Plongez au cœur du voyage académique du Pr Jimmy Yab, Président de l’Observatoire Chine Afrique Francophone, en Chine.
À travers cette playlist, découvrez une série de vidéos enrichissantes qui retracent ses rencontres, ses analyses et ses observations sur le modèle de développement chinois. Entre échanges universitaires, visites institutionnelles et réflexions stratégiques, ce voyage met en lumière les opportunités de coopération entre la Chine et l’Afrique francophone.
Au programme :
– Immersion dans les universités et institutions chinoises
– Analyse des politiques économiques et sociales
– Perspectives d’innovation, d’éducation et de développement
Pour 4 Vice-Presidents Collégiaux dans le cadre de la construction d’un État Développementaliste Communautaire fondé sur un fédéralisme à 4 grandes régions
Pr. Jimmy Yab & S.E. Joseph Dion Ngute, Premier Ministre du Cameroun
Pr. Jimmy Yab Président du MLDC Président de l’Observatoire Chine-Afrique Francophone (OCAF)
Résumé
Dans cet article, je propose une réflexion critique sur l’architecture exécutive de l’État camerounais dans le contexte d’une transition vers un État Développementaliste Communautaire fondé sur un fédéralisme à 4 grandes régions . À partir d’une expérience personnelle — la rencontre avec le Premier ministre Joseph Dion Ngute en décembre 2022 — et de l’échec institutionnel du Salon Industriel et Commercial Chine–Afrique Francophone(SICCAF), je met en lumière les limites structurelles du Premier ministère, symbole d’un centralisme postcolonial inefficace. Je plaide pour l’instauration d’une Vice-présidence collégiale régionale, ancrée dans les quatre grandes régions fédérées du Cameroun, comme solution à la crise de gouvernance. En mobilisant des exemples comparatifs (Nigeria, Bosnie-Herzégovine, Bolivie), je démontre que la co-représentation exécutive territoriale constitue une voie légitime, stabilisatrice et adaptée à la pluralité camerounaise. Il s’inscrit dans une approche de souveraineté partagée et de justice territoriale, au cœur du projet politique du MLDC.
This article provides a critical reflection on the executive architecture of the Cameroonian state within the context of a transition toward a community-based, developmental federalism. Grounded in a personal experience — a meeting with Prime Minister Joseph Dion Ngute in December 2022 — and the institutional failure of the Sino–Francophone Africa Trade Fair project, the author highlights the structural limitations of the Prime Minister’s office, emblematic of an ineffective postcolonial centralism. The article advocates for the establishment of a regional collegial Vice Presidency, rooted in Cameroon’s four proposed federated regions, as a response to the governance crisis. Through comparative case studies (Nigeria, Bosnia-Herzegovina, and Bolivia), it demonstrates that territorially balanced executive representation offers a legitimate, stabilising, and context-sensitive institutional model. The analysis is embedded in a framework of shared sovereignty and territorial justice, as promoted by the MLDC’s political agenda.
Introduction : une rencontre décisive, un projet bloqué, un diagnostic institutionnel
C’est dans les couloirs feutrés de l’Immeuble Étoile, un matin de décembre 2022, que j’ai rencontré le Premier ministre camerounais, Joseph Dion Ngute. En tant que Président de l’Observatoire Chine-Afrique Francophone (OCAF), je lui remettais les actes du Colloque international sur l’Afrique francophone de l’Initiative la Ceinture et la Route, organisé quelques mois plus tôt en partenariat avec l’ambassade de Chine au Cameroun. Ce colloque international avait réuni chercheurs, diplomates et décideurs autour d’une ambition partagée : inscrire l’Afrique francophone dans une nouvelle dynamique Sud-Sud fondée sur l’autonomie économique, la coopération bilatérale et l’intégration régionale de l’Initiative chinoise de « La Ceinture et La Route ».
Au-delà de la restitution intellectuelle, cette rencontre avait un second objectif tout aussi stratégique : présenter au gouvernement camerounais le projet du Salon Industriel et Commercial Chine–Afrique Francophone (SICCAF 2023), une grande initiative économique multilatérale prévue pour l’année suivante. À cette occasion, le Premier ministre exprima un soutien formel, déclarant clairement : Le gouvernement soutient pleinement votre initiative. Vous pouvez compter sur notre appui.
Ci-dessous le video-clip de promotion officiel du SICCAF 2023.
Mais quelques semaines, puis quelques mois plus tard, ce soutien s’évapora dans les méandres de l’administration. Le dossier, transmis au Secrétariat Général de la Présidence du Cameroun, à part quelques correspondances, resta sans suite. Malgré l’appui officiel de l’Ambassade de Chine au Cameroun, le soutien logistique du President de l’Association des Entreprises Chinoises au Cameroun (AECC), Mr Xu Huajiang, par ailleurs, Directeur Général de la Division Afrique centrale de China Harbour Engineering Company(CHEC), la multinationale meme, qui a construit le Port Autonome de Kribi et l’Auto-route Kribi-Edea et surtout le soutient des grandes entreprises chinoises en Afrique Centrale et d’autres venant directement de l’a Chine continentale, malgre ces garanties techniques apportées, les lourdeurs bureaucratiques prirent le dessus : manque de communication interinstitutionnelle, délais interminables, absence de décision claire. Cette inertie ne fut pas seulement une déception personnelle : elle fut une révélation structurelle. Elle montra à quel point le modèle institutionnel camerounais empêche la concrétisation de projets stratégiques, même lorsqu’ils sont validés politiquement et diplomatiquement.
Ci dessous Quelques photos de voyages du Pr Jimmy Yab en Chine pour la préparation du SICCAF 2023 et quelques grandes personnalités politiques et économiques
De cette expérience est née une interrogation fondamentale : quelle structure exécutive peut porter efficacement une vision de développement autonome, décentralisée et communautaire dans un Cameroun fédéré en quatre grandes régions ? Cet article répond à cette question en opposant deux options : d’une part, le maintien du Premier ministère, institution centrale héritée du modèle jacobin ; d’autre part, l’introduction d’une Vice-présidence collégiale régionale, fondée sur le fédéralisme développementaliste communautaire. L’analyse s’appuie sur une réflexion théorique, des comparaisons internationales et les réalités propres au Cameroun contemporain.
Ci- dessous quelques photos du Premier Colloque International sur « l’Initiative la Ceinture et la Route » en Afrique francophone du 25 au 27 mai 2022, au palais des congrès de Yaoundé
I. Le Premier ministère : héritage centralisateur et impasse exécutive dans un État en recomposition
L’échec du projet du Salon Commercial Chine–Afrique Francophone, malgré son approbation par le Premier ministre et l’appui formel de l’ambassade de Chine, illustre une faille structurelle profonde dans l’organisation du pouvoir exécutif au Cameroun. Une fois transmis au Secrétariat Général de la Présidence, le dossier s’est enlisé. Ce n’était pas un refus politique, ni une opposition idéologique, mais un symptôme récurrent d’un système exécutif hypercentralisé, opaque et inefficace. Ce constat appelle une analyse critique de la pertinence du Premier ministère dans le cadre du Cameroun du XXIe siècle, en transition vers un modèle fédéral communautaire.
Institué dans la Constitution camerounaise de 1972 (puis réaffirmé en 1996), le Premier ministère est un organe de coordination subordonné au Président de la République. L’article 12 alinéa 1er stipule que le Premier ministre « coordonne l’action gouvernementale sous l’autorité du Président ». Cette formulation dénote un pouvoir dérivé, sans autonomie stratégique. Contrairement aux modèles parlementaires classiques où le Premier ministre est le chef de l’exécutif, celui du Cameroun est dépourvu d’initiative politique autonome, ce qui le rend inefficace dans un contexte de transformation institutionnelle.
Dans un État fédéral organisé autour de quatre grandes régions souveraines — le Grand Sud, le Grand Nord, le Grand Littoral et le Grand Ouest —, le maintien d’un Premier ministre unique et centralisé est une anomalie fonctionnelle. Il empêche la territorialisation des décisions, bloque la remontée des priorités régionales, et reproduit un schéma néocolonial de gouvernance verticale. La dynamique développementaliste communautaire implique au contraire une coproduction des politiques publiques entre centre et périphéries, basée sur la souveraineté partagée, l’écoute communautaire, et la proximité.
D’un point de vue comparatif, les travaux de Hooghe et Marks (2003) sur la gouvernance multiniveau montrent que les exécutifs centralisés sont structurellement inefficaces dans les États pluriethniques et multiculturels. En Éthiopie, par exemple, la coexistence d’un fédéralisme ethnique avec un exécutif hyper-présidentialiste a mené à l’asphyxie des gouvernements régionaux, puis à l’explosion des conflits internes. Le Cameroun, avec ses tensions anglophones, ses déséquilibres historiques et sa diversité sociolinguistique, court les mêmes risques si la réforme institutionnelle reste superficielle.
Le Premier ministère ne saurait être l’instrument de pilotage d’un Cameroun fédéré à visée communautaire. Son existence même pourrait devenir un frein à l’innovation politique, un verrou dans la chaîne des décisions urgentes, et un symbole d’un passé institutionnel incompatible avec les réalités du présent. L’exemple du projet du Salon Industriel et commercial Chine–Afrique francophone en est la preuve vivante : même lorsque la volonté politique existe, le système d’exécution bloque l’action.
Le Cameroun n’a donc pas besoin d’un Premier ministre dans le sens classique du terme, mais d’une architecture exécutive pluraliste, enracinée dans ses régions, capable de dialoguer horizontalement avec les réalités locales. C’est ce que propose le modèle de la Vice-présidence collégiale, que nous développons dans la section suivante.
II. La Vice-présidence collégiale : une architecture de souveraineté territoriale pour un Cameroun fédéré
La déconvenue administrative qui a suivi l’accord formel du Premier ministre au sujet du Salon Industriel et Commercial Chine–Afrique Francophone ne fut pas simplement une péripétie bureaucratique. Ce fut une illustration concrète de l’absence d’ancrage territorial du pouvoir exécutif camerounais. Le fait que le dossier ait été bloqué, sans justification, au Secrétariat Général de la Présidence malgré l’aval d’un chef de mission diplomatique étranger – en l’occurrence l’Ambassadeur de Chine – démontre l’urgence de repenser l’organisation du pouvoir. C’est dans cette perspective que le concept de Vice-présidence collégiale régionale prend tout son sens.
Le modèle de fédéralisme développementaliste communautaire, tel que défendu par le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC), repose sur trois principes fondamentaux: la souveraineté partagée, la gouvernance de proximité, et la valorisation des identités territoriales. Dans un tel modèle, l’exécutif ne saurait rester vertical et unifié. Il doit refléter la diversité régionale du Cameroun, la pluralité de ses défis, et la richesse de ses ressources communautaires. La proposition d’une Vice-présidence collégiale à quatre pôles répond précisément à cette exigence.
Concrètement, chaque grande région fédérée — le Grand Nord, le Grand Sud, le Grand Littoral, le Grand Ouest — désignerait un Vice-président régional, membre d’un organe exécutif fédéral commun. Ces Vice-présidents, dotés d’un mandat national mais enracinés dans leur région, formeraient un collège décisionnel chargé de co-piloter l’action gouvernementale avec le Président de la République, garant de l’unité. Chaque Vice-présidence aurait une compétence thématique prioritaire, reflétant les réalités régionales :
Le Grand Nord, confronté aux défis sécuritaires, climatiques et agricoles, piloterait les politiques de résilience et de sécurité communautaire. Le Grand Sud, riche en ressources forestières et minières, aurait la charge de la gouvernance environnementale et du développement rural intégré. Le Grand Littoral, épicentre économique du pays, piloterait les politiques industrielles, portuaires et d’intégration commerciale régionale. Le Grand Ouest, marqué par une forte diaspora et un tissu entrepreneurial dynamique, serait responsable de la cohésion sociale, de la médiation intercommunautaire et de l’économie populaire.
Ce schéma n’est pas une invention abstraite. Il s’appuie sur des logiques éprouvées dans d’autres États pluriels. En Bolivie, l’État plurinational a intégré des formes communautaires de représentation dans l’exécutif. En Bosnie-Herzégovine, la présidence collégiale garantit une cohabitation interethnique. Le Cameroun, à travers ce modèle, pourrait construire un exécutif réconcilié avec sa diversité, garant de l’équité territoriale et de la participation de tous à la destinée nationale.
La Vice-présidence collégiale offre aussi une réponse systémique à l’immobilisme institutionnel. Dans le cas du Salon Chine–Afrique francophone, si le Grand Littoral avait eu une Vice-présidence dotée de compétence commerciale, ce projet porté par l’OCAF aurait immédiatement été co-construit et défendu à l’échelle fédérale, en évitant les blocages bureaucratiques du pouvoir central. En donnant à chaque région une capacité d’action exécutive au sommet, ce modèle décentralise la décision sans fragmenter l’État, et multiplie les points d’entrée pour les initiatives stratégiques.
Enfin, ce dispositif incarne la philosophie du développementaliste communautaire : un État proche de ses populations, réactif aux réalités locales, résilient face aux crises, et créatif dans sa manière de bâtir le futur.
III. Études comparées : la gouvernance exécutive partagée dans les États fédéraux pluriethniques
L’idée d’une Vice-présidence collégiale régionale au Cameroun, dans le cadre du fédéralisme développementaliste communautaire, s’inscrit dans une tradition institutionnelle bien établie dans plusieurs pays confrontés à une forte diversité culturelle, linguistique ou territoriale. Loin d’être une utopie camerounaise, ce modèle exécutif partagé s’appuie sur des précédents comparatifs qui en démontrent à la fois la faisabilité, la légitimité et l’efficacité relative.
1. Le Nigeria : du “federal character” à l’équilibre exécutif implicite
Voisin du Cameroun et ancienne colonie britannique, le Nigeria est souvent présenté comme l’un des fédéralismes les plus aboutis d’Afrique. Il est structuré en 36 États fédérés dotés de larges compétences constitutionnelles. Si la Constitution nigériane ne prévoit pas de vice-présidences régionales multiples, elle impose néanmoins un principe fondamental : le “federal character”. Selon ce principe, toutes les institutions nationales, y compris l’exécutif, doivent refléter la diversité géographique, ethnique et religieuse du pays (Suberu, 2001). En pratique, cela se traduit par une attention constante à l’équilibre régional dans les nominations présidentielles, y compris au niveau du vice-président.
Cette règle non seulement réduit les tensions intercommunautaires, mais elle crée une dynamique de co-responsabilité nationale, où les projets de développement régionaux peuvent bénéficier d’un appui exécutif explicite. Transposé au Cameroun, un tel équilibre ne peut plus être laissé à la discrétion du chef de l’État ; il doit être institutionnalisé par une vice-présidence collégiale constitutionnellement encadrée.
2. La Bosnie-Herzégovine : cohabitation exécutive dans un contexte post-conflit
Autre cas emblématique : la Bosnie-Herzégovine. Pays multiculturel et post-conflit, la Bosnie a adopté une présidence tripartite où les trois principaux groupes ethniques (Bosniaques, Croates, Serbes) sont représentés au sommet de l’État. Chaque président est élu par sa communauté, et la présidence est rotative tous les huit mois. Ce système, bien qu’administrativement lourd, a permis d’éviter un retour à la guerre civile et d’instaurer une paix structurelle fondée sur l’inclusion mutuelle (Bieber, 2006).
Dans le contexte camerounais, où les tensions entre communautés anglophones et francophones, entre régions centrales et périphériques, restent vives, une structure exécutive partagée pourrait jouer le même rôle stabilisateur. Chaque région disposerait d’un représentant à la Vice-présidence, garantissant que les intérêts locaux soient présents dans l’arène fédérale. Ce serait un rempart contre la marginalisation, mais aussi un mécanisme d’équilibre démocratique entre les territoires.
3. La Bolivie : le pluralisme constitutionnel au service de la représentativité
Enfin, l’expérience de la Bolivie offre un modèle particulièrement pertinent pour un État développementaliste communautaire. En 2009, le pays adopte une nouvelle Constitution reconnaissant officiellement l’existence de 36 peuples autochtones. L’État devient alors plurinational, ce qui implique la reconnaissance des droits politiques et institutionnels des communautés à participer au pouvoir (Postero, 2017). Dans les faits, cela s’est traduit par l’inclusion d’acteurs autochtones dans les institutions nationales, y compris l’exécutif, et par une forte décentralisation des politiques publiques.
Ce modèle inspire directement la logique camerounaise, où plus de 250 ethnies, plusieurs aires linguistiques, et une histoire coloniale différenciée (française et britannique) coexistent. L’instauration d’une Vice-présidence collégiale au Cameroun permettrait de formaliser cette pluralité dans l’État, sans tomber dans le piège de la balkanisation. Il s’agirait de passer de la juxtaposition de communautés à leur intégration fonctionnelle dans la gouvernance.
Ces trois exemples convergent vers une conclusion claire : dans les États multiculturels, la stabilité institutionnelle repose sur la reconnaissance structurelle des différences, et non sur leur effacement. En instaurant une Vice-présidence collégiale régionale, le Cameroun adopterait un instrument moderne, inclusif et adapté à ses réalités profondes. Cette réforme serait non seulement cohérente avec les exigences du développement local, mais aussi conforme aux standards internationaux d’un fédéralisme équitable et démocratique.
Conclusion : pour une refondation exécutive ancrée dans la souveraineté territoriale
L’échec du Salon Industriel et Commercial Chine–Afrique Francophone, malgré l’accord formel du Premier ministre du Cameroun et l’engagement diplomatique de l’ambassade de Chine, n’est pas un incident isolé. Il est le révélateur structurel d’un système exécutif qui concentre le pouvoir tout en diluant la responsabilité, incapable de porter des initiatives territoriales stratégiques ou de réagir efficacement aux mutations du monde. Ce blocage administratif, survenu au niveau du Secrétariat Général de la Présidence, est l’un des multiples symptômes d’un État centralisé, opaque et paralysé, dont les mécanismes de décision sont déconnectés des territoires, des communautés et même des engagements politiques supérieurs.
Dans ce contexte, le Cameroun ne peut plus se contenter d’une réforme marginale. Il doit s’engager dans une refondation structurelle de ses institutions, à commencer par l’architecture de son exécutif fédéral. Le modèle du Premier ministère, dérivé du jacobinisme français, a montré ses limites : vertical, symbolique, inefficace, il ne peut porter la logique du développement communautaire, ni incarner l’autonomie régionale.
Face à cette impasse, le modèle de Vice-présidence collégiale régionale, intégré dans le projet de fédéralisme développementaliste communautaire du MLDC, constitue une alternative viable, cohérente et fondamentalement démocratique. Il ne s’agit pas simplement d’un ajustement technique, mais d’un changement de paradigme : un passage de la centralité vers la coprésidence territoriale, de la hiérarchie administrative vers la responsabilité partagée, de la domination institutionnelle vers la souveraineté coopérative.
Chaque région fédérée — Grand Nord, Grand Sud, Grand Littoral, Grand Ouest — disposerait d’une Vice-présidence fédérale, à la fois représentative et décisionnelle. Ce collège de Vice-présidents ne serait pas une division du pouvoir, mais son approfondissement. Il permettrait de construire des réponses différenciées aux défis spécifiques de chaque région tout en consolidant une vision unifiée de la nation. Il serait l’incarnation exécutive d’un Cameroun polycentrique, communautaire, souverain.
Enfin, cette réforme n’est pas isolée dans l’histoire du monde. Le Nigeria, la Bosnie-Herzégovine, la Bolivie — et bien d’autres — ont montré que la stabilité dans les États complexes passe par la reconnaissance institutionnelle de la diversité. Le Cameroun peut devenir un modèle africain de fédéralisme équitable, à condition de s’émanciper des formes mortes du centralisme hérité et d’embrasser un avenir basé sur la coresponsabilité territoriale et la légitimité communautaire.
C’est là, dans cette vice-présidence collégiale souveraine, que se trouve la clé de la transformation républicaine du Cameroun, et peut-être même de sa survie politique comme État-nation. Le MLDC propose ainsi non une réforme parmi d’autres, mais un projet de réinvention nationale.
Références bibliographiques
• Bayart, J.-F. (1979). L’État au Cameroun*. Presses de la FNSP.
• Bieber, F. (2006). Post-War Bosnia: Ethnicity, Inequality and Public Sector Governance. Palgrave Macmillan.
• Fanso, V. G. (1989). Cameroon History for Secondary Schools and Colleges. Vol. 2. Macmillan.
• Geschiere, P. (1993). Chiefs and Colonial Rule in Cameroon: Inventing Chieftaincy, French and British Style*. Africa, 63(2), 151–175.
• Hooghe, L., & Marks, G. (2003). Unraveling the Central State, but How? Types of Multi-Level Governance. American Political Science Review, 97(2), 233–243.
• Konings, P., & Nyamnjoh, F. B. (2003). Negotiating an Anglophone Identity: A Study of the Politics of Recognition and Representation in Cameroon. Brill.
• Magrin, G. (2013). Périphéries en crise: Boko Haram et les territoires du bassin du lac Tchad. Afrique contemporaine.
• Ndoye, O., & Kaimowitz, D. (2000). Macro-economics, markets and the humid forests of Cameroon*. CIFOR.
• Postero, N. (2017). *The Indigenous State: Race, Politics, and Performance in Plurinational Bolivia*. University of California Press.
• Suberu, R. T. (2001). Federalism and Ethnic Conflict in Nigeria. United States Institute of Peace Press.
• Topa, G., Karsenty, A., Megevand, C., & Debroux, L. (2009). The Rainforests of Cameroon: A Vision for Sustainable Management World Bank Publications.
• Yab, J., Nkong-Njock, V. (2025). Pour un État Développementaliste Communautaire: le Cameroun
« Les États ne meurent pas toujours dans des guerres. Ils peuvent aussi se décomposer lentement, à l’abri des regards, dans l’indifférence bureaucratique et la résignation populaire. »
— Jimmy Yab
Le Cameroun ne fait pas face à une guerre civile. Il n’est pas formellement en faillite. Et pourtant, il s’effondre. Lentement. Silencieusement. Systématiquement.
Ce processus n’a pas de nom dans les discours officiels. Il est maquillé derrière des taux de croissance trompeurs, des plans stratégiques sans ancrage réel, et des mots creux comme « émergence 2035 ».
Mais les analystes les plus lucides le savent : le Cameroun est en proie à un chaos lent. Ce concept, que je vais expliquer ici, permet de nommer l’indicible, d’analyser l’inertie criminelle, et surtout, de tracer une voie de rupture, fondée sur une alternative radicale : l’État Développementaliste Communautaire (EDC).
I. La théorie du chaos : origine scientifique d’un effondrement silencieux
Avant d’aborder le chaos lent, il est essentiel de comprendre ce que recouvre, sur le plan scientifique, la théorie du chaos.
Qu’est-ce que la théorie du chaos ?
La théorie du chaos est une branche des mathématiques et des sciences qui étudie les systèmes complexes – comme les conditions météorologiques ou le comportement des marchés financiers – qui semblent aléatoires ou imprévisibles à première vue.
Elle explore comment de petits changements dans les conditions initiales d’un système peuvent produire des résultats extrêmement divergents au fil du temps.
Autrement dit, elle révèle que derrière un apparent désordre, se cachent des structures, des régularités, des modèles.
Ce champ d’étude a révolutionné notre compréhension du monde en montrant que même le chaos peut être gouverné par des lois.
Un des principes les plus emblématiques de cette théorie est l’effet papillon.
Principe de l’effet papillon
Il suggère qu’un changement minime – comme le battement d’ailes d’un papillon à Tokyo – pourrait, à terme, déclencher une tornade au Texas.
Cette métaphore illustre la sensibilité extrême des systèmes aux conditions initiales. En d’autres termes, de petites décisions politiques, économiques ou sociales peuvent avoir, à long terme, des conséquences colossales.
II. Du chaos scientifique au chaos lent institutionnel : le cas du Cameroun
Dans les sciences sociales, cette théorie s’est élargie pour décrire des dynamiques d’effondrement progressif. Le chaos lent, en particulier, désigne la désintégration silencieuse et cumulative d’un système politique, économique ou social, sans crise visible immédiate, mais avec une irréversibilité croissante.
Et c’est exactement ce que vit le Cameroun.
III. Cameroun : radiographie d’un chaos lent économique
1. Une économie en façade, sans productivité réelle
On nous parle de croissance : 3,7 % en 2023 selon la BEAC. Mais cette croissance est extravertie, non inclusive, non industrialisante.
Selon l’INS, plus de 80 % de la population active travaille dans l’informel, dans des conditions précaires.
Le secteur secondaire, moteur de toute transformation économique sérieuse, ne représente que 22 % du PIB.
2. Une dette publique inefficace
La dette atteint plus de 12 000 milliards FCFA, soit près de 45 % du PIB. Mais l’impact est invisible : les routes sont défoncées, l’eau potable rare, les universités sinistrées.
La dette finance la consommation politique, pas l’investissement structurant.
3. Une pauvreté structurelle
Plus de 40 % des Camerounais vivent sous le seuil de pauvreté, avec des pics à 70 % dans l’Extrême-Nord. Le taux de chômage des jeunes urbains avoisine 30 %, sans compter le sous-emploi déguisé.
4. Une économie extravertie et dépendante
Le Cameroun exporte son bois brut, son cacao brut, son pétrole brut… et importe ses propres besoins de survie : riz, lait, sucre, médicaments.
70 % des produits consommés sont importés.
5. Une corruption chronique
Avec une position de 142e sur 180 selon Transparency International en 2024, le Cameroun est classé parmi les pays les plus corrompus du monde.
La corruption n’est pas un accident : c’est le carburant même du système.
IV. Pourquoi ce chaos dure ?
Parce que le chaos lent, comme l’a montré la théorie scientifique, ne provoque pas de crise visible immédiate. Il ronge lentement les structures. Il désensibilise la population. Il récompense l’inaction.
Et surtout, il sert une élite, qui s’est affranchie des conséquences de la misère collective. Le chaos lent ne menace pas les palais, mais détruit les villages.
V. Une rupture historique : l’État Développementaliste Communautaire (EDC)
Ce dont le Cameroun a besoin, ce n’est pas d’un réaménagement cosmétique. C’est d’une réinvention du rôle de l’État et de la communauté.
L’État Développementaliste Communautaire repose sur trois souverainetés essentielles :
1. Souveraineté politique et territoriale
Fin de la centralisation abusive. Gouverneurs élus. Assemblées communautaires. Sécurité assurée par des dispositifs enracinés dans les territoires.
2. Souveraineté économique et financière
Substitution aux importations. Industrialisation à petite et moyenne échelle. Transformation locale des matières premières. Création de monnaies communautaires ou de systèmes d’échange territoriaux.
3. Souveraineté technologique et industrielle
Relance des formations techniques et professionnelles. Partenariats technologiques Sud-Sud. Écosystèmes d’innovation locale.
VI. Que propose concrètement l’EDC ?
Un plan Marshall communautaire pour l’agriculture, l’énergie, les routes rurales. Banques communautaires locales adossées à la production territoriale. Fiscalité incitative pour les producteurs locaux, punitive pour les importateurs de luxe. Démocratie économique : chaque village décide de ses priorités par budget participatif.
Conclusion : Choisir entre la lente agonie ou la renaissance populaire
Le chaos lent est la forme la plus dangereuse de destruction : il ne déclenche pas de révolte immédiate, mais prépare le terrain au désespoir collectif et à l’effondrement final.
Nous pouvons continuer à subir ce chaos, ou nous pouvons recréer l’ordre à partir de nos propres modèles, comme la théorie du chaos nous y invite.
L’EDC est cet ordre dans l’apparente confusion.
C’est notre capacité, enfin retrouvée, à transformer les petites décisions locales en grandes mutations historiques.
Comme le papillon de la théorie du chaos, un village qui se relève peut faire s’effondrer un régime injuste.
Un jeune qui entreprend peut réveiller une communauté.
Un peuple qui s’organise peut renverser l’histoire.
Le Cameroun n’est pas condamné à mourir dans le silence. Il peut renaître dans la dignité.
Vive l’État Développementaliste Communautaire. Vive le Cameroun souverain, libre et communautaire.
CHAPITRE 5 : UN RETOUR FORCÉ EN ANGLETERRE: MALADIE ET EXIL MÉDICAL, SYMBOLE ULTIME DE L’EFFONDREMENT DU SYSTÈME
Radio du pied à l’hôpital ST Mary
L’adieu à ma mère aurait dû marquer un moment de recueillement et de résilience. Mais à peine les obsèques achevées, mon corps, épuisé par la douleur, le stress et les épreuves endurées, a cédé. Paludisme, anémie, fatigue extrême, blessures dues à mon accident de moto, entorse… Mon état de santé s’est rapidement détérioré, au point de ne plus pouvoir rester au Cameroun. Ironie cruelle du destin : alors que je venais d’enterrer celle qui m’a donné la vie, je me retrouvais moi-même en danger de mort dans mon propre pays.
Le Cameroun m’a forcé à l’exil, non pas pour des raisons politiques, mais pour un impératif vital : survivre. J’ai dû quitter précipitamment Yaoundé et embarquer pour Londres, où je suis aujourd’hui hospitalisé à St Mary’s Hospital, bénéficiant des soins d’un système médical digne de ce nom. Ce seul fait résume le drame absolu du Cameroun contemporain : un pays où même un universitaire, un intellectuel, un leader politique, ne peut espérer guérir sans fuir.
Mais cette opportunité d’accès aux soins à l’étranger, je ne la dois ni au gouvernement camerounais ni à un quelconque mérite national. Je la dois exclusivement à mon parcours académique, à mes études supérieures en Angleterre, à mon PhD en politique obtenu à l’Université de Southampton – l’une des meilleures universités du Royaume-Uni –, et à ma résidence permanente dans ce pays où vit une partie de ma famille. Si je n’avais pas eu ce privilège, que me serait-il arrivé ? Que se passe-t-il pour les millions de Camerounais qui, eux, n’ont pas d’issue de secours ?
Car la vérité est brutale : le système de santé camerounais est une condamnation à mort pour les pauvres et un simple désagrément pour les riches. Tandis que le peuple se débat dans des hôpitaux délabrés, manquant de médicaments, d’équipements et de personnel, les élites du régime, elles, prennent le premier vol pour Paris, Genève ou Bruxelles au moindre malaise. L’apartheid sanitaire est une réalité au Cameroun : il y a un système de santé pour les puissants, et un autre pour les damnés de la terre.
Ce chapitre est un acte d’accusation. Il démontrera, à travers mon expérience personnelle et des faits tangibles, l’ampleur du scandale du système de santé camerounais :
1. Un système de santé à l’agonie : un pays où tomber malade est une condamnation
– Comment l’hôpital public camerounais est devenu un mouroir pour la population
– Les chiffres alarmants de la mortalité et du sous-financement du secteur
– Le manque criant de personnel médical et la fuite massive des médecins à l’étranger
2. Le scandale des évacuations médicales : un apartheid sanitaire entretenu par les élites
– Pourquoi les dirigeants camerounais refusent-ils de se soigner dans leurs propres hôpitaux ?
– Des milliards de francs CFA engloutis chaque année dans les soins à l’étranger pour les ministres et leurs familles
– Comment cet apartheid médical institutionnalisé maintient le système dans son sous-développement chronique
3. Que serait-il arrivé si je n’avais pas eu accès aux soins à l’étranger ?
– Une analyse des conséquences d’une hospitalisation « classique » dans un hôpital camerounais
– Les statistiques implacables sur la mortalité due aux maladies évitables
– L’injustice fondamentale d’un système de santé qui condamne les pauvres et protège les nantis
À travers ce témoignage, je pose une question fondamentale : Pourquoi un pays qui produit d’excellents médecins et qui regorge de ressources naturelles ne peut-il pas garantir un accès aux soins de base à ses citoyens ? La réponse est simple : parce que nos dirigeants n’ont aucun intérêt à améliorer le système de santé tant qu’ils peuvent eux-mêmes se faire soigner ailleurs.
Le Cameroun est malade. Mais son cancer n’est pas le paludisme, ni la fatigue, ni les blessures mal soignées. Son cancer, c’est un régime qui a décidé que la santé du peuple ne valait rien. Ce chapitre est un cri d’alerte, une dénonciation frontale d’un État qui laisse mourir ses citoyens dans l’indifférence la plus totale, pendant que ses dirigeants s’offrent les meilleurs hôpitaux du monde.
Si je suis encore en vie, c’est parce que j’ai pu partir. Mais combien de Camerounais meurent chaque jour faute d’avoir eu, comme moi, une porte de sortie ?
I. Un système de santé à l’agonie : un pays où tomber malade est une condamnation
Au Cameroun, la maladie n’est pas simplement une épreuve physique ; elle se transforme souvent en une sentence fatale en raison de l’effondrement du système de santé. Les infrastructures médicales sont en ruine, les équipements obsolètes ou inexistants, et le personnel médical, bien que dévoué, est submergé et insuffisamment formé. Cette réalité tragique est accentuée par des statistiques alarmantes qui témoignent de l’ampleur du désastre sanitaire.
St Mary’s Hospital
Espérance de vie et mortalité infantile : des indicateurs au rouge
L’espérance de vie au Cameroun stagne à environ 51 ans, un chiffre qui reflète les conditions de vie précaires et l’accès limité aux soins de santé de qualité. La mortalité infantile est tout aussi préoccupante, avec un taux de 122 décès pour 1 000 naissances vivantes, plaçant le pays parmi ceux où la survie des enfants est la moins assurée.
Mortalité maternelle : un fléau persistant
Les femmes enceintes au Cameroun affrontent des risques considérables. Le taux de mortalité maternelle est estimé à 406 décès pour 100 000 naissances vivantes, un chiffre qui illustre les carences en matière de soins prénatals et obstétricaux. Cette situation est exacerbée par des inégalités régionales flagrantes, certaines zones enregistrant des taux encore plus élevés.
Paludisme : une menace omniprésente
Le paludisme demeure l’une des principales causes de morbidité et de mortalité au Cameroun. Il représente environ 23,7 % de la charge morbide totale et 25 % des décès, affectant particulièrement les enfants de moins de cinq ans. Malgré ces chiffres alarmants, les efforts de prévention et de traitement restent insuffisants, laissant une grande partie de la population vulnérable face à cette maladie dévastatrice.
Infrastructures et personnel médical : un déficit criant
Le pays compte environ 6 770 formations sanitaires, dont 3 351 publiques. Cependant, cette offre est largement insuffisante pour une population de plus de 22 millions d’habitants. Les zones rurales sont particulièrement défavorisées, avec des centres de santé souvent éloignés, mal équipés et manquant de personnel qualifié. Cette situation conduit de nombreux Camerounais à parcourir de longues distances pour accéder à des soins de base, un parcours semé d’embûches qui décourage plus d’un.
Dépenses de santé : un fardeau pour les ménages
L’accès aux soins est également entravé par le coût prohibitif des services médicaux. Selon l’Organisation mondiale de la santé, 97 % des dépenses de santé des ménages camerounais sont constituées de paiements directs au point de service, une réalité qui plonge de nombreuses familles dans la précarité lorsqu’une maladie survient. Cette situation est d’autant plus scandaleuse que, parallèlement, les élites politiques et économiques du pays n’hésitent pas à se faire soigner à l’étranger aux frais de l’État, illustrant une inégalité criante dans l’accès aux soins.
Une urgence sanitaire nationale
Le système de santé camerounais est en état de délabrement avancé, transformant chaque maladie en une potentielle condamnation à mort pour les citoyens ordinaires. Les indicateurs de santé sont alarmants, les infrastructures insuffisantes et le personnel médical en sous-effectif chronique. Il est impératif que des réformes profondes et immédiates soient entreprises pour redresser ce secteur vital, garantir un accès équitable aux soins de santé et restaurer la confiance de la population dans son système de santé.
II. Le scandale des évacuations médicales : un apartheid sanitaire entretenu par les élites
Petit Déjeuner à St’s Mary Hospital
Au Cameroun, le système de santé est en proie à une crise profonde, caractérisée par des infrastructures délabrées, un personnel médical insuffisant et des équipements obsolètes. Dans ce contexte, les évacuations sanitaires à l’étranger sont devenues une pratique courante pour les élites politiques et économiques, créant ainsi une fracture sanitaire béante entre les privilégiés et le reste de la population.
Une pratique coûteuse et inéquitable
Les évacuations sanitaires consistent à transférer des patients vers des établissements de santé étrangers pour des soins non disponibles ou inaccessibles localement. Si, en théorie, cette option devrait être exceptionnelle, elle est devenue la norme pour les dirigeants camerounais. En 2008, le ministère de la Santé publique recensait une soixantaine d’évacuations pour un coût avoisinant 600 millions de FCFA . Bien que les données récentes soient rares, les estimations suggèrent que ces chiffres ont considérablement augmenté, atteignant des montants faramineux.
Cette pratique soulève des questions éthiques majeures. Alors que les élites bénéficient de soins de qualité à l’étranger aux frais de l’État, la majorité des Camerounais sont contraints de se contenter d’un système de santé national défaillant. Cette situation crée une véritable ségrégation sanitaire, où l’accès aux soins dépend du statut social et des connexions politiques.
Un système de santé national en déliquescence
Le recours systématique aux évacuations médicales par les élites est symptomatique de la dégradation du système de santé camerounais. Les hôpitaux publics souffrent d’un manque chronique de financement, de personnel qualifié et d’équipements adéquats. Les patients doivent souvent fournir eux-mêmes le matériel médical de base, et les ruptures de stock de médicaments essentiels sont fréquentes. Cette réalité contraste fortement avec les sommes colossales dépensées pour les évacuations sanitaires des privilégiés.
Des coûts exorbitants pour des résultats discutables
Les évacuations sanitaires représentent une charge financière considérable pour l’État camerounais. En 2014, le Cameroun a fait interner 213 patients dans les hôpitaux français, principalement dans le cadre d’évacuations sanitaires . Le coût d’une évacuation sanitaire par Europ Assistance est estimé entre 20 et 40 millions de FCFA par patient, sans compter les frais annexes tels que le transport, l’hébergement et les soins post-hospitalisation. Ces dépenses exorbitantes profitent à une infime minorité, tandis que l’investissement dans les infrastructures de santé locales demeure insuffisant.
Un détournement des ressources publiques
Le financement des évacuations sanitaires est souvent opaque, et les fonds publics alloués à ces opérations échappent à tout contrôle citoyen. Cette opacité favorise les abus et les détournements de fonds, au détriment du développement d’un système de santé performant pour l’ensemble de la population. Les ressources consacrées aux évacuations pourraient être réinvesties dans la modernisation des infrastructures sanitaires nationales, la formation du personnel médical et l’approvisionnement en équipements et médicaments de qualité.
Vers une réforme nécessaire et urgente
Pour mettre fin à cette injustice sanitaire, il est impératif de réformer en profondeur le système de santé camerounais. Cela passe par une allocation budgétaire accrue en faveur de la santé publique, une gestion transparente et efficace des ressources, et une volonté politique de réduire les inégalités d’accès aux soins. Les évacuations sanitaires devraient redevenir des exceptions, réservées aux cas réellement intraitables localement, et non un privilège pour une élite déconnectée des réalités de la majorité.
Le scandale des évacuations médicales au Cameroun illustre un apartheid sanitaire institutionnalisé, où les élites se soignent à l’étranger aux frais de l’État, tandis que la population est abandonnée à un système de santé moribond. Il est urgent de repenser les priorités sanitaires du pays pour garantir un accès équitable aux soins pour tous les Camerounais.
III. Que serait-il arrivé si je n’avais pas eu accès aux soins à l’étranger ?
Si aujourd’hui je peux encore écrire ces lignes, c’est parce que j’ai eu la chance – ou plutôt le privilège – d’avoir eu accès à des soins médicaux de qualité en Angleterre. Mais ce privilège ne m’a pas été offert par le Cameroun, mon pays d’origine. Je le dois uniquement à mon parcours académique, à mes études supérieures en Angleterre et à ma résidence permanente dans ce pays, où une partie de ma famille vit. Si je n’avais pas eu cette opportunité, si je faisais partie des millions de Camerounais condamnés à se soigner sur place, mon sort aurait été tout autre.
Un destin bien différent dans un hôpital camerounais : la roulette russe sanitaire
Que se serait-il passé si j’avais dû me soigner dans un hôpital public camerounais ? Le scénario est glaçant : une attente interminable dans un couloir bondé, faute de lits disponibles. Une prise en charge retardée, car il aurait fallu que j’achète moi-même les médicaments et même le matériel médical de base. Des soins bâclés par un personnel soignant surmené et démoralisé, travaillant dans des conditions indignes.
Avec une fatigue extrême, une anémie avancée, une entorse sévère et des blessures consécutives à mon accident, sans parler du paludisme et de la fièvre violente qui m’épuisaient déjà, il est presque certain que mon état aurait empiré rapidement. L’absence d’équipements modernes, l’indisponibilité des médicaments et le manque de réactivité des structures hospitalières camerounaises auraient transformé mon hospitalisation en une véritable descente aux enfers.
Les chiffres de l’échec : un système de santé qui tue
Les statistiques sont implacables. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le Cameroun affiche l’un des taux de mortalité hospitalière les plus élevés d’Afrique. En 2021, le taux de mortalité infantile y était de 52 décès pour 1 000 naissances, contre 4 décès pour 1 000 naissances au Royaume-Uni. La mortalité maternelle y est également alarmante, avec 529 décès pour 100 000 naissances, contre 7 décès pour 100 000 en Angleterre (source : OMS, 2023). Ces chiffres traduisent un système de santé où chaque hospitalisation devient un pari avec la mort.
Le paludisme, qui était l’une des principales causes de ma maladie, reste la première cause de mortalité au Cameroun. En 2022, plus de 3 500 personnes en sont mortes, et la maladie continue de ravager les populations les plus vulnérables, faute de prévention et de traitements adéquats (source : Ministère de la Santé du Cameroun, 2023).
Si l’on ajoute à cela les pénuries de sang dans les banques de transfusion, l’absence de soins spécialisés en traumatologie et la vétusté des équipements médicaux, il est évident qu’en restant au Cameroun, mon pronostic vital aurait été engagé.
Le cauchemar des hôpitaux camerounais : quand se soigner est un luxe
Le budget de la santé publique au Cameroun est dérisoire : seulement 5,1 % du budget national y est alloué en 2023, bien en deçà des 15 % recommandés par l’OMS. Cette négligence budgétaire se traduit par des hôpitaux sous-équipés, des médecins en sous-effectif et des patients abandonnés à leur sort.
Les hôpitaux publics sont devenus des mouroirs. Dans les urgences, les malades sont souvent laissés sur le sol, faute de lits disponibles. Dans certains cas, les cadavres restent plusieurs heures dans les salles faute de morgue fonctionnelle. Les médecins eux-mêmes, mal payés et désabusés, fuient le pays. Environ 40 % des médecins formés au Cameroun exercent aujourd’hui à l’étranger (source : Conseil Médical du Cameroun, 2023).
Et si j’avais été un Camerounais « ordinaire » ?
Si je n’avais pas eu le privilège de pouvoir me faire soigner en Angleterre, je serais aujourd’hui un simple numéro dans les statistiques morbides du Cameroun. Je serais peut-être mort d’un accès de paludisme mal traité. Peut-être que l’infection causée par mes blessures se serait aggravée en septicémie, faute d’antibiotiques adaptés. Peut-être que l’anémie aurait eu raison de mon corps affaibli, faute de transfusion sanguine rapide.
Combien de Camerounais meurent chaque jour dans l’indifférence générale faute d’accès aux soins ? Combien de familles doivent assister, impuissantes, à l’agonie de leurs proches, simplement parce qu’ils n’ont pas les moyens de se faire évacuer à l’étranger comme le font les ministres et les hauts fonctionnaires ?
Ce n’est pas une fatalité. C’est une injustice. C’est la conséquence directe d’un système de santé sacrifié sur l’autel du clientélisme et de l’incompétence.
Quand l’injustice sanitaire devient une condamnation sociale
Le scandale des évacuations sanitaires des élites est un apartheid médical institutionnalisé. D’un côté, une minorité qui voyage en avion privé vers les hôpitaux de Paris, Genève ou Londres, aux frais du contribuable. De l’autre, une population abandonnée à un système hospitalier sinistré, où l’espérance de vie est inférieure à 60 ans.
Moi, j’ai eu la chance de partir. Mais cette chance, combien l’ont ? Combien de Camerounais meurent simplement parce qu’ils sont nés du mauvais côté de la barrière sociale ?
Se pose alors la question fondamentale : pourquoi, en 2025, un citoyen camerounais doit-il fuir son propre pays pour espérer survivre ? Pourquoi le Cameroun, qui a vu naître de brillants médecins et chercheurs, est-il incapable de garantir des soins de base à sa population ?
La réponse est simple : parce que nos dirigeants ont décidé que la santé du peuple ne les concernait pas. Parce qu’ils se soignent ailleurs, ils ne ressentent pas l’urgence de moderniser nos hôpitaux. Ils n’investissent pas dans la santé publique, car ils savent qu’en cas de problème, ils prendront le premier avion pour la France ou la Suisse.
Le réveil est nécessaire
Si mon hospitalisation en Angleterre m’a permis de survivre, elle m’a aussi ouvert les yeux sur l’ampleur du drame qui se joue au Cameroun. Ce n’est pas un simple dysfonctionnement, c’est un crime. C’est un abandon collectif.
Il est temps que les Camerounais réalisent que la santé n’est pas un privilège réservé à une élite. C’est un droit fondamental. Il est temps que les milliards dépensés pour les évacuations médicales des ministres soient réinvestis dans la construction d’hôpitaux modernes. Il est temps de demander des comptes à ceux qui, depuis des décennies, sacrifient la vie de millions de citoyens pour leur propre confort.
Aujourd’hui, je suis vivant. Mais demain, combien d’autres mourront faute d’avoir eu, comme moi, une porte de sortie ? Combien de familles perdront un père, une mère, un enfant, simplement parce qu’ils sont Camerounais et non ministres ?
Cette injustice ne peut plus durer. L’histoire jugera ceux qui, par leur incompétence et leur cynisme, ont transformé un pays en un cimetière à ciel ouvert.
Conclusion: Quand tomber malade devient un crime de pauvreté
Mon exil médical en Angleterre n’était pas un choix, mais une nécessité. Mon corps, épuisé par des semaines d’intenses épreuves, n’a pas résisté. Malaria, anémie, blessures, fatigue extrême… des maladies qui, ailleurs, auraient été prises en charge rapidement, mais qui, au Cameroun, peuvent signifier une condamnation à mort. J’ai eu la chance de partir, de bénéficier d’un système de santé digne de ce nom, mais cette opportunité est un luxe inaccessible pour des millions de mes compatriotes.
Ce chapitre a démontré, à travers mon propre vécu, l’effondrement du système de santé camerounais, devenu un champ de ruines où la maladie est une loterie fatale pour les pauvres et un désagrément temporaire pour les élites. Le drame du Cameroun n’est pas un manque de ressources, mais un manque de volonté politique. Un pays qui produit des médecins d’exception, qui regorge de ressources naturelles et dont les élites dépensent des fortunes pour se soigner à l’étranger ne peut pas prétendre manquer des moyens pour offrir des soins de qualité à son peuple.
Mais pourquoi améliorer un système de santé quand ceux qui dirigent ne comptent jamais l’utiliser ?
Telle est la question fondamentale que pose le scandale des évacuations médicales. Pourquoi construire des hôpitaux performants au Cameroun quand un billet d’avion pour Paris, Genève ou Bruxelles suffit à garantir les meilleurs soins aux dirigeants ? Tant que cette inégalité flagrante existera, le Cameroun ne pourra jamais évoluer.
Le système de santé est à l’image du régime : un cercle vicieux d’incompétence, de cynisme et d’abandon. La maladie, au Cameroun, est devenue une question de classe sociale, une tragédie évitable que le gouvernement refuse de résoudre. Pendant que le peuple meurt dans l’indifférence, les dignitaires du régime dépensent chaque année des milliards de francs CFA en soins à l’étranger, au mépris des citoyens qui les ont élus.
Mon cas personnel illustre une vérité brutale : au Cameroun, seule l’élite au pouvoir a le droit de survivre. Moi, j’ai pu partir. Mais combien de Camerounais meurent chaque jour faute de médicaments, d’équipements, ou simplement d’un médecin disponible ? Combien de mères voient leurs enfants leur être arrachés parce qu’une perfusion, une simple poche de sang ou un respirateur n’étaient pas disponibles ? Combien de destins brisés par un système qui considère la vie humaine comme une variable négligeable ?
L’effondrement du système de santé camerounais n’est pas une fatalité. C’est une décision politique. Tant que le pays sera gouverné par une élite qui ne croit pas en ses propres infrastructures, qui méprise son peuple et qui refuse de bâtir un État digne de ce nom, la maladie continuera d’être une condamnation pour les plus vulnérables. L’histoire jugera ces criminels qui, au lieu de servir le peuple, l’ont condamné à mourir dans la souffrance et l’indifférence.
Si je suis encore en vie aujourd’hui, c’est parce que j’ai pu fuir. Mais qu’adviendra-t-il de ceux qui n’ont pas d’issue de secours ?
CHAPITRE 4: QUAND L’ADIEU À MA MÈRE DEVIENT UN RÉVÉLATEUR: OBSÈQUES, EXCLUSION SOCIALE ET TRAHISON DES TRADITIONS SOUS LE RÉGIME DU RDPC
Introduction : Un dernier hommage dans un pays fracturé
Un enterrement est bien plus qu’un simple rituel funéraire ; il est un moment de communion, un témoignage de respect et d’amour, un acte de mémoire collective. C’est une parenthèse où la famille, les amis, les collègues, et la communauté se rassemblent, non seulement pour pleurer une disparition, mais aussi pour célébrer une vie. Pourtant, dans le Cameroun du RDPC, même un événement aussi sacré qu’un dernier hommage devient un terrain d’affrontement politique, une démonstration de l’exclusion sociale systémique imposée par le régime en place.
Lorsque j’ai conduit les obsèques de ma mère, je m’attendais à un moment de recueillement, à un instant où l’unité familiale et communautaire transcenderait les divisions. Mais ce que j’ai vu, ressenti et vécu ce jour-là a révélé avec une brutalité implacable l’état de décomposition avancée de la société camerounaise sous le joug du RDPC. L’absence de mes collègues de l’IRIC, l’Institut des Relations Internationales du Cameroun, a mis en lumière une intelligentsia soumise, réduite au silence et privée de toute ambition intellectuelle indépendante. La non-présence des figures influentes du parti au pouvoir dans ma famille a confirmé la politisation extrême des relations sociales. L’absence des chefs traditionnels, censés être les garants de la cohésion communautaire, a démontré que même le socle de nos traditions a été infiltré et perverti par le régime.
Ce dernier hommage à ma mère ne fut donc pas qu’une simple cérémonie d’adieu. Il s’est transformé en un révélateur brutal des fractures profondes qui rongent le Cameroun : un pays où l’appartenance politique détermine l’inclusion ou l’exclusion sociale, où la fonction publique est devenue une machine de clientélisme et d’intimidation, où la chefferie traditionnelle a troqué son indépendance pour une servitude politique, et où l’élite intellectuelle a renoncé à son rôle critique pour devenir une chambre d’écho du pouvoir.
Avec le Patriarche Marcel YONDO et Vincent NKONG- NJOCK
Cette partie explore ces différentes dimensions de la fracture sociale et politique du Cameroun à travers quatre aspects majeurs :
1. L’absence des collègues de l’IRIC : quand l’élite intellectuelle choisit le silence plutôt que l’engagement
• Loin d’être un simple incident anecdotique, le refus des membres de l’IRIC de venir rendre hommage à ma mère illustre un malaise profond dans l’intelligentsia camerounaise. L’institut, censé former les futurs cadres diplomatiques du pays, est devenu une maison de résonance du RDPC, un bastion du conformisme où toute pensée critique est réprimée. À travers cette analyse, nous verrons comment le Cameroun a brisé l’esprit de ses intellectuels, les transformant en bureaucrates dociles, incapables de défendre des idées de progrès et de développement.
2. L’exclusion sociale sous le RDPC : un système de domination par la peur et l’isolement
• Le RDPC ne se contente pas d’exercer un pouvoir autoritaire sur les institutions, il fracture aussi le tissu social en opposant ceux qui lui sont loyaux à ceux qui osent penser autrement. L’absence des membres influents du parti lors des obsèques de ma mère démontre la profondeur de cette stratégie d’isolement et de répression sociale. Ce chapitre analyse comment le RDPC a réussi à diviser même les familles, à créer un climat de méfiance où le simple fait d’assister aux funérailles d’un opposant politique est perçu comme un acte de dissidence.
3. L’absence de la chefferie traditionnelle : la domestication des gardiens des traditions par le régime
• Dans les sociétés africaines, les chefs traditionnels sont censés être les piliers de la cohésion sociale, les protecteurs des valeurs ancestrales et les arbitres des conflits. Pourtant, au Cameroun, ils sont devenus des marionnettes du pouvoir, subordonnés au RDPC et contraints d’ignorer les souffrances de leurs propres populations. L’absence des chefs lors des funérailles de ma mère n’était pas un simple oubli, mais un acte politique : une démonstration de leur soumission totale à un régime qui les a vidés de leur autorité morale. Ce chapitre démontrera comment la capture de la chefferie par l’État a affaibli les structures communautaires et rendu les populations encore plus vulnérables face aux abus du pouvoir central.
4. Un hommage authentique : quand la vraie famille transcende les divisions artificielles
• Malgré ces absences et ces trahisons, la cérémonie a révélé une autre vérité : celle d’une famille véritable, non pas celle dictée par la politique ou les affiliations, mais celle du quotidien, du partage, de l’amour sincère et inconditionnel. Si les figures influentes du RDPC et les élites corrompues ont choisi de briller par leur absence, les amis sincères, les voisins, les proches et les anonymes ont répondu présents, prouvant que la solidarité humaine ne peut être totalement étouffée par la machine du régime. La messe pontificale, célébrée par Mgr Achille Eyabi, a marqué un moment de recueillement et de dignité, prouvant que, même dans un pays fracturé, certains espaces de vérité et d’humanité persistent.
Ainsi, ces obsèques ont été bien plus qu’un adieu à une mère ; elles ont été le miroir des maux profonds du Cameroun sous le RDPC. Elles ont révélé l’ampleur de l’exclusion sociale orchestrée par le régime, la soumission de l’élite intellectuelle, la trahison des valeurs traditionnelles par la chefferie et, paradoxalement, la force de la solidarité humaine face à l’oppression.
Un enterrement ne devrait jamais être un acte politique, et pourtant, au Cameroun, il l’est devenu. Quand même les morts ne peuvent rassembler les vivants, c’est que le régime en place a réussi à pervertir jusqu’aux liens les plus sacrés de la société. Mais l’histoire nous enseigne aussi que tout système de domination fondé sur la peur et la division finit un jour par s’effondrer.
Ce récit est donc à la fois un constat amer et un appel à la résilience : tant que l’humain prévaudra sur la politique, tant qu’il y aura des hommes et des femmes refusant de plier devant l’injustice, alors l’exclusion sociale imposée par le RDPC ne sera jamais totale.
I. L’absence des collègues de l’IRIC : Quand l’élite intellectuelle choisit le silence plutôt que l’engagement
L’intellectuel est censé être une boussole pour la société, un phare dans l’obscurité du conformisme et de la pensée unique. Pourtant, au Cameroun, l’élite académique s’est transformée en spectatrice silencieuse du délitement national. Le silence assourdissant de mes collègues de l’IRIC lors des obsèques de ma mère est la preuve que, dans ce pays, même la mort est politisée.
L’IRIC, censé former les élites diplomatiques du Cameroun, devrait être un creuset de réflexion critique sur l’État, la gouvernance et les relations internationales. Mais au lieu de cela, il est devenu une maison de résonance du RDPC, où la pensée critique s’arrête là où commence la peur des représailles.
Le jour des funérailles, je n’ai pas seulement enterré ma mère. J’ai aussi constaté la mort de la solidarité intellectuelle, l’agonie d’un milieu académique qui a renoncé à sa mission première : éclairer la société, dénoncer l’injustice, être un contre-pouvoir.
Quand le silence devient une forme de complicité
Si mes collègues de l’IRIC ont brillé par leur absence, ce n’est pas parce qu’ils ne pouvaient pas venir. C’est parce qu’ils ont choisi de ne pas être associés à un homme qui défie l’ordre établi. Le simple fait d’assister aux obsèques d’un intellectuel engagé dans l’opposition politique est perçu comme une prise de position risquée. Dans le Cameroun de Paul Biya, tout geste, même le plus anodin, est scruté à travers le prisme de l’allégeance au pouvoir.
Ce mutisme collectif est révélateur d’une dynamique plus large. L’universitaire camerounais, jadis figure respectée et redoutée du débat public, est devenu un fonctionnaire de la pensée, un bureaucrate du savoir, un diplomate du silence. Son rôle n’est plus de questionner l’État, mais de le légitimer par des discours vides et des recherches sans impact.
L’intellectuel camerounais : un prisonnier volontaire du système
Pourquoi ce silence ? Par peur, bien sûr. Au Cameroun, l’intellectuel qui ose parler est puni ; celui qui se tait est récompensé. Les nominations, les subventions, les promotions sont conditionnées par un allégeance tacite au régime. L’université, censée être un sanctuaire de la pensée libre, est aujourd’hui un laboratoire de l’autocensure.
En refusant de s’associer à un collègue qui défie le pouvoir, mes anciens camarades de l’IRIC ont confirmé qu’ils sont prisonniers d’un système où l’intellectuel ne doit pas penser, mais réciter. Ils ont choisi la prudence plutôt que la loyauté, la carrière plutôt que le courage, le silence plutôt que la vérité.
Une élite qui trahit sa mission
L’intellectuel n’a pas pour mission de se cacher derrière des titres et des privilèges. Il a le devoir de questionner, de déranger, de proposer. Mais au Cameroun, il est devenu un spectateur passif, un témoin muet de la déchéance nationale.
Le silence de mes collègues n’est pas juste une lâcheté individuelle, c’est une trahison collective. Une trahison de la jeunesse qui attend des modèles, une trahison du peuple qui a besoin de guides, une trahison de la mémoire des penseurs africains qui ont risqué leur vie pour une société plus juste.
À quoi sert un intellectuel qui ne pense pas ? À quoi sert un enseignant qui n’enseigne pas la vérité ? À quoi sert une élite qui préfère la soumission au combat ?
Dans ce Cameroun où l’intelligence est devenue un crime et le silence une vertu, il n’est plus étonnant que la médiocrité triomphe et que l’exclusion soit le prix du courage.
II. L’exclusion sociale sous le RDPC : un système de domination par la peur et l’isolement
Le régime du RDPC ne se contente pas de gouverner par la force ou la fraude électorale. Il contrôle aussi la société par un mécanisme insidieux : l’exclusion sociale. Dans le Cameroun de Paul Biya, ne pas appartenir au RDPC, c’est être marginalisé, isolé, traité comme un paria.
Un système qui brise les liens sociaux
L’absence de nombreux proches, collègues et figures influentes lors des obsèques de ma mère en est une illustration parfaite. Ce n’était pas un oubli. Ce n’était pas une coïncidence. C’était un message. Un message envoyé par un système qui punit ceux qui osent penser différemment. Refuser de soutenir le RDPC, c’est être mis au ban de la société, c’est voir ses relations s’effriter, c’est devenir un “intouchable” dans son propre pays.
Ce phénomène ne me concerne pas uniquement. Il est vécu par des milliers de Camerounais qui osent ne pas plier le genou devant le parti au pouvoir. Dans l’administration, dans les entreprises, dans les familles mêmes, le RDPC a instauré une logique d’exclusion où l’appartenance politique détermine qui a droit au respect, à l’entraide, au simple lien humain.
Diviser pour mieux régner
La stratégie est claire : créer une fracture sociale entre ceux qui “sont avec le parti” et ceux qui refusent de se soumettre. Ce n’est pas un hasard si les cadres du RDPC n’étaient pas présents aux funérailles. Ce n’est pas un hasard si même certains membres de ma famille affiliés au parti ont préféré l’absentéisme. La peur du régime est si profonde que même rendre hommage à une défunte devient un acte politique risqué.
On retrouve ce même mécanisme dans les milieux professionnels. Dans l’administration, une promotion n’est pas accordée sur la base du mérite, mais sur l’allégeance au RDPC. Dans les universités, les enseignants critiques sont mis à l’écart, bloqués dans leur avancement, exclus des cercles de décision. L’État ne se contente pas d’exclure ses opposants politiquement, il les condamne aussi à une mort sociale.
Une exclusion qui rappelle les divisions religieuses coloniales
L’absence de certains membres de ma famille aux obsèques de ma mère a révélé une vérité encore plus tragique : au Cameroun, la politique a remplacé la religion comme principal facteur de division sociale.
Autrefois, les familles africaines ont été déchirées par l’arrivée des religions monothéistes, qui ont imposé de nouveaux dogmes en opposition aux traditions ancestrales (Mudimbe, 1988). Aujourd’hui, le RDPC applique la même stratégie : il divise les familles, sépare les amis, et impose une allégeance idéologique comme condition d’intégration sociale.
• Soit vous êtes avec eux, soit vous êtes contre eux.
• Soit vous faites allégeance au RDPC, soit vous êtes considéré comme un paria.
Ce schéma a remplacé les valeurs d’entraide et de solidarité par une logique d’exclusion, où les liens de sang sont moins importants que les liens partisans.
Dans un pays où le pouvoir est monopolisé par une oligarchie vieillissante, l’adhésion au RDPC est devenue une condition de survie, et la neutralité un crime silencieux.
L’intimidation et le chantage comme outils de gouvernance
L’intimidation, dans ce contexte, devient un outil de gouvernance, ou du moins, de maintien du pouvoir. L’absence d’une réponse claire et cohérente du gouvernement face aux défis sociaux (comme la destruction du pont de Nkanla) est l’expression la plus évidente de ce climat de peur. Les citoyens, les intellectuels, les leaders communautaires savent qu’ils devront payer un prix s’ils osent défier l’ordre établi. C’est cette peur d’être écarté, ostracisé, voire puni, qui rends toute tentative d’opposition ou de protestation presque impossible.
Le mécanisme de chantage est subtil mais efficace : si vous ne vous alignez pas sur le pouvoir, vous perdez vos privilèges, vos relations, vos opportunités de carrière. Dans un pays où les moyens économiques et les opportunités sont limités, cette pression sociale devient écrasante. Cela pousse de nombreux Camerounais à se conformer au régime, non par conviction, mais par peur d’être réduits au silence, à la marginalisation, voire à l’anonymat total.
III. L’absence de la chefferie traditionnelle : la domestication des gardiens des traditions par le régime
Dans les sociétés africaines précoloniales, la chefferie traditionnelle était l’incarnation de l’autorité légitime, du lien ancestral et du garant de l’harmonie communautaire. Elle jouait un rôle central dans la régulation sociale, la résolution des conflits et la préservation des valeurs culturelles. Les chefs traditionnels étaient des figures respectées, au-dessus des querelles politiques, servant d’intermédiaires entre les vivants et les ancêtres, entre le peuple et les forces spirituelles.
Or, l’un des aspects les plus frappants des obsèques de ma mère a été l’absence des autorités traditionnelles, censées être les gardiennes du respect et de l’ordre moral dans nos communautés. Comment expliquer qu’une institution aussi ancrée dans notre histoire ait été dévoyée au point de devenir un simple prolongement du pouvoir politique ?
De la légitimité coutumière à l’asservissement politique : une trahison des valeurs ancestrales
Sous le régime du RDPC, les chefferies traditionnelles ont progressivement perdu leur autonomie pour devenir des instruments dociles du pouvoir central. Cette capture institutionnelle s’est faite par plusieurs moyens :
1. La cooptation et la nomination des chefs traditionnels par l’État
• Avant l’indépendance et dans les premières décennies postcoloniales, les chefs étaient désignés selon des critères historiques et coutumiers. Aujourd’hui, le RDPC a transformé cette fonction en un poste politique. Les chefs qui refusent de prêter allégeance au parti sont marginalisés, remplacés ou tout simplement ignorés.
• L’État ne reconnaît officiellement que les chefs qui servent ses intérêts, créant ainsi une fracture entre les chefs légitimes selon la tradition et ceux fabriqués par le pouvoir.
2. L’intégration des chefs dans l’appareil du RDPC
• À travers le décret présidentiel de 1977, modifié plusieurs fois, les chefs traditionnels ont été transformés en auxiliaires de l’administration, les obligeant à faire allégeance au parti unique.
• Certains d’entre eux deviennent des militants actifs du RDPC, servant plus les intérêts du parti que ceux des populations qu’ils sont censés représenter.
• Ils participent aux campagnes électorales, mobilisent leurs sujets pour voter en faveur du RDPC et répriment toute contestation locale.
3. L’instrumentalisation économique et financière des chefferies
• Les chefs traditionnels reçoivent des salaires de l’État, ce qui les place dans une situation de dépendance vis-à-vis du régime.
• En échange de cette subvention, ils doivent servir de relais du pouvoir en place, empêcher les contestations locales et neutraliser toute opposition politique dans leur territoire.
Cette domestication des chefferies traditionnelles par le RDPC a vidé ces institutions de leur essence. Plutôt que d’être des figures neutres et protectrices des populations, les chefs sont devenus des courroies de transmission du pouvoir.
L’absence de la chefferie à mes obsèques : un symbole de soumission totale au régime
Dans une société où la tradition reste profondément ancrée, les funérailles d’une personne sont un moment sacré où les chefs coutumiers ont un rôle crucial à jouer. Ils viennent honorer la mémoire du défunt, témoigner de la continuité du lien entre les vivants et les ancêtres, et réaffirmer l’appartenance du disparu à la communauté.
Le fait que les autorités traditionnelles aient brillé par leur absence lors des funérailles de ma mère n’était pas anodin. Il s’agissait d’un acte politique, une preuve de l’emprise totale du RDPC sur ces institutions supposées être indépendantes.
• Ce silence n’était pas un oubli, mais une allégeance : l’omission de leur présence à cette cérémonie reflète leur crainte d’être perçus comme proches d’un opposant politique.
• L’évitement était un message : en s’abstenant de participer, ces chefs montraient leur soumission totale au pouvoir en place, préférant l’obéissance au RDPC plutôt que le respect des traditions et des valeurs ancestrales.
Cette absence ne concernait pas seulement ma famille. Elle est le symptôme d’une situation bien plus grave qui touche toutes les familles camerounaises :
• Lorsqu’une chefferie traditionnelle préfère suivre les ordres d’un parti politique plutôt que de remplir son devoir envers son peuple, c’est que la société est en perdition.
• Lorsqu’un chef traditionnel doit choisir entre sa loyauté à l’État et son engagement envers son peuple, c’est que l’État a corrompu le fondement même de notre civilisation.
Dans un Cameroun où le RDPC a remplacé les coutumes par l’obéissance aveugle, où la parole des anciens est soumise aux injonctions de Yaoundé, que reste-t-il du respect des traditions ?
IV. Un hommage authentique : quand la vraie famille transcende les divisions artificielles
Le moment de recueillement, célébré par Mgr Achille Eyabi, docteur de l’Eglise, Evêque d’Eseka, fut une véritable messe pontificale, un hommage qui a transcendé les divisions artificielles et révélé la vraie famille. Ce fut un succès total, marquant la célébration de la vie de ma mère dans la vérité et la dignité, et une victoire de l’humanité sur la politique de division du pouvoir en place.
L’hommage rendu à ma mère fut un acte profondément émouvant et significatif, marquant bien plus qu’une simple cérémonie funéraire. Il fut, en effet, un moment de vérité et de résistance silencieuse face à la fracture sociale orchestrée par le régime du RDPC. Un hommage où la “vraie famille” s’est manifestée dans sa plus pure expression, dépassant les clivages politiques, les rivalités partisanes et les exclusions sociales. Cet hommage fut, avant tout, un rappel que, malgré les divisions imposées par le pouvoir, la véritable unité ne réside pas dans les alliances artificielles, mais dans la solidarité authentique des hommes et des femmes unis par des liens d’affection, d’histoire et de culture commune.
L’absence des membres du RDPC, ainsi que des collègues de l’IRIC, m’a profondément interpellé. Il n’était pas question ici de politique, mais de l’essence même de l’humanité : rendre hommage à un être cher, célébrer une vie, marquer un départ dans la dignité. Cette absence n’était pas seulement symbolique ; elle fut une démonstration flagrante de l’exclusion sociale systématique dont les citoyens sont victimes lorsqu’ils ne se conforment pas à la vision étroite et totalitaire du pouvoir en place. Il est difficile de ne pas voir dans cette absence une volonté délibérée d’ostracisme. Le RDPC, par son attitude, a non seulement marginalisé mon engagement politique, mais a également séparé les familles, transformant ce qui devrait être un acte de solidarité humaine en un enjeu de loyauté partisane.
Mais, malgré tout, l’âme de cette cérémonie fut celle de la famille véritable. Contrairement à l’image imposée par ceux qui se sont opposés à mon engagement, la famille qui a entouré ma mère, la véritable famille, n’a pas été celle qui se définissait par des liens politiques, mais par des liens de cœur et de mémoire. Elle n’a pas été celle des partis et des distinctions, mais celle des gens du peuple, des amis sincères, des voisins, des parents d’hier et d’aujourd’hui. Cette famille-là, la seule qui vaille, est celle qui transcende les barrières politiques et les préjugés. Elle est celle qui prend soin de l’autre sans attendre d’avantages politiques. Elle est celle qui, en silence, tisse les liens humains, ceux qui sont plus forts que toutes les manipulations et exclusions sociales.
Il est particulièrement révélateur de constater que l’absence de mes collègues de l’IRIC et des responsables du RDPC contraste directement avec la présence de ceux qui, de manière authentique, ont montré leur solidarité. Parmi eux, il y avait ceux qui se sont toujours tenus aux côtés de ma famille, indépendamment de la politique ou des affiliations partisanes. La véritable famille se compose de ceux qui sont là, dans les bons et mauvais moments, de ceux qui ont choisi de ne pas être aveuglés par des idéologies politiciennes, mais de faire preuve de respect humain et de fraternité. C’est cette famille-là qui, par sa présence, a dignement honoré la mémoire de ma mère.
Le contraste était d’autant plus frappant avec l’absence de la chefferie traditionnelle, pourtant supposée être un pilier de la communauté. Là aussi, cette absence n’était pas accidentelle. Elle témoigne de la manière dont les institutions traditionnelles, jadis considérées comme les garantes de l’unité communautaire, ont été infiltrées et dénaturées par le régime en place. La chefferie, autrefois perçue comme le lien social par excellence, a été réduite à un simple instrument de pouvoir, corrompu et isolé de la réalité du peuple. Elle ne pouvait, de ce fait, se rendre présente pour rendre hommage à une personnalité véritablement incarnée par la communauté, qui n’était pas issue de la sphère politique mais de la vie quotidienne.
L’absence de ces différentes figures du pouvoir n’a donc fait que souligner la vérité sur la société camerounaise actuelle : une société déchirée, divisée par des lignes tracées artificiellement par le régime, où la solidarité, l’humanité et l’empathie sont constamment écartées au profit d’une loyauté aveugle envers un système qui se nourrit de la division et de la peur. Mais dans ce contexte, un hommage authentique a su prendre forme, non pas à travers les gestes des puissants, mais grâce à ceux qui, loin de l’ombre de l’idéologie du RDPC, ont honoré ma mère avec sincérité et respect.
Conclusion : Un dernier adieu sous le poids d’un régime diviseur
Ce qui aurait dû être un moment de recueillement, un hommage solennel rendu à une mère disparue, s’est transformé en une démonstration éclatante du mal profond qui ronge la société camerounaise. Sous le régime du RDPC, même la mort ne suffit plus à rassembler, car elle est désormais soumise aux calculs politiques, aux allégeances partisanes et aux fractures sociales imposées par un pouvoir qui ne tolère aucune voix dissonante.
L’absence des collègues de l’IRIC a révélé l’emprise d’une culture du silence et du conformisme sur une élite intellectuelle qui, plutôt que de jouer son rôle de vigie de la société, se contente d’être l’écho du pouvoir en place. L’exclusion sociale dont j’ai été victime, au sein même de ma propre famille élargie, a mis en lumière l’un des piliers du système RDPC : diviser pour mieux régner, en instillant la peur et en brisant les liens naturels de solidarité. La soumission de la chefferie traditionnelle, autrefois bastion de la cohésion communautaire, montre combien le régime a su s’approprier les structures ancestrales pour les transformer en instruments de légitimation de son pouvoir.
Pourtant, au milieu de cette mise en scène de l’isolement et de la trahison des valeurs essentielles, une vérité éclatante s’est imposée : la vraie famille n’est pas celle dictée par les appartenances politiques, les titres ou les privilèges, mais celle qui demeure fidèle, qui résiste aux pressions et qui se tient debout dans l’épreuve. C’est cette famille-là, composée des proches sincères, des villageois et des âmes libres, qui a rendu un hommage digne à ma mère et a refusé de céder à la logique d’exclusion imposée par le régime.
Ainsi, ces obsèques sont devenues bien plus qu’une cérémonie funéraire : elles ont été une illustration tragique de la manière dont le RDPC a transformé la société camerounaise en une arène de suspicion, d’allégeance contrainte et d’opportunisme politique. Mais elles ont aussi été un acte de résistance, la preuve que malgré l’emprise du pouvoir, des poches de dignité subsistent et s’affirment.
L’histoire retiendra que, même sous le poids de la répression et de la manipulation, il existe encore des Camerounais capables de dire non à la division, capables d’honorer leurs morts sans compromission et de maintenir vivantes les valeurs de solidarité et d’authenticité que le régime tente d’enterrer. Mon adieu à ma mère a donc été aussi un adieu à une illusion : celle d’un Cameroun encore capable de fraternité sous ce régime. Mais il a été aussi un serment : celui de continuer à me battre pour un pays où plus jamais la mort ne servira d’instrument de ségrégation politique.
CHAPITRE 2: Construire avec le PEUPLE ce que la MAIRIE DE POUMA A DÉTRUIT sous LE REGARD COMPLICE DE L’ÉTAT : un acte de résistance face à l’abandon
Un État qui laisse détruire ses infrastructures vitales sans réagir est un État complice. Un État qui ignore les cris de détresse de ses citoyens est un État assassin. Et un État qui, face à la souffrance de son peuple, choisit le silence est un État mort. Le pont de Nkanla n’a pas été détruit par une catastrophe naturelle. Il a été détruit par une entreprise privée, sous le regard complice de la mairie de Pouma et dans l’indifférence totale de l’administration camerounaise.
Ce pont n’était pas un simple passage. C’était le cordon ombilical reliant les populations de Nkanla 1 et 2 au reste du pays, leur permettant d’accéder aux marchés, aux écoles, aux hôpitaux, et tout simplement de vivre. Pendant trois à quatre ans, ces populations ont été abandonnées, privées d’un droit aussi fondamental que celui de se déplacer librement.
Nous avons écrit à toutes les autorités concernées : la mairie, la sous-préfecture, la préfecture, et même les instances supérieures de l’administration centrale. Silence absolu. Pas une seule réponse, pas un seul acte concret, pas même une visite sur le terrain pour constater l’ampleur du drame. Pire encore, lorsque j’ai interpellé les autorités lors du conseil municipal du 31 décembre 2024, le représentant du préfet est resté muet, aussi inerte qu’une statue, comme si ce crime ne le concernait pas.
Alors, face à cette trahison étatique, il ne nous restait qu’une seule solution : prendre nous-mêmes en main notre destin et reconstruire ce que l’État a laissé détruire.
Ici la page FB de la chefferie de Ngompem signalant le début des travaux le 30 juin 2023 en vain
Un projet titanesque sans les moyens de l’État
Reconstruire un pont sans les moyens d’un État, dans un village tropical enclavé, relève d’un défi herculéen. Mais lorsque l’injustice devient insupportable, la résistance devient une nécessité. Nous avons donc lancé la reconstruction avec les forces et les ressources du peuple, dans un esprit de solidarité qui contraste avec la lâcheté des autorités.
Emplacement choisit pour le pont de déviation
Le coût total des travaux s’est élevé à près de 3 500 000 FCFA, entièrement financés par mes propres fonds. Un chiffre dérisoire comparé aux budgets astronomiques que l’État alloue chaque année à des projets fictifs dont l’argent disparaît dans les poches de l’élite corrompue.
Voici comment ces fonds ont été répartis :
1. Mobilisation des jeunes travailleurs :
• Près de 100 jeunes, y compris ceux des villages avoisinants comme Dibang, ont été mobilisés.
• Transport : Les amener sur le site n’a pas été une mince affaire, nécessitant des véhicules et des motos.
• Nourriture et eau potable : Travailler sous le soleil brûlant, avec des outils rudimentaires, exigeait de nourrir correctement les volontaires. Chaque jour, nous avons dû acheter du riz, du maïs, du manioc, de la viande, et de l’eau potable.
2. Prospection et coupe du bois :
• Dans une région tropicale, le choix du bois est crucial. Il fallait une essence robuste, résistante à l’humidité et aux termites.
• Nous avons mené une prospection en forêt pendant plusieurs jours, identifiant les arbres appropriés et organisant leur abattage dans le respect de l’environnement et des traditions locales.
• Transport du bois : Une tâche titanesque. Faute de grues ou d’équipements modernes, nous avons transporté les troncs à la force humaine et avec des charrettes improvisées.
3. Construction du pont :
• Assemblage des poutres : Sans machines, tout a été fait à la hache, à la scie et à la machette. Chaque poutre a été taillée avec précision pour garantir la stabilité de l’ouvrage.
• Fixation et renforcement : Nous avons utilisé des cordes solides, des clous en acier et des techniques artisanales éprouvées par des générations de bâtisseurs locaux.
• Remblayage et stabilisation : La terre et les pierres ont été compactées pour solidifier les abords du pont et empêcher son effondrement en saison des pluies.
Chaque jour, sous un soleil accablant, pieds nus pour certains, avec des mains couvertes d’ampoules, ces jeunes ont travaillé sans relâche pour restaurer ce que l’État avait laissé détruire.
L’État complice : silence et mépris face à la souffrance des populations
Ce chantier a révélé deux Cameroun diamétralement opposés. D’un côté, le Cameroun du peuple, celui qui, sans ressources, sans budget, sans soutien institutionnel, est capable de reconstruire un pont vital par la force de sa volonté et de sa solidarité. De l’autre, le Cameroun des élites corrompues, qui, malgré des milliards de francs CFA en budget, est incapable de garantir une infrastructure de base à ses citoyens.
L’administration, pourtant alertée depuis des années, n’a rien fait. Et ce silence est un aveu de complicité. Comment expliquer qu’un individu privé puisse reconstruire un pont avec 3 500 000 FCFA, tandis que l’État, avec ses milliards, ne bouge pas le petit doigt ?
Ce n’est pas un oubli. Ce n’est pas une négligence. C’est une politique délibérée de mépris et de prédation. Laisser mourir les infrastructures publiques est un moyen pour la mafia au pouvoir de justifier de nouveaux budgets qu’ils détournent ensuite. Et si une communauté ose se prendre en charge, ils réagissent par la répression, car un peuple autonome est un peuple dangereux pour un régime autoritaire.
Quand la solidarité du peuple supplante l’incompétence de l’État
Face à cet abandon criminel, les jeunes de Nkanla et Dibang ont donné une leçon d’honneur et de dignité à l’administration camerounaise. Ils ont montré que la résilience et la solidarité valent mieux que les promesses creuses des politiciens.
Pendant des jours, ils ont travaillé dans des conditions extrêmes. Ils ne demandaient pas des salaires exorbitants, des contrats juteux, ou des privilèges. Ils voulaient juste rétablir un droit fondamental : celui de circuler librement sur leur propre territoire.
Et ils l’ont fait. Le pont de Nkanla a été reconstruit par la sueur et le sang de ces jeunes, et non par les milliards dilapidés dans les hôtels de luxe de Yaoundé et de Genève.
Un acte de résistance, un modèle pour l’avenir
Ce projet ne fut pas qu’une simple réparation d’infrastructure. C’était un acte de résistance politique, un défi lancé à un État qui a fait de la négligence une arme contre son propre peuple.
Si 100 jeunes ont pu reconstruire un pont avec 3 500 000 FCFA, que pourrions-nous accomplir avec une gestion honnête et patriotique des ressources publiques ? Cette question, les dirigeants du Cameroun refusent de se la poser, car la réponse est une menace pour leur règne.
Le pont de Nkanla est plus qu’un passage restauré. C’est un symbole de ce que nous, Camerounais, pouvons réaliser si nous refusons d’être esclaves d’un système corrompu.
Et si l’État refuse de nous écouter, alors nous devons bâtir notre propre avenir, pierre après pierre, poutre après poutre, en nous souvenant toujours que ce pays appartient au peuple, et non à ceux qui le pillent.
Et c’est dans cette lutte que j’ai failli laisser ma propre vie, lors de la troisième étape de mon séjour : un accident de moto sur une route délabrée, une route qui, comme tant d’autres au Cameroun, aurait dû être entretenue par un État qui, encore une fois, n’a pas fait son travail.
CHAPITRE 3 : UN ACCIDENT ÉVITABLE, UN ÉTAT CRIMINEL: QUAND LA ROUTE DEVIENT UNE ARME DE MORT
Moi, le jour des obsèques chaussant déjà une béquille auprès de Mgr
Dans un pays normal, voyager d’un point A à un point B ne devrait pas être un pari sur la vie ou la mort. Mais au Cameroun, l’état des routes est si catastrophique qu’un simple trajet peut se transformer en tragédie. Le 4 février 2025, sur la colline dangereuse de Dongui, j’ai failli perdre la vie. Victime d’un accident de moto où je partais chercher ma voiture au garage, sur une route totalement délabrée, j’ai quitté cet endroit avec une jambe en lambeaux, une douleur indicible et une conviction encore plus forte : au Cameroun, l’incurie de l’État tue autant que la répression politique.
Un réseau routier en état de mort clinique
Si l’on voulait résumer en une image l’échec du régime de Paul Biya, il suffirait de photographier une route camerounaise après une pluie. Ornières béantes, bitume éventré, poussière suffocante en saison sèche et rivières de boue en saison des pluies : tel est le sort de la majorité des axes routiers du pays.
Selon la Banque mondiale (2022), plus de 90 % des routes rurales au Cameroun sont impraticables après une forte pluie. Et pourtant, chaque année, des milliards de francs CFA sont officiellement destinés à l’entretien routier. Où va cet argent ? Dans les poches des pontes du régime, dans les comptes offshore de ministres corrompus, tandis que le peuple, lui, paie le prix du sang.
Le cas de la colline de Dongui est emblématique. Depuis des décennies, cette route est un piège mortel pour ceux qui l’empruntent. Trop pentue, mal entretenue, transformée en un véritable champ de mines par les intempéries, elle aurait dû être sécurisée depuis des années. Mais l’État camerounais ne construit pas des routes pour ses citoyens. Il en construit pour des marchés surfacturés, pour enrichir une oligarchie qui ne circule jamais sur ces axes mortels, préférant les avions privés et les convois sécurisés.
Le Cameroun enregistre l’un des taux de mortalité routière les plus élevés d’Afrique. Selon l’OMS (2023), plus de 16 500 Camerounais meurent chaque année dans des accidents de la route, soit l’équivalent d’un massacre permanent et silencieux, orchestré par l’incompétence et la corruption.
Un accident qui aurait pu m’être fatal
Ce jour-là, j’allais chercher ma voiture au garage à Pouma lorsque ma moto a perdu le contrôle sur cette route en ruine. En une fraction de seconde, j’ai vu défiler ma propre mort. La moto a percuté une crevasse, j’ai été projeté violemment au sol et ma jambe s’est écrasée sous le poids de la moto. Une douleur fulgurante a traversé mon corps. Au sol, incapable de bouger, j’ai réalisé à quel point nous, Camerounais, sommes à la merci de l’incompétence de ceux qui nous gouvernent.
Mon accident n’était pas un simple fait divers. C’était un crime d’État. Car chaque trou non réparé, chaque route abandonnée, chaque infrastructure délaissée est une sentence de mort signée par ce régime. Si les routes camerounaises étaient entretenues, cet accident ne se serait jamais produit. Mais au Cameroun, comme dans bien d’autres domaines, la norme est l’abandon, le mépris, et l’indifférence totale face aux souffrances du peuple.
L’indifférence des pouvoirs publics face à la détresse des citoyens
Après mon accident, aucun service d’urgence n’est venu me secourir. Dans un pays où les ambulances sont des luxes réservés aux ministres, les victimes d’accidents doivent compter sur la chance et la solidarité populaire. J’ai été transporté tant bien que mal par des villageois, sur une route qui, ironie du sort, était en aussi mauvais état que celle qui m’avait blessé.
Les hôpitaux camerounais, eux aussi victimes de décennies de mauvaise gestion, offrent peu d’espoir à ceux qui y arrivent en situation d’urgence. Selon le Rapport sur la Santé en Afrique (2023), plus de 60 % des hôpitaux publics camerounais souffrent d’un manque criant de matériel médical et de personnel qualifié. Pourtant, les élites du régime ne s’y soignent jamais : elles prennent l’avion pour la France, la Suisse ou les États-Unis, pendant que le peuple est abandonné à son sort dans des structures médicales délabrées.
J’ai survécu à cet accident, mais combien d’autres n’ont pas cette chance ? Combien de Camerounais meurent chaque jour sur des routes qui devraient être sûres, dans un pays qui pourrait largement se permettre de les entretenir si les fonds publics étaient réellement investis dans le développement au lieu d’être pillés par une caste prédatrice ?
Quand l’absence d’État devient une condamnation à mort
Mon accident sur la colline de Dongui est plus qu’un simple événement personnel. Il est le symbole d’un Cameroun où l’on ne meurt pas seulement de maladie ou de vieillesse, mais aussi de négligence, de corruption et de l’abandon total du peuple par ses dirigeants. Au Cameroun, chaque trajet est un pari sur la vie. Chaque kilomètre parcouru est un défi contre la mort.
Et le plus tragique, c’est que cet état des routes n’est pas une fatalité. D’autres pays africains, avec des budgets similaires, ont su construire et entretenir des infrastructures viables. Le Rwanda, malgré des ressources bien moindres, possède un réseau routier en bien meilleur état que le Cameroun, simplement parce que la corruption y est combattue et que l’argent public sert réellement à l’intérêt collectif.
Mais au Cameroun, l’État ne sert pas le peuple. Il le méprise. Il le sacrifie. Il lui impose une souffrance quotidienne qui, à force d’être banalisée, est devenue la norme. Et c’est cette normalisation du chaos qui est la plus révoltante.
Je suis reparti de la colline de Dongui avec une jambe meurtrie, mais avec une détermination encore plus forte : ce pays ne changera pas tant que ceux qui l’ont plongé dans cet état ne seront pas balayés.
Si nous acceptons cet état des choses, alors nous nous condamnons nous-mêmes à mourir sur des routes éventrées, dans des hôpitaux sans médicaments, dans des écoles qui s’effondrent. Mais si nous refusons, si nous nous levons pour exiger des comptes, pour réclamer la justice, alors il reste un espoir.
De la route délabrée aux obsèques d’une mère : une transition amère
Malgré la douleur et les séquelles de mon accident, je n’avais pas le luxe de m’arrêter. Un autre combat m’attendait : rendre un dernier hommage à ma mère, dans un pays où même le deuil est politisé. Car si la route du Cameroun est un enfer physique, le système politique qui l’accompagne est un enfer moral où la division, la haine et la peur dictent qui peut pleurer avec vous et qui ne le peut pas.
À gauche, mon arrivée au Cameroun, à droite, mon départ du Cameroun
INTRODUCTION: Un voyage de deuil, un retour à l’enfer
Dans le cadre de mes publications académiques, j’ai souvent l’opportunité de voyager, de parcourir le monde pour confronter mes idées avec d’autres chercheurs, pour débattre de la gouvernance, du développement et des systèmes politiques. Mais aucun voyage ne m’a autant marqué que mon retour au Cameroun pour les obsèques de ma mère.
Parti au pays avec deux pieds, j’en suis reparti avec trois, une béquille sous le bras et le poids du désespoir dans le cœur. Ce n’était pas qu’un deuil personnel que je vivais, mais le deuil d’un pays en perdition, d’un État en lambeaux, d’une société où la souffrance est devenue une norme et où l’injustice est érigée en système.
Ce récit n’est pas seulement le témoignage d’un seul individu que je suis, il s’agit d’une réalité partagée par des millions de Camerounais qui, qu’ils soient sur place ou à l’étranger, sont piégés dans un pays où tout est conçu pour briser les âmes, humilier les citoyens et les priver de leur dignité. Ce que j’ai vécu en quelques semaines est le quotidien de ceux qui y survivent chaque jour : des infrastructures abandonnées, un État absent, une administration corrompue, un système de santé en ruine et une société profondément divisée par la politique du régime en place.
À travers cinq étapes marquantes – de la destruction d’un pont à Ngompem et du mépris des autorités, à ma tentative désespérée de reconstruire ce que l’État refusait de réparer ( à mes propres frais = 3 500 000 FCFA) , en passant par un accident sur des routes délabrées, l’isolement social dû à mon engagement politique et un exil médical forcé – je raconte ici le calvaire d’un peuple pris au piège d’un régime qui ne lui offre qu’une alternative : la soumission ou la mort.
Le Cameroun de Paul Biya est devenu un enfer à ciel ouvert où la misère est institutionnalisée, où la jeunesse est abandonnée, où les élites gouvernantes ne se préoccupent que de leur propre survie. Ce texte n’est pas un simple témoignage, c’est un cri d’alarme, une radiographie d’un pays en état de décomposition avancée. Il met en évidence les maux profonds qui gangrènent notre société et appelle à une prise de conscience collective, car il ne s’agit pas que du sort d’un individu, mais bien de l’avenir de tout un peuple.
CHAPITRE 1 . L’indifférence criminelle de l’État : 31 Décembre 2025 à Pouma, le combat pour un pont et la dignité des citoyens
Lorsque je suis retourné au Cameroun après quelques jours Angleterre après un séminaire, pour les obsèques de ma mère, je ne m’attendais pas à être confronté à l’une des formes les plus manifestes du mépris de l’État pour ses citoyens : la privation du droit fondamental à la mobilité. À Ngompem, dans l’arrondissement de Pouma, un pont essentiel reliant le même village avait été détruit depuis plus de trois ans par une entreprise privée opérant sous le regard passif des autorités locales.
Ce pont, loin d’être un simple ouvrage d’ingénierie, représentait un lien vital pour les populations locales, leur permettant d’accéder aux marchés, aux écoles, aux hôpitaux et aux services administratifs. Sans lui, ces citoyens étaient réduits à l’isolement, coupés du reste du pays comme des prisonniers enfermés dans un ghetto à ciel ouvert.
Au conseil municipal
Le 31 décembre 2024, je me suis rendu au conseil municipal de Pouma pour exiger des explications. Face à moi, le représentant du Préfet de la SANAGA MARITIME, le maire adjoint de Pouma, le sous-préfet, les membres du conseil municipal, tous figures d’une administration qui prétend gouverner mais qui, en réalité, abandonne ses citoyens à leur sort. Ils ne voulaient pas me donner la parole, comme si évoquer le sort de ces populations invisibilisées était une offense. Ils ne voulaient pas entendre que depuis trois à quatre ans, des Camerounais étaient privés de leur droit le plus élémentaire : celui de se mouvoir. Leur attitude était symptomatique d’un régime qui a fait de la surdité institutionnelle un mode de gouvernance.
L’infrastructure : un luxe réservé aux grandes villes et aux élites
Pont détruit de NKANGLA
Le cas du pont de Ngompem n’est pas un incident isolé. Il est le reflet d’un problème systémique au Cameroun : la négligence des infrastructures, en particulier celles situées en dehors des centres urbains stratégiques. Selon un rapport de la Banque Mondiale (2022), plus de 60% des routes au Cameroun sont en mauvais état, et près de 45% des localités rurales sont difficilement accessibles pendant la saison des pluies. Pourtant, la Constitution camerounaise et plusieurs engagements internationaux signés par l’État garantissent le droit à la libre circulation comme un principe fondamental.
Alors que les membres du gouvernement voyagent en jets privés et que les hauts fonctionnaires circulent dans des véhicules de luxe achetés avec l’argent du contribuable, des millions de Camerounais risquent leur vie chaque jour sur des routes défoncées, des ponts effondrés, des pistes impraticables. L’injustice saute aux yeux : l’argent qui aurait pu être investi pour améliorer les infrastructures publiques est détourné pour enrichir une élite restreinte qui ne se sent redevable à personne.
Le mépris des autorités : une politique de l’inaction
Lors de cette réunion du conseil municipal, j’ai vu de mes propres yeux à quel point les dirigeants locaux ne se sentaient ni responsables ni concernés par les souffrances des populations qu’ils sont censés administrer. Non seulement ils ont refusé de me donner la parole, mais ils ont également cherché à minimiser le problème, comme si trois ans d’isolement forcé n’étaient qu’un désagrément mineur.
Ce mépris pour les doléances des citoyens est un des traits caractéristiques du régime Biya. D’après le classement 2023 de l’Indice Ibrahim de la gouvernance africaine, le Cameroun se classe 35e sur 54 pays africains en matière de participation et de droits humains, ce qui reflète le manque de considération des autorités pour les préoccupations des populations. L’administration camerounaise fonctionne comme une forteresse bureaucratique coupée du monde réel, où les décisions sont prises sans consultation, où l’inaction est la règle et où toute voix dissidente est réduite au silence.
L’absence de responsabilité : une impunité institutionnalisée
Le scandale du pont de Ngompem n’est qu’un exemple parmi tant d’autres où l’administration refuse de rendre des comptes. Qui est responsable de sa destruction ? Pourquoi aucune entreprise n’a été tenue de le reconstruire ? Où sont passés les fonds censés être alloués à l’entretien des infrastructures ? Ces questions restent sans réponse, car dans un pays où la corruption siphonne près de 30% du budget de l’État chaque année (Transparency International, 2023), les dirigeants ne se sentent pas obligés de justifier leur incompétence.
En réalité, la destruction du pont est le résultat d’un système où les entreprises privées, souvent liées à des membres influents du régime, peuvent détruire des infrastructures publiques en toute impunité, sans jamais être inquiétées. L’administration locale, au lieu de défendre les intérêts des populations, se contente d’observer passivement, ou pire, de tirer profit de ces situations.
Une administration qui nie l’humanité de son peuple
Ce qui m’a le plus marqué lors de cette confrontation avec le conseil municipal de Pouma, ce n’est pas seulement leur refus de m’écouter, mais l’indifférence avec laquelle ils ont balayé les souffrances de milliers de personnes. Cette attitude traduit une vérité plus profonde : dans le Cameroun de Paul Biya, l’État ne considère pas ses citoyens comme des êtres humains dignes de respect, mais comme des sujets dont on peut ignorer les droits et la dignité.
Il ne s’agit pas seulement d’un pont détruit. Il s’agit d’une politique d’abandon délibéré, d’une stratégie où l’État punit les populations rurales en les privant des services les plus élémentaires. Il s’agit d’une mentalité où la classe dirigeante vit dans une bulle de privilèges pendant que le reste du pays s’enfonce dans la misère et l’oubli.
Ce jour-là, en quittant la salle du conseil municipal sans avoir été écouté, j’ai compris une chose essentielle : dans ce pays, il ne suffit pas de dénoncer, il faut agir, car l’État ne viendra jamais au secours de son peuple. Et c’est ainsi que j’ai pris la décision qui allait marquer la deuxième étape de mon séjour : reconstruire moi-même ce que le gouvernement avait laissé s’effondrer.
CHAPITRE 2. Construire avec le peuple ce que l’État a détruit : un acte de résistance face à l’abandon
Introduction : Le Mensonge Transgénérationnel de Paul Biya
En préparant les obsèques de ma défunte mère qui auront lieu le 7 et 8 Février 2025 à Ngompem, un village sans eau potable, sans électricité, sans routes praticables, coupé en 2 par la destruction de ses ponts et dépourvu de tout service social de base, j’ai découvert dans leurs archives personnelles les cartes de membres du RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais) de mes parents datant des années 90. Ces archives étaient plus qu’un simple souvenir : elles incarnaient leur foi dans les promesses d’un homme, Paul Biya, et dans son régime, qui avaient promis de transformer le Cameroun en une nation prospère. Mais cette foi, maintes fois renouvelée à chaque élection depuis 1982, n’a jamais été récompensée. Mes parents sont partis dans la pauvreté, comme des millions d’autres Camerounais, trahis par des décennies de mensonges.
Cette découverte m’a confronté à une question existentielle : pourquoi avons-nous, en tant que générations successives, permis à ce système de perdurer ? Nos parents ont cru en des promesses de développement, notre génération a été bercée par des illusions d’émergence, et aujourd’hui, on nous demande d’être complices en transmettant ces mensonges à nos enfants et petits-enfants.
Le Cameroun, sous Paul Biya, est devenu un exemple frappant de stagnation déguisée en progrès. À travers des promesses récurrentes de prospérité économique, de modernisation des infrastructures, et de paix sociale, le régime a tissé un discours séduisant, mais creux, qui a maintenu le pays dans un état de dépendance économique et de sous-développement chronique. Les statistiques sont accablantes : près de 40 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (Banque mondiale, 2023), les infrastructures de base sont en ruine, et la jeunesse, qui constitue 60 % de la population, fait face à un chômage massif et un avenir incertain.
Cet article vise à poser une vérité essentielle : le règne de Paul Biya est un règne de promesses non tenues, un mensonge transgénérationnel qui a piégé les espoirs de plusieurs générations. À l’aube des élections présidentielles de 2025, il devient impératif de rompre ce cycle. Ce papier analyse comment ce régime a trahi nos parents, sacrifié notre génération, et tente aujourd’hui de condamner nos enfants à un avenir similaire. À travers des données rigoureuses, nous démontrerons pourquoi les Camerounais doivent dire non aux mensonges des futures générations et saisir cette opportunité historique pour un changement radical et collectif.
1. Les Promesses Non Tenues à la Génération de Nos Parents
Lorsque Paul Biya accède au pouvoir en 1982, il hérite d’un Cameroun relativement stable et prospère, avec un potentiel économique significatif. Son discours inaugural promet un « Renouveau National », basé sur l’unité, la prospérité et la modernisation. Cependant, cette vision s’est rapidement érodée, laissant derrière elle un pays embourbé dans des défis structurels, notamment pour les générations de nos parents qui ont soutenu ce régime avec espoir. Joseph Takougang (2019), dans son livre “Cameroon under Paul Biya: Continuity or Change?”, note que « les promesses faites dans les premières années du Renouveau National n’étaient que des outils de propagande pour consolider le pouvoir, sans stratégie claire de mise en œuvre. »
1.1. Les Déficiences en Développement Rural
L’une des promesses phares du régime Biya était de moderniser les zones rurales pour réduire les disparités entre les régions urbaines et rurales. Pourtant :
• Accès à l’électricité : En 1982, environ 60 % des villages camerounais étaient privés d’électricité (Banque mondiale, 1985). Aujourd’hui, près de 40 % des zones rurales restent non électrifiées, selon les statistiques de la Banque africaine de développement (BAD, 2022). Cette lente progression reflète un manque d’investissement dans les infrastructures.
• Manque d’accès à l’eau potable : Un rapport de l’UNICEF (2021) indique que seuls 37 % des Camerounais vivant en milieu rural ont accès à des sources d’eau potable, une situation presque inchangée depuis les années 1980.
Ces carences condamnent des millions de familles rurales à vivre dans des conditions précaires, où les maladies hydriques et l’insécurité alimentaire persistent.
1.2. Échec des Infrastructures Routières
Paul Biya avait promis de connecter les zones rurales aux centres urbains pour stimuler l’agriculture et les échanges économiques. Cependant, le Cameroun figure encore parmi les pays africains les moins bien desservis en infrastructures routières. Mbaku & Takougang (2004) dans “The Leadership Challenge in Africa” expliquent que « l’incapacité du régime Biya à investir dans les infrastructures critiques dans les années 1980 a marqué le début d’un déclin systémique dans les zones rurales. »
• Statistiques alarmantes : En 2023, seuls 5,7 % des routes sont asphaltées (source : Global Economy Report, 2023), un chiffre qui place le Cameroun bien en dessous de la moyenne africaine, estimée à 20 %.
• Conséquences économiques : Selon une étude du Centre pour la Recherche et le Développement Durable en Afrique (CERDA, 2020), l’agriculture camerounaise perd 40 % de sa production annuelle en raison de l’inaccessibilité des marchés.
Ces failles dans le réseau routier affectent directement les villages comme celui de mes parents, où la pauvreté est exacerbée par l’isolement économique.
1.3. Des Services Sociaux Dégradés
Malgré les promesses d’améliorer les conditions de vie, les services sociaux de base tels que la santé et l’éducation restent désastreux :
• Santé : L’espérance de vie moyenne au Cameroun était de 46 ans en 1982 et est passée à 60 ans en 2023 (Banque mondiale, 2023). Bien que cela représente une amélioration, cette progression est bien inférieure à celle des pays comparables comme le Ghana ou le Sénégal. Les zones rurales continuent de souffrir d’un manque criant de centres de santé, avec seulement 1 médecin pour 10 000 habitants (OMS, 2023).
• Éducation : En 1982, le taux d’alphabétisation était de 41 %. En 2023, il avoisine les 77 %, mais cette augmentation masque une qualité d’éducation médiocre. Les enseignants, souvent sous-payés et démotivés, ne sont pas en mesure d’assurer une formation adéquate.
1.4. L’Héritage d’une Génération Trompée
Mes parents, comme des millions d’autres Camerounais de leur génération, ont cru aux promesses du RDPC et ont activement soutenu le régime. Mais ces promesses n’ont jamais été tenues. Leur mort dans un village dépourvu d’eau, d’électricité et de routes symbolise l’échec de cette génération à voir les fruits du « Renouveau National ».
1.5. Appel à la Mémoire Collective
Les échecs du passé doivent nous alerter. La génération de nos parents a été dupée par des discours vides de sens et des promesses irréalistes. En tant que leurs héritiers, nous devons refuser de continuer sur cette voie. Le renouveau qu’ils espéraient n’a jamais vu le jour, et c’est à nous de briser ce cycle de mensonges générationnels.
2. Une Génération Sacrifiée : Mon Témoignage Personnel
La génération née dans les années 1970 et 1980, à laquelle j’appartiens, a grandi sous les promesses du « Renouveau National ». Ces années étaient marquées par une croyance collective que l’avenir, sous la gouvernance de Paul Biya, serait plus prospère que celui de nos parents. Pourtant, cette foi s’est heurtée à une dure réalité : chômage massif, système éducatif défaillant et insécurité omniprésente. Ma génération est devenue une génération sacrifiée, piégée dans un cycle d’échec et de désillusion.
2.1. Le Chômage : Une Bombe à Retardement
Malgré les engagements répétés du régime Biya de réduire le chômage et de stimuler l’économie, la réalité a été bien différente :
• Taux de chômage et sous-emploi :
En 2023, le taux de chômage officiel au Cameroun était de 6 % selon l’INS (Institut National de la Statistique). Toutefois, ces chiffres masquent une autre réalité : plus de 70 % des travailleurs camerounais sont employés dans le secteur informel, selon la Banque mondiale (2022). Les jeunes diplômés sont les plus touchés, avec un taux de sous-emploi estimé à 77 %.
• Promesses non tenues en matière d’emploi :
En 2001, le gouvernement a lancé le programme « Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté » (DSRP), qui visait à créer des opportunités d’emploi pour les jeunes. Deux décennies plus tard, les résultats sont minimes, avec une économie encore largement dépendante du secteur primaire et des emplois non qualifiés.
Dans leur analyse des politiques économiques de Biya, Amin et Fokam (2020) concluent que « les réformes économiques, en particulier les programmes d’ajustement structurel des années 1990, ont marginalisé davantage les jeunes en détruisant les secteurs publics et industriels qui auraient pu absorber la main-d’œuvre qualifiée. »
Nkemngu (2019), dans son étude sur l’emploi au Cameroun, indique que « l’incapacité du gouvernement à moderniser le secteur industriel a transformé le Cameroun en une économie de survie, où les jeunes survivent au lieu de s’épanouir. »
2.2. Un Système Éducatif en Ruine
La formation de ma génération a été profondément affectée par un système éducatif qui n’a cessé de se détériorer sous le régime Biya.
• Statistiques éducatives :
En 2022, le Cameroun affichait un taux brut de scolarisation primaire de 88 %, mais seulement 45 % des enfants inscrits atteignent le secondaire (UNESCO, 2023). De plus, les infrastructures éducatives sont en lambeaux, avec une moyenne de 85 élèves par classe dans les écoles publiques rurales.
• Faibles investissements :
Le budget alloué à l’éducation représente en moyenne 3,5 % du PIB, un chiffre bien en deçà de la recommandation de l’UNESCO de 6 %.
• Condition des enseignants :
Les enseignants camerounais, souvent non payés pendant plusieurs mois, mènent des grèves fréquentes. En 2022, plus de 30 000 enseignants du primaire étaient encore des vacataires, selon un rapport du Syndicat National des Enseignants du Cameroun (SNEC).
Tchombe (2021), dans son étude sur l’éducation en Afrique centrale, souligne que « l’absence de stratégie éducative cohérente a produit une génération d’apprenants incapables de rivaliser sur le marché globalisé. »
Mforteh et Ndi (2018) notent que « la priorisation des grands projets politiques sur l’éducation illustre l’abandon des valeurs fondamentales qui définissent un État développementaliste. »
2.3. Une Crise Sécuritaire Persistante
Le Cameroun sous Paul Biya est marqué par une insécurité croissante, exacerbant les défis auxquels ma génération fait face :
• Conflits armés :
La guerre contre Boko Haram dans l’Extrême-Nord et la crise anglophone ont déplacé plus de 900 000 personnes à l’intérieur du pays (HCR, 2023). Ces conflits ont détruit des infrastructures, perturbé les activités économiques et créé un climat de peur.
• Budget militaire exorbitant :
En 2023, le Cameroun a consacré 1,5 milliard de dollars (soit 6 % de son PIB) à la défense, selon le SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute). Malgré ces dépenses, l’insécurité persiste, en particulier dans les régions anglophones où des milliers de vies ont été perdues.
• Impact sur la jeunesse :
La militarisation de certaines régions a rendu impossible l’accès à l’éducation pour des milliers d’enfants et de jeunes. En 2023, plus de 30 % des écoles dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest étaient fermées en raison de la crise (UNICEF, 2023).
Mbuh et Ndifor (2022) dans “The Anglophone Crisis in Cameroon” notent que « la réponse militarisée de l’État n’a pas seulement aggravé le conflit, mais a aussi détruit les aspirations économiques et éducatives des jeunes. »
Fonkeng (2021) souligne que « la négligence des causes profondes des crises a transformé les régions affectées en zones de non-droit, contribuant à la désillusion des jeunes. »
2.4. Une Génération Désabusée
Ma génération a été témoin d’une trahison systématique :
• Nous avons grandi avec l’idée que l’éducation nous ouvrirait les portes de l’emploi, mais nous nous sommes retrouvés face à un marché saturé et inhospitalier.
• Nous avons espéré un système politique stable, mais avons vu les conflits se multiplier.
• Nous avons cru en la modernisation promise, mais avons hérité de villes et de villages où les services sociaux sont inexistants.
Ces frustrations alimentent une profonde désillusion chez les jeunes, beaucoup d’entre eux choisissant l’exil, tandis que d’autres sombrent dans le désespoir ou l’activisme radical.
2.5. Une Génération à Revendiquer
L’échec de la génération de mes parents à obtenir un véritable « renouveau » a transformé ma génération en victime collatérale des politiques du régime Biya. Nous devons refuser de laisser cet échec s’étendre à nos enfants. Cet héritage de désillusion doit devenir un appel à l’action pour construire un Cameroun plus juste, plus équitable et véritablement tourné vers l’avenir.
3. La Complicité Inacceptable : Paul Biya et le Mensonge Transgénérationnel
Après avoir menti à la génération de nos parents et sacrifié celle de nos enfants, Paul Biya cherche à prolonger son règne en manipulant notre génération et celle de nos enfants. Les élections présidentielles de 2025 sont un moment critique où ce régime espère encore une fois nous embarquer dans un cycle de promesses creuses et de trahisons historiques. Cette stratégie repose sur la création d’une illusion de changement, alors qu’elle ne fait que perpétuer un système défaillant.
3.1. Des Promesses Électorales Répétitives et Illusoires
Depuis les années 1980, le régime de Paul Biya a construit son discours autour de promesses ambitieuses, mais systématiquement non tenues :
• Promesses économiques : En 1987, Biya avait promis de transformer le Cameroun en une « économie émergente » avant l’an 2000. En 2009, il a renouvelé cette promesse en fixant l’horizon 2035 pour atteindre cet objectif. Pourtant, selon le classement de la Banque mondiale (2023), le Cameroun reste classé parmi les pays à revenu intermédiaire inférieur, avec un PIB par habitant de seulement 1 540 USD, très en deçà des normes des économies émergentes.
• Emplois pour la jeunesse : En 2018, lors de sa campagne électorale, Paul Biya avait promis de créer 500 000 emplois par an. Or, les rapports du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle (2022) indiquent que seulement 15 000 emplois formels ont été créés en moyenne par an depuis 2018, soit moins de 3 % de l’objectif.
• Projets d’infrastructure : Le régime a annoncé plusieurs « grands projets » tels que le port en eau profonde de Kribi, le barrage hydroélectrique de Lom Pangar et l’autoroute Yaoundé-Douala. Bien que certains aient vu le jour, leur gestion inefficace, marquée par des surcoûts massifs et des délais prolongés, a limité leur impact sur l’économie nationale (Transparency International, 2023).
Takougang (2019) décrit ces promesses répétées comme un « cycle de déception institutionnalisée », soulignant que « le régime utilise des projets symboliques pour masquer l’absence de réforme structurelle. »
Selon Fomba et Kamdem (2021), « l’économie camerounaise stagne à cause de politiques incohérentes qui privilégient la communication politique au détriment des résultats concrets. »
3.2. Un État Capturé par les Intérêts Personnels
Le régime de Paul Biya a été marqué par une gestion patrimoniale de l’État, où les ressources publiques sont utilisées pour maintenir le pouvoir au lieu de servir la population :
• Corruption endémique : En 2022, le Cameroun se classait 138e sur 180 pays dans l’Indice de Perception de la Corruption de Transparency International. Chaque année, le pays perd environ 30 % de son budget public à cause de la corruption, selon le Contrôle supérieur de l’État.
• Endettement croissant : La dette publique du Cameroun représentait 46,8 % du PIB en 2023, contre 13 % en 2008 (Banque mondiale). Cette augmentation est due à des emprunts mal gérés pour financer des projets souvent inachevés.
• Gestion népotique : Le système administratif est gangrené par le favoritisme, où des proches du pouvoir occupent des postes stratégiques, indépendamment de leur compétence.
Bayart (1993), dans “The State in Africa: The Politics of the Belly”, décrit les régimes comme celui de Biya comme des systèmes où l’État devient une source de prédation économique pour l’élite politique.
Fonkeng (2020) note que « l’absence de transparence dans la gestion publique a consolidé une oligarchie qui contrôle tous les secteurs clés de l’économie. »
3.3. Un Héritage Désastreux pour les Générations Futures
Si rien ne change, nos enfants et petits-enfants hériteront d’un Cameroun marqué par :
• Un appauvrissement chronique : Selon le PNUD (2022), 37,5 % de la population vit encore en dessous du seuil de pauvreté. Les projections indiquent que ce chiffre pourrait augmenter si les réformes structurelles nécessaires ne sont pas mises en œuvre.
• Un système éducatif désuet : En l’absence d’investissements significatifs, les infrastructures éducatives continueront à se dégrader, compromettant l’avenir des jeunes Camerounais.
• Une dette insoutenable : La dette extérieure du Cameroun est projetée à atteindre 25 milliards de dollars d’ici 2030 (FMI, 2023), laissant peu de marge pour financer les services publics essentiels.
• Un climat d’insécurité persistante : La gestion inefficace des crises actuelles (crise anglophone, Boko Haram) risque de créer une instabilité prolongée, privant les générations futures de la paix et de la sécurité nécessaires au développement.
Mbuh (2022) affirme que « l’échec à résoudre les crises actuelles compromet non seulement la stabilité à court terme, mais aussi le développement à long terme. »
UNICEF (2023) indique que « sans une réforme urgente du système éducatif, plus de 50 % des enfants camerounais risquent de devenir des adultes non qualifiés, incapables de contribuer efficacement à l’économie. »
3.4. Un Appel au Réveil Collectif
Paul Biya cherche à prolonger son règne en manipulant la mémoire collective et en jouant sur les peurs d’un changement. Mais il est temps de dire non à cette stratégie. Refuser de participer à cette mascarade électorale, c’est refuser d’être complice d’un mensonge qui condamne nos enfants et petits-enfants à un avenir de pauvreté et de stagnation.
4. Dire Non aux Mensonges : L’Appel à une Révolution Générationnelle
Les Camerounais, en particulier notre génération et celles qui suivent, doivent rompre avec les mensonges institutionnalisés du régime de Paul Biya. Depuis son accession au pouvoir en 1982, les promesses non tenues se sont accumulées, alimentant le déclin économique, social et politique du pays. Ce cycle de tromperie et de stagnation appelle à un éveil collectif, à une prise de conscience nationale pour bâtir un avenir meilleur.
4.1. Un État au Bord de l’Effondrement
Le Cameroun est aujourd’hui confronté à des crises multiformes qui menacent sa stabilité à long terme :
• Crise économique persistante :
Selon la Banque mondiale (2023), le taux de croissance économique du Cameroun est en moyenne de 3,5 % par an, insuffisant pour réduire significativement la pauvreté ou améliorer les infrastructures publiques. En comparaison, des pays comme le Rwanda et l’Éthiopie affichent des taux supérieurs à 6 %, avec des programmes de réformes axés sur l’innovation et l’industrialisation.
• Dégradation des infrastructures :
Plus de 70 % des routes du pays sont en mauvais état, limitant l’accès aux marchés et augmentant les coûts de transport. Les villages ruraux, comme celui de Ngompem, où mes parents, ont vécu et sont décédés, sont les plus touchés. Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD, 2022) estime que l’absence d’infrastructures modernes réduit la productivité agricole de 40 %, aggravant la pauvreté.
• Déséquilibres sociaux :
En 2023, le GINI index du Cameroun, mesurant les inégalités, était de 46,6, indiquant une concentration extrême des richesses entre les mains d’une élite restreinte, alors que 37,5 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
Bayart (1993) affirme que les régimes comme celui de Paul Biya perpétuent des inégalités en utilisant l’État comme un outil de prédation économique.
Tchouassi et Fokam (2021) décrivent la politique économique camerounaise comme « un système incapable de générer une croissance inclusive, enfermant le pays dans un cercle vicieux de pauvreté et de dépendance extérieure. »
4.2. Le Poids de la Corruption : Un Système à Déconstruire
La corruption sous le régime de Paul Biya est institutionnalisée, sapant toute tentative de réforme ou de progrès.
• Coût de la corruption :
Environ 30 % du budget annuel du Cameroun, soit plus de 5 milliards de dollars, est détourné chaque année (Transparency International, 2023). Ces fonds auraient pu financer la construction d’écoles, d’hôpitaux et d’infrastructures essentielles.
• Conséquences pour les générations futures :
Les ressources qui auraient pu être investies dans le développement durable sont dilapidées. Par exemple, l’endettement croissant du pays (46,8 % du PIB en 2023) compromet la capacité de l’État à financer des projets à long terme.
Ndifor et Ambe (2019) concluent que « la corruption est à la fois une cause et une conséquence de la faiblesse des institutions au Cameroun, perpétuant un état de stagnation nationale. »
Dans son analyse de la gestion publique au Cameroun, Essomba (2020) note que « la culture de l’impunité a ancré la corruption comme un élément structurel de la gouvernance. »
4.3. Un Appel au Réveil Citoyen
Pour mettre fin à ce cycle de mensonges et de promesses non tenues, un mouvement citoyen massif est nécessaire.
• Engagement politique des jeunes :
En 2023, plus de 60 % de la population camerounaise avait moins de 30 ans (INS, 2023). Cependant, leur participation politique reste faible, en grande partie à cause du sentiment de désillusion et de méfiance envers les institutions. La mobilisation des jeunes est cruciale pour porter des leaders nouveaux et visionnaires.
• Exemples de changement dans d’autres pays :
Les récentes transitions démocratiques en Zambie, au Malawi, au Sénégal, au Burkina Faso, au Mali et en Guinée montrent qu’un leadership engagé et une mobilisation populaire peuvent transformer des systèmes corrompus en opportunités pour les citoyens.
Cheeseman (2022), dans “How to Rig an Election”, montre que des sociétés jeunes et dynamiques peuvent renverser des régimes autoritaires par la mobilisation et la dénonciation des abus.
Kondoh et Ndong (2021) analysent comment la jeunesse africaine, en particulier à travers les réseaux sociaux, joue un rôle croissant dans l’éveil démocratique et la dénonciation des abus de pouvoir.
4.4. Repenser le Modèle de Gouvernance : Vers un État DéveloppementalisteCommunautaire
Pour sortir le Cameroun de cette spirale de stagnation, il faut adopter un modèle de gouvernance centré sur le développement humain, basé sur les principes suivants :
• Investissements massifs dans l’éducation et la santé :
Revoir les priorités budgétaires pour allouer 10 % du PIB à l’éducation et 7 % à la santé, conformément aux recommandations de l’UNESCO et de l’OMS.
• Diversification de l’économie :
Passer d’une économie basée sur l’exportation de matières premières (pétrole, bois) à une industrialisation accrue.
• Décentralisation effective :
Donner aux collectivités locales les moyens de décider et d’agir, au lieu de centraliser les décisions à Yaoundé.
Ndongmo (2020), dans “The Path to Sustainable Development in Central Africa”, plaide pour une décentralisation comme clé d’un développement inclusif.
World Bank (2023) recommande des politiques économiques qui mettent l’accent sur la transformation agricole et industrielle pour stimuler la croissance.
4.5. Un Nouveau Contrat Social : La Responsabilité de Dire Non
Dire non aux mensonges du régime Biya, c’est dire oui à un Cameroun nouveau :
• Oui à une gouvernance transparente.
• Oui à des politiques économiques inclusives.
• Oui à un système éducatif et sanitaire accessible à tous.
Les élections présidentielles de 2025 offrent une opportunité historique de briser ce cycle de tromperie transgénérationnelle. Nous devons refuser de légitimer un régime qui a échoué à répondre aux besoins fondamentaux de ses citoyens.
Conclusion : Rompre avec le Cycle de Mensonges et de Stagnation
Le règne de Paul Biya, qui s’étend sur plus de quatre décennies, est un témoignage accablant d’un système politique marqué par des promesses non tenues, des illusions entretenues et une gouvernance axée sur la perpétuation du pouvoir plutôt que sur le progrès collectif. À travers les générations, ce régime a perfectionné l’art du mensonge : des engagements initiaux envers nos parents qui ont été brisés, à la désillusion de notre propre génération, jusqu’à la tentative de condamner nos enfants à un avenir sans espoir.
Les faits sont clairs : le Cameroun est aujourd’hui embourbé dans une crise multidimensionnelle. Économiquement, nous sommes confrontés à une stagnation chronique avec près de 40 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté. Socialement, les infrastructures de base restent inexistantes dans de nombreuses régions, reflétant un État qui a failli à son devoir envers ses citoyens. Politiquement, la corruption et le népotisme ont consolidé un système qui privilégie l’élite au détriment de la majorité. Ces réalités ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un régime qui a fait de la manipulation et de l’inaction une stratégie de gouvernance.
L’heure n’est plus au silence ni à la résignation. À l’aube des élections présidentielles de 2025, les Camerounais ont une opportunité historique de rompre avec ce cycle de mensonges et de trahisons. Dire non à ce régime, c’est dire oui à un avenir différent : un avenir où nos ressources seront investies dans l’éducation, la santé, les infrastructures, et le développement économique durable ; un avenir où nos enfants et petits-enfants pourront rêver, innover et bâtir sans être écrasés par l’héritage de la stagnation.
Le changement ne viendra pas de l’élite politique actuelle, mais de la prise de conscience collective de chaque citoyen camerounais. Nous devons refuser d’être complices du mensonge transgénérationnel et agir pour construire un État développementaliste, inclusif et prospère. Ensemble, nous avons le pouvoir de transformer le Cameroun, de briser les chaînes du passé et d’inaugurer une nouvelle ère de responsabilité, de justice et de progrès.
Paul Biya et son régime incarnent le passé. L’avenir appartient à ceux qui ont le courage de dire non, de se lever et de bâtir. Le Cameroun mérite mieux, et l’histoire nous jugera sur les choix que nous ferons aujourd’hui. La révolution générationnelle est en marche – à nous de la mener avec détermination et espoir.
Bibliographie
1. Banque Mondiale. (2023). Rapport sur le développement mondial : Croissance économique et inégalités au Cameroun. Washington, DC : World Bank Publications.
2. Bayart, J.-F. (1993). L’État en Afrique : La politique du ventre. Paris : Fayard.
3. Cheeseman, N. (2022). How to Rig an Election. New Haven : Yale University Press.
4. Essomba, P. L. (2020). The Culture of Impunity in Cameroon: Governance and Corruption. Yaoundé : Presses Universitaires du Cameroun.
5. Institut National de la Statistique (INS). (2023). Données statistiques sur la population et l’économie du Cameroun. Yaoundé : INS Cameroun.
6. Kondoh, H., & Ndong, J. P. (2021). Youth Mobilization in Africa: Social Media and Political Change. Johannesburg : African Studies Review.
7. Ndifor, A., & Ambe, C. (2019). Corruption and Economic Decline in Cameroon: A Systematic Analysis. Douala : Centre for Economic Studies.
8. Ndongmo, R. M. (2020). The Path to Sustainable Development in Central Africa: Lessons for Cameroon. Libreville : Central African Development Press.
9. Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). (2022). Rapport sur le développement humain au Cameroun : Défis et opportunités. New York : United Nations Development Programme.
10. Transparency International. (2023). Indice de perception de la corruption 2023 : Cameroun. Berlin : Transparency International.
11. Tchouassi, G., & Fokam, A. J. (2021). The Vicious Circle of Poverty and Underdevelopment in Cameroon: Rethinking Economic Policies. Yaoundé : African Economic Research Consortium.
12. World Bank. (2023). Enhancing Economic Diversification in Sub-Saharan Africa: Cameroon Case Study. Washington, DC : World Bank Publications.
Introduction : La voix des Évêques face au silence des injustices
Dans l’histoire des sociétés en crise, les institutions religieuses ont souvent joué un rôle déterminant en s’érigeant en contre-pouvoir moral. Au Cameroun, cette dynamique est particulièrement sensible. Alors que le pays se prépare à une élection présidentielle décisive en 2025, les récentes prises de position publiques de certaines figures ecclésiastiques marquent un tournant. En évoquant métaphoriquement la « prise de pouvoir par le diable », Mgr Yaouda Hourgo a dénoncé, avec force, une situation jugée insoutenable. Cette déclaration, bien que symbolique, a suscité une réponse ambiguë du Secrétaire Général adjoint du RDPC, membre du Comté Central, qui, sous une apparente invitation au calme, a ravivé des souvenirs douloureux d’assassinats non élucidés de membres du clergé.
Comme le souligne Stephen Ellis dans Worlds of Power: Religious Thought and Political Practice in Africa (2004), les institutions religieuses en Afrique subsaharienne ne sont pas seulement des acteurs spirituels : elles jouent également un rôle social et politique crucial, surtout dans des contextes où les régimes en place peinent à répondre aux attentes populaires. Cette introduction pose les bases d’un débat fondamental : la critique religieuse peut-elle encore s’exprimer sans craindre des représailles dans un État en quête de légitimité démocratique ?
1. Mgr Yaouda Hourgo : une métaphore forte, une douleur partagée
Mgr Yaouda Hourgo
La déclaration de Mgr Yaouda Hourgo — « Même le diable qu’il prenne d’abord le pouvoir au Cameroun » — traduit une exaspération légitime face à des décennies de stagnation politique, de corruption systémique et de souffrance populaire. Dans le contexte théologique, le diable symbolise le mal absolu, mais il peut également représenter l’oppression, la mauvaise gouvernance et l’injustice sociale. Cette métaphore, utilisée pour frapper les esprits, relève d’une tradition rhétorique ancienne où les figures spirituelles emploient des images fortes pour interpeller les consciences.
Des figures telles que Desmond Tutu en Afrique du Sud ou Laurent Monsengwo en RDC ont régulièrement employé des métaphores similaires pour dénoncer les régimes autoritaires de leur époque. En Afrique du Sud, l’archevêque Tutu qualifiait le régime de l’apartheid de « démon maléfique », une manière puissante de souligner la gravité de l’oppression sans inciter à la violence. De même, au Cameroun, la déclaration de Mgr Hourgo ne constitue pas un appel à l’insurrection mais une invitation à une prise de conscience collective.
En littérature politique, Jean-François Bayart, dans L’État en Afrique : la politique du ventre (1989), explique que les élites africaines, par leur gestion patrimoniale de l’État, créent une frustration sociale profonde, ce qui alimente les critiques des institutions religieuses. Mgr Hourgo ne fait que traduire cette réalité dans un langage accessible au peuple, en jouant sur une symbolique connue de tous.
2. La réponse ambiguë du SG adjoint du RDPC : une menace voilée et dangereuse
SG Adjoint du RDPC, Grégoire Owona
La déclaration du secrétaire général adjoint du RDPC semble, en surface, prôner l’apaisement : « Ne soyons pas violents envers les évêques même quand ils font l’apologie du diable car le Président Biya est contre la violence sous toutes ses formes ». Cependant, une analyse plus poussée révèle une ambiguïté lourde de sens. En évoquant la violence dans un contexte où elle n’a jamais été suggérée par l’évêque, il fait planer une menace implicite, rappelant de sombres épisodes de l’histoire camerounaise.
Le Cameroun a en effet connu plusieurs assassinats de figures ecclésiastiques critiques du pouvoir, restés à ce jour non élucidés :
• L’abbé Joseph Mbassi, journaliste et prêtre catholique, fut retrouvé mort en 1988 après avoir dénoncé des réseaux de corruption liés à des élites politiques.
L’abbé Joseph MBASSI
• Mgr Yves Plumey, archevêque émérite de Garoua, fut assassiné en 1991, un crime dont les circonstances demeurent floues.
Mgr Yves PLUMEY
• Mgr Jean-Marie Benoît Balla, archevêque de Bafia, fut retrouvé mort dans le fleuve Sanaga en 2017, dans ce qui a été officiellement qualifié de suicide, mais qui reste largement contesté par la communauté religieuse et civile.
Mgr Jean-Marie Benoît Balla
Ces assassinats, qui n’ont jamais été élucidés, entretiennent un climat de peur et de méfiance entre le pouvoir et l’Église. Comme le décrit Achille Mbembe dans Critique de la raison nègre (2013), les régimes autoritaires utilisent souvent la violence symbolique et réelle pour maintenir leur emprise sur les populations et dissuader toute forme de contestation. La déclaration du SG adjoint du RDPC, en ravivant le spectre de ces assassinats, s’inscrit dans cette logique de dissuasion subtile.
3. L’Église : une conscience morale dans une nation en crise
L’histoire politique du Cameroun ne peut être écrite sans mentionner le rôle central de l’Église comme contre-pouvoir. Depuis les années post-indépendance, l’Église catholique s’est régulièrement opposée aux dérives autoritaires des différents régimes, devenant ainsi une voix morale respectée. Comme le rappelle Adrian Hastings dans The Church in Africa: 1450-1950 (1994), l’Église, par sa structure et son influence, a souvent été la seule institution capable de mobiliser les masses et de défendre les droits fondamentaux dans des contextes d’injustice généralisée.
Le cas du Cameroun n’est pas isolé. En République démocratique du Congo, l’Église catholique a joué un rôle clé dans la dénonciation du régime de Mobutu et, plus récemment, dans la pression exercée pour des élections transparentes. En Afrique de l’Ouest, le rôle de l’Église dans les transitions démocratiques, notamment au Sénégal et au Bénin, a été largement documenté. Ce rôle de veilleur moral expose inévitablement les figures religieuses à des représailles, comme l’illustre tragiquement l’histoire récente du Cameroun.
4. LE MLDC APPELLE À LA VIGILANCE CITOYENNE : ne laissons pas l’intimidation triompher
Face à ce contexte tendu, il devient crucial que la société civile camerounaise s’organise et se mobilise pour protéger les libertés fondamentales. L’élection présidentielle de 2025 représente un tournant décisif dans l’histoire politique du pays. Si les voix critiques, y compris celles issues du clergé, sont muselées, le processus électoral perdra toute crédibilité.
L’appel du SG adjoint du RDPC à « débattre sans se battre » ne doit pas devenir un slogan creux masquant une répression larvée. Comme l’écrivait John Locke dans Two Treatises of Government (1690), « la liberté d’expression est la pierre angulaire de toute société libre ». Si cette liberté est menacée, c’est l’avenir même du Cameroun qui est en péril.
Le peuple camerounais ne doit pas céder à la peur. Il doit se lever, pacifiquement mais fermement, pour défendre ses droits et exiger des élections transparentes et inclusives. L’histoire récente montre que les régimes autoritaires finissent par s’effondrer face à une mobilisation populaire déterminée et organisée.
Conclusion : Pour un Cameroun debout, libre et juste
La confrontation entre l’Église et l’État, à travers les déclarations de Mgr Yaouda Hourgo et du SG adjoint du RDPC, illustre les tensions profondes qui agitent le Cameroun à l’aube des élections de 2025. Ce débat, au-delà des mots, pose une question cruciale : le Cameroun est-il prêt à garantir un processus électoral véritablement démocratique ?
Les Camerounais, qu’ils soient croyants ou non, doivent se souvenir que l’histoire appartient à ceux qui osent se battre pour la vérité et la justice. La parole est un pouvoir. Ne la laissons pas être muselée. Pour un Cameroun libre, debout et juste, il est temps d’agir.
Bibliographie
1. Bayart, Jean-François. L’État en Afrique : La politique du ventre. Paris : Fayard, 1989.
Cet ouvrage essentiel explore les dynamiques politiques en Afrique subsaharienne et les relations entre l’État et les institutions religieuses.
2. Laburthe-Tolra, Philippe. Politique et religion en Afrique : Les Églises face aux pouvoirs. Paris : Karthala, 1996.
Une analyse approfondie des rapports entre les institutions religieuses et les pouvoirs politiques en Afrique francophone.
3. Bourdieu, Pierre. La domination masculine. Paris : Seuil, 1998.
Bien que consacré aux rapports de genre, cet ouvrage développe des concepts clés de la violence symbolique applicables au discours politique et religieux.
4. Bourdieu, Pierre. Langage et pouvoir symbolique. Paris : Seuil, 2001.
Ce livre décrit comment le langage peut être utilisé comme un instrument de pouvoir et de domination.
5. Tutu, Desmond. No Future Without Forgiveness. New York : Doubleday, 1999.
Desmond Tutu y décrit le rôle de l’Église dans le processus de transition démocratique en Afrique du Sud, soulignant l’importance du discours symbolique dans la lutte contre l’oppression.
6. Locke, John. Two Treatises of Government. Londres : Awnsham Churchill, 1690.
Ce texte fondamental sur la philosophie politique explore la liberté d’expression et le rôle de la critique dans la construction d’une société démocratique.
7. Ellis, Stephen, et Ter Haar, Gerrie. Worlds of Power: Religious Thought and Political Practice in Africa. New York : Oxford University Press, 2004.
Cet ouvrage montre comment les idées religieuses influencent les pratiques politiques en Afrique.
8. Mbembe, Achille. Critique de la raison nègre. Paris : La Découverte, 2013.
Un ouvrage majeur sur les formes contemporaines de domination en Afrique, incluant des réflexions sur la religion et la politique.
9. Hastings, Adrian. The Church in Africa: 1450-1950. Oxford : Clarendon Press, 1994.
Un classique sur l’histoire de l’Église en Afrique, utile pour comprendre son rôle de contre-pouvoir à travers les époques.
10. Gifford, Paul. Christianity and Politics in Doe’s Liberia. Cambridge : Cambridge University Press, 1993.
Introduction : Un discours en trompe-l’œil pour masquer l’échec total
Le 31 décembre 2024, Paul Biya, fidèle à une tradition vieille de plusieurs décennies, s’est adressé aux Camerounais avec un discours empreint de promesses, de chiffres flatteurs et d’un ton résolument optimiste. Pourtant, derrière cette rhétorique bien rodée, se cache une réalité incontestable : celle d’un pays en proie à une crise multiforme et à un recul socio-économique constant. Depuis son accession au pouvoir en 1982, Paul Biya a multiplié les discours exaltant des avancées imaginaires, alors que la situation sur le terrain se détériore inexorablement. Les problèmes liés à la sécurité, à l’économie, aux infrastructures sociales et à l’industrialisation sont autant de preuves d’un échec total que ce discours tente de dissimuler.
Ce discours s’inscrit dans une stratégie récurrente du régime : afficher une image de progrès et de stabilité pour légitimer un pouvoir en déclin, tout en éludant les véritables causes des maux dont souffre le Cameroun. Les taux de croissance vantés, les projets d’infrastructures annoncés et les efforts sécuritaires supposés concluants ne résistent pas à une analyse objective des faits. Derrière les chiffres officiels se cachent des réalités plus sombres : un chômage endémique, une dépendance économique accrue, une désindustrialisation rampante et une insécurité persistante dans plusieurs régions du pays.
Le contraste entre le discours et la réalité est frappant, notamment sur des aspects cruciaux tels que :
• L’économie, où une croissance purement quantitative masque une pauvreté généralisée et une absence de véritable transformation structurelle.
• La sécurité, où les conflits dans les régions anglophones et les attaques de Boko Haram continuent de semer la terreur, malgré les déclarations sur un retour à la paix.
• Les infrastructures sociales, où la majorité des Camerounais peinent à accéder à des services de base de qualité, malgré des décennies de promesses gouvernementales.
• L’industrie, où le Cameroun, autrefois leader industriel en Afrique centrale, a vu disparaître la plupart de ses fleurons industriels sous le règne de Paul Biya, laissant place à une économie largement dépendante des importations.
Cette introduction met en lumière l’écart abyssal entre les déclarations officielles et la réalité vécue par les Camerounais. Si le régime de Paul Biya s’emploie à maquiller la réalité par des discours soigneusement élaborés, les faits montrent que le Cameroun est confronté à une gestion défaillante de ses ressources, une gouvernance minée par la corruption et un manque cruel de vision stratégique pour sortir le pays de la stagnation.
Dans cette analyse, il s’agira de déconstruire le discours de fin d’année 2024 en mettant en évidence ses contradictions, ses failles et ses omissions volontaires. À travers une étude critique des principaux thèmes abordés, économie, sécurité, infrastructures sociales et industrialisation, nous démontrerons que ce discours, loin de refléter une réalité tangible, n’est qu’une opération de communication destinée à maintenir un pouvoir vieillissant et à masquer les véritables échecs d’un régime à bout de souffle. Le Cameroun, après 42 ans de promesses non tenues, mérite une gouvernance nouvelle, tournée vers le développement inclusif et la justice sociale.
I. Des chiffres de croissance économique trompeurs : le vrai visage de l’économie camerounaise
Dans son discours de fin d’année 2024, Paul Biya s’est félicité d’une croissance économique de 3,8 % en 2024 et a annoncé une projection de 4,1 % pour 2025. Ce chiffre, bien qu’attrayant sur le papier, est loin de refléter la réalité économique vécue par la majorité des Camerounais. En effet, cette croissance, essentiellement quantitative, masque de profondes inégalités, une pauvreté persistante et une absence de véritable transformation structurelle de l’économie.
1. Une croissance sans impact sur le quotidien des Camerounais
Bien que le Cameroun affiche régulièrement des taux de croissance positifs, cette croissance ne se traduit pas par une amélioration significative des conditions de vie de la population :
• Taux de pauvreté élevé : Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), plus de 37 % de la population camerounaise vit en dessous du seuil de pauvreté, malgré la croissance affichée. Cette pauvreté est particulièrement marquée dans les zones rurales, où l’accès aux services de base (éducation, santé, eau potable) reste limité.
• Inégalités sociales accrues : Le Cameroun présente un indice de Gini (mesure des inégalités) supérieur à 0,43, indiquant une forte concentration des richesses dans les mains d’une minorité. Cette inégalité est perceptible à travers le contraste entre les quartiers huppés de Douala et Yaoundé et les bidonvilles en pleine expansion.
Exemple concret : À Douala, le quartier de Bonanjo abrite les sièges de grandes entreprises et des résidences luxueuses, tandis que, non loin de là, des quartiers comme New Bell et Makepe sont caractérisés par une pauvreté extrême, sans accès régulier à l’eau potable ni à l’électricité.
2. Une économie dépendante des matières premières
Le Cameroun reste fortement dépendant de l’exportation de matières premières, sans véritable transformation locale :
• Secteur pétrolier : Bien que le pétrole contribue à plus de 40 % des recettes d’exportation, il n’a pas permis de diversifier l’économie ni de créer des emplois massifs. La chute des prix du pétrole sur le marché international entre 2015 et 2018 a révélé la fragilité de cette dépendance.
• Exportation brute des produits agricoles : Le Cameroun exporte principalement du cacao, du café et de l’hévéa sous forme brute, sans transformation locale significative. En 2024, le pays a exporté plus de 300 000 tonnes de cacao, mais seule une infime partie a été transformée localement, privant ainsi l’économie nationale de valeur ajoutée et d’emplois.
Exemple concret : La filière cacao-café, qui emploie plus de 600 000 producteurs, souffre d’un manque d’industries locales de transformation. La majorité des producteurs vendent leurs récoltes à bas prix à des multinationales étrangères, qui se chargent de la transformation et de la commercialisation sur les marchés internationaux.
3. Un secteur industriel embryonnaire
Malgré les annonces sur l’industrialisation, le secteur industriel camerounais reste peu développé :
• Faible contribution au PIB : Le secteur secondaire, incluant l’industrie manufacturière, ne représente que 14 % du PIB, un chiffre faible pour un pays aspirant à l’émergence.
• Projets industriels non aboutis : De nombreuses zones économiques, comme celle de Kribi, censées attirer les investisseurs industriels, peinent à décoller en raison de la bureaucratie, de l’absence d’infrastructures de qualité et d’un climat des affaires peu attractif.
Exemple concret : Le projet de la zone industrielle de Kribi, lancé en grande pompe en 2017, devait accueillir des usines de transformation du bois, du cacao et du pétrole. À ce jour, très peu d’usines ont vu le jour, et la zone reste largement sous-utilisée.
4. Chômage et sous-emploi massifs
Le chômage et le sous-emploi constituent l’un des plus grands défis économiques du Cameroun :
• Chômage des jeunes : Selon l’Institut National de la Statistique (INS), le taux de chômage chez les jeunes de 15 à 35 ans dépasse 30 %, une situation aggravée par l’absence de politiques publiques efficaces de création d’emplois.
• Sous-emploi : La majorité des Camerounais actifs travaillent dans le secteur informel, souvent dans des conditions précaires, sans couverture sociale ni sécurité de l’emploi. En 2024, le secteur informel représentait environ 90 % de l’emploi total.
Exemple concret : À Yaoundé et Douala, les jeunes diplômés peinent à trouver des emplois correspondant à leurs qualifications et se retrouvent souvent contraints de travailler comme conducteurs de mototaxis ou petits commerçants dans le secteur informel.
5. Inflation et perte du pouvoir d’achat
Malgré les affirmations du président sur la maîtrise de l’inflation, la réalité est que les prix des produits de première nécessité continuent de grimper :
• Inflation persistante : L’inflation, bien que réduite à 5 % en 2024, reste élevée pour une économie où les salaires sont faibles et stagnants.
• Hausse des prix des denrées alimentaires : Le prix du pain, du riz, de l’huile et des autres produits de base a fortement augmenté ces dernières années, mettant à mal le pouvoir d’achat des ménages.
Exemple concret : Entre 2021 et 2024, le prix du litre d’huile de palme est passé de 600 FCFA à 1 200 FCFA, et celui du sac de riz de 12 000 FCFA à 18 000 FCFA, entraînant une baisse du niveau de vie des familles les plus modestes.
Une croissance factice et déséquilibrée
Le discours officiel sur la croissance économique ne reflète pas la réalité quotidienne des Camerounais. Derrière les chiffres flatteurs se cache une économie fragile, marquée par une dépendance excessive aux matières premières, une absence de véritable industrialisation et des inégalités croissantes. Cette situation illustre l’échec des politiques économiques menées sous le régime de Paul Biya, incapables de traduire la croissance en développement inclusif.
II. Une politique industrielle fictive : où sont les vraies usines ?
Dans ses discours, Paul Biya vante régulièrement les « progrès industriels » réalisés sous son régime, citant quelques projets ponctuels comme la création de nouvelles cimenteries ou d’usines de carreaux. Toutefois, cette rhétorique masque une réalité bien plus sombre : une désindustrialisation massive depuis son accession au pouvoir en 1982. Le Cameroun, autrefois doté d’un tissu industriel dynamique, a vu la fermeture de nombreuses usines majeures au cours des quatre dernières décennies, laissant place à une dépendance accrue aux importations.
1. Un tissu industriel en déclin depuis les années 1980
Avant l’arrivée de Paul Biya au pouvoir, le Cameroun possédait un secteur industriel prometteur, soutenu par un État interventionniste qui investissait dans des industries stratégiques. Certaines des usines les plus emblématiques de cette époque étaient :
• CELLUCAM (Cellulose du Cameroun) : Cette usine, située à Edea, était spécialisée dans la transformation du bois en pâte à papier. Elle jouait un rôle clé dans l’exploitation des vastes ressources forestières du pays. Sa fermeture dans les années 1990, due à une mauvaise gestion et à un manque d’investissements, a non seulement entraîné la perte de milliers d’emplois, mais aussi forcé le Cameroun à importer du papier.
• CICAM (Cotonnière Industrielle du Cameroun) : Acteur majeur de l’industrie textile, la CICAM produisait des tissus destinés à la consommation locale et à l’exportation. Sous Paul Biya, l’usine a progressivement décliné en raison de la concurrence des produits importés, notamment asiatiques, et de l’absence de protection de l’industrie locale. Aujourd’hui, la CICAM fonctionne à peine, avec une production bien en deçà de sa capacité initiale.
• CAMSUCO (Cameroun Sugar Company) : Cette entreprise sucrière, située dans la région du Centre, contribuait à la production locale de sucre. Sa privatisation mal encadrée dans les années 1990 a conduit à son effondrement. Le Cameroun est depuis devenu dépendant des importations pour combler sa consommation de sucre.
Exemple marquant : En 1980, le Cameroun exportait une partie de sa production textile et de son papier. Aujourd’hui, il importe l’essentiel de ces produits, aggravant son déficit commercial.
2. Des privatisations désastreuses sous les programmes d’ajustement structurel
Dans les années 1990, le Cameroun, sous pression du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, a lancé une série de privatisations dans le cadre des programmes d’ajustement structurel. Ces privatisations, mal préparées et souvent entachées de corruption, ont conduit à la fermeture de nombreuses usines :
• Privatisation de la SONEL (Société Nationale d’Électricité) : Cette entreprise, autrefois publique, a été privatisée en 2001. La gestion privée qui s’en est suivie n’a pas permis d’améliorer l’accès à l’électricité, et les coupures de courant restent fréquentes, entravant le développement industriel.
• Liquidation de la REGIFERCAM (Régie Ferroviaire du Cameroun) : La disparition de cette société publique a eu des conséquences dramatiques sur le transport des marchandises et l’approvisionnement des usines en matières premières.
Conséquence : La privatisation et la fermeture de ces entreprises ont entraîné une désorganisation de l’économie nationale et une hausse des coûts de production pour les rares industries restantes.
3. Des projets industriels récents non aboutis
Depuis les années 2010, le gouvernement a multiplié les annonces de projets industriels ambitieux, mais peu d’entre eux ont réellement vu le jour :
• Zone industrielle de Kribi : Cette zone, censée accueillir des usines de transformation du bois et des matières premières, reste largement sous-exploitée. En 2024, seules quelques entreprises y opèrent, et les infrastructures promises ne sont toujours pas finalisées.
• Technopôle agro-industriel de Ouassa-Babouté : Ce projet, annoncé pour relancer la transformation des produits agricoles locaux (céréales, tubercules, lait), n’a toujours pas démarré, plusieurs années après son lancement officiel.
Exemple concret : La transformation du cacao, un secteur stratégique pour le Cameroun, est un échec flagrant. Bien que le pays soit l’un des premiers producteurs mondiaux de cacao, plus de 85 % de la production est exportée sous forme brute. Les rares usines de transformation fonctionnent en dessous de leur capacité, faute d’investissements et d’un environnement favorable.
4. Un secteur manufacturier embryonnaire
Le secteur manufacturier, clé du développement économique, reste marginal au Cameroun :
• Faible contribution au PIB : Le secteur manufacturier représente à peine 14 % du PIB, contre plus de 30 % dans des pays comme l’Éthiopie ou le Maroc, qui ont su diversifier leur économie.
• Absence de chaîne de valeur locale : La plupart des produits consommés au Cameroun sont importés, même ceux fabriqués à partir de matières premières disponibles localement. Par exemple, le pays importe des meubles alors qu’il dispose de vastes ressources forestières.
Exemple concret : Dans le secteur de la cimenterie, bien que de nouvelles usines aient vu le jour (comme celle de Dangote Cement), le coût du ciment reste élevé, et l’industrie ne parvient pas à répondre à la demande locale en raison de problèmes d’approvisionnement en énergie et en transport.
5. Conséquences de la désindustrialisation
La désindustrialisation massive sous le régime de Paul Biya a eu des conséquences profondes sur l’économie camerounaise :
• Perte de souveraineté économique : Le Cameroun est devenu dépendant des importations pour de nombreux biens de consommation, aggravant son déficit commercial.
• Chômage et précarité : La fermeture des grandes usines a entraîné une perte massive d’emplois formels. La majorité des Camerounais travaillent désormais dans le secteur informel, sans couverture sociale ni sécurité de l’emploi.
• Faible compétitivité : L’absence d’une industrie forte empêche le Cameroun de s’insérer dans les chaînes de valeur régionales et mondiales, limitant ainsi son potentiel de croissance.
Une illusion industrielle entretenue par le régime
Contrairement aux discours officiels, la réalité industrielle du Cameroun est celle d’un déclin constant depuis les années 1980. Les quelques usines récemment inaugurées ne suffisent pas à masquer la disparition de véritables fleurons industriels, ni à compenser les emplois perdus.
III. Gouvernance et corruption : une plaie béante jamais guérie
Paul Biya promet une fois de plus de renforcer la lutte contre la corruption. Or, selon le classement de Transparency International de 2024, le Cameroun figure parmi les 25 pays les plus corrompus au monde, occupant la 142e place sur 180.
Quelques exemples récents illustrent l’ampleur de cette corruption endémique :
Les rapports de la Cour des comptes : Un miroir accablant de la mauvaise gouvernance au Cameroun
Les rapports annuels de la Cour des comptes du Cameroun constituent une source essentielle pour comprendre les dysfonctionnements structurels qui caractérisent la gestion publique sous le régime de Paul Biya. Ces documents, élaborés par une institution indépendante censée surveiller l’utilisation des deniers publics, révèlent chaque année des irrégularités massives, des détournements de fonds et une mauvaise gestion des ressources publiques. Toutefois, malgré la gravité des conclusions de ces rapports, les mesures correctives tardent à être prises et les responsables identifiés ne subissent que rarement des sanctions exemplaires.
1. Des détournements de fonds à grande échelle
Les rapports de la Cour des comptes soulignent régulièrement des cas de détournements massifs de fonds publics dans plusieurs secteurs clés :
• Affaire CovidGate : Dans un rapport publié en 2022, la Cour des comptes a dénoncé la gestion opaque et les détournements de plusieurs milliards de FCFA destinés à la lutte contre la pandémie de Covid-19. Ce scandale a impliqué des ministères stratégiques, mais à ce jour, peu de sanctions concrètes ont été prises.
• Projets d’infrastructures routières : La Cour des comptes a pointé du doigt des surcoûts injustifiés dans plusieurs projets routiers, comme l’autoroute Yaoundé-Douala, dont la première phase, entamée en 2014, n’est toujours pas achevée. Des surfacturations et des paiements effectués pour des travaux non réalisés figurent parmi les irrégularités relevées.
2. La mauvaise gestion des entreprises publiques
Un autre point régulièrement souligné par la Cour des comptes concerne la gestion inefficace des entreprises publiques. De nombreuses sociétés d’État, bien que bénéficiant de subventions massives, continuent d’accumuler des pertes sans contribuer au développement économique :
• CAMTEL (société de télécommunications) et SONARA (raffinerie nationale) figurent parmi les entreprises dont la gestion a été qualifiée de catastrophique par les rapports successifs de la Cour.
• Les zones économiques, telles que la zone industrielle de Kribi, censées dynamiser l’industrialisation, peinent à produire des résultats concrets en raison d’une gestion inadéquate et d’un manque de vision stratégique.
3. Une gouvernance inefficace et un manque de reddition des comptes
Les rapports mettent également en évidence un problème chronique de gouvernance, notamment :
• Absence de suivi des recommandations : Bien que la Cour des comptes formule chaque année des recommandations pour améliorer la gestion publique, celles-ci sont rarement suivies d’effet. Cela témoigne d’un manque de volonté politique de mettre en œuvre des réformes.
• Implication de hauts responsables intouchables : Nombre des détournements et irrégularités concernent des personnalités proches du pouvoir, qui bénéficient d’une impunité totale.
4. Un signal ignoré par Paul Biya
Les rapports de la Cour des comptes auraient pu être un outil puissant de réforme et d’assainissement de la gestion publique. Cependant, sous le régime de Paul Biya, ils restent largement ignorés, réduisant cette institution à un simple observateur sans réel pouvoir de contrainte. Cette situation illustre parfaitement l’incapacité du régime à instaurer une gouvernance fondée sur la transparence et la reddition des comptes.
Les rapports de la Cour des comptes offrent une preuve irréfutable de l’échec du régime en matière de gestion publique. Ils montrent que, malgré les discours officiels sur la lutte contre la corruption et l’amélioration de la gouvernance, le Cameroun reste enlisé dans des pratiques prédatrices qui freinent son développement. Si Paul Biya décide de se présenter à l’élection présidentielle de 2025, il devra répondre de cet héritage accablant. À moins qu’il ne choisisse de sortir par la grande porte, en facilitant une alternance politique et en permettant une nouvelle gouvernance plus efficace et transparente.
Le scandale des stades de football au Cameroun : Une vitrine de la mauvaise gouvernance
Le scandale entourant la construction et la réhabilitation des stades de football au Cameroun est un symbole éclatant de la mauvaise gestion des projets d’infrastructures sous le régime de Paul Biya. Ce scandale a pris de l’ampleur lors de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2021, initialement prévue en 2019, mais reportée en raison des retards accumulés dans la livraison des infrastructures. Les dysfonctionnements constatés révèlent non seulement une gestion calamiteuse des fonds publics, mais aussi un système profondément corrompu.
1. Des coûts exorbitants et injustifiés
Le coût total des infrastructures sportives liées à la CAN a largement dépassé les prévisions initiales. Le cas emblématique est celui du stade d’Olembe, dont le coût initial était estimé à 163 milliards de FCFA, mais qui a finalement dépassé 330 milliards de FCFA. Cette explosion des coûts s’explique par :
• La mauvaise planification : Des modifications répétées des plans et des délais non respectés ont conduit à une inflation artificielle des coûts.
• La surfacturation et les détournements de fonds : Selon des rapports de la Cour des comptes et de certaines enquêtes journalistiques, une partie importante des fonds alloués a été détournée ou mal utilisée.
Le stade d’Olembe, censé être un joyau architectural et une fierté nationale, n’a été partiellement achevé qu’à la veille de la compétition, après plusieurs avertissements de la Confédération Africaine de Football (CAF).
2. Des infrastructures inachevées ou sous-utilisées
Malgré les sommes faramineuses investies, plusieurs stades restent partiellement achevés ou sous-utilisés :
• Le stade d’Olembe, malgré son inauguration précipitée pour la CAN, présente encore des travaux inachevés. Le complexe sportif prévu autour du stade, comprenant des hôtels et des commerces, n’a jamais été réalisé.
• Le stade de Japoma, construit à Douala à un coût également élevé, souffre d’un entretien insuffisant, et son utilisation est limitée faute d’une gestion adaptée.
3. Un scandale sans véritable sanction
Malgré l’ampleur des dysfonctionnements et des détournements constatés, aucune sanction significative n’a été prise contre les responsables de ce fiasco. Les appels de la société civile et de certains parlementaires à ouvrir une enquête indépendante sont restés sans suite. Ce silence s’explique par la proximité des principaux bénéficiaires de ces détournements avec le cercle du pouvoir :
• Responsabilité politique : Plusieurs ministres et hauts responsables ayant supervisé ces projets n’ont jamais été inquiétés.
• Impunité systémique : Le régime Biya a démontré à plusieurs reprises son incapacité, ou son absence de volonté, à sanctionner les cas de corruption impliquant des proches du pouvoir.
IV. Un bilan sécuritaire désastreux : le mythe de la paix retrouvée
Dans son discours de fin d’année 2024, Paul Biya affirme que la paix et la sécurité sont désormais consolidées au Cameroun, malgré quelques « attaques lâches » de groupes terroristes et des « atrocités commises par des bandes armées ». Cette affirmation, loin de refléter la réalité sur le terrain, s’inscrit dans une longue tradition de discours minimisant la gravité des crises sécuritaires que traverse le pays. En vérité, le bilan sécuritaire du régime Biya est désastreux, marqué par une gestion inefficace des conflits et une détérioration constante de la situation dans plusieurs régions.
1. La persistance de la crise anglophone : Une guerre non déclarée
Depuis 2016, le Cameroun est plongé dans une grave crise dans ses régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où des groupes séparatistes anglophones affrontent les forces gouvernementales. Malgré les déclarations répétées du gouvernement sur un retour progressif à la paix, la réalité est bien différente :
• Un conflit meurtrier : Selon les estimations de l’International Crisis Group, le conflit a fait plus de 6 000 morts et forcé près d’un million de personnes à fuir leurs foyers. Les civils, pris en étau entre les forces de sécurité et les groupes séparatistes, paient le prix fort.
• Exactions des deux camps : Des rapports de Human Rights Watch et d’autres organisations de défense des droits humains documentent des exactions commises par les deux parties. Les forces de sécurité sont accusées d’exécutions extrajudiciaires, de viols et de destruction de villages, tandis que les groupes séparatistes multiplient les enlèvements, les attaques contre les écoles et les assassinats de civils soupçonnés de collaborer avec le gouvernement.
• Un processus de paix au point mort : Le Grand Dialogue National organisé en 2019, censé résoudre la crise, n’a produit aucun effet concret. Les principales revendications des anglophones, comme la fédéralisation ou une autonomie accrue, ont été ignorées, ce qui a conduit à un durcissement des positions des groupes séparatistes.
Exemple marquant : En novembre 2024, une attaque dans un village de la région du Nord-Ouest a causé la mort de 27 civils, dont des femmes et des enfants, un événement qui illustre la violence persistante dans cette zone. Malgré la présence de forces de sécurité, les habitants continuent de vivre dans la peur quotidienne.
2. La menace persistante de Boko Haram dans l’Extrême-Nord
La région de l’Extrême-Nord du Cameroun est confrontée depuis 2014 à la menace de Boko Haram, un groupe terroriste originaire du Nigeria. Bien que Paul Biya se félicite des « progrès significatifs » dans la lutte contre ce groupe, les faits démontrent que la menace persiste :
• Attaques régulières : En 2024, plusieurs dizaines d’attaques ont été recensées dans la région, causant la mort de civils et de militaires. Ces attaques visent principalement des villages isolés et des postes de sécurité.
• Déplacements de population : Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), plus de 340 000 personnes restent déplacées dans l’Extrême-Nord à cause des violences de Boko Haram, vivant dans des conditions précaires.
• Recrutement forcé : Le groupe terroriste continue de recruter de force des jeunes dans les villages reculés, profitant de la pauvreté et de l’absence d’opportunités économiques.
Exemple marquant : En juillet 2024, une attaque de Boko Haram dans la localité de Mozogo a fait 15 morts, principalement des civils, et provoqué le déplacement de centaines de familles. Cet événement démontre que, malgré les opérations militaires, la menace terroriste reste vive.
3. Criminalité urbaine et insécurité dans les grandes villes
En plus des crises majeures dans les régions anglophones et l’Extrême-Nord, le Cameroun est confronté à une montée de la criminalité dans les centres urbains :
• Banditisme et vols à main armée : À Douala et Yaoundé, les cas de vols à main armée, d’agressions et de cambriolages se sont multipliés ces dernières années. Malgré l’annonce de mesures pour renforcer la sécurité, les populations continuent de vivre dans l’insécurité.
• Développement des gangs : Des gangs organisés, souvent composés de jeunes désœuvrés, prolifèrent dans plusieurs quartiers sensibles, profitant de l’absence de politiques efficaces de réinsertion sociale.
Exemple marquant : En octobre 2024, une série de cambriolages spectaculaires dans des quartiers résidentiels de Yaoundé a suscité une vive inquiétude parmi les habitants, forçant les autorités à lancer une opération de sécurisation. Cependant, ce type d’actions ponctuelles reste sans effet durable sur la criminalité.
4. L’échec des programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR)
Pour tenter de résoudre les conflits armés, le gouvernement camerounais a mis en place des programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) destinés aux combattants séparatistes et aux ex-membres de Boko Haram. Cependant, ces programmes peinent à atteindre leurs objectifs :
• Faible adhésion : Très peu de combattants séparatistes ont rejoint les centres de DDR, craignant des représailles ou ne croyant pas en la sincérité de l’offre gouvernementale.
• Conditions de vie précaires dans les centres : Plusieurs rapports font état de mauvaises conditions de vie dans les centres de DDR, où les ex-combattants peinent à recevoir une formation professionnelle ou un accompagnement adéquat.
• Rechute dans la violence : Faute de suivi et d’opportunités économiques, certains ex-combattants retournent dans la clandestinité et reprennent les armes.
Un discours déconnecté de la réalité
Le bilan sécuritaire de Paul Biya est loin d’être celui d’un pays en voie de pacification. En réalité, le Cameroun reste confronté à de multiples foyers de tension qui continuent de déstabiliser plusieurs régions et d’affecter la vie quotidienne des populations. Le discours du régime, qui présente une image d’un pays en paix, relève davantage de la propagande que de la réalité.
V. Des infrastructures sociales insuffisantes : un quotidien difficile pour les Camerounais
Malgré les discours optimistes de Paul Biya sur l’amélioration des conditions de vie des Camerounais, les infrastructures sociales restent gravement insuffisantes. Les secteurs clés comme l’éducation, la santé, l’eau potable et l’électricité souffrent d’un sous-investissement chronique et d’une gestion inefficace. Ces défaillances ont des conséquences directes sur le quotidien des populations, notamment les plus vulnérables.
1. Éducation : Des écoles sous-équipées et des enseignants mal rémunérés
Le système éducatif camerounais est confronté à de nombreux défis :
• Manque d’infrastructures scolaires : Dans de nombreuses régions, les écoles sont en nombre insuffisant et mal équipées. Il n’est pas rare de voir des enfants suivre les cours dans des abris de fortune ou sous des arbres, faute de salles de classe adaptées.
• Classes surchargées : Dans les zones urbaines, les écoles publiques accueillent souvent plus de 100 élèves par classe, ce qui nuit à la qualité de l’enseignement.
• Faible motivation des enseignants : Les enseignants, mal rémunérés et confrontés à des conditions de travail précaires, multiplient les grèves pour réclamer de meilleures conditions. En 2022, le mouvement des enseignants baptisé “On a trop supporté” a paralysé le secteur pendant plusieurs semaines.
Ces problèmes contribuent à un taux d’abandon scolaire élevé, en particulier dans les zones rurales et les régions anglophones touchées par la crise.
2. Santé : Un système sous-équipé et inaccessible
Malgré les annonces répétées sur le renforcement du système de santé, la réalité reste préoccupante :
• Insuffisance des infrastructures de santé : De nombreuses localités, notamment en zones rurales, ne disposent pas d’hôpitaux ou de centres de santé fonctionnels. Là où ils existent, ils manquent souvent de personnel qualifié, de médicaments et d’équipements essentiels.
• Hôpitaux en crise : Les grands hôpitaux publics des villes comme Yaoundé et Douala sont saturés et sous-équipés. Le manque de lits, de matériel médical et de médicaments est récurrent. En 2023, une enquête a révélé que plus de 60 % des patients hospitalisés dans les grandes villes devaient acheter eux-mêmes leurs médicaments en pharmacie.
• Frais de santé élevés : L’absence d’un système de couverture universelle efficace rend les soins de santé inaccessibles à une grande partie de la population. De nombreuses familles doivent choisir entre se soigner et subvenir à leurs besoins de base.
Exemple marquant : le Centre hospitalier universitaire de Yaoundé (CHUY), qui, malgré son statut d’hôpital de référence, souffre d’un manque chronique de financement et d’équipements, entraînant une détérioration constante de la qualité des soins.
3. Eau potable : Un défi quotidien pour des millions de Camerounais
L’accès à l’eau potable reste un défi majeur dans de nombreuses régions :
• Pénurie d’eau dans les grandes villes : À Yaoundé et Douala, les coupures d’eau sont fréquentes, obligeant les habitants à s’approvisionner auprès de revendeurs informels à des prix élevés. En 2024, plusieurs quartiers de Yaoundé ont connu des périodes de pénurie prolongée, suscitant la colère des populations.
• Accès limité en milieu rural : Dans les zones rurales, moins de 40 % des habitants ont accès à une source d’eau potable. La majorité des populations s’approvisionne encore dans les rivières et les puits non protégés, exposant ainsi les familles à des maladies hydriques comme le choléra.
Bien que des projets d’adduction d’eau aient été lancés, comme celui du projet d’alimentation en eau de la ville de Yaoundé à partir du fleuve Sanaga, leur impact reste limité en raison des retards et des problèmes de gestion.
4. Électricité : Un accès irrégulier et insuffisant
Malgré les promesses d’amélioration de l’accès à l’électricité, le Cameroun continue de faire face à des délestages fréquents :
• Délestages chroniques : Les coupures de courant sont monnaie courante, même dans les grandes villes. Cela perturbe non seulement la vie des ménages, mais aussi les activités économiques, notamment les petites entreprises.
• Inégalité dans l’accès : Selon un rapport de la Banque mondiale, environ 30 % de la population rurale n’a toujours pas accès à l’électricité. Dans certaines localités, les habitants doivent parcourir de longues distances pour recharger leurs appareils électriques à des générateurs privés.
Exemple marquant : le barrage de Lom Pangar, annoncé comme une solution durable au problème énergétique, a été achevé avec plusieurs années de retard et n’a pas permis de résoudre les délestages persistants.
5. Logement et urbanisation : Une gestion anarchique
L’urbanisation rapide des grandes villes comme Douala et Yaoundé a conduit à une crise du logement :
• Bidonvilles en expansion : Une grande partie de la population urbaine vit dans des quartiers précaires, sans accès aux services de base (eau, électricité, assainissement). Selon une étude de l’ONU-Habitat, plus de 60 % des habitants de Douala vivent dans des bidonvilles.
• Projets de logements sociaux non achevés : Plusieurs programmes de logements sociaux annoncés par le gouvernement, comme ceux de Logpom à Douala et de Mbanga-Bakoko à Yaoundé, n’ont pas été finalisés ou restent inaccessibles en raison de coûts élevés.
Le quotidien difficile des Camerounais, marqué par des infrastructures sociales insuffisantes, contraste fortement avec les discours officiels qui se félicitent de progrès inexistants. La détérioration des services de base reflète l’échec d’une gouvernance incapable de répondre aux besoins essentiels de sa population.
VI. Paul Biya et la présidentielle de 2025 : Le faux appel du peuple et le choix de sa sortie
Dans son discours de fin d’année 2024, Paul Biya laisse habilement entendre qu’il pourrait à nouveau être candidat à l’élection présidentielle prévue en 2025. Bien qu’il ne déclare pas ouvertement ses intentions, les sous-entendus sont clairs : il évoque sa « détermination intacte » et le soutien prétendu d’un peuple reconnaissant, tout en insistant sur la nécessité de poursuivre le chemin entamé sous son impulsion. Cette mise en scène prépare le terrain à une candidature que ses partisans présenteront comme une « demande du peuple ». Mais au-delà des apparences, cet « appel » du peuple n’est qu’une mascarade orchestrée par une élite politico-administrative soucieuse de préserver ses privilèges sous un régime usé.
1. L’illusion de l’appel populaire : Une manœuvre politicienne bien rodée
Depuis plusieurs décennies, chaque élection présidentielle au Cameroun est précédée d’une série de « motions de soutien » adressées au président Paul Biya par des groupes d’élites locales, des chefs traditionnels et des membres du parti au pouvoir, le RDPC. Ces motions, souvent relayées par les médias publics, présentent toujours la même rhétorique : elles implorent le président de « répondre favorablement à l’appel pressant du peuple » et de briguer un nouveau mandat « pour assurer la stabilité et la continuité du développement ».
Or, il est important de rappeler que ces appels ne sont ni spontanés ni représentatifs de la volonté populaire réelle. En effet :
• Mobilisation artificielle : Les motions de soutien sont le fruit de pressions exercées sur les élites locales, qui craignent de perdre leurs privilèges ou leurs postes s’ils ne participent pas activement à cette mise en scène.
• Répression des voix dissidentes : Toute voix s’opposant à cette narrative est systématiquement étouffée. L’espace démocratique étant extrêmement restreint au Cameroun, la majorité des citoyens n’a ni les moyens ni la liberté de s’exprimer véritablement.
Le véritable sentiment populaire est tout autre : une grande majorité des Camerounais aspire à un changement de leadership, une alternance démocratique et une nouvelle dynamique politique après 42 années d’immobilisme.
2. Une candidature qui prolongerait la crise politique et économique
Si Paul Biya décidait de se représenter en 2025, cela signifierait le prolongement d’un régime marqué par :
• Une économie stagnante : Malgré les discours optimistes, le Cameroun peine à diversifier son économie et reste dépendant des matières premières, tandis que le taux de chômage reste élevé, notamment chez les jeunes.
• Une gouvernance défaillante : La corruption endémique, la mauvaise gestion des ressources publiques et l’absence de réformes structurelles continueraient de freiner le développement.
• Une instabilité sécuritaire persistante : La crise anglophone, mal gérée depuis son déclenchement, risque de s’enliser davantage si le régime actuel, perçu comme illégitime par une partie de la population, reste en place.
En choisissant de se maintenir au pouvoir, Paul Biya ne ferait que retarder une transition inévitable, au risque de plonger le pays dans une crise politique et sociale encore plus profonde.
3. Le choix historique de Paul Biya : La grande porte ou la petite porte
À 92 ans et après plus de quatre décennies à la tête du Cameroun, Paul Biya est face à un choix crucial qui déterminera son héritage historique :
• Sortir par la grande porte : Le geste d’un homme d’État
Paul Biya a encore la possibilité de marquer positivement l’histoire en renonçant à briguer un nouveau mandat et en organisant une transition démocratique transparente. Ce geste serait celui d’un homme d’État responsable, soucieux de préserver la stabilité de son pays et d’assurer une alternance pacifique. Il pourrait devenir un exemple pour les autres dirigeants africains souvent accusés de s’accrocher au pouvoir. Cette sortie par la grande porte lui permettrait de se retirer avec honneur, respecté non seulement par les Camerounais, mais aussi par la communauté internationale.
• Sortir par la petite porte : L’épilogue d’un règne contesté
À l’inverse, s’il choisit de se représenter, Paul Biya risque d’être emporté par une contestation populaire croissante. Une nouvelle candidature ne ferait que renforcer le sentiment de frustration et d’exaspération d’une grande partie de la population, ouvrant la voie à des troubles politiques majeurs. L’histoire est pleine de dirigeants qui, refusant de lire les signes du temps, ont fini par être chassés du pouvoir dans l’humiliation et la violence.
La sagesse voudrait que Paul Biya prenne la mesure de la situation et comprenne qu’il est temps de laisser la place à une nouvelle génération de dirigeants capables de relever les défis de l’heure. Cette décision lui appartient seul : elle sera celle d’un homme qui choisit de rester dans l’histoire comme un bâtisseur de paix ou d’être rejeté comme un dirigeant ayant refusé de céder sa place au moment opportun.
4. Une opportunité pour un nouveau départ démocratique
La non-candidature de Paul Biya pourrait ouvrir une nouvelle ère au Cameroun :
• Une transition pacifique et crédible : En se retirant, il permettrait au Cameroun d’organiser des élections crédibles, transparentes et inclusives, qui offriraient au pays une chance de se réinventer.
• Un dialogue national sincère : Son retrait ouvrirait la voie à un véritable dialogue avec toutes les forces vives de la nation, y compris l’opposition et la société civile, pour définir un nouveau projet national.
• Une réconciliation nationale : L’alternance politique favoriserait la réconciliation des régions anglophones et le renforcement de l’unité nationale.
Conclusion générale : L’heure du choix a sonné
Paul Biya est à un moment décisif de son règne. Son choix de se maintenir au pouvoir ou de céder sa place déterminera non seulement son héritage personnel, mais aussi l’avenir du Cameroun. Ce pays, riche de son potentiel et de sa jeunesse, mérite mieux que la stagnation actuelle. Il mérite une nouvelle direction, une nouvelle vision, un nouveau souffle.
Seul Paul Biya peut encore décider de sortir par la grande porte, en homme d’État conscient de sa responsabilité historique. S’il ne le fait pas, l’histoire et le peuple camerounais lui imposeront tôt ou tard une sortie par la petite porte, avec le souvenir amer d’un règne trop long, marqué par des promesses non tenues et une transition manquée.
Le Cameroun a besoin de changement, et ce changement doit commencer maintenant.
Bibliographie
1. Banque mondiale, « Promouvoir une croissance inclusive au Cameroun : Défis et opportunités », Washington DC, 2023.
2. Institut National de la Statistique (INS), Rapport sur l’évolution du secteur industriel au Cameroun, Yaoundé, 2024.
3. Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), Indice de développement humain et rapport sur la compétitivité économique du Cameroun, Yaoundé, 2023.
4. Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), Rapport sur la désindustrialisation en Afrique centrale : le cas du Cameroun, Vienne, 2023.
5. Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), « Politique industrielle et chaînes de valeur en Afrique », Genève, 2022.
6. Transparency International, Indice de perception de la corruption : focus sur les grands projets d’infrastructures et gouvernance au Cameroun, Berlin, 2024.
7. Human Rights Watch, « Cameroon: Armed Separatists and Security Forces Abuses », New York, 2024.
8. Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), Rapport sur les déplacés internes au Cameroun, Genève, 2023.
9. International Crisis Group, « Cameroon’s Anglophone Crisis: The Need for Dialogue », Bruxelles, 2024.
10. Agence Ecofin, Articles sur l’économie, les infrastructures et la sécurité au Cameroun, Douala, 2023-2024.
11. Le Messager, « CELLUCAM, CICAM, CAMSUCO : un passé industriel glorieux abandonné », Yaoundé, édition spéciale, 2023.
12. Mutations, « Privatisations et fermetures d’usines : un bilan controversé », Douala, juin 2024.
13. Cour des comptes du Cameroun, Rapport sur la gestion des projets d’infrastructures sportives liés à la CAN 2019 et audit des entreprises publiques, Yaoundé, 2021-2023.
14. ONU-Habitat, Rapport sur l’urbanisation et le logement au Cameroun, Nairobi, 2023.
15. Ministère de la Défense du Cameroun, Rapport annuel sur les opérations de maintien de l’ordre et la lutte contre le terrorisme, Yaoundé, 2024.
16. Cameroon Tribune, Articles sur les défis de la transformation locale et les projets industriels, Yaoundé, 2023-2024.
17. Mutations, « Le chômage des jeunes au Cameroun : une bombe à retardement », Douala, édition spéciale, mai 2024.
18. Le Messager, « Crise anglophone : les civils entre deux feux », Yaoundé, édition spéciale, décembre 2023.
19. Agence Ecofin, « Les échecs des zones industrielles au Cameroun : cas de Kribi et Ouassa-Babouté », Douala, 2023.
20. Confédération Africaine de Football (CAF), Rapports d’inspection des infrastructures sportives au Cameroun, 2018-2021.
L’Église catholique au Cameroun, pourtant historiquement influente, semble s’être retranchée dans une posture prudente face aux défis politiques et sociaux cruciaux du pays. À travers l’interview de Mgr Samuel Kleda, archevêque de Douala, on observe une déconnexion croissante entre l’institution religieuse et les attentes populaires. Cet article critique cette posture en soulignant son manque d’engagement concret, tout en la comparant à des Églises africaines plus engagées, comme celle de Côte d’Ivoire, qui ont su assumer un rôle prophétique et défendre fermement les intérêts des populations. Une telle comparaison révèle l’échec de l’Église camerounaise à incarner un véritable soutien aux luttes populaires, renforçant son image d’une institution timorée, voire complice du statu quo.
Mots clés: Église catholique au Cameroun, Engagement politique, Mgr Samuel Kleda, Crise anglophone, Transition démocratique, Justice sociale, Leadership religieux en Afrique, Église catholique en Côte d’Ivoire, Médiation des conflits, Société civile et religion, Influence religieuse en politique, Églises africaines et droits humains
Abstract
The Catholic Church in Cameroon, historically an influential institution, appears increasingly disconnected from the pressing demands of its people. This paper critically examines the recent interview of Archbishop Samuel Kleda, analyzing its lack of substantive proposals and highlighting the Church’s passive stance on critical national issues such as political transition, the Anglophone crisis, and socioeconomic inequalities. Drawing comparisons with more politically engaged Catholic Churches in Africa, such as those in Côte d’Ivoire and the Democratic Republic of Congo, this study underscores the Church’s failure to embody a prophetic voice. The analysis demonstrates how the Church’s reticence compromises its credibility and alienates it from the struggles of the Cameroonian people, contrasting this with examples of proactive and transformative ecclesiastical leadership in Africa. Finally, the paper calls for a reimagined role of the Catholic Church in Cameroon as a bold advocate for justice, democracy, and social change.
Keywords: Catholic Church in Cameroon, Political engagement, Archbishop Samuel Kleda, Anglophone crisis, Church and democracy, Justice and social change, Côte d’Ivoire Catholic Church, Democratic Republic of Congo (DRC) Catholic Church, Church and political transition, African ecclesiastical leadership
1. Introduction : L’Église face à une crise d’engagement
Dans les contextes africains marqués par des crises politiques, économiques et sociales, les institutions religieuses jouent souvent un rôle déterminant en tant que médiateurs et catalyseurs de changement. Pourtant, l’Église catholique camerounaise semble hésiter à assumer pleinement cette responsabilité. L’interview de Mgr Kleda, bien qu’évoquant des préoccupations légitimes telles que la transition politique et la résolution de la crise anglophone, manque de profondeur, de fermeté et de propositions concrètes pour accompagner le peuple dans sa quête de justice et de démocratie.
2. L’interview de Mgr Kleda : Une neutralité malvenue
2.1. Un appel à la transition politique sans substance
Mgr Kleda appelle à une « transition pacifique » et qualifie une nouvelle candidature de Paul Biya de « non réaliste ». Cependant, cette déclaration évite d’aborder les racines profondes de la crise politique au Cameroun : la gouvernance autocratique et les élections systématiquement contestées.
• Neutralité et passivité institutionnelle
Selon Philpott (2004), les Églises qui réussissent à influencer les transitions démocratiques adoptent des positions claires et courageuses face aux régimes autoritaires. L’Église catholique en Pologne, par exemple, a joué un rôle décisif dans la chute du communisme en soutenant activement le mouvement Solidarnosc. Par contraste, les déclarations de Mgr Kleda manquent de substance et ne remettent pas directement en question le système en place.
2.2. Une position floue sur la crise anglophone
La crise anglophone, l’un des conflits les plus meurtriers en Afrique centrale, n’est abordée que de manière superficielle dans l’interview. L’appel au dialogue de Mgr Kleda, bien intentionné, reste dénué de propositions concrètes sur la manière de structurer ce dialogue ou d’en garantir l’efficacité.
• L’inaction face aux conflits prolongés
Lederach (1997) insiste sur l’importance de la médiation proactive et de la création d’espaces sûrs pour les négociations dans les conflits prolongés. L’Église camerounaise, malgré son influence, n’a pas organisé de forums ou offert ses ressources comme médiateur impartial, contrairement à ce que l’on a vu dans d’autres pays.
2.3. L’oubli des préoccupations socio-économiques
L’interview de Mgr Kleda néglige totalement les préoccupations socio-économiques des Camerounais, tels que le chômage massif, l’inflation et l’inégalité croissante. Cette omission illustre une déconnexion de l’Église avec les réalités quotidiennes de ses fidèles.
• La justice sociale comme mission centrale
Gutierrez (1973) souligne que l’Église doit être à l’avant-garde des luttes pour la justice sociale. En ignorant ces questions, l’Église camerounaise échoue à incarner une institution réellement au service du peuple.
3. Une comparaison avec des Églises africaines engagées
3.1. L’Église catholique de Côte d’Ivoire : Une voix prophétique dans les crises
En Côte d’Ivoire, l’Église catholique s’est démarquée par son franc-parler et son engagement dans les crises politiques. Lors de la crise post-électorale de 2010-2011, les évêques ivoiriens ont publiquement condamné la violence et les abus de pouvoir, tout en appelant à une solution pacifique basée sur la justice. Leur déclaration collective, « Nous n’avons pas peur de la vérité », a marqué une prise de position courageuse et sans ambiguïté.
• Exemple : La médiation active de l’Église ivoirienne
En plus de ses déclarations, l’Église catholique ivoirienne a initié des médiations entre les factions rivales et a plaidé pour des réformes institutionnelles afin de garantir des élections crédibles. Cette posture contraste fortement avec l’attentisme de l’Église camerounaise.
3.2. L’Église catholique au Congo-Kinshasa : Leader de la société civile
En République démocratique du Congo (RDC), l’Église catholique est un acteur majeur de la société civile. En 2018, face à l’incertitude politique entourant la succession de Joseph Kabila, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a joué un rôle crucial dans la supervision des élections et la dénonciation des irrégularités.
• Exemple : Mobilisation pour la vérité électorale
En mobilisant des milliers d’observateurs pour surveiller les élections et en publiant des rapports détaillés sur les irrégularités, la CENCO a démontré un engagement clair en faveur de la démocratie et des droits des citoyens. Cette mobilisation a renforcé la légitimité de l’Église auprès du peuple.
3.3. Comparaison : Une Église camerounaise en retrait
Contrairement à ces exemples, l’Église catholique au Cameroun reste sur la défensive, évitant les confrontations directes avec le régime et négligeant les initiatives concrètes pour accompagner la transition démocratique ou résoudre la crise anglophone.
4. Conclusion : L’Église catholique camerounaise à la croisée des chemins
L’Église catholique camerounaise est confrontée à une crise de crédibilité en raison de son manque d’engagement clair face aux luttes populaires. L’interview de Mgr Kleda, bien qu’évoquant des thématiques importantes, illustre une institution plus soucieuse de préserver son équilibre institutionnel que de défendre les aspirations des Camerounais.
À la lumière des exemples ivoiriens et congolais, il est évident que l’Église au Cameroun a les moyens de jouer un rôle plus actif et courageux. Cependant, son hésitation actuelle renforce l’idée qu’elle est déconnectée du peuple qu’elle prétend servir.
Pour retrouver sa place en tant qu’institution prophétique et morale, l’Église catholique camerounaise doit :
1. Prendre des positions claires et courageuses sur les crises politiques et sociales.
2. Proposer des initiatives concrètes pour accompagner les transitions démocratiques et résoudre les conflits.
3. S’engager davantage dans les luttes pour la justice sociale et économique.
Faute de quoi, elle continuera à être perçue comme une institution timorée, complice du statu quo, et déconnectée des réalités et des aspirations des Camerounais.
Références
• Gutierrez, G. (1973). A Theology of Liberation: History, Politics, and Salvation. Orbis Books.
• Lederach, J. P. (1997). Building Peace: Sustainable Reconciliation in Divided Societies. United States Institute of Peace Press.
• Philpott, D. (2004). “The Catholic Wave.” Journal of Democracy, 15(2), 32-46.
• Conférence Épiscopale de Côte d’Ivoire (2011). Déclaration sur la vérité et la réconciliation.
Paul Atanga Nji, le ministre camerounais de l’Administration territoriale.
Résumé
Dans un contexte gouvernemental marqué par des déclarations parfois jugées déconnectées des réalités institutionnelles, Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration Territoriale du Cameroun, se distingue par une gestion rigoureuse et rationnelle de ses fonctions. Cet article examine les attributions du ministère de l’Administration Territoriale et les compare aux actions et déclarations d’Atanga Nji. À travers une analyse critique, il établit un contraste avec d’autres membres du gouvernement, notamment Luc Magloire Mbarga Atangana (ministre du Commerce), et Emmanuel Nganou Djoumessi (ministre des Travaux Publics). En s’alignant strictement sur les missions régaliennes de son ministère, Atanga Nji apparaît comme une figure pragmatique et méthodique, contrairement à des déclarations controversées ou irréalistes de ses homologues. Cet article démontre que Paul Atanga Nji, par sa rationalité et son respect des prérogatives institutionnelles, s’impose comme le ministre le plus rationnel du gouvernement Paul Biya en 2024.
Mots-clés : Paul Atanga Nji, Rationalité gouvernementale, Administration Territoriale, Cameroun, Gouvernement Paul Biya.
Abstract
In a government often criticized for unrealistic and controversial statements, Paul Atanga Nji, Cameroon’s Minister of Territorial Administration, stands out for his rational and methodical management of his duties. This article examines the functions of the Ministry of Territorial Administration and compares them with Atanga Nji’s actions and statements. A critical analysis contrasts his performance with other government officials, such as Luc Magloire Mbarga Atangana (Minister of Commerce) and Emmanuel Nganou Djoumessi (Minister of Public Works). By adhering strictly to the sovereign functions of his ministry, Atanga Nji emerges as a pragmatic and disciplined figure, in stark contrast to the hyperbolic and unrealistic remarks of some of his peers. This article argues that Paul Atanga Nji, through his rationality and respect for institutional mandates, is the most rational minister in Paul Biya’s government in 2024.
Keywords: Paul Atanga Nji, Rational governance, Territorial Administration, Cameroon, Paul Biya’s government.
Introduction
La rationalité républicaine se définit comme la capacité à agir en conformité avec les responsabilités institutionnelles, à prioriser les intérêts collectifs sur les ambitions personnelles, et à maintenir un équilibre entre fermeté et respect des principes démocratiques. Dans le gouvernement Paul Biya, où l’inaction et la médiocrité reflètent une polarisation politique et un éloignement des responsabilités institutionnelles, les déclarations publiques des ministres ont souvent suscité des controverses. Dans cette marrée non productive, seul Paul Atanga Nji incarne cette rationalité républicaine en 2024.
Par exemple, Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce, a affirmé que « ne pas soutenir Paul Biya, c’est défier Dieu qui l’a choisi », une déclaration qui mêle politique et théologie.
De son côté, Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre des Travaux Publics, a demandé publiquement : « Aidez-nous à arrêter la pluie.» Ces propos contrastent fortement avec la posture pragmatique et institutionnelle de Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration Territoriale, qui s’est concentré sur les missions régaliennes de son ministère, notamment le maintien de l’ordre, la supervision des élections et la gestion des crises.
Cet article vise à démontrer, de manière scientifique, qu’Atanga Nji est le ministre le plus rationnel du gouvernement Paul Biya en 2024. Pour cela, nous analyserons les missions régaliennes du ministère de l’Administration Territoriale et comparerons ses actions et déclarations à celles de ses collègues.
I. Les Missions Régaliennes du Ministère de l’Administration Territoriale
Le ministère de l’Administration Territoriale (MINAT) a des missions claires et stratégiques :
1. Maintien de l’ordre public : Coordination avec les forces de sécurité pour assurer la stabilité nationale.
2. Supervision des ONG et Associations : Contrôle des organisations pour prévenir les ingérences étrangères et les activités subversives.
3. Organisation des élections : Préparation logistique et sécurisation des processus électoraux en collaboration avec ELECAM.
4. Gestion des crises : Coordination des réponses aux catastrophes naturelles et aux conflits internes.
Paul Atanga Nji a démontré son engagement à remplir ces fonctions de manière cohérente et pragmatique, en utilisant une rhétorique des proverbes africains.
Chapitre II : Comparaison avec Luc Magloire Mbarga Atangana : Une Déconnexion Institutionnelle
Luc Magloire Atangana Mbarga, Ministre du Commerce camerounais
1. Déclarations Polémiques : Le cas de la théologisation du pouvoir
Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce, a marqué les esprits avec sa déclaration du 6 novembre 2024 :
« Ne pas soutenir Paul Biya, c’est défier Dieu qui l’a choisi. »
Cette déclaration, faite lors des célébrations marquant l’anniversaire de l’accession de Paul Biya au pouvoir, a suscité de vives critiques. Elle illustre une approche où la fidélité au chef de l’État dépasse le cadre de la neutralité institutionnelle attendue d’un ministre.
En tant que ministre du Commerce, Mbarga Atangana est censé se concentrer sur la régulation des marchés, la maîtrise des prix des denrées alimentaires, et la stimulation des échanges économiques. Cependant, sa déclaration semble mêler religion et politique dans un contexte où les Camerounais s’attendent à des solutions économiques face à la montée des prix des produits de première nécessité. Cette théologisation du pouvoir est un décalage notable par rapport aux attentes de ses fonctions.
2. Analyse Critique : Une posture émotionnelle de Magloire Atangana Mbarga contre la rationalité d’Atanga Nji
En comparaison, Paul Atanga Nji se limite à des déclarations strictement liées à ses responsabilités. Par exemple, lors des tensions postélectorales de 2020, il a déclaré :
« La loi et l’ordre sont des principes fondamentaux pour la stabilité. Nous agirons pour protéger nos institutions. »
Cette posture légaliste et dépourvue de rhétorique émotionnelle démontre une rationalité centrée sur l’État de droit. Contrairement à Mbarga Atangana, Atanga Nji ne détourne pas son rôle institutionnel pour exprimer une allégeance personnelle.
3. Impact sur la crédibilité gouvernementale
Les déclarations de Mbarga Atangana, bien qu’applaudies par les partisans du régime, ont contribué à polariser davantage le débat politique. Elles donnent une image d’un gouvernement plus préoccupé par la loyauté personnelle envers le président que par la résolution des défis économiques. À l’inverse, Atanga Nji projette une image de neutralité institutionnelle, essentielle pour préserver la crédibilité d’un État moderne.
Chapitre III : Contraste avec Emmanuel Nganou Djoumessi : Entre Réalisme et Idéalisme
Ngannou Djoumessi, Ministre des Travaux Publiques camerounais
1. Déclarations Irréalistes : La pluie comme obstacle au développement
Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre des Travaux Publics, a déclaré devant le SÉNAT:
« Aidez-nous à arrêter la pluie. »
Cette déclaration, faite devant le SÉNAT, a été perçue comme une tentative maladroite de justifier des retards chroniques dans les travaux d’infrastructures. Elle a suscité moqueries et indignation dans l’opinion publique, qui attend des solutions concrètes face à l’état des routes, souvent impraticables.
2. Une Déconnexion avec les Réalités du Ministère
Le rôle du ministère des Travaux Publics est d’assurer la planification, la construction, et l’entretien des infrastructures. Pourtant, sous la direction de Nganou Djoumessi, de nombreux projets ont été retardés, souvent attribués à des problèmes de financement ou de planification.
Par exemple, l’auto-route Douala- Yaoundé reste inachevée après plusieurs années. Plutôt que d’assumer les responsabilités structurelles, le ministre a fait des déclarations qui minimisent la gravité des défis logistiques et financiers.
3. Conséquences pour la Perception Publique
Les déclarations de Nganou Djoumessi renforcent l’image d’un gouvernement inefficace dans la gestion des infrastructures critiques, un domaine central pour le développement économique. À l’opposé, les actions d’Atanga Nji renforcent sa crédibilité en tant que gestionnaire de crises, en phase avec les attentes des citoyens.
Synthèse des Comparaisons
Les actions et déclarations d’Atanga Nji révèlent une cohérence et une rationalité absentes chez plusieurs de ses collègues. Qu’il s’agisse de Magloire Atangana Mbarga dans ses déclarations théologico- émotives ou de Nganou Djoumessi, dont les déclarations irréalistes fantaisistes décrédibilisent son ministère, Atanga Nji se démarque par son pragmatisme et son respect des missions régaliennes.
Conclusion
Dans un gouvernement souvent marqué par des déclarations controversées et des postures éloignées des réalités institutionnelles, Paul Atanga Nji se distingue par sa rationalité et son respect des missions régaliennes de son ministère. En 2024, il s’impose comme le ministre le plus rationnel du gouvernement Paul Biya, en contraste avec des collègues comme Luc Magloire Mbarga Atangana et Emmanuel Nganou Djoumessi.
Il est la figure qui incarne la rationalité républicaine. Sa capacité à respecter et à exceller dans ses responsabilités institutionnelles fait de lui un exemple rare de pragmatisme et de performance dans un système souvent critiqué pour ses faiblesses. Ce faisant, il rappelle l’importance d’une gouvernance centrée sur le respect des institutions et la réponse aux attentes du peuple camerounais.
Bibliographie
1. Paul Atanga Nji, Discours sur l’Unité et l’Ordre Public. Yaoundé : MINAT, 2023.
2. Luc Magloire Mbarga Atangana, « Déclarations publiques sur le soutien au président Biya. » Journal du Cameroun, 2024.
3. Emmanuel Nganou Djoumessi, Rapports sur les Travaux Publics au Cameroun. Douala : Éditions Universitaires, 2023.
4. ELECAM, Rapport sur les Élections de 2020 au Cameroun. Yaoundé, 2021.
5. Tchango, Jacques. Les Défis de la Gouvernance au Cameroun. Douala : Presse Universitaire, 2021.
Cet article explore le concept de souveraineté économique développementaliste industrielle au Cameroun, un modèle visant à réduire la dépendance extérieure et à promouvoir une croissance inclusive. Inspiré par les expériences des États développementalistes d’Asie de l’Est et du communitarisme en Afrique, ce modèle combine une gouvernance participative, une industrialisation stratégique, et une valorisation des ressources locales. En s’appuyant sur des communes comme unités de développement, sur une souveraineté industrielle transformant les matières premières localement, et sur une stratégie régionale cohérente, le Cameroun peut diversifier son économie et se positionner comme un pôle industriel en Afrique centrale. L’article met également en lumière les défis et opportunités liés à l’intégration régionale, la réforme monétaire, et le rôle central du capital humain et de l’innovation dans cette transition.
Mots-clés: Souveraineté économique, Cameroun, industrialisation, développement communautaire, intégration régionale, transformation des ressources, capital humain, innovation, développement durable.
Abstract
This article examines the developmental and industrial economic sovereignty of Cameroon, a model designed to minimize external dependence and foster inclusive growth. Drawing inspiration from the developmental states of East Asia, the model integrates participatory governance, strategic industrialization, and the local valorization of resources. By leveraging communes as development units, advancing industrial sovereignty through local transformation of raw materials, and pursuing a coherent regional strategy, Cameroon can diversify its economy and establish itself as an industrial hub in Central Africa. The article highlights the challenges and opportunities of regional integration, monetary reform, and the pivotal role of human capital and innovation in achieving this ambitious vision.
Keywords: Economic sovereignty, Cameroon, industrialization, community development, regional integration, resource transformation, human capital, innovation, sustainable development.
Introduction
Face aux défis imposés par la mondialisation, la dépendance chronique aux exportations de matières premières, et des crises structurelles internes, le Cameroun se trouve à un carrefour décisif. Le pays explore une stratégie ambitieuse : la souveraineté économique développementaliste communautaire (SEDC). Ce modèle propose une combinaison innovante de gouvernance participative, d’industrialisation stratégique, et de valorisation des ressources locales pour bâtir une économie résiliente, inclusive et compétitive.
La souveraineté industrielle, pierre angulaire de cette vision, vise à réduire la dépendance extérieure tout en stimulant une transformation locale des matières premières. Ce processus est soutenu par des réformes structurelles, une modernisation des infrastructures et un investissement accru dans le capital humain. Cet article examine les composantes essentielles de cette vision, tout en abordant les défis et opportunités liés à l’intégration régionale, à la réforme monétaire, et au rôle crucial de l’innovation dans ce projet.
1. La Souveraineté Économique Développementaliste Communautaire : Une Approche Contextualisée
1.1 Gouvernance participative et décentralisation
Inspirée par les succès des États développementalistes d’Asie de l’Est, la SEDC repose sur une approche intégrée où la gouvernance décentralisée joue un rôle central. Le Cameroun, avec ses 360 communes, a une opportunité unique de mobiliser ses structures locales pour impulser un développement inclusif. Comme l’affirme Rondinelli (1981), la décentralisation permet une meilleure appropriation des politiques publiques par les citoyens, favorise une répartition équitable des ressources, et réduit les disparités territoriales.
Chaque commune devient ainsi un moteur de développement économique, capable de concevoir et d’exécuter des projets adaptés aux besoins locaux, renforçant ainsi la cohésion sociale et économique.
1.2 Nationalisme économique et valorisation des ressources
Le Cameroun adopte une stratégie de nationalisme économique visant à promouvoir la production locale et à protéger ses industries émergentes. Rodrik (2004) souligne que les politiques protectionnistes intelligentes, combinées à des incitations fiscales, peuvent catalyser le développement industriel tout en stimulant les investissements nationaux dans des secteurs stratégiques comme l’agro-industrie et l’énergie. Ce nationalisme économique, loin d’être isolationniste, vise à renforcer la résilience face aux chocs externes tout en favorisant une croissance endogène.
2. La Souveraineté Industrielle : Le Socle de l’Autonomie Économique
2.1 Transformation locale des ressources
Le Cameroun dispose d’abondantes ressources naturelles, notamment le cacao, le bois, et le pétrole. Cependant, leur transformation locale reste limitée. Sachs et Warner (2001) montrent que la dépendance aux exportations de matières premières non transformées expose les économies au “syndrome hollandais”. La souveraineté industrielle au Cameroun implique de transformer ces ressources sur place pour produire des biens à forte valeur ajoutée, capturant ainsi une plus grande part des chaînes de valeur mondiales.
Par exemple, développer des industries locales pour transformer le cacao en chocolat ou le bois en produits finis pourrait stimuler l’emploi, augmenter les revenus fiscaux, et réduire la vulnérabilité économique.
2.2 Diversification économique et modernisation des infrastructures
La diversification économique est essentielle pour atténuer la dépendance aux matières premières. Hirschman (1958) suggère que les investissements dans des secteurs comme les énergies renouvelables, le textile, ou la chimie peuvent renforcer la résilience économique. Ces initiatives doivent être soutenues par une modernisation des infrastructures, notamment les routes, les ports, et l’accès à une énergie fiable.
2.3 Rôle stratégique de l’État
L’État camerounais doit jouer un rôle catalyseur en planifiant et en dirigeant les investissements stratégiques. Les expériences des pays d’Asie de l’Est, comme la Corée du Sud, montrent que des politiques industrielles proactives, combinées à des partenariats public-privé, peuvent accélérer l’industrialisation (Rodrik, 2004).
3. Défis et Opportunités dans un Contexte d’Intégration Régionale
3.1 Intégration régionale
Avec la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF), le Cameroun a une opportunité unique de se positionner comme un pôle industriel pour l’Afrique centrale. Cependant, comme le souligne Baldwin (2011), l’intégration régionale doit être progressive pour permettre aux industries locales de devenir compétitives avant de s’ouvrir pleinement aux marchés étrangers.
3.2 Réforme monétaire et autonomie financière
L’utilisation du Franc CFA limite la souveraineté monétaire du Cameroun. Stiglitz (2010) argue que l’indépendance monétaire est cruciale pour ajuster les instruments financiers aux besoins de l’industrialisation. Une réforme du Franc CFA pourrait offrir une flexibilité accrue pour soutenir les ambitions industrielles du pays.
4. Capital Humain et Innovation : Les Facteurs Déterminants
4.1 Formation technique et éducation
Le Cameroun doit investir massivement dans la formation technique et professionnelle pour répondre aux besoins des industries émergentes. Lundvall et Johnson (1994) mettent en avant l’importance d’un système éducatif orienté vers l’apprentissage et l’innovation. Des centres de formation spécialisés et des universités axées sur la recherche appliquée sont indispensables.
4.2 Recherche et développement
Encourager l’innovation est essentiel pour réduire la dépendance technologique. Des partenariats entre le secteur privé et les universités peuvent catalyser l’émergence de solutions adaptées au contexte local, renforçant ainsi la compétitivité industrielle.
5. Une Vision Sociale et Inclusive
La SEDC ne se limite pas à des objectifs économiques ; elle inclut une dimension sociale visant à améliorer le bien-être des populations. Cela comprend :
• Une meilleure redistribution des richesses pour réduire les inégalités.
• La lutte contre les discriminations, notamment en matière de genre et d’accès aux services de base.
• La promotion d’un dialogue social inclusif pour garantir que les politiques publiques répondent aux besoins réels des citoyens (Alesina & Perotti, 1996).
Conclusion : Une Feuille de Route pour l’Avenir
Le Cameroun dispose des atouts nécessaires pour devenir un modèle de transformation économique en Afrique. En valorisant ses ressources localement, en diversifiant son économie, et en investissant dans son capital humain, le pays peut bâtir une économie résiliente et inclusive. Cependant, la réussite de cette vision repose sur une gouvernance efficace, une volonté politique forte, et une mobilisation collective des ressources.
Avec une approche cohérente et adaptée à ses réalités, le Cameroun peut non seulement réduire sa dépendance extérieure, mais également se positionner comme un acteur majeur dans l’économie régionale et mondiale.
Références Bibliographiques
1. Alesina, A., & Perotti, R. (1996). Income distribution, political instability, and investment. European Economic Review, 40(6), 1203-1228.
2. Baldwin, R. (2011). Trade and industrialization after globalization’s second unbundling: How building and joining a supply chain are different and why it matters. NBER Working Paper.
3. Hirschman, A. O. (1958). The Strategy of Economic Development. Yale University Press.
4. Lundvall, B.-Å., & Johnson, B. (1994). The learning economy. Journal of Industry Studies, 1(2), 23-42.
5. Rodrik, D. (2004). Industrial Policy for the Twenty-First Century. UNIDO.
6. Sachs, J. D., & Warner, A. M. (2001). The curse of natural resources. European Economic Review, 45(4-6), 827-838.
7. Stiglitz, J. E. (2010). Freefall: America, Free Markets, and the Sinking of the World Economy. W. W. Norton & Company.
8. Rondinelli, D. A. (1981). Government decentralization in comparative perspective: theory and practice in developing countries. International Review of Administrative Sciences, 47(2), 133-145.
Président Paul Biya, Mme Irene Biya et Président Paul Biya
Résumé
Cet article examine le rôle central de l’éducation missionnaire, promue par l’Église, dans la formation des élites africaines et son impact sur le développement en Afrique francophone, notamment au Cameroun. Il démontre comment ce système éducatif, tout en fournissant les outils nécessaires à l’émergence d’une classe dirigeante, a aliéné culturellement ces élites et perpétué des modèles néocoloniaux inadaptés. En analysant le parcours de Paul Biya et de ses gouvernements successifs, nous montrons que cette éducation a produit des dirigeants incapables d’initier des réformes structurelles, consolidant ainsi la dépendance et le sous-développement. Nous mobilisons des références académiques pour une démonstration rigoureuse et documentée.
Mots clés : Éducation missionnaire, Église, Afrique francophone, sous-développement, Cameroun, Paul Biya, néocolonialisme, élites africaines
Abstract
This article investigates the pivotal role of missionary education, promoted by the Church, in shaping African elites and its impact on the development of Francophone Africa, with a specific focus on Cameroon. It demonstrates how this educational system, while equipping elites with essential administrative skills, culturally alienated them and perpetuated unsuitable neo-colonial models. By analyzing the trajectory of Paul Biya and his successive governments, we reveal how this education system fostered leaders unable to implement structural reforms, thereby entrenching dependency and underdevelopment. Academic references are used to support a rigorous and well-documented analysis.
L’éducation est un levier fondamental pour le développement d’une société. En Afrique francophone, les écoles missionnaires ont dominé la scène éducative pendant la période coloniale et après les indépendances, formant une grande partie des élites politiques et administratives. Cependant, malgré l’accès à l’éducation, ces pays restent embourbés dans des problématiques structurelles de sous-développement. L’éducation missionnaire, bien que contribuant à la scolarisation, a-t-elle également limité la capacité des élites africaines à développer des solutions adaptées à leurs contextes locaux ?
Cet article analyse cette question en trois parties. La première explore l’histoire et les objectifs de l’éducation missionnaire. La seconde s’intéresse au Cameroun, en particulier à Paul Biya et certains de ses gouvernements. Enfin, la troisième partie propose une critique de l’héritage missionnaire et des pistes pour en sortir.
Pape Benedict, President Paul BIYA et Mme Chantal BIYA
1. L’éducation missionnaire : outil de domination et d’aliénation
1.1. Les objectifs de l’éducation missionnaire
L’éducation missionnaire a été introduite en Afrique comme un outil stratégique pour soutenir la colonisation. L’objectif principal des missions chrétiennes était la conversion religieuse. Selon Fanon (1952), les missionnaires percevaient les pratiques culturelles africaines comme inférieures et cherchaient à imposer des normes chrétiennes européennes. Ce processus de christianisation allait de pair avec une aliénation culturelle, car les Africains étaient encouragés à rejeter leurs croyances et traditions. À travers l’éducation, les missionnaires formaient une élite locale qui servait d’intermédiaire entre la population et l’administration coloniale. White (1996) soutient que cette élite devait être suffisamment instruite pour remplir des rôles administratifs, mais pas assez autonome pour contester l’ordre colonial. Par ailleurs, les missionnaires insistaient sur la soumission aux autorités, tant religieuses que politiques, consolidant ainsi une culture de dépendance. Les écoles missionnaires devinrent ainsi des instruments de contrôle idéologique, non seulement en christianisant les populations, mais aussi en instaurant une vision du monde hiérarchisée où l’Europe représentait le modèle à suivre. Ce processus a créé un fossé entre les élites éduquées et le reste de la population, renforçant les inégalités sociales et la domination coloniale.
1.2. Les limites du modèle éducatif missionnaire
Le système éducatif missionnaire, bien qu’il ait offert un accès à l’instruction, présentait des limitations majeures qui ont freiné le développement des sociétés africaines. Tout d’abord, le contenu des enseignements était essentiellement eurocentré. Les matières comme l’histoire et la géographie étaient enseignées du point de vue européen, marginalisant les savoirs locaux et les contributions africaines à l’histoire mondiale (Mudimbe, 1988). De plus, les disciplines techniques et scientifiques étaient sous-représentées, limitant les opportunités de développement industriel et technologique. L’approche pédagogique, centrée sur la mémorisation et la récitation, décourageait l’esprit critique et l’innovation. Paulo Freire (1970) critique ce modèle qu’il qualifie de « pédagogie bancaire », où les apprenants sont de simples récipients passifs d’un savoir imposé. Enfin, les écoles missionnaires privilégiaient une éducation élitiste, accessible à un nombre limité d’élèves, souvent issus de familles favorisées. Cela a accentué les inégalités, en créant une classe dirigeante déconnectée des réalités des masses populaires. Ces limites ont façonné des élites peu préparées à gérer les défis post-indépendance, contribuant à l’instabilité socio-économique persistante.
2. Paul Biya et ses gouvernements successifs : un produit et une reproduction de l’éducation missionnaire
2.1. Paul Biya : un dirigeant modelé par l’éducation missionnaire
Paul Biya, né en 1933 dans le village de Mvomeka’a, a grandi dans un contexte marqué par l’influence des missions catholiques dans le sud du Cameroun. Il a reçu son éducation primaire et secondaire dans des écoles dirigées par des missionnaires catholiques, notamment les plus prestigieux. Cette formation a profondément marqué sa vision du monde et son approche de la gouvernance. Les valeurs inculquées – respect de l’autorité, loyauté envers les hiérarchies, et rigueur morale – se retrouvent dans son style de leadership.
Cependant, cette éducation a aussi ses limites. L’approche missionnaire, centrée sur l’obéissance et l’assimilation culturelle, a produit des dirigeants comme Biya, qui privilégient la stabilité au détriment de l’innovation. En analysant ses 42 ans de règne, on constate une tendance marquée à reproduire des schémas administratifs hérités de la période coloniale. Son modèle économique, basé sur l’exportation de matières premières (cacao, pétrole, bois), reste ancré dans une logique néocoloniale. Ce conservatisme économique illustre un manque de vision pour une transformation structurelle du pays.
Par ailleurs, son mode de gouvernance autoritaire reflète une centralisation excessive du pouvoir, semblable à la hiérarchie rigide des structures ecclésiastiques. Biya s’appuie sur un réseau d’élites loyalistes, souvent issues des mêmes écoles missionnaires, pour maintenir son contrôle. En consolidant un régime caractérisé par l’immobilisme, il incarne le produit parfait de l’éducation missionnaire, où la soumission à l’ordre prime sur la capacité à innover ou à remettre en question le statu quo.
2.2. Les gouvernements successifs de Paul Biya : une continuité de l’héritage missionnaire
Depuis son accession au pouvoir en 1982, Paul Biya a formé plus de 30 gouvernements successifs. Ces gouvernements, bien que renouvelés périodiquement sauf ces dernières années, partagent des caractéristiques communes qui trahissent l’influence de l’éducation missionnaire sur leurs membres et leurs politiques.
2.2.1. Les profils des élites gouvernementales : une éducation missionnaire dominante
La majorité des membres des gouvernements Biya ont été formés dans des écoles missionnaires, qu’elles soient catholiques ou protestantes. Ces institutions, comme le collège Vogt à Yaoundé, le collège Libermann à Douala, ou les écoles protestantes de Bali, ont produit des cadres hautement qualifiés mais profondément ancrés dans des modèles éducatifs eurocentriques. Parmi ces figures clés :
• Peter Mafany Musonge : Ancien Premier ministre, éduqué dans des institutions protestantes anglophones, il a adopté une gestion bureaucratique marquée par la continuité plutôt que par le changement.
• Amadou Ali : Ancien ministre de la Justice, issu des écoles protestantes du Nord, son approche rigide des réformes judiciaires reflète une formation axée sur l’obéissance et la loyauté.
• Luc Sindjoun : Conseiller spécial de Paul Biya, sa vision intellectuelle reste influencée par une éducation missionnaire valorisant les modèles occidentaux de pensée.
Ces élites, bien qu’éduquées, illustrent une incapacité chronique à développer des politiques publiques adaptées aux réalités locales. Leur gestion se concentre souvent sur la préservation de l’ordre établi, reproduisant les logiques administratives coloniales sans innovation notable.
2.2.2. Un immobilisme économique et social : l’impact de la formation des élites
Les gouvernements successifs de Biya ont largement échoué à diversifier l’économie camerounaise ou à réduire la pauvreté. Cette stagnation peut être liée à la vision eurocentrée des élites formées dans des écoles missionnaires, qui valorisaient les théories économiques classiques occidentales mais ignoraient les dynamiques locales. Par exemple :
• Les plans d’ajustement structurel des années 1980 et 1990, imposés par le FMI, ont été acceptés sans contestation par des ministres des Finances comme Polycarpe Abah Abah, lui-même issu d’une formation missionnaire. Ces politiques, axées sur la réduction des dépenses publiques et la privatisation, ont aggravé la pauvreté sans résoudre les problèmes structurels du pays.
• La dépendance aux exportations de matières premières reste un problème central. Malgré la richesse en ressources naturelles, les gouvernements Biya n’ont pas investi dans l’industrialisation ou dans des projets de transformation locale. Cette orientation économique, héritée de la colonisation, reflète une incapacité à penser en dehors des cadres imposés par l’éducation missionnaire.
2.2.3. Une éthique dévoyée : entre morale chrétienne et corruption systémique
Bien que l’éducation missionnaire ait inculqué des valeurs chrétiennes, comme l’intégrité et la morale, ces principes ne se reflètent pas dans la pratique gouvernementale. Transparency International (2023) classe régulièrement le Cameroun parmi les pays les plus corrompus au monde. Ce paradoxe – entre une morale chrétienne ostensiblement affichée et des pratiques administratives opaques – met en lumière l’échec de l’éducation missionnaire à inculquer une éthique publique cohérente.
2.3. Une gouvernance immobiliste : un produit de la culture missionnaire
Les gouvernements successifs de Paul Biya se distinguent par leur incapacité à initier des réformes structurelles profondes. Cette tendance à l’immobilisme est un reflet direct des valeurs inculquées par l’éducation missionnaire :
– Centralisation excessive du pouvoir : Les institutions sont conçues pour concentrer le pouvoir entre les mains de l’élite dirigeante, reflétant la hiérarchie stricte des structures ecclésiastiques. Cette centralisation limite l’innovation et la prise de décision au niveau local.
– Absence de vision pour le développement rural : Alors que la majorité des Camerounais vivent en milieu rural, les politiques gouvernementales sont souvent conçues en fonction des modèles urbains occidentaux. Cette déconnexion résulte d’une éducation qui valorisait les normes européennes tout en négligeant les réalités africaines.
–Prédominance des intérêts personnels : Les gouvernements Biya sont caractérisés par un clientélisme et un favoritisme exacerbés. Cette culture politique, où les élites privilégient leurs intérêts personnels, reflète une formation éducative qui a favorisé la loyauté envers les autorités plutôt que la responsabilité envers les citoyens.
En étudiant en détail les gouvernements successifs de Paul Biya, on observe une continuité des limites héritées de l’éducation missionnaire : une dépendance aux modèles coloniaux, une incapacité à innover, et une culture de gouvernance marquée par l’immobilisme et la corruption. Ces caractéristiques, profondément enracinées, expliquent en grande partie l’échec du Cameroun à amorcer une transformation économique et sociale durable.
Président Paul Biya, Pape François et Mme Chantale Biya
3. Critique de l’héritage missionnaire et perspectives
3.1. Les conséquences structurelles
L’héritage de l’éducation missionnaire en Afrique francophone, et particulièrement au Cameroun, a laissé des traces profondes. L’aliénation culturelle est l’une des conséquences les plus marquantes. Mudimbe (1988) souligne que l’éducation missionnaire a implanté une perception selon laquelle les cultures et savoirs africains étaient inférieurs. Cela a conduit à une marginalisation des langues locales, des traditions et des pratiques endogènes dans les politiques publiques. En outre, le déficit d’esprit critique, issu d’un système éducatif dogmatique, limite la capacité des élites à développer des solutions innovantes face aux défis contemporains. Les gouvernements camerounais, influencés par cet héritage, continuent de privilégier des modèles économiques néocoloniaux axés sur l’extraction des ressources naturelles, perpétuant la dépendance aux anciens colonisateurs. Enfin, la stratification sociale produite par l’éducation missionnaire a consolidé une classe dirigeante éloignée des réalités des populations rurales. Ces conséquences structurelles expliquent en partie pourquoi des pays comme le Cameroun n’ont pas réussi à diversifier leur économie ou à améliorer significativement les conditions de vie de leurs citoyens, malgré des décennies d’indépendance.
3.2. Sortir de l’héritage missionnaire
Pour surmonter l’héritage de l’éducation missionnaire, une réforme profonde du système éducatif est nécessaire. Cela commence par une réhabilitation des savoirs locaux, incluant l’intégration des langues et des pratiques culturelles africaines dans les curricula. Une éducation inclusive, valorisant la diversité et les compétences pratiques, pourrait aider à réduire les inégalités sociales. De plus, il est crucial de promouvoir une pédagogie critique, inspirée des travaux de Freire (1970), qui encourage les apprenants à questionner les structures existantes et à proposer des solutions alternatives. Enfin, une gouvernance éthique, basée sur une responsabilité publique plutôt que sur des dogmes religieux, doit être encouragée. Cela implique une rupture avec les pratiques néocoloniales et une réorientation des politiques publiques vers des objectifs de développement durable. Ces réformes permettraient non seulement de corriger les erreurs du passé, mais aussi de préparer une nouvelle génération de leaders capables de transformer leurs sociétés en profondeur.
Bibliographie
• Bayart, J.-F. (1989). L’État en Afrique : La politique du ventre. Fayard.
• Fanon, F. (1952). Peau noire, masques blancs. Éditions du Seuil.
• Freire, P. (1970). Pedagogy of the Oppressed. Bloomsbury Publishing.
• Kuenzi, M. (2006). “Education and Democracy in Africa.” African Studies Review, 49(1), 31-57.
• Mudimbe, V. Y. (1988). The Invention of Africa: Gnosis, Philosophy, and the Order of Knowledge. Indiana University Press.
Le sommet extraordinaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), tenu le 16 décembre 2024, s’est conclu sur des résolutions ambitieuses en apparence, mais qui restent en deçà des défis économiques et sociaux de la sous-région. Cet article examine ces décisions à la lumière des statistiques et démontre leur inadéquation face aux attentes contemporaines. Nous plaidons pour une refonte radicale via la création d’un État Développementaliste Communautaire (EDC) dans chaque pays de la CEMAC et d’une monnaie sous-régionale souveraine, vecteurs d’intégration économique et de souveraineté financière.
The extraordinary summit of the Economic and Monetary Community of Central Africa (CEMAC), held on December 16, 2024, concluded with resolutions that appear ambitious but fall short of addressing the region’s pressing challenges. This article critically examines these decisions, underlining their inefficiency with statistical evidence. We advocate for a transformational approach through the establishment of a Developmental Community State (DCS) and a sovereign sub-regional currency to foster economic integration and financial independence.
La CEMAC, regroupant six États d’Afrique centrale, s’est réunie en sommet extraordinaire pour répondre à des défis persistants : une croissance économique stagnante, une faible intégration régionale et une dépendance économique externe. Si les résolutions adoptées sont présentées comme des solutions, une analyse critique révèle leur manque de profondeur stratégique. Cet article démontre, à l’aide de preuves statistiques, pourquoi ces résolutions sont dépassées et propose une alternative fondée sur l’instauration d’un État Développementaliste Communautaire (EDC) dans chaque pays de la CMAC et une monnaie souveraine sous-régionale.
Analyse des Résolutions : Des ambitions limitées
1. Consolidation de la stabilité macroéconomique
Le sommet recommande des mesures strictes pour réduire les déficits budgétaires et stabiliser la dette publique. Cependant, ces recommandations restent ancrées dans une orthodoxie économique inefficace.
• Statistiques : Le déficit moyen de la sous-région est de 4,6 % du PIB (Banque Mondiale, 2024), et le taux de croissance régional n’atteint que 2,8 %, bien en dessous des 5 % nécessaires pour réduire significativement la pauvreté.
• Critique : Ces politiques ignorent la nécessité d’investissements publics massifs dans les infrastructures et l’éducation, qui pourraient générer une croissance à long terme.
2. Réformes structurelles dans les secteurs clés
Des réformes structurelles sont proposées dans les secteurs de l’énergie et des transports. Cependant, elles sont souvent dictées par des institutions financières internationales, limitant leur appropriation par les États membres.
• Faits : Le taux d’électrification reste à 26 % dans les zones rurales, et seulement 32 % des projets routiers transfrontaliers annoncés depuis 2010 ont été achevés (Banque Africaine de Développement, 2023).
• Limites : Sans mécanismes de financement régional, ces réformes ne répondent pas aux besoins des populations.
3. Soutien au secteur privé
La CEMAC propose des incitations pour le secteur privé, mais sans cadre clair pour favoriser les PME locales.
• Chiffres : Les PME locales ont reçu moins de 15 % des financements alloués en 2024, tandis que 82 % des investissements directs étrangers (IDE) se concentrent dans l’exploitation des ressources naturelles (UNCTAD, 2023).
• Critique : Ces initiatives profitent principalement aux multinationales étrangères, renforçant les inégalités économiques.
4. Intégration régionale
Le sommet réaffirme l’importance de la libre circulation des biens et des personnes.
• Statistiques : Le commerce intra-CEMAC représente seulement 2,8 % des échanges totaux, contre 15 % pour la CEDEAO.
• Analyse : Les barrières douanières et l’absence d’infrastructures transfrontalières freinent l’intégration effective.
Proposition : Un État Développementaliste Communautaire (EDC)
1. Vision et Objectifs
L’EDC se base sur une gouvernance économique régionale centralisée pour piloter le développement.
• Planification économique : Des investissements stratégiques dans les infrastructures, l’éducation et l’industrialisation.
• Souveraineté des ressources : Une gestion commune des ressources naturelles pour maximiser les bénéfices pour les populations locales.
2. Une monnaie souveraine sous-régionale
La création d’une monnaie indépendante du franc CFA est essentielle pour renforcer la souveraineté financière.
• Impact : Une monnaie régionale pourrait augmenter les échanges intra-CEMAC de 25 % en cinq ans (Université de Yaoundé, 2022).
• Avantages : Réduction de la dépendance aux fluctuations de l’euro et stimulation des échanges régionaux.
3. Cohésion sociale et économique
L’EDC intégrerait des mécanismes pour harmoniser les politiques fiscales, lutter contre la corruption et garantir une meilleure répartition des richesses.
• Exemple : Un fonds commun pour les infrastructures régionales améliorerait l’intégration économique et la mobilité des biens et des personnes.
Conclusion
Le sommet extraordinaire de la CEMAC illustre une incapacité à proposer des solutions innovantes face aux défis de la sous-région. Les résolutions adoptées, bien que pertinentes sur le papier, manquent d’ambition et de profondeur stratégique. La construction d’un État Développementaliste Communautaire, soutenu par une monnaie souveraine sous-régionale, représente une voie alternative crédible pour atteindre une croissance durable et inclusive.
Références bibliographiques
1. Banque Mondiale (2024). “Rapport sur le développement en Afrique : défis et opportunités.”
2. Banque Africaine de Développement (2023). “Perspectives économiques régionales : Afrique centrale.”
3. UNCTAD (2023). “World Investment Report.”
4. Université de Yaoundé (2022). “L’impact d’une monnaie régionale sur le commerce intra-CEMAC.”
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Cet article analyse de manière scientifique les signatures apposées sur les décrets présidentiels du Cameroun publiés entre le 02 au 16 décembre 2024. L’enquête se concentre sur les incohérences observées dans les signatures, notamment les variations graphiques et l’absence de certains décrets dans l’ordre chronologique attendu. En comparant ces signatures à celle du Président Paul Biya, réalisée en public lors du Sommet Extraordinaire de la CEMAC à Yaoundé, l’étude identifie des anomalies pouvant indiquer une falsification ET OU une automatisation. Les résultats soulignent la nécessité d’une enquête approfondie pour garantir la transparence et la confiance dans les décisions prises par l’État.
Mots-Clés
Signature présidentielle, Décrets de décembre 2024, Analyse chronologique, Falsification, Sécurité documentaire, Cameroun, Paul Biya.
Abstract
This article scientifically analyzes the signatures affixed to Cameroonian presidential decrees issued between 02 -16 December 2024 . The investigation focuses on inconsistencies observed in the signatures, including graphical variations and the absence of certain decrees in the expected chronological sequence. By comparing these signatures with that of President Paul Biya, publicly displayed during the Extraordinary CEMAC Summit in Yaoundé, the study identifies anomalies suggesting potential falsification or automation. The findings highlight the urgent need for a thorough inquiry to ensure transparency and public trust in the State’s decisions.
Keywords
Presidential signature, December 2024 decrees, Chronological analysis, Forgery, Document security, Cameroon, Paul Biya.
Introduction
La signature présidentielle est un symbole crucial de l’autorité et de la légitimité de l’État camerounais. Chaque décret signé par le Président engage la souveraineté de la République et constitue un acte officiel garantissant l’exécution des décisions prises au sommet de l’État. Cependant, une série d’anomalies observées dans les signatures apposées sur certains décrets récents soulève des interrogations majeures sur leur authenticité.
Cette analyse scientifique se concentre sur les décrets publiés du 02 au 16 décembre 2024 . Sur la base de documents collectés, plusieurs observations préoccupantes émergent. Tout d’abord, il manque certains décrets dans l’ordre chronologique des signatures, laissant supposer une possible incohérence dans leur production ou leur diffusion. Ensuite, les variations significatives dans les traits distinctifs des signatures soulèvent des questions sur le processus utilisé pour leur apposition, notamment la potentielle automatisation ou falsification.
L’objectif de cette enquête est de comparer et analyser ces signatures en les situant dans leur contexte chronologique, en identifiant les divergences, et en vérifiant leur correspondance avec la signature authentique observée lors du Sommet Extraordinaire de la CEMAC le 16 décembre 2024. Cette investigation met en lumière les risques que ces anomalies posent pour la crédibilité des institutions publiques et leur fonctionnement.
Méthodologie
Pour analyser les signatures apposées sur les décrets présidentiels de décembre 2024 à ce jour, nous avons adopté une approche rigoureuse en trois étapes clés :
Collecte des documents officiels : Nous avons rassemblé les décrets publiés entre le 02 et 16 décembre 2024. Les décrets disponibles pour cette analyse incluent ceux numérotés N°2024/632 à N°2024/643, bien que certains décrets semblent manquer dans la séquence chronologique. Ces absences posent une première interrogation sur l’intégrité des publications officielles.
Extraction et comparaison des signatures : À l’aide d’outils graphiques et d’analyse numérique, nous avons extrait les signatures présentes sur chaque document. Ces signatures ont été comparées selon les critères suivants :
Inclinaison des lettres : cohérence des courbes et direction.
Pression et épaisseur des traits : identification des variations naturelles ou artificielles.
Uniformité et répétition : recherche de motifs suggérant une automatisation.
Référence à une signature authentique : La signature réalisée publiquement par le Président lors du Sommet Extraordinaire de la CEMAC le 16 décembre 2024 a servi de référence. Cette signature est considérée comme authentique en raison de son exécution en direct devant les caméras.
Analyse chronologique : L’ordre des décrets a été examiné pour détecter les incohérences dans leur numérotation et publication.
Résultats
1. Variabilité dans les signatures observées
L’analyse a révélé une variabilité significative dans les signatures apposées sur les décrets :
Décrets avec des signatures distinctes :
Dans le Décret N°2024/635, les lettres présentent des courbes irrégulières et une pression inconstante, indiquant une écriture potentiellement manuscrite.
Décret N°2024/635 du 02 décembre 2024
À l’opposé, le Décret N°2024/642 montre une signature parfaitement uniforme et rigide, suggérant un processus automatisé.
Décret N°2024/642 du 03 décembre 2024
Superposition des signatures identiques : Certaines signatures, comme celles des décrets N°2024/633 et N°2024/638, apparaissent presque identiques, ce qui est improbable pour une écriture manuscrite.
Décret N°2024/633 du 02 décembre 2024Décret N°2024/638 du 02 décembre 2024
Ces différences suggèrent l’intervention d’au moins quatre styles distincts de signatures, réalisés par différents moyens ou acteurs.
2. Incohérences dans l’ordre chronologique des décrets
Lors de l’analyse des décrets, nous avons identifié des lacunes dans la séquence des numéros :
Les décrets N°2024/640 et N°2024/641 sont absents de la série collectée. Leur absence pourrait résulter d’un retard de publication ou d’une omission volontaire.
Ces absences créent une rupture dans la continuité administrative et soulèvent des questions sur leur contenu et leur validation officielle.
3. Indices d’automatisation dans certaines signatures
Les signatures extraites des décrets N°2024/633 et N°2024/638 montrent des traits réguliers, une absence de tremblements et des boucles mécaniques, typiques d’un processus automatisé.
Les outils logiciels, tels que les systèmes de signature numérique ou les reproductions graphiques, peuvent produire des résultats similaires. Cependant, aucune documentation officielle n’indique que de telles technologies sont utilisées pour valider les décrets présidentiels.
4. Comparaison avec la signature de référence
La signature publique observée lors du Sommet CEMAC se distingue par :
Une fluidité naturelle : Les courbes des lettres sont continues, sans ruptures.
Une pression variable : La pression du stylo varie de manière harmonieuse, typique d’une signature manuscrite spontanée.
En comparaison, plusieurs signatures dans les décrets analysés montrent des différences importantes, remettant en question leur authenticité.
Les quatre styles distincts de signatures identifiés dans les décrets
L’analyse des décrets présidentiels téléchargés révèle quatre styles distincts de signatures, répartis entre les documents étudiés. Ces styles reflètent des méthodes ou des acteurs potentiels différents, et leur attribution repose sur des caractéristiques graphiques spécifiques identifiées dans chaque document.
1. Signature manuscrite authentique
Caractéristiques principales :
Fluidité naturelle des traits.
Variabilité dans l’épaisseur des lignes, correspondant à une pression humaine naturelle.
Inclinaison constante des lettres.
Signature proche de celle observée lors du Sommet Extraordinaire de la CEMAC.
Présence dans les décrets :
Décret N°2024/637 : La signature montre des caractéristiques compatibles avec une exécution manuscrite authentique.
Décret N°2024/639 : Traits proches de la signature authentique, mais nécessitant une vérification supplémentaire.
2. Signature manuscrite imitative
Caractéristiques principales :
Similaire à la signature authentique mais avec des traits légèrement plus rigides.
Variations dans l’alignement et la pression, reflétant une exécution humaine différente.
Présente généralement dans les documents impliquant une délégation de pouvoir.
Présence dans les décrets :
Décret N°2024/633 : Traits rigides, absence de fluidité parfaite, probablement écrite par un signataire habilité.
Décret N°2024/638 : Variation légère dans les courbes, suggérant une signature déléguée.
3. Signature automatisée ou générée par cachet numérique
Caractéristiques principales :
Traits uniformes, dépourvus de variations naturelles.
Alignement parfait des lettres, souvent dépourvu des imperfections humaines.
Identique dans plusieurs documents, indiquant une reproduction numérique.
Présence dans les décrets :
Décret N°2024/632 : Uniformité parfaite dans les traits, typique d’un cachet numérique.
Décret N°2024/642 : Signature strictement identique dans plusieurs endroits du document, suggérant une automatisation.
4. Signature approximative ou falsifiée
Caractéristiques principales :
Tentative d’imiter la signature authentique, mais avec des incohérences graphiques notables.
Tracés tremblants ou hésitants, indiquant une écriture forcée ou non maîtrisée.
Absence de régularité dans les traits ou les proportions des lettres.
Présence dans les décrets :
Décret N°2024/634 : Boucles disproportionnées absence de continuité dans les traits.
Décret N°2024636 : Tracés irréguliers et tremblants, fortement suspects.
Décrets présidentiels du 02-16 Dec 2024
Type de Signature
Observations
N°2024-632
Cachet numérique
Uniformité des traits, absence de variations humaines.
N°2024-633
Manuscrite imitative
Traits rigides, absence de fluidité authentique.
N°2024-634
Approximative ou falsifiée
Boucles disproportionnées, absence de fluidité.
N°2024-635
Manuscrite imitative
Variations dans les traits et pression humaine.
N°2024-636
Approximative ou falsifiée
Tracés tremblants, absence de régularité.
N°2024-637
Manuscrite authentique
Fluidité naturelle et pression cohérente.
N°2024-638
Manuscrite imitative
Courbes légèrement rigides, absence de variations naturelles importantes.
N°2024-639
Manuscrite authentique
Traits continus et naturels, proches de la signature publique du Sommet CEMAC.
N°2024-642
Cachet numérique
Identité stricte avec d’autres signatures numériques observées.
N°2024-643
Manuscrite imitative
Courbes rigides, variations dans les traits et proportions.
Discussion
1. Conséquences institutionnelles
Les divergences observées compromettent la confiance dans les actes émanant de la Présidence. Si certains décrets sont signés de manière automatisée ou falsifiée, cela remet en cause leur validité légale. Par exemple :
Une nomination basée sur une signature falsifiée pourrait conduire à l’installation d’un individu non qualifié à un poste stratégique, avec des répercussions sur la gestion publique.
2. Risques de manipulation
Si les signatures automatisées sont utilisées sans déclaration officielle, cela pourrait indiquer une faille dans le processus administratif ou une tentative de manipulation. Ces risques incluent :
Usurpation d’autorité : La personne ou le groupe ayant accès à ces outils pourrait influencer les décisions présidentielles.
3. Répercussions sur la confiance publique
Le peuple camerounais, déjà confronté à de nombreux défis socio-économiques, pourrait perdre foi dans l’intégrité des institutions si ces anomalies ne sont pas expliquées.
Conclusion
L’enquête a mis en évidence des incohérences graves dans les signatures apposées sur les décrets présidentiels récents. Ces anomalies, combinées à l’absence de certains décrets dans la chronologie, soulèvent des questions sur la transparence et la fiabilité des processus administratifs à la Présidence de la République.
Recommandations
Audit indépendant : Une commission composée d’experts en graphologie et en sécurité documentaire doit examiner tous les décrets récents.
Renforcement de la transparence : Publier une déclaration officielle expliquant les variations dans les signatures et la séquence des décrets.
Introduction de signatures numériques sécurisées : Mettre en place un système de signature électronique cryptée pour garantir l’intégrité des documents officiels.
Examen des processus internes : Auditer les mécanismes de validation des décrets pour détecter d’éventuelles failles ou abus.
Trois signatures du Président de la République du Cameroun apparement différentes
Résumé
Cet article analyse de manière scientifique l’authenticité des signatures apposées sur divers décrets récents émanant de la Présidence de la République du Cameroun. En prenant pour référence la signature présidentielle réalisée en direct et retransmise publiquement lors du Communiqué Final du Sommet Extraordinaire de la CEMAC tenu à Yaoundé le 16 décembre 2024, nous comparons cette signature à celles présentes sur les décrets officiels signés début décembre 2024. Les divergences observées soulèvent des interrogations majeures concernant une possible falsification ou manipulation des documents. Cette étude met en lumière les conséquences d’une telle manipulation sur la crédibilité de l’État, la confiance nationale et les relations internationales du Cameroun. Elle propose enfin des recommandations pour restaurer la transparence et renforcer les mécanismes de sécurité documentaire.
Mots-Clés
Signature présidentielle, Authenticité des documents, Manipulation politique, Crise de confiance, Sécurité documentaire, Cameroun,MLDC, Friedman, Paul Biya, Dawson, Martin et Smith
Abstract
This article scientifically analyzes the authenticity of signatures affixed to recent decrees from the Presidency of the Republic of Cameroon. Using the presidential signature captured live and publicly broadcast during the Final Communiqué of the Extraordinary CEMAC Summit held in Yaoundé on December 16, 2024, we compare this signature with those found on official decrees signed in early December 2024. The observed discrepancies raise significant questions about potential falsification or manipulation of these documents. This study highlights the consequences of such manipulation on the credibility of the State, national trust, and Cameroon’s international relations. Finally, it offers recommendations to restore transparency and strengthen document security mechanisms.
Keywords
Presidential signature, Document authenticity, Political manipulation, Trust crisis, Document security, Cameroon, MLDC, Friedman, Paul Biya, Dawson, Martin et Smith.
Communiqué Final du Sommet Extraordinaire de la CEMAC tenu à Yaoundé le 16 décembre 2024
Introduction
La signature présidentielle occupe une place centrale dans le fonctionnement de l’État. Elle garantit la légitimité des actes administratifs et politiques du pouvoir exécutif, tout en incarnant la souveraineté nationale. Lors du Sommet Extraordinaire de la CEMAC tenu le 16 décembre 2024 à Yaoundé, la signature du Président de la République, Paul Biya, a été réalisée en direct, sous le regard attentif des chefs d’État présents et des médias internationaux. Cette signature, diffusée à la télévision, constitue ainsi une référence visuelle authentique.
Cependant, une analyse approfondie des décrets récents signés début décembre 2024 révèle des divergences troublantes. Ces signatures, qui diffèrent de la référence visuelle du Sommet CEMAC, posent des questions fondamentales : s’agit-il d’une falsification ou d’une erreur administrative ? Les implications d’une telle manipulation pourraient être désastreuses pour la stabilité institutionnelle, la confiance publique et la réputation du Cameroun sur la scène internationale. Comme le souligne Friedman (2021), « l’intégrité des documents officiels est la pierre angulaire de la gouvernance démocratique et de l’État de droit ».
Cet article, structuré autour d’une analyse scientifique des signatures, examine ces incohérences en utilisant des méthodes rigoureuses de comparaison visuelle et graphologique. Il explore également les conséquences possibles d’une falsification et propose des solutions concrètes pour garantir l’intégrité des documents officiels à l’avenir.
A. Méthodologie
L’approche adoptée repose sur une méthodologie en plusieurs étapes visant à établir la fiabilité des signatures présidentielles examinées :
Collecte des documents officiels a partir du site web officiel de la Présidence de la République du Cameroun: https://www.prc.cm Les décrets analysés incluent :
1.1. Décret N°2024/638 : financement de la chaîne de valeur du riz.
Décret N°2024/638 du 02 décembre 2024 relatif au financement du Projet de Développement de la Chaine de Valeur du Riz au Cameroun (PDCVRC)
1.2. Décret N°2024/643 : nomination au ministère de la recherche scientifique.
Décret N 2024/643 du 03 décembre 2024 portant nomination d’un Inspecteur Général au Ministère de la Recherche Scientifique et de l’innovation
1.3. Décret N°2024/637 : promotion au grade supérieur des forces de défense
Décret N°2024/637 du 02 décembre 2024 portant promotion au grade supérieur d’un personnel Officier d’Active des Forces de Défense, pour compter du second semestre de l’année budgétaire 2024, à titre de régularisation
1.4.Décret N°2024/639 : financement du système de vidéosurveillance.
Décret N°2024/639 du 02 décembre 2024 relatif au financement partiel du Projet d’extension au plan national du système Intelligent de vidéosurveillance urbaine
1.5. Décret N°2024/642 : prêt pour le secteur de l’électricité.
Décret N°2024-642 du 03 décembre 2024 habilitant le MINEPAT à signer -avec la BAD -un Accord de Prêt pour le financement du Programme d’ Appui au Redressement du Secteur de l’Electricité au Cameroun (PARSEC
2. Analyse comparative des signatures Analyse scientifique des divergences : Chaque signature a été évaluée visuellement et graphiquement pour identifier des anomalies pouvant suggérer une manipulation. Les signatures ont été comparées selon les critères suivants :
Inclinaison des lettres : la régularité de l’écriture.
Pression du stylo : uniformité des traits, zones épaisses et minces.
Fluidité des courbes : cohérence et continuité du mouvement manuscrit.
2.1. Signature de référence : La signature réalisée en direct lors du Communiqué Final de la CEMAC constitue l’étalon de comparaison.
Cette méthodologie s’appuie sur des techniques éprouvées en analyse documentaire. Comme le note Martin et Smith (2020), « une signature falsifiée se distingue par un manque de fluidité naturelle et une absence de continuité dans les traits ».
B. Analyse des Signatures des Décrets et Résultats
Décret N°2024-638 et Décret N°2024-637 : En examinant les signatures apposées sur ces deux décrets, plusieurs incohérences apparaissent :
L’inclinaison des lettres est irrégulière, contrairement à la signature authentique.
La pression du stylo varie excessivement, avec des zones anormalement épaisses.
Certaines lettres semblent déformées ou hésitantes, ce qui n’est pas caractéristique d’une écriture naturelle.
Décret N°2024-639 : Dans ce décret, la signature présente des traits plus rigides et mécaniques, suggérant une possible reproduction automatisée. La comparaison visuelle montre clairement un manque de fluidité.
Décret N°2024-642 et Décret N°2024-643 : Ces deux signatures sont les plus troublantes. Elles affichent des différences frappantes avec la signature de référence, notamment :
Des lettres mal alignées.
Une disproportion dans les courbes et les boucles.
Une absence de continuité dans le mouvement du stylo.
Ces incohérences, comparées à la signature authentique du Communiqué Final, suggèrent une manipulation potentielle ou une falsification potentielle.
C. Conséquences d’une Manipulation
1. Crise de Confiance Nationale
La falsification de la signature présidentielle est un acte extrêmement grave qui peut entraîner une rupture totale de confiance entre le peuple camerounais et ses institutions. La signature du Chef de l’État symbolise la souveraineté, la légitimité et la continuité de l’État. Lorsqu’un doute s’installe sur l’authenticité d’une telle signature, il remet en cause la validité des décrets et des décisions prises, fragilisant ainsi les fondements du contrat social entre gouvernants et gouvernés. Une perte de confiance généralisée peut s’étendre à toutes les structures de l’État, notamment les administrations publiques, les forces de l’ordre et le système judiciaire, perçues comme complices ou inefficaces face à une telle manipulation. De plus, cette crise de légitimité peut donner lieu à des contestations citoyennes, alimentant un climat d’instabilité sociale et politique. Le peuple camerounais, déjà confronté à de nombreux défis socio-économiques, verrait dans cette situation une preuve supplémentaire de la faiblesse de la gouvernance. À terme, cette crise pourrait délégitimer toutes les décisions prises par le gouvernement, conduisant à un blocage des réformes et projets nécessaires pour le développement du pays. Comme le souligne Dawson (2019), « la confiance est l’oxygène des institutions démocratiques. Lorsque cet oxygène se raréfie, la société suffoque ».
2. Répercussions Internationales
La manipulation d’une signature présidentielle ne se limite pas aux frontières nationales. Elle a des conséquences directes sur les relations diplomatiques et économiques du Cameroun avec ses partenaires internationaux. Les organisations internationales telles que la Banque Africaine de Développement (BAD) ou le Fonds Monétaire International (FMI), qui financent des projets essentiels pour le développement du pays, pourraient suspendre leurs accords de financement jusqu’à ce que la situation soit clarifiée. Une telle décision compromettrait les projets d’infrastructure, de santé ou d’éducation, plongeant le pays dans une crise économique majeure. De plus, les investisseurs étrangers, déjà prudents dans un contexte africain souvent perçu comme risqué, se détourneraient du Cameroun, affaiblissant son attractivité économique. En diplomatie, la crédibilité d’un État repose sur la cohérence et la transparence de ses actions. Une manipulation confirmée entacherait durablement l’image du Cameroun sur la scène internationale, entraînant des conséquences politiques et économiques. Comme l’affirme Friedman (2021), « un État qui ne parvient pas à garantir l’intégrité de ses documents officiels s’expose à une défiance globale ».
3. Affaiblissement de l’État de Droit
L’État de droit repose sur la confiance des citoyens dans le caractère authentique et légitime des décisions prises par leurs dirigeants. Une falsification de la signature présidentielle affaiblirait cet équilibre fragile. En effet, si des documents officiels, censés être irréprochables, se révèlent manipulés, cela ouvrirait la porte à des abus plus graves comme la corruption systémique ou la falsification d’autres décisions cruciales. Le système judiciaire serait également remis en cause, car les citoyens pourraient douter de sa capacité à sanctionner les responsables d’une telle fraude. Une manipulation de cette nature encourage le développement d’une culture d’impunité, où les faussaires ne sont pas inquiétés, ce qui mine l’efficacité des institutions publiques. Cette situation créerait un dangereux précédent, où les lois et les règles seraient perçues comme manipulables au gré des intérêts personnels ou politiques. Comme le rappellent Martin et Smith (2020), « la solidité d’un État repose sur sa capacité à garantir l’intégrité de ses processus institutionnels et à inspirer confiance aux citoyens ».
4. Risques de Tensions Sociales
Dans un contexte où les inégalités économiques et les frustrations politiques sont déjà marquées, une manipulation de la signature présidentielle pourrait exacerber les tensions sociales au Cameroun. Les citoyens, sentant leurs droits bafoués et leur confiance trahie, pourraient descendre dans les rues pour exiger des comptes aux autorités. De telles manifestations, si elles ne sont pas encadrées, risqueraient de dégénérer en violences, avec des affrontements entre les forces de l’ordre et la population. Les groupes d’opposition pourraient exploiter cette situation pour mobiliser leurs partisans, accentuant les clivages politiques. Les tensions sociales pourraient également s’étendre aux communautés ethniques et régionales, alimentant des divisions déjà existantes. Cette instabilité risquerait de compromettre les progrès économiques et sociaux réalisés jusqu’ici. Comme l’indique Friedman (2021), « la stabilité d’un pays repose sur sa capacité à garantir la transparence et la justice, faute de quoi les citoyens finissent par contester sa légitimité ».
D. Recommandations du MLDC
1. Clarification Officielle
Face aux divergences observées, le Secrétariat Général de la Présidence doit impérativement publier un communiqué officiel expliquant de manière détaillée les circonstances entourant la signature des décrets récents. Ce communiqué doit clarifier les processus ayant mené à ces incohérences et présenter les documents authentiques pour dissiper les doutes. La transparence est essentielle pour rassurer la population et éviter que cette situation ne dégénère en crise politique. Le gouvernement doit également s’engager à fournir des preuves documentaires irréfutables, telles que des enregistrements ou des registres de signatures, afin de renforcer la crédibilité des explications avancées.
2. Mise en Place d’une Enquête Indépendante
Le MLDC propose la création d’une commission d’enquête indépendante composée d’experts en graphologie, sécurité documentaire et droit constitutionnel, issus de structures nationales et internationales. Cette commission doit disposer d’un accès illimité aux décrets concernés et aux archives présidentielles pour mener une analyse scientifique rigoureuse. Une telle enquête garantirait une évaluation objective des signatures et permettrait d’identifier d’éventuels auteurs de falsification. Les résultats de cette enquête doivent être rendus publics pour assurer une transparence totale et rétablir la confiance.
3. Renforcement des Mécanismes de Sécurité
Pour éviter de futures manipulations, le MLDC recommande l’intégration de technologies de sécurité avancées dans la validation des documents officiels. Par exemple, la mise en place de signatures numériques cryptées assurerait l’authenticité des documents et rendrait leur falsification quasiment impossible. Ces outils, déjà utilisés dans plusieurs pays, garantissent la traçabilité des documents et permettent de vérifier rapidement leur provenance.
4. Mobilisation de la Société Civile
Les organisations de la société civile, les médias et les citoyens doivent jouer un rôle actif dans cette situation en exigeant des comptes aux autorités. Leur mobilisation est essentielle pour maintenir la pression politique nécessaire à l’établissement de la vérité. Par ailleurs, des campagnes de sensibilisation pourraient permettre à la population de mieux comprendre les enjeux liés à cette manipulation.
Conclusion
L’intégrité de la signature présidentielle est cruciale pour le fonctionnement de l’État et la confiance nationale. Les incohérences relevées dans les décrets récents posent des questions graves sur l’authenticité des documents émanant de la Présidence de la République. Si cette situation n’est pas traitée avec transparence et rigueur, elle risque de compromettre la stabilité politique, sociale et économique du Cameroun. Le MLDC appelle les autorités à agir avec responsabilité en clarifiant cette situation à travers une enquête indépendante et des réformes structurelles visant à renforcer la sécurité documentaire. Le peuple camerounais a droit à la vérité pour préserver sa confiance envers les institutions et garantir la stabilité de la nation. Comme l’a dit Dawson (2019) : « La transparence est le fondement de la légitimité démocratique. »
Références Bibliographiques
Friedman, J. (2021). State Integrity and Document Security. Oxford University Press.
Martin, R., & Smith, L. (2020). Graphological Analysis in Governance. Cambridge University Press.
Dawson, P. (2019). The Fragility of Public Trust. Routledge.
En Afrique noire francophone, des terres offertes par des populations autochtones à l’Église catholique pour des œuvres sociales et religieuses sont aujourd’hui transformées en biens commerciaux. Ce phénomène, particulièrement visible au Cameroun, prive les communautés locales de leur héritage foncier et aggrave les inégalités. En s’appuyant sur des cas précis, comme celui du Monastère Bénédictin du Mont Fébé à Yaoundé, cet article explore la manière dont ces terres sacrées sont devenues des actifs lucratifs et propose des solutions pour une justice foncière : restitution, compensation et dialogue entre les parties concernées.
Mots clés : Restitution des terres, Église catholique, Droits fonciers autochtones, Terres sacrées, Afrique francophone, Afrique subsaharienne, Monastère du Mont Fébé, Héritage colonial, Commercialisation des terres, Etoudi.
Abstract: In Francophone Sub-Saharan Africa, lands donated by indigenous communities to the Catholic Church for social and religious purposes have been transformed into commercial assets. This phenomenon, notably in Cameroon, deprives local populations of their ancestral heritage and exacerbates inequalities. Focusing on specific cases like the Benedictine Monastery of Mont Fébé in Yaoundé, this article examines how sacred lands have turned into profitable ventures and offers solutions for land justice: restitution, compensation, and dialogue among stakeholders.
Keywords : Land restitution, Catholic Church, Indigenous land rights, Sacred lands, Francophone Africa, Sub-Saharan Africa, Mont Fébé Monastery, Colonial legacy, Land commercialization
Introduction
Aujourd’hui, c’est encore dimanche et, comme chaque semaine, des millions de chrétiens catholiques remplissent les églises en Afrique noire francophone. Pourtant, derrière cet élan spirituel se cache une question épineuse : celle des terres offertes par des populations autochtones à l’Église catholique, et aujourd’hui commercialisées.
Ces terres, autrefois données pour des œuvres sociales ou religieuses, ont souvent été transformées en biens lucratifs, privant les communautés locales de leur patrimoine foncier. Ce phénomène, particulièrement visible au Cameroun, suscite des controverses grandissantes. En examinant des cas concrets, comme celui du Monastère Bénédictin du Mont Fébé, cet article propose une analyse critique et des pistes pour rétablir la justice foncière.
1. Contexte historique : des dons pour le bien commun
Dans les années coloniales, les missionnaires catholiques ont reçu des terres des chefs traditionnels africains. Ces terres, offertes gratuitement, devaient servir à construire des églises, écoles et dispensaires pour le bien-être des communautés locales.
Exemple au Cameroun :
Entre 1900 et 1960, des chefs comme les Ewondo ou les Douala ont attribué des terrains aux missionnaires pallottins. Ces dons, non monétaires, étaient basés sur une confiance mutuelle et une volonté de développement communautaire.
Cependant, après les indépendances, ces terres ont souvent été enregistrées sous le nom de l’Église catholique, sans reconnaissance officielle des droits des donateurs ou de leurs descendants.
2. Des terres sacrées devenues biens commerciaux
Avec l’urbanisation croissante, l’Église catholique a tiré profit de ces terrains. Des terres qui abritaient autrefois des projets sociaux ont été vendues ou louées à des promoteurs immobiliers.
Données clés :
Une étude de Terra Afrique (2023) révèle que 30 % des terres urbaines détenues par l’Église en Afrique noire francophone sont utilisées à des fins lucratives.
Au Cameroun, les terrains urbains de Douala et Yaoundé génèrent plus de 1 milliard de FCFA annuels en revenus locatifs.
Exemple : À Yaoundé, dans le quartier de Mendong, des terrains offerts pour construire une école sont aujourd’hui occupés par des immeubles commerciaux. Ces transactions, opérées sans consultation des populations locales, posent des questions éthiques.
3. Les conséquences pour les populations autochtones
Les communautés locales subissent des conséquences graves de cette transformation foncière :
Exclusion économique : La perte d’accès à des terres rend l’agriculture et l’habitat plus difficiles pour les populations locales.
Erosion culturelle : Les terres sacrées, autrefois symboles de confiance, sont aujourd’hui des lieux de commerce, brisant le lien entre les communautés et leur patrimoine spirituel.
Inégalités accrues : Les profits tirés de ces terres ne sont pas redistribués aux populations qui les ont cédées.
4. Étude de cas : Le Monastère Bénédictin du Mont Fébé à Yaoundé
Le Monastère Bénédictin du Mont Fébé, situé sur les hauteurs de Yaoundé, illustre de manière frappante le paradoxe des terres sacrées devenues des actifs économiques stratégiques. Fondé en 1952 par des missionnaires bénédictins, ce monastère a été établi sur des terres généreusement offertes par des chefs traditionnels locaux ETOUDI. À l’époque, ces terrains étaient considérés comme des lieux sacrés et paisibles, propices à la prière, à la méditation et aux activités spirituelles. Cependant, l’évolution de l’usage de ces terres au fil des décennies soulève des questions sur leur vocation initiale et les bénéfices qu’en tirent aujourd’hui les institutions religieuses.
4.1. Le contexte historique : des dons pour la foi et la communauté
Les terres où se trouve le Monastère du Mont Fébé étaient autrefois des espaces forestiers appartenant à des clans locaux ETOUDI. Ces chefs ont cédé ces terres dans un esprit de coopération religieuse et culturelle, croyant que l’établissement des moines bénéficierait à la communauté par :
L’éducation (formation religieuse et académique),
L’accès aux soins de santé via des initiatives missionnaires,
La création d’un sanctuaire spirituel pour la région.
Aucun acte de propriété formel n’avait été signé, les dons reposant sur un pacte moral entre les missionnaires et les communautés locales.
4.2. Une transformation économique notable
Aujourd’hui, le site du Monastère Bénédictin est une propriété emblématique de Yaoundé, avec des activités dépassant largement sa mission spirituelle initiale. Sur les terres qui entourent le monastère, plusieurs transformations sont notables :
L’Hôtel Mont Fébé : Un établissement hôtelier de luxe situé sur une partie des terres initialement offertes. Cet hôtel, qui génère des revenus substantiels, cible une clientèle touristique et d’affaires, notamment des dignitaires religieux, politiques et internationaux.
Exploitation foncière à des fins commerciales : Selon une enquête menée par Le Quotidien Camerounais (2023), certaines parcelles ont été louées ou cédées à des particuliers et entreprises, entraînant une urbanisation croissante de cette zone autrefois réservée à des usages religieux.
Absence de projets communautaires directs : Bien que le monastère conserve un rôle religieux actif, les populations autochtones qui avaient offert ces terres ne bénéficient pas directement des revenus générés par ces développements.
4.3. L’impact sur les populations autochtones
L’évolution économique des terres du Mont Fébé a eu des conséquences importantes pour les communautés ETOUDI locales :
Privation de terres : Les clans qui avaient offert ces terrains sont désormais coupés de leur accès à ces espaces, aujourd’hui clôturés ou privatisés.
Inégalités sociales : Les revenus issus des activités commerciales ne profitent pas aux populations locales, mais enrichissent uniquement les institutions religieuses.
Sentiment de trahison culturelle : Les populations locales estiment que la vocation sacrée et communautaire de ces terres a été détournée à des fins lucratives, rompant le pacte moral initial.
4.4. Controverse sur l’Hôtel Mont Fébé
L’Hôtel Mont Fébé, construit sur des terres offertes pour des missions religieuses, est particulièrement controversé. Évalué à plusieurs milliards de FCFA, cet hôtel est un exemple de la manière dont des actifs religieux peuvent être transformés en entreprises commerciales sans consultation des communautés locales.
Données clés :
En 2022, l’hôtel a généré un chiffre d’affaires estimé à 800 millions de FCFA.
Une enquête menée par Cameroon Tribune (2023) révèle que l’Église catholique détient 70 % des parts dans cette entreprise, tandis que les bénéfices ne sont pas réinvestis dans des projets communautaires.
4.5. Exigences des communautés locales
Les clans ETOUDI revendiquent aujourd’hui une reconnaissance de leurs contributions historiques et demandent :
Transparence financière : Publier les comptes des activités commerciales du Monastère, notamment ceux de l’Hôtel Mont Fébé, pour évaluer l’usage des revenus générés.
Partage des bénéfices : Redistribuer une partie des revenus aux communautés locales, par exemple via des projets de développement (écoles, hôpitaux, infrastructures).
Rétablissement des droits fonciers : Réserver certaines terres pour des usages communautaires ou spirituels, comme initialement convenu.
Dialogue intercommunautaire : Organiser des consultations régulières entre les autorités religieuses et les représentants des populations autochtones pour rétablir une relation de confiance.
4.6. Le rôle des autorités étatiques
Les gouvernements locaux et nationaux doivent également intervenir pour réguler ce type de situation :
Audit des terres du Mont Fébé : Identifier les parcelles encore dédiées à des usages religieux et celles utilisées à des fins commerciales.
Encadrement légal : Renforcer les lois sur les dons de terres pour éviter leur détournement à des fins lucratives.
Médiation : Faciliter un dialogue entre l’Église, les populations autochtones et les organisations de la société civile pour parvenir à un compromis équitable.
Le Mont Fébé, un symbole de rupture et d’espoir
Le cas du Monastère Bénédictin du Mont Fébé incarne les tensions autour de la gestion des terres sacrées en Afrique. Tandis que l’Église catholique profite des revenus générés par ces terrains, les populations autochtones, véritables donatrices de ce patrimoine, sont marginalisées. Pour éviter que ces situations ne deviennent des foyers de conflit, il est impératif d’instaurer des mécanismes de justice foncière. Restituer une partie des terres ou partager équitablement les bénéfices constitue non seulement une obligation morale, mais aussi une opportunité de réconciliation entre les communautés et l’Église.
5. Propositions pour une justice foncière
Face à cette situation, des solutions sont nécessaires pour restaurer l’équité :
Audit foncier transparent : Recenser toutes les terres détenues par l’Église pour établir leur origine et leur utilisation actuelle.
Restitution des terres : Les terres non utilisées pour des projets sociaux devraient être rendues aux communautés locales.
Compensation financière : Les bénéfices tirés des terres devraient financer des infrastructures pour les populations autochtones (écoles, hôpitaux, logements).
Réformes juridiques : Mettre en place un cadre légal qui empêche les institutions religieuses d’exploiter les terres à des fins commerciales sans consultation locale.
Conclusion : L’Église face à ses responsabilités
L’Église catholique doit aligner ses actions sur ses principes de justice et de charité. Les terres sacrées offertes par les ancêtres africains ne doivent pas devenir des symboles d’exploitation économique, mais des outils de réconciliation et de développement communautaire. Par des audits transparents, des restitutions et des compensations, l’Église peut réparer ces injustices historiques et renouer avec les populations qu’elle prétend servir.
Restituer, compenser, dialoguer : tel est le chemin vers une justice foncière durable.
Références académiques
Kouassi, J. (2020). Colonial Legacies and Land Ownership in Sub-Saharan Africa. African Studies Quarterly.
Nfor, C. (2023). « Religious Land Deals in Cameroon: A Case Study of Douala and Yaoundé. » Journal of African Land Studies.
Terra Afrique. (2023). Land Ownership and Economic Inequality in Francophone Africa.
Le Messager. (2023). « Les terres de Mendong : une injustice foncière. »
Nous nous adressons à vous avec respect mais également avec une profonde inquiétude concernant la situation désastreuse dans laquelle se trouve le village de Ngompem Nord, une localité de la Sanaga Maritime que vous représentez en tant que député. Permettez que cette lettre soit un rappel solennel de votre devoir en tant que représentant du peuple et membre de l’opposition.
Monsieur le Député, le rôle principal de l’opposition dans une démocratie est de contrôler les actions du gouvernement et de défendre les droits des citoyens contre toute forme d’abus ou de négligence. Dans le cas présent, la mairie de Pouma, tenue par le parti au pouvoir, a manifestement failli à sa mission de développement local. Les ponts Nkanla I et Nkanla II, ainsi que l’unique tronçon routier reliant Ngompem Nord au reste du département, ont été détruits et laissés à l’abandon sous prétexte de travaux qui n’ont jamais été réalisés. Cette négligence, amplifiée par des pratiques de corruption dans la passation des marchés publics, a isolé cette population, la privant de ses droits fondamentaux.
Depuis trois ans, les conséquences de cette situation sont dramatiques : des malades meurent faute d’être évacués vers les centres de santé, des familles ne peuvent plus transporter leurs défunts à la morgue, et des produits agricoles pourrissent faute d’accès aux marchés urbains. Il est clair que cette tragédie résulte directement de la mauvaise gouvernance et du manque de responsabilité de l’exécutif local.
Monsieur le Député, en tant que membre de l’opposition, vous avez une obligation morale et politique de contrôler l’action de l’exécutif, y compris celle de la mairie de Pouma. Votre silence sur cette question est perçu par les populations de Ngompem Nord comme un manquement grave à votre mission. Les citoyens de cette localité s’interrogent : pourquoi leur représentant n’a-t-il pas élevé la voix pour dénoncer cette injustice ? Pourquoi n’avez-vous pas exigé des comptes sur l’exécution des projets publics dans cette zone ?
Nous vous demandons donc, avec insistance, de nous indiquer quelles actions concrètes vous envisagez d’entreprendre pour réparer les torts causés aux populations de Ngompem Nord. Allez-vous exiger une enquête parlementaire sur la gestion des marchés publics par la mairie de Pouma ? Allez-vous mobiliser les autres élus de l’opposition pour faire pression sur les autorités compétentes afin que justice soit rendue à ces populations ?
Monsieur le Député, l’histoire retiendra vos actes, tout comme elle retiendra votre silence. Les populations de Ngompem Nord, qui vivent dans l’isolement et la misère, attendent de vous un engagement ferme et immédiat. Nous espérons que cette lettre saura raviver en vous le sens du devoir et l’attachement à votre rôle de défenseur des droits des citoyens.
Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Député, l’expression de nos salutations distinguées.
Monsieur le Préfet, Préfecture de la Sanaga Maritime, Édéa.
Objet : Lettre ouverte à Monsieur le Préfet pour une intervention urgente en faveur des populations de Ngompem Nord
Monsieur le Préfet,
En votre qualité de représentant du Chef de l’État dans le département de la Sanaga Maritime, nous faisons appel à votre bienveillance et à votre sens du devoir pour une intervention urgente et salvatrice en faveur des populations de Ngompem Nord, aujourd’hui confrontées à une situation dramatique qui menace leur survie.
Depuis près de trois ans, la population de Ngompem Nord vit dans une asphyxie totale en raison de la destruction des ponts Nkanla I et Nkanla II ainsi que de l’unique tronçon routier reliant cette localité au reste du département. Ces infrastructures vitales, qui devaient être réhabilitées dans le cadre de projets publics, ont été abandonnées pour des raisons inconnues par l’ENTREPRISE HOL AND BROTHERS et par La MAIRIE DE L’ARRONDISSEMENT DE POUMA dont NGOMPEM fait partie. Les conséquences de cet abandon sont catastrophiques et affectent chaque aspect de la vie de ces citoyens.
Pont détruit de NKANGLA II par l’Entreprise HOL AND BROTHERS
Privés de voies de communication fonctionnelles, les habitants ne peuvent plus écouler leurs produits agricoles vers les centres urbains, plongeant ainsi des familles dans une précarité alimentaire. L’impossibilité d’évacuer les malades vers les hôpitaux met en danger la santé publique, et les défunts doivent être enterrés sur place faute d’accès à une morgue. Ces faits, monsieur le Préfet, violent le droit fondamental à la libre circulation consacré par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Par ailleurs, cette situation met en péril les Projets Structurants de S.E. Paul Biya, notamment la construction du barrage hydroélectrique Grand-Eweng, prévu dans cette région. L’accès à ce site stratégique est aujourd’hui compromis, fragilisant ainsi les perspectives de développement local et national.
Monsieur le Préfet, devant ce drame humanitaire et économique, nous vous demandons d’user de votre autorité pour :
Ordonner une enquête approfondie sur les pratiques de l’ENTREPRISE HOL AND BROTHERS
Veiller à la reprise immédiate des travaux sur les ponts Nkanla I et II ainsi que sur le tronçon routier reliant Ngompem Nord à Pouma.
Assurer une assistance immédiate aux populations pour répondre à leurs besoins urgents en matière de santé, de transport et d’écoulement des vivres.
Nous avons foi en votre capacité à être à l’écoute des souffrances des populations et à traduire, par des actions concrètes, la volonté du Chef de l’État de promouvoir la cohésion sociale et le développement équitable.
Dans l’attente de votre prompte intervention, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de notre profond respect.
La diaspora camerounaise, forte de plus de 5 millions de membres répartis à travers le monde, joue un rôle central dans les dynamiques socio-économiques et politiques du pays. En 2025, le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) met cette communauté au cœur de sa stratégie électorale, en vue de mobiliser un électorat globalisé et de promouvoir un projet sociopolitique inclusif. Cet article examine en détail les contributions économiques, sociales et politiques de la diaspora camerounaise tout en les comparant aux rôles similaires joués par les diasporas nigériane et sénégalaise. À travers cette analyse, nous identifions des stratégies concrètes pour maximiser l’impact de cette communauté sur les prochaines élections présidentielles et au-delà.
Mots-clés: Diaspora camerounaise, Élections présidentielles 2025, MLDC, Participation politique, Transferts financiers, Plaidoyer international, Développement économique,Vote des expatriés, Mobilisation diaspora, Structuration politique
Abstract
The Cameroonian diaspora, with over 5 million members worldwide, plays a central role in the country’s socio-economic and political dynamics. In 2025, the Movement for the Liberation and Development of Cameroon (MLDC) places this community at the core of its electoral strategy, aiming to mobilize a globalized electorate and promote an inclusive sociopolitical agenda. This article provides an in-depth analysis of the economic, social, and political contributions of the Cameroonian diaspora, comparing them to similar roles played by Nigerian and Senegalese diasporas. Through this examination, we identify actionable strategies to enhance the diaspora’s impact on upcoming presidential elections and beyond.
Keywords: Cameroonian diaspora, 2025 presidential elections, MLDC, Political participation, Financial remittances, International advocacy, Economic development, Expatriate voting, Diaspora mobilization, Political structuring
1. La diaspora camerounaise : un levier économique et social
1.1. Les transferts financiers : une bouffée d’oxygène pour l’économie nationale
La diaspora camerounaise contribue de manière significative à l’économie nationale à travers des transferts financiers réguliers. En 2022, ces envois de fonds représentaient environ 1,7 milliard USD, soit 7,5 % du PIB camerounais (Banque mondiale, 2023). Ces montants sont souvent destinés à financer des besoins essentiels : paiement des frais de scolarité, frais médicaux, construction d’habitations, et soutien aux PME. Ces fonds apportent une stabilité économique à des milliers de familles et atténuent les effets de la pauvreté structurelle.
Cependant, ces flux financiers restent largement informels, ce qui limite leur impact sur l’économie nationale dans son ensemble. Contrairement à la diaspora nigériane, qui canalise une part importante de ses envois à travers des plateformes bancaires formelles, la diaspora camerounaise utilise encore massivement des réseaux informels, comme les agences de transfert d’argent ou les envois directs. Pour maximiser cet apport, il est essentiel d’encourager des politiques de bancarisation et d’incitation fiscale, ce que le MLDC pourrait intégrer à son programme économique.
1.2. Le rôle social et culturel de la diaspora
La diaspora camerounaise joue également un rôle central dans le renforcement des liens sociaux et culturels entre les Camerounais résidant au pays et ceux à l’étranger. À travers des associations ou des organisations spécifiques à certaines régions (Bamiléké, Bassa, etc.), elle contribue à des projets communautaires, tels que la construction de centres de santé, le financement de bourses d’études, et la rénovation d’infrastructures locales.
Sur le plan culturel, cette diaspora promeut le patrimoine camerounais à l’international par l’organisation de festivals, conférences, et expositions, ce qui contribue à rehausser l’image du pays sur la scène mondiale. Ce rôle de médiation culturelle pourrait être mieux exploité par le MLDC pour construire une identité collective nationale qui transcende les divisions ethniques et régionales.
2. Rôle politique de la diaspora dans les élections de 2025
2.1. Mobilisation politique : entre défis et opportunités
Depuis plusieurs années, la diaspora camerounaise s’affirme comme un acteur politique majeur, notamment par son rôle dans les mobilisations contre les irrégularités électorales. En 2018, des manifestations organisées dans des villes comme Paris, Washington, et Berlin ont attiré l’attention internationale sur les enjeux démocratiques du pays. En 2025, le MLDC entend canaliser cette énergie en mobilisant la diaspora autour d’un projet politique cohérent.
Cependant, plusieurs défis subsistent. Le vote des Camerounais de l’étranger, bien que légalement prévu, reste sous-exploité en raison de la faible accessibilité des bureaux de vote et du manque de sensibilisation. À titre comparatif, le Sénégal permet à sa diaspora de participer activement au processus électoral, avec une représentation politique institutionnalisée, ce qui renforce la légitimité démocratique.
Pour le MLDC, il est impératif de plaider pour des réformes permettant une plus grande inclusion électorale de la diaspora. Cela pourrait inclure la mise en place de plateformes numériques pour l’inscription sur les listes électorales ou l’introduction du vote par correspondance.
2.2. Diplomatie parallèle et plaidoyer international
La diaspora camerounaise utilise également sa position stratégique dans des pays influents, comme la France ou les États-Unis, pour attirer l’attention des gouvernements et des organisations internationales sur les enjeux politiques et humanitaires du Cameroun. Ce rôle de diplomatie parallèle a permis de sensibiliser sur des problématiques comme la crise anglophone ou la lutte contre la corruption.
Pour les élections de 2025, le MLDC pourrait renforcer cette dynamique en organisant des campagnes internationales de plaidoyer, mobilisant les Camerounais de la diaspora pour interpeller des institutions telles que l’Union européenne, l’Union africaine, ou les Nations unies sur l’importance d’un processus électoral transparent.
3. Comparaison avec d’autres diasporas africaines
3.1. La diaspora nigériane : un modèle de structuration économique et politique
La diaspora nigériane est souvent citée comme un exemple de structuration réussie. Avec des transferts financiers atteignant 21,9 milliards USD en 2022, elle est l’une des premières sources de devises pour le Nigeria. Mais au-delà de son impact économique, cette diaspora a su se positionner politiquement grâce à des organisations bien établies, comme la Nigerian Diaspora Organization (NIDO), qui agit comme une interface entre les Nigérians à l’étranger et le gouvernement.
3.2. La diaspora sénégalaise : un acteur politique institutionnalisé
La diaspora sénégalaise, bien que moins nombreuse, joue un rôle politique crucial grâce à son droit de vote effectif à l’étranger et à la représentation directe dans le Parlement national. Ce modèle, qui renforce l’inclusion politique, pourrait inspirer des réformes au Cameroun, notamment sous l’impulsion du MLDC.
3.3. La spécificité camerounaise
En comparaison, la diaspora camerounaise reste sous-représentée dans les structures politiques nationales, malgré sa contribution économique significative. Cette situation découle en partie d’un manque de structuration et de mécanismes institutionnels adaptés.
4. Perspectives pour le MLDC et la diaspora camerounaise
4.1. Renforcer la structuration de la diaspora
Le MLDC pourrait jouer un rôle clé en facilitant la création de réseaux organisés autour d’intérêts communs, tels que le développement économique ou la démocratisation politique. Cela passe par la mise en place d’une plateforme numérique dédiée, qui connecterait les associations diasporiques et offrirait des ressources pour la mobilisation.
4.2. Réformer le cadre législatif pour le vote à l’étranger
Plaider pour une réforme permettant le vote électronique ou par correspondance pourrait considérablement augmenter la participation de la diaspora.
4.3. Sensibiliser sur l’importance de l’engagement politique
Enfin, une campagne de communication ciblée pourrait encourager davantage de Camerounais de l’étranger à s’impliquer dans le processus électoral, tant en tant qu’électeurs qu’en tant que donateurs ou militants.
Conclusion
La diaspora camerounaise dispose d’un potentiel immense pour influencer positivement les élections présidentielles de 2025. En s’appuyant sur ses contributions économiques, son rôle de plaidoyer et ses aspirations politiques, le MLDC peut non seulement maximiser l’impact de cette communauté, mais aussi tracer la voie vers une transformation durable du paysage politique camerounais.
Bibliographie
• Banque mondiale (2023). Migration and Remittances Data.
• Collier, P. (2013). Exodus: How Migration is Changing Our World. Oxford University Press.
• Mohan, G., & Zack-Williams, A. B. (2002). Globalisation from below: Conceptualising the role of the African diaspora in Africa’s development. Review of African Political Economy.
• Ndi, F. A. (2020). Diaspora politics and development in Cameroon. African Affairs.
• Ratha, D., & Plaza, S. (2011). Harnessing Diaspora Resources for Africa. World Bank.
Pr Jimmy Yab & S.E. Dion Ngute, Premier Ministre du Cameroun
MOUVEMENT POUR LA LIBÉRATION ET LE DÉVELOPPEMENT DU CAMEROUN (MLDC)
Secrétariat Général
Yaoundé, 10 Décembre, 2024
À l’attention de Son Excellence, Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement
Réf : Exigence de paiement de la « Prime de modernisation de la recherche »
Objet : Plaidoyer pour la valorisation du rôle des enseignants-chercheurs par le paiement de la prime de modernisation de la recherche
Excellence,
Je viens, en ma qualité de Secrétaire Général du Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC), vous adresser cette lettre pour attirer votre attention sur une question cruciale et urgente : le paiement de la « Prime de modernisation de la recherche » aux enseignants-chercheurs camerounais.
L’importance stratégique des enseignants-chercheurs pour le Cameroun
Les enseignants-chercheurs constituent un pilier fondamental de la construction d’une société prospère et innovante. Ils ne sont pas de simples transmetteurs de savoir, mais également des artisans de la transformation sociale et économique par la recherche. Comme le souligne Paulo Freire dans Pedagogy of the Oppressed (1970), « une éducation émancipatrice repose sur la valorisation de ceux qui produisent et diffusent le savoir ». En négligeant les conditions de travail de ces acteurs, nous compromettons non seulement leur mission éducative, mais également notre ambition de faire du Cameroun un État compétitif sur la scène internationale.
Les travaux des enseignants-chercheurs, à travers la formation des générations futures et la production scientifique, participent directement à la résolution des défis économiques, sanitaires et technologiques. À titre d’exemple, le rôle des universités dans le développement de solutions locales pendant la pandémie de COVID-19 a été déterminant. Cependant, leur dévouement ne peut être durablement soutenu sans une reconnaissance matérielle appropriée.
Origine de la prime et engagements non tenus
La « Prime de modernisation de la recherche » a été instituée par le décret présidentiel n°2009/121 du 8 avril 2009. Cette initiative, saluée à l’époque comme une avancée majeure, visait à encourager l’excellence académique et à stimuler la recherche scientifique, levier clé pour le développement national. Le Président de la République, Son Excellence Paul Biya, en prenant cette décision, traduisait sa volonté de repositionner le Cameroun comme un acteur clé de la production de savoir en Afrique.
Cependant, depuis sa création, cette prime n’a été payée que sporadiquement, laissant les enseignants-chercheurs dans un état d’incertitude et de frustration croissante. Ce retard de paiement est perçu non seulement comme une trahison de la promesse faite par le chef de l’État, mais également comme un signe d’incohérence dans la mise en œuvre des priorités nationales.
Conséquences des retards de paiement
Le non-paiement de cette prime engendre des conséquences graves :
1. Baisse de la motivation et fuite des cerveaux : De nombreux enseignants-chercheurs, découragés par le manque de reconnaissance financière, préfèrent chercher des opportunités à l’étranger. Ce phénomène, connu sous le nom de « fuite des cerveaux », prive le Cameroun de ses talents les plus brillants.
2. Image internationale détériorée : Un État qui ne respecte pas ses engagements envers son corps académique projette une image de mauvaise gestion et de non-respect de ses priorités. Cela affecte notre capacité à attirer des partenaires internationaux dans le domaine de l’éducation et de la recherche.
3. Affaiblissement de la recherche locale : Sans incitations financières adéquates, les enseignants-chercheurs ont de moins en moins les moyens de financer des travaux de recherche, ce qui limite la production scientifique nationale.
Comme l’explique Michael Apple dans The State and Higher Education (2000), « la dévalorisation du corps académique affaiblit directement la qualité des systèmes éducatifs et, par extension, la capacité d’un État à innover ». Cette vérité s’applique malheureusement à la situation actuelle des enseignants-chercheurs camerounais.
Recommandations
Au nom du MLDC, je vous exhorte à prendre des mesures concrètes et immédiates pour résoudre cette crise. Voici nos recommandations :
1. Règlement immédiat des arriérés : Publier un calendrier clair et précis pour le paiement des primes dues aux enseignants-chercheurs.
2. Création d’un fonds spécial pour la recherche : Mettre en place un fonds indépendant, géré en collaboration avec des représentants du corps académique, pour garantir la régularité des paiements futurs.
3. Dialogue avec les parties prenantes : Organiser des consultations avec les syndicats des enseignants-chercheurs pour identifier les obstacles à la mise en œuvre des primes et y remédier efficacement.
4. Valorisation des enseignants-chercheurs : Accompagner le paiement de la prime par des mesures de revalorisation globale des conditions de travail, notamment en termes de dotation en ressources pour la recherche.
L’enjeu pour le Chef de l’État
Le Président de la République, garant des engagements pris en son nom, ne saurait rester indifférent face à cette situation. Le non-paiement de la prime de modernisation de la recherche compromet l’image de leadership et de crédibilité qu’il s’efforce de projeter. Comme le disait Nelson Mandela : « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde. » En soutenant ses enseignants-chercheurs, le Cameroun peut démontrer sa détermination à bâtir un avenir meilleur.
Excellence, nous ne pouvons pas nous permettre de sacrifier l’avenir de notre pays en négligeant ceux qui forment sa jeunesse et produisent le savoir nécessaire à son développement. En agissant rapidement et résolument, vous avez l’opportunité de redresser cette situation et de montrer votre engagement en faveur de l’éducation et de la recherche, qui sont des piliers essentiels pour la transformation de notre nation.
Dans l’espoir d’une réponse rapide et favorable, je vous prie d’agréer, Excellence, l’expression de ma très haute considération.
PR. JIMMY YAB
Secrétaire Général, Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC)
Au Sénégal, une nouvelle génération de dirigeants marque un tournant dans la gouvernance nationale. Le plébiscite d’El Malick Ndiaye, 41 ans, comme président de l’Assemblée nationale, accompagné de Diomaye Faye, 44 ans, président de la République, et Ousmane Sonko, 50 ans, Premier ministre, illustre une rupture générationnelle. Ces figures incarnent une gouvernance en phase avec une population où 64 % des citoyens ont moins de 25 ans. À l’opposé, le Cameroun reste dirigé par une classe politique vieillissante, avec des figures comme Paul Biya, 91 ans, président depuis 1982, et Marcel Niat Njifenji, 89 ans, président du Sénat. Cet article examine les implications de cette disparité générationnelle dans la gouvernance des deux pays, en s’appuyant sur des données démographiques, sociopolitiques et des études académiques.
In Senegal, a new generation of leaders marks a turning point in national governance. The election of El Malick Ndiaye, 41, as Speaker of the National Assembly, alongside President Diomaye Faye, 44, and Prime Minister Ousmane Sonko, 50, demonstrates generational renewal. These leaders reflect governance aligned with a population where 64% are under 25 years old. Conversely, Cameroon remains governed by an aging political class, exemplified by Paul Biya, 91, in power since 1982, and Marcel Niat Njifenji, 89, Senate President. This paper explores the implications of this generational disparity in governance between the two countries, leveraging demographic, sociopolitical data and academic studies.
Keywords
Youth, generational governance, Senegal, Cameroon, leadership, demographics, political innovation, El Malick Ndiaye, Diomaye Faye, Ousmane Sonko.
Introduction
La gouvernance contemporaine en Afrique pose une question cruciale : l’âge des dirigeants reflète-t-il les aspirations des populations jeunes ? Le Sénégal s’impose comme un exemple d’adaptation générationnelle, avec des figures telles qu’El Malick Ndiaye (41 ans), président de l’Assemblée nationale, Diomaye Faye (44 ans), président de la République, et Ousmane Sonko (50 ans), Premier ministre.
Face à cette dynamique, le Cameroun reste ancré dans une gouvernance vieillissante, illustrée par Paul Biya (91 ans), Marcel Niat Njifenji (89 ans) et Cabaye Yeguié Dibril. Cette disparité soulève des interrogations sur les impacts d’un leadership jeune par rapport à un leadership âgé, en termes d’innovation politique, de participation citoyenne et de représentativité.
Cet article explore ces enjeux en comparant le Sénégal et le Cameroun, à travers une analyse approfondie des données démographiques et des réalités politiques.
I. La Jeunesse au Pouvoir au Sénégal : Un Changement de Paradigme
1. El Malick Ndiaye, un symbole de renouveau
À 41 ans, El Malick Ndiaye est devenu en 2024 le plus jeune président de l’Assemblée nationale du Sénégal depuis l’indépendance. Ancien économiste et militant pour la transparence institutionnelle, il incarne une génération de leaders marquée par la modernité.
2. Un exécutif jeune et homogène
• Diomaye Faye, président de la République, 44 ans : avocat de formation, il s’est imposé comme un défenseur de la justice sociale et de la réforme institutionnelle.
• Ousmane Sonko, Premier ministre, 50 ans : ancien inspecteur des impôts, connu pour son franc-parler et son combat contre la corruption.
3. Alignement avec une démographie jeune
Selon les données de l’ONU (2023), 64 % de la population sénégalaise a moins de 25 ans, et la médiane d’âge est de 19 ans. Cette jeunesse se reflète désormais dans un leadership politique, favorisant une meilleure inclusion et des politiques publiques adaptées.
4. Réformes en cours
Depuis leur arrivée, ces dirigeants ont lancé entre autres :
• Des programmes d’entrepreneuriat pour les jeunes.
• Une digitalisation accrue de l’administration publique.
• Un soutien massif à l’éducation technique et à la santé reproductive.
II. Le Cameroun : Un Leadership Vieillissant, une Gouvernance en Déphasage
1. Une élite vieillissante aux commandes
• Paul Biya, 91 ans, président depuis 1982 : au pouvoir depuis plus de 42 ans, il est l’un des chefs d’État les plus âgés et les plus anciens en fonction dans le monde.
.Cavayé Yeguié Djibril, né le 1er janvier 1940 à Mada I, président de l’Assemblée nationale depuis 1992 ,.
• Marcel Niat Njifenji, président du Sénat, 89 ans : ancien ingénieur et figure de l’élite politique camerounaise depuis des décennies.
2. Un contraste frappant avec la démographie nationale
Selon la Banque mondiale (2023), le Cameroun partage une structure démographique similaire au Sénégal, avec une médiane d’âge de 18,7 ans et 62 % de la population âgée de moins de 25 ans. Malgré cela, l’écart générationnel entre les dirigeants et les citoyens reste massif.
3. Conséquences pour la gouvernance
• Une faible participation des jeunes aux décisions publiques.
• Des politiques souvent perçues comme déconnectées des réalités de la jeunesse.
• Une lenteur dans l’adoption des innovations technologiques et des réformes institutionnelles.
III. Gouverner par Génération : Avantages et Défis
1. Les atouts du leadership jeune
• Adaptabilité : Compréhension des enjeux contemporains tels que la technologie et l’environnement.
• Mobilisation : Capacité à engager une jeunesse souvent marginalisée dans le processus décisionnel.
• Innovation : Introduction de nouvelles idées et approches dans la gestion publique.
2. Les défis du rajeunissement
• Manque d’expérience : Les jeunes leaders peuvent commettre des erreurs stratégiques par manque de recul.
• Fragilité institutionnelle : Le renouvellement doit s’accompagner d’une stabilité institutionnelle pour éviter des ruptures brutales.
3. L’équilibre générationnel idéal
Les systèmes politiques doivent s’appuyer sur une diversité générationnelle, combinant la créativité des jeunes et l’expérience des aînés pour une gouvernance optimale.
2. Implications pour les politiques publiques
Au Sénégal, la jeunesse au pouvoir favorise des initiatives telles que :
• L’entrepreneuriat digital.
• Les réformes dans le système éducatif.
Au Cameroun, l’inertie politique empêche souvent une réponse adéquate aux défis des jeunes, tels que le chômage ou l’accès aux services sociaux.
Conclusion
Le Sénégal démontre qu’une gouvernance en phase avec sa jeunesse peut catalyser l’innovation et renforcer la participation citoyenne. À l’inverse, le Cameroun illustre les défis d’un leadership vieillissant face à une société jeune. Cette analyse invite à repenser la place des jeunes dans la gouvernance en Afrique, dans un contexte où l’âge des dirigeants influence directement l’efficacité des politiques publiques.
Bibliographie
1. Institut national de la statistique du Sénégal. Rapport démographique 2023. Dakar, Sénégal.
2. Banque mondiale. Perspectives démographiques et économiques de l’Afrique. 2023.
3. Mbaye, Fatou. Jeunesse et politique en Afrique de l’Ouest. Paris : L’Harmattan, 2020.
4. Bayart, Jean-François. L’État en Afrique : La politique du ventre. Paris : Fayard, 1989.
5. ONU Afrique. La jeunesse africaine et les objectifs de développement durable. 2022.
6. Mbembe, Achille. Critique de la raison nègre. Paris : La Découverte, 2013.
Diagramme de chronologie de la réorganisation fédérale du Cameroun dès 2026
Résumé
Cet article jette les jalons d’une analyse des réformes législatives et constitutionnelles nécessaires pour établir une fédération fonctionnelle au Cameroun, en s’inspirant du modèle proposé par Jimmy Yab et Vincent Nkong-Njock dans leur ouvrage Construction d’un État Développementaliste Communautaire : Le Cameroun. Le diagramme chronologique fourni, renforce la faisabilité de cette transition en quatre grandes régions fédérées. L’objectif est d’évaluer les étapes critiques, d’identifier les défis institutionnels et politiques, et de suggérer une méthodologie réaliste pour transformer cette vision ambitieuse en un projet applicable à court et à moyen terme.
Mots-clés
Fédéralisme, réformes constitutionnelles, Cameroun, chronologie, faisabilité, gouvernance, développement local, diagramme de séquences législatives, diagramme de chronologie, EDC, État Développementaliste Communautaire, Grand Nord, Grand Sud, Grand Littoral, et Grand Ouest.
Introduction
La vision de fédéralisation du Cameroun en quatre grandes régions fédérées à savoir: Grand Nord, Grand Sud, Grand Littoral, et Grand Ouest, développée par Jimmy Yab et Vincent Nkong-Njock, vise à résoudre des problématiques structurelles liées à la gouvernance centralisée, aux inégalités régionales et aux tensions intercommunautaires. Si leur proposition théorique présente des arguments convaincants en faveur d’une gestion décentralisée et communautaire, sa mise en œuvre nécessite un cadre institutionnel solide et une planification minutieuse. Cet article jette les jalons d’une analyse des réformes législatives détaillées dans leur projet, les contextualise par rapport aux réalités sociopolitiques du Cameroun, et présente une chronologie pour rendre cette transition réalisable à moyen et à court terme.
Réformes législatives et constitutionnelles proposées
Jimmy Yab et Vincent Nkong-Njock identifient plusieurs réformes fondamentales pour assurer le passage du Cameroun à un système fédéral. Ces réformes se déclinent en trois axes principaux :
Diagramme de séquence sur les réformes législatives et constitutionnelles en vue de l’Etat Fédéré
1. Révision de la Constitution
La Constitution actuelle du Cameroun centralise les pouvoirs exécutifs, législatifs et financiers à Yaoundé. Une révision constitutionnelle est nécessaire pour :
Redéfinir les compétences des régions et de l’État central.
Établir une autonomie budgétaire et législative des régions fédérées.
Inscrire les droits des citoyens à une gouvernance locale participative dans la loi fondamentale.
2. Adoption de lois organiques
Pour opérer cette transition, des lois organiques spécifiques doivent être adoptées pour :
Réglementer les relations entre l’État central et les gouvernements régionaux.
Définir les mécanismes de partage des ressources naturelles et fiscales entre les régions.
Créer des institutions de suivi, telles que des conseils interrégionaux, pour garantir une coordination entre les entités fédérées.
3. Renforcement de la justice constitutionnelle
La mise en place d’un modèle fédéral nécessite une Cour constitutionnelle autonome capable d’arbitrer les conflits entre les régions et l’État central. Cela passe par la révision des mandats et du fonctionnement des institutions judiciaires actuelles pour garantir leur indépendance et leur impartialité.
Analyse de la chronologie et des séquences
Diagramme de chronologie
1. Chronologie des réformes : Une transition en étapes (2026-2030)
Le diagramme de chronologie met en évidence une transition progressive vers une réorganisation fédérale à partir de 2026. Cette période est divisée en trois phases principales :
Phase 1 : Sensibilisation et diagnostic (2026) Cette phase consiste à mobiliser les parties prenantes nationales et locales pour identifier les faiblesses du système centralisé actuel. Les débats publics et consultations populaires sont essentiels pour garantir l’adhésion des citoyens et des institutions à la réforme (Rodríguez-Pose, 2013).
Phase 2 : Réformes législatives et constitutionnelles (2027-2028) Cette phase implique la révision de la Constitution pour intégrer les structures fédérales et redéfinir les compétences des régions et du gouvernement central. Des lois spécifiques devront être adoptées pour garantir l’autonomie budgétaire et administrative des régions, tout en maintenant une cohésion nationale (Oyedele, 2016).
Phase 3 : Mise en œuvre et ajustement (2029-2030) La dernière phase inclut l’installation des gouvernements régionaux et l’ajustement des politiques publiques en fonction des spécificités locales. Des mécanismes de suivi seront essentiels pour évaluer l’impact de la réforme sur le développement régional.
Défis et opportunités
Défis majeurs :
Opposition politique : Les partis favorables à un système centralisé pourraient s’opposer aux réformes, nécessitant un dialogue inclusif.
Capacités institutionnelles : La mise en œuvre effective dépendra de la capacité des institutions locales à assumer de nouvelles responsabilités.
Risques de fragmentation : Une autonomie accrue pourrait exacerber les revendications indépendantistes dans certaines régions.
Opportunités :
Renforcement de la gouvernance locale : Le fédéralisme peut améliorer la participation citoyenne et la responsabilisation des autorités locales.
Développement économique équilibré : Une gestion régionale des ressources naturelles favorisera une répartition équitable des richesses (Ndoye & Kaimowitz, 2000).
Cohésion sociale : En répondant aux besoins spécifiques de chaque région, la réforme pourrait réduire les tensions intercommunautaires.
Conclusion
La réorganisation fédérale du Cameroun, telle qu’envisagée par Jimmy Yab et Vincent Nkong-Njock, représente une opportunité majeure de transformation institutionnelle. Le succès de ce projet repose sur une mise en œuvre méthodique des réformes législatives et constitutionnelles, comme illustré dans les diagrammes de chronologie et de séquence. En adoptant un modèle fédéral adapté, le Cameroun pourrait devenir un exemple de gouvernance inclusive et de développement communautaire en Afrique. Toutefois, pour atteindre cet objectif, une mobilisation collective des citoyens et des institutions est indispensable.
Références
Konings, P., & Nyamnjoh, F. B. (2003). Negotiating an Anglophone Identity: A Study of the Politics of Recognition and Representation in Cameroon. Brill.
Ndoye, O., & Kaimowitz, D. (2000). « Macroeconomics, Markets, and the Sustainability of Management in the Congo Basin. » CIFOR Papers.
Oyedele, D. (2016). « Federalism and the Challenges of Development in Africa. » Journal of African Studies.
Rodríguez-Pose, A. (2013). « Do Institutions Matter for Regional Development? » Regional Studies.
LE MLDC APPELLE AU RENOUVELLEMENT GÉNÉRATIONNEL DE LA CLASSE DIRIGEANTE EN 2025
Leaders du Cameroun 2024
Résumé
Avec 75 % de sa population âgée de moins de 35 ans, le Cameroun est confronté à une contradiction majeure : sa classe dirigeante est l’une des plus âgées du monde. Pendant ce temps, des pays comme le Botswana et le Sénégal montrent que des gouvernements dirigés par de jeunes leaders produisent des résultats significatifs en termes de développement économique, social et institutionnel. Cet article analyse pourquoi le renouvellement générationnel est essentiel pour le Cameroun et explore comment des leaders jeunes et innovants pourraient transformer le pays. Le MLDC (Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun) appelle à une mobilisation massive de la jeunesse pour s’inscrire sur les listes électorales en vue des élections de 2025.
Mots Clés: jeunesse au pouvoir, justice sociale, MLDC, élections 2025, renouvellement générationnel, Cameroun, Sénégal, Botswana, Faye, Sonko, équité générationnelle
Introduction : Une injustice générationnelle qui freine le Cameroun
Le Cameroun est dirigé par une classe politique extrêmement âgée. À la tête de l’État, nous avons :
• Paul Biya, président de 92 ans, au pouvoir depuis 41 ans.
• Marcel Niat Njifenji, président du Sénat, 90 ans.
• Cavaye Yeguie Djibril, président de l’Assemblée nationale, 85 ans.
• Laurent Esso, ministre de la Justice, 86 ans.
En comparaison, 75 % de la population camerounaise est âgée de moins de 35 ans, comme le montre le tableau suivant basé sur les données de l’Institut National de la Statistique (INS) et de la Banque mondiale :
Tranche d’âge Pourcentage de la population
Le tableau statistique de la population camerounaise montre une répartition intéressante par région et par tranche d’âge, avec des données issues des publications récentes de l’Institut National de la Statistique du Cameroun (INS). Voici un résumé des informations clés :
1. Répartition par région (2019) :
• Extrême-Nord : 4,38 millions d’habitants, densité de 128 hab./km².
• Littoral : 3,72 millions, densité de 184 hab./km².
• Centre : 4,67 millions, densité de 67,7 hab./km².
• Ouest : 2,05 millions, densité de 148,1 hab./km².
2. Structure par âge (projections 2019) :
• 0-4 ans : 16,6 % de la population.
• 5-14 ans : 25,9 %.
• 15-34 ans (population jeune active) : environ 35 %.
La population totale projetée en 2019 était de 24,3 millions, avec une croissance annuelle stable et une forte proportion de jeunes, confirmant les enjeux démographiques majeurs pour le pays.
Le Président Sénégalais Abdoulaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko
Cette situation met en lumière une inégalité générationnelle flagrante. Alors que les jeunes constituent l’épine dorsale démographique du pays, ils sont presque totalement absents des cercles de décision. Cette déconnexion entre une élite vieillissante et une population jeune est non seulement un problème de justice sociale mais également un obstacle au développement du pays.
Comparaisons internationales : leçons du Botswana et du Sénégal
Le Botswana : une jeunesse au cœur de la gouvernance
Le Botswana, dirigé par le président Mokgweetsi Masisi (54 ans), démontre l’efficacité d’une équipe gouvernementale jeune et innovante. Parmi les figures clés de son gouvernement :
Leaders du Botswana
• Président : 54 ans
. Ministre de la Santé : 37 ans.
• Ministre de l’Énergie : 37 ans.
• Ministre de la Jeunesse : 26 ans.
Cette approche générationnelle a permis au Botswana de devenir un leader régional en matière de gouvernance transparente et de développement économique. L’intégration des jeunes leaders a conduit à des politiques dynamiques, notamment dans les secteurs de l’énergie renouvelable et de la santé publique.
Le Sénégal : un exemple d’équilibre générationnel
Le Sénégal est également un modèle avec un président, Bassirou Diomaye Faye, âgé de 44 ans, entouré d’un gouvernement compétent et équilibré :
• Yacine Fall, ministre de l’Intégration africaine, incarne une nouvelle génération de leaders féminins compétents.
• Birame Souleye Diop, ministre de l’Énergie, âgé de 41 ans, mise sur des politiques innovantes pour exploiter les ressources naturelles.
Cette stratégie permet au Sénégal de promouvoir des politiques adaptées aux réalités modernes, tout en maintenant une stabilité politique et une croissance économique notable. Selon une étude de la Banque mondiale, le Sénégal connaît un taux de croissance moyen de 5 % grâce à ces approches innovantes, démontrant qu’une gouvernance jeune peut produire des résultats concrets.
Le Cameroun : pourquoi le statu quo est un frein au développement
1. Représentativité et inclusion : un impératif démocratique
Selon John Rawls, la justice sociale implique que tous les groupes d’une société aient un accès égal aux opportunités et au pouvoir décisionnel. Au Cameroun, l’absence des jeunes dans les cercles de pouvoir est une violation de ce principe fondamental.
• 75 % de la population est exclue des prises de décisions majeures. Cela explique pourquoi les politiques publiques sont souvent inadaptées aux besoins des jeunes, notamment en matière d’emploi, d’éducation et de santé.
2. Innovation et modernisation
Les jeunes leaders apportent des perspectives nouvelles et des solutions modernes. Par exemple :
• Au Botswana, les ministres de l’Énergie et de la Santé ont introduit des programmes innovants, tels que l’utilisation des énergies renouvelables et la digitalisation des soins de santé.
• Au Sénégal, l’accent est mis sur l’économie numérique et l’entrepreneuriat des jeunes, des secteurs négligés au Cameroun.
3. Dynamisme économique
Des études de l’Université Harvard montrent que les pays dirigés par des leaders jeunes ou de générations actives ont tendance à enregistrer une croissance économique plus rapide. Ces leaders sont plus enclins à adopter des politiques favorables à l’entrepreneuriat et à l’innovation.
Au Cameroun, les blocages économiques sont aggravés par une élite politique qui n’est plus en phase avec les réalités économiques mondiales. Par exemple, les jeunes entrepreneurs camerounais peinent à accéder aux financements et aux infrastructures nécessaires pour développer leurs projets.
Appel à l’action : que la jeunesse prenne le pouvoir en 2025
Le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) appelle la jeunesse camerounaise à s’inscrire massivement sur les listes électorales. Avec leur poids démographique, les jeunes ont la capacité de transformer le paysage politique en 2025.
“La jeunesse doit comprendre que gouverner n’est pas seulement un droit, mais une responsabilité. Avec 75 % de la population, il est temps de reprendre le pouvoir.” – MLDC
La participation politique est essentielle pour corriger ce déséquilibre générationnel et construire un avenir meilleur.
“Quand une majorité est mise à l’écart des décisions qui façonnent son avenir, cela devient un problème de justice sociale.” – MLDC
Avec un programme axé sur le développement communautaire et le renouvellement générationnel, le MLDC propose une alternative concrète pour moderniser le Cameroun.
Conclusion : 2025, un tournant pour le Cameroun
Les exemples du Botswana et du Sénégal montrent que le renouvellement générationnel est un catalyseur de développement et de modernisation. Le Cameroun ne peut plus se permettre de rester en marge de cette dynamique. Le MLDC offre une plateforme pour réaliser ce changement, mais cela ne sera possible que si la jeunesse s’engage activement dans le processus électoral.
En 2025, le Cameroun a l’occasion historique de prouver que la justice sociale n’est pas un slogan, mais une réalité portée par les urnes. La jeunesse doit prendre le pouvoir.
Sources
• Institut National de la Statistique du Cameroun (INS).
• Banque mondiale.
• Publications officielles des gouvernements du Sénégal et du Botswana.
• Études académiques : John Rawls, A Theory of Justice ; Harvard University, Youth Leadership and Economic Growth.
L’avenir démocratique du Cameroun est en jeu alors que le pays se prépare aux élections présidentielles de 2025 dans un climat de méfiance généralisée envers son organe électoral, ELECAM. Les taux alarmants de rejet des inscriptions sur les listes électorales, atteignant jusqu’à 87 % dans certaines circonscriptions, révèlent des défaillances systémiques qui menacent la crédibilité du processus électoral. Face à cette situation, le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) propose un audit international d’ELECAM, supervisé par des personnalités respectées comme l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo. Cet article explore les raisons pour lesquelles le Cameroun a un besoin urgent d’un encadrement international pour ses réformes électorales, en s’inspirant des exemples du Kenya, du Ghana et du Nigeria, tout en inscrivant les propositions du MLDC dans une vision globale pour le renouveau démocratique et la stabilité géopolitique en Afrique centrale.
Introduction : Un pays en quête d’élections crédibles
Le Cameroun traverse une crise de confiance dans son processus électoral, et les élections présidentielles de 2025 constituent un test crucial pour son intégrité démocratique. Les taux de rejet élevés des inscriptions sur les listes électorales révélés par ELECAM ont suscité des inquiétudes quant à la suppression des électeurs et à des défaillances administratives.
Dans ce contexte, le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) propose une solution audacieuse : un audit international d’ELECAM, dirigé par des figures respectées comme Olusegun Obasanjo. Cette initiative reflète l’engagement du MLDC en faveur d’un système électoral crédible et inclusif, dans le cadre de sa vision plus large d’un État développementaliste. La participation de personnalités telles qu’Obasanjo, reconnues pour leur impartialité et leur expérience en résolution de conflits électoraux, pourrait restaurer la confiance publique et ouvrir la voie à des réformes significatives. Cet article plaide pour l’urgence d’une supervision internationale afin de garantir des élections crédibles et de protéger la démocratie camerounaise.
Les échecs d’ELECAM et l’urgence d’une réforme
Liste de rejet ELECAM
1. Des taux de rejet alarmants
Les données d’ELECAM montrent des taux de rejet atteignant 87 % dans des circonscriptions comme Yaoundé 5, en grande partie en raison de défaillances dans les systèmes d’enregistrement biométrique. Ces chiffres révèlent des failles critiques dans l’infrastructure électorale du Cameroun, sapant la confiance publique dans l’équité des prochaines élections.
2. Une crise de confiance publique
Des accusations généralisées de partialité et d’incompétence contre ELECAM ont renforcé le sentiment de méfiance. Le manque de transparence dans les processus d’inscription sur les listes électorales soulève des inquiétudes concernant la suppression des électeurs, en particulier dans les bastions de l’opposition, exacerbant les tensions politiques.
3. Implications régionales et mondiales
La stabilité politique du Cameroun est essentielle pour l’Afrique centrale. Un échec électoral au Cameroun pourrait aggraver l’instabilité régionale, perturber les efforts d’intégration économique et offrir des opportunités à des groupes extrémistes comme Boko Haram pour exploiter le chaos qui en résulterait.
Pourquoi une supervision internationale est essentielle
1. Restaurer la confiance publique
La nomination d’une équipe d’audit international dirigée par des personnalités comme Olusegun Obasanjo rassurerait les Camerounais sur l’impartialité et la transparence du processus. La confiance publique est un pilier de la légitimité démocratique, et un audit international pourrait fournir la responsabilité qu’ELECAM ne garantit pas actuellement.
2. S’aligner sur les meilleures pratiques
Des nations africaines comme le Ghana et le Kenya ont démontré l’importance de la supervision internationale dans la construction de systèmes électoraux crédibles. L’adoption par le Ghana de la technologie biométrique et les réformes électorales post-crise du Kenya, toutes deux soutenues par des observateurs internationaux, servent de modèles pour le Cameroun.
3. Prévenir les crises politiques
Le transfert pacifique du pouvoir au Nigeria en 2015, facilité par la Commission électorale nationale indépendante (INEC) et soutenu par des observateurs internationaux, souligne l’importance d’élections crédibles pour prévenir l’instabilité politique. Le Cameroun doit tirer les leçons de ces exemples pour éviter les conflits électoraux susceptibles de dégénérer en troubles.
4. Tirer parti de l’expertise africaine
Les anciens dirigeants africains comme Olusegun Obasanjo apportent une expérience et une autorité morale inégalées dans la médiation électorale. Son rôle dans la résolution des crises au Libéria (2017) et au Zimbabwe (2008) démontre sa capacité à naviguer dans des environnements politiques complexes et à favoriser le consensus.
La vision du MLDC : Un plan pour la réforme électorale
La proposition du MLDC d’un audit international s’inscrit dans une stratégie plus large visant à transformer le Cameroun en un État développementaliste fondé sur la transparence et la responsabilité. Les recommandations incluent :
1. Un audit international indépendant
Le MLDC propose un audit complet des opérations d’ELECAM, dirigé par une équipe d’experts électoraux internationaux, de dirigeants africains et de représentants de la société civile. Exemple : La Commission électorale indépendante du Kenya (IEBC) a bénéficié d’une supervision similaire, qui a renforcé sa crédibilité après la crise électorale de 2007.
2. Modernisation de la technologie électorale
Pour réduire les taux de rejet, le MLDC préconise l’adoption de technologies biométriques avancées, en s’inspirant de la mise en œuvre réussie des systèmes de seconde génération au Ghana en 2020.
3. Garantir l’indépendance institutionnelle
Le MLDC insiste sur la nécessité de dépolitiser ELECAM en restructurant son modèle de gouvernance pour refléter celui de la Commission électorale indépendante d’Afrique du Sud (IEC), reconnue pour son impartialité et son professionnalisme.
4. Surveillance multipartite
Le MLDC appelle à la création d’un conseil consultatif multipartite, comprenant des représentants des partis politiques, de la société civile et des observateurs internationaux, pour surveiller les activités d’ELECAM et garantir sa responsabilité.
5. Campagnes d’éducation des électeurs
Reconnaissant l’importance de la participation citoyenne éclairée, le MLDC propose une vaste campagne d’éducation des électeurs, inspirée de l’initiative nigériane « Vote Not Fight », qui a mobilisé avec succès les jeunes pour des élections pacifiques.
Le rôle d’Olusegun Obasanjo dans la transformation électorale
La participation d’Olusegun Obasanjo à l’audit proposé serait transformative. En tant qu’ancien président du Nigeria et observateur expérimenté, Obasanjo a fait ses preuves dans la médiation des conflits électoraux et la promotion des transitions démocratiques. Sa direction garantirait que l’audit soit approfondi, impartial et crédible, établissant une nouvelle norme pour l’intégrité électorale au Cameroun.
Implications géopolitiques des réformes électorales au Cameroun
1. Stabiliser l’Afrique centrale
La stabilité du Cameroun est essentielle à l’intégration économique et politique de l’Afrique centrale. Des élections crédibles renforceraient la confiance régionale dans le leadership du Cameroun et favoriseraient la collaboration sur les initiatives de sécurité et de développement.
2. Renforcer la position du Cameroun à l’international
En adoptant une supervision internationale, le Cameroun pourrait se positionner en tant que leader de la gouvernance démocratique en Afrique. Cela attirerait des investissements étrangers et renforcerait les partenariats avec les institutions mondiales engagées dans le développement démocratique.
3. Prévenir les ingérences extérieures
Des élections transparentes réduisent la probabilité que des acteurs extérieurs exploitent l’instabilité politique à des fins stratégiques ou économiques, protégeant ainsi la souveraineté et les intérêts nationaux du Cameroun.
Conclusion : Un appel à l’action
Les élections présidentielles de 2025 représentent une opportunité cruciale pour le Cameroun de restaurer la confiance dans ses institutions démocratiques. L’appel du MLDC à un audit international, dirigé par des personnalités comme Olusegun Obasanjo, constitue une solution audacieuse et pragmatique à la crise électorale du pays. En adoptant cette proposition, le Cameroun pourrait non seulement garantir des élections crédibles, mais aussi réaffirmer son engagement envers les principes démocratiques et la stabilité régionale. Le moment d’agir est venu—avant que la crise de confiance ne devienne une crise de démocratie.
References
Annan, K. (2014). Interventions: A Life in War and Peace. New York: Penguin Press.
Obasanjo, O. (2014). My Watch: A Memoir. Lagos: Prestige Publishers.
Le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) tire la sonnette d’alarme face aux rejets massifs des inscriptions sur les listes électorales publiées par ELECAM, atteignant des taux inquiétants allant jusqu’à 87 % dans certaines communes. Cet article analyse les failles institutionnelles, technologiques et organisationnelles de cet organe électoral, tout en examinant l’impact sur la crédibilité du processus démocratique. À travers une analyse approfondie, le MLDC exige un audit indépendant et propose des réformes pour garantir des élections transparentes et inclusives en 2025.
Introduction : Un scandale qui menace la démocratie camerounaise
Le processus électoral est au cœur de la démocratie, car il incarne la participation citoyenne et la légitimité des institutions publiques. Au Cameroun, les préparatifs pour les élections présidentielles de 2025 sont entachés par des dysfonctionnements graves, notamment les rejets massifs d’inscriptions électorales. Selon les données publiées par ELECAM, certaines communes enregistrent des taux de rejet atteignant 87 %, comme à Yaoundé 5.
Ces chiffres alarmants ont des conséquences profondes sur le processus démocratique et la confiance publique envers ELECAM. Pour le MLDC, ces rejets massifs constituent un scandale électoral qui exige un audit immédiat et des réformes profondes. Cet article explore les causes, les implications et propose des solutions concrètes pour assurer la crédibilité des élections de 2025.
1. Analyse des données d’ELECAM : Des rejets massifs sans justification claire
Les chiffres publiés par ELECAM montrent une situation critique :
Yaoundé 5 : 87 % de rejets (14 235 sur 16 409 inscrits).
Yaoundé 3 : 75 % de rejets (10 130 sur 13 273 inscrits).
Douala 5 : Un taux plus faible de 7 % (3 912 sur 54 695 inscrits), révélant une disparité inexplicable entre les communes.
Ces disparités soulèvent plusieurs questions :
Défaillances technologiques ? L’absence d’empreintes digitales comme motif principal de rejet suggère que les équipements biométriques d’ELECAM sont soit obsolètes, soit mal utilisés.
Incohérences dans les procédures : Pourquoi certaines communes comme Douala 5 affichent-elles des taux de rejet beaucoup plus faibles que Yaoundé 5 ?
Manque de formation : Les agents d’ELECAM, souvent mal formés, pourraient être à l’origine d’erreurs dans la collecte des données.
Le MLDC considère ces rejets comme un symptôme d’un dysfonctionnement institutionnel majeur et demande un audit pour identifier les causes profondes.
2. Implications pour la démocratie camerounaise : Un processus électoral en péril
Les conséquences des rejets massifs d’inscriptions vont bien au-delà des chiffres :
2.1. Exclusion massive des électeurs
Des milliers de citoyens camerounais risquent d’être exclus du processus électoral, notamment dans des zones urbaines stratégiques comme Yaoundé. Cela compromet gravement le principe d’inclusion démocratique, où chaque citoyen a le droit de voter sans obstacle inutile.
2.2. Suspicion de manipulation électorale
Des taux de rejet aussi élevés pourraient être perçus comme une tentative délibérée d’exclure des électeurs potentiellement favorables à l’opposition, une accusation qui pourrait polariser davantage la société camerounaise.
2.3. Perte de confiance dans ELECAM
ELECAM, en tant qu’organe électoral indépendant, est censé garantir la transparence et l’équité des élections. Cependant, des erreurs massives et des disparités inexpliquées risquent d’entraîner une défiance généralisée envers cette institution.
2.4. Risques de tensions sociales
Dans un contexte politique déjà fragile, l’exclusion de milliers d’électeurs pourrait alimenter des tensions sociales, voire des manifestations, surtout si les régions affectées sont politiquement sensibles.
3. Une crédibilité entamée : La perception publique d’ELECAM
Pour le MLDC, la crédibilité d’un processus électoral repose sur la confiance du public envers les institutions chargées de son organisation. Les rejets massifs d’inscriptions compromettent cette confiance pour plusieurs raisons :
Manque de professionnalisme perçu : Les citoyens pourraient voir en ELECAM une organisation incapable de gérer efficacement un processus aussi crucial que les inscriptions électorales.
Risque de partialité : Si les rejets affectent principalement certaines régions ou communes perçues comme des bastions de l’opposition, ELECAM pourrait être accusé de biais en faveur du régime en place.
Impact négatif sur la participation : Une perte de confiance risque de décourager de nombreux électeurs potentiels, aggravant ainsi l’abstention.
Pour restaurer sa crédibilité, ELECAM doit agir de manière proactive, en engageant des réformes et en acceptant une supervision externe.
4. Une alerte pour sauver la démocratie camerounaise
Le taux alarmant de rejets d’inscriptions sur les listes électorales au Cameroun met en évidence des failles majeures dans l’organisation électorale. Des taux allant jusqu’à 87 % dans certaines communes, comme Yaoundé 5, suscitent des interrogations sur la compétence, l’intégrité et l’impartialité d’ELECAM. Pour le MLDC, ce scandale exige des mesures immédiates et une approche comparative pour tirer des leçons des expériences réussies dans d’autres démocraties.
4.1. Audit indépendant : Apprendre de l’exemple du Kenya
Contexte et exemple international
Le Kenya, après des élections controversées en 2007 ayant engendré des violences post-électorales, a entrepris un audit complet de son système électoral en 2017. Cet audit, réalisé par des experts nationaux et internationaux, a permis d’identifier les défaillances dans l’inscription des électeurs, la transmission des résultats et l’utilisation de la biométrie. Ces recommandations ont conduit à une modernisation réussie du système.
Application au Cameroun
Le MLDC propose qu’un audit indépendant d’ELECAM soit mené par une commission composée :
D’experts internationaux (ONU, Union africaine, IDEA).
De représentants de la société civile camerounaise, pour garantir la transparence et éviter les biais institutionnels.
De techniciens spécialisés dans la gestion électorale et la biométrie.
Cet audit permettra de :
Diagnostiquer les causes des rejets massifs.
Évaluer les capacités technologiques et organisationnelles d’ELECAM.
Proposer des solutions adaptées pour rétablir la confiance dans le processus électoral.
4.2. Modernisation des équipements électoraux : L’exemple du Ghana
Contexte et exemple international
Le Ghana a introduit des équipements biométriques modernes en 2012 pour lutter contre la fraude électorale. Après avoir rencontré des problèmes techniques, la Commission électorale ghanéenne a investi dans des machines biométriques de deuxième génération en 2020, réduisant considérablement les erreurs et augmentant la fiabilité des données électorales.
Application au Cameroun
Le MLDC recommande :
L’acquisition de technologies biométriques modernes, adaptées aux conditions climatiques et au niveau d’infrastructure des zones rurales et urbaines du Cameroun.
L’entretien régulier des équipements pour éviter les pannes.
La création de centres régionaux de maintenance pour une gestion rapide des dysfonctionnements techniques.
ELECAM pourrait collaborer avec des entreprises internationales spécialisées, comme la société Smartmatic, qui a équipé plusieurs pays d’Afrique avec des technologies électorales avancées.
4.3. Formation intensive des agents électoraux : L’exemple du Rwanda
Contexte et exemple international
Le Rwanda, reconnu pour son organisation méthodique, investit lourdement dans la formation de ses agents électoraux. En 2020, tous les agents impliqués dans les élections ont suivi des ateliers de formation intensifs sur la manipulation des technologies électorales, la gestion des données et l’interaction avec les électeurs.
Application au Cameroun
Le MLDC propose un programme national de formation pour les agents d’ELECAM, incluant :
Une formation technique sur l’utilisation des technologies biométriques.
Une sensibilisation sur les principes de neutralité et d’impartialité.
Une évaluation périodique des compétences.
Le Cameroun pourrait également solliciter l’appui de l’Union africaine pour financer et organiser ces formations.
4.4. Période de régularisation des inscriptions : L’exemple du Nigeria
Contexte et exemple international
Au Nigeria, avant les élections générales de 2023, la Commission électorale nationale indépendante (INEC) a accordé une période supplémentaire pour permettre aux électeurs dont les données étaient incomplètes ou erronées de corriger leur situation. Cette démarche a favorisé une participation massive.
Application au Cameroun
Le MLDC recommande qu’ELECAM ouvre une période exceptionnelle de régularisation pour :
Permettre aux citoyens rejetés de fournir leurs empreintes digitales ou de rectifier leurs informations.
Lancer une campagne nationale pour informer les citoyens sur les modalités de régularisation.
Établir des centres d’inscription mobiles dans les zones reculées, inspirés du modèle ougandais.
4.5. Supervision internationale : L’exemple du Sénégal
Contexte et exemple international
Le Sénégal est souvent cité comme un modèle de démocratie en Afrique. Depuis plusieurs années, ses élections sont supervisées par des observateurs internationaux (CEDEAO, Union européenne), garantissant leur transparence. Cette supervision a renforcé la confiance des citoyens et des partis politiques dans le processus électoral.
Application au Cameroun
Le MLDC propose que les élections présidentielles de 2025 soient supervisées par :
Des observateurs internationaux, issus d’organisations telles que l’Union africaine, l’Union européenne et Transparency International.
Des observateurs nationaux indépendants, incluant des représentants de la société civile camerounaise.
Cette mesure renforcerait la perception d’impartialité et contribuerait à prévenir les fraudes.
4.6. Sensibilisation massive des citoyens : L’exemple de l’Afrique du Sud
Contexte et exemple international
L’Afrique du Sud organise régulièrement des campagnes nationales pour encourager la participation des citoyens aux élections. Avant les élections générales de 2019, la Commission électorale sud-africaine (IEC) a utilisé les médias, les réseaux sociaux et des partenariats communautaires pour sensibiliser les électeurs sur les procédures d’inscription et de vote.
Application au Cameroun
Le MLDC recommande :
Le déploiement d’une campagne de sensibilisation nationale, utilisant la télévision, la radio, les réseaux sociaux et les leaders communautaires.
La production de matériel éducatif multilingue, adapté aux différentes communautés linguistiques du Cameroun.
La collaboration avec des ONG et des organisations religieuses, pour atteindre les populations rurales et marginalisées.
Cette sensibilisation massive permettra de réduire les taux de rejet et d’encourager une participation plus inclusive.
Conclusion : Une réforme indispensable pour restaurer la confiance
Les rejets massifs des inscriptions électorales publiés par ELECAM constituent une menace sérieuse pour la démocratie camerounaise. Le MLDC, fidèle à sa vision d’un État Développementaliste Communautaire, et inspiré des meilleures pratiques internationales, lpropose des réformes concrètes et ambitieuses pour moderniser le système électoral, renforcer la transparence et rétablir la confiance des citoyens. Sans ces mesures, le Cameroun risque de voir les élections de 2025 entachées d’irrégularités, compromettant ainsi la stabilité politique et sociale du pays.
Références
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ELECAM. (2024). Liste des rejets des inscriptions aux listes électorales au Cameroun.
Transparency International. (2023). Perceptions of Electoral Integrity in Africa. Berlin: Transparency International.
Cet article analyse les résultats du Cameroun au concours d’agrégation en médecine du CAMES, où le pays affiche un faible taux de réussite de 23,53 %, comparé à des taux dépassant 90 % dans des pays comme la Côte d’Ivoire et le Bénin. Cette performance médiocre est liée aux conditions de travail précaires des enseignants camerounais, notamment un salaire moyen de 600 000 FCFA par mois, bien inférieur à celui de leurs homologues en Côte d’Ivoire et au Bénin, qui gagnent respectivement environ 1 200 000 FCFA et 1 100 000 FCFA. L’écart de rémunération souligne la crise de l’enseignement supérieur au Cameroun et l’impact de la sous-valorisation des enseignants sur la qualité de l’éducation et de la recherche. L’article prône une revalorisation des salaires pour redonner au Cameroun une chance de rivaliser dans le domaine académique en Afrique.
Les résultats du dernier concours d’agrégation en médecine du CAMES (Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur) révèlent une contre-performance alarmante pour le Cameroun. Avec un taux de réussite de seulement 23,53 %, le Cameroun est largement distancé par des pays comme la Côte d’Ivoire (97,26 %) et le Bénin (93,94 %). Ce constat met en évidence une crise structurelle de l’enseignement supérieur au Cameroun, aggravée par les conditions précaires et la faible rémunération des enseignants. Cet article explore l’impact de cette sous-valorisation salariale sur les performances académiques et le développement du pays.
1. Le concours CAMES : Une évaluation révélatrice
Au concours CAMES pour l’agrégation en médecine, le Cameroun n’a enregistré que 4 admissions sur 17 candidats, soit un taux de réussite de 23,53 %. Ce résultat est préoccupant lorsque l’on considère que le taux moyen d’admission pour les pays participants est de 87,87 %. Par exemple, le Bénin et la Côte d’Ivoire, avec respectivement 93,94 % et 97,26 % de taux de réussite, montrent que l’investissement dans les enseignants se reflète directement dans les résultats académiques internationaux.
2. Comparaison des salaires des enseignants : Le Cameroun à la traîne
Une analyse des salaires des enseignants dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale met en lumière l’écart de rémunération qui explique en partie la crise de l’enseignement supérieur au Cameroun :
• Cameroun : En moyenne, un professeur titulaire gagne entre 500 et 600 000 FCFA par mois. Un maître de conférences démarre à environ 450 000 FCFA. Ces montants sont parmi les plus bas de la région.
• Côte d’Ivoire : Un professeur titulaire gagne autour de 1 200 000 FCFA par mois, soit le double du salaire au Cameroun.
• Bénin : Les professeurs titulaires touchent en moyenne 1 100 000 FCFA par mois. Ce salaire est près de 83 % supérieur à celui des enseignants camerounais.
• Sénégal : Les professeurs d’université gagnent en moyenne 1 000 000 FCFA, un salaire plus attractif qui contribue à un climat académique plus stable et plus compétitif.
Cette comparaison révèle un manque d’investissement dans le personnel académique au Cameroun, créant un climat de découragement et une démotivation accrue parmi les enseignants.
3. Les conséquences d’une faible rémunération sur la qualité de l’enseignement
Plusieurs études ont montré l’importance de la rémunération des enseignants dans la qualité de l’éducation et de la recherche. Selon Bankole et Adebayo (2020), la rémunération insuffisante des enseignants est corrélée à une baisse de motivation, un phénomène observé au Cameroun où de nombreux enseignants, confrontés à des salaires bas, sont obligés de chercher des revenus complémentaires. Cette situation nuit à leur productivité académique et à la qualité de leur encadrement des étudiants.
Au Cameroun, le faible salaire des enseignants pousse certains à exercer des activités parallèles ou à quitter le secteur universitaire pour des postes mieux rémunérés dans le privé ou à l’étranger. Ce phénomène est amplifié par des retards de paiements fréquents et une absence de soutien pour les projets de recherche. Les pays comme la Côte d’Ivoire et le Bénin, où les enseignants sont mieux rémunérés, bénéficient non seulement de taux d’admission plus élevés au concours CAMES, mais aussi d’un meilleur climat de recherche, avec des chercheurs mieux soutenus et plus motivés.
4. Impact sur le développement national
L’enseignement supérieur est un pilier du développement d’une nation, produisant des experts et des chercheurs essentiels pour l’innovation et la croissance économique. Un pays qui néglige la rémunération et les conditions de travail de ses enseignants hypothèque son avenir. La crise de l’enseignement supérieur au Cameroun, exacerbée par des salaires faibles, affecte non seulement les performances académiques mais aussi la capacité du pays à retenir ses talents.
En Côte d’Ivoire et au Bénin, les gouvernements ont investi dans la revalorisation salariale des enseignants, reconnaissant leur rôle dans la formation de cadres et de chercheurs compétents. Le Cameroun pourrait tirer des leçons de ces exemples pour restructurer son système d’enseignement supérieur, améliorer les conditions de travail des enseignants et offrir des salaires compétitifs pour favoriser la stabilité et l’attractivité du secteur.
Conclusion
Le faible taux de réussite du Cameroun au concours CAMES pour l’agrégation en médecine et la rémunération inadéquate des enseignants universitaires traduisent une crise profonde de l’enseignement supérieur. Avec un salaire moyen de 600 000 FCFA, les enseignants camerounais sont moins bien rémunérés que leurs homologues en Côte d’Ivoire (1 200 000 FCFA) et au Bénin (1 100 000 FCFA), ce qui limite leur efficacité et affecte la qualité de l’éducation. Le Cameroun doit entreprendre une réforme de son système d’enseignement supérieur en revalorisant les salaires des enseignants pour retrouver sa compétitivité académique en Afrique et garantir un avenir prometteur à sa jeunesse.
Références
• Bankole, A., & Adebayo, O. (2020). Higher Education Salary Structure in Sub-Saharan Africa: Comparative Perspectives. African Education Review, 17(3), 450-467.
• Moll, P., & Tlamelo, T. (2019). The Impact of Teacher Compensation on Educational Quality: Evidence from Southern Africa. Journal of African Development, 21(2), 35-52.
• Smith, J., Adams, R., & Choi, J. (2021). Linking Teacher Well-being to Educational Outcomes: Insights from Low-Income Countries. Global Journal of Education Policy, 29(1), 100-125.
La fonction publique camerounaise est confrontée à des défis majeurs, allant de la surpopulation administrative à un manque d’efficacité, dû à un système de recrutement biaisé et une centralisation excessive des postes. Ce diagnostic examine les faiblesses structurelles actuelles en mettant en évidence les effets de l’actuel ratio de 1 fonctionnaire pour 85 habitants. En comparaison avec les modèles de Singapour, de la Chine et de plusieurs autres pays, nous proposons une réduction et une redistribution des effectifs afin de parvenir à un ratio optimal de 1 pour 60, tel que recommandé par le Mouvement pour la Libération du Cameroun (MLDC). Ce nouveau ratio permettrait une administration plus décentralisée, compétente et apte à répondre aux besoins spécifiques des populations locales, s’inscrivant dans une vision d’État développementaliste communautaire.
Mots clés : fonction publique, Cameroun, décentralisation, efficacité administrative, ratio optimal, MLDC, comparaison internationale, Chine , Singapour
Introduction
La fonction publique camerounaise est marquée par des failles systémiques qui réduisent son efficacité et freinent le développement socio-économique du pays. Ces maux incluent une gestion pléthorique, des pratiques de recrutement peu rigoureuses, une centralisation excessive et un manque de technocrates compétents dans des secteurs stratégiques. Ce dysfonctionnement se traduit par une inflation des effectifs, peu de valorisation des compétences locales et une faible réactivité aux besoins des citoyens.
Cet article dresse un diagnostic des principaux maux de la fonction publique camerounaise en tenant compte de comparaisons internationales et propose un ratio de 1 fonctionnaire pour 60 habitants, comme solution selon le modèle d’État développementaliste communautaire proposé par le MLDC.
I. Diagnostic des Dysfonctionnements de la Fonction Publique Camerounaise
Les faiblesses de la fonction publique au Cameroun peuvent se résumer en plusieurs points clés :
1. Un Ratio Excessif et Inefficace :
Actuellement, le Cameroun compte environ 1 fonctionnaire pour 85 habitants, un ratio qui pourrait paraître modeste, mais qui masque une inefficacité structurelle. La répartition des effectifs reste déséquilibrée, avec une concentration des postes dans les grands centres urbains au détriment des zones rurales. Cette configuration limite la capacité de l’administration à répondre efficacement aux besoins de toutes les communautés.
2. Recrutements Biaisés et Favoritisme :
Les processus de recrutement privilégient souvent le népotisme et le clientélisme au détriment de la compétence. Cette pratique entraîne un déficit de technocrates qualifiés, notamment dans les secteurs critiques du développement local et économique.
3. Centralisation Excessive des Postes et Manque de Décentralisation :
La centralisation des décisions et des ressources entrave l’efficacité de la gouvernance locale et aggrave les disparités régionales. Bien que le Cameroun ait initié des réformes de décentralisation, leur mise en œuvre reste limitée, empêchant les collectivités locales de répondre efficacement aux besoins de leurs citoyens.
4. Absence de Formation Continue et d’Évaluation des Performances :
Les fonctionnaires camerounais bénéficient rarement de formations continues, et les évaluations de performance sont quasi-inexistantes. Ceci nuit à l’efficience de l’administration, réduisant la capacité des agents à s’adapter aux nouvelles exigences technologiques et aux priorités économiques.
II. Comparaison Internationale : Leçons de la Fonction Publique à l’Étranger
Pour déterminer un ratio plus optimal, il est utile de se référer à d’autres pays ayant des structures de fonction publique plus performantes.
• Singapour : Avec un ratio de 1 fonctionnaire pour 20 habitants, Singapour met l’accent sur l’excellence administrative, la compétence et la formation continue des agents. Ce modèle est hautement performant grâce à une rigueur de recrutement et un processus de responsabilisation strict (Lee, 2019).
• Chine : La Chine maintient un ratio d’environ 1 fonctionnaire pour 60 habitants, avec une fonction publique décentralisée et orientée vers les priorités de développement. L’administration chinoise repose sur une planification stratégique et un déploiement de technocrates qualifiés dans les zones locales, permettant une exécution rapide et ciblée des politiques de développement (Ming, 2021).
• France : La France, avec un ratio de 1 pour 12, conserve une administration étoffée, mais les défis de centralisation et de bureaucratie restent notables. Ce ratio, bien que permettant une forte couverture des services, n’illustre pas nécessairement une efficacité optimale pour un pays en développement comme le Cameroun (INSEE, 2022).
• Afrique du Sud : La fonction publique sud-africaine, avec un ratio de 1 fonctionnaire pour 35 habitants, affiche une structure centralisée avec des problèmes d’inefficacité similaires à ceux du Cameroun, notamment en matière de décentralisation (StatsSA, 2022).
III. Vers un Ratio Optimal pour une Fonction Publique Efficace au Cameroun : 1 Fonctionnaire pour 60 Habitants
Au vu des modèles internationaux, le MLDC propose de fixer un ratio de 1 fonctionnaire pour 60 habitants au Cameroun, permettant de répondre aux besoins d’efficacité administrative tout en allégeant les charges budgétaires. Ce ratio vise à favoriser un équilibre entre couverture administrative et efficience, et s’accompagne des mesures suivantes :
1. Réduction et Redistribution des Effectifs :
La réduction des effectifs dans les centres urbains pour une meilleure redistribution vers les communes rurales permettrait de répondre aux besoins locaux. En promouvant la décentralisation et en renforçant les capacités des communes, ce modèle assure une gouvernance plus proche des citoyens.
2. Recrutement Basé sur la Compétence et Formation Continue :
Inspiré par les modèles singapourien et chinois, le MLDC recommande une réforme des procédures de recrutement, priorisant la compétence et la transparence. La formation continue et l’évaluation de la performance doivent être intégrées pour renforcer les compétences et maintenir la qualité des services publics.
3. Encourager la Responsabilisation Locale et l’Autonomie des Communes :
La décentralisation doit s’accompagner d’une responsabilisation accrue des administrations locales, permettant à chaque commune d’adapter les politiques publiques à ses spécificités locales, ce qui est un pilier de l’État développementaliste communautaire.
IV. Conclusion : Une Réforme Nécessaire vers une Administration Efficiente
Pour améliorer la fonction publique camerounaise, une révision du ratio fonctionnaires/population s’impose, de 1 pour 85 actuellement à 1 pour 60, comme proposé par le MLDC. Ce changement, associé à des réformes de décentralisation, de recrutement et de formation, pourrait transformer l’administration publique en un levier essentiel du développement. En adoptant ce modèle d’État développementaliste communautaire, le Cameroun pourra mieux répondre aux attentes de sa population, promouvoir l’équité régionale et engager une dynamique de croissance inclusive.
Références
• Lee, H. (2019). Public Administration in Singapore: Lessons for Developing Countries. Singapore Journal of Public Policy.
• Ming, Z. (2021). Technocracy and Economic Development in China: A Case Study. Journal of East Asian Development.
• INSEE (2022). Les effectifs de la fonction publique en France. Paris: INSEE.
• StatsSA (2022). Public Sector Employment Data. South African Statistical Association.
• INS (2021). Statistiques de la fonction publique camerounaise. Yaoundé : Institut National de la Statistique.
Mots clés : Torture, ONU, Cameroun, Martinez Zogo, Longue Longue, Droits humains, Sécurité, Impunité, Violations, Réformes, Paul Biya, MLDC, Justice.
Le Comité des Nations Unies contre la torture (CAT) a entrepris un examen rigoureux du respect par le Cameroun de la Convention des Nations Unies contre la torture, à la lumière de récentes allégations d’abus et de mauvais traitements. Cet examen, inscrit dans le cadre de l’évaluation périodique du CAT, qui se déroule du 28 octobre au 22 novembre, évalue les mesures prises par six pays, dont le Cameroun, pour prévenir la torture et assurer le respect des normes internationales en matière de droits de l’homme.
Le Comité contre la torture des Nations Unies examine actuellement le Cameroun pour évaluer son respect de la Convention contre la torture, une convention internationale que le pays a ratifiée en 1986. Ce processus, qui s’inscrit dans une série de révisions périodiques, met le pays sous pression alors qu’il doit répondre aux graves accusations de torture, notamment dans le cadre d’affaires marquantes comme celles de Martinez Zogo et Longue Longue.
Contexte et objectif du Comité contre la torture
Le Comité contre la torture (CAT) est une instance composée d’experts indépendants, chargée de surveiller l’application de la Convention contre la torture dans les pays signataires. À travers des dialogues publics et des analyses de rapports étatiques, le comité vise à garantir que les États respectent leurs engagements en matière de prévention de la torture, d’investigation des abus, et de mise en place de mécanismes de justice et de réparation.
Les affaires Martinez Zogo et Longue Longue : un examen embarrassant
Les affaires de Martinez Zogo et Longue Longue sont au cœur de cette révision, mettant en lumière des allégations de torture qui embarrassent le Cameroun et suscitent l’indignation internationale.
Le journaliste Martinez Zogo
Martinez Zogo : Journaliste audacieux et populaire, Martinez Zogo était réputé pour ses enquêtes sur la corruption et les abus de pouvoir. Il a été retrouvé mort en janvier 2023, visiblement torturé avant d’être tué. Zogo avait été menacé à plusieurs reprises, notamment pour ses enquêtes mettant en cause des personnalités influentes. Les rapports d’autopsie ont confirmé des signes de torture, et l’affaire a rapidement pris une dimension internationale, soulevant des questions quant à l’implication présumée d’agents de sécurité. Son décès met en lumière les risques encourus par les journalistes et a suscité une demande d’explications de la part du Comité contre la torture.
Le musicien Longue Longue
Longue Longue : Le chanteur engagé Longue Longue, connu pour ses critiques contre le régime, a rapporté avoir été arrêté et torturé par des forces de sécurité. Son franc-parler lui aurait valu des intimidations et des abus visant à le faire taire, ce qui incarne la répression des voix dissidentes au Cameroun. Des témoins et des organisations de défense des droits de l’homme ont corroboré ces accusations, rappelant les pressions exercées pour dissuader l’expression publique d’opinions contraires aux intérêts de l’État.
Le Cameroun en zones de conflit : une situation inquiétante
En plus de ces affaires individuelles, le Comité a exprimé de profondes inquiétudes concernant la situation dans les régions de conflit, particulièrement dans les zones anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi que dans le cadre des opérations antiterroristes dans l’Extrême-Nord. Les témoignages font état de détentions arbitraires, de mauvais traitements, éxecutions extrajudiciaires par les forces de sécurité. Ces pratiques touchent souvent des individus perçus comme hostiles ou critiques à l’égard de l’État, intensifiant le sentiment d’insécurité et d’injustice au sein de ces populations.
Au-delà des individus : le régime de Paul Biya au tribunal de l’histoire
Ces affaires ne concernent pas seulement des abus isolés, mais elles traduisent des pratiques plus vastes qui, selon de nombreux observateurs, caractérisent le régime de Paul Biya, au pouvoir depuis plus de 40 ans. À travers cet examen, c’est le régime Biya qui se retrouve au tribunal de l’histoire. Ce contrôle international questionne non seulement la gestion des droits humains sous sa gouvernance mais aussi l’engagement du Cameroun à respecter ses obligations internationales.
Si le CAT conclut que le Cameroun manque à ses responsabilités, cela pourrait avoir de lourdes conséquences pour son image internationale. Une condamnation ou une réprimande officielle ternirait la réputation du Cameroun et pourrait affaiblir sa position diplomatique, compromettre des accords d’aide et renforcer les pressions pour des réformes internes.
Conséquences et attentes
Face à cette situation, le Comité contre la torture pourrait recommander des réformes concrètes, telles que l’adoption de nouvelles lois anti-torture, la création de mécanismes de surveillance indépendants pour encadrer les forces de sécurité, et des enquêtes exhaustives sur les cas d’abus signalés. À défaut de progrès, le Cameroun risquerait de s’isoler davantage sur la scène internationale, impactant ses relations diplomatiques et mettant en péril des partenariats vitaux.
Pour le MLDC c’est une opportunité de changement pour l’avenir
Pour le MLDC, cette révision constitue une occasion cruciale de démontrer un engagement à respecter les droits humains et de redorer son image sur le plan international. En s’efforçant de répondre aux préoccupations du CAT et en adoptant des réformes transparentes et responsables, le Cameroun pourrait restaurer la confiance de ses citoyens et montrer une volonté de changement face aux critiques. Ce contrôle du Comité contre la torture rappelle que l’histoire retiendra les actions de l’État et l’importance de protéger la dignité humaine, aujourd’hui et pour les générations futures.
Mots Clés:Prime de modernisation de la recherche-Enseignants-chercheurs-Infantilisation-Incompétence- Gouvernement-MLDC (Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun)-État développementaliste communautaire-Michael Apple-Paolo Freire-Michel Foucault-Modèle anglo-saxon–Paul Biya
Analyse du Pr Jimmy Yab, SG du MLDC
Le décret présidentiel n°2009/121 du 8 avril 2009, instituant une « prime pour la modernisation de la recherche » au Cameroun, avait initialement été salué comme une avancée majeure. Cette prime, destinée aux enseignants-chercheurs, visait à stimuler la recherche scientifique et à positionner le Cameroun comme un acteur compétitif dans la production de savoir. Cependant, quinze ans après cette annonce, l’absence de paiement effectif a révélé des failles profondes dans la gestion de cette promesse. Cette situation met en lumière une stratégie politique bien plus complexe, relevant autant de la manipulation et de l’incompétence que d’une volonté délibérée d’infantiliser le corps enseignant camerounais. Face à cette crise, le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) propose des solutions fondées sur les principes d’un État développementaliste communautaire et inspirées des meilleures pratiques de l’éducation universelle pour rétablir la dignité des enseignants.
1. Manipulation et incompétence : une promesse non tenue pour décourager l’excellence académique
Dès l’introduction de la prime, les autorités camerounaises ont présenté cette initiative comme une réponse aux besoins urgents de financement de la recherche. Cependant, le paiement a été retardé année après année, sous des prétextes administratifs qui masquent une incapacité chronique à gérer efficacement le secteur éducatif. Les enseignants-chercheurs, malgré leur engagement et leurs sacrifices, se trouvent démunis face à des institutions qui manquent de transparence et de responsabilité.
Dans son ouvrage The State and Higher Education, Michael Apple (2000) souligne que « les systèmes éducatifs en crise reflètent souvent une crise de l’État lui-même, où l’incapacité à respecter les engagements sociaux traduit un échec de la gouvernance ». Cette observation s’applique pleinement au Cameroun, où l’incapacité à payer la prime de modernisation de la recherche illustre le dysfonctionnement d’un État qui, en sous-estimant le secteur éducatif, compromet son propre développement.
Le MLDC estime que la première étape pour redresser cette situation est la mise en place d’un système transparent et indépendant de gestion des fonds pour l’éducation et la recherche. Inspiré des pratiques de transparence financière anglo-saxonnes, le MLDC propose de créer un Fonds national pour la modernisation de la recherche, administré par un conseil incluant des représentants des enseignants, des experts financiers, et des membres de la société civile. Ce fonds serait entièrement dédié aux primes et financements de recherche, et ses comptes publiés annuellement pour assurer un suivi citoyen et réduire les risques de détournement.
2. L’infantilisation des enseignants : une stratégie de contrôle politique
La crise actuelle dépasse la simple question de l’incompétence. Pour de nombreux observateurs, le refus de payer cette prime traduit une politique de dépendance et de soumission, destinée à maintenir les enseignants dans une position d’infériorité. En refusant d’assurer aux enseignants des droits économiques garantis, le gouvernement semble s’assurer que le corps académique reste « en attente » de la bonne volonté de l’État. Comme le soutient Paolo Freire dans Pedagogy of the Oppressed (1970), « la privation de droits économiques équivaut à une privation de dignité, et un groupe privé de sa dignité est plus facile à dominer ». Au Cameroun, cette approche crée une culture de dépendance et de résignation chez les enseignants, les empêchant de contester ouvertement les décisions du pouvoir.
Le MLDC considère qu’une éducation émancipatrice est un élément fondamental d’un État développementaliste. Pour rompre avec cette dynamique d’infantilisation, il est nécessaire de garantir aux enseignants non seulement une rémunération équitable, mais également une autonomie financière. Inspiré des systèmes anglo-saxons, où les universités disposent d’une forte indépendance budgétaire et académique, le MLDC propose la création d’un système de financement décentralisé, où chaque université camerounaise serait responsable de gérer ses propres ressources pour rémunérer ses enseignants et financer ses projets de recherche. Cette approche permettrait aux institutions d’enseignement supérieur de négocier directement avec le gouvernement les subventions nécessaires, offrant ainsi aux enseignants une plus grande sécurité financière et une indépendance vis-à-vis des caprices de l’État central.
3. Le maintien dans une dépendance économique : une stratégie de domination symbolique
Au-delà de la privation économique, cette prime impayée symbolise une stratégie politique de domination. En gardant les enseignants dans un état de précarité économique, le gouvernement les place dans une situation de vulnérabilité permanente, freinant toute velléité d’opposition. Comme le décrit Michel Foucault dans Surveiller et punir (1975), « la précarité économique est une technique de contrôle, car elle déstabilise psychologiquement les individus, les empêchant d’organiser une résistance collective efficace ». Les enseignants, censés être des vecteurs de savoir et de pensée critique, se retrouvent donc économiquement dépendants d’un gouvernement qui peut, selon son bon vouloir, choisir de respecter ou non ses engagements.
Le MLDC est convaincu que l’indépendance financière et intellectuelle des enseignants est cruciale pour garantir un système éducatif sain et résilient. Inspiré par les universités britanniques et américaines, où le financement de la recherche repose sur un mélange de fonds publics, de mécénat et de contributions privées, le MLDC propose de créer des partenariats public-privé pour la recherche au Cameroun. Ces partenariats permettraient de diversifier les sources de financement de la recherche académique, offrant aux enseignants un accès plus large aux ressources, tout en réduisant la dépendance des institutions académiques vis-à-vis du budget étatique. En parallèle, un Conseil des enseignants-chercheurs, indépendant du gouvernement, serait créé pour assurer un suivi des financements et proposer des projets de recherche d’intérêt national.
Les propositions du MLDC : un modèle éducatif inspiré du système anglo-saxon
Le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) est conscient que le développement du Cameroun passe par une réforme en profondeur de son système éducatif. Inspiré par les modèles anglo-saxons, le MLDC propose les solutions suivantes pour revaloriser durablement le corps enseignant :
1. Établissement d’une autonomie académique et financière pour les universités : En suivant le modèle britannique, où les universités bénéficient d’une grande liberté administrative et budgétaire, chaque établissement au Cameroun disposerait d’un budget indépendant et d’un pouvoir décisionnel autonome. Cela permettrait de garantir une gestion efficiente des fonds de recherche et des primes des enseignants.
2. Création d’un Institut de Formation Permanente pour les Enseignants : Inspiré des programmes de formation continue anglo-saxons, cet institut permettrait aux enseignants camerounais d’accéder à des formations de pointe, financées par l’État et par des partenaires privés, pour adapter leurs compétences aux évolutions de la recherche et des pratiques pédagogiques.
3. Développement d’un système de financement mixte de la recherche : Le MLDC propose d’ouvrir le financement de la recherche aux contributions privées et aux dons d’entreprises, comme c’est le cas dans les universités américaines. Cela permettrait de diversifier les sources de financement, d’encourager les projets innovants, et d’atténuer la dépendance des universités à l’égard du budget étatique.
4. Création d’un Conseil National de la Recherche et de l’Éducation : À l’image du Higher Education Funding Council du Royaume-Uni, cet organe indépendant surveillerait l’allocation des financements dans le domaine éducatif, assurant ainsi transparence et équité dans la répartition des fonds destinés à la recherche et aux enseignants.
5. Mise en place d’une Charte de la Dignité Enseignante : Inspirée des chartes éthiques anglo-saxonnes, cette charte garantirait aux enseignants des droits économiques et sociaux fondamentaux, reconnaissant leur rôle crucial dans le développement de la société camerounaise.
En somme, pour le MLDC, l’amélioration du système éducatif camerounais passe par la mise en place de politiques transparentes, l’autonomisation des universités et le respect des droits des enseignants. En s’inspirant des modèles anglo-saxons et en instaurant des réformes profondes, le Cameroun peut non seulement rendre justice à ses enseignants, mais aussi bâtir une société plus prospère et plus juste. Le MLDC est résolu à mener ces réformes pour que le Cameroun devienne un État développementaliste communautaire, où chaque acteur du savoir est respecté et valorisé dans sa contribution à l’édification nationale.
Je disais déjà à l’époque dans l’émission Hutu Africa de Stéphane Mbarga à Info TV que:
IL FAUT REMPLACER TOUS LES DEPUTES ET MAIRES RDPC EN 2025-2026, C’EST UN IMPERATIF CITOYEN POUR NOUS ET LES FUTURES GENERATIONS
Lorsqu’un pays est gouverné pendant des décennies par de mauvaises lois, il en résulte inévitablement des conséquences désastreuses. D’une part, on forme des citoyens qui manquent de compétences et d’initiative. D’autre part, on crée des individus qui, moralement, perdent leurs repères et se retrouvent dans des comportements nuisibles, souvent contraires aux valeurs de bienveillance, de solidarité et d’intégrité.
Pr Jimmy Yab à Info TV
Le problème du Cameroun ne se limite pas à la personne de Paul Biya. Il réside également dans un système entier qui favorise des pratiques et des structures inefficaces, notamment à travers :
1. Les députés du RDPC qui votent des lois inadaptées aux réalités et aux besoins de notre société, renforçant ainsi des normes qui freinent le progrès.
2. Les maires RDPC qui, pour beaucoup, font preuve d’incompétence et d’arrogance, éloignant ainsi l’administration des préoccupations et du bien-être des populations locales.
Ce cadre, qui se perpétue depuis des années, a engendré une partie de notre jeunesse qui manque de repères et de perspectives positives, et qui, parfois, sombre dans des comportements contraires à l’éthique et aux valeurs citoyennes. Pour réformer ce pays, nous devons non seulement transformer les institutions, mais aussi insuffler un nouveau sens des responsabilités et de l’engagement, afin de bâtir une société où les citoyens sont compétents, éthiques et guidés par des valeurs solides.
Cette vidéo met en évidence l’impact des mauvaises pratiques politiques sur la société camerounaise et la nécessité d’un changement en profondeur pour rétablir une gouvernance basée sur des valeurs solides et une administration compétente.
Dans une cérémonie d’investiture haut en couleur le 8 Novembre 2024 et un tournant politique historique, le Botswana a vu l’élection de Duma Boko, jeune président de 54 ans, qui incarne le changement tant attendu par les citoyens. En s’appuyant sur l’Umbrella for Democratic Change (UDC), une coalition unissant le Botswana National Front et l’Alliance for Progressives, Boko a réussi à renverser le parti au pouvoir après 58 ans de domination. Ce succès est un témoignage de la force d’une coalition qui place le bien-être des citoyens au centre de son programme, avec des promesses concrètes pour relever le niveau de vie de la population.
Lors de son investiture à Gaborone, Boko, acclamé par des milliers de citoyens enthousiastes, a souligné l’importance de l’unité et du changement. « C’est l’un des moments les plus rares de notre histoire — une démonstration de la puissance du peuple lorsqu’il s’unit pour un objectif commun », a-t-il déclaré. Son premier discours a mis en avant les valeurs de respect et de coopération, même envers son prédécesseur, Mokgweetsi Masisi, qui a permis une transition pacifique.
Le MLDC : Une Alternative de Changement pour le Cameroun
Inspiré par l’exemple botswanais, le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) se positionne pour les élections de 2025 avec une vision similaire de coalition et de transformation sociale. Conscient que seul un programme populaire et inclusif peut battre le RDPC, parti au pouvoir depuis des décennies, le MLDC propose une coalition large qui réunit les jeunes, les femmes et diverses forces politiques autour d’un objectif commun : améliorer les conditions de vie des Camerounais. Le MLDC est convaincu que seul un mouvement inclusif et solidaire, soutenu par un programme axé sur le bien-être des citoyens, peut apporter l’alternance dont le pays a besoin.
Un Programme pour Élever le Niveau de Vie des Populations
Duma Boko et la coalition UDC ont su capter l’attention des Botswanais avec des engagements concrets : un salaire minimum de 4 000 pulas (302 dollars), des allocations de chômage, des aides pour les personnes âgées, et la création de nouvelles entreprises. Ces mesures répondent directement aux besoins des citoyens, alors que le chômage au Botswana est monté à 27,6 % en 2024. Ce programme pragmatique et orienté vers le développement social a été un facteur clé dans la victoire de l’UDC.
Le MLDC, de son côté, s’engage également à améliorer le niveau de vie des Camerounais, avec des propositions pour lutter contre le chômage, optimiser les services publics, et offrir un accès équitable à l’éducation et à la santé. En mettant l’accent sur une gestion efficace et transparente des fonds publics, le MLDC promet de recentrer les politiques nationales sur les besoins essentiels du peuple, un impératif pour créer un changement durable.
Optimiser les Ressources Nationales pour le Développement
Un autre aspect décisif de la victoire de l’UDC au Botswana est son engagement à renégocier les accords avec De Beers pour maximiser les bénéfices des ressources en diamants, qui constituent 80 % des exportations du pays. En s’inspirant de cette approche, le MLDC au Cameroun propose de réformer la gestion des ressources naturelles telles que le pétrole et le bois, afin d’augmenter les revenus nationaux et de soutenir l’économie locale par la création d’emplois durables.
Un Modèle pour l’Afrique et un Espoir de Transition pour le Cameroun
Le succès de la coalition UDC montre qu’une opposition unie et portée par un programme de progrès social peut triompher même face à un parti historiquement puissant. Cela représente un modèle inspirant pour le Cameroun, où le MLDC se prépare à une campagne historique pour 2025.
En rassemblant les forces populaires et en promouvant un programme qui place le bien-être des Camerounais au premier plan, le MLDC espère encourager la reproduction de ce succès botswanais au Cameroun.
Mots Clés: Bible, David, Salomon, Josias, Ezechiel, Choniques, Rois, Ancien Testament, Chrétiens, Catholiques
Le ministre du Commerce du Cameroun a récemment déclaré que « ne pas soutenir Paul Biya, c’est défier Dieu qui l’a choisi ». En utilisant la Bible comme référence pour justifier le règne prolongé d’un dirigeant, il oublie un point fondamental : les rois choisis par Dieu dans les Écritures ont régné non pour leur propre pouvoir, mais pour assurer prospérité, paix et justice à leurs peuples. Ils ont travaillé pour le bien-être matériel et spirituel de leur nation, et, quand le moment était venu, ils ont cédé leur place pour que la prospérité se perpétue.
Contrairement à ces exemples bibliques de rois bénis et justes, le Cameroun vit aujourd’hui une réalité bien différente sous le régime de Paul Biya, au pouvoir depuis 1982. Il est crucial de se demander : le règne de Biya reflète-t-il cette mission divine de prospérité et de justice, ou plonge-t-il au contraire la jeunesse camerounaise dans la misère et le désespoir ? Regardons ensemble ce que la Bible nous enseigne sur la gouvernance divine et confrontons cela à la réalité que vit la jeunesse camerounaise aujourd’hui. Dans les besoins de clarté dans la recherche, j’ai assumé que le Dieu dont parle le Ministre du commerce est le Dieu Chrétien, car Paul Biya est chrétien catholique.
La prospérité économique des rois choisis par Dieu : Exemples bibliques
Dans les Écritures, plusieurs rois choisis par Dieu ont conduit leur peuple à des époques de prospérité exceptionnelle. Leur règne est marqué par une économie florissante, la sécurité et le bien-être de leurs sujets.
David : Un règne béni de paix et de prospérité
Le roi David, choisi par Dieu, est un exemple de dirigeant ayant mis la sécurité et la prospérité de son peuple au premier plan. En sécurisant les frontières d’Israël par des conquêtes judicieuses, il a permis à la nation d’atteindre une stabilité sans précédent. Son règne est décrit comme une période de richesse et de gloire.
Dans 1 Chroniques 29:28, il est dit de lui : « Il mourut dans une heureuse vieillesse, rassasié de jours, de richesses et de gloire » (Louis Segond). Cette prospérité n’était pas que personnelle ; elle s’étendait à tout Israël, car David gouvernait pour le bien de ses sujets. Son règne offrait une stabilité sociale qui permettait à chaque famille de vivre en paix, de cultiver ses terres et d’élever ses enfants dans un environnement prospère.
Salomon : La sagesse et l’abondance pour le bien du peuple
Le règne de Salomon, fils de David, est sans doute l’apogée de la prospérité d’Israël. Connu pour sa sagesse divine, Salomon a instauré un âge d’or pour son peuple. Dès le début de son règne, il demanda à Dieu non pas des richesses, mais la sagesse nécessaire pour gouverner son peuple avec justice. En retour, Dieu le bénit abondamment, lui accordant sagesse, richesse et renommée.
1 Rois 10:23-24 décrit l’opulence de son règne : « Le roi Salomon fut plus grand que tous les rois de la terre par les richesses et par la sagesse. Et tout le monde cherchait à voir Salomon, pour entendre la sagesse que Dieu avait mise dans son cœur. » Grâce à son intelligence et à ses alliances commerciales, il multiplia les ressources de son royaume, construisit le Temple de Jérusalem et favorisa le commerce avec des nations lointaines.
1 Rois 4:25 témoigne de la paix sous son règne : « Juda et Israël, depuis Dan jusqu’à Beer-Schéba, habitèrent en sécurité, chacun sous sa vigne et sous son figuier, tout le temps de Salomon. » Cette image d’abondance et de sécurité est éloquente : sous Salomon, chaque citoyen pouvait bénéficier des fruits de son travail, sans craindre les guerres ou l’oppression. Salomon incarne un roi qui, par sa sagesse, assure le bonheur de ses sujets, une prospérité dans laquelle chaque génération a sa part.
Josias : Un règne de justice et de réforme
Le roi Josias est un autre exemple de roi fidèle et réformateur, qui a restauré le respect des lois divines et apporté la prospérité spirituelle et matérielle à son peuple. Josias entreprit une réforme religieuse majeure en détruisant les idoles et en redirigeant son peuple vers Dieu, assurant ainsi une cohésion et une prospérité nationale.
2 Chroniques 34:33 rapporte : « Josias fit disparaître toutes les abominations de tous les pays qui appartenaient aux enfants d’Israël, et il obligea tous ceux qui se trouvaient en Israël à servir l’Éternel, leur Dieu. Pendant toute sa vie, ils ne se détournèrent point de l’Éternel, le Dieu de leurs pères. » Par son dévouement envers Dieu et la justice, Josias renforça le sentiment de communauté et la prospérité matérielle d’Israël, une condition indispensable à la paix et au bien-être de son peuple.
Ezéchias : Sécurité et développement pour le peuple
Le roi Ezéchias est également reconnu pour avoir mis en place des réformes qui ont garanti la sécurité et l’abondance pour Israël. Il renforça les infrastructures, notamment en construisant un aqueduc pour assurer un approvisionnement en eau stable à Jérusalem, prouvant qu’il mettait les besoins de son peuple au premier plan.
2 Chroniques 32:27-29 témoigne de sa réussite : « Ezéchias eut beaucoup de richesses et de gloire. Il se fit des trésors d’argent, d’or, de pierres précieuses, d’aromates, de boucliers, et de tous les objets précieux ; des magasins pour les récoltes de blé, de moût et d’huile, des crèches pour toutes sortes de bêtes, et des troupeaux pour les étables. » Grâce à sa gestion habile, Ezéchias garantit une prospérité durable qui permit à son peuple de prospérer même en temps de difficultés.
La jeunesse camerounaise sacrifiée
Quand on compare ces exemples bibliques aux réalités actuelles du Cameroun, la différence est frappante. Sous Paul Biya, qui est au pouvoir depuis plus de quatre décennies, le Cameroun ne connaît ni la prospérité, ni la paix promises par les exemples de la Bible. Au contraire, la jeunesse camerounaise endure le chômage, la pauvreté, et le manque d’opportunités. Alors que les rois bibliques laissaient un héritage de sécurité et de bien-être pour les générations futures, les jeunes Camerounais se sentent sacrifiés, réduits à l’exil économique et à la survie dans leur propre pays.
La crise anglophone, le manque d’emplois, l’instabilité économique, et la mauvaise gouvernance montrent que ce régime n’a pas su reproduire la justice et la prospérité qu’un roi choisi par Dieu doit apporter à son peuple. La jeunesse camerounaise est témoin de cette situation et crie sa détresse, elle qui voit les années passer sans perspective d’amélioration.
Conclusion : le vrai leadership selon la Bible
La Bible nous enseigne que les rois choisis par Dieu gouvernaient pour le bien de leurs peuples, en assurant leur prospérité matérielle et spirituelle. Ils n’hésitaient pas à céder leur place quand leur mission était accomplie, permettant à de nouveaux dirigeants d’apporter renouveau et espoir. Comparer ces exemples sacrés au Cameroun actuel révèle une gouvernance bien éloignée des valeurs de justice et d’amour du prochain.
S. Em. Mgr Mbarga, vous qui êtes homme d’Église, rappelez à votre homonyme, le ministre du Commerce, que s’appuyer sur la Bible pour défendre un règne sans prospérité et sans justice est une déformation des enseignements sacrés. Dieu choisit des rois pour le bien de leur peuple, et non pour le pouvoir personnel.
Nouvelle génération de leadership politique camerounais
Le 6 novembre dernier, date commémorative de l’accession au pouvoir du président camerounais Paul Biya en 1982, le ministre du Commerce a déclaré que ne pas soutenir Biya équivaudrait à « défier Dieu qui l’a choisi. » Cette affirmation, bien que provocante, soulève de sérieuses questions sur la démocratie, la responsabilité politique et les aspirations de la nouvelle génération. L’idée que s’opposer à un dirigeant est contraire à la volonté divine est non seulement contestable, mais aussi dangereuse pour l’avenir d’une nation. Cet article démontre pourquoi une telle déclaration est à la fois injuste et irresponsable, et comment elle prive la jeunesse camerounaise de son droit de participer activement à l’avenir de son pays.
Une déclaration injuste pour la nouvelle génération
L’affirmation du ministre du Commerce s’inscrit dans une vision figée de la gouvernance, où la continuité au pouvoir est vue comme un devoir sacré, indépendamment de l’aspiration des jeunes générations à participer aux décisions politiques. La jeunesse camerounaise, comme toute génération montante, souhaite s’investir pour construire son avenir, apporter des solutions aux défis actuels, et participer au développement de son pays. Restreindre cet élan sous prétexte d’une « volonté divine » fige le destin du Cameroun et étouffe le potentiel d’innovation et de progrès dont la nouvelle génération est porteuse.
Chaque génération a le droit de gouverner. L’histoire montre que des sociétés prospères et durables reposent sur une transmission du pouvoir aux nouvelles générations, porteuses de nouvelles idées et mieux adaptées aux enjeux actuels. Imposer un dirigeant de façon perpétuelle, au nom d’une légitimité divine ou supposée, va à l’encontre des principes fondamentaux de la démocratie et empêche l’émergence de nouveaux leaders.
Une affirmation égoïste et irresponsable
L’idée que Paul Biya est un dirigeant « choisi par Dieu » relève d’une vision politique égoïste qui évite de considérer la volonté des citoyens. Une telle déclaration sert avant tout les intérêts de ceux qui bénéficient du système actuel et cherchent à maintenir le statu quo. Cette position dénote une volonté d’exclure toute alternative politique, de décourager le débat et d’éloigner la jeunesse des instances de décision. Elle crée un fossé profond entre les dirigeants et la population, qui voit ses aspirations négligées.
Le Cameroun est actuellement confronté à des crises profondes, notamment la crise anglophone dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NOSO), qui a divisé le pays et généré des souffrances incommensurables. Depuis des années, le gouvernement est dans l’incapacité de résoudre ce conflit qui mine la cohésion nationale et la paix sociale. En ancrant l’idée que Biya est le seul et unique dirigeant légitime, cette affirmation détourne l’attention des problèmes réels et des inégalités qui persistent dans le pays.
Une déclaration dangereuse pour la stabilité du Cameroun
Lier le pouvoir politique à une notion divine limite les possibilités de changement pacifique et peut inciter à la violence en cas de crise. En suggérant que toute opposition est illégitime, voire sacrilège, on crée un environnement de défiance et de radicalisation. Au lieu de promouvoir un climat d’échange et de consensus, cette idée creuse encore davantage le fossé entre les gouvernants et les gouvernés, et rend la transition politique de plus en plus incertaine.
Au lieu de préserver la paix et la stabilité, cette rhétorique augmente les tensions. La jeunesse camerounaise se sent exclue des processus de décision, ce qui peut exacerber les frustrations et fragiliser la cohésion nationale. Un Cameroun fort est un Cameroun qui valorise les contributions de chaque génération et qui permet à la jeunesse de s’impliquer activement dans la construction de l’avenir.
Conclusion : une honte pour le ministre du Commerce
Le ministre du Commerce devrait se soucier davantage de l’avenir du Cameroun que de ses intérêts personnels. Pousser un homme de 92 ans à tenir les rênes d’une nation qu’il peine à maîtriser est non seulement injuste pour Paul Biya lui-même, mais aussi pour toute la société. Le pays est en attente d’un renouveau, d’une vision portée par des dirigeants en phase avec les réalités contemporaines et les aspirations de la jeunesse.
Il est temps de promouvoir une alternance politique saine et d’encourager des leaders qui répondent aux besoins réels du pays. La jeunesse camerounaise a le droit de rêver d’un avenir meilleur et de s’engager pour y parvenir. Le devoir de chaque dirigeant, au lieu de maintenir un pouvoir personnel sous le couvert d’une légitimité divine, est de préparer le terrain pour une nouvelle génération capable d’assurer la pérennité et la prospérité de la nation.
La récente ferveur autour du clip VIVIANE (Remix) de PRINCE AIMÉ, featuring Maahlox Le Vibeur, Magasco, Lili Anoma, et Thérapie, a démontré une puissance mobilisatrice inattendue chez la jeunesse camerounaise. En seulement deux jours, le clip a atteint 4,3 millions de vues sur YouTube, attestant de l’engagement massif des jeunes. Cette énergie, déployée autour de l’univers musical, peut-elle se transposer aux prochaines élections présidentielles de 2025 ?
Pour beaucoup d’observateurs, cette mobilisation pour un clip musical révèle une jeunesse active, passionnée et capable de se rassembler autour d’objectifs communs. Il est désormais crucial d’orienter cette même dynamique vers les enjeux politiques du pays, notamment la présidentielle de 2025, où chaque voix comptera pour l’avenir du Cameroun.
1. Un besoin de changement qui appelle à l’engagement citoyen
À travers leurs millions de vues et de partages, les jeunes camerounais expriment un désir de reconnaissance et de représentation. Ils veulent être acteurs de leur société, prendre part aux décisions et se sentir concernés par les choix politiques de leur pays. Cette génération, largement connectée et influencée par les réseaux sociaux, ne se contente plus d’un rôle passif. Dans le contexte des élections, cette jeunesse pourrait être le moteur d’un réel changement politique, en apportant sa voix à des projets et des candidats qui répondent à ses aspirations.
2. L’impact des réseaux sociaux et l’accès à l’information
Comme en témoigne le succès fulgurant du clip VIVIANE (Remix), les réseaux sociaux jouent un rôle majeur dans la sensibilisation et la mobilisation des jeunes Camerounais. Ces plateformes sont de puissants outils de communication et d’organisation, rendant chaque information instantanément accessible. Pour les élections, ces mêmes réseaux pourraient devenir le canal de prédilection pour les débats, les campagnes et les appels au vote, offrant à chaque jeune la possibilité d’exercer une influence concrète sur l’avenir du Cameroun.
3. Un engagement artistique comme modèle de rassemblement politique
La scène musicale et artistique du Cameroun inspire et rassemble massivement la jeunesse. Les artistes incarnent souvent les valeurs et les idéaux qui résonnent avec les aspirations de cette génération. À l’image de leur soutien pour le clip VIVIANE (Remix), les jeunes pourraient soutenir des projets politiques qui leur parlent, qui comprennent leurs réalités et qui promettent des solutions tangibles. Les élections de 2025 sont ainsi une opportunité pour eux de prolonger cette logique d’engagement artistique vers un engagement civique.
4. L’importance des enjeux socio-économiques et de la vision d’avenir
En 2025, les attentes sont grandes, et la jeunesse camerounaise est de plus en plus consciente des défis sociaux et économiques auxquels elle fait face : chômage, difficultés d’accès à l’éducation et à la santé, et manque d’opportunités pour un avenir stable. Ce contexte pourrait inciter cette jeunesse à se mobiliser en masse, espérant trouver des solutions dans un choix de leaders politiques susceptibles de transformer positivement le Cameroun. Leur engagement ne serait donc pas une simple formalité mais bien une décision porteuse d’avenir pour eux-mêmes et pour les générations futures.
5. Une génération qui veut réinventer la politique camerounaise
À l’heure où les jeunes se sont massivement mobilisés pour VIVIANE (Remix), le Cameroun se trouve à un carrefour décisif. Les élections de 2025 représentent une occasion unique pour que cette génération s’affirme en tant qu’acteur principal du destin de son pays. La mobilisation autour de cette échéance pourrait être l’occasion pour les jeunes Camerounais de réinventer la politique, de revendiquer leur droit à un avenir meilleur, et de manifester leur volonté de prendre les rênes de leur propre histoire.
L’enthousiasme des jeunes pour le clip VIVIANE (Remix) est un signe clair que cette génération est prête à se mobiliser quand elle se sent concernée et inspirée. Aux acteurs politiques de capter cette énergie et d’inviter les jeunes à transformer leur passion en votes et en engagement pour les élections présidentielles de 2025. Ce serait là le vrai remix : un Cameroun où la jeunesse trouve enfin sa place dans l’arène politique, façonnant l’avenir de leur nation avec la même ardeur qu’ils ont pour leur culture.
De gauche à droite: Obiang père et fils et Engonga Edjo’o et son fils Balthazar
Un scandale de grande ampleur secoue actuellement la Guinée équatoriale. Des centaines de vidéos intimes, mettant en scène Baltasar Ebang Engonga, le chef de l’administration fiscale du pays et membre de la puissante famille Obiang, ont été divulguées sur les réseaux sociaux. Ces vidéos montrent Engonga, surnommé “Bello”, engagé dans des actes sexuels avec des épouses et des filles de ministres, de généraux et de hauts fonctionnaires. Les images, parfois tournées dans son propre bureau avec le drapeau national en arrière-plan, révèlent un réseau complexe mêlant sexe, pouvoir et rivalités politiques.
Qui est Baltasar Ebang Engonga ?
Baltasar Ebang Engonga, connu sous le nom de Bello, le directeur de l’administration fiscale de la Guinée équatoriale
Baltasar Ebang Engonga, fils de Baltasar Engonga Edjo’o, président de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), et arrière-neveu du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, occupe une place de choix au sein de l’élite dirigeante équato-guinéenne. Il est chargé de la gestion de l’administration fiscale, une position clé qui l’a rendu puissant et influent. Connu pour son charisme et sa beauté, Engonga était perçu comme une figure montante et potentiellement un successeur du président Obiang, rivalisant ainsi avec le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue, alias Teodorín, le fils du président.
Transferts d’Argent Suspects et Détournements de Fonds Publics
Le président de la Commission CEMAC, Baltasar Engonga Edjo’o à Paris, le 27 novembre 2023
Le scandale sexuel n’est pas le seul élément accablant contre Engonga. Il est également accusé de détournements de fonds publics, ayant effectué des transferts suspects depuis les comptes de l’État vers des comptes privés aux îles Caïmans. En octobre, Teodorín, cherchant à affaiblir son rival politique, a lancé une enquête officielle sur ces transferts douteux. Cette enquête a conduit à l’arrestation de Bello, actuellement détenu dans la prison de Black Beach, tristement célèbre pour ses conditions de détention. Lors de son arrestation, ses téléphones et ordinateurs ont été saisis, révélant plus de 400 vidéos compromettantes.
Des Répercussions au Sein de l’Élite et de la CEMAC
Immeuble siège la CEMAC à Bangui
L’onde de choc provoquée par cette affaire pourrait aller au-delà des frontières de la Guinée équatoriale, en atteignant des personnalités de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Le père de Bello, Baltasar Engonga Edjo’o, se trouve maintenant dans une position délicate, convoqué à Malabo pour répondre des agissements de son fils. La famille Obiang, connue pour son contrôle strict des affaires politiques et économiques, semble déterminée à utiliser ce scandale pour réaffirmer son autorité.
Teodorín Obiang : Opportunité de Consolidation du Pouvoir
Le President de la Guinée Équatoriale Teodoro Obiang Nguema Mbasogo
Teodorín a rapidement saisi cette occasion pour renforcer son contrôle sur l’appareil d’État et affaiblir ses concurrents potentiels. Le vice-président a pris des mesures drastiques, organisant des réunions de crise avec les proches des personnes impliquées dans les vidéos. Des figures influentes, telles que Jesús Edu Moto Mangue, superviseur de la sécurité présidentielle, et Nicolás Obama Nchama, ministre de la sécurité publique, ont été citées. Par ailleurs, Teodorín a déclaré que « les relations sexuelles sont interdites dans les bureaux », ajoutant que des sanctions sévères seraient appliquées.
Un Scandale aux Implications Internationales
La dimension internationale du scandale est également notable. Marisa Nlang Engonga Esono, sœur de Bello, qui travaille à l’UNESCO à Paris, pourrait être affectée par les répercussions de cette affaire. Ce scandale met également en lumière les jeux de pouvoir au sein de la famille Obiang et les tentatives de Teodorín pour éliminer les concurrents qui pourraient contester sa succession à la présidence.
Vers un Nettoyage de la Maison Obiang ?
Teodoro Nguema Obiang Mangue, dit Teodorín, vice-président de Guinée équatoriale et fils du chef de l’État
Ce scandale pourrait marquer un tournant dans l’histoire politique de la Guinée équatoriale. Les révélations sur les pratiques de détournement de fonds et les relations sexuelles impliquant des figures de l’élite suscitent de nombreuses questions sur la gestion des finances publiques et l’éthique au sommet de l’État. Teodorín semble bien décidé à tirer parti de la situation pour renforcer son emprise sur le pouvoir, peut-être en vue de succéder à son père, au pouvoir depuis 1982.
En Guinée équatoriale, où le pouvoir se transmet souvent de manière héréditaire, cette affaire révèle l’ampleur de la corruption et des luttes intestines qui minent l’administration. Reste à savoir si Teodorín pourra capitaliser sur ce scandale pour consolider son ascension, ou si d’autres révélations viendront ébranler davantage la famille Obiang.
I recently visited MARWELL ZOO IN ENGLAND with my family and while I was watching the giraffes, one question comes to my mind: Is the Lion Truly the King of the jungle?
The lion has long been celebrated as the “king of the jungle” or even “king of the forest,” a title that conjures images of unrivaled strength, majesty, and dominance. But how accurate is this label? In reality, the lion’s kingdom is not the forest or jungle but rather the savannas, grasslands, and open plains of Africa. Exploring the lion’s actual habitat, behavioral traits, and ecological relationships reveals that its “royal” title may not fully reflect its role in the natural world. Here, we challenge the traditional notion of the lion as the king of the forest.
The Lion’s Habitat: Not the Forest, Not the Jungle
To begin with, lions don’t inhabit forests or jungles in the sense people often imagine. Lions are primarily found in Africa’s grasslands and savannas, open spaces that allow them to hunt in prides and utilize their strength and coordination. The misconception that they dwell in jungles likely arose from the title “king of the jungle,” which seems to be a misinterpretation based on a lack of knowledge about their true habitats.
In actual forests, lions would not be well-adapted hunters. Forests are dense, shadowy environments where solitary predators, such as tigers and leopards, excel due to their ability to blend into the shadows and stalk prey with stealth. By contrast, lions rely on open plains, where their cooperative hunting strategies and powerful physiques are advantageous.
Royal Status: Dominance in the Animal Kingdom?
The notion of the lion as “king” of the animal kingdom is also worth challenging. While lions are apex predators, they are not the most powerful or even the most successful hunters in their ecosystems. Lions have hunting success rates of about 25% to 30%, a figure lower than that of solitary hunters like leopards and cheetahs, who operate with greater stealth. Further, a lion’s hunting prowess is typically bolstered by teamwork in prides, meaning that even their strength is largely reliant on collaboration rather than individual dominance.
Additionally, lions often scavenge from other animals, including hyenas. Despite popular portrayals of lions as the noble lords of the savanna, they regularly engage in competitive scavenging. In some cases, lions even steal kills from smaller predators or scavenge carrion left by other animals, blurring the line between apex predator and opportunistic scavenger.
Rival Kings in the Animal Kingdom
Jimmy Yab at Marvell zoo in England
When evaluating the title of “king” based on dominance within an ecosystem, other animals could be equally, if not more, deserving of this title. Elephants, for example, are not only physically larger and more powerful than lions but also play a significant ecological role in shaping the environment. Through their behavior—uprooting trees, creating water sources, and spreading seeds—elephants have a profound impact on the ecosystems they inhabit, thus exercising a form of natural governance and influence unmatched by any lion.
Other animals also display unique traits that contribute to their own “kingly” status. Tigers, for instance, dominate the jungles of Asia and have been observed taking down prey larger than themselves, even in dense forests. Their solitary and stealthy approach allows them to reign in an environment where lions would struggle to survive.
Social Structure: Kings Without Kingdoms?
Lions’ social structures, centered around prides, also differ from the hierarchical, centralized image we often associate with kingship. In a pride, there is no absolute, unchallenged ruler. Male lions frequently compete for dominance, often through violent confrontations. A “king” lion may only hold his position temporarily until he is challenged and replaced by a younger or stronger male. This turnover of “kings” within prides contrasts with the traditional idea of a stable monarchy, where a king reigns until death or abdication. Instead, lions’ dominance is transient, a survival strategy rather than a birthright or inherent rule.
The Lion’s Symbolic Value
Much of the lion’s “royal” status comes from symbolic associations in human culture, rather than the animal’s natural behaviors. Across many societies, lions have symbolized strength, courage, and authority, traits idealized by humans. From the roaring lions depicted on heraldry and royal crests to religious and cultural iconography, the lion has been positioned as a symbol of nobility and majesty. This symbolism, however, is largely a human construct, one that overlooks the complex realities of lion behavior and ecology.
In recent years, popular culture has cemented the image of the lion as royalty, thanks to stories such as The Lion King, which portrays lions as moral and wise rulers of the animal world. This narrative, while inspiring, romanticizes the lion’s actual place in the ecosystem and promotes an oversimplified view of its role.
Conclusion: The Complexity of the Natural World
So, is the lion truly the king of the forest? Not really. The title “king” misrepresents the lion’s role in nature, which is more complex and nuanced than simple dominance or royal authority. In the savannas and grasslands, lions occupy a specific ecological niche as powerful and cooperative predators, but they are neither supreme rulers nor lone monarchs. The title also ignores the impressive qualities of other species, from the elephants’ ecological influence to the tiger’s solitary mastery of the jungle.
Ultimately, perhaps it is more fitting to view the lion as a “symbol” rather than a “king”—a reminder of strength, unity, and resilience, but not an uncontested ruler of all creatures or environments. By examining the lion’s true place in nature, we gain a deeper appreciation for the intricate balance of ecosystems and the unique qualities of each species within it.
L’élection de Kemi Badenoch à la tête du Parti conservateur britannique marque un tournant dans la politique britannique, parallèlement à l’importance du rôle de Kamala Harris en tant que première femme vice-présidente des États-Unis et peut -être présidente . Ces deux dirigeantes représentent des réalisations historiques pour les femmes et les minorités dans des institutions traditionnellement conservatrices, et leur ascension a de profondes implications pour les jeunes et les femmes aspirantes à un poste de dirigeante dans le monde entier, en particulier dans les anciennes colonies britanniques comme le Nigeria et le Cameroun.
Leadership jeune et pouvoir de représentation
Kemi Badenoch
À 44 ans, la jeunesse de Badenoch est un facteur frappant, en particulier au sein du Parti conservateur, connu pour sa préférence pour les politiciens chevronnés. De même, Harris, bien qu’elle soit plus âgée, apporte une perspective nouvelle au pouvoir exécutif américain, et son passé de femme d’origine africaine et sud-asiatique incarne la diversité dans une sphère historiquement dominée par des hommes blancs plus âgés. Les deux femmes brisent les codes, remettent en question les idées reçues sur les personnes « aptes » à diriger la politique et apportent des perspectives éclairées par leurs expériences uniques.
L’ascension de Badenoch offre à la jeunesse britannique une nouvelle vision du leadership qui va au-delà de l’image traditionnelle des chefs de parti. Son âge, combiné à son approche dynamique, reflète le désir croissant des jeunes d’avoir des représentants qui comprennent leurs valeurs et leurs préoccupations. Ce changement a des implications plus larges pour les jeunes des anciennes colonies britanniques, comme le Cameroun et le Nigéria, où les jeunes voix sont souvent marginalisées au profit de personnalités politiques plus âgées et bien établies. En assumant un rôle aussi important dans la politique britannique, Badenoch signale que les jeunes peuvent et doivent être inclus aux plus hauts niveaux de prise de décision, un message qui résonne auprès des jeunes Africains désireux de voir des changements similaires dans leur propre paysage politique.
L’autonomisation des femmes et la redéfinition des normes de leadership L’ascension de Badenoch au leadership en tant que femme d’origine nigériane au sein du Parti conservateur reflète la nature révolutionnaire du rôle de Kamala Harris dans l’administration américaine. Harris a brisé les barrières raciales et de genre en devenant la première femme vice-présidente noire et sud-asiatique, et sa position sur la scène internationale a inspiré les femmes et les filles du monde entier. La position de Badenoch en Grande-Bretagne a un pouvoir similaire ; son leadership remet en question les stéréotypes sur les femmes, les minorités et les immigrés, en particulier dans les cadres conservateurs. Les deux dirigeants illustrent l’idée que des voix diverses sont essentielles pour façonner les politiques et relever les défis modernes, inspirant les femmes et les filles à s’imaginer dans des rôles puissants et impactants.
Pour les jeunes femmes africaines, voir deux femmes d’origine africaine occuper des postes aussi influents en Occident est une source profonde d’inspiration. La représentation politique des femmes dans de nombreux pays africains reste faible, souvent limitée par des rôles de genre profondément enracinés et des attentes sociétales. Le leadership de Badenoch et Harris fournit des exemples concrets de femmes excellant dans des environnements à enjeux élevés, traditionnellement dominés par les hommes. Leurs réalisations exhortent les sociétés africaines à reconsidérer les normes de genre et encouragent les jeunes femmes à aspirer à des rôles de direction sans craindre les limitations systémiques ou culturelles. Ce parcours commun de rupture des barrières renforce un puissant récit : les femmes de tous horizons, lorsqu’elles sont autonomisées, peuvent conduire des changements substantiels et un leadership aux plus hauts niveaux.
Un nouveau modèle de leadership pour les jeunes du monde entier et les communautés de la diaspora Badeenoch et Harris représentent toutes deux un nouveau modèle de leadership, qui trouve un écho auprès des jeunes du monde entier et des communautés de la diaspora. En tant qu’enfants d’immigrants, elles portent des perspectives façonnées par des origines multiculturelles et un sentiment d’identité mondiale, ce qui rend leur leadership très pertinent dans le monde interconnecté d’aujourd’hui. Leurs expériences correspondent aux priorités d’une génération qui valorise l’inclusion, la diversité et le leadership axé sur les solutions, des traits particulièrement attrayants pour les jeunes en quête de changement.
Kamala Harris
Dans les communautés de la diaspora africaine, Badenoch et Harris sont de puissants symboles de ce qui est possible pour les individus issus de groupes historiquement marginalisés. Leur succès souligne que le leadership politique n’est plus limité par la race ou le sexe, et que les jeunes d’horizons divers peuvent et doivent aspirer à apporter des contributions significatives à la gouvernance mondiale. En accédant à ces rôles importants, Badenoch et Harris démantèlent les notions persistantes de « qui appartient », réaffirmant aux jeunes d’horizons divers qu’ils sont tout aussi capables et méritants d’occuper des postes de direction.
Un héritage durable pour les générations futures Le parallèle entre le leadership de Badenoch et de Harris s’étend au-delà de leurs rôles immédiats. Leurs réalisations jettent les bases pour les générations futures, établissant un héritage d’inclusion et de résilience. Leur succès souligne un changement profond dans la politique mondiale, où les dirigeants sont de plus en plus représentatifs des populations qu’ils servent. Cette évolution est porteuse d’un message fort pour les jeunes du monde entier : le leadership n’est plus limité à des groupes démographiques restreints, mais est ouvert à tous ceux qui ont la vision et la détermination de façonner leurs sociétés.
Pour les anciennes colonies britanniques comme le Nigeria et le Cameroun, ce message est particulièrement transformateur. Les jeunes Africains, inspirés par les réalisations de Badenoch et Harris, peuvent se sentir habilités à remettre en question les structures politiques bien ancrées et à suivre des voies de leadership qui leur étaient traditionnellement fermées. Pour les jeunes femmes en particulier, le succès de ces leaders à des postes politiques de haut niveau dans les pays occidentaux pourrait inspirer des aspirations similaires en Afrique, favorisant une nouvelle génération de femmes leaders engagées dans la conduite de réformes sociales et politiques.
En résumé, l’élection de Kemi Badenoch à la tête du Parti conservateur en Grande-Bretagne et la vice-présidence historique de Kamala Harris aux États-Unis illustrent une nouvelle ère de leadership définie par la diversité, la jeunesse et l’autonomisation des femmes. Ensemble, ils redéfinissent qui peut diriger et inspirer les jeunes, en particulier les femmes et les personnes de couleur, à se considérer comme de futurs leaders. Leurs histoires signalent un changement dans le paysage politique mondial, un paysage dans lequel les perspectives diverses et l’énergie de la jeunesse sont non seulement bienvenues mais essentielles. Ce modèle de leadership peut inspirer les jeunes Africains et les femmes du monde entier à prendre le relais du changement, à dépasser les frontières traditionnelles et à œuvrer pour un monde qui reflète véritablement les origines et les expériences variées de ses habitants.
Une Définition de l’Intellectuel Politique Républicain
Je me définis comme un intellectuel politique républicain, un positionnement qui articule mon engagement intellectuel et mon rôle de leader d’opposition au Cameroun. En tant que professeur d’université, exerçant dans des institutions en Afrique, en Asie, et en Europe, et Secrétaire Général du Mouvement pour la Libération du Cameroun (MLDC), l’un des premiers partis d’opposition de l’ère Biya, je revendique une approche républicaine fondée sur le respect des institutions tout en maintenant une critique constructive et une indépendance intellectuelle.
Un Héritage Intellectuel Africain
En prenant cette posture, je m’inscris dans la lignée de penseurs africains comme Fabien Eboussi Boulaga, Paulin Hountondji, Marcien Towa, mais aussi et surtout des premiers leaders du panafricanisme tels que Williams Du Bois, Marcus Garvey, Edward W. Blyden, PK Seme et Georges Padmore qui ont su allier rigueur intellectuelle et engagement politique sans céder à la complaisance envers les pouvoirs établis. Ces intellectuels africains ont toujours été porteurs d’une critique qui, loin de déstabiliser les fondements de l’État, vise à le renforcer en mettant en lumière ses dérives et en proposant des réformes. Je m’efforce d’incarner cette tradition de pensée critique en honorant la République et les valeurs démocratiques qu’elle porte.
Respect des Autorités Camerounaises et Indépendance de Pensée
Pour moi, le respect des autorités camerounaises n’est pas un simple acte de soumission mais un élément central de la stabilité républicaine. Ce respect doit cependant aller de pair avec une liberté de pensée et de parole, essentielles pour exercer mon rôle d’intellectuel et de leader d’opposition. Mon engagement au sein du MLDC me confère la responsabilité d’être à la fois un critique de la gestion actuelle et un bâtisseur de propositions alternatives, toujours dans l’intérêt général.
La Critique Républicaine au Service du Bien Commun
La critique républicaine, que je m’efforce de pratiquer, n’est pas une remise en cause systématique de l’autorité, mais une analyse réfléchie des politiques publiques. Je suis convaincu que, pour que la République serve véritablement le peuple, elle doit accueillir la critique, surtout lorsqu’elle émane de ceux qui partagent une vision pour le bien commun. En tant qu’intellectuel politique, je crois que mon devoir est de rendre compte, d’alerter, et de corriger par des propositions, dans le respect de la dignité des institutions.
L’Equilibre entre Loyauté Républicaine et Liberté Critique
En somme, être un intellectuel politique républicain, c’est conjuguer la pensée et l’action pour l’amélioration de la gestion publique. C’est oser défier le statu quo non par antagonisme, mais par conviction que l’intérêt général c’est-a-dire celui de la communauté est le socle sur lequel reposent les valeurs républicaines. Mon engagement est donc un équilibre entre loyauté aux valeurs républicaines et liberté critique, pour contribuer à une démocratie camerounaise plus juste et plus transparente.
Pourquoi le Cameroun Doit Encourager ses Talents Internationaux
Dans son article 29 Octobre 2024, Le système Biya, pire ennemi du Cameroun à l’international ?, Georges Dougueli met en lumière les obstacles que le gouvernement camerounais semble ériger pour limiter l’accession de ses citoyens aux postes internationaux. Selon Dougueli, cette réticence s’enracine dans une méfiance politique visant à éviter l’émergence de figures influentes pouvant devenir des concurrents pour le pouvoir en place. Voici les principaux arguments avancés par l’auteur :
Réticence du Pouvoir Camerounais à Soutenir les Candidats Internationaux : Dougueli pointe un recul manifeste du soutien gouvernemental aux Camerounais cherchant des postes stratégiques dans les organisations internationales, attribuant cela à une crainte de l’apparition de nouveaux leaders susceptibles de contester le pouvoir actuel.
Nostalgie de l’Époque Ahidjo : Sous la présidence d’Ahmadou Ahidjo, les ressortissants camerounais étaient encouragés à occuper des postes de premier plan dans des institutions telles que l’Organisation de l’unité africaine (OUA) et les Nations Unies, contribuant au rayonnement international du Cameroun.
Les « Orphelins à l’International » : Simon Pascal Alain Handy, ancien diplomate camerounais, décrit les Camerounais comme abandonnés sur le marché de l’emploi international. Son propre parcours, marqué par des obstacles administratifs dus au manque de soutien de son gouvernement, illustre une tendance généralisée.
Surveillance et Méfiance envers les Camerounais à l’Étranger : L’article indique que le président Paul Biya, ainsi que ses services spéciaux, surveillent les Camerounais évoluant à l’international, craignant leur loyauté et soupçonnant qu’ils puissent nourrir des ambitions politiques.
Comparaison avec le Gabon : Dougueli compare cette attitude du Cameroun à celle du Gabon, où Omar Bongo, puis son fils Ali, surveillaient de près les carrières internationales de leurs compatriotes, montrant une tendance similaire de méfiance au sein de certains États africains.
Doctrine de Léopold Ferdinand Oyono : Dougueli cite une recommandation de Léopold Ferdinand Oyono, haut diplomate camerounais, qui aurait dissuadé de soutenir les Camerounais à l’international dont la fidélité politique n’était pas garantie, affirmant ainsi la doctrine actuelle de prudence du Cameroun envers ses ressortissants ambitieux.
Exemples d’Obstacles aux Carrières Internationales de Camerounais : Plusieurs exemples illustrent cette doctrine, dont les candidatures retardées de Théodore Nkodo pour la Banque Africaine de Développement ou de Philippe Camille Akoa pour ONU-Habitat, où l’inaction du gouvernement a compromis leurs chances.
Cas Isolé de Philémon Yang : L’article mentionne Philémon Yang comme une rare exception, élu président de l’Assemblée générale des Nations unies, bien que l’auteur considère cela comme une anomalie dans une tendance générale de retrait du soutien aux Camerounais.
L’ensemble de ces arguments met en évidence une stratégie politique où le gouvernement camerounais se méfie de l’influence que pourraient acquérir ses ressortissants à l’international, perçue comme potentiellement menaçante pour le régime en place.
Cependant, cette attitude ne devrait pas prévaloir. À l’inverse, soutenir les talents camerounais sur la scène internationale représente une opportunité unique de renforcement de l’image, de l’influence et des intérêts du Cameroun. De nombreux pays ont compris que promouvoir leurs ressortissants à l’étranger est non seulement un levier de rayonnement, mais aussi un moyen de défendre activement leurs intérêts stratégiques.
Les Pays qui Investissent dans la Promotion de leurs Talents à l’International
Le Rwanda : Sous Paul Kagame, le Rwanda soutient fermement ses citoyens pour occuper des postes internationaux, comme Louise Mushikiwabo, devenue Secrétaire Générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie. Ce soutien a permis de renforcer l’influence diplomatique du Rwanda et de développer son image positive.
La France : La France place activement ses ressortissants dans les organisations internationales comme l’ONU, l’OTAN et l’Union européenne, utilisant cette présence pour influencer des décisions clés et faire avancer ses intérêts nationaux.
La Corée du Sud : Avec des figures comme Ban Ki-moon, ancien secrétaire général de l’ONU, la Corée du Sud illustre comment le soutien à des talents nationaux peut renforcer le soft power d’un pays et augmenter son rayonnement diplomatique.
L’Inde : Forte de sa diaspora, l’Inde encourage ses citoyens à exceller dans des organisations mondiales telles que l’OMS et la Banque mondiale, permettant ainsi d’élargir l’influence et les partenariats de l’Inde à travers le monde.
Le Brésil : En Amérique latine, le Brésil utilise la présence de ses diplomates dans des organisations comme la Banque interaméricaine de développement pour asseoir son leadership régional et défendre ses intérêts économiques et politiques.
Ces exemples montrent que la promotion de citoyens au sein des organisations internationales offre des avantages significatifs pour le pays d’origine, en termes d’influence politique, d’ouverture économique, et d’amélioration de l’image à l’étranger. Le Cameroun a tout à gagner en soutenant ses candidats et en réintégrant une diplomatie proactive pour placer ses talents dans des rôles stratégiques.
Pourquoi le Cameroun Doit Revoir sa Stratégie
Encourager les Camerounais à occuper des postes d’influence ne devrait pas être perçu comme une menace pour le pouvoir en place, mais bien comme un moyen de redonner au Cameroun une influence internationale significative. Je recommande une politique de soutien inconditionnel des talents camerounais pour des postes internationaux. Le Cameroun a tout à gagner à se rapprocher des modèles rwandais, français ou sud-coréen pour assurer une présence internationale forte, propice au développement économique et politique. Soutenir les talents camerounais sur la scène mondiale, c’est non seulement valoriser les compétences de la nation, mais également accroître les possibilités de partenariats internationaux, de financements, et de projets de développement en faveur du pays.
L’article de Dougueli, bien qu’il soulève des obstacles actuels, devrait servir de catalyseur pour repenser la diplomatie camerounaise et encourager le pays à exploiter pleinement le potentiel de ses citoyens pour mieux se positionner dans un monde de plus en plus interconnecté.
Par l’Association d’Amitié Chine Cameroun (AACC) et l’Observatoire Chine-Afrique Francophone (OCAF)
BEIJING, le 11 octobre 2024 — Le Président chinois Xi Jinping a présidé la Conférence Internationale d’Amitié à Beijing à laquelle nous avons assisté, un événement marquant le 70e anniversaire de l’Association du Peuple Chinois pour l’Amitié avec l’Étranger (CPAFFC). Cette conférence a réuni près de 200 participants internationaux, incluant d’anciens dirigeants politiques, des membres de familles royales et des représentants d’organisations de coopération internationale. La rencontre a mis en avant la vision de Xi Jinping d’une « communauté de destin partagé » et le rôle essentiel de la diplomatie populaire dans le renforcement des Relations Internationales.
Un Engagement Renouvelé pour l’Amitié entre les Peuples
Dans son discours d’ouverture, le Président Xi Jinping a souligné le fondement que représente l’amitié entre les peuples dans la stabilité et la prospérité mondiale. Rappelant les 75 ans de développement de la Chine depuis la fondation de la République Populaire, il a noté que ce progrès n’aurait pas été possible sans le soutien de nombreux partenaires internationaux. « Nous nous souviendrons toujours de vos contributions importantes à la Chine et de l’amitié sincère qui s’est développée avec le peuple chinois, » a déclaré Xi.
En insistant sur le rôle central de la CPAFFC dans l’établissement de liens entre les peuples, Xi a réaffirmé que la diplomatie populaire est essentielle pour créer un monde plus équitable et pacifique. Cette approche, selon lui, doit servir de modèle dans un contexte global marqué par des transformations profondes.
Bâtir une Communauté de Destin Partagé pour l’Humanité
Dans son allocution, Xi Jinping a fait écho aux défis contemporains en appelant à la création d’une « communauté de destin partagé pour l’humanité ». Dans cette vision, il a exposé trois axes essentiels :
Responsabilité partagée : Selon Xi, « nous devons construire un large consensus sur la création d’une communauté avec un avenir commun pour l’humanité », en s’appuyant sur des valeurs telles que la paix, le développement et la justice. Il a prôné un monde multipolaire, caractérisé par l’égalité et une mondialisation inclusive.
Coopération gagnant-gagnant : Xi a réitéré que la modernisation de la Chine ne vise pas un développement autocentré. Il a encouragé les nations étrangères à participer activement à ce processus, dans une approche qui favorise la prospérité partagée et le développement pacifique à l’échelle mondiale.
Dialogue des civilisations : Xi Jinping a défendu un modèle de diplomatie qui valorise les échanges interculturels. En s’appuyant sur la tradition chinoise d’ouverture, il a promu l’Initiative pour la Civilisation Globale, visant à dépasser les conflits pour instaurer un dialogue constructif.
En conclusion, Xi a déclaré que la diplomatie chinoise est au service du peuple et que le gouvernement chinois soutiendra pleinement la CPAFFC pour poursuivre sa mission d’amitié internationale et de coopération pragmatique.
Témoignages des Invités d’Honneur
Parmi les invités, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo et l’ancien président de l’Assemblée nationale de Thaïlande, Bhokin Bhalakula, ont exprimé leur admiration pour le développement rapide de la Chine sous la direction de Xi Jinping. Ils ont salué les initiatives de Xi telles que la « Belt and Road Initiative » comme autant de signes de sa vision pour un monde plus interconnecté et solidaire. La Chine, ont-ils affirmé, est aujourd’hui une source d’espoir pour les pays en développement, ayant démontré qu’il est possible d’éradiquer la pauvreté absolue et d’atteindre une croissance inclusive.
Un Message de Paix et de Prospérité pour le Monde
La Conférence Internationale d’Amitié et le 70e anniversaire de la CPAFFC témoignent de la volonté de la Chine de promouvoir une diplomatie populaire en soutien à la coopération internationale. En invitant des partenaires du monde entier à s’associer à sa modernisation, la Chine se pose en acteur responsable et soucieux de bâtir une humanité unie autour de valeurs communes. Cette démarche, pilotée par Xi Jinping, engage les relations internationales vers un futur basé sur la solidarité, le respect et la prospérité partagée.
Perspectives et Prochaines Étapes
À l’heure où le monde est à un carrefour historique, la conférence a montré que la diplomatie populaire peut jouer un rôle de premier plan dans la résolution des défis globaux. Sous l’impulsion de Xi Jinping et avec le soutien de la CPAFFC, la Chine s’engage à développer des relations amicales et pacifiques, tout en offrant aux nations partenaires des opportunités de développement mutuellement bénéfiques. Ce dialogue international marque un nouveau chapitre dans les efforts de la Chine pour un avenir partagé, et la CPAFFC continuera de renforcer ces liens dans les années à venir.
PR. JIMMY YAB
President de l’Association d’Amitié Chine Cameroun (AACC) et de l’Observatoire Chine-Afrique Francophone (OCAF)
LA RESPONSABILITÉ DES INTELLECTUELS CAMEROUNAIS DANS LE VACUUM CONSTITUTIONNEL: LES CONSÉQUENCES D’UNE CONSTITUTION FAILLIBLE ET TAILLÉE SUR MESURE.
La responsabilité des intellectuels constitutionnalistes camerounais dans le vacuum constitutionnel actuel découle d’une mauvaise conception de la Constitution de 1996. En concevant ce texte fondamental, ces juristes et conseillers de PAUL BIYA ont fait des choix qui ont permis au régime en place de maintenir un contrôle absolu, tout en rendant difficile une gestion transparente de la vacance du pouvoir. Une telle irresponsabilité a conduit à une situation où, en 2024, la vacance présidentielle, bien que visible, ne peut être officiellement reconnue ni traitée de manière adéquate. Pour comprendre cette responsabilité, il est crucial d’examiner certains articles de la Constitution de 1996 et de démontrer les conséquences de leur absence de rigueur juridique.
La Constitution de 1996 et ses failles
L’article 6(4) de la Constitution camerounaise de 1996 stipule que :
“En cas de vacance de la Présidence de la République pour cause de décès, de démission ou d’empêchement définitif constaté par le Conseil constitutionnel, le Président du Sénat exerce provisoirement les fonctions de Président de la République pour une période de 90 jours au cours de laquelle il est procédé à l’élection d’un nouveau Président de la République.”
Cet article est clair quant aux modalités en cas de vacance officielle, mais il est totalement muet sur la question des absences prolongées ou des incapacités partielles du président, comme celles que connaît le Cameroun avec les séjours prolongés de Paul Biya à l’étranger. Aucun mécanisme ne permet d’ouvrir une procédure automatique de vacance en cas d’absence non justifiée au-delà d’une certaine durée, ce qui permet au président de rester physiquement absent du pays, sans qu’il y ait une obligation de déléguer ses pouvoirs.
Ce vide juridique est particulièrement problématique car, comme l’illustre l’absence de Biya depuis le 2 septembre 2024, les Camerounais ne peuvent savoir avec certitude qui dirige réellement le pays. Pire encore, les articles de la Constitution ne prévoient pas de mesures pour contrôler les pouvoirs que pourraient s’arroger des proches collaborateurs du président en son absence.
L’irresponsabilité des intellectuels constitutionnalistes
Les intellectuels camerounais, notamment ceux qui ont participé à la rédaction de la Constitution, sont directement responsables de cette situation. Ils n’ont pas conçu de mécanismes clairs et contraignants pour garantir une continuité du pouvoir en cas d’absence prolongée du président. Leur rôle était d’assurer la protection des institutions et du peuple camerounais, mais en voulant servir les intérêts d’un homme, ils ont créé une situation où le pays est soumis à une incertitude juridique et institutionnelle.
Leur responsabilité est d’autant plus grande qu’en rédigeant cette Constitution, ils avaient les outils nécessaires pour éviter de telles failles. Par exemple, plusieurs constitutions d’autres pays africains incluent des mécanismes beaucoup plus rigoureux. Le Ghana, par exemple, dans son article 60(11) de la Constitution, prévoit que si le président est incapable de remplir ses fonctions pendant plus de 30 jours, le vice-président doit automatiquement prendre le relais. Une telle disposition n’existe pas dans le texte camerounais, laissant la gestion du pouvoir entre les mains d’une élite restreinte qui prétend avoir accès au président, sans qu’il y ait de transparence pour le peuple.
Conséquences d’une telle irresponsabilité
L’absence de dispositions claires et contraignantes sur la gestion des absences prolongées du président a conduit à plusieurs conséquences graves pour le Cameroun :
Instabilité institutionnelle et politique : L’incertitude sur qui gouverne réellement le Cameroun en l’absence de Paul Biya crée un flou juridique. Le peuple ne sait pas si le président est réellement capable d’exercer ses fonctions, et cette incertitude affaiblit les institutions, expose le pays aux querelles de pouvoir et fragilise la gestion quotidienne de l’État.
Absence de contre-pouvoir : Les constitutionnalistes n’ont pas prévu de mécanisme permettant aux autres institutions, comme le Parlement ou le Conseil constitutionnel, de contrôler le président en cas d’absence prolongée. Cette absence de contre-pouvoirs a conduit à une situation où une petite clique de collaborateurs et de proches du président, tels que ses conseillers ou membres de sa famille, peut contrôler la gestion du pays sans rendre de comptes au peuple ni aux institutions officielles.
Une fragilisation de la souveraineté nationale : Avec un président absent du territoire et une élite restreinte exerçant le pouvoir en son nom, la souveraineté du Cameroun est menacée. Le pays peut être perçu comme vulnérable sur la scène internationale, ce qui peut encourager des ingérences étrangères ou des manipulations internes par des groupes d’intérêts cherchant à profiter de la vacance de pouvoir.
Détérioration de la légitimité démocratique : La Constitution de 1996, telle qu’elle est rédigée, permet au président de rester absent pendant de longues périodes sans accountability. Cela sape la légitimité de la fonction présidentielle et dégrade la confiance du peuple dans ses institutions démocratiques. En 2024, les Camerounais en arrivent à se demander à qui ils ont réellement confié leurs suffrages, une question qui ne devrait jamais se poser dans une démocratie fonctionnelle.
Une concentration du pouvoir autour de réseaux informels : Ce vide constitutionnel a permis l’émergence de réseaux informels, notamment des conseillers, des proches collaborateurs, et parfois même des membres de la famille, qui prétendent parler au nom du président absent. Cette concentration de pouvoir autour de groupes non élus renforce le caractère oligarchique du régime, où quelques personnes influencent les décisions, loin de tout contrôle institutionnel.
Une réforme nécessaire
Il est désormais clair que la Constitution de 1996 est le fruit d’une manipulation politique destinée à prolonger la domination d’un régime. Les intellectuels constitutionnalistes qui ont participé à cette mascarade constitutionnelle doivent assumer leur responsabilité historique dans la fragilisation des institutions du Cameroun. Il est impératif, pour l’avenir du pays, de réformer en profondeur cette constitution et d’introduire des mécanismes qui garantissent une continuité institutionnelle et un contrôle démocratique en cas d’absence prolongée du président.
L’avenir du Cameroun dépendra de la capacité des futurs dirigeants à combler ces lacunes, à rétablir la transparence dans la gestion du pouvoir et à garantir que le peuple camerounais ne soit plus pris en otage par des groupes d’intérêts privés. Cela doit passer par une révision de la Constitution qui introduira des limites claires aux absences du président et qui renforcera le rôle des institutions comme le Parlement et le Conseil constitutionnel dans la gestion des crises de pouvoir.
En somme, les intellectuels constitutionnalistes camerounais ont manqué à leur devoir en livrant une constitution permissive qui a permis la situation actuelle. Ce manquement a fragilisé la souveraineté nationale, affaibli les institutions et compromis la confiance du peuple dans ses dirigeants. L’urgence d’une réforme constitutionnelle s’impose comme la priorité pour restaurer la stabilité et la dignité du Cameroun. PR JIMMY YAB
Je me permets ici de partager le point de vue d’un ami et frère en réaction à mon article intitulé : « Présidente ou Vice-Présidente en 2025 : Le Cameroun prêt pour un Leadership Féminin », car il soulève une question fondamentale : celle de la notion d’Institutions Fortes versus Hommes Forts. Ce débat fait écho à la position de Barack Obama, qui affirme : « L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes et fiables. » Cette citation ouvre une réflexion profonde sur le rôle des leaders dans la construction des fondations durables d’une nation.
Je vous partage également ma réponse à ce débat, dans laquelle j’analyse et développe la vision de ce que signifie réellement un leadership fort et responsable dans le contexte africain et au-delà. »
LE TEXTE DE MON AMI ET FRERE
« Bonjour Jimmy, excuse-moi, mais le problème du Cameroun se situe ailleurs. Les Camerounais ne revendiquent ni la parité des genres dans l’attribution des responsabilités politiques, ni l’équilibre régional, contrairement à ce que certains activistes manipulateurs veulent souvent faire croire dans leur interprétation des conflits actuels.
Le véritable problème du Cameroun est celui de la mauvaise gouvernance, ainsi que l’absence de définition d’une vision et d’une dynamique orientées vers un progrès industriel et économique réel.
En réalité, nous perdons beaucoup de temps dans des débats dits démocratiques, qui ne sont en fait qu’une distraction orchestrée par le néocolonialisme, nous maintenant ainsi dans une position de dépendance pendant qu’il continue de nous piller. Nous devons regarder ailleurs, nous affranchir du néocolonialisme, créer nos propres chaînes de valeur, nous réinventer et nous projeter dans les relations internationales sans paternalisme, qu’il soit occidental ou oriental. C’est de cela que nous avons besoin.
Et, bien sûr, je donne raison à Barack Obama lorsqu’il affirmait : « L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes et fiables. » Pour ma part, je voudrais reprendre cette phrase en ajoutant que l’Afrique n’a besoin ni d’hommes ni de femmes forts, mais d’une vision de progrès indépendante, soutenue par des institutions solides et dignes de confiance.
Bonne journée, mon frère. »
MA REPONSE
Mon très cher ami et frère,
Tu as raison de dire que le Cameroun a besoin d’une vision de progrès, et qu’il est crucial de se libérer du néocolonialisme pour construire nos propres chaînes de valeurs. Cependant, il est important de souligner que des institutions fortes ne peuvent pas naître spontanément ni fonctionner de manière autonome sans l’action et l’influence de leaders véritablement forts et visionnaires. Ce sont des hommes et des femmes forts, au sens noble du terme, qui construisent et laissent en héritage des institutions solides, capables de soutenir un progrès durable.
Hommes et Femmes Forts : Une Force de Transformation Positive
Quand Barack Obama parle d’“hommes forts”, il critique, en effet, des figures autocratiques comme Mobutu Sese Seko au Congo ou Hissène Habré au Tchad. Ces leaders, bien qu’autoproclamés patriotes, ont concentré le pouvoir entre leurs mains, privant leurs pays d’institutions solides capables de les survivre. Mobutu a régné sur le Congo avec une poigne de fer, laissant un pays affaibli, marqué par la corruption et le népotisme, où les institutions publiques étaient peu efficaces. Hissène Habré, quant à lui, a instauré un régime de terreur au Tchad, réprimant violemment toute opposition et laissant derrière lui un pays économiquement dévasté et institutionnellement fragile. Ces exemples montrent que le terme “homme fort” dans son sens négatif se traduit par un pouvoir personnel oppressant et destructeur, sans réelle vision pour l’avenir collectif.
À l’opposé, un homme ou une femme fort(e), dans le sens positif, est quelqu’un qui agit avec intégrité et vision pour bâtir une nation capable de résister aux épreuves et de prospérer, même après son départ. Nelson Mandela incarne ce type de leader tout comme Ellen Johnson Sirleaf du Liberia.
L’Héritage de Mandela : Un Modèle d’Institutions Durables en Afrique du Sud
Nelson Mandela incarne parfaitement ce type de leadership fort et désintéressé. Sa vision d’une Afrique du Sud pacifiée et démocratique a guidé son action, et en choisissant de quitter le pouvoir après un seul mandat, il a montré que son objectif n’était pas personnel, mais de construire une nation forte, appuyée sur des institutions solides. Mandela a travaillé pour bâtir une société fondée sur l’égalité des droits, la justice et la réconciliation. Son influence perdure aujourd’hui dans les institutions sud-africaines, qui, bien que confrontées à des défis, continuent de résister aux tentations de la dictature et de la centralisation du pouvoir grâce à la culture démocratique qu’il a implantée. Son héritage institutionnel, fondé sur la transparence et la primauté de la Constitution, est devenu un socle sur lequel l’Afrique du Sud a pu s’appuyer, même après sa retraite.
Ellen Johnson Sirleaf : Une Femme Forte pour le Renouveau du Libéria
L’exemple d’Ellen Johnson Sirleaf au Libéria illustre aussi le pouvoir transformateur d’un leader visionnaire. Première femme élue présidente en Afrique, elle a pris la tête d’un pays ravagé par des années de guerre civile et de corruption. Sa gouvernance a mis l’accent sur la reconstruction de l’État, la transparence, et la restauration de la paix. Elle a activement travaillé à réformer les institutions et à éradiquer la corruption systémique qui minait le pays. Aujourd’hui, le Libéria bénéficie d’institutions plus stables et d’un système judiciaire renforcé, des avancées directement héritées de l’engagement de Sirleaf pour le bien public. Contrairement aux dictateurs qui s’accrochent au pouvoir pour consolider leur emprise personnelle, Sirleaf a œuvré à renforcer la nation en posant les bases d’un État plus résilient, capable de répondre aux besoins des citoyens.
Le Genre et la Bonne Gouvernance : Une Question de Diversité et d’Inclusion
La mal-gouvernance, que tu mentionnes, peut également être interprétée à travers le prisme de la diversité des genres dans le leadership. Les études montrent que dans des pays comme la Norvège, la Suède, et le Danemark, où les femmes occupent des postes décisionnels élevés, on observe des niveaux de corruption plus bas, une meilleure gestion des ressources publiques et une plus grande stabilité. Par exemple, en Finlande, la Première ministre Sanna Marin, entourée de nombreuses femmes au gouvernement, a contribué à des politiques plus inclusives, notamment en matière de justice sociale et d’égalité des chances. En introduisant plus de voix féminines, ces nations ont su équilibrer et renforcer leur gouvernance.
L’Afrique dispose également de ses propres exemples de femmes leaders qui ont contribué à la construction d’institutions solides. Ellen Johnson Sirleaf, ancienne présidente du Libéria, comme je l’ai dejà dit a su restaurer la paix et réformer les institutions publiques dans un pays marqué par la guerre civile. Sa gouvernance a non seulement contribué à stabiliser le Libéria, mais a également donné l’exemple de ce qu’un leadership féminin engagé peut accomplir.
Les Institutions Fortes : Un Héritage des Leaders Visionnaires
Les institutions fortes ne naissent pas dans un vide. Elles sont le fruit de la volonté d’hommes et de femmes qui comprennent leur importance pour le développement à long terme d’un pays. Lorsque des leaders visionnaires construisent des institutions, ils assurent leur stabilité au-delà de leur propre mandat. Par exemple, au Ghana, Kwame Nkrumah a posé les bases d’un modèle de développement indépendant, valorisant la souveraineté africaine et la création de ressources locales. Bien que son mandat ait été interrompu, son influence a inspiré les générations futures et les institutions ghanéennes.
D’autres exemples mondiaux, comme Angela Merkel en Allemagne, montrent que la force d’un(e) leader visionnaire contribue à renforcer les structures politiques et économiques d’un pays, en mettant l’accent sur l’équité, la rigueur et l’intégrité. Sous sa direction, l’Allemagne a prospéré et est devenue l’une des principales puissances de l’Europe, en grande partie grâce aux institutions solides qu’elle a su renforcer et léguer.
Conclusion : Une Vision et des Leaders pour un Cameroun Fort
Je suis d’accord avec toi, sur le fait que le Cameroun doit s’émanciper des chaînes du néocolonialisme et forger sa propre voie de progrès. Toutefois, ce progrès ne pourra se réaliser que si nous avons des leaders — hommes et femmes — capables de bâtir des institutions robustes et durables. Il est clair que des institutions fortes ne naissent pas dans le vide. Elles nécessitent l’impulsion d’hommes et de femmes forts au sens noble, qui comprennent leur responsabilité envers le peuple. Mandela et Sirleaf montrent que des leaders visionnaires peuvent transformer leur pays en construisant des structures solides, qui, loin d’être le prolongement de leur pouvoir personnel, sont au service de la société. À l’opposé, les régimes tyranniques comme ceux de Mobutu ou Hissène Habré n’ont laissé qu’un héritage de peur et de ruine.
Pour le Cameroun, et pour l’Afrique en général, il est donc essentiel de promouvoir un leadership qui allie vision, intégrité et engagement pour le bien commun, afin de bâtir des institutions capables de soutenir un développement durable et de résister aux aléas du pouvoir dictatorial.
La jeunesse camerounaise, qui représente une large majorité de la population, détient un potentiel considérable pour influencer le processus électoral en 2025. D’après les données démographiques, environ 65% des Camerounais ont moins de 25 ans, ce qui en fait l’une des populations les plus jeunes du monde. Pourtant, malgré ce poids démographique, les jeunes Camerounais sont marginalisés dans les prises de décision politiques, à cause d’un faible taux d’inscription sur les listes électorales et d’une participation limitée aux élections.
STATISTIQUES SUR LA JEUNESSE CAMEROUNAISE ET LA PARTICIPATION ÉLECTORALE
Pour mesurer l’ampleur de ce défi, il est utile de se pencher sur quelques chiffres récents :
1. Taux d’inscription sur les listes électorales: Lors de l’élection présidentielle de 2018, seuls 6,6 millions de Camerounais étaient inscrits sur les listes électorales, dans un pays de plus de 26 millions d’habitants, dont environ 15 millions sont en âge de voter. La jeunesse, en particulier, est sous-représentée dans ces inscriptions. Les jeunes de moins de 30 ans sont beaucoup moins enclins à s’inscrire, soit par manque de sensibilisation, soit par désenchantement vis-à-vis du processus politique.
2. Chômage et désillusion : Le taux de chômage chez les jeunes au Cameroun, en particulier ceux âgés de 15 à 35 ans, est élevé, avoisinant les 13% selon les statistiques officielles, et bien plus si l’on prend en compte le sous-emploi et le secteur informel. Cette situation de précarité économique pousse de nombreux jeunes à se désintéresser de la politique, jugeant que les dirigeants actuels ne sont pas à même de répondre à leurs besoins. Cependant, cette même jeunesse représente un réservoir d’énergie et d’innovation, essentiel au développement socio-économique du pays.
L’IMPORTANCE DU RENOUVELLEMENT DE LA CLASSE POLITIQUE
Avec des dirigeants vieillissants et une classe politique qui semble peu encline à céder la place aux jeunes, il est impératif que la jeunesse s’inscrive sur les listes électorales pour provoquer un véritable renouvellement de la classe politique. Paul Biya, qui est au pouvoir depuis plus de 42 ans, incarne cette longévité à la tête du pays, et son régime est largement perçu comme déconnecté des aspirations des jeunes générations.
Les élections de 2025 sont une occasion cruciale pour la jeunesse camerounaise de jouer un rôle actif dans la transition politique. Le Cameroun n’a jamais connu de véritable alternance politique, et le maintien de la même élite politique au pouvoir pendant plusieurs décennies a engendré une stagnation des idées et des réformes. Le renouvellement de cette classe passe par l’implication de la jeunesse, non seulement en votant, mais aussi en se présentant à des postes de responsabilité et en portant des projets novateurs pour l’avenir du pays.
PRENDRE SON DESTIN EN MAIN
Les jeunes Camerounais doivent comprendre qu’ils ont le pouvoir de changer les choses. Chaque vote compte, et la participation massive de la jeunesse pourrait influencer significativement les résultats de l’élection de 2025. Voici quelques points sur lesquels la jeunesse peut peser :
1. Réformes économiques et sociales: Avec un chômage des jeunes élevé et une économie dominée par le secteur informel, il est nécessaire de repenser le modèle économique du Cameroun. La jeunesse, en particulier les diplômés, doit s’assurer que les dirigeants qu’elle choisit auront à cœur de favoriser l’emploi, l’entrepreneuriat, et l’accès aux opportunités économiques pour les jeunes.
2. Éducation et technologies: Le système éducatif camerounais, bien qu’il ait produit de nombreux talents, reste en décalage avec les besoins du marché du travail. Les jeunes doivent voter pour des leaders capables de réformer le système éducatif pour qu’il soit en phase avec les nouvelles technologies et l’économie numérique.
3. Lutte contre la corruption: La corruption est un fléau qui freine le développement du Cameroun. Les jeunes, victimes de ce système inégalitaire, doivent s’engager à travers leur vote pour des leaders qui placent la transparence, l’éthique et la bonne gouvernance au cœur de leur programme.
DES JEUNES LEADERS ÉMERGENTS
Un autre enjeu du renouvellement politique réside dans l’émergence de jeunes leaders. Plusieurs jeunes Camerounais ont déjà commencé à se démarquer dans différents secteurs, que ce soit dans l’entrepreneuriat, la société civile ou la politique.
Si la jeunesse prend conscience de sa puissance électorale et de sa capacité à définir l’avenir du Cameroun, le pays pourrait enfin connaître une alternance politique, un changement de paradigme en matière de gouvernance, et une réorientation vers des politiques publiques centrées sur les besoins des nouvelles générations.
L’URGENCE DE S’INSCRIRE ET DE VOTER
La jeunesse camerounaise ne doit pas rester en marge du processus électoral de 2025. Avec un pouvoir démographique important et une volonté manifeste de changement, elle peut influencer de manière significative le futur politique du pays. L’inscription massive des jeunes sur les listes électorales et leur participation active aux élections sont des étapes cruciales pour garantir un renouvellement de la classe politique, et surtout pour que le Cameroun entre dans une nouvelle ère où les aspirations de la majorité des citoyens sont prises en compte.
Les statistiques montrent que la jeunesse camerounaise, en termes numériques, a déjà le pouvoir de changer les choses. Il reste à s’assurer qu’elle utilise ce pouvoir pour prendre son destin en main et assurer un avenir meilleur pour le Cameroun.
La gestion des déchets et l’insalubrité à Yaoundé, la capitale politique du Cameroun, est un problème persistant qui reflète des défis plus larges et surtout l’incompétence et la méchanceté des maires RDPC dans la gestion urbaine et le développement du pays. Les poubelles débordantes, les ordures accumulées dans les rues, et l’absence d’un système efficace de collecte et de traitement des déchets contribuent à une image de plus en plus négative de la ville. Ces problèmes ont des répercussions importantes sur la santé publique, l’environnement, et le développement socio-économique.
CONSÉQUENCE SUR LA SANTÉ PUBLIQUE ET L’ENVIRONNEMENT
L’insalubrité chronique dans une ville comme Yaoundé entraîne de graves conséquences pour la santé des habitants. Les déchets mal gérés deviennent des foyers de maladies infectieuses, telles que le paludisme, la fièvre typhoïde et le choléra. Les eaux stagnantes, souvent causées par l’encombrement des caniveaux avec des déchets, favorisent la prolifération des moustiques, responsables de nombreuses maladies. En outre, la décomposition des déchets organiques génère des odeurs nauséabondes et pollue l’air, aggravant les conditions de vie dans les quartiers les plus touchés.
Sur le plan environnemental, l’accumulation de déchets non biodégradables, comme le plastique, contribue à la pollution des sols et des cours d’eau. Cela affecte non seulement les écosystèmes locaux, mais nuit également à la qualité de l’eau potable. L’incinération non contrôlée des ordures à ciel ouvert, souvent pratiquée par des particuliers ou des groupes communautaires désespérés par l’inefficacité des services municipaux, libère des substances toxiques dans l’atmosphère, augmentant la pollution de l’air et les risques de maladies respiratoires.
IMPACT SUR LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE
L’insalubrité à Yaoundé a également un impact significatif sur le développement économique. Une ville mal entretenue devient peu attrayante pour les investisseurs, qui peuvent percevoir l’incapacité à gérer les déchets comme un indicateur de mauvaise gouvernance et d’inefficacité institutionnelle. Le tourisme, un secteur potentiel de croissance économique, est également compromis, car les visiteurs sont rebutés par l’état de propreté de la ville.
De plus, l’inefficacité dans la gestion des déchets augmente les coûts pour les entreprises locales. Les entreprises doivent parfois assumer elles-mêmes la gestion de leurs déchets, ce qui augmente leurs dépenses opérationnelles. Cela peut également entraîner des fermetures temporaires lorsque les conditions de salubrité deviennent insoutenables, ce qui affecte la productivité et l’emploi.
INCOMPÉTENCE DES MAIRES RDPC ET DÉFAILLANCE DES POLITIQUES PUBLIQUES
L’un des problèmes sous-jacents à cette crise d’insalubrité est l’incompétence des maires RDPC de communes à gérer efficacement ce défi. Plusieurs facteurs expliquent cette incompétence :
1. **Manque de Formation et de Compétences Techniques** : Beaucoup de maires manquent de la formation et des compétences nécessaires pour mettre en place des systèmes efficaces de gestion des déchets. Cela inclut l’absence de connaissances en planification urbaine, en gestion environnementale, et en politiques publiques durables.
2. **Corruption et Détournement de Fonds** : La corruption endémique et le détournement des fonds publics destinés à l’assainissement aggravent la situation. Les ressources allouées à la gestion des déchets sont souvent détournées ou mal utilisées, laissant les communes sans les moyens nécessaires pour assurer la propreté de la ville.
3. **Manque de Coordination et de Soutien Institutionnel** : La gestion des déchets nécessite une coordination efficace entre les différentes échelons du gouvernement, des services municipaux aux autorités nationales. Le manque de coopération et de soutien entre ces différents niveaux de gouvernement conduit à une fragmentation des efforts, rendant les interventions inefficaces.
4. **Absence de Sensibilisation et de Participation Communautaire** : Les maires échouent souvent à mobiliser les communautés locales pour qu’elles participent activement à la gestion des déchets. Sans une sensibilisation adéquate et une participation communautaire, même les initiatives les plus bien intentionnées échouent, car elles ne répondent pas aux réalités et aux besoins des habitants.
CONCLUSION
L’insalubrité à Yaoundé est plus qu’un simple problème de gestion des déchets ; c’est un symptôme de la mauvaise gouvernance locale et de l’inefficacité institutionnelle qui freinent le développement du Cameroun. Pour surmonter ces défis, il est essentiel de réformer la gouvernance locale, c’est à dire celle des mairies et de promouvoir la participation active des citoyens. Sans une réponse concertée à ce problème, les conséquences sur la santé publique, l’environnement, et l’économie continueront de s’aggraver, compromettant ainsi le développement durable du pays. PR JIMMY YAB