120 000 Inscrits Rétablis : Le MLDC Dénonce Une Fraude d’État et Exige une Réforme Profonde d’ELECAM »

LE MLDC EXIGE LA DÉMISSION DU PRÉSIDENT D’ELECAM


Résumé

L’annonce récente d’ELECAM de réintégrer 120 000 électeurs dans le fichier électoral met en lumière des irrégularités systémiques dans la gestion du processus électoral camerounais. Le MLDC (Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun) dénonce cette décision comme un mécanisme institutionnalisé de fraude et réitère sa demande de démission du président d’ELECAM. S’appuyant sur des exemples internationaux, cet article plaide pour une réforme urgente de l’organe électoral et une supervision internationale afin de restaurer la crédibilité avant les élections présidentielles de 2025.

Mots clés: Élections Camerounaises, ELECAM, Fraude Électorale, MLDC, Audit International, Réforme Électorale

Abstract:

The recent announcement by ELECAM to reintegrate 120,000 voters into the electoral registry highlights systemic irregularities in the management of Cameroon’s electoral process. The MLDC (Movement for the Liberation and Development of Cameroon) condemns this decision as an institutionalized mechanism for fraud and reiterates its call for the resignation of ELECAM’s president. Drawing from global case studies, this article advocates for an urgent overhaul of the electoral body and international oversight to restore credibility ahead of the 2025 presidential elections.

Keywords: Cameroon Elections, ELECAM, Electoral Fraud, MLDC, International Audit, Electoral Reform

Introduction

L’annonce récente par Élections Cameroon (ELECAM) de la réintégration de 120 000 noms sur les listes électorales met en évidence des défaillances structurelles profondes dans la gestion du processus électoral au Cameroun. Cette situation survient à un moment critique, à moins d’un an des élections présidentielles de 2025. Selon le MLDC (Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun), cette réintégration tardive ne peut être interprétée autrement que comme une tentative d’institutionnalisation de la fraude. En conséquence, le MLDC exige la démission immédiate du président d’ELECAM pour incompétence manifeste et appelle à un audit international indépendant du fichier électoral. L’objectif est clair : restaurer la crédibilité du processus électoral camerounais et assurer une élection juste et transparente.


Analyse des faits

La réintégration des 120 000 inscrits, précédemment supprimés pour des raisons liées à des « problèmes d’empreintes digitales », soulève de sérieuses interrogations. Pourquoi ces erreurs n’ont-elles pas été corrigées plus tôt ? Quelle garantie existe-t-il que ces électeurs réintégrés ne sont pas fictifs ou manipulés ? Selon les statistiques publiées par ELECAM, le fichier électoral comprend près de 7 millions d’électeurs inscrits. Une anomalie de 120 000 noms représente environ 1,7 % du total, un chiffre suffisant pour influencer des élections dans un pays où les résultats sont souvent très serrés.

Cette situation rappelle les défaillances électorales observées au Zimbabwe en 2018, où une analyse des listes électorales a révélé la présence de milliers de doublons et d’électeurs fictifs, menaçant ainsi la crédibilité du scrutin. Au Cameroun, l’absence de transparence et le manque de contrôles internes renforcent les soupçons de manipulation. Dans un contexte où les institutions électorales devraient garantir la justice et la transparence, cette annonce d’ELECAM apparaît comme une preuve accablante d’incompétence et de mauvaise gestion.


Position du MLDC

Le MLDC dénonce fermement cette situation comme une fraude d’État institutionnalisée. Le parti estime que maintenir un fichier électoral fiable n’est pas seulement une obligation technique mais un pilier fondamental de la démocratie. La gestion chaotique du fichier électoral par ELECAM, marquée par des erreurs massives et un manque flagrant de transparence, justifie pleinement la démission immédiate du président de cette institution. En outre, le MLDC appelle à la vigilance de la jeunesse camerounaise, qui représente plus de 60 % de l’électorat, pour exiger des réformes structurelles et une gestion électorale transparente.

En comparaison, des pays comme le Ghana ont montré qu’il est possible d’améliorer significativement la crédibilité électorale. En 2020, la Commission électorale du Ghana a adopté un système biométrique avancé et mis à jour ses listes électorales, réduisant ainsi les fraudes à un minimum. Le MLDC préconise une solution similaire pour le Cameroun : moderniser les outils électoraux et adopter une technologie plus robuste pour prévenir les irrégularités.


Comparaisons internationales

L’expérience de pays comme le Kenya offre des leçons précieuses. En 2017, avant les élections générales, un audit indépendant du fichier électoral réalisé par la Fondation Internationale pour les Systèmes Électoraux (IFES) a permis de détecter et de corriger des anomalies majeures. Cette initiative a renforcé la crédibilité des élections et réduit les tensions politiques. De même, en Afrique du Sud, la publication régulière des listes électorales pour examen public constitue une pratique exemplaire de transparence.

Au Cameroun, ces modèles pourraient être adaptés. Le MLDC propose un audit international supervisé par des personnalités reconnues pour leur impartialité et leur expérience, comme l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo. Ce dernier a souvent joué un rôle décisif dans la résolution des crises électorales en Afrique, apportant une expertise et une neutralité essentielle pour rétablir la confiance.


Recommandations

Pour éviter une crise électorale majeure en 2025, le MLDC propose les actions suivantes :

  1. Audit international indépendant : Faire appel à des organisations internationales comme l’Union Africaine ou la Fondation Carter pour examiner le fichier électoral. Cet audit pourrait être supervisé par des figures comme Olusegun Obasanjo pour garantir sa crédibilité.
  2. Publication des listes électorales : Les rendre accessibles au public pour permettre une vérification citoyenne, comme cela se fait en Afrique du Sud.
  3. Modernisation technologique : Adopter des technologies biométriques plus avancées pour éliminer les doublons et les erreurs d’inscription.
  4. Formation et responsabilisation des agents électoraux : Introduire des formations approfondies pour garantir que les responsables électoraux soient compétents et impartiaux.
  5. Sensibilisation citoyenne : Mener des campagnes pour informer les Camerounais sur leurs droits électoraux et les inciter à exiger des élections transparentes.

En prenant ces mesures, le Cameroun pourrait non seulement restaurer la confiance dans son processus électoral mais aussi envoyer un signal fort à la communauté internationale sur son engagement envers la démocratie.


Conclusion

La réintégration de 120 000 inscrits par ELECAM ne peut être vue comme une simple correction technique. C’est un symptôme d’un problème systémique plus profond qui, s’il n’est pas adressé, pourrait compromettre les élections présidentielles de 2025. Le MLDC, en tant que voix de l’opposition et du changement, appelle à une refonte totale du système électoral camerounais, sous la supervision d’experts internationaux. Il est temps pour le Cameroun de suivre l’exemple de pays africains qui ont réussi à moderniser et crédibiliser leurs processus électoraux. L’avenir de la démocratie camerounaise en dépend.

Bibliographie

1. Transparency International. (2023). Perceptions of Electoral Integrity in Africa. Berlin : Transparency International.

2. IFES. (2021). Enhancing Electoral Integrity through Technology. Washington, DC : IFES.

3. Commission électorale du Ghana. (2020). Biometric Voter Registration Lessons. Accra : CEG.

4. Obasanjo, O. (2014). My Watch: A Memoir. Lagos : Prestige Publishers.

5. Electoral Institute for Sustainable Democracy in Africa. (2018). Election Integrity in Zimbabwe: Lessons Learned. Pretoria : EISA.


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