LE MLDC EXIGE LE PAIEMENT D’UN 13ème MOIS POUR LES FONCTIONNAIRES CAMEROUNAIS: UN PILIER POUR STIMULER L’ÉCONOMIE ET CONSTRUIRE UN ÉTAT DÉVELOPPEMENTALISTE COMMUNAUTAIRE ( EDC)

Résumé

Cet article défend la revendication du Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) pour l’instauration d’un 13ème mois de salaire pour les fonctionnaires camerounais. En analysant des données économiques et sociales, l’article démontre que cette mesure pourrait réduire les inégalités salariales, stimuler l’économie locale, améliorer la productivité des employés publics et renforcer la cohésion nationale. Située dans le cadre de la vision du MLDC d’un État développementaliste communautaire ( EDC), cette réforme s’inscrit dans une stratégie plus large pour une gouvernance inclusive et durable.

Mots clés: MLDC, Cameroun, fonctionnaires, 13ème mois, État développementaliste communautaire, équité salariale, réforme économique.

Abstract

This article supports the Movement for the Liberation and Development of Cameroon (MLDC)’s demand for the implementation of a 13th-month salary for Cameroonian civil servants. Through an analysis of economic and social data, the article shows how this measure could reduce wage disparities, stimulate the local economy, improve public employee productivity, and strengthen national cohesion. Framed within the MLDC’s vision of a developmental and community-focused state, this reform is part of a broader strategy for inclusive and sustainable governance.

Keywords: MLDC, Cameroon, civil servants, 13th-month salary, developmental state, wage equity, economic reform.

Introduction

Le Cameroun, comme de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, est confronté à des défis majeurs liés aux disparités salariales et aux faibles rémunérations des fonctionnaires. Le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) propose une réforme audacieuse : l’instauration d’un 13ème mois de salaire. Cette mesure, loin d’être uniquement symbolique, est un levier stratégique pour améliorer les conditions de vie des travailleurs, stimuler l’économie locale et promouvoir une gouvernance équitable et inclusive. Cet article analyse les arguments avancés par le MLDC, appuyés par des données économiques et des exemples académiques.

1. Réduction des inégalités salariales : un impératif pour la justice sociale

Les inégalités salariales au Cameroun sont parmi les plus élevées de la région. Selon une étude de la Banque mondiale (2023), le salaire moyen des fonctionnaires camerounais est de 250 USD (150 000 FCFA) par mois, contre 450 USD (290 000 FCFA) au Ghana, 349 USD (220 000 FCFA) en Cote d’Ivoire et 1 200 USD (760 000 FCFA) en Afrique du Sud, où un 13ème mois est versé.

Comparaison internationale :

Afrique du Sud : Le 13ème mois est un acquis social qui contribue à maintenir une rémunération compétitive et à réduire les écarts entre les différentes catégories de fonctionnaires.

Ghana : Depuis l’introduction d’un “bonus de Noël” équivalent au 13ème mois, les écarts de rémunération entre les travailleurs publics et privés ont diminué de 15 %.

Au Cameroun, où le coût de la vie a augmenté de plus de 30 % entre 2015 et 2023, les fonctionnaires peinent à couvrir leurs besoins de base, aggravant les inégalités sociales.

Impact attendu :

L’instauration d’un 13ème mois pour tous les fonctionnaires offrirait un soutien financier crucial, réduisant les disparités salariales internes et améliorant la qualité de vie des employés publics.

2. Stimulation du pouvoir d’achat et dynamisation de l’économie locale

Le 13ème mois injecte directement des liquidités dans l’économie, augmentant le pouvoir d’achat des ménages et stimulant la consommation. Selon une étude menée par l’Union africaine (2022), l’introduction de primes de fin d’année dans les pays africains a conduit à une augmentation de 18 % des dépenses des ménages en décembre.

Effets multiplicateurs :

Secteur informel : Les commerçants, artisans et petites entreprises bénéficient directement de l’augmentation des dépenses des ménages.

Croissance économique : En Afrique du Sud, le paiement du 13ème mois contribue à 1,2 % du PIB annuel grâce à la hausse des transactions économiques.

Étude de cas : Cameroun

Le secteur informel représente plus de 80 % de l’économie camerounaise. Une augmentation du pouvoir d’achat des fonctionnaires, qui forment une part importante des consommateurs, aurait un effet multiplicateur sur les revenus des acteurs économiques locaux.

Impact attendu :

Le 13ème mois pourrait être un levier pour dynamiser l’économie nationale, augmentant les recettes fiscales grâce à la TVA et stimulant la création d’emplois dans les secteurs informel et formel.

3. Motivation et productivité des fonctionnaires

La motivation des fonctionnaires est directement liée à leur rémunération. Selon une enquête menée en 2021, 62 % des fonctionnaires camerounais estiment que leur salaire est insuffisant pour subvenir à leurs besoins, ce qui affecte leur engagement et leur performance.

Exemple international :

Sénégal : Depuis l’introduction d’un 13ème mois pour les fonctionnaires des catégories supérieures, les indicateurs de productivité dans la fonction publique ont augmenté de 12 %.

Ghana : Le “bonus de Noël” a contribué à une réduction de l’absentéisme et à une amélioration des services publics.

Impact attendu :

En reconnaissant les efforts des fonctionnaires avec un 13ème mois, l’État camerounais renforcerait leur engagement, réduisant ainsi la corruption et améliorant la qualité des services publics.

4. Stabilité sociale et renforcement de la cohésion nationale

Dans un pays marqué par des tensions sociales, l’instauration d’un 13ème mois pourrait apaiser les frustrations des fonctionnaires et réduire les risques de grèves.

Exemple international :

• En Afrique du Sud, le 13ème mois est perçu comme un outil de pacification sociale, renforçant la confiance entre l’État et ses employés publics.

Impact attendu :

Le MLDC considère cette réforme comme une solution stratégique pour renforcer la cohésion sociale et promouvoir une gouvernance inclusive, essentielle à la stabilité politique.

Vers un État Développementaliste Communautaire : Le Rôle du 13ème Mois

Le MLDC inscrit cette réforme dans sa vision d’un État développementaliste communautaire, où les ressources humaines sont valorisées et où les politiques publiques sont orientées vers l’équité sociale et le développement économique.

1. Redistribution équitable et justice sociale

Le 13ème mois s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire les écarts sociaux et à redistribuer les richesses de manière équitable.

2. Financement durable

Le MLDC propose de financer cette mesure par :

• Une meilleure collecte des impôts.

• La réduction des dépenses administratives superflues.

• La création d’un Fonds de Développement Communautaire.

3. Implication citoyenne

Le MLDC propose de mobiliser les communautés locales et les fonctionnaires pour superviser les projets de développement, renforçant ainsi la transparence et l’engagement citoyen.

Conclusion

L’instauration d’un 13ème mois de salaire pour les fonctionnaires camerounais est bien plus qu’une réforme économique : c’est une étape fondamentale vers la justice sociale, la stabilité politique et le développement économique. Pour le MLDC, cette mesure incarne les valeurs d’un État développementaliste communautaire, où les politiques publiques sont centrées sur les citoyens et orientées vers un avenir inclusif et prospère.

Références

1. Banque Mondiale. (2023). “Rapport sur les disparités salariales en Afrique subsaharienne.”

2. Union africaine. (2022). “Politiques économiques et bien-être des fonctionnaires.”

3. OCDE. (2023). “Le rôle des primes salariales dans la croissance économique.”

4. Gouvernement du Ghana. (2021). “Impact économique du bonus de Noël sur les ménages.”

5. Étude MLDC. (2024). “Repenser la gouvernance salariale pour un Cameroun équitable.”

6. Yab,J., et Nkong-Njock, V., ( 2024). Construction d’un État Développementaliste Communautaire; le Cameroun


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