
Résumé
L’avenir démocratique du Cameroun est en jeu alors que le pays se prépare aux élections présidentielles de 2025 dans un climat de méfiance généralisée envers son organe électoral, ELECAM. Les taux alarmants de rejet des inscriptions sur les listes électorales, atteignant jusqu’à 87 % dans certaines circonscriptions, révèlent des défaillances systémiques qui menacent la crédibilité du processus électoral. Face à cette situation, le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) propose un audit international d’ELECAM, supervisé par des personnalités respectées comme l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo. Cet article explore les raisons pour lesquelles le Cameroun a un besoin urgent d’un encadrement international pour ses réformes électorales, en s’inspirant des exemples du Kenya, du Ghana et du Nigeria, tout en inscrivant les propositions du MLDC dans une vision globale pour le renouveau démocratique et la stabilité géopolitique en Afrique centrale.
Mots-clés : Cameroun, MLDC, ELECAM, réforme électorale, Olusegun Obasanjo, démocratie, audit international, leadership africain.
Introduction : Un pays en quête d’élections crédibles
Le Cameroun traverse une crise de confiance dans son processus électoral, et les élections présidentielles de 2025 constituent un test crucial pour son intégrité démocratique. Les taux de rejet élevés des inscriptions sur les listes électorales révélés par ELECAM ont suscité des inquiétudes quant à la suppression des électeurs et à des défaillances administratives.
Dans ce contexte, le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) propose une solution audacieuse : un audit international d’ELECAM, dirigé par des figures respectées comme Olusegun Obasanjo. Cette initiative reflète l’engagement du MLDC en faveur d’un système électoral crédible et inclusif, dans le cadre de sa vision plus large d’un État développementaliste. La participation de personnalités telles qu’Obasanjo, reconnues pour leur impartialité et leur expérience en résolution de conflits électoraux, pourrait restaurer la confiance publique et ouvrir la voie à des réformes significatives. Cet article plaide pour l’urgence d’une supervision internationale afin de garantir des élections crédibles et de protéger la démocratie camerounaise.
Les échecs d’ELECAM et l’urgence d’une réforme

1. Des taux de rejet alarmants
Les données d’ELECAM montrent des taux de rejet atteignant 87 % dans des circonscriptions comme Yaoundé 5, en grande partie en raison de défaillances dans les systèmes d’enregistrement biométrique. Ces chiffres révèlent des failles critiques dans l’infrastructure électorale du Cameroun, sapant la confiance publique dans l’équité des prochaines élections.
2. Une crise de confiance publique
Des accusations généralisées de partialité et d’incompétence contre ELECAM ont renforcé le sentiment de méfiance. Le manque de transparence dans les processus d’inscription sur les listes électorales soulève des inquiétudes concernant la suppression des électeurs, en particulier dans les bastions de l’opposition, exacerbant les tensions politiques.
3. Implications régionales et mondiales
La stabilité politique du Cameroun est essentielle pour l’Afrique centrale. Un échec électoral au Cameroun pourrait aggraver l’instabilité régionale, perturber les efforts d’intégration économique et offrir des opportunités à des groupes extrémistes comme Boko Haram pour exploiter le chaos qui en résulterait.
Pourquoi une supervision internationale est essentielle
1. Restaurer la confiance publique
La nomination d’une équipe d’audit international dirigée par des personnalités comme Olusegun Obasanjo rassurerait les Camerounais sur l’impartialité et la transparence du processus. La confiance publique est un pilier de la légitimité démocratique, et un audit international pourrait fournir la responsabilité qu’ELECAM ne garantit pas actuellement.
2. S’aligner sur les meilleures pratiques
Des nations africaines comme le Ghana et le Kenya ont démontré l’importance de la supervision internationale dans la construction de systèmes électoraux crédibles. L’adoption par le Ghana de la technologie biométrique et les réformes électorales post-crise du Kenya, toutes deux soutenues par des observateurs internationaux, servent de modèles pour le Cameroun.
3. Prévenir les crises politiques
Le transfert pacifique du pouvoir au Nigeria en 2015, facilité par la Commission électorale nationale indépendante (INEC) et soutenu par des observateurs internationaux, souligne l’importance d’élections crédibles pour prévenir l’instabilité politique. Le Cameroun doit tirer les leçons de ces exemples pour éviter les conflits électoraux susceptibles de dégénérer en troubles.
4. Tirer parti de l’expertise africaine
Les anciens dirigeants africains comme Olusegun Obasanjo apportent une expérience et une autorité morale inégalées dans la médiation électorale. Son rôle dans la résolution des crises au Libéria (2017) et au Zimbabwe (2008) démontre sa capacité à naviguer dans des environnements politiques complexes et à favoriser le consensus.
La vision du MLDC : Un plan pour la réforme électorale
La proposition du MLDC d’un audit international s’inscrit dans une stratégie plus large visant à transformer le Cameroun en un État développementaliste fondé sur la transparence et la responsabilité. Les recommandations incluent :
1. Un audit international indépendant
Le MLDC propose un audit complet des opérations d’ELECAM, dirigé par une équipe d’experts électoraux internationaux, de dirigeants africains et de représentants de la société civile.
Exemple : La Commission électorale indépendante du Kenya (IEBC) a bénéficié d’une supervision similaire, qui a renforcé sa crédibilité après la crise électorale de 2007.
2. Modernisation de la technologie électorale
Pour réduire les taux de rejet, le MLDC préconise l’adoption de technologies biométriques avancées, en s’inspirant de la mise en œuvre réussie des systèmes de seconde génération au Ghana en 2020.
3. Garantir l’indépendance institutionnelle
Le MLDC insiste sur la nécessité de dépolitiser ELECAM en restructurant son modèle de gouvernance pour refléter celui de la Commission électorale indépendante d’Afrique du Sud (IEC), reconnue pour son impartialité et son professionnalisme.
4. Surveillance multipartite
Le MLDC appelle à la création d’un conseil consultatif multipartite, comprenant des représentants des partis politiques, de la société civile et des observateurs internationaux, pour surveiller les activités d’ELECAM et garantir sa responsabilité.
5. Campagnes d’éducation des électeurs
Reconnaissant l’importance de la participation citoyenne éclairée, le MLDC propose une vaste campagne d’éducation des électeurs, inspirée de l’initiative nigériane « Vote Not Fight », qui a mobilisé avec succès les jeunes pour des élections pacifiques.
Le rôle d’Olusegun Obasanjo dans la transformation électorale
La participation d’Olusegun Obasanjo à l’audit proposé serait transformative. En tant qu’ancien président du Nigeria et observateur expérimenté, Obasanjo a fait ses preuves dans la médiation des conflits électoraux et la promotion des transitions démocratiques. Sa direction garantirait que l’audit soit approfondi, impartial et crédible, établissant une nouvelle norme pour l’intégrité électorale au Cameroun.
Implications géopolitiques des réformes électorales au Cameroun
1. Stabiliser l’Afrique centrale
La stabilité du Cameroun est essentielle à l’intégration économique et politique de l’Afrique centrale. Des élections crédibles renforceraient la confiance régionale dans le leadership du Cameroun et favoriseraient la collaboration sur les initiatives de sécurité et de développement.
2. Renforcer la position du Cameroun à l’international
En adoptant une supervision internationale, le Cameroun pourrait se positionner en tant que leader de la gouvernance démocratique en Afrique. Cela attirerait des investissements étrangers et renforcerait les partenariats avec les institutions mondiales engagées dans le développement démocratique.
3. Prévenir les ingérences extérieures
Des élections transparentes réduisent la probabilité que des acteurs extérieurs exploitent l’instabilité politique à des fins stratégiques ou économiques, protégeant ainsi la souveraineté et les intérêts nationaux du Cameroun.
Conclusion : Un appel à l’action
Les élections présidentielles de 2025 représentent une opportunité cruciale pour le Cameroun de restaurer la confiance dans ses institutions démocratiques. L’appel du MLDC à un audit international, dirigé par des personnalités comme Olusegun Obasanjo, constitue une solution audacieuse et pragmatique à la crise électorale du pays. En adoptant cette proposition, le Cameroun pourrait non seulement garantir des élections crédibles, mais aussi réaffirmer son engagement envers les principes démocratiques et la stabilité régionale. Le moment d’agir est venu—avant que la crise de confiance ne devienne une crise de démocratie.
References
- Annan, K. (2014). Interventions: A Life in War and Peace. New York: Penguin Press.
- Obasanjo, O. (2014). My Watch: A Memoir. Lagos: Prestige Publishers.
- Electoral Commission of Ghana. (2020). Biometric Voter Registration Lessons. Accra: ECG.
- Transparency International. (2023). Perceptions of Electoral Integrity in Africa. Berlin: Transparency International.
- IFES. (2021). Enhancing Electoral Integrity through Technology. Washington, DC: IFES.
