Parlement Camerounais : Encore une Session! 42 Ans de Misère, 42 Ans de Pauvreté – Pour Qui Travaille l’Assemblée Nationale ?

Mots clés : Parlement, Cameroun, MLDC, réformes, transparence, pauvreté, chômage, démocratie, État développementaliste, Bayart, Mbembe, responsabilité, budget participatif, opposition, représentativité, comptabilité.

Alors qu’une nouvelle session parlementaire s’ouvre cette semaine au Cameroun, le bilan de plus de quatre décennies de sessions laisse un goût amer. Et depuis les premières élections législatives pluralistes des années 1990, le parlement camerounais a échoué à défendre les intérêts du peuple, miné par une domination du parti au pouvoir qui muselle l’opposition. Sous la gouvernance continue de Paul Biya, l’Assemblée Nationale a souvent été perçue comme un outil de validation des décisions de l’exécutif plutôt qu’un véritable contre-pouvoir.

Face à une situation socio-économique de plus en plus critique, où la pauvreté et le chômage grimpent sans relâche, avec une situation securitaire critique, le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) propose des réformes novatrices pour transformer cette institution en un moteur de développement communautaire, au service des citoyens. Inspirées des meilleures pratiques internationales et de la philosophie d’un État développementaliste communautaire, ces réformes visent à rétablir un parlement véritablement représentatif, transparent et comptable.

Un Parlement Impuissant Face à la Montée de la Pauvreté

Les indicateurs socio-économiques du Cameroun depuis les années 1990 brossent un tableau alarmant. En 1991, au lendemain des premières élections législatives pluralistes, le taux de pauvreté nationale était estimé à environ 40%. Depuis, ce chiffre n’a fait qu’augmenter, atteignant plus de 50% en 2022, avec des disparités régionales prononcées où le taux de pauvreté dépasse les 70% dans certaines zones rurales (INS Cameroun, 2022). Par ailleurs, le taux de chômage, qui oscillait autour de 5% en 1991, est aujourd’hui estimé à plus de 12%, affectant particulièrement les jeunes, qui peinent à trouver un emploi stable et durable.

Cette aggravation de la pauvreté et du chômage révèle l’échec d’un parlement inactif, incapable d’adopter des lois favorisant la croissance économique et l’inclusion sociale. Comme le souligne le politologue Jean-François Bayart, « un parlement déconnecté de la réalité du peuple devient complice de l’oppression économique » (Bayart, 1993). En d’autres termes, un parlement sans véritable opposition et sans mécanismes de contrôle des politiques économiques gouvernementales ne fait que prolonger un statu quo défavorable aux citoyens.

Une Assemblée aux Couleurs d’un Parti Unique : L’Absence d’Opposition

Depuis les premières élections législatives pluralistes des années 1990, l’opposition camerounaise a lutté pour se faire une place dans un parlement dominé par le RDPC. En pratique, l’opposition n’a pratiquement jamais eu le pouvoir de faire adopter des lois significatives. Selon les travaux de l’historien Achille Mbembe, « un parlement sans opposition devient une simple chambre d’enregistrement où le pouvoir exécutif impose son agenda sans débat réel » (Mbembe, 2000). Cette remarque résume parfaitement le fonctionnement de l’Assemblée Nationale au Cameroun : les initiatives parlementaires issues de l’opposition, rares et souvent marginalisées, finissent systématiquement par être rejetées, étouffées par une majorité mécanique.

En 42 ans, combien de lois portées par l’opposition ont réellement été adoptées ? La réponse est dérisoire. Dans le contexte camerounais, le pouvoir législatif semble servir davantage à valider les décisions de l’exécutif qu’à offrir un espace de débat démocratique. La quasi-absence d’une opposition structurée et influente au sein de l’Assemblée conduit à une stagnation législative qui ne répond en rien aux besoins criants de la population. Cette situation a mené le Cameroun dans une impasse, où l’inertie institutionnelle se traduit par une absence de progrès socio-économique.

Conséquences de l’Absence d’un Contre-pouvoir Parlementaire

Sans opposition forte, le parlement camerounais s’avère incapable de jouer son rôle de contrepoids au pouvoir exécutif. L’essence même de la démocratie parlementaire, qui repose sur un équilibre entre les différents pouvoirs, est ici compromise. Selon le politologue Jean-François Bayart, « un parlement doit être le reflet des aspirations populaires et non un simple appui pour les décisions du président » (Bayart, 1993). Or, au Cameroun, l’Assemblée Nationale a rarement, voire jamais, constitué un espace de défense des intérêts populaires. Les lois adoptées, principalement initiées par le gouvernement, répondent davantage aux priorités de l’élite politique et économique qu’à celles des citoyens ordinaires.

Cet immobilisme législatif se reflète dans la vie quotidienne des Camerounais : éducation en crise, infrastructures de santé défaillantes, et système de transport obsolète. En l’absence de pression venant d’une opposition active, le gouvernement se trouve dispensé de rendre des comptes. Les rapports annuels de Transparency International sur le Cameroun, qui placent régulièrement le pays parmi les plus corrompus du monde, témoignent d’un système où l’opacité règne et où les institutions manquent de transparence et de responsabilité.

Les Propositions du MLDC pour un Parlement au Service du Développement Communautaire

Pour le MLDC, l’urgence est de transformer l’Assemblée Nationale en un véritable outil de développement et de soutien communautaire, capable de répondre aux besoins sociaux et économiques des Camerounais. En s’inspirant des parlements les plus performants dans le monde, le MLDC propose des réformes structurelles pour rendre l’Assemblée plus accountable, participative et proactive.

  1. Création d’un Bureau de Responsabilité Parlementaire (BRP) : Inspiré du modèle scandinave, ce bureau indépendant serait chargé de surveiller et d’évaluer les activités des députés afin d’assurer qu’ils répondent aux attentes des électeurs. Ce bureau rendrait des comptes à travers des rapports publics réguliers sur les activités, l’assiduité et l’engagement des députés, permettant ainsi aux citoyens de mieux juger la performance de leurs représentants.
  2. Commissions Citoyennes de Contrôle Législatif : À l’image des commissions citoyennes en Europe, le MLDC propose d’associer des citoyens experts ou tirés au sort pour évaluer et suggérer des modifications aux lois. Ces commissions garantiraient que les textes de loi adoptés tiennent compte des préoccupations locales et des réalités sociales et économiques du pays. Selon Achille Mbembe, « le rôle d’un parlement est de donner voix aux aspirations populaires dans chaque décision législative » (Mbembe, 2000).
  3. Budget Participatif pour le Financement des Projets Locaux : Inspirée du modèle brésilien de budget participatif, cette réforme impliquerait que les députés consacrent une partie de leur budget à des projets communautaires définis directement par les citoyens. Cela permettrait aux Camerounais de choisir les projets prioritaires dans leur région, que ce soit pour l’éducation, la santé ou les infrastructures, renforçant ainsi le lien de confiance entre les électeurs et leurs représentants.
  4. Séances Hebdomadaires de Questions au Gouvernement : À l’image des questions hebdomadaires au gouvernement dans les démocraties parlementaires britanniques, le MLDC propose que les ministres soient hebdomadaire tenus de répondre publiquement aux questions des députés. Cette transparence permettrait aux citoyens de suivre de près les décisions de l’exécutif, renforçant ainsi la responsabilité du gouvernement envers la population.
  5. Tribunes de Débat Public et Référendums Consultatifs : Pour renforcer la participation des citoyens aux grandes décisions politiques, le MLDC propose d’instaurer des tribunes de débat public et des référendums consultatifs. Inspirée des pratiques suisses, cette mesure permettrait aux Camerounais de s’exprimer directement sur des questions législatives majeures et de s’assurer que les lois répondent aux besoins réels du pays.
  6. Statut Officiel pour l’Opposition et Droits Renforcés : Le MLDC défend l’idée d’un statut officiel et de moyens accrus pour l’opposition au parlement, afin de garantir un véritable contre-pouvoir. Inspiré du modèle indien, où l’opposition joue un rôle clé dans le processus législatif, ce statut permettrait à l’opposition de proposer des lois, d’enquêter sur les affaires gouvernementales et de représenter plus efficacement les citoyens.
  7. Sessions Annuelles de Bilan devant les Citoyens : Inspiré des pratiques allemandes, le MLDC propose que chaque député organise annuellement une session publique de bilan dans sa circonscription, où il rendrait compte de son activité parlementaire. Cette transparence renforcerait la redevabilité des élus, permettant aux citoyens de mieux suivre et évaluer le travail de leurs représentants.

Une Comparaison Internationale : L’État Développementaliste Communautaire en Action

Dans les pays nordiques, la transparence parlementaire et l’inclusivité sont des piliers essentiels de la gouvernance, et les résultats économiques sont frappants : avec un taux de pauvreté inférieur à 10% et un chômage sous les 5%, ces pays prouvent qu’un parlement accountable peut transformer un pays (World Bank, 2023). Au Japon, la tradition de dialogue et de consensus, essentielle dans la culture communautaire, inspire des pratiques parlementaires où l’opposition est activement impliquée, permettant des lois qui soutiennent une croissance inclusive.

Dans le contexte africain, les valeurs de solidarité, de consultation et d’écoute des sages, présentes dans les cultures locales, peuvent inspirer un parlement qui valorise la parole citoyenne et intègre les préoccupations communautaires. La constitution de commissions législatives comprenant des leaders communautaires, comme le propose le MLDC, contribuerait à rapprocher les institutions politiques des réalités sociales et culturelles camerounaises.

Le Parlement au Service du Peuple

Le MLDC croit fermement que le rôle du parlement camerounais doit être d’incarner un véritable service au peuple, de représenter les intérêts des citoyens, et d’assurer le développement durable de chaque communauté. Avec des réformes audacieuses et inspirées d’un État développementaliste communautaire, il est possible de bâtir une Assemblée Nationale qui répond enfin aux attentes populaires. Un parlement transparent, responsable et inclusif est non seulement un pilier d’une démocratie vivante, mais aussi une condition essentielle pour améliorer les conditions de vie des Camerounais.


Laisser un commentaire