Lorsque l’on parle du Cameroun moderne, on oublie souvent que tout commence dans le silence.
Un silence lourd, structuré, calculé.
Ce silence, c’est celui qui entoure la montée au pouvoir d’un homme : Ahmadou Ahidjo.
Nous sommes en mai 1957, la loi-cadre Defferre est fraîchement adoptée, et pour la première fois, le Cameroun, encore sous tutelle française, obtient un gouvernement autonome.
Le nom que la France pousse discrètement vers la tête de l’exécutif, c’est celui d’un homme formé dans l’administration coloniale, loyal, réservé, méthodique : Ahmadou Ahidjo
Contexte général : De son accession au poste de Premier ministre en 1958 jusqu’à sa démission en 1982, Ahmadou Ahidjo a mené un régime autoritaire marqué par une répression brutale des mouvements indépendantistes (notamment l’Union des populations du Cameroun, UPC) et des opposants politiques. La guerre contre les maquis nationalistes entamée sous la colonisation française s’est prolongée bien après l’indépendance, avec un bilan humain lourd. Entre 1955 et 1964, des dizaines de milliers de personnes (combattants nationalistes et civils) auraient été tuées dans ce conflit méconnu . La répression a pris la forme de massacres, d’assassinats ciblés de leaders nationalistes, d’emprisonnements massifs et de torture, instaurant un climat de terreur pour consolider le pouvoir central.( cliquez sur la vidéo)
