Quand la Chine signe avec l’Iran, Israël se déchaîne: L’accord stratégique de 2021, catalyseur d’un embrasement multipolaire

When China Protects Iran, Israel Strikes Back: The 2021 Strategic Pact as a Catalyst of Multipolar Conflagration

Résumé

Depuis le 13 juin 2025, une guerre ouverte oppose l’Iran et Israël, marquée par des frappes aériennes massives, des missiles balistiques, et des drones kamikazes. Cet article explore comment l’accord stratégique sino-iranien signé en 2021, prévoyant des investissements chinois massifs dans les secteurs énergétique, militaire et numérique iraniens, a redéfini l’équilibre des forces au Moyen-Orient. En reconfigurant la posture iranienne face aux sanctions occidentales, cet accord a renforcé les capacités de riposte de Téhéran et suscité l’inquiétude stratégique d’Israël. Le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis, avec son soutien inconditionnel à Israël, a complété les conditions pour une offensive militaire israélienne, justifiée par la menace croissante de l’Iran renforcé par Pékin. L’article analyse cette séquence comme l’illustration d’une reconfiguration géopolitique multipolaire où la Chine devient un acteur de dissuasion indirecte dans les conflits du Proche-Orient.

Abstract

Since June 13, 2025, Iran and Israel have engaged in open military confrontation, marked by intense airstrikes, ballistic missile barrages, and drone warfare. This article examines how the 2021 China–Iran strategic partnership agreement—featuring massive Chinese investments in Iranian energy, defense, and technological sectors—reshaped regional power dynamics in the Middle East. By helping Tehran resist Western sanctions and modernize its military, the agreement undermined Israeli deterrence and triggered preemptive Israeli strikes. The return of Donald Trump to the White House, with overt backing for Israel, completed the preconditions for this escalation. We argue that this war episode reveals the emergence of a multipolar confrontation in which China plays an indirect but critical deterrent role, redrawing the contours of Middle Eastern geopolitics.

1. Introduction : une guerre annoncée dans un ordre en transition

L’attaque aérienne lancée par Israël le 13 juin 2025 contre plus de cent cibles stratégiques iraniennes constitue bien plus qu’une réponse ponctuelle à une menace nucléaire. C’est la matérialisation d’un déséquilibre stratégique aggravé par l’alliance sino-iranienne, forgée dans l’accord global de 25 ans signé en mars 2021. Ce partenariat, aux implications militaires, énergétiques et technologiques, a modifié en profondeur les équilibres du Moyen-Orient, en conférant à l’Iran une profondeur stratégique nouvelle face à son rival israélien.

Le présent article analyse la guerre Iran–Israël de juin 2025 à la lumière de cet accord, en démontrant que la protection indirecte chinoise a permis à l’Iran de défier la dissuasion israélienne, tandis que le soutien réaffirmé des États-Unis sous Donald Trump a libéré l’initiative offensive israélienne.

2. L’accord stratégique sino-iranien : redéfinir la sécurité régionale

Signé le 27 mars 2021, l’accord Chine–Iran prévoit :

jusqu’à 400 milliards $ d’investissements chinois dans l’énergie, les infrastructures, les transports et les télécommunications iraniens ; un approvisionnement en pétrole et gaz iranien garanti pour la Chine, à des prix réduits sur 25 ans ; un volet militaire discret : coopération en cybersécurité, équipements de surveillance, participation à des exercices conjoints.

Cet accord a permis à Téhéran de :

bypasser les sanctions américaines, en exportant son pétrole et en finançant son programme nucléaire ; moderniser son arsenal balistique et ses drones, notamment grâce à une coopération sino-russe ; obtenir un soutien diplomatique majeur au Conseil de sécurité des Nations unies, où la Chine joue un rôle de protecteur discret.

3. Le tournant de juin 2025 : frappes, ripostes, escalade

3.1 Israël frappe

Le 13 juin 2025, Israël lance “Opération Rising Lion” : plus de 200 aéronefs, 330 missiles de précision, frappent les centres de centrifugation (Natanz, Fordow), les bases du CGRI, les ports pétroliers. Objectif : détruire la capacité nucléaire et balistique iranienne, empêchée de progresser par des voies diplomatiques. L’action est rendue possible par l’appui diplomatique de Trump, qui appelle à la “reddition inconditionnelle” de Téhéran.

3.2 L’Iran riposte

Le 14 juin, l’Iran envoie plus de 400 drones et missiles vers Tel Aviv, Haïfa, et le Néguev. Bilan : des dizaines de morts, des centaines de blessés. C’est la première fois qu’une riposte directe et symétrique est déclenchée par l’Iran, signe d’un changement d’ère. Cette réaction repose sur la confiance stratégique dans l’axe Pékin–Téhéran–Moscou.

4. La Chine, arbitre ou catalyseur ?

Pékin n’a pas fourni directement d’armement à l’Iran, mais son rôle est structurel :

Grâce à ses investissements et technologies, l’Iran a résisté à la pression économique occidentale. Les systèmes de surveillance chinois (Huawei, Beidou) ont modernisé les défenses iraniennes. La présence économique chinoise en Iran est devenue un bouclier diplomatique : toute frappe massive sur l’Iran affecte les intérêts chinois.

La Chine appelle désormais à une désescalade, tout en accusant Israël d’avoir provoqué une crise aux conséquences régionales potentiellement incontrôlables.

5. Vers une guerre multipolaire froide ?

La guerre Iran–Israël de juin 2025 consacre un basculement :

L’ordre unipolaire centré sur les États-Unis est ébranlé. Le Moyen-Orient devient un espace de projection sino-américaine indirecte. L’Iran, longtemps isolé, est désormais une puissance régionale dotée de relais stratégiques majeurs.

Les risques d’internationalisation sont multiples :

Les intérêts chinois en mer d’Oman sont menacés. Le Hezbollah et les Houthis peuvent être activés en cas d’extension du conflit. La Russie, en retrait tactique, surveille de près tout renforcement de l’axe Pékin–Téhéran.

Conclusion : le “choc des pactes” dans un ordre mondial fracturé

L’accord Chine–Iran de 2021, loin d’être une initiative économique isolée, a préparé la mutation géopolitique de la guerre Iran–Israël. Il a permis à l’Iran de se projeter au-delà de la dissuasion passive, et à Israël de considérer la guerre comme une nécessité préemptive. À travers cette crise, la Chine devient l’acteur fantôme d’un conflit qu’elle n’a pas déclenché, mais qu’elle structure.

Une nouvelle architecture de sécurité moyen-orientale est en gestation. L’avenir dépendra de la capacité des grandes puissances à gérer cette polarisation sans collision directe.

Bibliographie indicative

Al Jazeera. (2025). “Israel launches massive airstrikes on Iran’s nuclear sites”.

The Times of India. (2025). “400 drones and missiles launched by Iran on Tel Aviv”.

Xinhua News. (2021–2025). “Iran-China Comprehensive Strategic Partnership”.

IISS Strategic Dossier (2022). “Iran’s Missile and Drone Capabilities: Emerging Threats”.

Middle East Institute (2023). “China’s rising influence in the Gulf and Iran”.

Reuters. (2021–2025). “China urges calm after Israeli strike”.

Global Times (2025). “Beijing condemns Israeli aggression, calls for restraint”.

Foreign Affairs. (2022). “The End of U.S. Primacy in the Middle East?” Trump, D. (2025). Statements on Iran and Israel, White House Archives.


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