Catégorie : corruption
À propos de la Justice dans l’État Développementaliste Communautaire
“Quand un État cesse de protéger ses enfants, il cesse d’être un État.”
Le MLDC adresse ses condoléances les plus sincères à la famille du petit Mathis, atrocement arraché à la vie, à seulement six ans, dans une scène d’horreur qui glace le sang. Ce drame n’est pas un simple fait divers : c’est un miroir brisé de notre société, une tragédie nationale, un cri d’alarme contre un système judiciaire rongé par la corruption, l’impunité et la déshumanisation.
Dans un pays normal, un tel acte entraînerait une réaction rapide, juste, transparente et exemplaire. Mais nous sommes au Cameroun de Paul Biya, où la justice est une marchandise, une arme au service des puissants, et un fardeau pour les faibles. Où les crimes sont étouffés sous le poids des réseaux, des influences, et des silences complices. Où, parfois, les liens de sang d’un coupable avec une célébrité suffisent à brouiller les pistes et à dévier l’opinion du cœur de l’horreur : un enfant égorgé. Un pays en ruine morale. Une justice malade.
Oui, nous refusons de détourner le regard. Le MLDC exige justice pour Mathis. Une justice non pas médiatique, mais structurelle. Non pas émotionnelle, mais institutionnelle. Une justice que seul l’État Développementaliste Communautaire (EDC) que nous portons peut bâtir, car c’est un État fondé sur la vérité, la responsabilité, la dignité humaine, et la participation communautaire.
Dans l’État Développementaliste Communautaire :
-Les juges sont élus localement, par les communautés, pour garantir leur indépendance et leur proximité avec les victimes. Les magistrats sont évalués selon leur intégrité et efficacité, pas leur loyauté au pouvoir. Les victimes comme les familles de Mathis ont accès à un système d’accompagnement judiciaire, psychologique et financier, pour reconstruire, se défendre, et obtenir réparation. Les citoyens participent à la surveillance du fonctionnement de la justice, à travers des mécanismes communautaires de contrôle.
Ce que nous vivons aujourd’hui n’est pas un mal isolé. C’est le fruit pourri d’un système autoritaire, élitiste et centralisé, qui a vidé l’État de toute humanité. Combien d’enfants comme Mathis devront encore tomber avant que la peur ne devienne colère ? Avant que la colère ne devienne changement ?
Le MLDC ne se contente pas de pleurer les morts : nous portons l’ambition d’un nouveau Cameroun, où chaque vie compte, où chaque crime est puni, où chaque citoyen peut croire en sa justice. Mathis mérite mieux. Le Cameroun mérite mieux.
Et c’est pourquoi nous appelons à un sursaut national. Pas seulement pour condamner un meurtre, mais pour réinventer un système. Pour que plus jamais un autre Mathis ne soit sacrifié dans le silence ou dans le chaos.
Repose en paix, petit ange. Que ton sang devienne semence de justice.
MLDC — Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun
Pr. Jimmy Yab, Président National
AU PAYS DE PAUL BIYA: SOIT ON PERD SON ÂME, SOIT ON PERD SA VIE – Analyse approfondie de la défaillance de l’Etat du Cameroun à travers une expérience personnelle, les obsèques de ma mère (SUITE 3)

CHAPITRE 4: QUAND L’ADIEU À MA MÈRE DEVIENT UN RÉVÉLATEUR: OBSÈQUES, EXCLUSION SOCIALE ET TRAHISON DES TRADITIONS SOUS LE RÉGIME DU RDPC
Introduction : Un dernier hommage dans un pays fracturé
Un enterrement est bien plus qu’un simple rituel funéraire ; il est un moment de communion, un témoignage de respect et d’amour, un acte de mémoire collective. C’est une parenthèse où la famille, les amis, les collègues, et la communauté se rassemblent, non seulement pour pleurer une disparition, mais aussi pour célébrer une vie. Pourtant, dans le Cameroun du RDPC, même un événement aussi sacré qu’un dernier hommage devient un terrain d’affrontement politique, une démonstration de l’exclusion sociale systémique imposée par le régime en place.
Lorsque j’ai conduit les obsèques de ma mère, je m’attendais à un moment de recueillement, à un instant où l’unité familiale et communautaire transcenderait les divisions. Mais ce que j’ai vu, ressenti et vécu ce jour-là a révélé avec une brutalité implacable l’état de décomposition avancée de la société camerounaise sous le joug du RDPC. L’absence de mes collègues de l’IRIC, l’Institut des Relations Internationales du Cameroun, a mis en lumière une intelligentsia soumise, réduite au silence et privée de toute ambition intellectuelle indépendante. La non-présence des figures influentes du parti au pouvoir dans ma famille a confirmé la politisation extrême des relations sociales. L’absence des chefs traditionnels, censés être les garants de la cohésion communautaire, a démontré que même le socle de nos traditions a été infiltré et perverti par le régime.
Ce dernier hommage à ma mère ne fut donc pas qu’une simple cérémonie d’adieu. Il s’est transformé en un révélateur brutal des fractures profondes qui rongent le Cameroun : un pays où l’appartenance politique détermine l’inclusion ou l’exclusion sociale, où la fonction publique est devenue une machine de clientélisme et d’intimidation, où la chefferie traditionnelle a troqué son indépendance pour une servitude politique, et où l’élite intellectuelle a renoncé à son rôle critique pour devenir une chambre d’écho du pouvoir.

Cette partie explore ces différentes dimensions de la fracture sociale et politique du Cameroun à travers quatre aspects majeurs :
1. L’absence des collègues de l’IRIC : quand l’élite intellectuelle choisit le silence plutôt que l’engagement
• Loin d’être un simple incident anecdotique, le refus des membres de l’IRIC de venir rendre hommage à ma mère illustre un malaise profond dans l’intelligentsia camerounaise. L’institut, censé former les futurs cadres diplomatiques du pays, est devenu une maison de résonance du RDPC, un bastion du conformisme où toute pensée critique est réprimée. À travers cette analyse, nous verrons comment le Cameroun a brisé l’esprit de ses intellectuels, les transformant en bureaucrates dociles, incapables de défendre des idées de progrès et de développement.
2. L’exclusion sociale sous le RDPC : un système de domination par la peur et l’isolement
• Le RDPC ne se contente pas d’exercer un pouvoir autoritaire sur les institutions, il fracture aussi le tissu social en opposant ceux qui lui sont loyaux à ceux qui osent penser autrement. L’absence des membres influents du parti lors des obsèques de ma mère démontre la profondeur de cette stratégie d’isolement et de répression sociale. Ce chapitre analyse comment le RDPC a réussi à diviser même les familles, à créer un climat de méfiance où le simple fait d’assister aux funérailles d’un opposant politique est perçu comme un acte de dissidence.
3. L’absence de la chefferie traditionnelle : la domestication des gardiens des traditions par le régime
• Dans les sociétés africaines, les chefs traditionnels sont censés être les piliers de la cohésion sociale, les protecteurs des valeurs ancestrales et les arbitres des conflits. Pourtant, au Cameroun, ils sont devenus des marionnettes du pouvoir, subordonnés au RDPC et contraints d’ignorer les souffrances de leurs propres populations. L’absence des chefs lors des funérailles de ma mère n’était pas un simple oubli, mais un acte politique : une démonstration de leur soumission totale à un régime qui les a vidés de leur autorité morale. Ce chapitre démontrera comment la capture de la chefferie par l’État a affaibli les structures communautaires et rendu les populations encore plus vulnérables face aux abus du pouvoir central.
4. Un hommage authentique : quand la vraie famille transcende les divisions artificielles
• Malgré ces absences et ces trahisons, la cérémonie a révélé une autre vérité : celle d’une famille véritable, non pas celle dictée par la politique ou les affiliations, mais celle du quotidien, du partage, de l’amour sincère et inconditionnel. Si les figures influentes du RDPC et les élites corrompues ont choisi de briller par leur absence, les amis sincères, les voisins, les proches et les anonymes ont répondu présents, prouvant que la solidarité humaine ne peut être totalement étouffée par la machine du régime. La messe pontificale, célébrée par Mgr Achille Eyabi, a marqué un moment de recueillement et de dignité, prouvant que, même dans un pays fracturé, certains espaces de vérité et d’humanité persistent.
Ainsi, ces obsèques ont été bien plus qu’un adieu à une mère ; elles ont été le miroir des maux profonds du Cameroun sous le RDPC. Elles ont révélé l’ampleur de l’exclusion sociale orchestrée par le régime, la soumission de l’élite intellectuelle, la trahison des valeurs traditionnelles par la chefferie et, paradoxalement, la force de la solidarité humaine face à l’oppression.
Un enterrement ne devrait jamais être un acte politique, et pourtant, au Cameroun, il l’est devenu. Quand même les morts ne peuvent rassembler les vivants, c’est que le régime en place a réussi à pervertir jusqu’aux liens les plus sacrés de la société. Mais l’histoire nous enseigne aussi que tout système de domination fondé sur la peur et la division finit un jour par s’effondrer.
Ce récit est donc à la fois un constat amer et un appel à la résilience : tant que l’humain prévaudra sur la politique, tant qu’il y aura des hommes et des femmes refusant de plier devant l’injustice, alors l’exclusion sociale imposée par le RDPC ne sera jamais totale.







I. L’absence des collègues de l’IRIC : Quand l’élite intellectuelle choisit le silence plutôt que l’engagement
L’intellectuel est censé être une boussole pour la société, un phare dans l’obscurité du conformisme et de la pensée unique. Pourtant, au Cameroun, l’élite académique s’est transformée en spectatrice silencieuse du délitement national. Le silence assourdissant de mes collègues de l’IRIC lors des obsèques de ma mère est la preuve que, dans ce pays, même la mort est politisée.
L’IRIC, censé former les élites diplomatiques du Cameroun, devrait être un creuset de réflexion critique sur l’État, la gouvernance et les relations internationales. Mais au lieu de cela, il est devenu une maison de résonance du RDPC, où la pensée critique s’arrête là où commence la peur des représailles.
Le jour des funérailles, je n’ai pas seulement enterré ma mère. J’ai aussi constaté la mort de la solidarité intellectuelle, l’agonie d’un milieu académique qui a renoncé à sa mission première : éclairer la société, dénoncer l’injustice, être un contre-pouvoir.
Quand le silence devient une forme de complicité
Si mes collègues de l’IRIC ont brillé par leur absence, ce n’est pas parce qu’ils ne pouvaient pas venir. C’est parce qu’ils ont choisi de ne pas être associés à un homme qui défie l’ordre établi. Le simple fait d’assister aux obsèques d’un intellectuel engagé dans l’opposition politique est perçu comme une prise de position risquée. Dans le Cameroun de Paul Biya, tout geste, même le plus anodin, est scruté à travers le prisme de l’allégeance au pouvoir.
Ce mutisme collectif est révélateur d’une dynamique plus large. L’universitaire camerounais, jadis figure respectée et redoutée du débat public, est devenu un fonctionnaire de la pensée, un bureaucrate du savoir, un diplomate du silence. Son rôle n’est plus de questionner l’État, mais de le légitimer par des discours vides et des recherches sans impact.
L’intellectuel camerounais : un prisonnier volontaire du système
Pourquoi ce silence ? Par peur, bien sûr. Au Cameroun, l’intellectuel qui ose parler est puni ; celui qui se tait est récompensé. Les nominations, les subventions, les promotions sont conditionnées par un allégeance tacite au régime. L’université, censée être un sanctuaire de la pensée libre, est aujourd’hui un laboratoire de l’autocensure.
En refusant de s’associer à un collègue qui défie le pouvoir, mes anciens camarades de l’IRIC ont confirmé qu’ils sont prisonniers d’un système où l’intellectuel ne doit pas penser, mais réciter. Ils ont choisi la prudence plutôt que la loyauté, la carrière plutôt que le courage, le silence plutôt que la vérité.
Une élite qui trahit sa mission
L’intellectuel n’a pas pour mission de se cacher derrière des titres et des privilèges. Il a le devoir de questionner, de déranger, de proposer. Mais au Cameroun, il est devenu un spectateur passif, un témoin muet de la déchéance nationale.
Le silence de mes collègues n’est pas juste une lâcheté individuelle, c’est une trahison collective. Une trahison de la jeunesse qui attend des modèles, une trahison du peuple qui a besoin de guides, une trahison de la mémoire des penseurs africains qui ont risqué leur vie pour une société plus juste.
À quoi sert un intellectuel qui ne pense pas ? À quoi sert un enseignant qui n’enseigne pas la vérité ? À quoi sert une élite qui préfère la soumission au combat ?
Dans ce Cameroun où l’intelligence est devenue un crime et le silence une vertu, il n’est plus étonnant que la médiocrité triomphe et que l’exclusion soit le prix du courage.
II. L’exclusion sociale sous le RDPC : un système de domination par la peur et l’isolement

Le régime du RDPC ne se contente pas de gouverner par la force ou la fraude électorale. Il contrôle aussi la société par un mécanisme insidieux : l’exclusion sociale. Dans le Cameroun de Paul Biya, ne pas appartenir au RDPC, c’est être marginalisé, isolé, traité comme un paria.
Un système qui brise les liens sociaux
L’absence de nombreux proches, collègues et figures influentes lors des obsèques de ma mère en est une illustration parfaite. Ce n’était pas un oubli. Ce n’était pas une coïncidence. C’était un message. Un message envoyé par un système qui punit ceux qui osent penser différemment. Refuser de soutenir le RDPC, c’est être mis au ban de la société, c’est voir ses relations s’effriter, c’est devenir un “intouchable” dans son propre pays.
Ce phénomène ne me concerne pas uniquement. Il est vécu par des milliers de Camerounais qui osent ne pas plier le genou devant le parti au pouvoir. Dans l’administration, dans les entreprises, dans les familles mêmes, le RDPC a instauré une logique d’exclusion où l’appartenance politique détermine qui a droit au respect, à l’entraide, au simple lien humain.
Diviser pour mieux régner
La stratégie est claire : créer une fracture sociale entre ceux qui “sont avec le parti” et ceux qui refusent de se soumettre. Ce n’est pas un hasard si les cadres du RDPC n’étaient pas présents aux funérailles. Ce n’est pas un hasard si même certains membres de ma famille affiliés au parti ont préféré l’absentéisme. La peur du régime est si profonde que même rendre hommage à une défunte devient un acte politique risqué.
On retrouve ce même mécanisme dans les milieux professionnels. Dans l’administration, une promotion n’est pas accordée sur la base du mérite, mais sur l’allégeance au RDPC. Dans les universités, les enseignants critiques sont mis à l’écart, bloqués dans leur avancement, exclus des cercles de décision. L’État ne se contente pas d’exclure ses opposants politiquement, il les condamne aussi à une mort sociale.
Une exclusion qui rappelle les divisions religieuses coloniales
L’absence de certains membres de ma famille aux obsèques de ma mère a révélé une vérité encore plus tragique : au Cameroun, la politique a remplacé la religion comme principal facteur de division sociale.
Autrefois, les familles africaines ont été déchirées par l’arrivée des religions monothéistes, qui ont imposé de nouveaux dogmes en opposition aux traditions ancestrales (Mudimbe, 1988). Aujourd’hui, le RDPC applique la même stratégie : il divise les familles, sépare les amis, et impose une allégeance idéologique comme condition d’intégration sociale.
• Soit vous êtes avec eux, soit vous êtes contre eux.
• Soit vous faites allégeance au RDPC, soit vous êtes considéré comme un paria.
Ce schéma a remplacé les valeurs d’entraide et de solidarité par une logique d’exclusion, où les liens de sang sont moins importants que les liens partisans.
Dans un pays où le pouvoir est monopolisé par une oligarchie vieillissante, l’adhésion au RDPC est devenue une condition de survie, et la neutralité un crime silencieux.
L’intimidation et le chantage comme outils de gouvernance
L’intimidation, dans ce contexte, devient un outil de gouvernance, ou du moins, de maintien du pouvoir. L’absence d’une réponse claire et cohérente du gouvernement face aux défis sociaux (comme la destruction du pont de Nkanla) est l’expression la plus évidente de ce climat de peur. Les citoyens, les intellectuels, les leaders communautaires savent qu’ils devront payer un prix s’ils osent défier l’ordre établi. C’est cette peur d’être écarté, ostracisé, voire puni, qui rends toute tentative d’opposition ou de protestation presque impossible.
Le mécanisme de chantage est subtil mais efficace : si vous ne vous alignez pas sur le pouvoir, vous perdez vos privilèges, vos relations, vos opportunités de carrière. Dans un pays où les moyens économiques et les opportunités sont limités, cette pression sociale devient écrasante. Cela pousse de nombreux Camerounais à se conformer au régime, non par conviction, mais par peur d’être réduits au silence, à la marginalisation, voire à l’anonymat total.
III. L’absence de la chefferie traditionnelle : la domestication des gardiens des traditions par le régime

Dans les sociétés africaines précoloniales, la chefferie traditionnelle était l’incarnation de l’autorité légitime, du lien ancestral et du garant de l’harmonie communautaire. Elle jouait un rôle central dans la régulation sociale, la résolution des conflits et la préservation des valeurs culturelles. Les chefs traditionnels étaient des figures respectées, au-dessus des querelles politiques, servant d’intermédiaires entre les vivants et les ancêtres, entre le peuple et les forces spirituelles.
Or, l’un des aspects les plus frappants des obsèques de ma mère a été l’absence des autorités traditionnelles, censées être les gardiennes du respect et de l’ordre moral dans nos communautés. Comment expliquer qu’une institution aussi ancrée dans notre histoire ait été dévoyée au point de devenir un simple prolongement du pouvoir politique ?
De la légitimité coutumière à l’asservissement politique : une trahison des valeurs ancestrales
Sous le régime du RDPC, les chefferies traditionnelles ont progressivement perdu leur autonomie pour devenir des instruments dociles du pouvoir central. Cette capture institutionnelle s’est faite par plusieurs moyens :
1. La cooptation et la nomination des chefs traditionnels par l’État
• Avant l’indépendance et dans les premières décennies postcoloniales, les chefs étaient désignés selon des critères historiques et coutumiers. Aujourd’hui, le RDPC a transformé cette fonction en un poste politique. Les chefs qui refusent de prêter allégeance au parti sont marginalisés, remplacés ou tout simplement ignorés.
• L’État ne reconnaît officiellement que les chefs qui servent ses intérêts, créant ainsi une fracture entre les chefs légitimes selon la tradition et ceux fabriqués par le pouvoir.
2. L’intégration des chefs dans l’appareil du RDPC
• À travers le décret présidentiel de 1977, modifié plusieurs fois, les chefs traditionnels ont été transformés en auxiliaires de l’administration, les obligeant à faire allégeance au parti unique.
• Certains d’entre eux deviennent des militants actifs du RDPC, servant plus les intérêts du parti que ceux des populations qu’ils sont censés représenter.
• Ils participent aux campagnes électorales, mobilisent leurs sujets pour voter en faveur du RDPC et répriment toute contestation locale.
3. L’instrumentalisation économique et financière des chefferies
• Les chefs traditionnels reçoivent des salaires de l’État, ce qui les place dans une situation de dépendance vis-à-vis du régime.
• En échange de cette subvention, ils doivent servir de relais du pouvoir en place, empêcher les contestations locales et neutraliser toute opposition politique dans leur territoire.
Cette domestication des chefferies traditionnelles par le RDPC a vidé ces institutions de leur essence. Plutôt que d’être des figures neutres et protectrices des populations, les chefs sont devenus des courroies de transmission du pouvoir.
L’absence de la chefferie à mes obsèques : un symbole de soumission totale au régime
Dans une société où la tradition reste profondément ancrée, les funérailles d’une personne sont un moment sacré où les chefs coutumiers ont un rôle crucial à jouer. Ils viennent honorer la mémoire du défunt, témoigner de la continuité du lien entre les vivants et les ancêtres, et réaffirmer l’appartenance du disparu à la communauté.
Le fait que les autorités traditionnelles aient brillé par leur absence lors des funérailles de ma mère n’était pas anodin. Il s’agissait d’un acte politique, une preuve de l’emprise totale du RDPC sur ces institutions supposées être indépendantes.
• Ce silence n’était pas un oubli, mais une allégeance : l’omission de leur présence à cette cérémonie reflète leur crainte d’être perçus comme proches d’un opposant politique.
• L’évitement était un message : en s’abstenant de participer, ces chefs montraient leur soumission totale au pouvoir en place, préférant l’obéissance au RDPC plutôt que le respect des traditions et des valeurs ancestrales.
Cette absence ne concernait pas seulement ma famille. Elle est le symptôme d’une situation bien plus grave qui touche toutes les familles camerounaises :
• Lorsqu’une chefferie traditionnelle préfère suivre les ordres d’un parti politique plutôt que de remplir son devoir envers son peuple, c’est que la société est en perdition.
• Lorsqu’un chef traditionnel doit choisir entre sa loyauté à l’État et son engagement envers son peuple, c’est que l’État a corrompu le fondement même de notre civilisation.
Dans un Cameroun où le RDPC a remplacé les coutumes par l’obéissance aveugle, où la parole des anciens est soumise aux injonctions de Yaoundé, que reste-t-il du respect des traditions ?
IV. Un hommage authentique : quand la vraie famille transcende les divisions artificielles

Le moment de recueillement, célébré par Mgr Achille Eyabi, docteur de l’Eglise, Evêque d’Eseka, fut une véritable messe pontificale, un hommage qui a transcendé les divisions artificielles et révélé la vraie famille. Ce fut un succès total, marquant la célébration de la vie de ma mère dans la vérité et la dignité, et une victoire de l’humanité sur la politique de division du pouvoir en place.
L’hommage rendu à ma mère fut un acte profondément émouvant et significatif, marquant bien plus qu’une simple cérémonie funéraire. Il fut, en effet, un moment de vérité et de résistance silencieuse face à la fracture sociale orchestrée par le régime du RDPC. Un hommage où la “vraie famille” s’est manifestée dans sa plus pure expression, dépassant les clivages politiques, les rivalités partisanes et les exclusions sociales. Cet hommage fut, avant tout, un rappel que, malgré les divisions imposées par le pouvoir, la véritable unité ne réside pas dans les alliances artificielles, mais dans la solidarité authentique des hommes et des femmes unis par des liens d’affection, d’histoire et de culture commune.
L’absence des membres du RDPC, ainsi que des collègues de l’IRIC, m’a profondément interpellé. Il n’était pas question ici de politique, mais de l’essence même de l’humanité : rendre hommage à un être cher, célébrer une vie, marquer un départ dans la dignité. Cette absence n’était pas seulement symbolique ; elle fut une démonstration flagrante de l’exclusion sociale systématique dont les citoyens sont victimes lorsqu’ils ne se conforment pas à la vision étroite et totalitaire du pouvoir en place. Il est difficile de ne pas voir dans cette absence une volonté délibérée d’ostracisme. Le RDPC, par son attitude, a non seulement marginalisé mon engagement politique, mais a également séparé les familles, transformant ce qui devrait être un acte de solidarité humaine en un enjeu de loyauté partisane.
Mais, malgré tout, l’âme de cette cérémonie fut celle de la famille véritable. Contrairement à l’image imposée par ceux qui se sont opposés à mon engagement, la famille qui a entouré ma mère, la véritable famille, n’a pas été celle qui se définissait par des liens politiques, mais par des liens de cœur et de mémoire. Elle n’a pas été celle des partis et des distinctions, mais celle des gens du peuple, des amis sincères, des voisins, des parents d’hier et d’aujourd’hui. Cette famille-là, la seule qui vaille, est celle qui transcende les barrières politiques et les préjugés. Elle est celle qui prend soin de l’autre sans attendre d’avantages politiques. Elle est celle qui, en silence, tisse les liens humains, ceux qui sont plus forts que toutes les manipulations et exclusions sociales.
Il est particulièrement révélateur de constater que l’absence de mes collègues de l’IRIC et des responsables du RDPC contraste directement avec la présence de ceux qui, de manière authentique, ont montré leur solidarité. Parmi eux, il y avait ceux qui se sont toujours tenus aux côtés de ma famille, indépendamment de la politique ou des affiliations partisanes. La véritable famille se compose de ceux qui sont là, dans les bons et mauvais moments, de ceux qui ont choisi de ne pas être aveuglés par des idéologies politiciennes, mais de faire preuve de respect humain et de fraternité. C’est cette famille-là qui, par sa présence, a dignement honoré la mémoire de ma mère.
Le contraste était d’autant plus frappant avec l’absence de la chefferie traditionnelle, pourtant supposée être un pilier de la communauté. Là aussi, cette absence n’était pas accidentelle. Elle témoigne de la manière dont les institutions traditionnelles, jadis considérées comme les garantes de l’unité communautaire, ont été infiltrées et dénaturées par le régime en place. La chefferie, autrefois perçue comme le lien social par excellence, a été réduite à un simple instrument de pouvoir, corrompu et isolé de la réalité du peuple. Elle ne pouvait, de ce fait, se rendre présente pour rendre hommage à une personnalité véritablement incarnée par la communauté, qui n’était pas issue de la sphère politique mais de la vie quotidienne.
L’absence de ces différentes figures du pouvoir n’a donc fait que souligner la vérité sur la société camerounaise actuelle : une société déchirée, divisée par des lignes tracées artificiellement par le régime, où la solidarité, l’humanité et l’empathie sont constamment écartées au profit d’une loyauté aveugle envers un système qui se nourrit de la division et de la peur. Mais dans ce contexte, un hommage authentique a su prendre forme, non pas à travers les gestes des puissants, mais grâce à ceux qui, loin de l’ombre de l’idéologie du RDPC, ont honoré ma mère avec sincérité et respect.
Conclusion : Un dernier adieu sous le poids d’un régime diviseur

Ce qui aurait dû être un moment de recueillement, un hommage solennel rendu à une mère disparue, s’est transformé en une démonstration éclatante du mal profond qui ronge la société camerounaise. Sous le régime du RDPC, même la mort ne suffit plus à rassembler, car elle est désormais soumise aux calculs politiques, aux allégeances partisanes et aux fractures sociales imposées par un pouvoir qui ne tolère aucune voix dissonante.
L’absence des collègues de l’IRIC a révélé l’emprise d’une culture du silence et du conformisme sur une élite intellectuelle qui, plutôt que de jouer son rôle de vigie de la société, se contente d’être l’écho du pouvoir en place. L’exclusion sociale dont j’ai été victime, au sein même de ma propre famille élargie, a mis en lumière l’un des piliers du système RDPC : diviser pour mieux régner, en instillant la peur et en brisant les liens naturels de solidarité. La soumission de la chefferie traditionnelle, autrefois bastion de la cohésion communautaire, montre combien le régime a su s’approprier les structures ancestrales pour les transformer en instruments de légitimation de son pouvoir.
Pourtant, au milieu de cette mise en scène de l’isolement et de la trahison des valeurs essentielles, une vérité éclatante s’est imposée : la vraie famille n’est pas celle dictée par les appartenances politiques, les titres ou les privilèges, mais celle qui demeure fidèle, qui résiste aux pressions et qui se tient debout dans l’épreuve. C’est cette famille-là, composée des proches sincères, des villageois et des âmes libres, qui a rendu un hommage digne à ma mère et a refusé de céder à la logique d’exclusion imposée par le régime.
Ainsi, ces obsèques sont devenues bien plus qu’une cérémonie funéraire : elles ont été une illustration tragique de la manière dont le RDPC a transformé la société camerounaise en une arène de suspicion, d’allégeance contrainte et d’opportunisme politique. Mais elles ont aussi été un acte de résistance, la preuve que malgré l’emprise du pouvoir, des poches de dignité subsistent et s’affirment.
L’histoire retiendra que, même sous le poids de la répression et de la manipulation, il existe encore des Camerounais capables de dire non à la division, capables d’honorer leurs morts sans compromission et de maintenir vivantes les valeurs de solidarité et d’authenticité que le régime tente d’enterrer. Mon adieu à ma mère a donc été aussi un adieu à une illusion : celle d’un Cameroun encore capable de fraternité sous ce régime. Mais il a été aussi un serment : celui de continuer à me battre pour un pays où plus jamais la mort ne servira d’instrument de ségrégation politique.
AU PAYS DE PAUL BIYA: SOIT ON PERD SON ÂME, SOIT ON PERD SA VIE – Analyse approfondie de la défaillance de l’Etat du Cameroun à travers une expérience personnelle, les obsèques de ma mère (SUITE 2)
PARTIES II et III

CHAPITRE 2: Construire avec le PEUPLE ce que la MAIRIE DE POUMA A DÉTRUIT sous LE REGARD COMPLICE DE L’ÉTAT : un acte de résistance face à l’abandon
Un État qui laisse détruire ses infrastructures vitales sans réagir est un État complice. Un État qui ignore les cris de détresse de ses citoyens est un État assassin. Et un État qui, face à la souffrance de son peuple, choisit le silence est un État mort. Le pont de Nkanla n’a pas été détruit par une catastrophe naturelle. Il a été détruit par une entreprise privée, sous le regard complice de la mairie de Pouma et dans l’indifférence totale de l’administration camerounaise.
Ce pont n’était pas un simple passage. C’était le cordon ombilical reliant les populations de Nkanla 1 et 2 au reste du pays, leur permettant d’accéder aux marchés, aux écoles, aux hôpitaux, et tout simplement de vivre. Pendant trois à quatre ans, ces populations ont été abandonnées, privées d’un droit aussi fondamental que celui de se déplacer librement.
Nous avons écrit à toutes les autorités concernées : la mairie, la sous-préfecture, la préfecture, et même les instances supérieures de l’administration centrale. Silence absolu. Pas une seule réponse, pas un seul acte concret, pas même une visite sur le terrain pour constater l’ampleur du drame. Pire encore, lorsque j’ai interpellé les autorités lors du conseil municipal du 31 décembre 2024, le représentant du préfet est resté muet, aussi inerte qu’une statue, comme si ce crime ne le concernait pas.
Alors, face à cette trahison étatique, il ne nous restait qu’une seule solution : prendre nous-mêmes en main notre destin et reconstruire ce que l’État a laissé détruire.

Un projet titanesque sans les moyens de l’État
Reconstruire un pont sans les moyens d’un État, dans un village tropical enclavé, relève d’un défi herculéen. Mais lorsque l’injustice devient insupportable, la résistance devient une nécessité. Nous avons donc lancé la reconstruction avec les forces et les ressources du peuple, dans un esprit de solidarité qui contraste avec la lâcheté des autorités.

Le coût total des travaux s’est élevé à près de 3 500 000 FCFA, entièrement financés par mes propres fonds. Un chiffre dérisoire comparé aux budgets astronomiques que l’État alloue chaque année à des projets fictifs dont l’argent disparaît dans les poches de l’élite corrompue.
Voici comment ces fonds ont été répartis :
1. Mobilisation des jeunes travailleurs :
• Près de 100 jeunes, y compris ceux des villages avoisinants comme Dibang, ont été mobilisés.
• Transport : Les amener sur le site n’a pas été une mince affaire, nécessitant des véhicules et des motos.
• Nourriture et eau potable : Travailler sous le soleil brûlant, avec des outils rudimentaires, exigeait de nourrir correctement les volontaires. Chaque jour, nous avons dû acheter du riz, du maïs, du manioc, de la viande, et de l’eau potable.
2. Prospection et coupe du bois :
• Dans une région tropicale, le choix du bois est crucial. Il fallait une essence robuste, résistante à l’humidité et aux termites.
• Nous avons mené une prospection en forêt pendant plusieurs jours, identifiant les arbres appropriés et organisant leur abattage dans le respect de l’environnement et des traditions locales.
• Transport du bois : Une tâche titanesque. Faute de grues ou d’équipements modernes, nous avons transporté les troncs à la force humaine et avec des charrettes improvisées.
3. Construction du pont :







• Assemblage des poutres : Sans machines, tout a été fait à la hache, à la scie et à la machette. Chaque poutre a été taillée avec précision pour garantir la stabilité de l’ouvrage.
• Fixation et renforcement : Nous avons utilisé des cordes solides, des clous en acier et des techniques artisanales éprouvées par des générations de bâtisseurs locaux.
• Remblayage et stabilisation : La terre et les pierres ont été compactées pour solidifier les abords du pont et empêcher son effondrement en saison des pluies.
Chaque jour, sous un soleil accablant, pieds nus pour certains, avec des mains couvertes d’ampoules, ces jeunes ont travaillé sans relâche pour restaurer ce que l’État avait laissé détruire.
L’État complice : silence et mépris face à la souffrance des populations
Ce chantier a révélé deux Cameroun diamétralement opposés. D’un côté, le Cameroun du peuple, celui qui, sans ressources, sans budget, sans soutien institutionnel, est capable de reconstruire un pont vital par la force de sa volonté et de sa solidarité. De l’autre, le Cameroun des élites corrompues, qui, malgré des milliards de francs CFA en budget, est incapable de garantir une infrastructure de base à ses citoyens.
L’administration, pourtant alertée depuis des années, n’a rien fait. Et ce silence est un aveu de complicité. Comment expliquer qu’un individu privé puisse reconstruire un pont avec 3 500 000 FCFA, tandis que l’État, avec ses milliards, ne bouge pas le petit doigt ?
Ce n’est pas un oubli. Ce n’est pas une négligence. C’est une politique délibérée de mépris et de prédation. Laisser mourir les infrastructures publiques est un moyen pour la mafia au pouvoir de justifier de nouveaux budgets qu’ils détournent ensuite. Et si une communauté ose se prendre en charge, ils réagissent par la répression, car un peuple autonome est un peuple dangereux pour un régime autoritaire.
Quand la solidarité du peuple supplante l’incompétence de l’État
Face à cet abandon criminel, les jeunes de Nkanla et Dibang ont donné une leçon d’honneur et de dignité à l’administration camerounaise. Ils ont montré que la résilience et la solidarité valent mieux que les promesses creuses des politiciens.
Pendant des jours, ils ont travaillé dans des conditions extrêmes. Ils ne demandaient pas des salaires exorbitants, des contrats juteux, ou des privilèges. Ils voulaient juste rétablir un droit fondamental : celui de circuler librement sur leur propre territoire.
Et ils l’ont fait. Le pont de Nkanla a été reconstruit par la sueur et le sang de ces jeunes, et non par les milliards dilapidés dans les hôtels de luxe de Yaoundé et de Genève.

Un acte de résistance, un modèle pour l’avenir
Ce projet ne fut pas qu’une simple réparation d’infrastructure. C’était un acte de résistance politique, un défi lancé à un État qui a fait de la négligence une arme contre son propre peuple.
Si 100 jeunes ont pu reconstruire un pont avec 3 500 000 FCFA, que pourrions-nous accomplir avec une gestion honnête et patriotique des ressources publiques ? Cette question, les dirigeants du Cameroun refusent de se la poser, car la réponse est une menace pour leur règne.
Le pont de Nkanla est plus qu’un passage restauré. C’est un symbole de ce que nous, Camerounais, pouvons réaliser si nous refusons d’être esclaves d’un système corrompu.
Et si l’État refuse de nous écouter, alors nous devons bâtir notre propre avenir, pierre après pierre, poutre après poutre, en nous souvenant toujours que ce pays appartient au peuple, et non à ceux qui le pillent.
Et c’est dans cette lutte que j’ai failli laisser ma propre vie, lors de la troisième étape de mon séjour : un accident de moto sur une route délabrée, une route qui, comme tant d’autres au Cameroun, aurait dû être entretenue par un État qui, encore une fois, n’a pas fait son travail.

CHAPITRE 3 : UN ACCIDENT ÉVITABLE, UN ÉTAT CRIMINEL: QUAND LA ROUTE DEVIENT UNE ARME DE MORT

Dans un pays normal, voyager d’un point A à un point B ne devrait pas être un pari sur la vie ou la mort. Mais au Cameroun, l’état des routes est si catastrophique qu’un simple trajet peut se transformer en tragédie. Le 4 février 2025, sur la colline dangereuse de Dongui, j’ai failli perdre la vie. Victime d’un accident de moto où je partais chercher ma voiture au garage, sur une route totalement délabrée, j’ai quitté cet endroit avec une jambe en lambeaux, une douleur indicible et une conviction encore plus forte : au Cameroun, l’incurie de l’État tue autant que la répression politique.
Un réseau routier en état de mort clinique
Si l’on voulait résumer en une image l’échec du régime de Paul Biya, il suffirait de photographier une route camerounaise après une pluie. Ornières béantes, bitume éventré, poussière suffocante en saison sèche et rivières de boue en saison des pluies : tel est le sort de la majorité des axes routiers du pays.
Selon la Banque mondiale (2022), plus de 90 % des routes rurales au Cameroun sont impraticables après une forte pluie. Et pourtant, chaque année, des milliards de francs CFA sont officiellement destinés à l’entretien routier. Où va cet argent ? Dans les poches des pontes du régime, dans les comptes offshore de ministres corrompus, tandis que le peuple, lui, paie le prix du sang.
Le cas de la colline de Dongui est emblématique. Depuis des décennies, cette route est un piège mortel pour ceux qui l’empruntent. Trop pentue, mal entretenue, transformée en un véritable champ de mines par les intempéries, elle aurait dû être sécurisée depuis des années. Mais l’État camerounais ne construit pas des routes pour ses citoyens. Il en construit pour des marchés surfacturés, pour enrichir une oligarchie qui ne circule jamais sur ces axes mortels, préférant les avions privés et les convois sécurisés.
Le Cameroun enregistre l’un des taux de mortalité routière les plus élevés d’Afrique. Selon l’OMS (2023), plus de 16 500 Camerounais meurent chaque année dans des accidents de la route, soit l’équivalent d’un massacre permanent et silencieux, orchestré par l’incompétence et la corruption.
Un accident qui aurait pu m’être fatal
Ce jour-là, j’allais chercher ma voiture au garage à Pouma lorsque ma moto a perdu le contrôle sur cette route en ruine. En une fraction de seconde, j’ai vu défiler ma propre mort. La moto a percuté une crevasse, j’ai été projeté violemment au sol et ma jambe s’est écrasée sous le poids de la moto. Une douleur fulgurante a traversé mon corps. Au sol, incapable de bouger, j’ai réalisé à quel point nous, Camerounais, sommes à la merci de l’incompétence de ceux qui nous gouvernent.
Mon accident n’était pas un simple fait divers. C’était un crime d’État. Car chaque trou non réparé, chaque route abandonnée, chaque infrastructure délaissée est une sentence de mort signée par ce régime. Si les routes camerounaises étaient entretenues, cet accident ne se serait jamais produit. Mais au Cameroun, comme dans bien d’autres domaines, la norme est l’abandon, le mépris, et l’indifférence totale face aux souffrances du peuple.
L’indifférence des pouvoirs publics face à la détresse des citoyens
Après mon accident, aucun service d’urgence n’est venu me secourir. Dans un pays où les ambulances sont des luxes réservés aux ministres, les victimes d’accidents doivent compter sur la chance et la solidarité populaire. J’ai été transporté tant bien que mal par des villageois, sur une route qui, ironie du sort, était en aussi mauvais état que celle qui m’avait blessé.
Les hôpitaux camerounais, eux aussi victimes de décennies de mauvaise gestion, offrent peu d’espoir à ceux qui y arrivent en situation d’urgence. Selon le Rapport sur la Santé en Afrique (2023), plus de 60 % des hôpitaux publics camerounais souffrent d’un manque criant de matériel médical et de personnel qualifié. Pourtant, les élites du régime ne s’y soignent jamais : elles prennent l’avion pour la France, la Suisse ou les États-Unis, pendant que le peuple est abandonné à son sort dans des structures médicales délabrées.
J’ai survécu à cet accident, mais combien d’autres n’ont pas cette chance ? Combien de Camerounais meurent chaque jour sur des routes qui devraient être sûres, dans un pays qui pourrait largement se permettre de les entretenir si les fonds publics étaient réellement investis dans le développement au lieu d’être pillés par une caste prédatrice ?
Quand l’absence d’État devient une condamnation à mort
Mon accident sur la colline de Dongui est plus qu’un simple événement personnel. Il est le symbole d’un Cameroun où l’on ne meurt pas seulement de maladie ou de vieillesse, mais aussi de négligence, de corruption et de l’abandon total du peuple par ses dirigeants. Au Cameroun, chaque trajet est un pari sur la vie. Chaque kilomètre parcouru est un défi contre la mort.
Et le plus tragique, c’est que cet état des routes n’est pas une fatalité. D’autres pays africains, avec des budgets similaires, ont su construire et entretenir des infrastructures viables. Le Rwanda, malgré des ressources bien moindres, possède un réseau routier en bien meilleur état que le Cameroun, simplement parce que la corruption y est combattue et que l’argent public sert réellement à l’intérêt collectif.
Mais au Cameroun, l’État ne sert pas le peuple. Il le méprise. Il le sacrifie. Il lui impose une souffrance quotidienne qui, à force d’être banalisée, est devenue la norme. Et c’est cette normalisation du chaos qui est la plus révoltante.
Je suis reparti de la colline de Dongui avec une jambe meurtrie, mais avec une détermination encore plus forte : ce pays ne changera pas tant que ceux qui l’ont plongé dans cet état ne seront pas balayés.
Si nous acceptons cet état des choses, alors nous nous condamnons nous-mêmes à mourir sur des routes éventrées, dans des hôpitaux sans médicaments, dans des écoles qui s’effondrent. Mais si nous refusons, si nous nous levons pour exiger des comptes, pour réclamer la justice, alors il reste un espoir.
De la route délabrée aux obsèques d’une mère : une transition amère
Malgré la douleur et les séquelles de mon accident, je n’avais pas le luxe de m’arrêter. Un autre combat m’attendait : rendre un dernier hommage à ma mère, dans un pays où même le deuil est politisé. Car si la route du Cameroun est un enfer physique, le système politique qui l’accompagne est un enfer moral où la division, la haine et la peur dictent qui peut pleurer avec vous et qui ne le peut pas.

A suivre …
AU PAYS DE PAUL BIYA: SOIT ON PERD SON ÂME, SOIT ON PERD SA VIE – Analyse approfondie de la défaillance de l’Etat du Cameroun à travers une expérience personnelle, les obsèques de ma mère ( Racontée en 5 parties)
PARTIE I : Introduction et Chapitre 1

INTRODUCTION: Un voyage de deuil, un retour à l’enfer
Dans le cadre de mes publications académiques, j’ai souvent l’opportunité de voyager, de parcourir le monde pour confronter mes idées avec d’autres chercheurs, pour débattre de la gouvernance, du développement et des systèmes politiques. Mais aucun voyage ne m’a autant marqué que mon retour au Cameroun pour les obsèques de ma mère.
Parti au pays avec deux pieds, j’en suis reparti avec trois, une béquille sous le bras et le poids du désespoir dans le cœur. Ce n’était pas qu’un deuil personnel que je vivais, mais le deuil d’un pays en perdition, d’un État en lambeaux, d’une société où la souffrance est devenue une norme et où l’injustice est érigée en système.
Ce récit n’est pas seulement le témoignage d’un seul individu que je suis, il s’agit d’une réalité partagée par des millions de Camerounais qui, qu’ils soient sur place ou à l’étranger, sont piégés dans un pays où tout est conçu pour briser les âmes, humilier les citoyens et les priver de leur dignité. Ce que j’ai vécu en quelques semaines est le quotidien de ceux qui y survivent chaque jour : des infrastructures abandonnées, un État absent, une administration corrompue, un système de santé en ruine et une société profondément divisée par la politique du régime en place.
À travers cinq étapes marquantes – de la destruction d’un pont à Ngompem et du mépris des autorités, à ma tentative désespérée de reconstruire ce que l’État refusait de réparer ( à mes propres frais = 3 500 000 FCFA) , en passant par un accident sur des routes délabrées, l’isolement social dû à mon engagement politique et un exil médical forcé – je raconte ici le calvaire d’un peuple pris au piège d’un régime qui ne lui offre qu’une alternative : la soumission ou la mort.
Le Cameroun de Paul Biya est devenu un enfer à ciel ouvert où la misère est institutionnalisée, où la jeunesse est abandonnée, où les élites gouvernantes ne se préoccupent que de leur propre survie. Ce texte n’est pas un simple témoignage, c’est un cri d’alarme, une radiographie d’un pays en état de décomposition avancée. Il met en évidence les maux profonds qui gangrènent notre société et appelle à une prise de conscience collective, car il ne s’agit pas que du sort d’un individu, mais bien de l’avenir de tout un peuple.
CHAPITRE 1 . L’indifférence criminelle de l’État : 31 Décembre 2025 à Pouma, le combat pour un pont et la dignité des citoyens

Lorsque je suis retourné au Cameroun après quelques jours Angleterre après un séminaire, pour les obsèques de ma mère, je ne m’attendais pas à être confronté à l’une des formes les plus manifestes du mépris de l’État pour ses citoyens : la privation du droit fondamental à la mobilité. À Ngompem, dans l’arrondissement de Pouma, un pont essentiel reliant le même village avait été détruit depuis plus de trois ans par une entreprise privée opérant sous le regard passif des autorités locales.
Ce pont, loin d’être un simple ouvrage d’ingénierie, représentait un lien vital pour les populations locales, leur permettant d’accéder aux marchés, aux écoles, aux hôpitaux et aux services administratifs. Sans lui, ces citoyens étaient réduits à l’isolement, coupés du reste du pays comme des prisonniers enfermés dans un ghetto à ciel ouvert.

Le 31 décembre 2024, je me suis rendu au conseil municipal de Pouma pour exiger des explications. Face à moi, le représentant du Préfet de la SANAGA MARITIME, le maire adjoint de Pouma, le sous-préfet, les membres du conseil municipal, tous figures d’une administration qui prétend gouverner mais qui, en réalité, abandonne ses citoyens à leur sort. Ils ne voulaient pas me donner la parole, comme si évoquer le sort de ces populations invisibilisées était une offense. Ils ne voulaient pas entendre que depuis trois à quatre ans, des Camerounais étaient privés de leur droit le plus élémentaire : celui de se mouvoir. Leur attitude était symptomatique d’un régime qui a fait de la surdité institutionnelle un mode de gouvernance.
L’infrastructure : un luxe réservé aux grandes villes et aux élites

Le cas du pont de Ngompem n’est pas un incident isolé. Il est le reflet d’un problème systémique au Cameroun : la négligence des infrastructures, en particulier celles situées en dehors des centres urbains stratégiques. Selon un rapport de la Banque Mondiale (2022), plus de 60% des routes au Cameroun sont en mauvais état, et près de 45% des localités rurales sont difficilement accessibles pendant la saison des pluies. Pourtant, la Constitution camerounaise et plusieurs engagements internationaux signés par l’État garantissent le droit à la libre circulation comme un principe fondamental.
Alors que les membres du gouvernement voyagent en jets privés et que les hauts fonctionnaires circulent dans des véhicules de luxe achetés avec l’argent du contribuable, des millions de Camerounais risquent leur vie chaque jour sur des routes défoncées, des ponts effondrés, des pistes impraticables. L’injustice saute aux yeux : l’argent qui aurait pu être investi pour améliorer les infrastructures publiques est détourné pour enrichir une élite restreinte qui ne se sent redevable à personne.
Le mépris des autorités : une politique de l’inaction
Lors de cette réunion du conseil municipal, j’ai vu de mes propres yeux à quel point les dirigeants locaux ne se sentaient ni responsables ni concernés par les souffrances des populations qu’ils sont censés administrer. Non seulement ils ont refusé de me donner la parole, mais ils ont également cherché à minimiser le problème, comme si trois ans d’isolement forcé n’étaient qu’un désagrément mineur.
Ce mépris pour les doléances des citoyens est un des traits caractéristiques du régime Biya. D’après le classement 2023 de l’Indice Ibrahim de la gouvernance africaine, le Cameroun se classe 35e sur 54 pays africains en matière de participation et de droits humains, ce qui reflète le manque de considération des autorités pour les préoccupations des populations. L’administration camerounaise fonctionne comme une forteresse bureaucratique coupée du monde réel, où les décisions sont prises sans consultation, où l’inaction est la règle et où toute voix dissidente est réduite au silence.
L’absence de responsabilité : une impunité institutionnalisée

Le scandale du pont de Ngompem n’est qu’un exemple parmi tant d’autres où l’administration refuse de rendre des comptes. Qui est responsable de sa destruction ? Pourquoi aucune entreprise n’a été tenue de le reconstruire ? Où sont passés les fonds censés être alloués à l’entretien des infrastructures ? Ces questions restent sans réponse, car dans un pays où la corruption siphonne près de 30% du budget de l’État chaque année (Transparency International, 2023), les dirigeants ne se sentent pas obligés de justifier leur incompétence.
En réalité, la destruction du pont est le résultat d’un système où les entreprises privées, souvent liées à des membres influents du régime, peuvent détruire des infrastructures publiques en toute impunité, sans jamais être inquiétées. L’administration locale, au lieu de défendre les intérêts des populations, se contente d’observer passivement, ou pire, de tirer profit de ces situations.
Une administration qui nie l’humanité de son peuple
Ce qui m’a le plus marqué lors de cette confrontation avec le conseil municipal de Pouma, ce n’est pas seulement leur refus de m’écouter, mais l’indifférence avec laquelle ils ont balayé les souffrances de milliers de personnes. Cette attitude traduit une vérité plus profonde : dans le Cameroun de Paul Biya, l’État ne considère pas ses citoyens comme des êtres humains dignes de respect, mais comme des sujets dont on peut ignorer les droits et la dignité.
Il ne s’agit pas seulement d’un pont détruit. Il s’agit d’une politique d’abandon délibéré, d’une stratégie où l’État punit les populations rurales en les privant des services les plus élémentaires. Il s’agit d’une mentalité où la classe dirigeante vit dans une bulle de privilèges pendant que le reste du pays s’enfonce dans la misère et l’oubli.
Ce jour-là, en quittant la salle du conseil municipal sans avoir été écouté, j’ai compris une chose essentielle : dans ce pays, il ne suffit pas de dénoncer, il faut agir, car l’État ne viendra jamais au secours de son peuple. Et c’est ainsi que j’ai pris la décision qui allait marquer la deuxième étape de mon séjour : reconstruire moi-même ce que le gouvernement avait laissé s’effondrer.
CHAPITRE 2. Construire avec le peuple ce que l’État a détruit : un acte de résistance face à l’abandon
QUATRE DÉCENNIES DE MENSONGES TRANSGÉNÉRATIONNELS: COMMENT PAUL BIYA A TROMPÉ MES PARENTS, MA GÉNÉRATION ET VEUT HYPOTHÉQUER L’AVENIR DE MES ENFANTS ET PETITS ENFANTS

Introduction : Le Mensonge Transgénérationnel de Paul Biya
En préparant les obsèques de ma défunte mère qui auront lieu le 7 et 8 Février 2025 à Ngompem, un village sans eau potable, sans électricité, sans routes praticables, coupé en 2 par la destruction de ses ponts et dépourvu de tout service social de base, j’ai découvert dans leurs archives personnelles les cartes de membres du RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais) de mes parents datant des années 90. Ces archives étaient plus qu’un simple souvenir : elles incarnaient leur foi dans les promesses d’un homme, Paul Biya, et dans son régime, qui avaient promis de transformer le Cameroun en une nation prospère. Mais cette foi, maintes fois renouvelée à chaque élection depuis 1982, n’a jamais été récompensée. Mes parents sont partis dans la pauvreté, comme des millions d’autres Camerounais, trahis par des décennies de mensonges.
Cette découverte m’a confronté à une question existentielle : pourquoi avons-nous, en tant que générations successives, permis à ce système de perdurer ? Nos parents ont cru en des promesses de développement, notre génération a été bercée par des illusions d’émergence, et aujourd’hui, on nous demande d’être complices en transmettant ces mensonges à nos enfants et petits-enfants.
Le Cameroun, sous Paul Biya, est devenu un exemple frappant de stagnation déguisée en progrès. À travers des promesses récurrentes de prospérité économique, de modernisation des infrastructures, et de paix sociale, le régime a tissé un discours séduisant, mais creux, qui a maintenu le pays dans un état de dépendance économique et de sous-développement chronique. Les statistiques sont accablantes : près de 40 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (Banque mondiale, 2023), les infrastructures de base sont en ruine, et la jeunesse, qui constitue 60 % de la population, fait face à un chômage massif et un avenir incertain.
Cet article vise à poser une vérité essentielle : le règne de Paul Biya est un règne de promesses non tenues, un mensonge transgénérationnel qui a piégé les espoirs de plusieurs générations. À l’aube des élections présidentielles de 2025, il devient impératif de rompre ce cycle. Ce papier analyse comment ce régime a trahi nos parents, sacrifié notre génération, et tente aujourd’hui de condamner nos enfants à un avenir similaire. À travers des données rigoureuses, nous démontrerons pourquoi les Camerounais doivent dire non aux mensonges des futures générations et saisir cette opportunité historique pour un changement radical et collectif.
1. Les Promesses Non Tenues à la Génération de Nos Parents
Lorsque Paul Biya accède au pouvoir en 1982, il hérite d’un Cameroun relativement stable et prospère, avec un potentiel économique significatif. Son discours inaugural promet un « Renouveau National », basé sur l’unité, la prospérité et la modernisation. Cependant, cette vision s’est rapidement érodée, laissant derrière elle un pays embourbé dans des défis structurels, notamment pour les générations de nos parents qui ont soutenu ce régime avec espoir. Joseph Takougang (2019), dans son livre “Cameroon under Paul Biya: Continuity or Change?”, note que « les promesses faites dans les premières années du Renouveau National n’étaient que des outils de propagande pour consolider le pouvoir, sans stratégie claire de mise en œuvre. »
1.1. Les Déficiences en Développement Rural
L’une des promesses phares du régime Biya était de moderniser les zones rurales pour réduire les disparités entre les régions urbaines et rurales. Pourtant :
• Accès à l’électricité : En 1982, environ 60 % des villages camerounais étaient privés d’électricité (Banque mondiale, 1985). Aujourd’hui, près de 40 % des zones rurales restent non électrifiées, selon les statistiques de la Banque africaine de développement (BAD, 2022). Cette lente progression reflète un manque d’investissement dans les infrastructures.
• Manque d’accès à l’eau potable : Un rapport de l’UNICEF (2021) indique que seuls 37 % des Camerounais vivant en milieu rural ont accès à des sources d’eau potable, une situation presque inchangée depuis les années 1980.
Ces carences condamnent des millions de familles rurales à vivre dans des conditions précaires, où les maladies hydriques et l’insécurité alimentaire persistent.
1.2. Échec des Infrastructures Routières
Paul Biya avait promis de connecter les zones rurales aux centres urbains pour stimuler l’agriculture et les échanges économiques. Cependant, le Cameroun figure encore parmi les pays africains les moins bien desservis en infrastructures routières. Mbaku & Takougang (2004) dans “The Leadership Challenge in Africa” expliquent que « l’incapacité du régime Biya à investir dans les infrastructures critiques dans les années 1980 a marqué le début d’un déclin systémique dans les zones rurales. »
• Statistiques alarmantes : En 2023, seuls 5,7 % des routes sont asphaltées (source : Global Economy Report, 2023), un chiffre qui place le Cameroun bien en dessous de la moyenne africaine, estimée à 20 %.
• Conséquences économiques : Selon une étude du Centre pour la Recherche et le Développement Durable en Afrique (CERDA, 2020), l’agriculture camerounaise perd 40 % de sa production annuelle en raison de l’inaccessibilité des marchés.
Ces failles dans le réseau routier affectent directement les villages comme celui de mes parents, où la pauvreté est exacerbée par l’isolement économique.
1.3. Des Services Sociaux Dégradés
Malgré les promesses d’améliorer les conditions de vie, les services sociaux de base tels que la santé et l’éducation restent désastreux :
• Santé : L’espérance de vie moyenne au Cameroun était de 46 ans en 1982 et est passée à 60 ans en 2023 (Banque mondiale, 2023). Bien que cela représente une amélioration, cette progression est bien inférieure à celle des pays comparables comme le Ghana ou le Sénégal. Les zones rurales continuent de souffrir d’un manque criant de centres de santé, avec seulement 1 médecin pour 10 000 habitants (OMS, 2023).
• Éducation : En 1982, le taux d’alphabétisation était de 41 %. En 2023, il avoisine les 77 %, mais cette augmentation masque une qualité d’éducation médiocre. Les enseignants, souvent sous-payés et démotivés, ne sont pas en mesure d’assurer une formation adéquate.
1.4. L’Héritage d’une Génération Trompée
Mes parents, comme des millions d’autres Camerounais de leur génération, ont cru aux promesses du RDPC et ont activement soutenu le régime. Mais ces promesses n’ont jamais été tenues. Leur mort dans un village dépourvu d’eau, d’électricité et de routes symbolise l’échec de cette génération à voir les fruits du « Renouveau National ».
1.5. Appel à la Mémoire Collective
Les échecs du passé doivent nous alerter. La génération de nos parents a été dupée par des discours vides de sens et des promesses irréalistes. En tant que leurs héritiers, nous devons refuser de continuer sur cette voie. Le renouveau qu’ils espéraient n’a jamais vu le jour, et c’est à nous de briser ce cycle de mensonges générationnels.
2. Une Génération Sacrifiée : Mon Témoignage Personnel
La génération née dans les années 1970 et 1980, à laquelle j’appartiens, a grandi sous les promesses du « Renouveau National ». Ces années étaient marquées par une croyance collective que l’avenir, sous la gouvernance de Paul Biya, serait plus prospère que celui de nos parents. Pourtant, cette foi s’est heurtée à une dure réalité : chômage massif, système éducatif défaillant et insécurité omniprésente. Ma génération est devenue une génération sacrifiée, piégée dans un cycle d’échec et de désillusion.
2.1. Le Chômage : Une Bombe à Retardement
Malgré les engagements répétés du régime Biya de réduire le chômage et de stimuler l’économie, la réalité a été bien différente :
• Taux de chômage et sous-emploi :
En 2023, le taux de chômage officiel au Cameroun était de 6 % selon l’INS (Institut National de la Statistique). Toutefois, ces chiffres masquent une autre réalité : plus de 70 % des travailleurs camerounais sont employés dans le secteur informel, selon la Banque mondiale (2022). Les jeunes diplômés sont les plus touchés, avec un taux de sous-emploi estimé à 77 %.
• Promesses non tenues en matière d’emploi :
En 2001, le gouvernement a lancé le programme « Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté » (DSRP), qui visait à créer des opportunités d’emploi pour les jeunes. Deux décennies plus tard, les résultats sont minimes, avec une économie encore largement dépendante du secteur primaire et des emplois non qualifiés.
Dans leur analyse des politiques économiques de Biya, Amin et Fokam (2020) concluent que « les réformes économiques, en particulier les programmes d’ajustement structurel des années 1990, ont marginalisé davantage les jeunes en détruisant les secteurs publics et industriels qui auraient pu absorber la main-d’œuvre qualifiée. »
Nkemngu (2019), dans son étude sur l’emploi au Cameroun, indique que « l’incapacité du gouvernement à moderniser le secteur industriel a transformé le Cameroun en une économie de survie, où les jeunes survivent au lieu de s’épanouir. »
2.2. Un Système Éducatif en Ruine
La formation de ma génération a été profondément affectée par un système éducatif qui n’a cessé de se détériorer sous le régime Biya.
• Statistiques éducatives :
En 2022, le Cameroun affichait un taux brut de scolarisation primaire de 88 %, mais seulement 45 % des enfants inscrits atteignent le secondaire (UNESCO, 2023). De plus, les infrastructures éducatives sont en lambeaux, avec une moyenne de 85 élèves par classe dans les écoles publiques rurales.
• Faibles investissements :
Le budget alloué à l’éducation représente en moyenne 3,5 % du PIB, un chiffre bien en deçà de la recommandation de l’UNESCO de 6 %.
• Condition des enseignants :
Les enseignants camerounais, souvent non payés pendant plusieurs mois, mènent des grèves fréquentes. En 2022, plus de 30 000 enseignants du primaire étaient encore des vacataires, selon un rapport du Syndicat National des Enseignants du Cameroun (SNEC).
Tchombe (2021), dans son étude sur l’éducation en Afrique centrale, souligne que « l’absence de stratégie éducative cohérente a produit une génération d’apprenants incapables de rivaliser sur le marché globalisé. »
Mforteh et Ndi (2018) notent que « la priorisation des grands projets politiques sur l’éducation illustre l’abandon des valeurs fondamentales qui définissent un État développementaliste. »
2.3. Une Crise Sécuritaire Persistante
Le Cameroun sous Paul Biya est marqué par une insécurité croissante, exacerbant les défis auxquels ma génération fait face :
• Conflits armés :
La guerre contre Boko Haram dans l’Extrême-Nord et la crise anglophone ont déplacé plus de 900 000 personnes à l’intérieur du pays (HCR, 2023). Ces conflits ont détruit des infrastructures, perturbé les activités économiques et créé un climat de peur.
• Budget militaire exorbitant :
En 2023, le Cameroun a consacré 1,5 milliard de dollars (soit 6 % de son PIB) à la défense, selon le SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute). Malgré ces dépenses, l’insécurité persiste, en particulier dans les régions anglophones où des milliers de vies ont été perdues.
• Impact sur la jeunesse :
La militarisation de certaines régions a rendu impossible l’accès à l’éducation pour des milliers d’enfants et de jeunes. En 2023, plus de 30 % des écoles dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest étaient fermées en raison de la crise (UNICEF, 2023).
Mbuh et Ndifor (2022) dans “The Anglophone Crisis in Cameroon” notent que « la réponse militarisée de l’État n’a pas seulement aggravé le conflit, mais a aussi détruit les aspirations économiques et éducatives des jeunes. »
Fonkeng (2021) souligne que « la négligence des causes profondes des crises a transformé les régions affectées en zones de non-droit, contribuant à la désillusion des jeunes. »
2.4. Une Génération Désabusée
Ma génération a été témoin d’une trahison systématique :
• Nous avons grandi avec l’idée que l’éducation nous ouvrirait les portes de l’emploi, mais nous nous sommes retrouvés face à un marché saturé et inhospitalier.
• Nous avons espéré un système politique stable, mais avons vu les conflits se multiplier.
• Nous avons cru en la modernisation promise, mais avons hérité de villes et de villages où les services sociaux sont inexistants.
Ces frustrations alimentent une profonde désillusion chez les jeunes, beaucoup d’entre eux choisissant l’exil, tandis que d’autres sombrent dans le désespoir ou l’activisme radical.
2.5. Une Génération à Revendiquer
L’échec de la génération de mes parents à obtenir un véritable « renouveau » a transformé ma génération en victime collatérale des politiques du régime Biya. Nous devons refuser de laisser cet échec s’étendre à nos enfants. Cet héritage de désillusion doit devenir un appel à l’action pour construire un Cameroun plus juste, plus équitable et véritablement tourné vers l’avenir.
3. La Complicité Inacceptable : Paul Biya et le Mensonge Transgénérationnel
Après avoir menti à la génération de nos parents et sacrifié celle de nos enfants, Paul Biya cherche à prolonger son règne en manipulant notre génération et celle de nos enfants. Les élections présidentielles de 2025 sont un moment critique où ce régime espère encore une fois nous embarquer dans un cycle de promesses creuses et de trahisons historiques. Cette stratégie repose sur la création d’une illusion de changement, alors qu’elle ne fait que perpétuer un système défaillant.
3.1. Des Promesses Électorales Répétitives et Illusoires
Depuis les années 1980, le régime de Paul Biya a construit son discours autour de promesses ambitieuses, mais systématiquement non tenues :
• Promesses économiques : En 1987, Biya avait promis de transformer le Cameroun en une « économie émergente » avant l’an 2000. En 2009, il a renouvelé cette promesse en fixant l’horizon 2035 pour atteindre cet objectif. Pourtant, selon le classement de la Banque mondiale (2023), le Cameroun reste classé parmi les pays à revenu intermédiaire inférieur, avec un PIB par habitant de seulement 1 540 USD, très en deçà des normes des économies émergentes.
• Emplois pour la jeunesse : En 2018, lors de sa campagne électorale, Paul Biya avait promis de créer 500 000 emplois par an. Or, les rapports du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle (2022) indiquent que seulement 15 000 emplois formels ont été créés en moyenne par an depuis 2018, soit moins de 3 % de l’objectif.
• Projets d’infrastructure : Le régime a annoncé plusieurs « grands projets » tels que le port en eau profonde de Kribi, le barrage hydroélectrique de Lom Pangar et l’autoroute Yaoundé-Douala. Bien que certains aient vu le jour, leur gestion inefficace, marquée par des surcoûts massifs et des délais prolongés, a limité leur impact sur l’économie nationale (Transparency International, 2023).
Takougang (2019) décrit ces promesses répétées comme un « cycle de déception institutionnalisée », soulignant que « le régime utilise des projets symboliques pour masquer l’absence de réforme structurelle. »
Selon Fomba et Kamdem (2021), « l’économie camerounaise stagne à cause de politiques incohérentes qui privilégient la communication politique au détriment des résultats concrets. »
3.2. Un État Capturé par les Intérêts Personnels
Le régime de Paul Biya a été marqué par une gestion patrimoniale de l’État, où les ressources publiques sont utilisées pour maintenir le pouvoir au lieu de servir la population :
• Corruption endémique : En 2022, le Cameroun se classait 138e sur 180 pays dans l’Indice de Perception de la Corruption de Transparency International. Chaque année, le pays perd environ 30 % de son budget public à cause de la corruption, selon le Contrôle supérieur de l’État.
• Endettement croissant : La dette publique du Cameroun représentait 46,8 % du PIB en 2023, contre 13 % en 2008 (Banque mondiale). Cette augmentation est due à des emprunts mal gérés pour financer des projets souvent inachevés.
• Gestion népotique : Le système administratif est gangrené par le favoritisme, où des proches du pouvoir occupent des postes stratégiques, indépendamment de leur compétence.
Bayart (1993), dans “The State in Africa: The Politics of the Belly”, décrit les régimes comme celui de Biya comme des systèmes où l’État devient une source de prédation économique pour l’élite politique.
Fonkeng (2020) note que « l’absence de transparence dans la gestion publique a consolidé une oligarchie qui contrôle tous les secteurs clés de l’économie. »
3.3. Un Héritage Désastreux pour les Générations Futures
Si rien ne change, nos enfants et petits-enfants hériteront d’un Cameroun marqué par :
• Un appauvrissement chronique : Selon le PNUD (2022), 37,5 % de la population vit encore en dessous du seuil de pauvreté. Les projections indiquent que ce chiffre pourrait augmenter si les réformes structurelles nécessaires ne sont pas mises en œuvre.
• Un système éducatif désuet : En l’absence d’investissements significatifs, les infrastructures éducatives continueront à se dégrader, compromettant l’avenir des jeunes Camerounais.
• Une dette insoutenable : La dette extérieure du Cameroun est projetée à atteindre 25 milliards de dollars d’ici 2030 (FMI, 2023), laissant peu de marge pour financer les services publics essentiels.
• Un climat d’insécurité persistante : La gestion inefficace des crises actuelles (crise anglophone, Boko Haram) risque de créer une instabilité prolongée, privant les générations futures de la paix et de la sécurité nécessaires au développement.
Mbuh (2022) affirme que « l’échec à résoudre les crises actuelles compromet non seulement la stabilité à court terme, mais aussi le développement à long terme. »
UNICEF (2023) indique que « sans une réforme urgente du système éducatif, plus de 50 % des enfants camerounais risquent de devenir des adultes non qualifiés, incapables de contribuer efficacement à l’économie. »
3.4. Un Appel au Réveil Collectif
Paul Biya cherche à prolonger son règne en manipulant la mémoire collective et en jouant sur les peurs d’un changement. Mais il est temps de dire non à cette stratégie. Refuser de participer à cette mascarade électorale, c’est refuser d’être complice d’un mensonge qui condamne nos enfants et petits-enfants à un avenir de pauvreté et de stagnation.
4. Dire Non aux Mensonges : L’Appel à une Révolution Générationnelle
Les Camerounais, en particulier notre génération et celles qui suivent, doivent rompre avec les mensonges institutionnalisés du régime de Paul Biya. Depuis son accession au pouvoir en 1982, les promesses non tenues se sont accumulées, alimentant le déclin économique, social et politique du pays. Ce cycle de tromperie et de stagnation appelle à un éveil collectif, à une prise de conscience nationale pour bâtir un avenir meilleur.
4.1. Un État au Bord de l’Effondrement
Le Cameroun est aujourd’hui confronté à des crises multiformes qui menacent sa stabilité à long terme :
• Crise économique persistante :
Selon la Banque mondiale (2023), le taux de croissance économique du Cameroun est en moyenne de 3,5 % par an, insuffisant pour réduire significativement la pauvreté ou améliorer les infrastructures publiques. En comparaison, des pays comme le Rwanda et l’Éthiopie affichent des taux supérieurs à 6 %, avec des programmes de réformes axés sur l’innovation et l’industrialisation.
• Dégradation des infrastructures :
Plus de 70 % des routes du pays sont en mauvais état, limitant l’accès aux marchés et augmentant les coûts de transport. Les villages ruraux, comme celui de Ngompem, où mes parents, ont vécu et sont décédés, sont les plus touchés. Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD, 2022) estime que l’absence d’infrastructures modernes réduit la productivité agricole de 40 %, aggravant la pauvreté.
• Déséquilibres sociaux :
En 2023, le GINI index du Cameroun, mesurant les inégalités, était de 46,6, indiquant une concentration extrême des richesses entre les mains d’une élite restreinte, alors que 37,5 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
Bayart (1993) affirme que les régimes comme celui de Paul Biya perpétuent des inégalités en utilisant l’État comme un outil de prédation économique.
Tchouassi et Fokam (2021) décrivent la politique économique camerounaise comme « un système incapable de générer une croissance inclusive, enfermant le pays dans un cercle vicieux de pauvreté et de dépendance extérieure. »
4.2. Le Poids de la Corruption : Un Système à Déconstruire
La corruption sous le régime de Paul Biya est institutionnalisée, sapant toute tentative de réforme ou de progrès.
• Coût de la corruption :
Environ 30 % du budget annuel du Cameroun, soit plus de 5 milliards de dollars, est détourné chaque année (Transparency International, 2023). Ces fonds auraient pu financer la construction d’écoles, d’hôpitaux et d’infrastructures essentielles.
• Conséquences pour les générations futures :
Les ressources qui auraient pu être investies dans le développement durable sont dilapidées. Par exemple, l’endettement croissant du pays (46,8 % du PIB en 2023) compromet la capacité de l’État à financer des projets à long terme.
Ndifor et Ambe (2019) concluent que « la corruption est à la fois une cause et une conséquence de la faiblesse des institutions au Cameroun, perpétuant un état de stagnation nationale. »
Dans son analyse de la gestion publique au Cameroun, Essomba (2020) note que « la culture de l’impunité a ancré la corruption comme un élément structurel de la gouvernance. »
4.3. Un Appel au Réveil Citoyen
Pour mettre fin à ce cycle de mensonges et de promesses non tenues, un mouvement citoyen massif est nécessaire.
• Engagement politique des jeunes :
En 2023, plus de 60 % de la population camerounaise avait moins de 30 ans (INS, 2023). Cependant, leur participation politique reste faible, en grande partie à cause du sentiment de désillusion et de méfiance envers les institutions. La mobilisation des jeunes est cruciale pour porter des leaders nouveaux et visionnaires.
• Exemples de changement dans d’autres pays :
Les récentes transitions démocratiques en Zambie, au Malawi, au Sénégal, au Burkina Faso, au Mali et en Guinée montrent qu’un leadership engagé et une mobilisation populaire peuvent transformer des systèmes corrompus en opportunités pour les citoyens.
Cheeseman (2022), dans “How to Rig an Election”, montre que des sociétés jeunes et dynamiques peuvent renverser des régimes autoritaires par la mobilisation et la dénonciation des abus.
Kondoh et Ndong (2021) analysent comment la jeunesse africaine, en particulier à travers les réseaux sociaux, joue un rôle croissant dans l’éveil démocratique et la dénonciation des abus de pouvoir.
4.4. Repenser le Modèle de Gouvernance : Vers un État Développementaliste Communautaire
Pour sortir le Cameroun de cette spirale de stagnation, il faut adopter un modèle de gouvernance centré sur le développement humain, basé sur les principes suivants :
• Investissements massifs dans l’éducation et la santé :
Revoir les priorités budgétaires pour allouer 10 % du PIB à l’éducation et 7 % à la santé, conformément aux recommandations de l’UNESCO et de l’OMS.
• Diversification de l’économie :
Passer d’une économie basée sur l’exportation de matières premières (pétrole, bois) à une industrialisation accrue.
• Décentralisation effective :
Donner aux collectivités locales les moyens de décider et d’agir, au lieu de centraliser les décisions à Yaoundé.
Ndongmo (2020), dans “The Path to Sustainable Development in Central Africa”, plaide pour une décentralisation comme clé d’un développement inclusif.
World Bank (2023) recommande des politiques économiques qui mettent l’accent sur la transformation agricole et industrielle pour stimuler la croissance.
4.5. Un Nouveau Contrat Social : La Responsabilité de Dire Non
Dire non aux mensonges du régime Biya, c’est dire oui à un Cameroun nouveau :
• Oui à une gouvernance transparente.
• Oui à des politiques économiques inclusives.
• Oui à un système éducatif et sanitaire accessible à tous.
Les élections présidentielles de 2025 offrent une opportunité historique de briser ce cycle de tromperie transgénérationnelle. Nous devons refuser de légitimer un régime qui a échoué à répondre aux besoins fondamentaux de ses citoyens.
Conclusion : Rompre avec le Cycle de Mensonges et de Stagnation
Le règne de Paul Biya, qui s’étend sur plus de quatre décennies, est un témoignage accablant d’un système politique marqué par des promesses non tenues, des illusions entretenues et une gouvernance axée sur la perpétuation du pouvoir plutôt que sur le progrès collectif. À travers les générations, ce régime a perfectionné l’art du mensonge : des engagements initiaux envers nos parents qui ont été brisés, à la désillusion de notre propre génération, jusqu’à la tentative de condamner nos enfants à un avenir sans espoir.
Les faits sont clairs : le Cameroun est aujourd’hui embourbé dans une crise multidimensionnelle. Économiquement, nous sommes confrontés à une stagnation chronique avec près de 40 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté. Socialement, les infrastructures de base restent inexistantes dans de nombreuses régions, reflétant un État qui a failli à son devoir envers ses citoyens. Politiquement, la corruption et le népotisme ont consolidé un système qui privilégie l’élite au détriment de la majorité. Ces réalités ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un régime qui a fait de la manipulation et de l’inaction une stratégie de gouvernance.
L’heure n’est plus au silence ni à la résignation. À l’aube des élections présidentielles de 2025, les Camerounais ont une opportunité historique de rompre avec ce cycle de mensonges et de trahisons. Dire non à ce régime, c’est dire oui à un avenir différent : un avenir où nos ressources seront investies dans l’éducation, la santé, les infrastructures, et le développement économique durable ; un avenir où nos enfants et petits-enfants pourront rêver, innover et bâtir sans être écrasés par l’héritage de la stagnation.
Le changement ne viendra pas de l’élite politique actuelle, mais de la prise de conscience collective de chaque citoyen camerounais. Nous devons refuser d’être complices du mensonge transgénérationnel et agir pour construire un État développementaliste, inclusif et prospère. Ensemble, nous avons le pouvoir de transformer le Cameroun, de briser les chaînes du passé et d’inaugurer une nouvelle ère de responsabilité, de justice et de progrès.
Paul Biya et son régime incarnent le passé. L’avenir appartient à ceux qui ont le courage de dire non, de se lever et de bâtir. Le Cameroun mérite mieux, et l’histoire nous jugera sur les choix que nous ferons aujourd’hui. La révolution générationnelle est en marche – à nous de la mener avec détermination et espoir.
Bibliographie
1. Banque Mondiale. (2023). Rapport sur le développement mondial : Croissance économique et inégalités au Cameroun. Washington, DC : World Bank Publications.
2. Bayart, J.-F. (1993). L’État en Afrique : La politique du ventre. Paris : Fayard.
3. Cheeseman, N. (2022). How to Rig an Election. New Haven : Yale University Press.
4. Essomba, P. L. (2020). The Culture of Impunity in Cameroon: Governance and Corruption. Yaoundé : Presses Universitaires du Cameroun.
5. Institut National de la Statistique (INS). (2023). Données statistiques sur la population et l’économie du Cameroun. Yaoundé : INS Cameroun.
6. Kondoh, H., & Ndong, J. P. (2021). Youth Mobilization in Africa: Social Media and Political Change. Johannesburg : African Studies Review.
7. Ndifor, A., & Ambe, C. (2019). Corruption and Economic Decline in Cameroon: A Systematic Analysis. Douala : Centre for Economic Studies.
8. Ndongmo, R. M. (2020). The Path to Sustainable Development in Central Africa: Lessons for Cameroon. Libreville : Central African Development Press.
9. Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). (2022). Rapport sur le développement humain au Cameroun : Défis et opportunités. New York : United Nations Development Programme.
10. Transparency International. (2023). Indice de perception de la corruption 2023 : Cameroun. Berlin : Transparency International.
11. Tchouassi, G., & Fokam, A. J. (2021). The Vicious Circle of Poverty and Underdevelopment in Cameroon: Rethinking Economic Policies. Yaoundé : African Economic Research Consortium.
12. World Bank. (2023). Enhancing Economic Diversification in Sub-Saharan Africa: Cameroon Case Study. Washington, DC : World Bank Publications.
LA DECISION DE S.E PAUL BIYA QUI M’A CHOQUÉ LE PLUS CETTE ANNÉE: PROROGATION DES MANDATS DES ÉLUS ET IMMOBILISME GOUVERNEMENTAL, UNE RECOMPENSE AUX MÉDIOCRES ET UNE ENTRAVE AU DÉVELOPPEMENT LOCAL

Résumé :
L’article analyse la décision du président Paul Biya de proroger les mandats des députés et des maires, ainsi que le maintien de son gouvernement sans modification, en 2024. Bien que justifiée par un calendrier électoral chargé, cette décision reflète une gouvernance caractérisée par l’inaction et l’absence de responsabilité. Cette prorogation, accompagnée de l’immobilisme au sein du gouvernement, exacerbe les déficiences institutionnelles, érode la démocratie et freine le développement local. L’article examine les implications de ces mesures, s’appuyant sur des études académiques pour souligner l’importance de la responsabilité et de l’évaluation dans la gouvernance.
Mots-clés : prorogation des mandats, gouvernance, développement local, Paul Biya, immobilisme politique, responsabilité institutionnelle
Abstract :
This article analyzes President Paul Biya’s 2024 decision to extend the mandates of deputies and mayors, while maintaining the current government composition. Though justified by a packed electoral calendar, this move highlights governance marked by inaction and lack of accountability. The extension, coupled with political inertia, exacerbates institutional deficiencies, weakens democracy, and hinders local development. Drawing on academic studies, the article underscores the critical role of accountability and evaluation in governance.
Keywords: mandate extension, governance, local development, Paul Biya, political inertia, institutional accountability

Introduction
Il n’y a qu’au Cameroun où l’on récompense les médiocres. La récente décision du président Paul Biya de proroger les mandats des députés et des conseillers municipaux en est une illustration frappante. Officialisée par la Loi N°2024/011 et le Décret N°2024/328, cette prorogation prolonge les mandats des députés à l’Assemblée nationale jusqu’au 30 mars 2026 et ceux des conseillers municipaux jusqu’au 31 mai 2026. Bien que cette mesure soit techniquement légale, elle constitue une entorse flagrante aux principes démocratiques et à l’exigence de responsabilité des élus.
Cette décision s’inscrit dans un contexte où la performance des élus prolongés est largement remise en question. Au lieu de profiter de cette occasion pour exiger des comptes sur leur gestion, le gouvernement semble avoir choisi de valider leur inaction. Les députés, censés contrôler l’action gouvernementale, se contentent souvent de jouer un rôle figuratif, négligeant leur mission de représenter les intérêts des citoyens. De leur côté, les conseillers municipaux, responsables du développement local, peinent à répondre aux besoins fondamentaux des populations, comme l’illustre la dégradation des infrastructures dans des villes comme Yaoundé et Douala.
Cette prorogation, loin d’être une mesure isolée, reflète une tendance récurrente sous le régime de Paul Biya. Déjà en 2019, une prorogation similaire avait été mise en œuvre, invoquant les mêmes justifications logistiques et financières. Ces reports successifs traduisent un dysfonctionnement systémique dans la gestion des processus électoraux, renforçant l’idée d’un pouvoir central plus préoccupé par sa propre pérennité que par la satisfaction des aspirations populaires.
Au-delà de son impact immédiat sur le calendrier électoral, cette décision soulève des questions fondamentales sur l’état de la démocratie camerounaise. Elle met en lumière une gouvernance marquée par l’inertie, où les institutions censées servir de contre-pouvoir sont progressivement affaiblies. Les citoyens, déçus par l’absence de renouvellement et de progrès, perdent confiance dans le système politique, ce qui exacerbe le désengagement civique et l’abstention lors des scrutins.
Cet article propose d’analyser en profondeur les implications de cette prorogation sur la démocratie et le développement local au Cameroun. En examinant les performances des élus concernés, l’impact sur les institutions locales et nationales, ainsi que les conséquences socio-économiques de cette gouvernance stagnante, il met en évidence les défis auxquels le pays est confronté. Plus encore, il appelle à une réflexion urgente sur la nécessité de réformes structurelles pour restaurer la confiance dans les institutions et promouvoir une gouvernance centrée sur la responsabilité et l’efficacité.
1. Contexte et Justification de la Prorogation
1.1. Une Mesure d’Exception devenue une Norme
La prorogation des mandats des députés et des maires par Paul Biya est une décision qui, bien que techniquement conforme à la loi, est devenue une réalité récurrente au Cameroun. Le prétexte avancé est celui d’un calendrier électoral surchargé, regroupant potentiellement plusieurs scrutins en 2025, notamment les présidentielles, législatives et municipales. Cependant, une analyse plus approfondie révèle que cette mesure ne résulte pas uniquement de contraintes organisationnelles, mais aussi d’une stratégie politique visant à éviter des élections incertaines dans un contexte de mécontentement généralisé.
Depuis 2013, le Cameroun a connu au moins deux prorogations similaires (2018 et 2019), établissant ainsi une tendance préoccupante où des élections, pourtant essentielles au renouvellement démocratique, sont ajournées sans évaluation rigoureuse. Les autorités mettent souvent en avant des difficultés financières ou logistiques, mais ces justifications masquent mal une incapacité chronique à respecter un calendrier démocratique.
La prorogation décidée en 2024, officialisée par la Loi N°2024/011 et le Décret N°2024/328, illustre cette dérive. Les élections locales, prévues initialement en 2025, auraient dû permettre de renforcer la représentativité et la légitimité des élus locaux. Pourtant, en optant pour une prolongation des mandats jusqu’en 2026, le gouvernement a choisi de maintenir en poste des dirigeants souvent critiqués pour leur inefficacité.
Selon Lindberg (2006), des élections régulières et transparentes constituent un pilier fondamental pour la démocratie. Elles permettent aux citoyens d’évaluer leurs représentants et de leur confier, ou non, un nouveau mandat. Au Cameroun, cette continuité forcée des mandats empêche toute forme de reddition de comptes et encourage un système où la médiocrité peut prospérer sans conséquence.
1.2. Conséquences sur la Démocratie Camerounaise
La prorogation des mandats ne nuit pas seulement aux collectivités locales ; elle affaiblit également les institutions démocratiques nationales. Les députés, censés représenter les intérêts des citoyens, voient leur rôle réduit à celui de simples exécutants des directives gouvernementales. Ces élus, reconduits sans consultation populaire, manquent souvent d’incitations à améliorer leurs performances. Ainsi, les questions cruciales, telles que les réformes nécessaires pour une décentralisation effective ou les initiatives visant à renforcer la transparence budgétaire, restent largement négligées.
Un autre effet direct de cette prorogation est l’érosion de la confiance des citoyens dans les institutions publiques. Une enquête réalisée par Afrobarometer (2021) montre que seulement 23 % des Camerounais estiment que leurs élus locaux représentent réellement leurs intérêts. Ce chiffre, déjà bas, risque de diminuer davantage dans un contexte où les élus restent en fonction sans avoir à justifier leurs actions.
En comparaison, des pays comme le Ghana, qui organisent des élections régulières et crédibles, illustrent comment des institutions renforcées peuvent favoriser une plus grande implication citoyenne. Par exemple, au Ghana, les périodes électorales sont souvent accompagnées d’un débat public animé, qui permet non seulement d’évaluer les élus sortants, mais aussi de susciter l’engagement des jeunes et des nouveaux acteurs politiques.
La prorogation au Cameroun, en revanche, crée un cercle vicieux où les mêmes figures politiques dominent la scène nationale sans offrir d’améliorations tangibles. Cela nourrit un sentiment d’aliénation parmi les citoyens et affaiblit l’idée même de la démocratie comme moteur de développement.
2. L’Impact sur le Développement Local
2.1. Dysfonctionnements Structurels dans les Collectivités Locales
Les collectivités locales camerounaises occupent une position centrale dans la gestion des infrastructures de base et des services sociaux. Toutefois, leur inefficacité chronique, exacerbée par la prorogation des mandats des maires, freine considérablement le développement local. À Yaoundé, par exemple, la prolifération des déchets dans les marchés, notamment au Marché Mokolo, illustre la mauvaise gestion des ordures ménagères. Ces dysfonctionnements ont des impacts directs sur la santé publique, avec une recrudescence des maladies liées à l’insalubrité, comme le choléra.
Dans le domaine des infrastructures, Douala, la capitale économique, en est un autre exemple frappant. Le projet de modernisation du réseau routier, annoncé en 2017, est toujours au point mort. Des zones comme Bonabéri ou Ndogbong souffrent de l’absence de routes praticables, ce qui complique non seulement le transport des marchandises, mais également les déplacements quotidiens des habitants. Ces retards, attribués à une planification urbaine défaillante, reflètent l’incapacité des élus locaux à répondre aux besoins urgents des citoyens.
En comparaison, des villes africaines comme Kigali, au Rwanda, montrent comment une gestion municipale efficace peut transformer les communautés. À travers une combinaison de planification stratégique, de participation citoyenne et de partenariats public-privé, Kigali a réussi à devenir une référence en matière de gestion urbaine. Les marchés locaux y sont bien organisés, les déchets ménagers sont collectés régulièrement et les infrastructures sont modernisées. Cette réussite démontre l’importance d’avoir des élus compétents et motivés, capables de mobiliser les ressources nécessaires pour améliorer la qualité de vie des citoyens.
2.2. Conséquences Socio-économiques Directes
L’impact économique des dysfonctionnements municipaux est également significatif. À Douala, par exemple, l’absence de marchés formels bien aménagés a conduit à une prolifération des marchés informels. Ces espaces, bien qu’utiles pour une économie de subsistance, échappent largement aux collectes fiscales. Cela prive les municipalités de ressources financières essentielles pour financer des projets de développement. Une étude de la Banque Mondiale (2020) a montré que des systèmes de collecte fiscale inefficaces réduisaient de 20 à 30 % le potentiel de croissance des économies locales.
De plus, les retards dans la mise en œuvre des infrastructures de base découragent les investissements. Les entreprises locales, confrontées à un réseau routier dégradé et à des services publics insuffisants, peinent à prospérer. À titre d’exemple, plusieurs petites et moyennes entreprises (PME) du secteur agricole, basées dans la périphérie de Yaoundé, ont signalé des difficultés à transporter leurs produits vers les centres urbains en raison du mauvais état des routes. Cela limite leur capacité à atteindre les marchés, réduisant ainsi leurs revenus et leur compétitivité.
L’impact se fait également sentir sur le plan social. L’absence de logements sociaux décents, combinée à une mauvaise planification urbaine, a conduit à une augmentation des bidonvilles dans des quartiers comme Makepe à Douala ou Etoudi à Yaoundé. Ces zones surpeuplées manquent souvent d’accès à l’eau potable et aux services de base, créant un environnement propice à la marginalisation sociale.
2.3. Un Exemple à Suivre : Le Modèle Rwandais
Le Rwanda offre un exemple convaincant de ce que peut accomplir une gouvernance locale bien structurée. À travers des initiatives telles que le programme « Umuganda » (travail communautaire), le pays a mobilisé ses citoyens pour participer activement à des projets de développement. En investissant dans des infrastructures modernes, comme les routes et les marchés, Kigali a attiré des investisseurs et amélioré la vie de ses habitants. Ce modèle montre qu’avec des élus compétents et une vision claire, les collectivités locales peuvent devenir des moteurs de développement économique et social.
2.4. Une Opportunité Manquée pour le Cameroun
La prorogation des mandats des maires prive le Cameroun d’une opportunité précieuse pour restructurer et revitaliser ses collectivités locales. En laissant en place des élus inefficaces, le gouvernement perpétue un cercle vicieux d’inefficacité et de stagnation. Pour rompre ce cycle, des mécanismes d’évaluation rigoureux doivent être introduits, afin d’identifier les lacunes dans la gestion municipale et de promouvoir un leadership responsable.
3. Le Maintien du Gouvernement : Une Double Punition pour le Développement
3.1. Une Gouvernance d’Inaction
Le maintien d’un gouvernement pratiquement inchangé sous Paul Biya, malgré les défis croissants auxquels le Cameroun est confronté, illustre une gouvernance figée dans l’inaction. Depuis des décennies, les mêmes figures politiques occupent les postes-clés du gouvernement, créant une inertie institutionnelle qui freine le développement. Des ministères stratégiques, tels que ceux en charge des Travaux publics, de l’Éducation et de la Santé, sont dirigés par des personnalités qui, malgré leurs échecs répétés, demeurent en place. Par exemple, le retard dans la construction de l’Hôpital régional de Garoua, lancé en 2015, reste une épine dans le pied du ministère de la Santé. Ce projet, censé améliorer l’accès aux soins dans le nord du pays, est toujours inachevé en 2024.
Dans le domaine des infrastructures, les promesses non tenues abondent. Le projet d’autoroute Douala-Yaoundé, annoncé comme une priorité nationale, souffre d’interruptions régulières et de dépassements budgétaires massifs. Les retards répétés et l’absence de sanctions à l’encontre des responsables impliqués traduisent un manque criant de leadership et de responsabilité au sein du gouvernement.
Cette stagnation n’est pas sans conséquences. Elle alimente une méfiance croissante envers les institutions étatiques et décourage les initiatives locales. Les citoyens, confrontés à des infrastructures en ruine et à des services publics déficients, perdent confiance dans la capacité de l’État à répondre à leurs besoins. L’immobilisme politique perpétue également un système où la médiocrité est tolérée, voire encouragée, au détriment de l’innovation et de l’efficacité.
3.2. Les Réformes Sacrifiées
Le maintien du gouvernement actuel empêche la mise en œuvre de réformes structurelles pourtant cruciales. L’un des domaines les plus affectés est la décentralisation. Bien que cette réforme ait été inscrite dans la Constitution depuis 1996, sa mise en œuvre reste largement symbolique. Les collectivités locales continuent de dépendre du gouvernement central pour des décisions qui devraient relever de leur compétence. Cela limite leur capacité à élaborer des politiques adaptées aux réalités locales.
Un exemple révélateur est celui des budgets municipaux. De nombreuses mairies se plaignent de ne pas recevoir les fonds nécessaires à temps, ce qui bloque des projets cruciaux tels que la réhabilitation des écoles ou la création de centres de santé. Cette situation aurait pu être résolue si le gouvernement avait entrepris des réformes pour accroître l’autonomie des collectivités locales. Au lieu de cela, le statu quo persiste, avec des élus locaux souvent réduits à des rôles de figurants.
Par ailleurs, l’absence de réformes dans le secteur de l’éducation illustre également cet immobilisme. Les enseignants, en particulier dans les zones rurales, continuent de travailler dans des conditions précaires. L’amélioration de la qualité de l’éducation, qui aurait pu être priorisée par un gouvernement plus dynamique, reste une promesse non tenue. Selon une étude de l’UNESCO (2022), le Cameroun figure parmi les pays où le ratio élèves-enseignants est l’un des plus élevés en Afrique, ce qui affecte directement les performances scolaires.
3.3. Les Conséquences pour la Jeunesse
L’un des aspects les plus préoccupants de cet immobilisme est le message qu’il envoie à la jeunesse camerounaise. Le maintien des mêmes dirigeants, malgré des performances médiocres, renforce l’idée que les efforts individuels et la compétence ne sont pas valorisés. Cette perception décourage les jeunes talents d’investir dans les affaires publiques et renforce l’exode des cerveaux.
Selon une enquête d’Afrobarometer (2021), près de 70 % des jeunes Camerounais estiment que leurs aspirations ne sont pas prises en compte par la classe politique actuelle. Cette désillusion pousse de nombreux jeunes à chercher des opportunités à l’étranger, privant le pays de sa ressource la plus précieuse : son capital humain. À titre d’exemple, des secteurs prometteurs comme les technologies de l’information ou l’agro-industrie souffrent d’un manque de talents, car les jeunes formés préfèrent s’établir dans des pays offrant un environnement plus favorable.
3.4. Un Appel à l’Action
Pour rompre ce cercle vicieux, un changement radical s’impose. Il est essentiel d’introduire des mécanismes pour évaluer régulièrement les performances des ministres et des élus, afin de promouvoir une culture de responsabilité. Les gouvernements de pays comme le Sénégal ont montré qu’un remaniement ministériel, bien planifié et basé sur des critères de performance, peut insuffler une nouvelle dynamique dans la gouvernance. Par exemple, au Sénégal, le secteur de l’agriculture a connu une transformation significative après l’introduction de nouvelles politiques par un ministre compétent et engagé.
Le Cameroun pourrait s’inspirer de ces exemples pour réorganiser ses institutions et donner aux jeunes leaders la possibilité de contribuer au développement national. Cela nécessitera une volonté politique forte et une rupture avec les pratiques actuelles d’immobilisme et de favoritisme.
4. Perspectives et Recommandations
4.1. Renforcer la Reddition des Comptes
Pour pallier les carences structurelles identifiées, il est impératif d’instaurer une culture de la reddition des comptes à tous les niveaux de la gouvernance. Les élus locaux, prolongés dans leurs fonctions sans consultation populaire, devraient être soumis à des mécanismes d’évaluation rigoureux. Cela peut inclure des audits annuels indépendants pour examiner leurs performances et la gestion des ressources publiques. Par exemple, des outils comme les « Citizen Report Cards », utilisés dans plusieurs pays d’Asie et en Afrique du Sud, permettent de recueillir des retours directs des citoyens sur la qualité des services publics.
Au Cameroun, ces mécanismes pourraient être mis en œuvre par des institutions telles que la Chambre des Comptes ou des ONG locales spécialisées dans la transparence gouvernementale. Une telle démarche garantirait que les maires et députés restent redevables envers les citoyens qu’ils sont censés servir. En outre, ces évaluations pourraient être publiées pour encourager une concurrence saine entre les collectivités locales et stimuler l’innovation dans la prestation des services.
4.2. Promouvoir un Renouvellement Politique
Le renouvellement de la classe politique est essentiel pour insuffler une nouvelle dynamique au Cameroun. Cela implique non seulement d’organiser des élections régulières, mais aussi de créer un environnement favorable à l’émergence de nouveaux leaders. Des pays comme le Kenya ont mis en place des quotas pour encourager la participation des jeunes et des femmes à la politique. Cette initiative a permis un rajeunissement progressif de la classe dirigeante et une meilleure représentation des groupes marginalisés.
Pour le Cameroun, cela pourrait inclure des réformes électorales visant à réduire les obstacles financiers et administratifs à la candidature, ainsi que la création de plateformes de formation pour les jeunes leaders. Par exemple, des programmes tels que le « Mandela Washington Fellowship », qui forme de jeunes Africains au leadership, pourraient être adaptés au contexte local pour préparer une nouvelle génération d’acteurs politiques compétents et éthiques.
4.3. Encourager la Participation des Jeunes
La jeunesse, qui représente une part importante de la population camerounaise, est actuellement sous-représentée dans les processus de décision. Pour inverser cette tendance, le gouvernement doit mettre en place des politiques favorisant leur inclusion. Cela peut inclure la création de conseils municipaux de jeunes, comme cela a été fait au Nigeria, où des jeunes participent activement à la gestion des affaires locales. Ces conseils permettent non seulement de former les futurs leaders, mais aussi d’intégrer des perspectives nouvelles dans les politiques locales.
En outre, des incitations spécifiques peuvent être introduites pour encourager les jeunes entrepreneurs à investir dans leurs communautés. Par exemple, un fonds d’investissement dédié aux projets communautaires dirigés par des jeunes pourrait être établi. Cela aiderait à renforcer leur rôle dans le développement local tout en leur offrant une alternative à l’émigration.
4.4. Réformer les Collectivités Locales
La décentralisation, bien que prévue dans la Constitution camerounaise depuis 1996, reste largement théorique. Pour que cette réforme devienne une réalité, le gouvernement doit transférer davantage de compétences et de ressources aux collectivités locales. Cela nécessite une refonte des mécanismes de financement public pour garantir que les municipalités reçoivent des allocations budgétaires suffisantes et en temps opportun.
Un modèle inspirant est celui du Maroc, qui a introduit un programme ambitieux de décentralisation en 2015. Ce programme a permis de renforcer les capacités des collectivités locales, en leur offrant des formations sur la gestion des projets et en établissant des partenariats avec le secteur privé pour financer les infrastructures. Le Cameroun pourrait adopter une approche similaire pour dynamiser ses municipalités et améliorer la qualité de vie des citoyens.
4.5. Sanctionner la Médiocrité et Valoriser le Mérite
Enfin, il est crucial de mettre fin à la culture de l’impunité qui prévaut dans la gouvernance camerounaise. Les élus et fonctionnaires responsables de mauvaise gestion ou de détournement de fonds doivent être sanctionnés de manière exemplaire. Parallèlement, un système de récompenses pourrait être instauré pour valoriser les performances exceptionnelles des élus locaux. Par exemple, un concours national des « Meilleures pratiques en gouvernance locale » pourrait être organisé chaque année pour promouvoir l’excellence et inspirer les autres collectivités.
Conclusion
La décision de proroger les mandats des députés et des conseillers municipaux, combinée à l’immobilisme du gouvernement camerounais, met en lumière une gouvernance qui semble privilégier la stabilité au détriment du progrès. Cette stratégie, bien qu’elle puisse être justifiée par des contraintes administratives ou financières, entraîne des conséquences profondes sur le développement local, la démocratie et la confiance des citoyens envers leurs institutions.
Les analyses menées dans cet article montrent clairement que cette prorogation prolonge un cycle d’inefficacité institutionnelle et de médiocrité. Les élus, libérés de la pression électorale et des exigences de reddition des comptes, sont peu incités à améliorer leurs performances. Cette situation affaiblit non seulement les collectivités locales, mais également le cadre démocratique national, en érodant le principe fondamental selon lequel les élus doivent être redevables envers les citoyens.
En outre, l’absence de réformes significatives au sein du gouvernement, malgré les défis sociaux et économiques croissants, aggrave les inégalités et ralentit le développement. Les jeunes, confrontés à un manque de perspectives et de reconnaissance de leurs talents, continuent de s’éloigner du processus politique, privant ainsi le pays de son potentiel humain le plus précieux.
Pour surmonter ces défis, le Cameroun doit adopter une approche proactive et structurelle. Cela implique de rompre avec la culture de l’impunité en introduisant des mécanismes robustes d’évaluation des performances des élus et des ministres. De plus, des réformes électorales devraient être mises en œuvre pour garantir des élections régulières, transparentes et inclusives. Ces mesures contribueraient non seulement à renforcer la démocratie, mais également à restaurer la confiance des citoyens dans leurs institutions.
Enfin, il est impératif de promouvoir un renouvellement politique en favorisant l’émergence de nouvelles figures, notamment parmi la jeunesse et les groupes marginalisés. Cela nécessite des investissements dans des programmes de formation en leadership et la création de plateformes pour encourager l’engagement civique.
La prorogation des mandats, si elle est perçue comme une solution temporaire, ne devrait pas devenir une norme institutionnalisée. Le Cameroun doit tirer les leçons de ces décisions controversées pour réinventer sa gouvernance, en s’appuyant sur les principes de responsabilité, de mérite et de participation citoyenne. Ce n’est qu’à travers une telle transformation que le pays pourra espérer répondre efficacement aux aspirations de ses citoyens et construire un avenir prospère et équitable pour tous.
Bibliographie
- Afrobarometer. (2021). Perceptions of Democracy in Sub-Saharan Africa. Disponible sur : https://www.afrobarometer.org
- Banque Mondiale. (2020). Rethinking Subnational Governance in Africa. Washington, DC: World Bank Publications.
- Fondation Mo Ibrahim. (2020). Governance and Development in Africa: Annual Index. Londres: Fondation Mo Ibrahim.
- Lindberg, S. I. (2006). Democracy and Elections in Africa. Baltimore: Johns Hopkins University Press.
- Mbaku, J. M. (2007). Institutions and Development in Africa. London: Routledge.
- UNESCO. (2022). Education for All Global Monitoring Report. Paris: UNESCO.
- World Bank. (2004). Citizen Report Cards: Improving Local Governance and Service Delivery. Washington, DC: World Bank Publications.
L’ÉGLISE ET L’ÉDUCATION MISSIONNAIRE: FACTEUR D’ALIÉNATION ET DE SOUS-DÉVELOPPEMENT EN AFRIQUE FRANCOPHONE. CAS DU CAMEROUN ET DES GOUVERNEMENTS DE PAUL BIYA

Résumé
Cet article examine le rôle central de l’éducation missionnaire, promue par l’Église, dans la formation des élites africaines et son impact sur le développement en Afrique francophone, notamment au Cameroun. Il démontre comment ce système éducatif, tout en fournissant les outils nécessaires à l’émergence d’une classe dirigeante, a aliéné culturellement ces élites et perpétué des modèles néocoloniaux inadaptés. En analysant le parcours de Paul Biya et de ses gouvernements successifs, nous montrons que cette éducation a produit des dirigeants incapables d’initier des réformes structurelles, consolidant ainsi la dépendance et le sous-développement. Nous mobilisons des références académiques pour une démonstration rigoureuse et documentée.
Mots clés : Éducation missionnaire, Église, Afrique francophone, sous-développement, Cameroun, Paul Biya, néocolonialisme, élites africaines
Abstract
This article investigates the pivotal role of missionary education, promoted by the Church, in shaping African elites and its impact on the development of Francophone Africa, with a specific focus on Cameroon. It demonstrates how this educational system, while equipping elites with essential administrative skills, culturally alienated them and perpetuated unsuitable neo-colonial models. By analyzing the trajectory of Paul Biya and his successive governments, we reveal how this education system fostered leaders unable to implement structural reforms, thereby entrenching dependency and underdevelopment. Academic references are used to support a rigorous and well-documented analysis.
Keywords : Missionary education, Church, Francophone Africa, underdevelopment, Cameroon, Paul Biya, neo-colonialism, African elites
Introduction
L’éducation est un levier fondamental pour le développement d’une société. En Afrique francophone, les écoles missionnaires ont dominé la scène éducative pendant la période coloniale et après les indépendances, formant une grande partie des élites politiques et administratives. Cependant, malgré l’accès à l’éducation, ces pays restent embourbés dans des problématiques structurelles de sous-développement. L’éducation missionnaire, bien que contribuant à la scolarisation, a-t-elle également limité la capacité des élites africaines à développer des solutions adaptées à leurs contextes locaux ?
Cet article analyse cette question en trois parties. La première explore l’histoire et les objectifs de l’éducation missionnaire. La seconde s’intéresse au Cameroun, en particulier à Paul Biya et certains de ses gouvernements. Enfin, la troisième partie propose une critique de l’héritage missionnaire et des pistes pour en sortir.

1. L’éducation missionnaire : outil de domination et d’aliénation
1.1. Les objectifs de l’éducation missionnaire
L’éducation missionnaire a été introduite en Afrique comme un outil stratégique pour soutenir la colonisation. L’objectif principal des missions chrétiennes était la conversion religieuse. Selon Fanon (1952), les missionnaires percevaient les pratiques culturelles africaines comme inférieures et cherchaient à imposer des normes chrétiennes européennes. Ce processus de christianisation allait de pair avec une aliénation culturelle, car les Africains étaient encouragés à rejeter leurs croyances et traditions. À travers l’éducation, les missionnaires formaient une élite locale qui servait d’intermédiaire entre la population et l’administration coloniale. White (1996) soutient que cette élite devait être suffisamment instruite pour remplir des rôles administratifs, mais pas assez autonome pour contester l’ordre colonial. Par ailleurs, les missionnaires insistaient sur la soumission aux autorités, tant religieuses que politiques, consolidant ainsi une culture de dépendance. Les écoles missionnaires devinrent ainsi des instruments de contrôle idéologique, non seulement en christianisant les populations, mais aussi en instaurant une vision du monde hiérarchisée où l’Europe représentait le modèle à suivre. Ce processus a créé un fossé entre les élites éduquées et le reste de la population, renforçant les inégalités sociales et la domination coloniale.
1.2. Les limites du modèle éducatif missionnaire
Le système éducatif missionnaire, bien qu’il ait offert un accès à l’instruction, présentait des limitations majeures qui ont freiné le développement des sociétés africaines. Tout d’abord, le contenu des enseignements était essentiellement eurocentré. Les matières comme l’histoire et la géographie étaient enseignées du point de vue européen, marginalisant les savoirs locaux et les contributions africaines à l’histoire mondiale (Mudimbe, 1988). De plus, les disciplines techniques et scientifiques étaient sous-représentées, limitant les opportunités de développement industriel et technologique. L’approche pédagogique, centrée sur la mémorisation et la récitation, décourageait l’esprit critique et l’innovation. Paulo Freire (1970) critique ce modèle qu’il qualifie de « pédagogie bancaire », où les apprenants sont de simples récipients passifs d’un savoir imposé. Enfin, les écoles missionnaires privilégiaient une éducation élitiste, accessible à un nombre limité d’élèves, souvent issus de familles favorisées. Cela a accentué les inégalités, en créant une classe dirigeante déconnectée des réalités des masses populaires. Ces limites ont façonné des élites peu préparées à gérer les défis post-indépendance, contribuant à l’instabilité socio-économique persistante.
2. Paul Biya et ses gouvernements successifs : un produit et une reproduction de l’éducation missionnaire
2.1. Paul Biya : un dirigeant modelé par l’éducation missionnaire
Paul Biya, né en 1933 dans le village de Mvomeka’a, a grandi dans un contexte marqué par l’influence des missions catholiques dans le sud du Cameroun. Il a reçu son éducation primaire et secondaire dans des écoles dirigées par des missionnaires catholiques, notamment les plus prestigieux. Cette formation a profondément marqué sa vision du monde et son approche de la gouvernance. Les valeurs inculquées – respect de l’autorité, loyauté envers les hiérarchies, et rigueur morale – se retrouvent dans son style de leadership.
Cependant, cette éducation a aussi ses limites. L’approche missionnaire, centrée sur l’obéissance et l’assimilation culturelle, a produit des dirigeants comme Biya, qui privilégient la stabilité au détriment de l’innovation. En analysant ses 42 ans de règne, on constate une tendance marquée à reproduire des schémas administratifs hérités de la période coloniale. Son modèle économique, basé sur l’exportation de matières premières (cacao, pétrole, bois), reste ancré dans une logique néocoloniale. Ce conservatisme économique illustre un manque de vision pour une transformation structurelle du pays.
Par ailleurs, son mode de gouvernance autoritaire reflète une centralisation excessive du pouvoir, semblable à la hiérarchie rigide des structures ecclésiastiques. Biya s’appuie sur un réseau d’élites loyalistes, souvent issues des mêmes écoles missionnaires, pour maintenir son contrôle. En consolidant un régime caractérisé par l’immobilisme, il incarne le produit parfait de l’éducation missionnaire, où la soumission à l’ordre prime sur la capacité à innover ou à remettre en question le statu quo.
2.2. Les gouvernements successifs de Paul Biya : une continuité de l’héritage missionnaire
Depuis son accession au pouvoir en 1982, Paul Biya a formé plus de 30 gouvernements successifs. Ces gouvernements, bien que renouvelés périodiquement sauf ces dernières années, partagent des caractéristiques communes qui trahissent l’influence de l’éducation missionnaire sur leurs membres et leurs politiques.
2.2.1. Les profils des élites gouvernementales : une éducation missionnaire dominante
La majorité des membres des gouvernements Biya ont été formés dans des écoles missionnaires, qu’elles soient catholiques ou protestantes. Ces institutions, comme le collège Vogt à Yaoundé, le collège Libermann à Douala, ou les écoles protestantes de Bali, ont produit des cadres hautement qualifiés mais profondément ancrés dans des modèles éducatifs eurocentriques. Parmi ces figures clés :
• Peter Mafany Musonge : Ancien Premier ministre, éduqué dans des institutions protestantes anglophones, il a adopté une gestion bureaucratique marquée par la continuité plutôt que par le changement.
• Amadou Ali : Ancien ministre de la Justice, issu des écoles protestantes du Nord, son approche rigide des réformes judiciaires reflète une formation axée sur l’obéissance et la loyauté.
• Luc Sindjoun : Conseiller spécial de Paul Biya, sa vision intellectuelle reste influencée par une éducation missionnaire valorisant les modèles occidentaux de pensée.
Ces élites, bien qu’éduquées, illustrent une incapacité chronique à développer des politiques publiques adaptées aux réalités locales. Leur gestion se concentre souvent sur la préservation de l’ordre établi, reproduisant les logiques administratives coloniales sans innovation notable.
2.2.2. Un immobilisme économique et social : l’impact de la formation des élites
Les gouvernements successifs de Biya ont largement échoué à diversifier l’économie camerounaise ou à réduire la pauvreté. Cette stagnation peut être liée à la vision eurocentrée des élites formées dans des écoles missionnaires, qui valorisaient les théories économiques classiques occidentales mais ignoraient les dynamiques locales. Par exemple :
• Les plans d’ajustement structurel des années 1980 et 1990, imposés par le FMI, ont été acceptés sans contestation par des ministres des Finances comme Polycarpe Abah Abah, lui-même issu d’une formation missionnaire. Ces politiques, axées sur la réduction des dépenses publiques et la privatisation, ont aggravé la pauvreté sans résoudre les problèmes structurels du pays.
• La dépendance aux exportations de matières premières reste un problème central. Malgré la richesse en ressources naturelles, les gouvernements Biya n’ont pas investi dans l’industrialisation ou dans des projets de transformation locale. Cette orientation économique, héritée de la colonisation, reflète une incapacité à penser en dehors des cadres imposés par l’éducation missionnaire.
2.2.3. Une éthique dévoyée : entre morale chrétienne et corruption systémique
Bien que l’éducation missionnaire ait inculqué des valeurs chrétiennes, comme l’intégrité et la morale, ces principes ne se reflètent pas dans la pratique gouvernementale. Transparency International (2023) classe régulièrement le Cameroun parmi les pays les plus corrompus au monde. Ce paradoxe – entre une morale chrétienne ostensiblement affichée et des pratiques administratives opaques – met en lumière l’échec de l’éducation missionnaire à inculquer une éthique publique cohérente.
2.3. Une gouvernance immobiliste : un produit de la culture missionnaire
Les gouvernements successifs de Paul Biya se distinguent par leur incapacité à initier des réformes structurelles profondes. Cette tendance à l’immobilisme est un reflet direct des valeurs inculquées par l’éducation missionnaire :
– Centralisation excessive du pouvoir : Les institutions sont conçues pour concentrer le pouvoir entre les mains de l’élite dirigeante, reflétant la hiérarchie stricte des structures ecclésiastiques. Cette centralisation limite l’innovation et la prise de décision au niveau local.
– Absence de vision pour le développement rural : Alors que la majorité des Camerounais vivent en milieu rural, les politiques gouvernementales sont souvent conçues en fonction des modèles urbains occidentaux. Cette déconnexion résulte d’une éducation qui valorisait les normes européennes tout en négligeant les réalités africaines.
–Prédominance des intérêts personnels : Les gouvernements Biya sont caractérisés par un clientélisme et un favoritisme exacerbés. Cette culture politique, où les élites privilégient leurs intérêts personnels, reflète une formation éducative qui a favorisé la loyauté envers les autorités plutôt que la responsabilité envers les citoyens.
En étudiant en détail les gouvernements successifs de Paul Biya, on observe une continuité des limites héritées de l’éducation missionnaire : une dépendance aux modèles coloniaux, une incapacité à innover, et une culture de gouvernance marquée par l’immobilisme et la corruption. Ces caractéristiques, profondément enracinées, expliquent en grande partie l’échec du Cameroun à amorcer une transformation économique et sociale durable.

3. Critique de l’héritage missionnaire et perspectives
3.1. Les conséquences structurelles
L’héritage de l’éducation missionnaire en Afrique francophone, et particulièrement au Cameroun, a laissé des traces profondes. L’aliénation culturelle est l’une des conséquences les plus marquantes. Mudimbe (1988) souligne que l’éducation missionnaire a implanté une perception selon laquelle les cultures et savoirs africains étaient inférieurs. Cela a conduit à une marginalisation des langues locales, des traditions et des pratiques endogènes dans les politiques publiques. En outre, le déficit d’esprit critique, issu d’un système éducatif dogmatique, limite la capacité des élites à développer des solutions innovantes face aux défis contemporains. Les gouvernements camerounais, influencés par cet héritage, continuent de privilégier des modèles économiques néocoloniaux axés sur l’extraction des ressources naturelles, perpétuant la dépendance aux anciens colonisateurs. Enfin, la stratification sociale produite par l’éducation missionnaire a consolidé une classe dirigeante éloignée des réalités des populations rurales. Ces conséquences structurelles expliquent en partie pourquoi des pays comme le Cameroun n’ont pas réussi à diversifier leur économie ou à améliorer significativement les conditions de vie de leurs citoyens, malgré des décennies d’indépendance.
3.2. Sortir de l’héritage missionnaire
Pour surmonter l’héritage de l’éducation missionnaire, une réforme profonde du système éducatif est nécessaire. Cela commence par une réhabilitation des savoirs locaux, incluant l’intégration des langues et des pratiques culturelles africaines dans les curricula. Une éducation inclusive, valorisant la diversité et les compétences pratiques, pourrait aider à réduire les inégalités sociales. De plus, il est crucial de promouvoir une pédagogie critique, inspirée des travaux de Freire (1970), qui encourage les apprenants à questionner les structures existantes et à proposer des solutions alternatives. Enfin, une gouvernance éthique, basée sur une responsabilité publique plutôt que sur des dogmes religieux, doit être encouragée. Cela implique une rupture avec les pratiques néocoloniales et une réorientation des politiques publiques vers des objectifs de développement durable. Ces réformes permettraient non seulement de corriger les erreurs du passé, mais aussi de préparer une nouvelle génération de leaders capables de transformer leurs sociétés en profondeur.
Bibliographie
• Bayart, J.-F. (1989). L’État en Afrique : La politique du ventre. Fayard.
• Fanon, F. (1952). Peau noire, masques blancs. Éditions du Seuil.
• Freire, P. (1970). Pedagogy of the Oppressed. Bloomsbury Publishing.
• Kuenzi, M. (2006). “Education and Democracy in Africa.” African Studies Review, 49(1), 31-57.
• Mudimbe, V. Y. (1988). The Invention of Africa: Gnosis, Philosophy, and the Order of Knowledge. Indiana University Press.
• Transparency International. (2023). Corruption Perceptions Index.
CEMAC, UN SOMMET EXTRAORDINAIRE SANS RÉSOLUTIONS EXTRAORDINAIRES: L’URGENCE DE LA CONSTRUCTION DES ÉTATS DÉVELOPPEMENTALISTES COMMUNAUTAIRES CEMAC ET UNE MONNAIE SOUS-RÉGIONALE

Résumé
Le sommet extraordinaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), tenu le 16 décembre 2024, s’est conclu sur des résolutions ambitieuses en apparence, mais qui restent en deçà des défis économiques et sociaux de la sous-région. Cet article examine ces décisions à la lumière des statistiques et démontre leur inadéquation face aux attentes contemporaines. Nous plaidons pour une refonte radicale via la création d’un État Développementaliste Communautaire (EDC) dans chaque pays de la CEMAC et d’une monnaie sous-régionale souveraine, vecteurs d’intégration économique et de souveraineté financière.
Mots-clés : CEMAC, sommet extraordinaire, État Développementaliste Communautaire, monnaie sous-régionale, intégration régionale, souveraineté financière.
Abstract
The extraordinary summit of the Economic and Monetary Community of Central Africa (CEMAC), held on December 16, 2024, concluded with resolutions that appear ambitious but fall short of addressing the region’s pressing challenges. This article critically examines these decisions, underlining their inefficiency with statistical evidence. We advocate for a transformational approach through the establishment of a Developmental Community State (DCS) and a sovereign sub-regional currency to foster economic integration and financial independence.
Keywords: CEMAC, extraordinary summit, Developmental Community State, sub-regional currency, regional integration, financial sovereignty.
Introduction
La CEMAC, regroupant six États d’Afrique centrale, s’est réunie en sommet extraordinaire pour répondre à des défis persistants : une croissance économique stagnante, une faible intégration régionale et une dépendance économique externe. Si les résolutions adoptées sont présentées comme des solutions, une analyse critique révèle leur manque de profondeur stratégique. Cet article démontre, à l’aide de preuves statistiques, pourquoi ces résolutions sont dépassées et propose une alternative fondée sur l’instauration d’un État Développementaliste Communautaire (EDC) dans chaque pays de la CMAC et une monnaie souveraine sous-régionale.
Analyse des Résolutions : Des ambitions limitées
1. Consolidation de la stabilité macroéconomique
Le sommet recommande des mesures strictes pour réduire les déficits budgétaires et stabiliser la dette publique. Cependant, ces recommandations restent ancrées dans une orthodoxie économique inefficace.
• Statistiques : Le déficit moyen de la sous-région est de 4,6 % du PIB (Banque Mondiale, 2024), et le taux de croissance régional n’atteint que 2,8 %, bien en dessous des 5 % nécessaires pour réduire significativement la pauvreté.
• Critique : Ces politiques ignorent la nécessité d’investissements publics massifs dans les infrastructures et l’éducation, qui pourraient générer une croissance à long terme.
2. Réformes structurelles dans les secteurs clés
Des réformes structurelles sont proposées dans les secteurs de l’énergie et des transports. Cependant, elles sont souvent dictées par des institutions financières internationales, limitant leur appropriation par les États membres.
• Faits : Le taux d’électrification reste à 26 % dans les zones rurales, et seulement 32 % des projets routiers transfrontaliers annoncés depuis 2010 ont été achevés (Banque Africaine de Développement, 2023).
• Limites : Sans mécanismes de financement régional, ces réformes ne répondent pas aux besoins des populations.
3. Soutien au secteur privé
La CEMAC propose des incitations pour le secteur privé, mais sans cadre clair pour favoriser les PME locales.
• Chiffres : Les PME locales ont reçu moins de 15 % des financements alloués en 2024, tandis que 82 % des investissements directs étrangers (IDE) se concentrent dans l’exploitation des ressources naturelles (UNCTAD, 2023).
• Critique : Ces initiatives profitent principalement aux multinationales étrangères, renforçant les inégalités économiques.
4. Intégration régionale
Le sommet réaffirme l’importance de la libre circulation des biens et des personnes.
• Statistiques : Le commerce intra-CEMAC représente seulement 2,8 % des échanges totaux, contre 15 % pour la CEDEAO.
• Analyse : Les barrières douanières et l’absence d’infrastructures transfrontalières freinent l’intégration effective.
Proposition : Un État Développementaliste Communautaire (EDC)
1. Vision et Objectifs
L’EDC se base sur une gouvernance économique régionale centralisée pour piloter le développement.
• Planification économique : Des investissements stratégiques dans les infrastructures, l’éducation et l’industrialisation.
• Souveraineté des ressources : Une gestion commune des ressources naturelles pour maximiser les bénéfices pour les populations locales.
2. Une monnaie souveraine sous-régionale
La création d’une monnaie indépendante du franc CFA est essentielle pour renforcer la souveraineté financière.
• Impact : Une monnaie régionale pourrait augmenter les échanges intra-CEMAC de 25 % en cinq ans (Université de Yaoundé, 2022).
• Avantages : Réduction de la dépendance aux fluctuations de l’euro et stimulation des échanges régionaux.
3. Cohésion sociale et économique
L’EDC intégrerait des mécanismes pour harmoniser les politiques fiscales, lutter contre la corruption et garantir une meilleure répartition des richesses.
• Exemple : Un fonds commun pour les infrastructures régionales améliorerait l’intégration économique et la mobilité des biens et des personnes.
Conclusion
Le sommet extraordinaire de la CEMAC illustre une incapacité à proposer des solutions innovantes face aux défis de la sous-région. Les résolutions adoptées, bien que pertinentes sur le papier, manquent d’ambition et de profondeur stratégique. La construction d’un État Développementaliste Communautaire, soutenu par une monnaie souveraine sous-régionale, représente une voie alternative crédible pour atteindre une croissance durable et inclusive.
Références bibliographiques
1. Banque Mondiale (2024). “Rapport sur le développement en Afrique : défis et opportunités.”
2. Banque Africaine de Développement (2023). “Perspectives économiques régionales : Afrique centrale.”
3. UNCTAD (2023). “World Investment Report.”
4. Université de Yaoundé (2022). “L’impact d’une monnaie régionale sur le commerce intra-CEMAC.”
Besoin d’ajustements ou d’autres éléments ? N’hésitez pas à demander.
SIGNATURE PRÉSIDENTIELLE FALSIFIÉE AU CAMEROUN ? LE MLDC EXIGE UNE ENQUÊTE SCIENTIFIQUE POUR DÉVOILER LA VÉRITÉ

Résumé
Cet article analyse de manière scientifique l’authenticité des signatures apposées sur divers décrets récents émanant de la Présidence de la République du Cameroun. En prenant pour référence la signature présidentielle réalisée en direct et retransmise publiquement lors du Communiqué Final du Sommet Extraordinaire de la CEMAC tenu à Yaoundé le 16 décembre 2024, nous comparons cette signature à celles présentes sur les décrets officiels signés début décembre 2024. Les divergences observées soulèvent des interrogations majeures concernant une possible falsification ou manipulation des documents. Cette étude met en lumière les conséquences d’une telle manipulation sur la crédibilité de l’État, la confiance nationale et les relations internationales du Cameroun. Elle propose enfin des recommandations pour restaurer la transparence et renforcer les mécanismes de sécurité documentaire.
Mots-Clés
Signature présidentielle, Authenticité des documents, Manipulation politique, Crise de confiance, Sécurité documentaire, Cameroun,MLDC, Friedman, Paul Biya, Dawson, Martin et Smith
Abstract
This article scientifically analyzes the authenticity of signatures affixed to recent decrees from the Presidency of the Republic of Cameroon. Using the presidential signature captured live and publicly broadcast during the Final Communiqué of the Extraordinary CEMAC Summit held in Yaoundé on December 16, 2024, we compare this signature with those found on official decrees signed in early December 2024. The observed discrepancies raise significant questions about potential falsification or manipulation of these documents. This study highlights the consequences of such manipulation on the credibility of the State, national trust, and Cameroon’s international relations. Finally, it offers recommendations to restore transparency and strengthen document security mechanisms.
Keywords
Presidential signature, Document authenticity, Political manipulation, Trust crisis, Document security, Cameroon, MLDC, Friedman, Paul Biya, Dawson, Martin et Smith.

Introduction
La signature présidentielle occupe une place centrale dans le fonctionnement de l’État. Elle garantit la légitimité des actes administratifs et politiques du pouvoir exécutif, tout en incarnant la souveraineté nationale. Lors du Sommet Extraordinaire de la CEMAC tenu le 16 décembre 2024 à Yaoundé, la signature du Président de la République, Paul Biya, a été réalisée en direct, sous le regard attentif des chefs d’État présents et des médias internationaux. Cette signature, diffusée à la télévision, constitue ainsi une référence visuelle authentique.
Cependant, une analyse approfondie des décrets récents signés début décembre 2024 révèle des divergences troublantes. Ces signatures, qui diffèrent de la référence visuelle du Sommet CEMAC, posent des questions fondamentales : s’agit-il d’une falsification ou d’une erreur administrative ? Les implications d’une telle manipulation pourraient être désastreuses pour la stabilité institutionnelle, la confiance publique et la réputation du Cameroun sur la scène internationale. Comme le souligne Friedman (2021), « l’intégrité des documents officiels est la pierre angulaire de la gouvernance démocratique et de l’État de droit ».
Cet article, structuré autour d’une analyse scientifique des signatures, examine ces incohérences en utilisant des méthodes rigoureuses de comparaison visuelle et graphologique. Il explore également les conséquences possibles d’une falsification et propose des solutions concrètes pour garantir l’intégrité des documents officiels à l’avenir.
A. Méthodologie
L’approche adoptée repose sur une méthodologie en plusieurs étapes visant à établir la fiabilité des signatures présidentielles examinées :
- Collecte des documents officiels a partir du site web officiel de la Présidence de la République du Cameroun: https://www.prc.cm
Les décrets analysés incluent :
1.1. Décret N°2024/638 : financement de la chaîne de valeur du riz.

1.2. Décret N°2024/643 : nomination au ministère de la recherche scientifique.

1.3. Décret N°2024/637 : promotion au grade supérieur des forces de défense

1.4.Décret N°2024/639 : financement du système de vidéosurveillance.

1.5. Décret N°2024/642 : prêt pour le secteur de l’électricité.

2. Analyse comparative des signatures
Analyse scientifique des divergences :
Chaque signature a été évaluée visuellement et graphiquement pour identifier des anomalies pouvant suggérer une manipulation. Les signatures ont été comparées selon les critères suivants :
- Inclinaison des lettres : la régularité de l’écriture.
- Pression du stylo : uniformité des traits, zones épaisses et minces.
- Fluidité des courbes : cohérence et continuité du mouvement manuscrit.
2.1. Signature de référence :
La signature réalisée en direct lors du Communiqué Final de la CEMAC constitue l’étalon de comparaison.
Cette méthodologie s’appuie sur des techniques éprouvées en analyse documentaire. Comme le note Martin et Smith (2020), « une signature falsifiée se distingue par un manque de fluidité naturelle et une absence de continuité dans les traits ».
B. Analyse des Signatures des Décrets et Résultats
- Décret N°2024-638 et Décret N°2024-637 :
En examinant les signatures apposées sur ces deux décrets, plusieurs incohérences apparaissent :- L’inclinaison des lettres est irrégulière, contrairement à la signature authentique.
- La pression du stylo varie excessivement, avec des zones anormalement épaisses.
- Certaines lettres semblent déformées ou hésitantes, ce qui n’est pas caractéristique d’une écriture naturelle.
- Décret N°2024-639 :
Dans ce décret, la signature présente des traits plus rigides et mécaniques, suggérant une possible reproduction automatisée. La comparaison visuelle montre clairement un manque de fluidité. - Décret N°2024-642 et Décret N°2024-643 :
Ces deux signatures sont les plus troublantes. Elles affichent des différences frappantes avec la signature de référence, notamment :- Des lettres mal alignées.
- Une disproportion dans les courbes et les boucles.
- Une absence de continuité dans le mouvement du stylo.
Ces incohérences, comparées à la signature authentique du Communiqué Final, suggèrent une manipulation potentielle ou une falsification potentielle.
C. Conséquences d’une Manipulation
1. Crise de Confiance Nationale
La falsification de la signature présidentielle est un acte extrêmement grave qui peut entraîner une rupture totale de confiance entre le peuple camerounais et ses institutions. La signature du Chef de l’État symbolise la souveraineté, la légitimité et la continuité de l’État. Lorsqu’un doute s’installe sur l’authenticité d’une telle signature, il remet en cause la validité des décrets et des décisions prises, fragilisant ainsi les fondements du contrat social entre gouvernants et gouvernés. Une perte de confiance généralisée peut s’étendre à toutes les structures de l’État, notamment les administrations publiques, les forces de l’ordre et le système judiciaire, perçues comme complices ou inefficaces face à une telle manipulation. De plus, cette crise de légitimité peut donner lieu à des contestations citoyennes, alimentant un climat d’instabilité sociale et politique. Le peuple camerounais, déjà confronté à de nombreux défis socio-économiques, verrait dans cette situation une preuve supplémentaire de la faiblesse de la gouvernance. À terme, cette crise pourrait délégitimer toutes les décisions prises par le gouvernement, conduisant à un blocage des réformes et projets nécessaires pour le développement du pays. Comme le souligne Dawson (2019), « la confiance est l’oxygène des institutions démocratiques. Lorsque cet oxygène se raréfie, la société suffoque ».
2. Répercussions Internationales
La manipulation d’une signature présidentielle ne se limite pas aux frontières nationales. Elle a des conséquences directes sur les relations diplomatiques et économiques du Cameroun avec ses partenaires internationaux. Les organisations internationales telles que la Banque Africaine de Développement (BAD) ou le Fonds Monétaire International (FMI), qui financent des projets essentiels pour le développement du pays, pourraient suspendre leurs accords de financement jusqu’à ce que la situation soit clarifiée. Une telle décision compromettrait les projets d’infrastructure, de santé ou d’éducation, plongeant le pays dans une crise économique majeure. De plus, les investisseurs étrangers, déjà prudents dans un contexte africain souvent perçu comme risqué, se détourneraient du Cameroun, affaiblissant son attractivité économique. En diplomatie, la crédibilité d’un État repose sur la cohérence et la transparence de ses actions. Une manipulation confirmée entacherait durablement l’image du Cameroun sur la scène internationale, entraînant des conséquences politiques et économiques. Comme l’affirme Friedman (2021), « un État qui ne parvient pas à garantir l’intégrité de ses documents officiels s’expose à une défiance globale ».
3. Affaiblissement de l’État de Droit
L’État de droit repose sur la confiance des citoyens dans le caractère authentique et légitime des décisions prises par leurs dirigeants. Une falsification de la signature présidentielle affaiblirait cet équilibre fragile. En effet, si des documents officiels, censés être irréprochables, se révèlent manipulés, cela ouvrirait la porte à des abus plus graves comme la corruption systémique ou la falsification d’autres décisions cruciales. Le système judiciaire serait également remis en cause, car les citoyens pourraient douter de sa capacité à sanctionner les responsables d’une telle fraude. Une manipulation de cette nature encourage le développement d’une culture d’impunité, où les faussaires ne sont pas inquiétés, ce qui mine l’efficacité des institutions publiques. Cette situation créerait un dangereux précédent, où les lois et les règles seraient perçues comme manipulables au gré des intérêts personnels ou politiques. Comme le rappellent Martin et Smith (2020), « la solidité d’un État repose sur sa capacité à garantir l’intégrité de ses processus institutionnels et à inspirer confiance aux citoyens ».
4. Risques de Tensions Sociales
Dans un contexte où les inégalités économiques et les frustrations politiques sont déjà marquées, une manipulation de la signature présidentielle pourrait exacerber les tensions sociales au Cameroun. Les citoyens, sentant leurs droits bafoués et leur confiance trahie, pourraient descendre dans les rues pour exiger des comptes aux autorités. De telles manifestations, si elles ne sont pas encadrées, risqueraient de dégénérer en violences, avec des affrontements entre les forces de l’ordre et la population. Les groupes d’opposition pourraient exploiter cette situation pour mobiliser leurs partisans, accentuant les clivages politiques. Les tensions sociales pourraient également s’étendre aux communautés ethniques et régionales, alimentant des divisions déjà existantes. Cette instabilité risquerait de compromettre les progrès économiques et sociaux réalisés jusqu’ici. Comme l’indique Friedman (2021), « la stabilité d’un pays repose sur sa capacité à garantir la transparence et la justice, faute de quoi les citoyens finissent par contester sa légitimité ».
D. Recommandations du MLDC
1. Clarification Officielle
Face aux divergences observées, le Secrétariat Général de la Présidence doit impérativement publier un communiqué officiel expliquant de manière détaillée les circonstances entourant la signature des décrets récents. Ce communiqué doit clarifier les processus ayant mené à ces incohérences et présenter les documents authentiques pour dissiper les doutes. La transparence est essentielle pour rassurer la population et éviter que cette situation ne dégénère en crise politique. Le gouvernement doit également s’engager à fournir des preuves documentaires irréfutables, telles que des enregistrements ou des registres de signatures, afin de renforcer la crédibilité des explications avancées.
2. Mise en Place d’une Enquête Indépendante
Le MLDC propose la création d’une commission d’enquête indépendante composée d’experts en graphologie, sécurité documentaire et droit constitutionnel, issus de structures nationales et internationales. Cette commission doit disposer d’un accès illimité aux décrets concernés et aux archives présidentielles pour mener une analyse scientifique rigoureuse. Une telle enquête garantirait une évaluation objective des signatures et permettrait d’identifier d’éventuels auteurs de falsification. Les résultats de cette enquête doivent être rendus publics pour assurer une transparence totale et rétablir la confiance.
3. Renforcement des Mécanismes de Sécurité
Pour éviter de futures manipulations, le MLDC recommande l’intégration de technologies de sécurité avancées dans la validation des documents officiels. Par exemple, la mise en place de signatures numériques cryptées assurerait l’authenticité des documents et rendrait leur falsification quasiment impossible. Ces outils, déjà utilisés dans plusieurs pays, garantissent la traçabilité des documents et permettent de vérifier rapidement leur provenance.
4. Mobilisation de la Société Civile
Les organisations de la société civile, les médias et les citoyens doivent jouer un rôle actif dans cette situation en exigeant des comptes aux autorités. Leur mobilisation est essentielle pour maintenir la pression politique nécessaire à l’établissement de la vérité. Par ailleurs, des campagnes de sensibilisation pourraient permettre à la population de mieux comprendre les enjeux liés à cette manipulation.
Conclusion
L’intégrité de la signature présidentielle est cruciale pour le fonctionnement de l’État et la confiance nationale. Les incohérences relevées dans les décrets récents posent des questions graves sur l’authenticité des documents émanant de la Présidence de la République. Si cette situation n’est pas traitée avec transparence et rigueur, elle risque de compromettre la stabilité politique, sociale et économique du Cameroun. Le MLDC appelle les autorités à agir avec responsabilité en clarifiant cette situation à travers une enquête indépendante et des réformes structurelles visant à renforcer la sécurité documentaire. Le peuple camerounais a droit à la vérité pour préserver sa confiance envers les institutions et garantir la stabilité de la nation. Comme l’a dit Dawson (2019) : « La transparence est le fondement de la légitimité démocratique. »
Références Bibliographiques
- Friedman, J. (2021). State Integrity and Document Security. Oxford University Press.
- Martin, R., & Smith, L. (2020). Graphological Analysis in Governance. Cambridge University Press.
- Dawson, P. (2019). The Fragility of Public Trust. Routledge.

INTERROGEZ ET INTERPELLEZ VOS DÉPUTÉS, SÉNATEURS, MAIRES… VOS ÉLUS… CE SONT VOS EMPLOYÉS
M. LE DÉPUTÉ BIBA THOMAS (PCRN- SANAGA MARITIME) : UN APPEL AU DEVOIR ENVERS LES POPULATIONS DE NGOMPEM NORD

Monsieur le Député,
Honorable,
Nous nous adressons à vous avec respect mais également avec une profonde inquiétude concernant la situation désastreuse dans laquelle se trouve le village de Ngompem Nord, une localité de la Sanaga Maritime que vous représentez en tant que député. Permettez que cette lettre soit un rappel solennel de votre devoir en tant que représentant du peuple et membre de l’opposition.
Monsieur le Député, le rôle principal de l’opposition dans une démocratie est de contrôler les actions du gouvernement et de défendre les droits des citoyens contre toute forme d’abus ou de négligence. Dans le cas présent, la mairie de Pouma, tenue par le parti au pouvoir, a manifestement failli à sa mission de développement local. Les ponts Nkanla I et Nkanla II, ainsi que l’unique tronçon routier reliant Ngompem Nord au reste du département, ont été détruits et laissés à l’abandon sous prétexte de travaux qui n’ont jamais été réalisés. Cette négligence, amplifiée par des pratiques de corruption dans la passation des marchés publics, a isolé cette population, la privant de ses droits fondamentaux.
Depuis trois ans, les conséquences de cette situation sont dramatiques : des malades meurent faute d’être évacués vers les centres de santé, des familles ne peuvent plus transporter leurs défunts à la morgue, et des produits agricoles pourrissent faute d’accès aux marchés urbains. Il est clair que cette tragédie résulte directement de la mauvaise gouvernance et du manque de responsabilité de l’exécutif local.
Monsieur le Député, en tant que membre de l’opposition, vous avez une obligation morale et politique de contrôler l’action de l’exécutif, y compris celle de la mairie de Pouma. Votre silence sur cette question est perçu par les populations de Ngompem Nord comme un manquement grave à votre mission. Les citoyens de cette localité s’interrogent : pourquoi leur représentant n’a-t-il pas élevé la voix pour dénoncer cette injustice ? Pourquoi n’avez-vous pas exigé des comptes sur l’exécution des projets publics dans cette zone ?
Nous vous demandons donc, avec insistance, de nous indiquer quelles actions concrètes vous envisagez d’entreprendre pour réparer les torts causés aux populations de Ngompem Nord. Allez-vous exiger une enquête parlementaire sur la gestion des marchés publics par la mairie de Pouma ? Allez-vous mobiliser les autres élus de l’opposition pour faire pression sur les autorités compétentes afin que justice soit rendue à ces populations ?
Monsieur le Député, l’histoire retiendra vos actes, tout comme elle retiendra votre silence. Les populations de Ngompem Nord, qui vivent dans l’isolement et la misère, attendent de vous un engagement ferme et immédiat. Nous espérons que cette lettre saura raviver en vous le sens du devoir et l’attachement à votre rôle de défenseur des droits des citoyens.
Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Député, l’expression de nos salutations distinguées.
PR JIMMY YAB
120 000 Inscrits Rétablis : Le MLDC Dénonce Une Fraude d’État et Exige une Réforme Profonde d’ELECAM »
LE MLDC EXIGE LA DÉMISSION DU PRÉSIDENT D’ELECAM
Résumé
L’annonce récente d’ELECAM de réintégrer 120 000 électeurs dans le fichier électoral met en lumière des irrégularités systémiques dans la gestion du processus électoral camerounais. Le MLDC (Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun) dénonce cette décision comme un mécanisme institutionnalisé de fraude et réitère sa demande de démission du président d’ELECAM. S’appuyant sur des exemples internationaux, cet article plaide pour une réforme urgente de l’organe électoral et une supervision internationale afin de restaurer la crédibilité avant les élections présidentielles de 2025.
Mots clés: Élections Camerounaises, ELECAM, Fraude Électorale, MLDC, Audit International, Réforme Électorale
Abstract:
The recent announcement by ELECAM to reintegrate 120,000 voters into the electoral registry highlights systemic irregularities in the management of Cameroon’s electoral process. The MLDC (Movement for the Liberation and Development of Cameroon) condemns this decision as an institutionalized mechanism for fraud and reiterates its call for the resignation of ELECAM’s president. Drawing from global case studies, this article advocates for an urgent overhaul of the electoral body and international oversight to restore credibility ahead of the 2025 presidential elections.
Keywords: Cameroon Elections, ELECAM, Electoral Fraud, MLDC, International Audit, Electoral Reform
Introduction
L’annonce récente par Élections Cameroon (ELECAM) de la réintégration de 120 000 noms sur les listes électorales met en évidence des défaillances structurelles profondes dans la gestion du processus électoral au Cameroun. Cette situation survient à un moment critique, à moins d’un an des élections présidentielles de 2025. Selon le MLDC (Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun), cette réintégration tardive ne peut être interprétée autrement que comme une tentative d’institutionnalisation de la fraude. En conséquence, le MLDC exige la démission immédiate du président d’ELECAM pour incompétence manifeste et appelle à un audit international indépendant du fichier électoral. L’objectif est clair : restaurer la crédibilité du processus électoral camerounais et assurer une élection juste et transparente.
Analyse des faits
La réintégration des 120 000 inscrits, précédemment supprimés pour des raisons liées à des « problèmes d’empreintes digitales », soulève de sérieuses interrogations. Pourquoi ces erreurs n’ont-elles pas été corrigées plus tôt ? Quelle garantie existe-t-il que ces électeurs réintégrés ne sont pas fictifs ou manipulés ? Selon les statistiques publiées par ELECAM, le fichier électoral comprend près de 7 millions d’électeurs inscrits. Une anomalie de 120 000 noms représente environ 1,7 % du total, un chiffre suffisant pour influencer des élections dans un pays où les résultats sont souvent très serrés.
Cette situation rappelle les défaillances électorales observées au Zimbabwe en 2018, où une analyse des listes électorales a révélé la présence de milliers de doublons et d’électeurs fictifs, menaçant ainsi la crédibilité du scrutin. Au Cameroun, l’absence de transparence et le manque de contrôles internes renforcent les soupçons de manipulation. Dans un contexte où les institutions électorales devraient garantir la justice et la transparence, cette annonce d’ELECAM apparaît comme une preuve accablante d’incompétence et de mauvaise gestion.

Position du MLDC
Le MLDC dénonce fermement cette situation comme une fraude d’État institutionnalisée. Le parti estime que maintenir un fichier électoral fiable n’est pas seulement une obligation technique mais un pilier fondamental de la démocratie. La gestion chaotique du fichier électoral par ELECAM, marquée par des erreurs massives et un manque flagrant de transparence, justifie pleinement la démission immédiate du président de cette institution. En outre, le MLDC appelle à la vigilance de la jeunesse camerounaise, qui représente plus de 60 % de l’électorat, pour exiger des réformes structurelles et une gestion électorale transparente.
En comparaison, des pays comme le Ghana ont montré qu’il est possible d’améliorer significativement la crédibilité électorale. En 2020, la Commission électorale du Ghana a adopté un système biométrique avancé et mis à jour ses listes électorales, réduisant ainsi les fraudes à un minimum. Le MLDC préconise une solution similaire pour le Cameroun : moderniser les outils électoraux et adopter une technologie plus robuste pour prévenir les irrégularités.
Comparaisons internationales
L’expérience de pays comme le Kenya offre des leçons précieuses. En 2017, avant les élections générales, un audit indépendant du fichier électoral réalisé par la Fondation Internationale pour les Systèmes Électoraux (IFES) a permis de détecter et de corriger des anomalies majeures. Cette initiative a renforcé la crédibilité des élections et réduit les tensions politiques. De même, en Afrique du Sud, la publication régulière des listes électorales pour examen public constitue une pratique exemplaire de transparence.
Au Cameroun, ces modèles pourraient être adaptés. Le MLDC propose un audit international supervisé par des personnalités reconnues pour leur impartialité et leur expérience, comme l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo. Ce dernier a souvent joué un rôle décisif dans la résolution des crises électorales en Afrique, apportant une expertise et une neutralité essentielle pour rétablir la confiance.
Recommandations
Pour éviter une crise électorale majeure en 2025, le MLDC propose les actions suivantes :
- Audit international indépendant : Faire appel à des organisations internationales comme l’Union Africaine ou la Fondation Carter pour examiner le fichier électoral. Cet audit pourrait être supervisé par des figures comme Olusegun Obasanjo pour garantir sa crédibilité.
- Publication des listes électorales : Les rendre accessibles au public pour permettre une vérification citoyenne, comme cela se fait en Afrique du Sud.
- Modernisation technologique : Adopter des technologies biométriques plus avancées pour éliminer les doublons et les erreurs d’inscription.
- Formation et responsabilisation des agents électoraux : Introduire des formations approfondies pour garantir que les responsables électoraux soient compétents et impartiaux.
- Sensibilisation citoyenne : Mener des campagnes pour informer les Camerounais sur leurs droits électoraux et les inciter à exiger des élections transparentes.
En prenant ces mesures, le Cameroun pourrait non seulement restaurer la confiance dans son processus électoral mais aussi envoyer un signal fort à la communauté internationale sur son engagement envers la démocratie.
Conclusion
La réintégration de 120 000 inscrits par ELECAM ne peut être vue comme une simple correction technique. C’est un symptôme d’un problème systémique plus profond qui, s’il n’est pas adressé, pourrait compromettre les élections présidentielles de 2025. Le MLDC, en tant que voix de l’opposition et du changement, appelle à une refonte totale du système électoral camerounais, sous la supervision d’experts internationaux. Il est temps pour le Cameroun de suivre l’exemple de pays africains qui ont réussi à moderniser et crédibiliser leurs processus électoraux. L’avenir de la démocratie camerounaise en dépend.
Bibliographie
1. Transparency International. (2023). Perceptions of Electoral Integrity in Africa. Berlin : Transparency International.
2. IFES. (2021). Enhancing Electoral Integrity through Technology. Washington, DC : IFES.
3. Commission électorale du Ghana. (2020). Biometric Voter Registration Lessons. Accra : CEG.
4. Obasanjo, O. (2014). My Watch: A Memoir. Lagos : Prestige Publishers.
5. Electoral Institute for Sustainable Democracy in Africa. (2018). Election Integrity in Zimbabwe: Lessons Learned. Pretoria : EISA.
Encore un autre prêt qui hypothèque l’avenir de la jeunesse : Le régime Biya et la banalité des détournements des fonds publics. Le MLDC recommande…

Résumé: Sous la direction du président Paul Biya, la dette publique du Cameroun a grimpé à 6 600 milliards de FCFA (environ 11 milliards de dollars) en 2024. Malgré des emprunts massifs pour des projets d’infrastructures, les bénéfices sont négligeables, de nombreux projets étant inachevés ou sous-performants. Cet article met en évidence l’ampleur de la mauvaise gestion de la dette, le détournement généralisé des fonds publics et l’échec systémique à dissuader la corruption malgré l’emprisonnement de plusieurs hauts fonctionnaires. Il soutient que le détournement des fonds publics est un crime social aux conséquences dévastatrices, privant des millions de personnes de services essentiels tels que la santé et l’éducation.
L’article attire également l’attention sur les rapports de la CONAC et de la Cour des comptes du Cameroun, qui révèlent que 30 % des fonds publics sont détournés chaque année. Malgré ces révélations, la corruption reste profondément ancrée, compromettant le développement du Cameroun. Le MLDC recommande la transparence, des sanctions plus strictes et la participation citoyenne pour lutter contre cette crise et protéger les générations futures du fardeau d’une dette insoutenable.
Mots clés : Cameroun, corruption, dette publique, détournement, gouvernance, développement, CONAC, Cour des Comptes du Cameroun, EU, Chine.
Summary: Under President Paul Biya’s leadership, Cameroon’s public debt has surged to 6,600 billion FCFA (approximately $11 billion) in 2024. Despite borrowing extensively for infrastructure projects, the benefits are negligible, with numerous projects either incomplete or underperforming. This article highlights the scale of debt mismanagement, widespread embezzlement of public funds, and the systemic failure to deter corruption despite the imprisonment of several high-ranking officials. It argues that public fund embezzlement is a social crime with devastating consequences, depriving millions of essential services such as healthcare and education.
The article also draws attention to reports from the CONAC and Cameroon’s Court of Accounts, which reveal that 30% of public funds are diverted annually. Despite these revelations, corruption remains deeply entrenched, undermining Cameroon’s development. The MLDC recommends transparency, stricter penalties, and citizen participation to combat this crisis and protect future generations from the burden of unsustainable debt.
Introduction : Une dette qui n’apporte pas le développement attendu
L’Union européenne a encore engagé 91 millions d’euros (96 millions de dollars) sur trois ans pour améliorer les infrastructures au Cameroun et attirer les investissements étrangers. Le prêt, annoncé à Yaoundé, financera des projets dans les domaines de l’énergie, des routes et des chemins de fer, notamment un réseau reliant le Cameroun au Tchad et un pont sur le fleuve Ntem vers la Guinée équatoriale. Les infrastructures du Cameroun se sont considérablement dégradées, aggravées par un conflit séparatiste dans les régions anglophones qui a fait plus de 6 000 morts et 760 000 déplacés.
En 2024, le Cameroun affiche une dette publique de 6 600 milliards de FCFA (environ 11 milliards de dollars), selon les données officielles du ministère des Finances. Une partie importante de cette dette est due à des emprunts contractés auprès de partenaires bilatéraux comme la Chine ou l’Union européenne, ainsi qu’à des institutions multilatérales comme le FMI et la Banque mondiale. Ces fonds sont destinés à financer des projets d’infrastructure tels que le port en eau profonde de Kribi, le barrage de Memvé’élé ou encore des routes et ponts reliant le Cameroun à ses voisins régionaux comme le Tchad et la Guinée équatoriale.
Cependant, malgré ces emprunts massifs, les infrastructures restent dans un état critique. Par exemple, le projet du port de Kribi, financé par un prêt chinois de plusieurs centaines de milliards de FCFA, a vu ses retombées économiques limitées, tandis que des projets comme le barrage de Memvé’élé n’ont pas permis de résoudre les problèmes chroniques d’électricité dans le pays. Le paradoxe est frappant : le Cameroun est endetté au-delà de ses capacités, mais les populations continuent de manquer d’accès à des services de base comme l’eau, l’électricité, et les soins de santé. Ce constat soulève la question de l’efficacité de la gestion des emprunts publics, mais surtout des détournements qui gangrènent le pays.

L’état de l’endettement au Cameroun : Une charge insoutenable pour la future génération
La dette publique camerounaise a été multipliée par trois au cours des deux dernières décennies, passant de 2 100 milliards de FCFA en 2000 à 6 600 milliards de FCFA en 2024. Cette augmentation s’explique par une dépendance accrue aux financements extérieurs pour des projets d’infrastructure ambitieux, mais souvent mal planifiés ou mal exécutés. Environ 50 % de cette dette est due à la Chine, qui est le principal créancier du pays.
Selon les statistiques du FMI, le service de la dette (remboursements d’intérêts et du principal) absorbe près de 30 % des recettes publiques annuelles, limitant considérablement la capacité de l’État à financer d’autres secteurs essentiels tels que l’éducation ou la santé. En outre, chaque Camerounais, du nouveau-né à l’adulte, porterait une charge individuelle de 235 714 FCFA (environ 356 dollars US) pour rembourser cette dette. Ce fardeau est encore plus insoutenable dans un pays où près de 37,5 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
Cette situation met en lumière l’échec des politiques de gouvernance financière. La plupart des projets financés par la dette étrangère restent inachevés ou ne produisent pas les résultats escomptés. À titre d’exemple, le barrage de Memvé’élé, financé par un prêt chinois de 243 milliards de FCFA, devait produire 211 MW d’électricité. Pourtant, des problèmes techniques persistants limitent considérablement sa capacité, exacerbant les délestages dans le pays.
La banalité des détournements de fonds publics : Un fléau enraciné
Selon le rapport 2023 de la CONAC, environ 30 % des fonds publics destinés à des projets de développement sont détournés chaque année. Cela représente une perte annuelle de plus de 600 milliards de FCFA, soit l’équivalent du budget national de plusieurs secteurs sociaux combinés. Les détournements concernent des projets phares tels que la CAN 2019, où des centaines de milliards ont été détournés par des responsables gouvernementaux.
Malgré les condamnations de plusieurs hauts dignitaires dans le cadre de l’opération Épervier, la corruption reste omniprésente. Plus de 50 responsables, dont des ministres et directeurs généraux, ont été emprisonnés pour des détournements. Cependant, ces sanctions n’ont pas réussi à dissuader les abus.
La persistance des détournements montre que les mécanismes de sanction actuels sont insuffisants. Un audit de la Cour des comptes en 2023 a révélé que les responsables continuent d’utiliser des stratagèmes complexes, tels que la surfacturation et les paiements fictifs, pour s’approprier les ressources publiques.

Les détournements de fonds : Un crime contre l’humanité sociale
Dans certains pays comme la Chine et l’Arabie Saoudite, les détournements de fonds à grande échelle sont considérés comme un crime capital, car ils privent des millions de citoyens d’accès aux services essentiels. Cette approche, bien que sévère, repose sur l’idée que la corruption à grande échelle équivaut à un génocide social. Les fonds détournés auraient pu servir à construire des écoles, des hôpitaux ou des routes, améliorant ainsi les conditions de vie de millions de personnes.
Au Cameroun, les conséquences des détournements sont désastreuses :
• Santé : Plus de 60 % des Camerounais n’ont pas accès à des soins de santé de qualité, en grande partie à cause de la mauvaise gestion des fonds publics.
• Éducation : Le taux de scolarisation reste faible, et les écoles manquent cruellement d’équipements et de personnel qualifié.
• Emploi : Le chômage, particulièrement chez les jeunes, dépasse 30 %, aggravant la pauvreté et l’instabilité sociale.
Ces chiffres montrent que les détournements ne sont pas de simples crimes financiers, mais des actes qui compromettent l’avenir d’une nation entière.
Recommandations du MLDC : Une gouvernance responsable pour l’avenir
Face à cette situation alarmante, le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) propose des réformes urgentes pour enrayer la corruption et garantir une utilisation responsable des fonds publics :
1. Transparence totale : Publier les rapports d’audit des projets financés par la dette et garantir l’accès du public aux informations financières.
2. Renforcement des sanctions : Appliquer des peines sévères aux responsables de détournements, y compris des confiscations de biens mal acquis.
3. Création d’un fonds souverain : Réinvestir les économies réalisées dans des secteurs prioritaires comme l’éducation, la santé, et l’emploi des jeunes.
4. Participation citoyenne : Encourager la société civile à surveiller la gestion des fonds publics.
Conclusion
Le régime de Paul Biya a transformé les détournements de fonds publics en une pratique systémique, menaçant le développement et hypothéquant l’avenir des générations futures. Les prêts massifs, qui devraient servir à améliorer les infrastructures et les services sociaux, sont dilapidés dans des projets inefficaces et entachés de corruption. Il est temps d’instaurer une gouvernance responsable pour garantir que les ressources nationales servent réellement à bâtir un Cameroun prospère.
Références bibliographiques
1. CONAC. (2023). Rapport annuel sur la corruption au Cameroun.
2. Cour des comptes. (2023). Audit des finances publiques.
3. Banque mondiale. (2023). Analyse de la dette publique au Cameroun.
4. Transparency International. (2023). Indice de perception de la corruption.
Élections 2025 au Cameroun : Analyse des données d’ELECAM, le MLDC demande un audit immédiat d’ELECAM face au scandale des rejets massifs d’inscriptions électorales

Résumé
Le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) tire la sonnette d’alarme face aux rejets massifs des inscriptions sur les listes électorales publiées par ELECAM, atteignant des taux inquiétants allant jusqu’à 87 % dans certaines communes. Cet article analyse les failles institutionnelles, technologiques et organisationnelles de cet organe électoral, tout en examinant l’impact sur la crédibilité du processus démocratique. À travers une analyse approfondie, le MLDC exige un audit indépendant et propose des réformes pour garantir des élections transparentes et inclusives en 2025.
Mots-clés : MLDC, ELECAM, audit électoral, élections 2025, Cameroun, rejets d’inscriptions, processus démocratique, transparence, crédibilité, Ghana, Sanegal, Rwanda, Afrique du Sud.

Introduction : Un scandale qui menace la démocratie camerounaise
Le processus électoral est au cœur de la démocratie, car il incarne la participation citoyenne et la légitimité des institutions publiques. Au Cameroun, les préparatifs pour les élections présidentielles de 2025 sont entachés par des dysfonctionnements graves, notamment les rejets massifs d’inscriptions électorales. Selon les données publiées par ELECAM, certaines communes enregistrent des taux de rejet atteignant 87 %, comme à Yaoundé 5.
Ces chiffres alarmants ont des conséquences profondes sur le processus démocratique et la confiance publique envers ELECAM. Pour le MLDC, ces rejets massifs constituent un scandale électoral qui exige un audit immédiat et des réformes profondes. Cet article explore les causes, les implications et propose des solutions concrètes pour assurer la crédibilité des élections de 2025.
1. Analyse des données d’ELECAM : Des rejets massifs sans justification claire
Les chiffres publiés par ELECAM montrent une situation critique :
- Yaoundé 5 : 87 % de rejets (14 235 sur 16 409 inscrits).
- Yaoundé 3 : 75 % de rejets (10 130 sur 13 273 inscrits).
- Douala 5 : Un taux plus faible de 7 % (3 912 sur 54 695 inscrits), révélant une disparité inexplicable entre les communes.
Ces disparités soulèvent plusieurs questions :
- Défaillances technologiques ? L’absence d’empreintes digitales comme motif principal de rejet suggère que les équipements biométriques d’ELECAM sont soit obsolètes, soit mal utilisés.
- Incohérences dans les procédures : Pourquoi certaines communes comme Douala 5 affichent-elles des taux de rejet beaucoup plus faibles que Yaoundé 5 ?
- Manque de formation : Les agents d’ELECAM, souvent mal formés, pourraient être à l’origine d’erreurs dans la collecte des données.
Le MLDC considère ces rejets comme un symptôme d’un dysfonctionnement institutionnel majeur et demande un audit pour identifier les causes profondes.
2. Implications pour la démocratie camerounaise : Un processus électoral en péril
Les conséquences des rejets massifs d’inscriptions vont bien au-delà des chiffres :
2.1. Exclusion massive des électeurs
Des milliers de citoyens camerounais risquent d’être exclus du processus électoral, notamment dans des zones urbaines stratégiques comme Yaoundé. Cela compromet gravement le principe d’inclusion démocratique, où chaque citoyen a le droit de voter sans obstacle inutile.
2.2. Suspicion de manipulation électorale
Des taux de rejet aussi élevés pourraient être perçus comme une tentative délibérée d’exclure des électeurs potentiellement favorables à l’opposition, une accusation qui pourrait polariser davantage la société camerounaise.
2.3. Perte de confiance dans ELECAM
ELECAM, en tant qu’organe électoral indépendant, est censé garantir la transparence et l’équité des élections. Cependant, des erreurs massives et des disparités inexpliquées risquent d’entraîner une défiance généralisée envers cette institution.
2.4. Risques de tensions sociales
Dans un contexte politique déjà fragile, l’exclusion de milliers d’électeurs pourrait alimenter des tensions sociales, voire des manifestations, surtout si les régions affectées sont politiquement sensibles.
3. Une crédibilité entamée : La perception publique d’ELECAM
Pour le MLDC, la crédibilité d’un processus électoral repose sur la confiance du public envers les institutions chargées de son organisation. Les rejets massifs d’inscriptions compromettent cette confiance pour plusieurs raisons :
- Manque de professionnalisme perçu : Les citoyens pourraient voir en ELECAM une organisation incapable de gérer efficacement un processus aussi crucial que les inscriptions électorales.
- Risque de partialité : Si les rejets affectent principalement certaines régions ou communes perçues comme des bastions de l’opposition, ELECAM pourrait être accusé de biais en faveur du régime en place.
- Impact négatif sur la participation : Une perte de confiance risque de décourager de nombreux électeurs potentiels, aggravant ainsi l’abstention.
Pour restaurer sa crédibilité, ELECAM doit agir de manière proactive, en engageant des réformes et en acceptant une supervision externe.
4. Une alerte pour sauver la démocratie camerounaise
Le taux alarmant de rejets d’inscriptions sur les listes électorales au Cameroun met en évidence des failles majeures dans l’organisation électorale. Des taux allant jusqu’à 87 % dans certaines communes, comme Yaoundé 5, suscitent des interrogations sur la compétence, l’intégrité et l’impartialité d’ELECAM. Pour le MLDC, ce scandale exige des mesures immédiates et une approche comparative pour tirer des leçons des expériences réussies dans d’autres démocraties.
4.1. Audit indépendant : Apprendre de l’exemple du Kenya
Contexte et exemple international
Le Kenya, après des élections controversées en 2007 ayant engendré des violences post-électorales, a entrepris un audit complet de son système électoral en 2017. Cet audit, réalisé par des experts nationaux et internationaux, a permis d’identifier les défaillances dans l’inscription des électeurs, la transmission des résultats et l’utilisation de la biométrie. Ces recommandations ont conduit à une modernisation réussie du système.
Application au Cameroun
Le MLDC propose qu’un audit indépendant d’ELECAM soit mené par une commission composée :
- D’experts internationaux (ONU, Union africaine, IDEA).
- De représentants de la société civile camerounaise, pour garantir la transparence et éviter les biais institutionnels.
- De techniciens spécialisés dans la gestion électorale et la biométrie.
Cet audit permettra de :
- Diagnostiquer les causes des rejets massifs.
- Évaluer les capacités technologiques et organisationnelles d’ELECAM.
- Proposer des solutions adaptées pour rétablir la confiance dans le processus électoral.
4.2. Modernisation des équipements électoraux : L’exemple du Ghana
Contexte et exemple international
Le Ghana a introduit des équipements biométriques modernes en 2012 pour lutter contre la fraude électorale. Après avoir rencontré des problèmes techniques, la Commission électorale ghanéenne a investi dans des machines biométriques de deuxième génération en 2020, réduisant considérablement les erreurs et augmentant la fiabilité des données électorales.
Application au Cameroun
Le MLDC recommande :
- L’acquisition de technologies biométriques modernes, adaptées aux conditions climatiques et au niveau d’infrastructure des zones rurales et urbaines du Cameroun.
- L’entretien régulier des équipements pour éviter les pannes.
- La création de centres régionaux de maintenance pour une gestion rapide des dysfonctionnements techniques.
ELECAM pourrait collaborer avec des entreprises internationales spécialisées, comme la société Smartmatic, qui a équipé plusieurs pays d’Afrique avec des technologies électorales avancées.
4.3. Formation intensive des agents électoraux : L’exemple du Rwanda
Contexte et exemple international
Le Rwanda, reconnu pour son organisation méthodique, investit lourdement dans la formation de ses agents électoraux. En 2020, tous les agents impliqués dans les élections ont suivi des ateliers de formation intensifs sur la manipulation des technologies électorales, la gestion des données et l’interaction avec les électeurs.
Application au Cameroun
Le MLDC propose un programme national de formation pour les agents d’ELECAM, incluant :
- Une formation technique sur l’utilisation des technologies biométriques.
- Une sensibilisation sur les principes de neutralité et d’impartialité.
- Une évaluation périodique des compétences.
Le Cameroun pourrait également solliciter l’appui de l’Union africaine pour financer et organiser ces formations.
4.4. Période de régularisation des inscriptions : L’exemple du Nigeria
Contexte et exemple international
Au Nigeria, avant les élections générales de 2023, la Commission électorale nationale indépendante (INEC) a accordé une période supplémentaire pour permettre aux électeurs dont les données étaient incomplètes ou erronées de corriger leur situation. Cette démarche a favorisé une participation massive.
Application au Cameroun
Le MLDC recommande qu’ELECAM ouvre une période exceptionnelle de régularisation pour :
- Permettre aux citoyens rejetés de fournir leurs empreintes digitales ou de rectifier leurs informations.
- Lancer une campagne nationale pour informer les citoyens sur les modalités de régularisation.
- Établir des centres d’inscription mobiles dans les zones reculées, inspirés du modèle ougandais.
4.5. Supervision internationale : L’exemple du Sénégal
Contexte et exemple international
Le Sénégal est souvent cité comme un modèle de démocratie en Afrique. Depuis plusieurs années, ses élections sont supervisées par des observateurs internationaux (CEDEAO, Union européenne), garantissant leur transparence. Cette supervision a renforcé la confiance des citoyens et des partis politiques dans le processus électoral.
Application au Cameroun
Le MLDC propose que les élections présidentielles de 2025 soient supervisées par :
- Des observateurs internationaux, issus d’organisations telles que l’Union africaine, l’Union européenne et Transparency International.
- Des observateurs nationaux indépendants, incluant des représentants de la société civile camerounaise.
Cette mesure renforcerait la perception d’impartialité et contribuerait à prévenir les fraudes.
4.6. Sensibilisation massive des citoyens : L’exemple de l’Afrique du Sud
Contexte et exemple international
L’Afrique du Sud organise régulièrement des campagnes nationales pour encourager la participation des citoyens aux élections. Avant les élections générales de 2019, la Commission électorale sud-africaine (IEC) a utilisé les médias, les réseaux sociaux et des partenariats communautaires pour sensibiliser les électeurs sur les procédures d’inscription et de vote.
Application au Cameroun
Le MLDC recommande :
- Le déploiement d’une campagne de sensibilisation nationale, utilisant la télévision, la radio, les réseaux sociaux et les leaders communautaires.
- La production de matériel éducatif multilingue, adapté aux différentes communautés linguistiques du Cameroun.
- La collaboration avec des ONG et des organisations religieuses, pour atteindre les populations rurales et marginalisées.
Cette sensibilisation massive permettra de réduire les taux de rejet et d’encourager une participation plus inclusive.
Conclusion : Une réforme indispensable pour restaurer la confiance
Les rejets massifs des inscriptions électorales publiés par ELECAM constituent une menace sérieuse pour la démocratie camerounaise. Le MLDC, fidèle à sa vision d’un État Développementaliste Communautaire, et inspiré des meilleures pratiques internationales, lpropose des réformes concrètes et ambitieuses pour moderniser le système électoral, renforcer la transparence et rétablir la confiance des citoyens. Sans ces mesures, le Cameroun risque de voir les élections de 2025 entachées d’irrégularités, compromettant ainsi la stabilité politique et sociale du pays.
Références
- Schmitter, P. C., & Karl, T. L. (1991). What Democracy Is… and Is Not. Journal of Democracy, 2(3), 75-88.
- International IDEA. (2021). The Global State of Democracy Report. Stockholm: International IDEA.
- Elklit, J., & Reynolds, A. (2005). Judging Elections: Criteria for Free and Fair Elections. Political Science Quarterly, 120(2), 231-250.
- ELECAM. (2024). Liste des rejets des inscriptions aux listes électorales au Cameroun.
- Transparency International. (2023). Perceptions of Electoral Integrity in Africa. Berlin: Transparency International.
L’Enseignement Supérieur au Cameroun : Un Salaire de Misère entre 500 & 600 000 FCFA Face aux 1 200 000 FCFA en Côte d’Ivoire et au Bénin – Symptôme d’un Système Malade

Résumé :
Cet article analyse les résultats du Cameroun au concours d’agrégation en médecine du CAMES, où le pays affiche un faible taux de réussite de 23,53 %, comparé à des taux dépassant 90 % dans des pays comme la Côte d’Ivoire et le Bénin. Cette performance médiocre est liée aux conditions de travail précaires des enseignants camerounais, notamment un salaire moyen de 600 000 FCFA par mois, bien inférieur à celui de leurs homologues en Côte d’Ivoire et au Bénin, qui gagnent respectivement environ 1 200 000 FCFA et 1 100 000 FCFA. L’écart de rémunération souligne la crise de l’enseignement supérieur au Cameroun et l’impact de la sous-valorisation des enseignants sur la qualité de l’éducation et de la recherche. L’article prône une revalorisation des salaires pour redonner au Cameroun une chance de rivaliser dans le domaine académique en Afrique.
Mots clés :
CAMES, Enseignement Supérieur, Cameroun, Agrégation, Salaire, Crise académique, Comparaison salariale, réforme, Bénin, Côte d’Ivoire, Médecine, Paul Biya, MLDC.
Introduction
Les résultats du dernier concours d’agrégation en médecine du CAMES (Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur) révèlent une contre-performance alarmante pour le Cameroun. Avec un taux de réussite de seulement 23,53 %, le Cameroun est largement distancé par des pays comme la Côte d’Ivoire (97,26 %) et le Bénin (93,94 %). Ce constat met en évidence une crise structurelle de l’enseignement supérieur au Cameroun, aggravée par les conditions précaires et la faible rémunération des enseignants. Cet article explore l’impact de cette sous-valorisation salariale sur les performances académiques et le développement du pays.
1. Le concours CAMES : Une évaluation révélatrice
Au concours CAMES pour l’agrégation en médecine, le Cameroun n’a enregistré que 4 admissions sur 17 candidats, soit un taux de réussite de 23,53 %. Ce résultat est préoccupant lorsque l’on considère que le taux moyen d’admission pour les pays participants est de 87,87 %. Par exemple, le Bénin et la Côte d’Ivoire, avec respectivement 93,94 % et 97,26 % de taux de réussite, montrent que l’investissement dans les enseignants se reflète directement dans les résultats académiques internationaux.
2. Comparaison des salaires des enseignants : Le Cameroun à la traîne
Une analyse des salaires des enseignants dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale met en lumière l’écart de rémunération qui explique en partie la crise de l’enseignement supérieur au Cameroun :
• Cameroun : En moyenne, un professeur titulaire gagne entre 500 et 600 000 FCFA par mois. Un maître de conférences démarre à environ 450 000 FCFA. Ces montants sont parmi les plus bas de la région.
• Côte d’Ivoire : Un professeur titulaire gagne autour de 1 200 000 FCFA par mois, soit le double du salaire au Cameroun.
• Bénin : Les professeurs titulaires touchent en moyenne 1 100 000 FCFA par mois. Ce salaire est près de 83 % supérieur à celui des enseignants camerounais.
• Sénégal : Les professeurs d’université gagnent en moyenne 1 000 000 FCFA, un salaire plus attractif qui contribue à un climat académique plus stable et plus compétitif.
Cette comparaison révèle un manque d’investissement dans le personnel académique au Cameroun, créant un climat de découragement et une démotivation accrue parmi les enseignants.
3. Les conséquences d’une faible rémunération sur la qualité de l’enseignement
Plusieurs études ont montré l’importance de la rémunération des enseignants dans la qualité de l’éducation et de la recherche. Selon Bankole et Adebayo (2020), la rémunération insuffisante des enseignants est corrélée à une baisse de motivation, un phénomène observé au Cameroun où de nombreux enseignants, confrontés à des salaires bas, sont obligés de chercher des revenus complémentaires. Cette situation nuit à leur productivité académique et à la qualité de leur encadrement des étudiants.
Au Cameroun, le faible salaire des enseignants pousse certains à exercer des activités parallèles ou à quitter le secteur universitaire pour des postes mieux rémunérés dans le privé ou à l’étranger. Ce phénomène est amplifié par des retards de paiements fréquents et une absence de soutien pour les projets de recherche. Les pays comme la Côte d’Ivoire et le Bénin, où les enseignants sont mieux rémunérés, bénéficient non seulement de taux d’admission plus élevés au concours CAMES, mais aussi d’un meilleur climat de recherche, avec des chercheurs mieux soutenus et plus motivés.
4. Impact sur le développement national
L’enseignement supérieur est un pilier du développement d’une nation, produisant des experts et des chercheurs essentiels pour l’innovation et la croissance économique. Un pays qui néglige la rémunération et les conditions de travail de ses enseignants hypothèque son avenir. La crise de l’enseignement supérieur au Cameroun, exacerbée par des salaires faibles, affecte non seulement les performances académiques mais aussi la capacité du pays à retenir ses talents.
En Côte d’Ivoire et au Bénin, les gouvernements ont investi dans la revalorisation salariale des enseignants, reconnaissant leur rôle dans la formation de cadres et de chercheurs compétents. Le Cameroun pourrait tirer des leçons de ces exemples pour restructurer son système d’enseignement supérieur, améliorer les conditions de travail des enseignants et offrir des salaires compétitifs pour favoriser la stabilité et l’attractivité du secteur.
Conclusion
Le faible taux de réussite du Cameroun au concours CAMES pour l’agrégation en médecine et la rémunération inadéquate des enseignants universitaires traduisent une crise profonde de l’enseignement supérieur. Avec un salaire moyen de 600 000 FCFA, les enseignants camerounais sont moins bien rémunérés que leurs homologues en Côte d’Ivoire (1 200 000 FCFA) et au Bénin (1 100 000 FCFA), ce qui limite leur efficacité et affecte la qualité de l’éducation. Le Cameroun doit entreprendre une réforme de son système d’enseignement supérieur en revalorisant les salaires des enseignants pour retrouver sa compétitivité académique en Afrique et garantir un avenir prometteur à sa jeunesse.
Références
• Bankole, A., & Adebayo, O. (2020). Higher Education Salary Structure in Sub-Saharan Africa: Comparative Perspectives. African Education Review, 17(3), 450-467.
• Moll, P., & Tlamelo, T. (2019). The Impact of Teacher Compensation on Educational Quality: Evidence from Southern Africa. Journal of African Development, 21(2), 35-52.
• Smith, J., Adams, R., & Choi, J. (2021). Linking Teacher Well-being to Educational Outcomes: Insights from Low-Income Countries. Global Journal of Education Policy, 29(1), 100-125.
Prime de modernisation de la recherche, Encore un Echec du Gouvernement! Une stratégie d’infantilisation des enseignants camerounais: Les SOLUTIONS DU MLDC
Mots Clés: Prime de modernisation de la recherche-Enseignants-chercheurs-Infantilisation-Incompétence- Gouvernement-MLDC (Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun)-État développementaliste communautaire-Michael Apple-Paolo Freire-Michel Foucault-Modèle anglo-saxon–Paul Biya
Analyse du Pr Jimmy Yab, SG du MLDC

Le décret présidentiel n°2009/121 du 8 avril 2009, instituant une « prime pour la modernisation de la recherche » au Cameroun, avait initialement été salué comme une avancée majeure. Cette prime, destinée aux enseignants-chercheurs, visait à stimuler la recherche scientifique et à positionner le Cameroun comme un acteur compétitif dans la production de savoir. Cependant, quinze ans après cette annonce, l’absence de paiement effectif a révélé des failles profondes dans la gestion de cette promesse. Cette situation met en lumière une stratégie politique bien plus complexe, relevant autant de la manipulation et de l’incompétence que d’une volonté délibérée d’infantiliser le corps enseignant camerounais. Face à cette crise, le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) propose des solutions fondées sur les principes d’un État développementaliste communautaire et inspirées des meilleures pratiques de l’éducation universelle pour rétablir la dignité des enseignants.
1. Manipulation et incompétence : une promesse non tenue pour décourager l’excellence académique
Dès l’introduction de la prime, les autorités camerounaises ont présenté cette initiative comme une réponse aux besoins urgents de financement de la recherche. Cependant, le paiement a été retardé année après année, sous des prétextes administratifs qui masquent une incapacité chronique à gérer efficacement le secteur éducatif. Les enseignants-chercheurs, malgré leur engagement et leurs sacrifices, se trouvent démunis face à des institutions qui manquent de transparence et de responsabilité.
Dans son ouvrage The State and Higher Education, Michael Apple (2000) souligne que « les systèmes éducatifs en crise reflètent souvent une crise de l’État lui-même, où l’incapacité à respecter les engagements sociaux traduit un échec de la gouvernance ». Cette observation s’applique pleinement au Cameroun, où l’incapacité à payer la prime de modernisation de la recherche illustre le dysfonctionnement d’un État qui, en sous-estimant le secteur éducatif, compromet son propre développement.
Le MLDC estime que la première étape pour redresser cette situation est la mise en place d’un système transparent et indépendant de gestion des fonds pour l’éducation et la recherche. Inspiré des pratiques de transparence financière anglo-saxonnes, le MLDC propose de créer un Fonds national pour la modernisation de la recherche, administré par un conseil incluant des représentants des enseignants, des experts financiers, et des membres de la société civile. Ce fonds serait entièrement dédié aux primes et financements de recherche, et ses comptes publiés annuellement pour assurer un suivi citoyen et réduire les risques de détournement.
2. L’infantilisation des enseignants : une stratégie de contrôle politique
La crise actuelle dépasse la simple question de l’incompétence. Pour de nombreux observateurs, le refus de payer cette prime traduit une politique de dépendance et de soumission, destinée à maintenir les enseignants dans une position d’infériorité. En refusant d’assurer aux enseignants des droits économiques garantis, le gouvernement semble s’assurer que le corps académique reste « en attente » de la bonne volonté de l’État. Comme le soutient Paolo Freire dans Pedagogy of the Oppressed (1970), « la privation de droits économiques équivaut à une privation de dignité, et un groupe privé de sa dignité est plus facile à dominer ». Au Cameroun, cette approche crée une culture de dépendance et de résignation chez les enseignants, les empêchant de contester ouvertement les décisions du pouvoir.
Le MLDC considère qu’une éducation émancipatrice est un élément fondamental d’un État développementaliste. Pour rompre avec cette dynamique d’infantilisation, il est nécessaire de garantir aux enseignants non seulement une rémunération équitable, mais également une autonomie financière. Inspiré des systèmes anglo-saxons, où les universités disposent d’une forte indépendance budgétaire et académique, le MLDC propose la création d’un système de financement décentralisé, où chaque université camerounaise serait responsable de gérer ses propres ressources pour rémunérer ses enseignants et financer ses projets de recherche. Cette approche permettrait aux institutions d’enseignement supérieur de négocier directement avec le gouvernement les subventions nécessaires, offrant ainsi aux enseignants une plus grande sécurité financière et une indépendance vis-à-vis des caprices de l’État central.
3. Le maintien dans une dépendance économique : une stratégie de domination symbolique
Au-delà de la privation économique, cette prime impayée symbolise une stratégie politique de domination. En gardant les enseignants dans un état de précarité économique, le gouvernement les place dans une situation de vulnérabilité permanente, freinant toute velléité d’opposition. Comme le décrit Michel Foucault dans Surveiller et punir (1975), « la précarité économique est une technique de contrôle, car elle déstabilise psychologiquement les individus, les empêchant d’organiser une résistance collective efficace ». Les enseignants, censés être des vecteurs de savoir et de pensée critique, se retrouvent donc économiquement dépendants d’un gouvernement qui peut, selon son bon vouloir, choisir de respecter ou non ses engagements.
Le MLDC est convaincu que l’indépendance financière et intellectuelle des enseignants est cruciale pour garantir un système éducatif sain et résilient. Inspiré par les universités britanniques et américaines, où le financement de la recherche repose sur un mélange de fonds publics, de mécénat et de contributions privées, le MLDC propose de créer des partenariats public-privé pour la recherche au Cameroun. Ces partenariats permettraient de diversifier les sources de financement de la recherche académique, offrant aux enseignants un accès plus large aux ressources, tout en réduisant la dépendance des institutions académiques vis-à-vis du budget étatique. En parallèle, un Conseil des enseignants-chercheurs, indépendant du gouvernement, serait créé pour assurer un suivi des financements et proposer des projets de recherche d’intérêt national.
Les propositions du MLDC : un modèle éducatif inspiré du système anglo-saxon
Le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) est conscient que le développement du Cameroun passe par une réforme en profondeur de son système éducatif. Inspiré par les modèles anglo-saxons, le MLDC propose les solutions suivantes pour revaloriser durablement le corps enseignant :
1. Établissement d’une autonomie académique et financière pour les universités : En suivant le modèle britannique, où les universités bénéficient d’une grande liberté administrative et budgétaire, chaque établissement au Cameroun disposerait d’un budget indépendant et d’un pouvoir décisionnel autonome. Cela permettrait de garantir une gestion efficiente des fonds de recherche et des primes des enseignants.
2. Création d’un Institut de Formation Permanente pour les Enseignants : Inspiré des programmes de formation continue anglo-saxons, cet institut permettrait aux enseignants camerounais d’accéder à des formations de pointe, financées par l’État et par des partenaires privés, pour adapter leurs compétences aux évolutions de la recherche et des pratiques pédagogiques.
3. Développement d’un système de financement mixte de la recherche : Le MLDC propose d’ouvrir le financement de la recherche aux contributions privées et aux dons d’entreprises, comme c’est le cas dans les universités américaines. Cela permettrait de diversifier les sources de financement, d’encourager les projets innovants, et d’atténuer la dépendance des universités à l’égard du budget étatique.
4. Création d’un Conseil National de la Recherche et de l’Éducation : À l’image du Higher Education Funding Council du Royaume-Uni, cet organe indépendant surveillerait l’allocation des financements dans le domaine éducatif, assurant ainsi transparence et équité dans la répartition des fonds destinés à la recherche et aux enseignants.
5. Mise en place d’une Charte de la Dignité Enseignante : Inspirée des chartes éthiques anglo-saxonnes, cette charte garantirait aux enseignants des droits économiques et sociaux fondamentaux, reconnaissant leur rôle crucial dans le développement de la société camerounaise.
En somme, pour le MLDC, l’amélioration du système éducatif camerounais passe par la mise en place de politiques transparentes, l’autonomisation des universités et le respect des droits des enseignants. En s’inspirant des modèles anglo-saxons et en instaurant des réformes profondes, le Cameroun peut non seulement rendre justice à ses enseignants, mais aussi bâtir une société plus prospère et plus juste. Le MLDC est résolu à mener ces réformes pour que le Cameroun devienne un État développementaliste communautaire, où chaque acteur du savoir est respecté et valorisé dans sa contribution à l’édification nationale.
Le problème du Cameroun : 1. Les députés RDPC qui votent de mauvaises lois depuis des décennies et 2: Les maires RDPC incompétents et mauvais depuis des décennies
Je disais déjà à l’époque dans l’émission Hutu Africa de Stéphane Mbarga à Info TV que:
IL FAUT REMPLACER TOUS LES DEPUTES ET MAIRES RDPC EN 2025-2026, C’EST UN IMPERATIF CITOYEN POUR NOUS ET LES FUTURES GENERATIONS
Lorsqu’un pays est gouverné pendant des décennies par de mauvaises lois, il en résulte inévitablement des conséquences désastreuses. D’une part, on forme des citoyens qui manquent de compétences et d’initiative. D’autre part, on crée des individus qui, moralement, perdent leurs repères et se retrouvent dans des comportements nuisibles, souvent contraires aux valeurs de bienveillance, de solidarité et d’intégrité.

Le problème du Cameroun ne se limite pas à la personne de Paul Biya. Il réside également dans un système entier qui favorise des pratiques et des structures inefficaces, notamment à travers :
1. Les députés du RDPC qui votent des lois inadaptées aux réalités et aux besoins de notre société, renforçant ainsi des normes qui freinent le progrès.
2. Les maires RDPC qui, pour beaucoup, font preuve d’incompétence et d’arrogance, éloignant ainsi l’administration des préoccupations et du bien-être des populations locales.
Ce cadre, qui se perpétue depuis des années, a engendré une partie de notre jeunesse qui manque de repères et de perspectives positives, et qui, parfois, sombre dans des comportements contraires à l’éthique et aux valeurs citoyennes. Pour réformer ce pays, nous devons non seulement transformer les institutions, mais aussi insuffler un nouveau sens des responsabilités et de l’engagement, afin de bâtir une société où les citoyens sont compétents, éthiques et guidés par des valeurs solides.
Cette vidéo met en évidence l’impact des mauvaises pratiques politiques sur la société camerounaise et la nécessité d’un changement en profondeur pour rétablir une gouvernance basée sur des valeurs solides et une administration compétente.
C’est encore Dimanche ! Dieu entend-il le cri des Africains ? Entre ferveur religieuse et misère persistante
Mots Clés: Pauvreté, Misère, Karl Marx, Frantz Fanon, Jean-François Bayart, Georges Balandier, Desmond Tutu, Banque Mondiale, Développement, Justice sociale, Exploitation, Islam

Chaque dimanche en Afrique, les églises se remplissent de fidèles. Des millions de personnes, parfois sans espoir matériel, se rassemblent pour prier, espérer un miracle ou simplement trouver du réconfort. Pourtant, ce continent, qui se distingue par une ferveur religieuse impressionnante, reste le plus pauvre du monde. Près de la moitié de la population africaine subsaharienne vit encore sous le seuil de pauvreté, avec moins de 1,90 dollar par jour. Les Africains prient, mais ils continuent de souffrir de la misère. Cette situation soulève une question troublante : pourquoi la pauvreté persiste-t-elle malgré cette foi profonde ? Et à qui profite cette multiplication des églises en Afrique ?
1. Les statistiques de la misère : l’Afrique à genoux
L’Afrique est le continent avec le taux de pauvreté le plus élevé au monde. Selon la Banque mondiale, environ 40 % de la population africaine vit sous le seuil de pauvreté, tandis que dans certains pays, comme le Mozambique, la République centrafricaine ou la République démocratique du Congo, ce chiffre dépasse les 60 %. En parallèle, l’Afrique enregistre également des indices alarmants de malnutrition et d’accès limité aux services de base : l’accès à l’eau potable reste un défi pour 400 millions d’Africains, et 600 millions n’ont toujours pas accès à l’électricité. Dans ce contexte, l’épanouissement personnel et le développement économique sont freinés par des obstacles structurels majeurs.
Cependant, alors que les indicateurs économiques et sociaux peinent à s’améliorer, les lieux de culte ne cessent de se multiplier. En Nigeria, par exemple, il existe des mégachurches, pouvant accueillir des dizaines de milliers de fidèles. La religion joue un rôle central dans la vie quotidienne de nombreux Africains, et l’Afrique est devenue un vivier de pratiques chrétiennes, islamiques et syncrétiques, parfois même associées à des cultes traditionnels.
2. La religion comme opium du peuple ?
Pour comprendre la place de la religion dans la vie des Africains, il est utile de revenir aux théories de Karl Marx, qui voyait dans la religion un « opium du peuple ». Pour Marx, la religion permet aux individus opprimés de supporter leur condition en promettant une récompense future, détournant ainsi leur attention des injustices sociales immédiates. En Afrique, la religion est souvent un refuge face aux incertitudes économiques, aux conflits, aux crises politiques, et à une pauvreté endémique. La promesse d’une intervention divine et d’une vie meilleure dans l’au-delà permet de supporter une réalité souvent difficile.
Le philosophe Frantz Fanon a également exploré les dynamiques d’oppression en Afrique. Dans Les Damnés de la Terre, il critique le rôle des institutions qui maintiennent les Africains dans une position de passivité. Il s’interroge sur la manière dont les systèmes de domination exploitent les croyances pour perpétuer un ordre injuste. Fanon nous amène à nous interroger : les régimes africains profitent-ils de l’essor religieux pour maintenir leur emprise sur les populations, en empêchant celles-ci de se mobiliser pour des revendications sociales et politiques concrètes ?
3. À qui profite cette prolifération des églises ?
L’une des questions essentielles est de savoir qui tire profit de l’expansion des églises et des mosquées en Afrique. Certains analystes estiment que les régimes dictatoriaux et corrompus trouvent dans la religion un moyen d’apaiser les foules, en canalisant leur désespoir vers la prière plutôt que vers la révolte. La prolifération des lieux de culte serait donc un instrument pour anesthésier les masses, les privant d’une prise de conscience sociale et politique qui pourrait menacer les régimes en place. Les politiciens eux-mêmes, bien conscients de cette dynamique, n’hésitent pas à fréquenter les églises, à soutenir les chefs religieux et à instrumentaliser les institutions religieuses pour gagner du soutien populaire.
Le sociologue Jean-François Bayart, dans son étude sur le « politique par le bas » en Afrique, montre comment les élites africaines utilisent la religion pour canaliser le mécontentement populaire. En encourageant un système où les individus s’en remettent à la providence divine, les dirigeants maintiennent un ordre social qui leur est favorable. De plus, les institutions religieuses, souvent exemptées d’impôts et bénéficiant de donations, prospèrent tandis que la pauvreté persiste.
4. La foi, moteur de résilience ou obstacle au changement ?
La foi religieuse des Africains est également source de résilience. Elle leur permet de faire face aux épreuves de la vie avec courage et dignité. Mais cette foi, qui les aide à surmonter les difficultés, peut aussi les enfermer dans une forme de résignation. L’anthropologue Georges Balandier, dans son œuvre Afrique ambiguë, décrit l’Afrique comme un continent où cohabitent des aspirations modernes et des traditions ancestrales. Pour lui, cette cohabitation entraîne souvent des contradictions, dont la religion est un parfait exemple : elle symbolise à la fois une espérance pour un avenir meilleur et une dépendance à l’égard d’un pouvoir invisible.
Dans ce cadre, la religion devient un frein à la mobilisation sociale. En promettant une récompense dans l’au-delà ou en valorisant la patience et la soumission aux autorités, les doctrines religieuses peuvent encourager les Africains à accepter leur sort au lieu de le contester. Les structures religieuses, en devenant des acteurs économiques et sociaux puissants, contribuent parfois, malgré elles, à la reproduction de l’ordre établi.
5. Les pistes pour une transformation sociale
Si la religion joue un rôle fondamental en Afrique, il est essentiel que celle-ci se conjugue à des initiatives concrètes pour un changement social et économique. L’ancien archevêque Desmond Tutu, fervent défenseur des droits de l’homme, a montré que la foi peut aussi être un moteur de résistance contre l’injustice. À travers son engagement en faveur de la justice sociale, il a montré qu’il est possible de concilier croyance religieuse et lutte politique.
Les institutions religieuses pourraient avoir un rôle positif en sensibilisant les fidèles aux questions sociales et en soutenant des projets d’éducation et de développement. Plutôt que de promettre des miracles, elles pourraient mettre l’accent sur l’importance de l’autonomisation des individus, de l’éducation, et de la solidarité. En se posant comme des vecteurs de progrès social, elles aideraient les Africains à trouver en eux-mêmes et dans leur communauté les ressources pour améliorer leurs conditions de vie.
Alors, Dieu entend-il le cri des Africains ? Peut-être que la question est moins de savoir si Dieu écoute, que de savoir si les Africains prennent eux-mêmes en main leur destin. La religion peut être une force de transformation si elle ne sert pas à perpétuer une résignation passive, mais encourage à agir pour le bien commun. À la foi en une aide divine devrait s’ajouter une foi en l’action humaine, guidée par la justice, l’entraide, et la solidarité. Ainsi, le miracle pourrait ne plus être attendu passivement, mais construit jour après jour.
S. Em. Mgr Mbarga, prière de rappeler à ton homonyme, le ministre Mbarga, que les ROIS CHOISIS PAR DIEU ont régné dans la prospérité pour le bien du peuple et ont su céder leur place
Mots Clés: Bible, David, Salomon, Josias, Ezechiel, Choniques, Rois, Ancien Testament, Chrétiens, Catholiques

Le ministre du Commerce du Cameroun a récemment déclaré que « ne pas soutenir Paul Biya, c’est défier Dieu qui l’a choisi ». En utilisant la Bible comme référence pour justifier le règne prolongé d’un dirigeant, il oublie un point fondamental : les rois choisis par Dieu dans les Écritures ont régné non pour leur propre pouvoir, mais pour assurer prospérité, paix et justice à leurs peuples. Ils ont travaillé pour le bien-être matériel et spirituel de leur nation, et, quand le moment était venu, ils ont cédé leur place pour que la prospérité se perpétue.
Contrairement à ces exemples bibliques de rois bénis et justes, le Cameroun vit aujourd’hui une réalité bien différente sous le régime de Paul Biya, au pouvoir depuis 1982. Il est crucial de se demander : le règne de Biya reflète-t-il cette mission divine de prospérité et de justice, ou plonge-t-il au contraire la jeunesse camerounaise dans la misère et le désespoir ? Regardons ensemble ce que la Bible nous enseigne sur la gouvernance divine et confrontons cela à la réalité que vit la jeunesse camerounaise aujourd’hui. Dans les besoins de clarté dans la recherche, j’ai assumé que le Dieu dont parle le Ministre du commerce est le Dieu Chrétien, car Paul Biya est chrétien catholique.
La prospérité économique des rois choisis par Dieu : Exemples bibliques
Dans les Écritures, plusieurs rois choisis par Dieu ont conduit leur peuple à des époques de prospérité exceptionnelle. Leur règne est marqué par une économie florissante, la sécurité et le bien-être de leurs sujets.
David : Un règne béni de paix et de prospérité
Le roi David, choisi par Dieu, est un exemple de dirigeant ayant mis la sécurité et la prospérité de son peuple au premier plan. En sécurisant les frontières d’Israël par des conquêtes judicieuses, il a permis à la nation d’atteindre une stabilité sans précédent. Son règne est décrit comme une période de richesse et de gloire.
Dans 1 Chroniques 29:28, il est dit de lui : « Il mourut dans une heureuse vieillesse, rassasié de jours, de richesses et de gloire » (Louis Segond). Cette prospérité n’était pas que personnelle ; elle s’étendait à tout Israël, car David gouvernait pour le bien de ses sujets. Son règne offrait une stabilité sociale qui permettait à chaque famille de vivre en paix, de cultiver ses terres et d’élever ses enfants dans un environnement prospère.
Salomon : La sagesse et l’abondance pour le bien du peuple
Le règne de Salomon, fils de David, est sans doute l’apogée de la prospérité d’Israël. Connu pour sa sagesse divine, Salomon a instauré un âge d’or pour son peuple. Dès le début de son règne, il demanda à Dieu non pas des richesses, mais la sagesse nécessaire pour gouverner son peuple avec justice. En retour, Dieu le bénit abondamment, lui accordant sagesse, richesse et renommée.
1 Rois 10:23-24 décrit l’opulence de son règne : « Le roi Salomon fut plus grand que tous les rois de la terre par les richesses et par la sagesse. Et tout le monde cherchait à voir Salomon, pour entendre la sagesse que Dieu avait mise dans son cœur. » Grâce à son intelligence et à ses alliances commerciales, il multiplia les ressources de son royaume, construisit le Temple de Jérusalem et favorisa le commerce avec des nations lointaines.
1 Rois 4:25 témoigne de la paix sous son règne : « Juda et Israël, depuis Dan jusqu’à Beer-Schéba, habitèrent en sécurité, chacun sous sa vigne et sous son figuier, tout le temps de Salomon. » Cette image d’abondance et de sécurité est éloquente : sous Salomon, chaque citoyen pouvait bénéficier des fruits de son travail, sans craindre les guerres ou l’oppression. Salomon incarne un roi qui, par sa sagesse, assure le bonheur de ses sujets, une prospérité dans laquelle chaque génération a sa part.
Josias : Un règne de justice et de réforme
Le roi Josias est un autre exemple de roi fidèle et réformateur, qui a restauré le respect des lois divines et apporté la prospérité spirituelle et matérielle à son peuple. Josias entreprit une réforme religieuse majeure en détruisant les idoles et en redirigeant son peuple vers Dieu, assurant ainsi une cohésion et une prospérité nationale.
2 Chroniques 34:33 rapporte : « Josias fit disparaître toutes les abominations de tous les pays qui appartenaient aux enfants d’Israël, et il obligea tous ceux qui se trouvaient en Israël à servir l’Éternel, leur Dieu. Pendant toute sa vie, ils ne se détournèrent point de l’Éternel, le Dieu de leurs pères. » Par son dévouement envers Dieu et la justice, Josias renforça le sentiment de communauté et la prospérité matérielle d’Israël, une condition indispensable à la paix et au bien-être de son peuple.
Ezéchias : Sécurité et développement pour le peuple
Le roi Ezéchias est également reconnu pour avoir mis en place des réformes qui ont garanti la sécurité et l’abondance pour Israël. Il renforça les infrastructures, notamment en construisant un aqueduc pour assurer un approvisionnement en eau stable à Jérusalem, prouvant qu’il mettait les besoins de son peuple au premier plan.
2 Chroniques 32:27-29 témoigne de sa réussite : « Ezéchias eut beaucoup de richesses et de gloire. Il se fit des trésors d’argent, d’or, de pierres précieuses, d’aromates, de boucliers, et de tous les objets précieux ; des magasins pour les récoltes de blé, de moût et d’huile, des crèches pour toutes sortes de bêtes, et des troupeaux pour les étables. » Grâce à sa gestion habile, Ezéchias garantit une prospérité durable qui permit à son peuple de prospérer même en temps de difficultés.
La jeunesse camerounaise sacrifiée
Quand on compare ces exemples bibliques aux réalités actuelles du Cameroun, la différence est frappante. Sous Paul Biya, qui est au pouvoir depuis plus de quatre décennies, le Cameroun ne connaît ni la prospérité, ni la paix promises par les exemples de la Bible. Au contraire, la jeunesse camerounaise endure le chômage, la pauvreté, et le manque d’opportunités. Alors que les rois bibliques laissaient un héritage de sécurité et de bien-être pour les générations futures, les jeunes Camerounais se sentent sacrifiés, réduits à l’exil économique et à la survie dans leur propre pays.
La crise anglophone, le manque d’emplois, l’instabilité économique, et la mauvaise gouvernance montrent que ce régime n’a pas su reproduire la justice et la prospérité qu’un roi choisi par Dieu doit apporter à son peuple. La jeunesse camerounaise est témoin de cette situation et crie sa détresse, elle qui voit les années passer sans perspective d’amélioration.
Conclusion : le vrai leadership selon la Bible
La Bible nous enseigne que les rois choisis par Dieu gouvernaient pour le bien de leurs peuples, en assurant leur prospérité matérielle et spirituelle. Ils n’hésitaient pas à céder leur place quand leur mission était accomplie, permettant à de nouveaux dirigeants d’apporter renouveau et espoir. Comparer ces exemples sacrés au Cameroun actuel révèle une gouvernance bien éloignée des valeurs de justice et d’amour du prochain.
S. Em. Mgr Mbarga, vous qui êtes homme d’Église, rappelez à votre homonyme, le ministre du Commerce, que s’appuyer sur la Bible pour défendre un règne sans prospérité et sans justice est une déformation des enseignements sacrés. Dieu choisit des rois pour le bien de leur peuple, et non pour le pouvoir personnel.
La Faillite d’une Affirmation MENSONGÈRE, MANIPULATRICE, INJUSTE, ÉGOÏSTE, IRRESPONSABLE, DANGEREUSE ET HONTEUSE à l’encontre de la nouvelle génération : « Ne pas soutenir Paul BIYA, c’est défier Dieu qui l’a choisi »

Le 6 novembre dernier, date commémorative de l’accession au pouvoir du président camerounais Paul Biya en 1982, le ministre du Commerce a déclaré que ne pas soutenir Biya équivaudrait à « défier Dieu qui l’a choisi. » Cette affirmation, bien que provocante, soulève de sérieuses questions sur la démocratie, la responsabilité politique et les aspirations de la nouvelle génération. L’idée que s’opposer à un dirigeant est contraire à la volonté divine est non seulement contestable, mais aussi dangereuse pour l’avenir d’une nation. Cet article démontre pourquoi une telle déclaration est à la fois injuste et irresponsable, et comment elle prive la jeunesse camerounaise de son droit de participer activement à l’avenir de son pays.
Une déclaration injuste pour la nouvelle génération
L’affirmation du ministre du Commerce s’inscrit dans une vision figée de la gouvernance, où la continuité au pouvoir est vue comme un devoir sacré, indépendamment de l’aspiration des jeunes générations à participer aux décisions politiques. La jeunesse camerounaise, comme toute génération montante, souhaite s’investir pour construire son avenir, apporter des solutions aux défis actuels, et participer au développement de son pays. Restreindre cet élan sous prétexte d’une « volonté divine » fige le destin du Cameroun et étouffe le potentiel d’innovation et de progrès dont la nouvelle génération est porteuse.
Chaque génération a le droit de gouverner. L’histoire montre que des sociétés prospères et durables reposent sur une transmission du pouvoir aux nouvelles générations, porteuses de nouvelles idées et mieux adaptées aux enjeux actuels. Imposer un dirigeant de façon perpétuelle, au nom d’une légitimité divine ou supposée, va à l’encontre des principes fondamentaux de la démocratie et empêche l’émergence de nouveaux leaders.
Une affirmation égoïste et irresponsable
L’idée que Paul Biya est un dirigeant « choisi par Dieu » relève d’une vision politique égoïste qui évite de considérer la volonté des citoyens. Une telle déclaration sert avant tout les intérêts de ceux qui bénéficient du système actuel et cherchent à maintenir le statu quo. Cette position dénote une volonté d’exclure toute alternative politique, de décourager le débat et d’éloigner la jeunesse des instances de décision. Elle crée un fossé profond entre les dirigeants et la population, qui voit ses aspirations négligées.
Le Cameroun est actuellement confronté à des crises profondes, notamment la crise anglophone dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NOSO), qui a divisé le pays et généré des souffrances incommensurables. Depuis des années, le gouvernement est dans l’incapacité de résoudre ce conflit qui mine la cohésion nationale et la paix sociale. En ancrant l’idée que Biya est le seul et unique dirigeant légitime, cette affirmation détourne l’attention des problèmes réels et des inégalités qui persistent dans le pays.
Une déclaration dangereuse pour la stabilité du Cameroun
Lier le pouvoir politique à une notion divine limite les possibilités de changement pacifique et peut inciter à la violence en cas de crise. En suggérant que toute opposition est illégitime, voire sacrilège, on crée un environnement de défiance et de radicalisation. Au lieu de promouvoir un climat d’échange et de consensus, cette idée creuse encore davantage le fossé entre les gouvernants et les gouvernés, et rend la transition politique de plus en plus incertaine.
Au lieu de préserver la paix et la stabilité, cette rhétorique augmente les tensions. La jeunesse camerounaise se sent exclue des processus de décision, ce qui peut exacerber les frustrations et fragiliser la cohésion nationale. Un Cameroun fort est un Cameroun qui valorise les contributions de chaque génération et qui permet à la jeunesse de s’impliquer activement dans la construction de l’avenir.
Conclusion : une honte pour le ministre du Commerce
Le ministre du Commerce devrait se soucier davantage de l’avenir du Cameroun que de ses intérêts personnels. Pousser un homme de 92 ans à tenir les rênes d’une nation qu’il peine à maîtriser est non seulement injuste pour Paul Biya lui-même, mais aussi pour toute la société. Le pays est en attente d’un renouveau, d’une vision portée par des dirigeants en phase avec les réalités contemporaines et les aspirations de la jeunesse.
Il est temps de promouvoir une alternance politique saine et d’encourager des leaders qui répondent aux besoins réels du pays. La jeunesse camerounaise a le droit de rêver d’un avenir meilleur et de s’engager pour y parvenir. Le devoir de chaque dirigeant, au lieu de maintenir un pouvoir personnel sous le couvert d’une légitimité divine, est de préparer le terrain pour une nouvelle génération capable d’assurer la pérennité et la prospérité de la nation.
BALTHAZAR: Scandal in Equatorial Guinea: Sex Tapes, Political Assassination, Corruption, Embezzlement and Power Struggles

An Unprecedented Sexual and Political Scandal
A major scandal is currently shaking Equatorial Guinea. Hundreds of intimate videos featuring Baltasar Ebang Engonga, the country’s head of tax administration and a member of the powerful Obiang family, have been leaked on social media. These videos show Engonga, nicknamed « Bello, » engaging in sexual acts with the wives and daughters of ministers, generals, and high-ranking officials. The footage, sometimes filmed in his own office with the national flag in the background, reveals a complex network intertwining sex, power, and political rivalries.
Who is Baltasar Ebang Engonga?

Baltasar Ebang Engonga, son of Baltasar Engonga Edjo’o, president of the Central African Economic and Monetary Community (CEMAC) Commission, and great-nephew of President Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, holds a prominent position within Equatorial Guinea’s ruling elite. He is in charge of managing tax administration, a key position that has made him powerful and influential. Known for his charisma and looks, Engonga was seen as a rising figure and potential successor to President Obiang, thus posing a challenge to Vice President Teodoro Nguema Obiang Mangue, known as Teodorín, the president’s son.
Suspicious Money Transfers and Public Fund Embezzlement
The sex scandal is not the only incriminating matter against Engonga. He is also accused of embezzling public funds by making suspicious transfers from state accounts to private accounts in the Cayman Islands. In October, Teodorín, aiming to weaken his political rival, launched an official investigation into these suspicious transfers. This investigation led to Bello’s arrest, who is currently detained in Black Beach Prison, notorious for its harsh conditions. During his arrest, his phones and computers were seized, revealing more than 400 compromising videos.
Repercussions Within the Elite and CEMAC

The shockwave caused by this affair could extend beyond Equatorial Guinea’s borders, reaching personalities within the Central African Economic and Monetary Community (CEMAC). Bello’s father, Baltasar Engonga Edjo’o, now finds himself in a delicate position, summoned to Malabo to answer for his son’s actions. The Obiang family, known for its tight control over political and economic affairs, seems determined to use this scandal to reassert its authority.
Teodorín Obiang: An Opportunity for Power Consolidation

Teodorín quickly seized this opportunity to strengthen his control over the state apparatus and weaken potential competitors. The vice president has taken drastic measures, holding crisis meetings with those close to people implicated in the videos. Influential figures such as Jesús Edu Moto Mangue, the presidential security supervisor, and Nicolás Obama Nchama, the minister of public security, have been named. Teodorín has further stated that “sexual relations are forbidden in offices,” adding that severe penalties would be applied.
An Internationally Significant Scandal
The scandal’s international dimension is also noteworthy. Marisa Nlang Engonga Esono, Bello’s sister, who works at UNESCO in Paris, could be affected by the repercussions of this affair. This scandal also highlights the power games within the Obiang family and Teodorín’s attempts to eliminate competitors who might challenge his succession to the presidency.
Towards a Cleanup of the Obiang Household?

This scandal may mark a turning point in the political history of Equatorial Guinea. The revelations of embezzlement and sexual affairs involving elite figures raise many questions about the management of public finances and ethics at the top of the state. Teodorín seems determined to take advantage of the situation to strengthen his grip on power, perhaps with a view to succeeding his father, who has held power since 1982.
In Equatorial Guinea, where power is often passed down through family lines, this case reveals the extent of corruption and internal struggles plaguing the administration. Time will tell whether Teodorín can capitalize on this scandal to consolidate his rise, or if further revelations will shake the Obiang family even more.
BALTHAZAR: Scandale en Guinée équatoriale : Sex Tapes, Assassinat Politique, Corruption, Détournements et Luttes de Pouvoir
Un Scandale Sexuel et Politique Inédit
UNE ANALYSE GÉOPOLITIQUE

Un scandale de grande ampleur secoue actuellement la Guinée équatoriale. Des centaines de vidéos intimes, mettant en scène Baltasar Ebang Engonga, le chef de l’administration fiscale du pays et membre de la puissante famille Obiang, ont été divulguées sur les réseaux sociaux. Ces vidéos montrent Engonga, surnommé “Bello”, engagé dans des actes sexuels avec des épouses et des filles de ministres, de généraux et de hauts fonctionnaires. Les images, parfois tournées dans son propre bureau avec le drapeau national en arrière-plan, révèlent un réseau complexe mêlant sexe, pouvoir et rivalités politiques.
Qui est Baltasar Ebang Engonga ?

Baltasar Ebang Engonga, fils de Baltasar Engonga Edjo’o, président de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), et arrière-neveu du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, occupe une place de choix au sein de l’élite dirigeante équato-guinéenne. Il est chargé de la gestion de l’administration fiscale, une position clé qui l’a rendu puissant et influent. Connu pour son charisme et sa beauté, Engonga était perçu comme une figure montante et potentiellement un successeur du président Obiang, rivalisant ainsi avec le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue, alias Teodorín, le fils du président.
Transferts d’Argent Suspects et Détournements de Fonds Publics

Le scandale sexuel n’est pas le seul élément accablant contre Engonga. Il est également accusé de détournements de fonds publics, ayant effectué des transferts suspects depuis les comptes de l’État vers des comptes privés aux îles Caïmans. En octobre, Teodorín, cherchant à affaiblir son rival politique, a lancé une enquête officielle sur ces transferts douteux. Cette enquête a conduit à l’arrestation de Bello, actuellement détenu dans la prison de Black Beach, tristement célèbre pour ses conditions de détention. Lors de son arrestation, ses téléphones et ordinateurs ont été saisis, révélant plus de 400 vidéos compromettantes.
Des Répercussions au Sein de l’Élite et de la CEMAC

L’onde de choc provoquée par cette affaire pourrait aller au-delà des frontières de la Guinée équatoriale, en atteignant des personnalités de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Le père de Bello, Baltasar Engonga Edjo’o, se trouve maintenant dans une position délicate, convoqué à Malabo pour répondre des agissements de son fils. La famille Obiang, connue pour son contrôle strict des affaires politiques et économiques, semble déterminée à utiliser ce scandale pour réaffirmer son autorité.
Teodorín Obiang : Opportunité de Consolidation du Pouvoir

Teodorín a rapidement saisi cette occasion pour renforcer son contrôle sur l’appareil d’État et affaiblir ses concurrents potentiels. Le vice-président a pris des mesures drastiques, organisant des réunions de crise avec les proches des personnes impliquées dans les vidéos. Des figures influentes, telles que Jesús Edu Moto Mangue, superviseur de la sécurité présidentielle, et Nicolás Obama Nchama, ministre de la sécurité publique, ont été citées. Par ailleurs, Teodorín a déclaré que « les relations sexuelles sont interdites dans les bureaux », ajoutant que des sanctions sévères seraient appliquées.
Un Scandale aux Implications Internationales
La dimension internationale du scandale est également notable. Marisa Nlang Engonga Esono, sœur de Bello, qui travaille à l’UNESCO à Paris, pourrait être affectée par les répercussions de cette affaire. Ce scandale met également en lumière les jeux de pouvoir au sein de la famille Obiang et les tentatives de Teodorín pour éliminer les concurrents qui pourraient contester sa succession à la présidence.
Vers un Nettoyage de la Maison Obiang ?

Teodoro Nguema Obiang Mangue, dit Teodorín, vice-président de Guinée équatoriale et fils du chef de l’État
Ce scandale pourrait marquer un tournant dans l’histoire politique de la Guinée équatoriale. Les révélations sur les pratiques de détournement de fonds et les relations sexuelles impliquant des figures de l’élite suscitent de nombreuses questions sur la gestion des finances publiques et l’éthique au sommet de l’État. Teodorín semble bien décidé à tirer parti de la situation pour renforcer son emprise sur le pouvoir, peut-être en vue de succéder à son père, au pouvoir depuis 1982.
En Guinée équatoriale, où le pouvoir se transmet souvent de manière héréditaire, cette affaire révèle l’ampleur de la corruption et des luttes intestines qui minent l’administration. Reste à savoir si Teodorín pourra capitaliser sur ce scandale pour consolider son ascension, ou si d’autres révélations viendront ébranler davantage la famille Obiang.























