour, et c’est à nous de briser ce cycle de mensonges générationnels.

2. Une Génération Sacrifiée : Mon Témoignage Personnel

La génération née dans les années 1970 et 1980, à laquelle j’appartiens, a grandi sous les promesses du « Renouveau National ». Ces années étaient marquées par une croyance collective que l’avenir, sous la gouvernance de Paul Biya, serait plus prospère que celui de nos parents. Pourtant, cette foi s’est heurtée à une dure réalité : chômage massif, système éducatif défaillant et insécurité omniprésente. Ma génération est devenue une génération sacrifiée, piégée dans un cycle d’échec et de désillusion.

2.1. Le Chômage : Une Bombe à Retardement

Malgré les engagements répétés du régime Biya de réduire le chômage et de stimuler l’économie, la réalité a été bien différente :

• Taux de chômage et sous-emploi :

En 2023, le taux de chômage officiel au Cameroun était de 6 % selon l’INS (Institut National de la Statistique). Toutefois, ces chiffres masquent une autre réalité : plus de 70 % des travailleurs camerounais sont employés dans le secteur informel, selon la Banque mondiale (2022). Les jeunes diplômés sont les plus touchés, avec un taux de sous-emploi estimé à 77 %.

• Promesses non tenues en matière d’emploi :

En 2001, le gouvernement a lancé le programme « Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté » (DSRP), qui visait à créer des opportunités d’emploi pour les jeunes. Deux décennies plus tard, les résultats sont minimes, avec une économie encore largement dépendante du secteur primaire et des emplois non qualifiés.

Dans leur analyse des politiques économiques de Biya, Amin et Fokam (2020) concluent que « les réformes économiques, en particulier les programmes d’ajustement structurel des années 1990, ont marginalisé davantage les jeunes en détruisant les secteurs publics et industriels qui auraient pu absorber la main-d’œuvre qualifiée. »

Nkemngu (2019), dans son étude sur l’emploi au Cameroun, indique que « l’incapacité du gouvernement à moderniser le secteur industriel a transformé le Cameroun en une économie de survie, où les jeunes survivent au lieu de s’épanouir. »

2.2. Un Système Éducatif en Ruine

La formation de ma génération a été profondément affectée par un système éducatif qui n’a cessé de se détériorer sous le régime Biya.

• Statistiques éducatives :

En 2022, le Cameroun affichait un taux brut de scolarisation primaire de 88 %, mais seulement 45 % des enfants inscrits atteignent le secondaire (UNESCO, 2023). De plus, les infrastructures éducatives sont en lambeaux, avec une moyenne de 85 élèves par classe dans les écoles publiques rurales.

• Faibles investissements :

Le budget alloué à l’éducation représente en moyenne 3,5 % du PIB, un chiffre bien en deçà de la recommandation de l’UNESCO de 6 %.

• Condition des enseignants :

Les enseignants camerounais, souvent non payés pendant plusieurs mois, mènent des grèves fréquentes. En 2022, plus de 30 000 enseignants du primaire étaient encore des vacataires, selon un rapport du Syndicat National des Enseignants du Cameroun (SNEC).

Tchombe (2021), dans son étude sur l’éducation en Afrique centrale, souligne que « l’absence de stratégie éducative cohérente a produit une génération d’apprenants incapables de rivaliser sur le marché globalisé. »

Mforteh et Ndi (2018) notent que « la priorisation des grands projets politiques sur l’éducation illustre l’abandon des valeurs fondamentales qui définissent un État développementaliste. »

2.3. Une Crise Sécuritaire Persistante

Le Cameroun sous Paul Biya est marqué par une insécurité croissante, exacerbant les défis auxquels ma génération fait face :

• Conflits armés :

La guerre contre Boko Haram dans l’Extrême-Nord et la crise anglophone ont déplacé plus de 900 000 personnes à l’intérieur du pays (HCR, 2023). Ces conflits ont détruit des infrastructures, perturbé les activités économiques et créé un climat de peur.

• Budget militaire exorbitant :

En 2023, le Cameroun a consacré 1,5 milliard de dollars (soit 6 % de son PIB) à la défense, selon le SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute). Malgré ces dépenses, l’insécurité persiste, en particulier dans les régions anglophones où des milliers de vies ont été perdues.

• Impact sur la jeunesse :

La militarisation de certaines régions a rendu impossible l’accès à l’éducation pour des milliers d’enfants et de jeunes. En 2023, plus de 30 % des écoles dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest étaient fermées en raison de la crise (UNICEF, 2023).

Mbuh et Ndifor (2022) dans “The Anglophone Crisis in Cameroon” notent que « la réponse militarisée de l’État n’a pas seulement aggravé le conflit, mais a aussi détruit les aspirations économiques et éducatives des jeunes. »

Fonkeng (2021) souligne que « la négligence des causes profondes des crises a transformé les régions affectées en zones de non-droit, contribuant à la désillusion des jeunes. »

2.4. Une Génération Désabusée

Ma génération a été témoin d’une trahison systématique :

• Nous avons grandi avec l’idée que l’éducation nous ouvrirait les portes de l’emploi, mais nous nous sommes retrouvés face à un marché saturé et inhospitalier.

• Nous avons espéré un système politique stable, mais avons vu les conflits se multiplier.

• Nous avons cru en la modernisation promise, mais avons hérité de villes et de villages où les services sociaux sont inexistants.

Ces frustrations alimentent une profonde désillusion chez les jeunes, beaucoup d’entre eux choisissant l’exil, tandis que d’autres sombrent dans le désespoir ou l’activisme radical.

2.5. Une Génération à Revendiquer

L’échec de la génération de mes parents à obtenir un véritable « renouveau » a transformé ma génération en victime collatérale des politiques du régime Biya. Nous devons refuser de laisser cet échec s’étendre à nos enfants. Cet héritage de désillusion doit devenir un appel à l’action pour construire un Cameroun plus juste, plus équitable et véritablement tourné vers l’avenir.

3. La Complicité Inacceptable : Paul Biya et le Mensonge Transgénérationnel

Après avoir menti à la génération de nos parents et sacrifié celle de nos enfants, Paul Biya cherche à prolonger son règne en manipulant notre génération et celle de nos enfants. Les élections présidentielles de 2025 sont un moment critique où ce régime espère encore une fois nous embarquer dans un cycle de promesses creuses et de trahisons historiques. Cette stratégie repose sur la création d’une illusion de changement, alors qu’elle ne fait que perpétuer un système défaillant.

3.1. Des Promesses Électorales Répétitives et Illusoires

Depuis les années 1980, le régime de Paul Biya a construit son discours autour de promesses ambitieuses, mais systématiquement non tenues :

• Promesses économiques : En 1987, Biya avait promis de transformer le Cameroun en une « économie émergente » avant l’an 2000. En 2009, il a renouvelé cette promesse en fixant l’horizon 2035 pour atteindre cet objectif. Pourtant, selon le classement de la Banque mondiale (2023), le Cameroun reste classé parmi les pays à revenu intermédiaire inférieur, avec un PIB par habitant de seulement 1 540 USD, très en deçà des normes des économies émergentes.

• Emplois pour la jeunesse : En 2018, lors de sa campagne électorale, Paul Biya avait promis de créer 500 000 emplois par an. Or, les rapports du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle (2022) indiquent que seulement 15 000 emplois formels ont été créés en moyenne par an depuis 2018, soit moins de 3 % de l’objectif.

• Projets d’infrastructure : Le régime a annoncé plusieurs « grands projets » tels que le port en eau profonde de Kribi, le barrage hydroélectrique de Lom Pangar et l’autoroute Yaoundé-Douala. Bien que certains aient vu le jour, leur gestion inefficace, marquée par des surcoûts massifs et des délais prolongés, a limité leur impact sur l’économie nationale (Transparency International, 2023).

Takougang (2019) décrit ces promesses répétées comme un « cycle de déception institutionnalisée », soulignant que « le régime utilise des projets symboliques pour masquer l’absence de réforme structurelle. »

Selon Fomba et Kamdem (2021), « l’économie camerounaise stagne à cause de politiques incohérentes qui privilégient la communication politique au détriment des résultats concrets. »

3.2. Un État Capturé par les Intérêts Personnels

Le régime de Paul Biya a été marqué par une gestion patrimoniale de l’État, où les ressources publiques sont utilisées pour maintenir le pouvoir au lieu de servir la population :

• Corruption endémique : En 2022, le Cameroun se classait 138e sur 180 pays dans l’Indice de Perception de la Corruption de Transparency International. Chaque année, le pays perd environ 30 % de son budget public à cause de la corruption, selon le Contrôle supérieur de l’État.

• Endettement croissant : La dette publique du Cameroun représentait 46,8 % du PIB en 2023, contre 13 % en 2008 (Banque mondiale). Cette augmentation est due à des emprunts mal gérés pour financer des projets souvent inachevés.

• Gestion népotique : Le système administratif est gangrené par le favoritisme, où des proches du pouvoir occupent des postes stratégiques, indépendamment de leur compétence.

Bayart (1993), dans “The State in Africa: The Politics of the Belly”, décrit les régimes comme celui de Biya comme des systèmes où l’État devient une source de prédation économique pour l’élite politique.

Fonkeng (2020) note que « l’absence de transparence dans la gestion publique a consolidé une oligarchie qui contrôle tous les secteurs clés de l’économie. »

3.3. Un Héritage Désastreux pour les Générations Futures

Si rien ne change, nos enfants et petits-enfants hériteront d’un Cameroun marqué par :

• Un appauvrissement chronique : Selon le PNUD (2022), 37,5 % de la population vit encore en dessous du seuil de pauvreté. Les projections indiquent que ce chiffre pourrait augmenter si les réformes structurelles nécessaires ne sont pas mises en œuvre.

• Un système éducatif désuet : En l’absence d’investissements significatifs, les infrastructures éducatives continueront à se dégrader, compromettant l’avenir des jeunes Camerounais.

• Une dette insoutenable : La dette extérieure du Cameroun est projetée à atteindre 25 milliards de dollars d’ici 2030 (FMI, 2023), laissant peu de marge pour financer les services publics essentiels.

• Un climat d’insécurité persistante : La gestion inefficace des crises actuelles (crise anglophone, Boko Haram) risque de créer une instabilité prolongée, privant les générations futures de la paix et de la sécurité nécessaires au développement.

Mbuh (2022) affirme que « l’échec à résoudre les crises actuelles compromet non seulement la stabilité à court terme, mais aussi le développement à long terme. »

UNICEF (2023) indique que « sans une réforme urgente du système éducatif, plus de 50 % des enfants camerounais risquent de devenir des adultes non qualifiés, incapables de contribuer efficacement à l’économie. »

3.4. Un Appel au Réveil Collectif

Paul Biya cherche à prolonger son règne en manipulant la mémoire collective et en jouant sur les peurs d’un changement. Mais il est temps de dire non à cette stratégie. Refuser de participer à cette mascarade électorale, c’est refuser d’être complice d’un mensonge qui condamne nos enfants et petits-enfants à un avenir de pauvreté et de stagnation.

4. Dire Non aux Mensonges : L’Appel à une Révolution Générationnelle

Les Camerounais, en particulier notre génération et celles qui suivent, doivent rompre avec les mensonges institutionnalisés du régime de Paul Biya. Depuis son accession au pouvoir en 1982, les promesses non tenues se sont accumulées, alimentant le déclin économique, social et politique du pays. Ce cycle de tromperie et de stagnation appelle à un éveil collectif, à une prise de conscience nationale pour bâtir un avenir meilleur.

4.1. Un État au Bord de l’Effondrement

Le Cameroun est aujourd’hui confronté à des crises multiformes qui menacent sa stabilité à long terme :

• Crise économique persistante :

Selon la Banque mondiale (2023), le taux de croissance économique du Cameroun est en moyenne de 3,5 % par an, insuffisant pour réduire significativement la pauvreté ou améliorer les infrastructures publiques. En comparaison, des pays comme le Rwanda et l’Éthiopie affichent des taux supérieurs à 6 %, avec des programmes de réformes axés sur l’innovation et l’industrialisation.

• Dégradation des infrastructures :

Plus de 70 % des routes du pays sont en mauvais état, limitant l’accès aux marchés et augmentant les coûts de transport. Les villages ruraux, comme celui de Ngompem, où mes parents, ont vécu et sont décédés, sont les plus touchés. Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD, 2022) estime que l’absence d’infrastructures modernes réduit la productivité agricole de 40 %, aggravant la pauvreté.

• Déséquilibres sociaux :

En 2023, le GINI index du Cameroun, mesurant les inégalités, était de 46,6, indiquant une concentration extrême des richesses entre les mains d’une élite restreinte, alors que 37,5 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

Bayart (1993) affirme que les régimes comme celui de Paul Biya perpétuent des inégalités en utilisant l’État comme un outil de prédation économique.

Tchouassi et Fokam (2021) décrivent la politique économique camerounaise comme « un système incapable de générer une croissance inclusive, enfermant le pays dans un cercle vicieux de pauvreté et de dépendance extérieure. »

4.2. Le Poids de la Corruption : Un Système à Déconstruire

La corruption sous le régime de Paul Biya est institutionnalisée, sapant toute tentative de réforme ou de progrès.

• Coût de la corruption :

Environ 30 % du budget annuel du Cameroun, soit plus de 5 milliards de dollars, est détourné chaque année (Transparency International, 2023). Ces fonds auraient pu financer la construction d’écoles, d’hôpitaux et d’infrastructures essentielles.

• Conséquences pour les générations futures :

Les ressources qui auraient pu être investies dans le développement durable sont dilapidées. Par exemple, l’endettement croissant du pays (46,8 % du PIB en 2023) compromet la capacité de l’État à financer des projets à long terme.

Ndifor et Ambe (2019) concluent que « la corruption est à la fois une cause et une conséquence de la faiblesse des institutions au Cameroun, perpétuant un état de stagnation nationale. »

Dans son analyse de la gestion publique au Cameroun, Essomba (2020) note que « la culture de l’impunité a ancré la corruption comme un élément structurel de la gouvernance. »

4.3. Un Appel au Réveil Citoyen

Pour mettre fin à ce cycle de mensonges et de promesses non tenues, un mouvement citoyen massif est nécessaire.

• Engagement politique des jeunes :

En 2023, plus de 60 % de la population camerounaise avait moins de 30 ans (INS, 2023). Cependant, leur participation politique reste faible, en grande partie à cause du sentiment de désillusion et de méfiance envers les institutions. La mobilisation des jeunes est cruciale pour porter des leaders nouveaux et visionnaires.

• Exemples de changement dans d’autres pays :

Les récentes transitions démocratiques en Zambie, au Malawi, au Sénégal, au Burkina Faso, au Mali et en Guinée montrent qu’un leadership engagé et une mobilisation populaire peuvent transformer des systèmes corrompus en opportunités pour les citoyens.

Cheeseman (2022), dans “How to Rig an Election”, montre que des sociétés jeunes et dynamiques peuvent renverser des régimes autoritaires par la mobilisation et la dénonciation des abus.

Kondoh et Ndong (2021) analysent comment la jeunesse africaine, en particulier à travers les réseaux sociaux, joue un rôle croissant dans l’éveil démocratique et la dénonciation des abus de pouvoir.

4.4. Repenser le Modèle de Gouvernance : Vers un État Développementaliste Communautaire

Pour sortir le Cameroun de cette spirale de stagnation, il faut adopter un modèle de gouvernance centré sur le développement humain, basé sur les principes suivants :

• Investissements massifs dans l’éducation et la santé :

Revoir les priorités budgétaires pour allouer 10 % du PIB à l’éducation et 7 % à la santé, conformément aux recommandations de l’UNESCO et de l’OMS.

• Diversification de l’économie :

Passer d’une économie basée sur l’exportation de matières premières (pétrole, bois) à une industrialisation accrue.

• Décentralisation effective :

Donner aux collectivités locales les moyens de décider et d’agir, au lieu de centraliser les décisions à Yaoundé.

Ndongmo (2020), dans “The Path to Sustainable Development in Central Africa”, plaide pour une décentralisation comme clé d’un développement inclusif.

World Bank (2023) recommande des politiques économiques qui mettent l’accent sur la transformation agricole et industrielle pour stimuler la croissance.

4.5. Un Nouveau Contrat Social : La Responsabilité de Dire Non

Dire non aux mensonges du régime Biya, c’est dire oui à un Cameroun nouveau :

• Oui à une gouvernance transparente.

• Oui à des politiques économiques inclusives.

• Oui à un système éducatif et sanitaire accessible à tous.

Les élections présidentielles de 2025 offrent une opportunité historique de briser ce cycle de tromperie transgénérationnelle. Nous devons refuser de légitimer un régime qui a échoué à répondre aux besoins fondamentaux de ses citoyens.

Conclusion : Rompre avec le Cycle de Mensonges et de Stagnation

Le règne de Paul Biya, qui s’étend sur plus de quatre décennies, est un témoignage accablant d’un système politique marqué par des promesses non tenues, des illusions entretenues et une gouvernance axée sur la perpétuation du pouvoir plutôt que sur le progrès collectif. À travers les générations, ce régime a perfectionné l’art du mensonge : des engagements initiaux envers nos parents qui ont été brisés, à la désillusion de notre propre génération, jusqu’à la tentative de condamner nos enfants à un avenir sans espoir.

Les faits sont clairs : le Cameroun est aujourd’hui embourbé dans une crise multidimensionnelle. Économiquement, nous sommes confrontés à une stagnation chronique avec près de 40 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté. Socialement, les infrastructures de base restent inexistantes dans de nombreuses régions, reflétant un État qui a failli à son devoir envers ses citoyens. Politiquement, la corruption et le népotisme ont consolidé un système qui privilégie l’élite au détriment de la majorité. Ces réalités ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un régime qui a fait de la manipulation et de l’inaction une stratégie de gouvernance.

L’heure n’est plus au silence ni à la résignation. À l’aube des élections présidentielles de 2025, les Camerounais ont une opportunité historique de rompre avec ce cycle de mensonges et de trahisons. Dire non à ce régime, c’est dire oui à un avenir différent : un avenir où nos ressources seront investies dans l’éducation, la santé, les infrastructures, et le développement économique durable ; un avenir où nos enfants et petits-enfants pourront rêver, innover et bâtir sans être écrasés par l’héritage de la stagnation.

Le changement ne viendra pas de l’élite politique actuelle, mais de la prise de conscience collective de chaque citoyen camerounais. Nous devons refuser d’être complices du mensonge transgénérationnel et agir pour construire un État développementaliste, inclusif et prospère. Ensemble, nous avons le pouvoir de transformer le Cameroun, de briser les chaînes du passé et d’inaugurer une nouvelle ère de responsabilité, de justice et de progrès.

Paul Biya et son régime incarnent le passé. L’avenir appartient à ceux qui ont le courage de dire non, de se lever et de bâtir. Le Cameroun mérite mieux, et l’histoire nous jugera sur les choix que nous ferons aujourd’hui. La révolution générationnelle est en marche – à nous de la mener avec détermination et espoir.

Bibliographie

1. Banque Mondiale. (2023). Rapport sur le développement mondial : Croissance économique et inégalités au Cameroun. Washington, DC : World Bank Publications.

2. Bayart, J.-F. (1993). L’État en Afrique : La politique du ventre. Paris : Fayard.

3. Cheeseman, N. (2022). How to Rig an Election. New Haven : Yale University Press.

4. Essomba, P. L. (2020). The Culture of Impunity in Cameroon: Governance and Corruption. Yaoundé : Presses Universitaires du Cameroun.

5. Institut National de la Statistique (INS). (2023). Données statistiques sur la population et l’économie du Cameroun. Yaoundé : INS Cameroun.

6. Kondoh, H., & Ndong, J. P. (2021). Youth Mobilization in Africa: Social Media and Political Change. Johannesburg : African Studies Review.

7. Ndifor, A., & Ambe, C. (2019). Corruption and Economic Decline in Cameroon: A Systematic Analysis. Douala : Centre for Economic Studies.

8. Ndongmo, R. M. (2020). The Path to Sustainable Development in Central Africa: Lessons for Cameroon. Libreville : Central African Development Press.

9. Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). (2022). Rapport sur le développement humain au Cameroun : Défis et opportunités. New York : United Nations Development Programme.

10. Transparency International. (2023). Indice de perception de la corruption 2023 : Cameroun. Berlin : Transparency International.

11. Tchouassi, G., & Fokam, A. J. (2021). The Vicious Circle of Poverty and Underdevelopment in Cameroon: Rethinking Economic Policies. Yaoundé : African Economic Research Consortium.

12. World Bank. (2023). Enhancing Economic Diversification in Sub-Saharan Africa: Cameroon Case Study. Washington, DC : World Bank Publications.

VOTER PAUL BIYA EN 2025 C’EST VOTER L’ECHEC. ANALYSE DU DISCOURS DE PAUL BIYA DU 31 DÉCEMBRE 2024 : 42 ANS DE PROMESSES, 42 ANS de CONTRE-VÉRITÉS, 42 ANS D’ÉCHECS… DE L’ÉMERGENCE FANTÔME À LA DUPERIE NATIONALE. Une analyse académique…

Introduction : Un discours en trompe-l’œil pour masquer l’échec total

Le 31 décembre 2024, Paul Biya, fidèle à une tradition vieille de plusieurs décennies, s’est adressé aux Camerounais avec un discours empreint de promesses, de chiffres flatteurs et d’un ton résolument optimiste. Pourtant, derrière cette rhétorique bien rodée, se cache une réalité incontestable : celle d’un pays en proie à une crise multiforme et à un recul socio-économique constant. Depuis son accession au pouvoir en 1982, Paul Biya a multiplié les discours exaltant des avancées imaginaires, alors que la situation sur le terrain se détériore inexorablement. Les problèmes liés à la sécurité, à l’économie, aux infrastructures sociales et à l’industrialisation sont autant de preuves d’un échec total que ce discours tente de dissimuler.

Ce discours s’inscrit dans une stratégie récurrente du régime : afficher une image de progrès et de stabilité pour légitimer un pouvoir en déclin, tout en éludant les véritables causes des maux dont souffre le Cameroun. Les taux de croissance vantés, les projets d’infrastructures annoncés et les efforts sécuritaires supposés concluants ne résistent pas à une analyse objective des faits. Derrière les chiffres officiels se cachent des réalités plus sombres : un chômage endémique, une dépendance économique accrue, une désindustrialisation rampante et une insécurité persistante dans plusieurs régions du pays.

Le contraste entre le discours et la réalité est frappant, notamment sur des aspects cruciaux tels que :

• L’économie, où une croissance purement quantitative masque une pauvreté généralisée et une absence de véritable transformation structurelle.

• La sécurité, où les conflits dans les régions anglophones et les attaques de Boko Haram continuent de semer la terreur, malgré les déclarations sur un retour à la paix.

• Les infrastructures sociales, où la majorité des Camerounais peinent à accéder à des services de base de qualité, malgré des décennies de promesses gouvernementales.

• L’industrie, où le Cameroun, autrefois leader industriel en Afrique centrale, a vu disparaître la plupart de ses fleurons industriels sous le règne de Paul Biya, laissant place à une économie largement dépendante des importations.

Cette introduction met en lumière l’écart abyssal entre les déclarations officielles et la réalité vécue par les Camerounais. Si le régime de Paul Biya s’emploie à maquiller la réalité par des discours soigneusement élaborés, les faits montrent que le Cameroun est confronté à une gestion défaillante de ses ressources, une gouvernance minée par la corruption et un manque cruel de vision stratégique pour sortir le pays de la stagnation.

Dans cette analyse, il s’agira de déconstruire le discours de fin d’année 2024 en mettant en évidence ses contradictions, ses failles et ses omissions volontaires. À travers une étude critique des principaux thèmes abordés, économie, sécurité, infrastructures sociales et industrialisation, nous démontrerons que ce discours, loin de refléter une réalité tangible, n’est qu’une opération de communication destinée à maintenir un pouvoir vieillissant et à masquer les véritables échecs d’un régime à bout de souffle. Le Cameroun, après 42 ans de promesses non tenues, mérite une gouvernance nouvelle, tournée vers le développement inclusif et la justice sociale.

I. Des chiffres de croissance économique trompeurs : le vrai visage de l’économie camerounaise

Dans son discours de fin d’année 2024, Paul Biya s’est félicité d’une croissance économique de 3,8 % en 2024 et a annoncé une projection de 4,1 % pour 2025. Ce chiffre, bien qu’attrayant sur le papier, est loin de refléter la réalité économique vécue par la majorité des Camerounais. En effet, cette croissance, essentiellement quantitative, masque de profondes inégalités, une pauvreté persistante et une absence de véritable transformation structurelle de l’économie.

1. Une croissance sans impact sur le quotidien des Camerounais

Bien que le Cameroun affiche régulièrement des taux de croissance positifs, cette croissance ne se traduit pas par une amélioration significative des conditions de vie de la population :

Taux de pauvreté élevé : Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), plus de 37 % de la population camerounaise vit en dessous du seuil de pauvreté, malgré la croissance affichée. Cette pauvreté est particulièrement marquée dans les zones rurales, où l’accès aux services de base (éducation, santé, eau potable) reste limité.

Inégalités sociales accrues : Le Cameroun présente un indice de Gini (mesure des inégalités) supérieur à 0,43, indiquant une forte concentration des richesses dans les mains d’une minorité. Cette inégalité est perceptible à travers le contraste entre les quartiers huppés de Douala et Yaoundé et les bidonvilles en pleine expansion.

Exemple concret : À Douala, le quartier de Bonanjo abrite les sièges de grandes entreprises et des résidences luxueuses, tandis que, non loin de là, des quartiers comme New Bell et Makepe sont caractérisés par une pauvreté extrême, sans accès régulier à l’eau potable ni à l’électricité.

2. Une économie dépendante des matières premières

Le Cameroun reste fortement dépendant de l’exportation de matières premières, sans véritable transformation locale :

Secteur pétrolier : Bien que le pétrole contribue à plus de 40 % des recettes d’exportation, il n’a pas permis de diversifier l’économie ni de créer des emplois massifs. La chute des prix du pétrole sur le marché international entre 2015 et 2018 a révélé la fragilité de cette dépendance.

Exportation brute des produits agricoles : Le Cameroun exporte principalement du cacao, du café et de l’hévéa sous forme brute, sans transformation locale significative. En 2024, le pays a exporté plus de 300 000 tonnes de cacao, mais seule une infime partie a été transformée localement, privant ainsi l’économie nationale de valeur ajoutée et d’emplois.

Exemple concret : La filière cacao-café, qui emploie plus de 600 000 producteurs, souffre d’un manque d’industries locales de transformation. La majorité des producteurs vendent leurs récoltes à bas prix à des multinationales étrangères, qui se chargent de la transformation et de la commercialisation sur les marchés internationaux.

3. Un secteur industriel embryonnaire

Malgré les annonces sur l’industrialisation, le secteur industriel camerounais reste peu développé :

Faible contribution au PIB : Le secteur secondaire, incluant l’industrie manufacturière, ne représente que 14 % du PIB, un chiffre faible pour un pays aspirant à l’émergence.

Projets industriels non aboutis : De nombreuses zones économiques, comme celle de Kribi, censées attirer les investisseurs industriels, peinent à décoller en raison de la bureaucratie, de l’absence d’infrastructures de qualité et d’un climat des affaires peu attractif.

Exemple concret : Le projet de la zone industrielle de Kribi, lancé en grande pompe en 2017, devait accueillir des usines de transformation du bois, du cacao et du pétrole. À ce jour, très peu d’usines ont vu le jour, et la zone reste largement sous-utilisée.

4. Chômage et sous-emploi massifs

Le chômage et le sous-emploi constituent l’un des plus grands défis économiques du Cameroun :

Chômage des jeunes : Selon l’Institut National de la Statistique (INS), le taux de chômage chez les jeunes de 15 à 35 ans dépasse 30 %, une situation aggravée par l’absence de politiques publiques efficaces de création d’emplois.

Sous-emploi : La majorité des Camerounais actifs travaillent dans le secteur informel, souvent dans des conditions précaires, sans couverture sociale ni sécurité de l’emploi. En 2024, le secteur informel représentait environ 90 % de l’emploi total.

Exemple concret : À Yaoundé et Douala, les jeunes diplômés peinent à trouver des emplois correspondant à leurs qualifications et se retrouvent souvent contraints de travailler comme conducteurs de mototaxis ou petits commerçants dans le secteur informel.

5. Inflation et perte du pouvoir d’achat

Malgré les affirmations du président sur la maîtrise de l’inflation, la réalité est que les prix des produits de première nécessité continuent de grimper :

Inflation persistante : L’inflation, bien que réduite à 5 % en 2024, reste élevée pour une économie où les salaires sont faibles et stagnants.

Hausse des prix des denrées alimentaires : Le prix du pain, du riz, de l’huile et des autres produits de base a fortement augmenté ces dernières années, mettant à mal le pouvoir d’achat des ménages.

Exemple concret : Entre 2021 et 2024, le prix du litre d’huile de palme est passé de 600 FCFA à 1 200 FCFA, et celui du sac de riz de 12 000 FCFA à 18 000 FCFA, entraînant une baisse du niveau de vie des familles les plus modestes.

Une croissance factice et déséquilibrée

Le discours officiel sur la croissance économique ne reflète pas la réalité quotidienne des Camerounais. Derrière les chiffres flatteurs se cache une économie fragile, marquée par une dépendance excessive aux matières premières, une absence de véritable industrialisation et des inégalités croissantes. Cette situation illustre l’échec des politiques économiques menées sous le régime de Paul Biya, incapables de traduire la croissance en développement inclusif.

II. Une politique industrielle fictive : où sont les vraies usines ?

Dans ses discours, Paul Biya vante régulièrement les « progrès industriels » réalisés sous son régime, citant quelques projets ponctuels comme la création de nouvelles cimenteries ou d’usines de carreaux. Toutefois, cette rhétorique masque une réalité bien plus sombre : une désindustrialisation massive depuis son accession au pouvoir en 1982. Le Cameroun, autrefois doté d’un tissu industriel dynamique, a vu la fermeture de nombreuses usines majeures au cours des quatre dernières décennies, laissant place à une dépendance accrue aux importations.

1. Un tissu industriel en déclin depuis les années 1980

Avant l’arrivée de Paul Biya au pouvoir, le Cameroun possédait un secteur industriel prometteur, soutenu par un État interventionniste qui investissait dans des industries stratégiques. Certaines des usines les plus emblématiques de cette époque étaient :

CELLUCAM (Cellulose du Cameroun) : Cette usine, située à Edea, était spécialisée dans la transformation du bois en pâte à papier. Elle jouait un rôle clé dans l’exploitation des vastes ressources forestières du pays. Sa fermeture dans les années 1990, due à une mauvaise gestion et à un manque d’investissements, a non seulement entraîné la perte de milliers d’emplois, mais aussi forcé le Cameroun à importer du papier.

CICAM (Cotonnière Industrielle du Cameroun) : Acteur majeur de l’industrie textile, la CICAM produisait des tissus destinés à la consommation locale et à l’exportation. Sous Paul Biya, l’usine a progressivement décliné en raison de la concurrence des produits importés, notamment asiatiques, et de l’absence de protection de l’industrie locale. Aujourd’hui, la CICAM fonctionne à peine, avec une production bien en deçà de sa capacité initiale.

CAMSUCO (Cameroun Sugar Company) : Cette entreprise sucrière, située dans la région du Centre, contribuait à la production locale de sucre. Sa privatisation mal encadrée dans les années 1990 a conduit à son effondrement. Le Cameroun est depuis devenu dépendant des importations pour combler sa consommation de sucre.

Exemple marquant : En 1980, le Cameroun exportait une partie de sa production textile et de son papier. Aujourd’hui, il importe l’essentiel de ces produits, aggravant son déficit commercial.

2. Des privatisations désastreuses sous les programmes d’ajustement structurel

Dans les années 1990, le Cameroun, sous pression du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, a lancé une série de privatisations dans le cadre des programmes d’ajustement structurel. Ces privatisations, mal préparées et souvent entachées de corruption, ont conduit à la fermeture de nombreuses usines :

Privatisation de la SONEL (Société Nationale d’Électricité) : Cette entreprise, autrefois publique, a été privatisée en 2001. La gestion privée qui s’en est suivie n’a pas permis d’améliorer l’accès à l’électricité, et les coupures de courant restent fréquentes, entravant le développement industriel.

Liquidation de la REGIFERCAM (Régie Ferroviaire du Cameroun) : La disparition de cette société publique a eu des conséquences dramatiques sur le transport des marchandises et l’approvisionnement des usines en matières premières.

Conséquence : La privatisation et la fermeture de ces entreprises ont entraîné une désorganisation de l’économie nationale et une hausse des coûts de production pour les rares industries restantes.

3. Des projets industriels récents non aboutis

Depuis les années 2010, le gouvernement a multiplié les annonces de projets industriels ambitieux, mais peu d’entre eux ont réellement vu le jour :

Zone industrielle de Kribi : Cette zone, censée accueillir des usines de transformation du bois et des matières premières, reste largement sous-exploitée. En 2024, seules quelques entreprises y opèrent, et les infrastructures promises ne sont toujours pas finalisées.

Technopôle agro-industriel de Ouassa-Babouté : Ce projet, annoncé pour relancer la transformation des produits agricoles locaux (céréales, tubercules, lait), n’a toujours pas démarré, plusieurs années après son lancement officiel.

Exemple concret : La transformation du cacao, un secteur stratégique pour le Cameroun, est un échec flagrant. Bien que le pays soit l’un des premiers producteurs mondiaux de cacao, plus de 85 % de la production est exportée sous forme brute. Les rares usines de transformation fonctionnent en dessous de leur capacité, faute d’investissements et d’un environnement favorable.

4. Un secteur manufacturier embryonnaire

Le secteur manufacturier, clé du développement économique, reste marginal au Cameroun :

Faible contribution au PIB : Le secteur manufacturier représente à peine 14 % du PIB, contre plus de 30 % dans des pays comme l’Éthiopie ou le Maroc, qui ont su diversifier leur économie.

Absence de chaîne de valeur locale : La plupart des produits consommés au Cameroun sont importés, même ceux fabriqués à partir de matières premières disponibles localement. Par exemple, le pays importe des meubles alors qu’il dispose de vastes ressources forestières.

Exemple concret : Dans le secteur de la cimenterie, bien que de nouvelles usines aient vu le jour (comme celle de Dangote Cement), le coût du ciment reste élevé, et l’industrie ne parvient pas à répondre à la demande locale en raison de problèmes d’approvisionnement en énergie et en transport.

5. Conséquences de la désindustrialisation

La désindustrialisation massive sous le régime de Paul Biya a eu des conséquences profondes sur l’économie camerounaise :

Perte de souveraineté économique : Le Cameroun est devenu dépendant des importations pour de nombreux biens de consommation, aggravant son déficit commercial.

Chômage et précarité : La fermeture des grandes usines a entraîné une perte massive d’emplois formels. La majorité des Camerounais travaillent désormais dans le secteur informel, sans couverture sociale ni sécurité de l’emploi.

Faible compétitivité : L’absence d’une industrie forte empêche le Cameroun de s’insérer dans les chaînes de valeur régionales et mondiales, limitant ainsi son potentiel de croissance.

Une illusion industrielle entretenue par le régime

Contrairement aux discours officiels, la réalité industrielle du Cameroun est celle d’un déclin constant depuis les années 1980. Les quelques usines récemment inaugurées ne suffisent pas à masquer la disparition de véritables fleurons industriels, ni à compenser les emplois perdus.

III. Gouvernance et corruption : une plaie béante jamais guérie

Paul Biya promet une fois de plus de renforcer la lutte contre la corruption. Or, selon le classement de Transparency International de 2024, le Cameroun figure parmi les 25 pays les plus corrompus au monde, occupant la 142e place sur 180.

Quelques exemples récents illustrent l’ampleur de cette corruption endémique :

Les rapports de la Cour des comptes : Un miroir accablant de la mauvaise gouvernance au Cameroun

Les rapports annuels de la Cour des comptes du Cameroun constituent une source essentielle pour comprendre les dysfonctionnements structurels qui caractérisent la gestion publique sous le régime de Paul Biya. Ces documents, élaborés par une institution indépendante censée surveiller l’utilisation des deniers publics, révèlent chaque année des irrégularités massives, des détournements de fonds et une mauvaise gestion des ressources publiques. Toutefois, malgré la gravité des conclusions de ces rapports, les mesures correctives tardent à être prises et les responsables identifiés ne subissent que rarement des sanctions exemplaires.

1. Des détournements de fonds à grande échelle

Les rapports de la Cour des comptes soulignent régulièrement des cas de détournements massifs de fonds publics dans plusieurs secteurs clés :

Affaire CovidGate : Dans un rapport publié en 2022, la Cour des comptes a dénoncé la gestion opaque et les détournements de plusieurs milliards de FCFA destinés à la lutte contre la pandémie de Covid-19. Ce scandale a impliqué des ministères stratégiques, mais à ce jour, peu de sanctions concrètes ont été prises.

Projets d’infrastructures routières : La Cour des comptes a pointé du doigt des surcoûts injustifiés dans plusieurs projets routiers, comme l’autoroute Yaoundé-Douala, dont la première phase, entamée en 2014, n’est toujours pas achevée. Des surfacturations et des paiements effectués pour des travaux non réalisés figurent parmi les irrégularités relevées.

2. La mauvaise gestion des entreprises publiques

Un autre point régulièrement souligné par la Cour des comptes concerne la gestion inefficace des entreprises publiques. De nombreuses sociétés d’État, bien que bénéficiant de subventions massives, continuent d’accumuler des pertes sans contribuer au développement économique :

CAMTEL (société de télécommunications) et SONARA (raffinerie nationale) figurent parmi les entreprises dont la gestion a été qualifiée de catastrophique par les rapports successifs de la Cour.

Les zones économiques, telles que la zone industrielle de Kribi, censées dynamiser l’industrialisation, peinent à produire des résultats concrets en raison d’une gestion inadéquate et d’un manque de vision stratégique.

3. Une gouvernance inefficace et un manque de reddition des comptes

Les rapports mettent également en évidence un problème chronique de gouvernance, notamment :

Absence de suivi des recommandations : Bien que la Cour des comptes formule chaque année des recommandations pour améliorer la gestion publique, celles-ci sont rarement suivies d’effet. Cela témoigne d’un manque de volonté politique de mettre en œuvre des réformes.

Implication de hauts responsables intouchables : Nombre des détournements et irrégularités concernent des personnalités proches du pouvoir, qui bénéficient d’une impunité totale.

4. Un signal ignoré par Paul Biya

Les rapports de la Cour des comptes auraient pu être un outil puissant de réforme et d’assainissement de la gestion publique. Cependant, sous le régime de Paul Biya, ils restent largement ignorés, réduisant cette institution à un simple observateur sans réel pouvoir de contrainte. Cette situation illustre parfaitement l’incapacité du régime à instaurer une gouvernance fondée sur la transparence et la reddition des comptes.

Les rapports de la Cour des comptes offrent une preuve irréfutable de l’échec du régime en matière de gestion publique. Ils montrent que, malgré les discours officiels sur la lutte contre la corruption et l’amélioration de la gouvernance, le Cameroun reste enlisé dans des pratiques prédatrices qui freinent son développement. Si Paul Biya décide de se présenter à l’élection présidentielle de 2025, il devra répondre de cet héritage accablant. À moins qu’il ne choisisse de sortir par la grande porte, en facilitant une alternance politique et en permettant une nouvelle gouvernance plus efficace et transparente.

Le scandale des stades de football au Cameroun : Une vitrine de la mauvaise gouvernance

Le scandale entourant la construction et la réhabilitation des stades de football au Cameroun est un symbole éclatant de la mauvaise gestion des projets d’infrastructures sous le régime de Paul Biya. Ce scandale a pris de l’ampleur lors de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2021, initialement prévue en 2019, mais reportée en raison des retards accumulés dans la livraison des infrastructures. Les dysfonctionnements constatés révèlent non seulement une gestion calamiteuse des fonds publics, mais aussi un système profondément corrompu.

1. Des coûts exorbitants et injustifiés

Le coût total des infrastructures sportives liées à la CAN a largement dépassé les prévisions initiales. Le cas emblématique est celui du stade d’Olembe, dont le coût initial était estimé à 163 milliards de FCFA, mais qui a finalement dépassé 330 milliards de FCFA. Cette explosion des coûts s’explique par :

La mauvaise planification : Des modifications répétées des plans et des délais non respectés ont conduit à une inflation artificielle des coûts.

La surfacturation et les détournements de fonds : Selon des rapports de la Cour des comptes et de certaines enquêtes journalistiques, une partie importante des fonds alloués a été détournée ou mal utilisée.

Le stade d’Olembe, censé être un joyau architectural et une fierté nationale, n’a été partiellement achevé qu’à la veille de la compétition, après plusieurs avertissements de la Confédération Africaine de Football (CAF).

2. Des infrastructures inachevées ou sous-utilisées

Malgré les sommes faramineuses investies, plusieurs stades restent partiellement achevés ou sous-utilisés :

Le stade d’Olembe, malgré son inauguration précipitée pour la CAN, présente encore des travaux inachevés. Le complexe sportif prévu autour du stade, comprenant des hôtels et des commerces, n’a jamais été réalisé.

Le stade de Japoma, construit à Douala à un coût également élevé, souffre d’un entretien insuffisant, et son utilisation est limitée faute d’une gestion adaptée.

3. Un scandale sans véritable sanction

Malgré l’ampleur des dysfonctionnements et des détournements constatés, aucune sanction significative n’a été prise contre les responsables de ce fiasco. Les appels de la société civile et de certains parlementaires à ouvrir une enquête indépendante sont restés sans suite. Ce silence s’explique par la proximité des principaux bénéficiaires de ces détournements avec le cercle du pouvoir :

Responsabilité politique : Plusieurs ministres et hauts responsables ayant supervisé ces projets n’ont jamais été inquiétés.

Impunité systémique : Le régime Biya a démontré à plusieurs reprises son incapacité, ou son absence de volonté, à sanctionner les cas de corruption impliquant des proches du pouvoir.

IV. Un bilan sécuritaire désastreux : le mythe de la paix retrouvée

Dans son discours de fin d’année 2024, Paul Biya affirme que la paix et la sécurité sont désormais consolidées au Cameroun, malgré quelques « attaques lâches » de groupes terroristes et des « atrocités commises par des bandes armées ». Cette affirmation, loin de refléter la réalité sur le terrain, s’inscrit dans une longue tradition de discours minimisant la gravité des crises sécuritaires que traverse le pays. En vérité, le bilan sécuritaire du régime Biya est désastreux, marqué par une gestion inefficace des conflits et une détérioration constante de la situation dans plusieurs régions.

1. La persistance de la crise anglophone : Une guerre non déclarée

Depuis 2016, le Cameroun est plongé dans une grave crise dans ses régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où des groupes séparatistes anglophones affrontent les forces gouvernementales. Malgré les déclarations répétées du gouvernement sur un retour progressif à la paix, la réalité est bien différente :

Un conflit meurtrier : Selon les estimations de l’International Crisis Group, le conflit a fait plus de 6 000 morts et forcé près d’un million de personnes à fuir leurs foyers. Les civils, pris en étau entre les forces de sécurité et les groupes séparatistes, paient le prix fort.

Exactions des deux camps : Des rapports de Human Rights Watch et d’autres organisations de défense des droits humains documentent des exactions commises par les deux parties. Les forces de sécurité sont accusées d’exécutions extrajudiciaires, de viols et de destruction de villages, tandis que les groupes séparatistes multiplient les enlèvements, les attaques contre les écoles et les assassinats de civils soupçonnés de collaborer avec le gouvernement.

Un processus de paix au point mort : Le Grand Dialogue National organisé en 2019, censé résoudre la crise, n’a produit aucun effet concret. Les principales revendications des anglophones, comme la fédéralisation ou une autonomie accrue, ont été ignorées, ce qui a conduit à un durcissement des positions des groupes séparatistes.

Exemple marquant : En novembre 2024, une attaque dans un village de la région du Nord-Ouest a causé la mort de 27 civils, dont des femmes et des enfants, un événement qui illustre la violence persistante dans cette zone. Malgré la présence de forces de sécurité, les habitants continuent de vivre dans la peur quotidienne.

2. La menace persistante de Boko Haram dans l’Extrême-Nord

La région de l’Extrême-Nord du Cameroun est confrontée depuis 2014 à la menace de Boko Haram, un groupe terroriste originaire du Nigeria. Bien que Paul Biya se félicite des « progrès significatifs » dans la lutte contre ce groupe, les faits démontrent que la menace persiste :

Attaques régulières : En 2024, plusieurs dizaines d’attaques ont été recensées dans la région, causant la mort de civils et de militaires. Ces attaques visent principalement des villages isolés et des postes de sécurité.

Déplacements de population : Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), plus de 340 000 personnes restent déplacées dans l’Extrême-Nord à cause des violences de Boko Haram, vivant dans des conditions précaires.

Recrutement forcé : Le groupe terroriste continue de recruter de force des jeunes dans les villages reculés, profitant de la pauvreté et de l’absence d’opportunités économiques.

Exemple marquant : En juillet 2024, une attaque de Boko Haram dans la localité de Mozogo a fait 15 morts, principalement des civils, et provoqué le déplacement de centaines de familles. Cet événement démontre que, malgré les opérations militaires, la menace terroriste reste vive.

3. Criminalité urbaine et insécurité dans les grandes villes

En plus des crises majeures dans les régions anglophones et l’Extrême-Nord, le Cameroun est confronté à une montée de la criminalité dans les centres urbains :

Banditisme et vols à main armée : À Douala et Yaoundé, les cas de vols à main armée, d’agressions et de cambriolages se sont multipliés ces dernières années. Malgré l’annonce de mesures pour renforcer la sécurité, les populations continuent de vivre dans l’insécurité.

Développement des gangs : Des gangs organisés, souvent composés de jeunes désœuvrés, prolifèrent dans plusieurs quartiers sensibles, profitant de l’absence de politiques efficaces de réinsertion sociale.

Exemple marquant : En octobre 2024, une série de cambriolages spectaculaires dans des quartiers résidentiels de Yaoundé a suscité une vive inquiétude parmi les habitants, forçant les autorités à lancer une opération de sécurisation. Cependant, ce type d’actions ponctuelles reste sans effet durable sur la criminalité.

4. L’échec des programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR)

Pour tenter de résoudre les conflits armés, le gouvernement camerounais a mis en place des programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) destinés aux combattants séparatistes et aux ex-membres de Boko Haram. Cependant, ces programmes peinent à atteindre leurs objectifs :

Faible adhésion : Très peu de combattants séparatistes ont rejoint les centres de DDR, craignant des représailles ou ne croyant pas en la sincérité de l’offre gouvernementale.

Conditions de vie précaires dans les centres : Plusieurs rapports font état de mauvaises conditions de vie dans les centres de DDR, où les ex-combattants peinent à recevoir une formation professionnelle ou un accompagnement adéquat.

Rechute dans la violence : Faute de suivi et d’opportunités économiques, certains ex-combattants retournent dans la clandestinité et reprennent les armes.

Un discours déconnecté de la réalité

Le bilan sécuritaire de Paul Biya est loin d’être celui d’un pays en voie de pacification. En réalité, le Cameroun reste confronté à de multiples foyers de tension qui continuent de déstabiliser plusieurs régions et d’affecter la vie quotidienne des populations. Le discours du régime, qui présente une image d’un pays en paix, relève davantage de la propagande que de la réalité.

V. Des infrastructures sociales insuffisantes : un quotidien difficile pour les Camerounais

Malgré les discours optimistes de Paul Biya sur l’amélioration des conditions de vie des Camerounais, les infrastructures sociales restent gravement insuffisantes. Les secteurs clés comme l’éducation, la santé, l’eau potable et l’électricité souffrent d’un sous-investissement chronique et d’une gestion inefficace. Ces défaillances ont des conséquences directes sur le quotidien des populations, notamment les plus vulnérables.

1. Éducation : Des écoles sous-équipées et des enseignants mal rémunérés

Le système éducatif camerounais est confronté à de nombreux défis :

Manque d’infrastructures scolaires : Dans de nombreuses régions, les écoles sont en nombre insuffisant et mal équipées. Il n’est pas rare de voir des enfants suivre les cours dans des abris de fortune ou sous des arbres, faute de salles de classe adaptées.

Classes surchargées : Dans les zones urbaines, les écoles publiques accueillent souvent plus de 100 élèves par classe, ce qui nuit à la qualité de l’enseignement.

Faible motivation des enseignants : Les enseignants, mal rémunérés et confrontés à des conditions de travail précaires, multiplient les grèves pour réclamer de meilleures conditions. En 2022, le mouvement des enseignants baptisé “On a trop supporté” a paralysé le secteur pendant plusieurs semaines.

Ces problèmes contribuent à un taux d’abandon scolaire élevé, en particulier dans les zones rurales et les régions anglophones touchées par la crise.

2. Santé : Un système sous-équipé et inaccessible

Malgré les annonces répétées sur le renforcement du système de santé, la réalité reste préoccupante :

Insuffisance des infrastructures de santé : De nombreuses localités, notamment en zones rurales, ne disposent pas d’hôpitaux ou de centres de santé fonctionnels. Là où ils existent, ils manquent souvent de personnel qualifié, de médicaments et d’équipements essentiels.

Hôpitaux en crise : Les grands hôpitaux publics des villes comme Yaoundé et Douala sont saturés et sous-équipés. Le manque de lits, de matériel médical et de médicaments est récurrent. En 2023, une enquête a révélé que plus de 60 % des patients hospitalisés dans les grandes villes devaient acheter eux-mêmes leurs médicaments en pharmacie.

Frais de santé élevés : L’absence d’un système de couverture universelle efficace rend les soins de santé inaccessibles à une grande partie de la population. De nombreuses familles doivent choisir entre se soigner et subvenir à leurs besoins de base.

Exemple marquant : le Centre hospitalier universitaire de Yaoundé (CHUY), qui, malgré son statut d’hôpital de référence, souffre d’un manque chronique de financement et d’équipements, entraînant une détérioration constante de la qualité des soins.

3. Eau potable : Un défi quotidien pour des millions de Camerounais

L’accès à l’eau potable reste un défi majeur dans de nombreuses régions :

Pénurie d’eau dans les grandes villes : À Yaoundé et Douala, les coupures d’eau sont fréquentes, obligeant les habitants à s’approvisionner auprès de revendeurs informels à des prix élevés. En 2024, plusieurs quartiers de Yaoundé ont connu des périodes de pénurie prolongée, suscitant la colère des populations.

Accès limité en milieu rural : Dans les zones rurales, moins de 40 % des habitants ont accès à une source d’eau potable. La majorité des populations s’approvisionne encore dans les rivières et les puits non protégés, exposant ainsi les familles à des maladies hydriques comme le choléra.

Bien que des projets d’adduction d’eau aient été lancés, comme celui du projet d’alimentation en eau de la ville de Yaoundé à partir du fleuve Sanaga, leur impact reste limité en raison des retards et des problèmes de gestion.

4. Électricité : Un accès irrégulier et insuffisant

Malgré les promesses d’amélioration de l’accès à l’électricité, le Cameroun continue de faire face à des délestages fréquents :

Délestages chroniques : Les coupures de courant sont monnaie courante, même dans les grandes villes. Cela perturbe non seulement la vie des ménages, mais aussi les activités économiques, notamment les petites entreprises.

Inégalité dans l’accès : Selon un rapport de la Banque mondiale, environ 30 % de la population rurale n’a toujours pas accès à l’électricité. Dans certaines localités, les habitants doivent parcourir de longues distances pour recharger leurs appareils électriques à des générateurs privés.

Exemple marquant : le barrage de Lom Pangar, annoncé comme une solution durable au problème énergétique, a été achevé avec plusieurs années de retard et n’a pas permis de résoudre les délestages persistants.

5. Logement et urbanisation : Une gestion anarchique

L’urbanisation rapide des grandes villes comme Douala et Yaoundé a conduit à une crise du logement :

Bidonvilles en expansion : Une grande partie de la population urbaine vit dans des quartiers précaires, sans accès aux services de base (eau, électricité, assainissement). Selon une étude de l’ONU-Habitat, plus de 60 % des habitants de Douala vivent dans des bidonvilles.

Projets de logements sociaux non achevés : Plusieurs programmes de logements sociaux annoncés par le gouvernement, comme ceux de Logpom à Douala et de Mbanga-Bakoko à Yaoundé, n’ont pas été finalisés ou restent inaccessibles en raison de coûts élevés.

Le quotidien difficile des Camerounais, marqué par des infrastructures sociales insuffisantes, contraste fortement avec les discours officiels qui se félicitent de progrès inexistants. La détérioration des services de base reflète l’échec d’une gouvernance incapable de répondre aux besoins essentiels de sa population.

VI. Paul Biya et la présidentielle de 2025 : Le faux appel du peuple et le choix de sa sortie

Dans son discours de fin d’année 2024, Paul Biya laisse habilement entendre qu’il pourrait à nouveau être candidat à l’élection présidentielle prévue en 2025. Bien qu’il ne déclare pas ouvertement ses intentions, les sous-entendus sont clairs : il évoque sa « détermination intacte » et le soutien prétendu d’un peuple reconnaissant, tout en insistant sur la nécessité de poursuivre le chemin entamé sous son impulsion. Cette mise en scène prépare le terrain à une candidature que ses partisans présenteront comme une « demande du peuple ». Mais au-delà des apparences, cet « appel » du peuple n’est qu’une mascarade orchestrée par une élite politico-administrative soucieuse de préserver ses privilèges sous un régime usé.

1. L’illusion de l’appel populaire : Une manœuvre politicienne bien rodée

Depuis plusieurs décennies, chaque élection présidentielle au Cameroun est précédée d’une série de « motions de soutien » adressées au président Paul Biya par des groupes d’élites locales, des chefs traditionnels et des membres du parti au pouvoir, le RDPC. Ces motions, souvent relayées par les médias publics, présentent toujours la même rhétorique : elles implorent le président de « répondre favorablement à l’appel pressant du peuple » et de briguer un nouveau mandat « pour assurer la stabilité et la continuité du développement ».

Or, il est important de rappeler que ces appels ne sont ni spontanés ni représentatifs de la volonté populaire réelle. En effet :

Mobilisation artificielle : Les motions de soutien sont le fruit de pressions exercées sur les élites locales, qui craignent de perdre leurs privilèges ou leurs postes s’ils ne participent pas activement à cette mise en scène.

Répression des voix dissidentes : Toute voix s’opposant à cette narrative est systématiquement étouffée. L’espace démocratique étant extrêmement restreint au Cameroun, la majorité des citoyens n’a ni les moyens ni la liberté de s’exprimer véritablement.

Le véritable sentiment populaire est tout autre : une grande majorité des Camerounais aspire à un changement de leadership, une alternance démocratique et une nouvelle dynamique politique après 42 années d’immobilisme.

2. Une candidature qui prolongerait la crise politique et économique

Si Paul Biya décidait de se représenter en 2025, cela signifierait le prolongement d’un régime marqué par :

Une économie stagnante : Malgré les discours optimistes, le Cameroun peine à diversifier son économie et reste dépendant des matières premières, tandis que le taux de chômage reste élevé, notamment chez les jeunes.

• Une gouvernance défaillante : La corruption endémique, la mauvaise gestion des ressources publiques et l’absence de réformes structurelles continueraient de freiner le développement.

Une instabilité sécuritaire persistante : La crise anglophone, mal gérée depuis son déclenchement, risque de s’enliser davantage si le régime actuel, perçu comme illégitime par une partie de la population, reste en place.

En choisissant de se maintenir au pouvoir, Paul Biya ne ferait que retarder une transition inévitable, au risque de plonger le pays dans une crise politique et sociale encore plus profonde.

3. Le choix historique de Paul Biya : La grande porte ou la petite porte

À 92 ans et après plus de quatre décennies à la tête du Cameroun, Paul Biya est face à un choix crucial qui déterminera son héritage historique :

Sortir par la grande porte : Le geste d’un homme d’État

Paul Biya a encore la possibilité de marquer positivement l’histoire en renonçant à briguer un nouveau mandat et en organisant une transition démocratique transparente. Ce geste serait celui d’un homme d’État responsable, soucieux de préserver la stabilité de son pays et d’assurer une alternance pacifique. Il pourrait devenir un exemple pour les autres dirigeants africains souvent accusés de s’accrocher au pouvoir. Cette sortie par la grande porte lui permettrait de se retirer avec honneur, respecté non seulement par les Camerounais, mais aussi par la communauté internationale.

Sortir par la petite porte : L’épilogue d’un règne contesté

À l’inverse, s’il choisit de se représenter, Paul Biya risque d’être emporté par une contestation populaire croissante. Une nouvelle candidature ne ferait que renforcer le sentiment de frustration et d’exaspération d’une grande partie de la population, ouvrant la voie à des troubles politiques majeurs. L’histoire est pleine de dirigeants qui, refusant de lire les signes du temps, ont fini par être chassés du pouvoir dans l’humiliation et la violence.

La sagesse voudrait que Paul Biya prenne la mesure de la situation et comprenne qu’il est temps de laisser la place à une nouvelle génération de dirigeants capables de relever les défis de l’heure. Cette décision lui appartient seul : elle sera celle d’un homme qui choisit de rester dans l’histoire comme un bâtisseur de paix ou d’être rejeté comme un dirigeant ayant refusé de céder sa place au moment opportun.

4. Une opportunité pour un nouveau départ démocratique

La non-candidature de Paul Biya pourrait ouvrir une nouvelle ère au Cameroun :

Une transition pacifique et crédible : En se retirant, il permettrait au Cameroun d’organiser des élections crédibles, transparentes et inclusives, qui offriraient au pays une chance de se réinventer.

Un dialogue national sincère : Son retrait ouvrirait la voie à un véritable dialogue avec toutes les forces vives de la nation, y compris l’opposition et la société civile, pour définir un nouveau projet national.

Une réconciliation nationale : L’alternance politique favoriserait la réconciliation des régions anglophones et le renforcement de l’unité nationale.

Conclusion générale : L’heure du choix a sonné

Paul Biya est à un moment décisif de son règne. Son choix de se maintenir au pouvoir ou de céder sa place déterminera non seulement son héritage personnel, mais aussi l’avenir du Cameroun. Ce pays, riche de son potentiel et de sa jeunesse, mérite mieux que la stagnation actuelle. Il mérite une nouvelle direction, une nouvelle vision, un nouveau souffle.

Seul Paul Biya peut encore décider de sortir par la grande porte, en homme d’État conscient de sa responsabilité historique. S’il ne le fait pas, l’histoire et le peuple camerounais lui imposeront tôt ou tard une sortie par la petite porte, avec le souvenir amer d’un règne trop long, marqué par des promesses non tenues et une transition manquée.

Le Cameroun a besoin de changement, et ce changement doit commencer maintenant.

Bibliographie

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3. Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), Indice de développement humain et rapport sur la compétitivité économique du Cameroun, Yaoundé, 2023.

4. Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), Rapport sur la désindustrialisation en Afrique centrale : le cas du Cameroun, Vienne, 2023.

5. Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), « Politique industrielle et chaînes de valeur en Afrique », Genève, 2022.

6. Transparency International, Indice de perception de la corruption : focus sur les grands projets d’infrastructures et gouvernance au Cameroun, Berlin, 2024.

7. Human Rights Watch, « Cameroon: Armed Separatists and Security Forces Abuses », New York, 2024.

8. Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), Rapport sur les déplacés internes au Cameroun, Genève, 2023.

9. International Crisis Group, « Cameroon’s Anglophone Crisis: The Need for Dialogue », Bruxelles, 2024.

10. Agence Ecofin, Articles sur l’économie, les infrastructures et la sécurité au Cameroun, Douala, 2023-2024.

11. Le Messager, « CELLUCAM, CICAM, CAMSUCO : un passé industriel glorieux abandonné », Yaoundé, édition spéciale, 2023.

12. Mutations, « Privatisations et fermetures d’usines : un bilan controversé », Douala, juin 2024.

13. Cour des comptes du Cameroun, Rapport sur la gestion des projets d’infrastructures sportives liés à la CAN 2019 et audit des entreprises publiques, Yaoundé, 2021-2023.

14. ONU-Habitat, Rapport sur l’urbanisation et le logement au Cameroun, Nairobi, 2023.

15. Ministère de la Défense du Cameroun, Rapport annuel sur les opérations de maintien de l’ordre et la lutte contre le terrorisme, Yaoundé, 2024.

16. Cameroon Tribune, Articles sur les défis de la transformation locale et les projets industriels, Yaoundé, 2023-2024.

17. Mutations, « Le chômage des jeunes au Cameroun : une bombe à retardement », Douala, édition spéciale, mai 2024.

18. Le Messager, « Crise anglophone : les civils entre deux feux », Yaoundé, édition spéciale, décembre 2023.

19. Agence Ecofin, « Les échecs des zones industrielles au Cameroun : cas de Kribi et Ouassa-Babouté », Douala, 2023.

20. Confédération Africaine de Football (CAF), Rapports d’inspection des infrastructures sportives au Cameroun, 2018-2021.

PR JIMMY YAB

ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES 2025, TRAFIC DES CARTES NATIONALES D’IDENTITÉS: LETTRE OUVERTE DU SG DU MLDC À L’ATTENTION DE M. MBARGA NGUELE, DÉLÉGUÉ GÉNÉRAL À LA SÛRETÉ NATIONALE


Individu identifié comme militant du RDPC, entouré d’un stock de cartes nationales d’identité

Objet : Appel à une intervention urgente pour mettre fin au trafic des cartes nationales d’identité en lien avec les élections présidentielles de 2025

Monsieur le Délégué Général,

En ma qualité de Secrétaire Général du Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC), je me permets de m’adresser directement à vous, en tant que patriarche et serviteur dévoué de la République, pour attirer votre attention sur une situation gravissime qui menace l’intégrité de notre nation et la paix sociale.

Il y’a quelques temps, une vidéo, devenue virale sur les réseaux sociaux, met en évidence un trafic présumé de cartes nationales d’identité. Cet acte, perpétré par des individus qui semblent affiliés au RDPC, met en lumière un réseau organisé visant à manipuler le processus électoral. Ce trafic est une menace directe contre l’État de droit et la démocratie, et il engage la responsabilité des institutions chargées de protéger ces valeurs, en particulier la Police nationale.

Monsieur le Délégué Général, en tant que garant de la sécurité nationale, votre sens du devoir et votre amour profond pour le Cameroun vous imposent d’agir avec fermeté et transparence. Le peuple camerounais, et en particulier sa jeunesse, repose sur votre sagesse pour garantir que de telles dérives ne restent pas impunies.

Nous vous demandons respectueusement de :

  1. Ouvrir une enquête immédiate : Identifier et poursuivre les responsables impliqués dans ce trafic de cartes nationales d’identité, y compris Monsieur Ali Bachir, dont le nom est cité dans cette affaire.
  2. Renforcer les mécanismes de contrôle : Mettre en place des procédures strictes pour sécuriser la production et la distribution des cartes nationales d’identité.
  3. Collaborer avec ELECAM : Assurer une gestion transparente et impartiale des documents électoraux en amont du scrutin présidentiel de 2025.

Monsieur le Patriarche, le Cameroun traverse une période critique. L’histoire retiendra votre courage et votre sens du devoir si vous agissez maintenant pour protéger l’intégrité de notre système électoral. Votre patriotisme et votre amour pour notre pays sont la garantie que justice sera faite. Nous croyons fermement que vous saurez répondre à cet appel du peuple camerounais.

Recevez, Monsieur le Délégué Général, l’expression de ma très haute considération.

PR JIMMY YAB
Secrétaire Général Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC)


L’ESPOIR TRAHI PAR LE PCRN DANS LA SANAGA MARITIME & NYONG-et-KÉLLÉ, LE MLDC PROPOSE

INTERROGEZ ET INTERPELLEZ VOS DÉPUTÉS, SÉNATEURS, MAIRES… VOS ÉLUS… CE SONT VOS EMPLOYÉS

MADAME LA SÉNATRICE YVETTE YINDA: VOTRE VILLAGE SE MEURT ET VOUS INTERPELLE

Pr Jimmy Yab, Honorable Yinda Yvette, Sénatrice Sanaga Maritime et M. Nguidjol Nlend, 1er Adjoint Maire de Pouma

Madame la Sénatrice,

Honorable,

Permettez que cette lettre ouverte, marquée par une profonde douleur et une légitime indignation, vienne frapper à la porte de votre grand cœur. Nous nous adressons à vous non seulement en tant qu’élue de la nation mais aussi, et surtout, en tant FEMME de Ngompem Nord, ce village qui vous a accueilli et que vous portez désormais dans votre lignée.

Madame la Sénatrice, comment comprendre que depuis votre accession à la haute dignité de représentante de la nation, vous n’ayez pas mis les pieds dans votre propre village, Ngompem Nord ?

Votre absence répétée est perçue comme un abandon des vôtres. Avez-vous oublié ceux qui, avec tant d’espoir, voyaient en votre élection une chance de changement ? Avez-vous délibérément tourné le dos à votre village par alliance, qui endure aujourd’hui une humiliation sans précédent ?

Madame la Sénatrice, depuis trois longues années, les habitants de Ngompem Nord vivent dans un isolement total. Les ponts Nkanla I et Nkanla II ont été détruits, la seule route qui les reliait au reste du pays est devenue impraticable. Des familles entèrent leurs morts sur place faute d’accès à une morgue ; des malades meurent sans pouvoir être évacués. Pire encore, les produits agricoles, unique source de revenu de cette population laborieuse, pourrissent sur place faute de voies d’écoulement.

Comment LA FEMME de ce village que vous êtes peut-elle rester indifférente à une telle tragédie ? Qu’a donc fait Ngompem Nord pour mériter une telle indifférence de votre part ? Pourquoi laissez-vous LES PARENTS DE VOTRE ÉPOUX, LE PATRIARCHE LOUIS YINDA, vos propres proches, sombrer dans la misère et l’humiliation ?

Madame la Sénatrice, nous faisons appel à votre compassion et à votre devoir moral envers les vôtres. En tant qu’élue de la nation, vous avez le pouvoir et l’influence nécessaires pour agir. Quelles actions concrètes comptez-vous entreprendre pour rétablir les ponts et le tronçon routier qui relient Ngompem Nord au reste du département ? Quelles mesures envisagez-vous pour réhabiliter la dignité de ce village, votre village, et lui redonner espoir ?

Ponts détruits de Nkanla II

Nous vous invitons à venir constater par vous-même les conditions de vie déplorables de cette population qui vous considère toujours comme LA MAMA DU VILLAGE.

Madame la Sénatrice, l’histoire retiendra vos actes, mais elle retiendra aussi vos silences. Ngompem Nord vous appelle aujourd’hui à l’action. Entendez cet appel.

Avec tout le respect que nous vous devons, nous espérons que cette lettre saura toucher votre cœur et réveiller en vous l’attachement profond à votre village.

Dans l’attente de vos actions, nous vous prions d’agréer, Madame la Sénatrice, l’expression de nos salutations distinguées.

PR JIMMY YAB

Enfant du Village

Diaspora camerounaise, levier stratégique pour le MLDC : Vers une révolution électorale en 2025 ?

Pr Jimmy Yab, SG du MLDC à Rennes, France

Résumé

La diaspora camerounaise, forte de plus de 5 millions de membres répartis à travers le monde, joue un rôle central dans les dynamiques socio-économiques et politiques du pays. En 2025, le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) met cette communauté au cœur de sa stratégie électorale, en vue de mobiliser un électorat globalisé et de promouvoir un projet sociopolitique inclusif. Cet article examine en détail les contributions économiques, sociales et politiques de la diaspora camerounaise tout en les comparant aux rôles similaires joués par les diasporas nigériane et sénégalaise. À travers cette analyse, nous identifions des stratégies concrètes pour maximiser l’impact de cette communauté sur les prochaines élections présidentielles et au-delà.

Mots-clés: Diaspora camerounaise, Élections présidentielles 2025, MLDC, Participation politique, Transferts financiers, Plaidoyer international, Développement économique,Vote des expatriés, Mobilisation diaspora, Structuration politique

Abstract

The Cameroonian diaspora, with over 5 million members worldwide, plays a central role in the country’s socio-economic and political dynamics. In 2025, the Movement for the Liberation and Development of Cameroon (MLDC) places this community at the core of its electoral strategy, aiming to mobilize a globalized electorate and promote an inclusive sociopolitical agenda. This article provides an in-depth analysis of the economic, social, and political contributions of the Cameroonian diaspora, comparing them to similar roles played by Nigerian and Senegalese diasporas. Through this examination, we identify actionable strategies to enhance the diaspora’s impact on upcoming presidential elections and beyond.

Keywords: Cameroonian diaspora, 2025 presidential elections, MLDC, Political participation, Financial remittances, International advocacy, Economic development, Expatriate voting, Diaspora mobilization, Political structuring

1. La diaspora camerounaise : un levier économique et social

1.1. Les transferts financiers : une bouffée d’oxygène pour l’économie nationale

La diaspora camerounaise contribue de manière significative à l’économie nationale à travers des transferts financiers réguliers. En 2022, ces envois de fonds représentaient environ 1,7 milliard USD, soit 7,5 % du PIB camerounais (Banque mondiale, 2023). Ces montants sont souvent destinés à financer des besoins essentiels : paiement des frais de scolarité, frais médicaux, construction d’habitations, et soutien aux PME. Ces fonds apportent une stabilité économique à des milliers de familles et atténuent les effets de la pauvreté structurelle.

Cependant, ces flux financiers restent largement informels, ce qui limite leur impact sur l’économie nationale dans son ensemble. Contrairement à la diaspora nigériane, qui canalise une part importante de ses envois à travers des plateformes bancaires formelles, la diaspora camerounaise utilise encore massivement des réseaux informels, comme les agences de transfert d’argent ou les envois directs. Pour maximiser cet apport, il est essentiel d’encourager des politiques de bancarisation et d’incitation fiscale, ce que le MLDC pourrait intégrer à son programme économique.

1.2. Le rôle social et culturel de la diaspora

La diaspora camerounaise joue également un rôle central dans le renforcement des liens sociaux et culturels entre les Camerounais résidant au pays et ceux à l’étranger. À travers des associations ou des organisations spécifiques à certaines régions (Bamiléké, Bassa, etc.), elle contribue à des projets communautaires, tels que la construction de centres de santé, le financement de bourses d’études, et la rénovation d’infrastructures locales.

Sur le plan culturel, cette diaspora promeut le patrimoine camerounais à l’international par l’organisation de festivals, conférences, et expositions, ce qui contribue à rehausser l’image du pays sur la scène mondiale. Ce rôle de médiation culturelle pourrait être mieux exploité par le MLDC pour construire une identité collective nationale qui transcende les divisions ethniques et régionales.

2. Rôle politique de la diaspora dans les élections de 2025

2.1. Mobilisation politique : entre défis et opportunités

Depuis plusieurs années, la diaspora camerounaise s’affirme comme un acteur politique majeur, notamment par son rôle dans les mobilisations contre les irrégularités électorales. En 2018, des manifestations organisées dans des villes comme Paris, Washington, et Berlin ont attiré l’attention internationale sur les enjeux démocratiques du pays. En 2025, le MLDC entend canaliser cette énergie en mobilisant la diaspora autour d’un projet politique cohérent.

Cependant, plusieurs défis subsistent. Le vote des Camerounais de l’étranger, bien que légalement prévu, reste sous-exploité en raison de la faible accessibilité des bureaux de vote et du manque de sensibilisation. À titre comparatif, le Sénégal permet à sa diaspora de participer activement au processus électoral, avec une représentation politique institutionnalisée, ce qui renforce la légitimité démocratique.

Pour le MLDC, il est impératif de plaider pour des réformes permettant une plus grande inclusion électorale de la diaspora. Cela pourrait inclure la mise en place de plateformes numériques pour l’inscription sur les listes électorales ou l’introduction du vote par correspondance.

2.2. Diplomatie parallèle et plaidoyer international

La diaspora camerounaise utilise également sa position stratégique dans des pays influents, comme la France ou les États-Unis, pour attirer l’attention des gouvernements et des organisations internationales sur les enjeux politiques et humanitaires du Cameroun. Ce rôle de diplomatie parallèle a permis de sensibiliser sur des problématiques comme la crise anglophone ou la lutte contre la corruption.

Pour les élections de 2025, le MLDC pourrait renforcer cette dynamique en organisant des campagnes internationales de plaidoyer, mobilisant les Camerounais de la diaspora pour interpeller des institutions telles que l’Union européenne, l’Union africaine, ou les Nations unies sur l’importance d’un processus électoral transparent.

3. Comparaison avec d’autres diasporas africaines

3.1. La diaspora nigériane : un modèle de structuration économique et politique

La diaspora nigériane est souvent citée comme un exemple de structuration réussie. Avec des transferts financiers atteignant 21,9 milliards USD en 2022, elle est l’une des premières sources de devises pour le Nigeria. Mais au-delà de son impact économique, cette diaspora a su se positionner politiquement grâce à des organisations bien établies, comme la Nigerian Diaspora Organization (NIDO), qui agit comme une interface entre les Nigérians à l’étranger et le gouvernement.

3.2. La diaspora sénégalaise : un acteur politique institutionnalisé

La diaspora sénégalaise, bien que moins nombreuse, joue un rôle politique crucial grâce à son droit de vote effectif à l’étranger et à la représentation directe dans le Parlement national. Ce modèle, qui renforce l’inclusion politique, pourrait inspirer des réformes au Cameroun, notamment sous l’impulsion du MLDC.

3.3. La spécificité camerounaise

En comparaison, la diaspora camerounaise reste sous-représentée dans les structures politiques nationales, malgré sa contribution économique significative. Cette situation découle en partie d’un manque de structuration et de mécanismes institutionnels adaptés.

4. Perspectives pour le MLDC et la diaspora camerounaise

4.1. Renforcer la structuration de la diaspora

Le MLDC pourrait jouer un rôle clé en facilitant la création de réseaux organisés autour d’intérêts communs, tels que le développement économique ou la démocratisation politique. Cela passe par la mise en place d’une plateforme numérique dédiée, qui connecterait les associations diasporiques et offrirait des ressources pour la mobilisation.

4.2. Réformer le cadre législatif pour le vote à l’étranger

Plaider pour une réforme permettant le vote électronique ou par correspondance pourrait considérablement augmenter la participation de la diaspora.

4.3. Sensibiliser sur l’importance de l’engagement politique

Enfin, une campagne de communication ciblée pourrait encourager davantage de Camerounais de l’étranger à s’impliquer dans le processus électoral, tant en tant qu’électeurs qu’en tant que donateurs ou militants.

Conclusion

La diaspora camerounaise dispose d’un potentiel immense pour influencer positivement les élections présidentielles de 2025. En s’appuyant sur ses contributions économiques, son rôle de plaidoyer et ses aspirations politiques, le MLDC peut non seulement maximiser l’impact de cette communauté, mais aussi tracer la voie vers une transformation durable du paysage politique camerounais.

Bibliographie

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L’Étincelle d’Espoir : Le Dynamisme des Étudiants de l’Université de Bertoua face aux Défis Éducatifs du Cameroun

Résumé

Cet article analyse l’engagement exceptionnel des étudiants de l’Université de Bertoua dans un environnement éducatif marqué par des défis structurels, économiques et sociaux. Lors de la présentation de l’ouvrage: Construction d’un état Développementaliste communautaire: le Cameroun, leur enthousiasme et leur participation active au débat ont mis en évidence un dynamisme remarquable. À travers une réflexion approfondie, nous examinons les facteurs qui expliquent cet engagement et proposons des perspectives pour renforcer ce dynamisme dans le cadre d’un projet de société centré sur le développement humain et l’éducation. Ces analyses mettent en avant la résilience étudiante et leur rôle central dans la construction d’un Cameroun nouveau.

Abstract

This article explores the exceptional engagement of students at the University of Bertoua, despite the structural, economic, and social challenges facing their educational environment. During the presentation of the book Constructing a Developmentalist State: Cameroon, their enthusiasm and active participation in discussions highlighted an extraordinary dynamism. Through a detailed analysis, we examine the factors driving this engagement and propose perspectives to strengthen it within a human-centered developmental agenda. These findings underscore students’ resilience and their pivotal role in building a renewed Cameroon.

Mots-clés

Dynamisme étudiant, Université de Bertoua, résilience éducative, participation critique, état développementaliste.

Keywords

Student dynamism, University of Bertoua, educational resilience, critical participation, developmentalist state.

Introduction

Nous débutons cet article en exprimant notre profonde gratitude envers Monsieur le Recteur de l’Université de Bertoua, Professeur DIEUDONNÉ EMMANUEL PEGNYEMB, pour avoir facilité l’organisation de cette rencontre académique. Son soutien a été déterminant dans la mise en place d’un cadre de réflexion intellectuelle. Nos remerciements s’adressent également à Monsieur le Doyen de la Faculté des Arts, Professeur MARTIN PAUL ANGO MEDJO, Lettres et Sciences Humaines, qui nous a accueillis dans un esprit chaleureux et symbolisé cette rencontre par un cadeau d’une grande valeur culturelle : un lion miniature en ébène. Ce geste, à la fois simple et significatif, incarne l’identité culturelle forte de cette institution. Enfin, nous saluons la participation active et enrichissante du corps enseignant, dont les contributions ont permis d’élever la qualité des échanges.

Cet article vise à analyser et comprendre comment, malgré des conditions éducatives parfois précaires, les étudiants de l’Université de Bertoua font preuve d’un dynamisme unique, révélateur d’un espoir profond et d’une volonté de transformation sociale. Cette réflexion s’inscrit dans une démarche académique visant à démontrer que l’éducation, en tant que levier central de développement, peut être un moteur puissant pour construire un État Développementaliste Communautaire.

Contexte et Enjeux de l’Éducation au Cameroun

1. Les défis structurels et économiques

Le Cameroun se trouve dans une phase charnière de son développement, mais son système éducatif est confronté à des défis multiples : des infrastructures inadéquates, un financement limité, et des inégalités d’accès aux ressources pédagogiques, particulièrement dans les universités des zones périphériques comme celle de Bertoua. Selon Tchatchouang (2020), “les universités dans les régions marginalisées deviennent souvent des espaces de survie académique où la quête de connaissances est freinée par des conditions matérielles déplorables.”

À l’Université de Bertoua, les étudiants doivent composer avec des salles de cours parfois insuffisamment équipées, des bibliothèques peu fournies et un accès limité aux technologies modernes. Ces contraintes pourraient, dans d’autres contextes, décourager l’enthousiasme. Pourtant, ces étudiants montrent une énergie intellectuelle qui dépasse les limites imposées par leur environnement.

Ce dynamisme peut s’expliquer par une prise de conscience collective de l’importance de l’éducation comme outil de mobilité sociale et comme moyen de transformer leur réalité. En effet, pour beaucoup d’étudiants, la réussite académique est perçue comme une réponse aux inégalités structurelles qui persistent dans le pays.

2. L’importance de la culture locale dans la résilience étudiante

La culture camerounaise, avec sa diversité et son attachement à des valeurs de solidarité, joue un rôle essentiel dans la résilience des étudiants. Le lion miniature en ébène, offert comme cadeau symbolique par le Doyen, illustre la place centrale de l’art et de l’identité culturelle dans la construction d’un esprit collectif fort. Le lion, symbole de courage et de leadership, incarne la manière dont ces étudiants se voient eux-mêmes : comme des leaders potentiels d’un Cameroun en devenir.

Mbembe (2001) souligne que “les jeunes Africains puisent souvent dans leur patrimoine culturel des sources d’inspiration pour surmonter des défis modernes.” De manière similaire, les étudiants de Bertoua semblent transformer leur environnement culturel en une force motrice pour leur réussite académique.

Le Dynamisme Étudiant comme Facteur de Changement

1. Un engagement intellectuel exceptionnel

La présentation de l’ouvrage Construction d’un état développementaliste : le Cameroun a été marquée par une participation impressionnante des étudiants. Leurs questions, portant sur des sujets complexes tels que la redistribution des richesses, les réformes éducatives et la gouvernance, montrent leur capacité à penser de manière critique et à proposer des solutions novatrices.

Cet engagement ne se limite pas à une simple curiosité intellectuelle. Il s’agit d’un véritable activisme intellectuel où les étudiants cherchent à influencer positivement leur environnement. Leurs interventions traduisent une volonté d’être des acteurs du changement, en phase avec les idéaux d’un État développementaliste.

La participation aux débats académiques comme catalyseur de résilience

Lors de la présentation de l’ouvrage Construction d’un État développementaliste : le Cameroun, les étudiants ont posé des questions stratégiques sur les enjeux de gouvernance, de réformes éducatives et de participation citoyenne. Leur capacité à relier théorie et pratiques locales témoigne d’une compréhension profonde des défis auxquels leur pays est confronté.

Cette interaction active s’appuie sur la conviction que les jeunes doivent être les « architectes de leur propre avenir », une idée défendue par un étudiant en sciences politiques. Cela révèle une volonté de se projeter comme des agents de transformation sociétale, en cohérence avec les aspirations d’un État Développementaliste communautaire.

Le Symbolisme du Lion en Ébène et l’Identité Culturelle

Le cadeau offert par le Doyen, un lion miniature en ébène, a suscité une réflexion collective sur le courage et la résilience. Symbole du leadership et de la force, cet objet d’art incarne la volonté des étudiants de surmonter l’adversité et de s’affirmer comme des leaders du changement.

Le lion, en tant que métaphore, reflète une vision d’avenir où les jeunes Camerounais, guidés par des valeurs culturelles profondes, s’imposent comme les moteurs d’une transformation durable. Cette symbolique résonne avec l’idée de Tchatchouang (2020) selon laquelle « la culture locale joue un rôle fondamental dans la mobilisation pour le développement. »

2. Le rôle des enseignants comme catalyseurs

Le dynamisme des étudiants est soutenu par l’engagement du corps enseignant. À l’Université de Bertoua, les enseignants jouent un rôle clé dans la stimulation de la pensée critique. Leur présence massive lors de la présentation débat illustre une solidarité académique et un désir de construire une communauté intellectuelle forte.

Selon Todaro et Smith (2015), “un système éducatif réussi repose sur des enseignants capables de transcender les limitations institutionnelles pour inspirer leurs élèves à atteindre leur potentiel maximal.”

Perspectives pour un Cameroun Développementaliste Communautaire

1. Renforcer les investissements dans l’éducation

Pour libérer pleinement le potentiel des étudiants de Bertoua et d’ailleurs, il est impératif que l’État camerounais investisse davantage dans les infrastructures éducatives. Des bibliothèques modernes, des laboratoires équipés et un accès accru à Internet sont essentiels pour aligner les ambitions des étudiants avec les exigences du marché global.

2. Promouvoir la décentralisation académique

L’Université de Bertoua, en tant qu’institution régionale, doit recevoir davantage de soutien pour devenir un pôle d’excellence académique. Ce modèle pourrait être reproduit dans d’autres régions afin de réduire les disparités éducatives.

3.Encourager les approches communautaires et locales

Les stratégies de développement doivent s’appuyer sur les dynamiques locales. Les universités régionales, comme celle de Bertoua, doivent être reconnues comme des pôles stratégiques pour la croissance inclusive.

Conclusion

Le dynamisme des étudiants de l’Université de Bertoua, malgré des défis notables, est une source d’espoir pour l’avenir du Cameroun. Leur résilience, associée à une culture académique collaborative, démontre que l’éducation peut être un levier puissant pour construire un État développementaliste. Les discussions autour de notre ouvrage ont révélé une communauté universitaire déterminée à jouer un rôle actif dans la transformation sociale et économique du pays. Il appartient désormais aux décideurs de répondre à cet appel en investissant dans une éducation de qualité pour tous.

Bibliographie

• Mbembe, A. (2001). On the Postcolony. Berkeley: University of California Press.

• Ngnintedem, P. (2018). L’éducation comme levier de transformation sociale au Cameroun. Yaoundé : Presses universitaires du Cameroun.

• Tchatchouang, F. (2020). Résilience et innovation dans les universités camerounaises périphériques. Douala : Éditions Africaines.

• Todaro, M., & Smith, S. (2015). Economic Development. Harlow: Pearson Education.

• Amin, S. (1990). L’avenir du développement en Afrique. Dakar : CODESRIA.

Gouvernance par Génération : Le Sénégal et le Cameroun face au Dynamisme de la Jeunesse au Pouvoir

Résumé

Au Sénégal, une nouvelle génération de dirigeants marque un tournant dans la gouvernance nationale. Le plébiscite d’El Malick Ndiaye, 41 ans, comme président de l’Assemblée nationale, accompagné de Diomaye Faye, 44 ans, président de la République, et Ousmane Sonko, 50 ans, Premier ministre, illustre une rupture générationnelle. Ces figures incarnent une gouvernance en phase avec une population où 64 % des citoyens ont moins de 25 ans. À l’opposé, le Cameroun reste dirigé par une classe politique vieillissante, avec des figures comme Paul Biya, 91 ans, président depuis 1982, et Marcel Niat Njifenji, 89 ans, président du Sénat. Cet article examine les implications de cette disparité générationnelle dans la gouvernance des deux pays, en s’appuyant sur des données démographiques, sociopolitiques et des études académiques.

Mots-clés

Jeunesse, gouvernance générationnelle, Sénégal, Cameroun, leadership, démographie, innovation politique, El Malick Ndiaye, Diomaye Faye, Ousmane Sonko.

Abstract

In Senegal, a new generation of leaders marks a turning point in national governance. The election of El Malick Ndiaye, 41, as Speaker of the National Assembly, alongside President Diomaye Faye, 44, and Prime Minister Ousmane Sonko, 50, demonstrates generational renewal. These leaders reflect governance aligned with a population where 64% are under 25 years old. Conversely, Cameroon remains governed by an aging political class, exemplified by Paul Biya, 91, in power since 1982, and Marcel Niat Njifenji, 89, Senate President. This paper explores the implications of this generational disparity in governance between the two countries, leveraging demographic, sociopolitical data and academic studies.

Keywords

Youth, generational governance, Senegal, Cameroon, leadership, demographics, political innovation, El Malick Ndiaye, Diomaye Faye, Ousmane Sonko.

Introduction

La gouvernance contemporaine en Afrique pose une question cruciale : l’âge des dirigeants reflète-t-il les aspirations des populations jeunes ? Le Sénégal s’impose comme un exemple d’adaptation générationnelle, avec des figures telles qu’El Malick Ndiaye (41 ans), président de l’Assemblée nationale, Diomaye Faye (44 ans), président de la République, et Ousmane Sonko (50 ans), Premier ministre.

Face à cette dynamique, le Cameroun reste ancré dans une gouvernance vieillissante, illustrée par Paul Biya (91 ans), Marcel Niat Njifenji (89 ans) et Cabaye Yeguié Dibril. Cette disparité soulève des interrogations sur les impacts d’un leadership jeune par rapport à un leadership âgé, en termes d’innovation politique, de participation citoyenne et de représentativité.

Cet article explore ces enjeux en comparant le Sénégal et le Cameroun, à travers une analyse approfondie des données démographiques et des réalités politiques.

I. La Jeunesse au Pouvoir au Sénégal : Un Changement de Paradigme

1. El Malick Ndiaye, un symbole de renouveau

À 41 ans, El Malick Ndiaye est devenu en 2024 le plus jeune président de l’Assemblée nationale du Sénégal depuis l’indépendance. Ancien économiste et militant pour la transparence institutionnelle, il incarne une génération de leaders marquée par la modernité.

2. Un exécutif jeune et homogène

• Diomaye Faye, président de la République, 44 ans : avocat de formation, il s’est imposé comme un défenseur de la justice sociale et de la réforme institutionnelle.

• Ousmane Sonko, Premier ministre, 50 ans : ancien inspecteur des impôts, connu pour son franc-parler et son combat contre la corruption.

3. Alignement avec une démographie jeune

Selon les données de l’ONU (2023), 64 % de la population sénégalaise a moins de 25 ans, et la médiane d’âge est de 19 ans. Cette jeunesse se reflète désormais dans un leadership politique, favorisant une meilleure inclusion et des politiques publiques adaptées.

4. Réformes en cours

Depuis leur arrivée, ces dirigeants ont lancé entre autres :

• Des programmes d’entrepreneuriat pour les jeunes.

• Une digitalisation accrue de l’administration publique.

• Un soutien massif à l’éducation technique et à la santé reproductive.

II. Le Cameroun : Un Leadership Vieillissant, une Gouvernance en Déphasage

1. Une élite vieillissante aux commandes

• Paul Biya, 91 ans, président depuis 1982 : au pouvoir depuis plus de 42 ans, il est l’un des chefs d’État les plus âgés et les plus anciens en fonction dans le monde.

.Cavayé Yeguié Djibril, né le 1er janvier 1940 à Mada I, président de l’Assemblée nationale depuis 1992 ,.

• Marcel Niat Njifenji, président du Sénat, 89 ans : ancien ingénieur et figure de l’élite politique camerounaise depuis des décennies.

2. Un contraste frappant avec la démographie nationale

Selon la Banque mondiale (2023), le Cameroun partage une structure démographique similaire au Sénégal, avec une médiane d’âge de 18,7 ans et 62 % de la population âgée de moins de 25 ans. Malgré cela, l’écart générationnel entre les dirigeants et les citoyens reste massif.

3. Conséquences pour la gouvernance

• Une faible participation des jeunes aux décisions publiques.

• Des politiques souvent perçues comme déconnectées des réalités de la jeunesse.

• Une lenteur dans l’adoption des innovations technologiques et des réformes institutionnelles.

III. Gouverner par Génération : Avantages et Défis

1. Les atouts du leadership jeune

• Adaptabilité : Compréhension des enjeux contemporains tels que la technologie et l’environnement.

• Mobilisation : Capacité à engager une jeunesse souvent marginalisée dans le processus décisionnel.

• Innovation : Introduction de nouvelles idées et approches dans la gestion publique.

2. Les défis du rajeunissement

• Manque d’expérience : Les jeunes leaders peuvent commettre des erreurs stratégiques par manque de recul.

• Fragilité institutionnelle : Le renouvellement doit s’accompagner d’une stabilité institutionnelle pour éviter des ruptures brutales.

3. L’équilibre générationnel idéal

Les systèmes politiques doivent s’appuyer sur une diversité générationnelle, combinant la créativité des jeunes et l’expérience des aînés pour une gouvernance optimale.

2. Implications pour les politiques publiques

Au Sénégal, la jeunesse au pouvoir favorise des initiatives telles que :

• L’entrepreneuriat digital.

• Les réformes dans le système éducatif.

Au Cameroun, l’inertie politique empêche souvent une réponse adéquate aux défis des jeunes, tels que le chômage ou l’accès aux services sociaux.

Conclusion

Le Sénégal démontre qu’une gouvernance en phase avec sa jeunesse peut catalyser l’innovation et renforcer la participation citoyenne. À l’inverse, le Cameroun illustre les défis d’un leadership vieillissant face à une société jeune. Cette analyse invite à repenser la place des jeunes dans la gouvernance en Afrique, dans un contexte où l’âge des dirigeants influence directement l’efficacité des politiques publiques.

Bibliographie

1. Institut national de la statistique du Sénégal. Rapport démographique 2023. Dakar, Sénégal.

2. Banque mondiale. Perspectives démographiques et économiques de l’Afrique. 2023.

3. Mbaye, Fatou. Jeunesse et politique en Afrique de l’Ouest. Paris : L’Harmattan, 2020.

4. Bayart, Jean-François. L’État en Afrique : La politique du ventre. Paris : Fayard, 1989.

5. ONU Afrique. La jeunesse africaine et les objectifs de développement durable. 2022.

6. Mbembe, Achille. Critique de la raison nègre. Paris : La Découverte, 2013.

Remaniements Ministériels au Cameroun, 82% de Stagnation: Entre Immobilisme, Abandon de Gouvernance et Besoin de Réformes, Les Propositions du MLDC…

Remaniements Ministériels sous Paul Biya (1980s-2024)

Légende du tableau :

Ce graphique montre le nombre de remaniements ministériels effectués par Paul Biya au cours de chaque décennie depuis son accession à la présidence en 1982. Les différentes couleurs des barres indiquent les décennies spécifiques, et le nombre au sommet de chaque barre représente le nombre total de remaniements ministériels effectués durant cette période.

  • 1980s (30%) : Durant cette première décennie, Paul Biya a effectué 7 remaniements ministériels, ce qui correspond à environ 30 % du total de ses remaniements depuis son accession au pouvoir. Cette période a été marquée par la consolidation de son pouvoir et la mise en place de son propre gouvernement après la démission d’Ahmadou Ahidjo.
  • 1990s (26%) : Cette décennie a vu un total de 6 remaniements (26 %), notamment en raison des pressions politiques internes et internationales, notamment la mise en place du multipartisme en 1990 et les premières contestations du régime.
  • 2000s (22%) : Avec 5 remaniements (22 %), cette période a marqué un tournant dans la stabilité apparente du régime, avec un maintien de l’ordre établi et la gestion de certaines crises, mais moins d’initiatives de changement.
  • 2010s (22%) : En dépit de la stabilité de la présidence, cette décennie a aussi été marquée par 5 remaniements, mais également par un ralentissement dans l’innovation politique et une relative stagnation ministérielle.
  • 2019-2024 (0%) : Aucune modification ministérielle n’a été réalisée pendant cette période, ce qui reflète l’immobilisme du gouvernement actuel, malgré les crises graves que traverse le pays. Cette absence de remaniement ministériel peut être interprétée comme un signe de la déconnexion de Paul Biya de la gestion active de l’État et de la gouvernance.

Un (1) à Immobilisme Historique Face aux Défis du Cameroun

Depuis 2019, le Cameroun n’a connu aucun remaniement ministériel, une situation inédite sous Paul Biya, dont le règne de 42 ans a pourtant été marqué par 23 ajustements gouvernementaux. Avec une moyenne annuelle de 0,55 remaniement, Biya a toujours procédé à des changements rares, souvent motivés par des considérations politiques ou clientélistes plutôt que par des objectifs de performance. Durant les années 1980, il a orchestré sept remaniements (30% du total), principalement pour éliminer les fidèles de son prédécesseur Ahmadou Ahidjo et asseoir son autorité personnelle, comme l’explique Jean-François Bayart dans L’État en Afrique : La politique du ventre. Dans les années 1990, six ajustements supplémentaires (26%) ont répondu aux pressions du multipartisme, intégrant parfois des figures de l’opposition pour désamorcer les tensions populaires sans véritablement transformer les institutions. Cependant, dès les années 2000, la fréquence des remaniements a chuté à cinq par décennie, consolidant un système basé sur l’immobilisme. Depuis le dernier remaniement en 2019, aucune réforme n’a été entreprise malgré les multiples crises qui ébranlent le pays. Selon Transparency International, moins de 18% des ministres ont été renouvelés par mandat sous Biya, contre une moyenne mondiale de 30% dans les pays confrontés à des défis majeurs, soulignant un gouvernement incapable de s’adapter aux besoins urgents de la population.

L’Inertie Face aux Crises : Une Déconnexion Préoccupante

L’absence prolongée de remaniements est d’autant plus alarmante que le Cameroun est confronté à des crises profondes qui exigent des réponses stratégiques. La guerre dans les régions anglophones, ayant causé des milliers de morts et des millions de déplacés, illustre l’échec du gouvernement à proposer des solutions novatrices. Le ministre de la Défense n’a pas pu mettre en place des stratégies efficaces pour désamorcer le conflit. De même, dans le domaine économique, le Cameroun affiche une croissance stagnante de 4% par an, insuffisante pour réduire la pauvreté qui touche plus de 40% de la population. Alors que les défis exigeraient des compétences nouvelles, le cabinet reste inchangé. Comme le souligne Patrick Chabal dans Africa Works, “un régime qui ne procède pas à des ajustements institutionnels face aux crises majeures reflète une perte de connexion avec ses citoyens et une gouvernance purement symbolique”. Cette inertie dépasse les standards africains : depuis 2019, des pays comme le Rwanda et le Sénégal ont procédé à plusieurs remaniements pour intégrer des technocrates compétents, alors que le Cameroun demeure figé avec une moyenne d’âge ministérielle dépassant 65 ans.

Un Leadership Absent : Paul Biya et l’Abandon de l’État

L’inaction de Paul Biya est renforcée par son absence prolongée de la scène nationale. Résidant fréquemment en Suisse, il laisse la gestion des affaires publiques à des ministres vieillissants et souvent incompétents. Par comparaison, le Sénégal ou le Rwanda procèdent à des ajustements réguliers pour intégrer des compétences adaptées aux défis actuels. Le Cameroun, en revanche, enregistre une durée moyenne de mandat ministériel de dix ans, contre quatre ans dans les pays en développement dynamiques (Banque mondiale, 2022). L’absence de Biya, couplée à son refus d’ajuster son gouvernement, traduit un abandon manifeste de la gouvernance. Cela alimente le sentiment de désillusion populaire, exacerbé par la perception d’un gouvernement uniquement préoccupé par sa survie.

Une Gouvernance Déconnectée des Réalités Sociales

Le mécontentement des citoyens face à l’inaction gouvernementale est largement documenté, notamment à travers les mouvements sociaux comme “On a trop supporté”, menés par les enseignants en 2022. Ces revendications légitimes, visant à améliorer les conditions de travail et les infrastructures, n’ont suscité aucune réponse de la part d’un gouvernement figé dans l’immobilisme. Par ailleurs, la corruption généralisée alimente la frustration populaire. Selon Transparency International, le Cameroun est classé parmi les 50 pays les plus corrompus au monde, et cette situation est exacerbée par le manque de renouvellement des élites administratives, qui perpétuent un système inefficace et clientéliste.

L’Alternative MLDC : Réformes et Gouvernance Dynamique

Face à cet immobilisme, le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) propose une alternative ambitieuse et pragmatique avec son modèle d’État développementaliste communautaire. Ce modèle repose sur des réformes régulières et basées sur la performance, garantissant une gouvernance redevable et dynamique. Contrairement au régime actuel, le MLDC prône des audits systématiques des ministères clés et la mise en place d’un calendrier de révision gouvernementale tous les trois ans. De plus, le MLDC privilégie une inclusion accrue des populations locales dans la gestion publique. Dans les régions anglophones, cela se traduirait par la création d’un ministère dédié à la réconciliation nationale, dirigé par des personnalités locales crédibles et respectées. Enfin, le modèle MLDC propose une gouvernance décentralisée, où chaque région jouerait un rôle actif dans l’élaboration des politiques nationales, rompant ainsi avec la centralisation excessive qui caractérise le régime Biya.

Conclusion : Entre Immobilisme et Avenir

L’absence de remaniement ministériel au Cameroun depuis 2019 est la manifestation claire d’un régime en perte de gouvernance active. Cette situation, même par les standards limités de Paul Biya, illustre un abandon de l’État face aux défis croissants du pays. Le contraste avec des pays africains dynamiques met en évidence l’urgence d’un changement de paradigme. Le MLDC, avec son modèle d’État développementaliste communautaire, offre une vision réformiste, capable de rompre avec l’inertie actuelle. À l’approche des élections présidentielles de 2025, cette vision représente une opportunité unique pour le Cameroun de renouer avec une gouvernance efficace et inclusive, tournée vers le développement durable et le bien-être de ses citoyens.

2025 : Que la jeunesse (75% < 35 ans ) prenne le pouvoir au Cameroun…N’EST qu’une question de JUSTICE sociale et d’équité générationnelle

LE MLDC APPELLE AU RENOUVELLEMENT GÉNÉRATIONNEL DE LA CLASSE DIRIGEANTE EN 2025

Leaders du Cameroun 2024

Résumé

Avec 75 % de sa population âgée de moins de 35 ans, le Cameroun est confronté à une contradiction majeure : sa classe dirigeante est l’une des plus âgées du monde. Pendant ce temps, des pays comme le Botswana et le Sénégal montrent que des gouvernements dirigés par de jeunes leaders produisent des résultats significatifs en termes de développement économique, social et institutionnel. Cet article analyse pourquoi le renouvellement générationnel est essentiel pour le Cameroun et explore comment des leaders jeunes et innovants pourraient transformer le pays. Le MLDC (Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun) appelle à une mobilisation massive de la jeunesse pour s’inscrire sur les listes électorales en vue des élections de 2025.

Mots Clés: jeunesse au pouvoir, justice sociale, MLDC, élections 2025, renouvellement générationnel, Cameroun, Sénégal, Botswana, Faye, Sonko, équité générationnelle

Introduction : Une injustice générationnelle qui freine le Cameroun

Le Cameroun est dirigé par une classe politique extrêmement âgée. À la tête de l’État, nous avons :

• Paul Biya, président de 92 ans, au pouvoir depuis 41 ans.

• Marcel Niat Njifenji, président du Sénat, 90 ans.

• Cavaye Yeguie Djibril, président de l’Assemblée nationale, 85 ans.

• Laurent Esso, ministre de la Justice, 86 ans.

En comparaison, 75 % de la population camerounaise est âgée de moins de 35 ans, comme le montre le tableau suivant basé sur les données de l’Institut National de la Statistique (INS) et de la Banque mondiale :

Tranche d’âge Pourcentage de la population

Le tableau statistique de la population camerounaise montre une répartition intéressante par région et par tranche d’âge, avec des données issues des publications récentes de l’Institut National de la Statistique du Cameroun (INS). Voici un résumé des informations clés :

1. Répartition par région (2019) :

• Extrême-Nord : 4,38 millions d’habitants, densité de 128 hab./km².

• Littoral : 3,72 millions, densité de 184 hab./km².

• Centre : 4,67 millions, densité de 67,7 hab./km².

• Ouest : 2,05 millions, densité de 148,1 hab./km².

2. Structure par âge (projections 2019) :

• 0-4 ans : 16,6 % de la population.

• 5-14 ans : 25,9 %.

• 15-34 ans (population jeune active) : environ 35 %.

La population totale projetée en 2019 était de 24,3 millions, avec une croissance annuelle stable et une forte proportion de jeunes, confirmant les enjeux démographiques majeurs pour le pays.

Le Président Sénégalais Abdoulaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko

Cette situation met en lumière une inégalité générationnelle flagrante. Alors que les jeunes constituent l’épine dorsale démographique du pays, ils sont presque totalement absents des cercles de décision. Cette déconnexion entre une élite vieillissante et une population jeune est non seulement un problème de justice sociale mais également un obstacle au développement du pays.

Comparaisons internationales : leçons du Botswana et du Sénégal

Le Botswana : une jeunesse au cœur de la gouvernance

Le Botswana, dirigé par le président Mokgweetsi Masisi (54 ans), démontre l’efficacité d’une équipe gouvernementale jeune et innovante. Parmi les figures clés de son gouvernement :

Leaders du Botswana

• Président : 54 ans

. Ministre de la Santé : 37 ans.

• Ministre de l’Énergie : 37 ans.

• Ministre de la Jeunesse : 26 ans.

Cette approche générationnelle a permis au Botswana de devenir un leader régional en matière de gouvernance transparente et de développement économique. L’intégration des jeunes leaders a conduit à des politiques dynamiques, notamment dans les secteurs de l’énergie renouvelable et de la santé publique.

Le Sénégal : un exemple d’équilibre générationnel

Le Sénégal est également un modèle avec un président, Bassirou Diomaye Faye, âgé de 44 ans, entouré d’un gouvernement compétent et équilibré :

• Yacine Fall, ministre de l’Intégration africaine, incarne une nouvelle génération de leaders féminins compétents.

• Birame Souleye Diop, ministre de l’Énergie, âgé de 41 ans, mise sur des politiques innovantes pour exploiter les ressources naturelles.

Cette stratégie permet au Sénégal de promouvoir des politiques adaptées aux réalités modernes, tout en maintenant une stabilité politique et une croissance économique notable. Selon une étude de la Banque mondiale, le Sénégal connaît un taux de croissance moyen de 5 % grâce à ces approches innovantes, démontrant qu’une gouvernance jeune peut produire des résultats concrets.

Le Cameroun : pourquoi le statu quo est un frein au développement

1. Représentativité et inclusion : un impératif démocratique

Selon John Rawls, la justice sociale implique que tous les groupes d’une société aient un accès égal aux opportunités et au pouvoir décisionnel. Au Cameroun, l’absence des jeunes dans les cercles de pouvoir est une violation de ce principe fondamental.

• 75 % de la population est exclue des prises de décisions majeures. Cela explique pourquoi les politiques publiques sont souvent inadaptées aux besoins des jeunes, notamment en matière d’emploi, d’éducation et de santé.

2. Innovation et modernisation

Les jeunes leaders apportent des perspectives nouvelles et des solutions modernes. Par exemple :

• Au Botswana, les ministres de l’Énergie et de la Santé ont introduit des programmes innovants, tels que l’utilisation des énergies renouvelables et la digitalisation des soins de santé.

• Au Sénégal, l’accent est mis sur l’économie numérique et l’entrepreneuriat des jeunes, des secteurs négligés au Cameroun.

3. Dynamisme économique

Des études de l’Université Harvard montrent que les pays dirigés par des leaders jeunes ou de générations actives ont tendance à enregistrer une croissance économique plus rapide. Ces leaders sont plus enclins à adopter des politiques favorables à l’entrepreneuriat et à l’innovation.

Au Cameroun, les blocages économiques sont aggravés par une élite politique qui n’est plus en phase avec les réalités économiques mondiales. Par exemple, les jeunes entrepreneurs camerounais peinent à accéder aux financements et aux infrastructures nécessaires pour développer leurs projets.

Appel à l’action : que la jeunesse prenne le pouvoir en 2025

Le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) appelle la jeunesse camerounaise à s’inscrire massivement sur les listes électorales. Avec leur poids démographique, les jeunes ont la capacité de transformer le paysage politique en 2025.

“La jeunesse doit comprendre que gouverner n’est pas seulement un droit, mais une responsabilité. Avec 75 % de la population, il est temps de reprendre le pouvoir.” – MLDC

La participation politique est essentielle pour corriger ce déséquilibre générationnel et construire un avenir meilleur.

“Quand une majorité est mise à l’écart des décisions qui façonnent son avenir, cela devient un problème de justice sociale.” – MLDC

Avec un programme axé sur le développement communautaire et le renouvellement générationnel, le MLDC propose une alternative concrète pour moderniser le Cameroun.

Conclusion : 2025, un tournant pour le Cameroun

Les exemples du Botswana et du Sénégal montrent que le renouvellement générationnel est un catalyseur de développement et de modernisation. Le Cameroun ne peut plus se permettre de rester en marge de cette dynamique. Le MLDC offre une plateforme pour réaliser ce changement, mais cela ne sera possible que si la jeunesse s’engage activement dans le processus électoral.

En 2025, le Cameroun a l’occasion historique de prouver que la justice sociale n’est pas un slogan, mais une réalité portée par les urnes. La jeunesse doit prendre le pouvoir.

Sources

• Institut National de la Statistique du Cameroun (INS).

• Banque mondiale.

• Publications officielles des gouvernements du Sénégal et du Botswana.

• Études académiques : John Rawls, A Theory of Justice ; Harvard University, Youth Leadership and Economic Growth.

Le problème du Cameroun : 1. Les députés RDPC qui votent de mauvaises lois depuis des décennies et 2: Les maires RDPC incompétents et mauvais depuis des décennies

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Je disais déjà à l’époque dans l’émission Hutu Africa de Stéphane Mbarga à Info TV que:

IL FAUT REMPLACER TOUS LES DEPUTES ET MAIRES RDPC EN 2025-2026, C’EST UN IMPERATIF CITOYEN POUR NOUS ET LES FUTURES GENERATIONS

Lorsqu’un pays est gouverné pendant des décennies par de mauvaises lois, il en résulte inévitablement des conséquences désastreuses. D’une part, on forme des citoyens qui manquent de compétences et d’initiative. D’autre part, on crée des individus qui, moralement, perdent leurs repères et se retrouvent dans des comportements nuisibles, souvent contraires aux valeurs de bienveillance, de solidarité et d’intégrité.

Pr Jimmy Yab à Info TV

Le problème du Cameroun ne se limite pas à la personne de Paul Biya. Il réside également dans un système entier qui favorise des pratiques et des structures inefficaces, notamment à travers :

1. Les députés du RDPC qui votent des lois inadaptées aux réalités et aux besoins de notre société, renforçant ainsi des normes qui freinent le progrès.

2. Les maires RDPC qui, pour beaucoup, font preuve d’incompétence et d’arrogance, éloignant ainsi l’administration des préoccupations et du bien-être des populations locales.

Ce cadre, qui se perpétue depuis des années, a engendré une partie de notre jeunesse qui manque de repères et de perspectives positives, et qui, parfois, sombre dans des comportements contraires à l’éthique et aux valeurs citoyennes. Pour réformer ce pays, nous devons non seulement transformer les institutions, mais aussi insuffler un nouveau sens des responsabilités et de l’engagement, afin de bâtir une société où les citoyens sont compétents, éthiques et guidés par des valeurs solides.

Cette vidéo met en évidence l’impact des mauvaises pratiques politiques sur la société camerounaise et la nécessité d’un changement en profondeur pour rétablir une gouvernance basée sur des valeurs solides et une administration compétente.

Le Botswana a un nouveau Président de 54 ans: Seule une Coalition Populaire et un Programme d’Amélioration du Niveau de Vie Peuvent Vaincre les Partis Historiques comme le RDPC— Vers un Nouvel Élan pour le Cameroun avec le MLDC

Duma Boko, 54 ans, nouveau Président du Botswana

Dans une cérémonie d’investiture haut en couleur le 8 Novembre 2024 et un tournant politique historique, le Botswana a vu l’élection de Duma Boko, jeune président de 54 ans, qui incarne le changement tant attendu par les citoyens. En s’appuyant sur l’Umbrella for Democratic Change (UDC), une coalition unissant le Botswana National Front et l’Alliance for Progressives, Boko a réussi à renverser le parti au pouvoir après 58 ans de domination. Ce succès est un témoignage de la force d’une coalition qui place le bien-être des citoyens au centre de son programme, avec des promesses concrètes pour relever le niveau de vie de la population.

Lors de son investiture à Gaborone, Boko, acclamé par des milliers de citoyens enthousiastes, a souligné l’importance de l’unité et du changement. « C’est l’un des moments les plus rares de notre histoire — une démonstration de la puissance du peuple lorsqu’il s’unit pour un objectif commun », a-t-il déclaré. Son premier discours a mis en avant les valeurs de respect et de coopération, même envers son prédécesseur, Mokgweetsi Masisi, qui a permis une transition pacifique.

Le MLDC : Une Alternative de Changement pour le Cameroun

Inspiré par l’exemple botswanais, le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) se positionne pour les élections de 2025 avec une vision similaire de coalition et de transformation sociale. Conscient que seul un programme populaire et inclusif peut battre le RDPC, parti au pouvoir depuis des décennies, le MLDC propose une coalition large qui réunit les jeunes, les femmes et diverses forces politiques autour d’un objectif commun : améliorer les conditions de vie des Camerounais. Le MLDC est convaincu que seul un mouvement inclusif et solidaire, soutenu par un programme axé sur le bien-être des citoyens, peut apporter l’alternance dont le pays a besoin.

Un Programme pour Élever le Niveau de Vie des Populations

Duma Boko et la coalition UDC ont su capter l’attention des Botswanais avec des engagements concrets : un salaire minimum de 4 000 pulas (302 dollars), des allocations de chômage, des aides pour les personnes âgées, et la création de nouvelles entreprises. Ces mesures répondent directement aux besoins des citoyens, alors que le chômage au Botswana est monté à 27,6 % en 2024. Ce programme pragmatique et orienté vers le développement social a été un facteur clé dans la victoire de l’UDC.

Le MLDC, de son côté, s’engage également à améliorer le niveau de vie des Camerounais, avec des propositions pour lutter contre le chômage, optimiser les services publics, et offrir un accès équitable à l’éducation et à la santé. En mettant l’accent sur une gestion efficace et transparente des fonds publics, le MLDC promet de recentrer les politiques nationales sur les besoins essentiels du peuple, un impératif pour créer un changement durable.

Optimiser les Ressources Nationales pour le Développement

Un autre aspect décisif de la victoire de l’UDC au Botswana est son engagement à renégocier les accords avec De Beers pour maximiser les bénéfices des ressources en diamants, qui constituent 80 % des exportations du pays. En s’inspirant de cette approche, le MLDC au Cameroun propose de réformer la gestion des ressources naturelles telles que le pétrole et le bois, afin d’augmenter les revenus nationaux et de soutenir l’économie locale par la création d’emplois durables.

Un Modèle pour l’Afrique et un Espoir de Transition pour le Cameroun

Le succès de la coalition UDC montre qu’une opposition unie et portée par un programme de progrès social peut triompher même face à un parti historiquement puissant. Cela représente un modèle inspirant pour le Cameroun, où le MLDC se prépare à une campagne historique pour 2025.

En rassemblant les forces populaires et en promouvant un programme qui place le bien-être des Camerounais au premier plan, le MLDC espère encourager la reproduction de ce succès botswanais au Cameroun.

La Faillite d’une Affirmation MENSONGÈRE, MANIPULATRICE, INJUSTE, ÉGOÏSTE, IRRESPONSABLE, DANGEREUSE ET HONTEUSE à l’encontre de la nouvelle génération : « Ne pas soutenir Paul BIYA, c’est défier Dieu qui l’a choisi »

Nouvelle génération de leadership politique camerounais

Le 6 novembre dernier, date commémorative de l’accession au pouvoir du président camerounais Paul Biya en 1982, le ministre du Commerce a déclaré que ne pas soutenir Biya équivaudrait à « défier Dieu qui l’a choisi. » Cette affirmation, bien que provocante, soulève de sérieuses questions sur la démocratie, la responsabilité politique et les aspirations de la nouvelle génération. L’idée que s’opposer à un dirigeant est contraire à la volonté divine est non seulement contestable, mais aussi dangereuse pour l’avenir d’une nation. Cet article démontre pourquoi une telle déclaration est à la fois injuste et irresponsable, et comment elle prive la jeunesse camerounaise de son droit de participer activement à l’avenir de son pays.

Une déclaration injuste pour la nouvelle génération

L’affirmation du ministre du Commerce s’inscrit dans une vision figée de la gouvernance, où la continuité au pouvoir est vue comme un devoir sacré, indépendamment de l’aspiration des jeunes générations à participer aux décisions politiques. La jeunesse camerounaise, comme toute génération montante, souhaite s’investir pour construire son avenir, apporter des solutions aux défis actuels, et participer au développement de son pays. Restreindre cet élan sous prétexte d’une « volonté divine » fige le destin du Cameroun et étouffe le potentiel d’innovation et de progrès dont la nouvelle génération est porteuse.

Chaque génération a le droit de gouverner. L’histoire montre que des sociétés prospères et durables reposent sur une transmission du pouvoir aux nouvelles générations, porteuses de nouvelles idées et mieux adaptées aux enjeux actuels. Imposer un dirigeant de façon perpétuelle, au nom d’une légitimité divine ou supposée, va à l’encontre des principes fondamentaux de la démocratie et empêche l’émergence de nouveaux leaders.

Une affirmation égoïste et irresponsable

L’idée que Paul Biya est un dirigeant « choisi par Dieu » relève d’une vision politique égoïste qui évite de considérer la volonté des citoyens. Une telle déclaration sert avant tout les intérêts de ceux qui bénéficient du système actuel et cherchent à maintenir le statu quo. Cette position dénote une volonté d’exclure toute alternative politique, de décourager le débat et d’éloigner la jeunesse des instances de décision. Elle crée un fossé profond entre les dirigeants et la population, qui voit ses aspirations négligées.

Le Cameroun est actuellement confronté à des crises profondes, notamment la crise anglophone dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NOSO), qui a divisé le pays et généré des souffrances incommensurables. Depuis des années, le gouvernement est dans l’incapacité de résoudre ce conflit qui mine la cohésion nationale et la paix sociale. En ancrant l’idée que Biya est le seul et unique dirigeant légitime, cette affirmation détourne l’attention des problèmes réels et des inégalités qui persistent dans le pays.

Une déclaration dangereuse pour la stabilité du Cameroun

Lier le pouvoir politique à une notion divine limite les possibilités de changement pacifique et peut inciter à la violence en cas de crise. En suggérant que toute opposition est illégitime, voire sacrilège, on crée un environnement de défiance et de radicalisation. Au lieu de promouvoir un climat d’échange et de consensus, cette idée creuse encore davantage le fossé entre les gouvernants et les gouvernés, et rend la transition politique de plus en plus incertaine.

Au lieu de préserver la paix et la stabilité, cette rhétorique augmente les tensions. La jeunesse camerounaise se sent exclue des processus de décision, ce qui peut exacerber les frustrations et fragiliser la cohésion nationale. Un Cameroun fort est un Cameroun qui valorise les contributions de chaque génération et qui permet à la jeunesse de s’impliquer activement dans la construction de l’avenir.

Conclusion : une honte pour le ministre du Commerce

Le ministre du Commerce devrait se soucier davantage de l’avenir du Cameroun que de ses intérêts personnels. Pousser un homme de 92 ans à tenir les rênes d’une nation qu’il peine à maîtriser est non seulement injuste pour Paul Biya lui-même, mais aussi pour toute la société. Le pays est en attente d’un renouveau, d’une vision portée par des dirigeants en phase avec les réalités contemporaines et les aspirations de la jeunesse.

Il est temps de promouvoir une alternance politique saine et d’encourager des leaders qui répondent aux besoins réels du pays. La jeunesse camerounaise a le droit de rêver d’un avenir meilleur et de s’engager pour y parvenir. Le devoir de chaque dirigeant, au lieu de maintenir un pouvoir personnel sous le couvert d’une légitimité divine, est de préparer le terrain pour une nouvelle génération capable d’assurer la pérennité et la prospérité de la nation.

Is the Lion Truly the King of the jungle?

Is the Lion Truly the King of the Forest?

Jimmy Yab

I recently visited MARWELL ZOO IN ENGLAND with my family and while I was watching the giraffes, one question comes to my mind: Is the Lion Truly the King of the jungle?

The lion has long been celebrated as the “king of the jungle” or even “king of the forest,” a title that conjures images of unrivaled strength, majesty, and dominance. But how accurate is this label? In reality, the lion’s kingdom is not the forest or jungle but rather the savannas, grasslands, and open plains of Africa. Exploring the lion’s actual habitat, behavioral traits, and ecological relationships reveals that its “royal” title may not fully reflect its role in the natural world. Here, we challenge the traditional notion of the lion as the king of the forest.

The Lion’s Habitat: Not the Forest, Not the Jungle

To begin with, lions don’t inhabit forests or jungles in the sense people often imagine. Lions are primarily found in Africa’s grasslands and savannas, open spaces that allow them to hunt in prides and utilize their strength and coordination. The misconception that they dwell in jungles likely arose from the title “king of the jungle,” which seems to be a misinterpretation based on a lack of knowledge about their true habitats.

In actual forests, lions would not be well-adapted hunters. Forests are dense, shadowy environments where solitary predators, such as tigers and leopards, excel due to their ability to blend into the shadows and stalk prey with stealth. By contrast, lions rely on open plains, where their cooperative hunting strategies and powerful physiques are advantageous.

Royal Status: Dominance in the Animal Kingdom?

The notion of the lion as “king” of the animal kingdom is also worth challenging. While lions are apex predators, they are not the most powerful or even the most successful hunters in their ecosystems. Lions have hunting success rates of about 25% to 30%, a figure lower than that of solitary hunters like leopards and cheetahs, who operate with greater stealth. Further, a lion’s hunting prowess is typically bolstered by teamwork in prides, meaning that even their strength is largely reliant on collaboration rather than individual dominance.

Additionally, lions often scavenge from other animals, including hyenas. Despite popular portrayals of lions as the noble lords of the savanna, they regularly engage in competitive scavenging. In some cases, lions even steal kills from smaller predators or scavenge carrion left by other animals, blurring the line between apex predator and opportunistic scavenger.

Rival Kings in the Animal Kingdom

Jimmy Yab at Marvell zoo in England

When evaluating the title of “king” based on dominance within an ecosystem, other animals could be equally, if not more, deserving of this title. Elephants, for example, are not only physically larger and more powerful than lions but also play a significant ecological role in shaping the environment. Through their behavior—uprooting trees, creating water sources, and spreading seeds—elephants have a profound impact on the ecosystems they inhabit, thus exercising a form of natural governance and influence unmatched by any lion.

Other animals also display unique traits that contribute to their own “kingly” status. Tigers, for instance, dominate the jungles of Asia and have been observed taking down prey larger than themselves, even in dense forests. Their solitary and stealthy approach allows them to reign in an environment where lions would struggle to survive.

Social Structure: Kings Without Kingdoms?

Lions’ social structures, centered around prides, also differ from the hierarchical, centralized image we often associate with kingship. In a pride, there is no absolute, unchallenged ruler. Male lions frequently compete for dominance, often through violent confrontations. A “king” lion may only hold his position temporarily until he is challenged and replaced by a younger or stronger male. This turnover of “kings” within prides contrasts with the traditional idea of a stable monarchy, where a king reigns until death or abdication. Instead, lions’ dominance is transient, a survival strategy rather than a birthright or inherent rule.

The Lion’s Symbolic Value

Much of the lion’s “royal” status comes from symbolic associations in human culture, rather than the animal’s natural behaviors. Across many societies, lions have symbolized strength, courage, and authority, traits idealized by humans. From the roaring lions depicted on heraldry and royal crests to religious and cultural iconography, the lion has been positioned as a symbol of nobility and majesty. This symbolism, however, is largely a human construct, one that overlooks the complex realities of lion behavior and ecology.

In recent years, popular culture has cemented the image of the lion as royalty, thanks to stories such as The Lion King, which portrays lions as moral and wise rulers of the animal world. This narrative, while inspiring, romanticizes the lion’s actual place in the ecosystem and promotes an oversimplified view of its role.

Conclusion: The Complexity of the Natural World

So, is the lion truly the king of the forest? Not really. The title “king” misrepresents the lion’s role in nature, which is more complex and nuanced than simple dominance or royal authority. In the savannas and grasslands, lions occupy a specific ecological niche as powerful and cooperative predators, but they are neither supreme rulers nor lone monarchs. The title also ignores the impressive qualities of other species, from the elephants’ ecological influence to the tiger’s solitary mastery of the jungle.

Ultimately, perhaps it is more fitting to view the lion as a “symbol” rather than a “king”—a reminder of strength, unity, and resilience, but not an uncontested ruler of all creatures or environments. By examining the lion’s true place in nature, we gain a deeper appreciation for the intricate balance of ecosystems and the unique qualities of each species within it.

Femmes et Leadership : Le Changement Incarné par Badenoch au Royaume-Uni et Harris aux Etats-Unis

L’élection de Kemi Badenoch à la tête du Parti conservateur britannique marque un tournant dans la politique britannique, parallèlement à l’importance du rôle de Kamala Harris en tant que première femme vice-présidente des États-Unis et peut -être présidente . Ces deux dirigeantes représentent des réalisations historiques pour les femmes et les minorités dans des institutions traditionnellement conservatrices, et leur ascension a de profondes implications pour les jeunes et les femmes aspirantes à un poste de dirigeante dans le monde entier, en particulier dans les anciennes colonies britanniques comme le Nigeria et le Cameroun.

Leadership jeune et pouvoir de représentation

Kemi Badenoch


À 44 ans, la jeunesse de Badenoch est un facteur frappant, en particulier au sein du Parti conservateur, connu pour sa préférence pour les politiciens chevronnés. De même, Harris, bien qu’elle soit plus âgée, apporte une perspective nouvelle au pouvoir exécutif américain, et son passé de femme d’origine africaine et sud-asiatique incarne la diversité dans une sphère historiquement dominée par des hommes blancs plus âgés. Les deux femmes brisent les codes, remettent en question les idées reçues sur les personnes « aptes » à diriger la politique et apportent des perspectives éclairées par leurs expériences uniques.

L’ascension de Badenoch offre à la jeunesse britannique une nouvelle vision du leadership qui va au-delà de l’image traditionnelle des chefs de parti. Son âge, combiné à son approche dynamique, reflète le désir croissant des jeunes d’avoir des représentants qui comprennent leurs valeurs et leurs préoccupations. Ce changement a des implications plus larges pour les jeunes des anciennes colonies britanniques, comme le Cameroun et le Nigéria, où les jeunes voix sont souvent marginalisées au profit de personnalités politiques plus âgées et bien établies. En assumant un rôle aussi important dans la politique britannique, Badenoch signale que les jeunes peuvent et doivent être inclus aux plus hauts niveaux de prise de décision, un message qui résonne auprès des jeunes Africains désireux de voir des changements similaires dans leur propre paysage politique.

L’autonomisation des femmes et la redéfinition des normes de leadership
L’ascension de Badenoch au leadership en tant que femme d’origine nigériane au sein du Parti conservateur reflète la nature révolutionnaire du rôle de Kamala Harris dans l’administration américaine. Harris a brisé les barrières raciales et de genre en devenant la première femme vice-présidente noire et sud-asiatique, et sa position sur la scène internationale a inspiré les femmes et les filles du monde entier. La position de Badenoch en Grande-Bretagne a un pouvoir similaire ; son leadership remet en question les stéréotypes sur les femmes, les minorités et les immigrés, en particulier dans les cadres conservateurs. Les deux dirigeants illustrent l’idée que des voix diverses sont essentielles pour façonner les politiques et relever les défis modernes, inspirant les femmes et les filles à s’imaginer dans des rôles puissants et impactants.

Pour les jeunes femmes africaines, voir deux femmes d’origine africaine occuper des postes aussi influents en Occident est une source profonde d’inspiration. La représentation politique des femmes dans de nombreux pays africains reste faible, souvent limitée par des rôles de genre profondément enracinés et des attentes sociétales. Le leadership de Badenoch et Harris fournit des exemples concrets de femmes excellant dans des environnements à enjeux élevés, traditionnellement dominés par les hommes. Leurs réalisations exhortent les sociétés africaines à reconsidérer les normes de genre et encouragent les jeunes femmes à aspirer à des rôles de direction sans craindre les limitations systémiques ou culturelles. Ce parcours commun de rupture des barrières renforce un puissant récit : les femmes de tous horizons, lorsqu’elles sont autonomisées, peuvent conduire des changements substantiels et un leadership aux plus hauts niveaux.

Un nouveau modèle de leadership pour les jeunes du monde entier et les communautés de la diaspora
Badeenoch et Harris représentent toutes deux un nouveau modèle de leadership, qui trouve un écho auprès des jeunes du monde entier et des communautés de la diaspora. En tant qu’enfants d’immigrants, elles portent des perspectives façonnées par des origines multiculturelles et un sentiment d’identité mondiale, ce qui rend leur leadership très pertinent dans le monde interconnecté d’aujourd’hui. Leurs expériences correspondent aux priorités d’une génération qui valorise l’inclusion, la diversité et le leadership axé sur les solutions, des traits particulièrement attrayants pour les jeunes en quête de changement.

Kamala Harris

Dans les communautés de la diaspora africaine, Badenoch et Harris sont de puissants symboles de ce qui est possible pour les individus issus de groupes historiquement marginalisés. Leur succès souligne que le leadership politique n’est plus limité par la race ou le sexe, et que les jeunes d’horizons divers peuvent et doivent aspirer à apporter des contributions significatives à la gouvernance mondiale. En accédant à ces rôles importants, Badenoch et Harris démantèlent les notions persistantes de « qui appartient », réaffirmant aux jeunes d’horizons divers qu’ils sont tout aussi capables et méritants d’occuper des postes de direction.

Un héritage durable pour les générations futures
Le parallèle entre le leadership de Badenoch et de Harris s’étend au-delà de leurs rôles immédiats. Leurs réalisations jettent les bases pour les générations futures, établissant un héritage d’inclusion et de résilience. Leur succès souligne un changement profond dans la politique mondiale, où les dirigeants sont de plus en plus représentatifs des populations qu’ils servent. Cette évolution est porteuse d’un message fort pour les jeunes du monde entier : le leadership n’est plus limité à des groupes démographiques restreints, mais est ouvert à tous ceux qui ont la vision et la détermination de façonner leurs sociétés.

Pour les anciennes colonies britanniques comme le Nigeria et le Cameroun, ce message est particulièrement transformateur. Les jeunes Africains, inspirés par les réalisations de Badenoch et Harris, peuvent se sentir habilités à remettre en question les structures politiques bien ancrées et à suivre des voies de leadership qui leur étaient traditionnellement fermées. Pour les jeunes femmes en particulier, le succès de ces leaders à des postes politiques de haut niveau dans les pays occidentaux pourrait inspirer des aspirations similaires en Afrique, favorisant une nouvelle génération de femmes leaders engagées dans la conduite de réformes sociales et politiques.

En résumé, l’élection de Kemi Badenoch à la tête du Parti conservateur en Grande-Bretagne et la vice-présidence historique de Kamala Harris aux États-Unis illustrent une nouvelle ère de leadership définie par la diversité, la jeunesse et l’autonomisation des femmes. Ensemble, ils redéfinissent qui peut diriger et inspirer les jeunes, en particulier les femmes et les personnes de couleur, à se considérer comme de futurs leaders. Leurs histoires signalent un changement dans le paysage politique mondial, un paysage dans lequel les perspectives diverses et l’énergie de la jeunesse sont non seulement bienvenues mais essentielles. Ce modèle de leadership peut inspirer les jeunes Africains et les femmes du monde entier à prendre le relais du changement, à dépasser les frontières traditionnelles et à œuvrer pour un monde qui reflète véritablement les origines et les expériences variées de ses habitants.

L’Implication des Jeunes Camerounais aux Élections de 2025

La jeunesse camerounaise, qui représente une large majorité de la population, détient un potentiel considérable pour influencer le processus électoral en 2025. D’après les données démographiques, environ 65% des Camerounais ont moins de 25 ans, ce qui en fait l’une des populations les plus jeunes du monde. Pourtant, malgré ce poids démographique, les jeunes Camerounais sont marginalisés dans les prises de décision politiques, à cause d’un faible taux d’inscription sur les listes électorales et d’une participation limitée aux élections.

STATISTIQUES SUR LA JEUNESSE CAMEROUNAISE ET LA PARTICIPATION ÉLECTORALE

Pour mesurer l’ampleur de ce défi, il est utile de se pencher sur quelques chiffres récents :

1. Taux d’inscription sur les listes électorales: Lors de l’élection présidentielle de 2018, seuls 6,6 millions de Camerounais étaient inscrits sur les listes électorales, dans un pays de plus de 26 millions d’habitants, dont environ 15 millions sont en âge de voter. La jeunesse, en particulier, est sous-représentée dans ces inscriptions. Les jeunes de moins de 30 ans sont beaucoup moins enclins à s’inscrire, soit par manque de sensibilisation, soit par désenchantement vis-à-vis du processus politique.

2. Chômage et désillusion : Le taux de chômage chez les jeunes au Cameroun, en particulier ceux âgés de 15 à 35 ans, est élevé, avoisinant les 13% selon les statistiques officielles, et bien plus si l’on prend en compte le sous-emploi et le secteur informel. Cette situation de précarité économique pousse de nombreux jeunes à se désintéresser de la politique, jugeant que les dirigeants actuels ne sont pas à même de répondre à leurs besoins. Cependant, cette même jeunesse représente un réservoir d’énergie et d’innovation, essentiel au développement socio-économique du pays.

L’IMPORTANCE DU RENOUVELLEMENT DE LA CLASSE POLITIQUE

Avec des dirigeants vieillissants et une classe politique qui semble peu encline à céder la place aux jeunes, il est impératif que la jeunesse s’inscrive sur les listes électorales pour provoquer un véritable renouvellement de la classe politique. Paul Biya, qui est au pouvoir depuis plus de 42 ans, incarne cette longévité à la tête du pays, et son régime est largement perçu comme déconnecté des aspirations des jeunes générations.

Les élections de 2025 sont une occasion cruciale pour la jeunesse camerounaise de jouer un rôle actif dans la transition politique. Le Cameroun n’a jamais connu de véritable alternance politique, et le maintien de la même élite politique au pouvoir pendant plusieurs décennies a engendré une stagnation des idées et des réformes. Le renouvellement de cette classe passe par l’implication de la jeunesse, non seulement en votant, mais aussi en se présentant à des postes de responsabilité et en portant des projets novateurs pour l’avenir du pays.

PRENDRE SON DESTIN EN MAIN

Les jeunes Camerounais doivent comprendre qu’ils ont le pouvoir de changer les choses. Chaque vote compte, et la participation massive de la jeunesse pourrait influencer significativement les résultats de l’élection de 2025. Voici quelques points sur lesquels la jeunesse peut peser :

1. Réformes économiques et sociales: Avec un chômage des jeunes élevé et une économie dominée par le secteur informel, il est nécessaire de repenser le modèle économique du Cameroun. La jeunesse, en particulier les diplômés, doit s’assurer que les dirigeants qu’elle choisit auront à cœur de favoriser l’emploi, l’entrepreneuriat, et l’accès aux opportunités économiques pour les jeunes.

2. Éducation et technologies: Le système éducatif camerounais, bien qu’il ait produit de nombreux talents, reste en décalage avec les besoins du marché du travail. Les jeunes doivent voter pour des leaders capables de réformer le système éducatif pour qu’il soit en phase avec les nouvelles technologies et l’économie numérique.

3. Lutte contre la corruption: La corruption est un fléau qui freine le développement du Cameroun. Les jeunes, victimes de ce système inégalitaire, doivent s’engager à travers leur vote pour des leaders qui placent la transparence, l’éthique et la bonne gouvernance au cœur de leur programme.

DES JEUNES LEADERS ÉMERGENTS

Un autre enjeu du renouvellement politique réside dans l’émergence de jeunes leaders. Plusieurs jeunes Camerounais ont déjà commencé à se démarquer dans différents secteurs, que ce soit dans l’entrepreneuriat, la société civile ou la politique.

Si la jeunesse prend conscience de sa puissance électorale et de sa capacité à définir l’avenir du Cameroun, le pays pourrait enfin connaître une alternance politique, un changement de paradigme en matière de gouvernance, et une réorientation vers des politiques publiques centrées sur les besoins des nouvelles générations.

L’URGENCE DE S’INSCRIRE ET DE VOTER

La jeunesse camerounaise ne doit pas rester en marge du processus électoral de 2025. Avec un pouvoir démographique important et une volonté manifeste de changement, elle peut influencer de manière significative le futur politique du pays. L’inscription massive des jeunes sur les listes électorales et leur participation active aux élections sont des étapes cruciales pour garantir un renouvellement de la classe politique, et surtout pour que le Cameroun entre dans une nouvelle ère où les aspirations de la majorité des citoyens sont prises en compte.

Les statistiques montrent que la jeunesse camerounaise, en termes numériques, a déjà le pouvoir de changer les choses. Il reste à s’assurer qu’elle utilise ce pouvoir pour prendre son destin en main et assurer un avenir meilleur pour le Cameroun.

PR. JIMMY YAB, SG MLDC