4ᵉ Plénum du Parti Communiste Chinois : vers le 15ᵉ Plan quinquennal, enjeux et perspectives.

Contexte et objectifs du 4ᵉ plénum du 20ᵉ Comité central du PCC

Resumé

Le 4ᵉ Plénum du 20ᵉ Comité central du PCC (20-23 oct. 2025) s’est penché sur l’élaboration du 15ᵉ Plan quinquennal (2026-2030) dans un contexte politique marqué par la prééminence de Xi Jinping. Elle fixe comme objectifs la poursuite de la modernisation socialiste et d’un « développement de haute qualité », considérés cruciaux pour atteindre les cibles de 2035. Les priorités identifiées comprennent la relance économique, l’innovation scientifique et technologique, la sécurité nationale et l’amélioration du bien-être social. Le rôle central de Xi Jinping est fortement souligné : il a personnellement piloté la rédaction des propositions, et l’unité et l’autorité du PCC autour de lui sont réaffirmées. Le plénum réaffirme aussi la discipline interne du Parti et la lutte contre la corruption. Sur le plan international, il préconise de renforcer l’autonomie technologique et de se préparer à une concurrence géopolitique accrue, tout en poursuivant l’ouverture « gagnant-gagnant » de la Chine.

Mots-clés : 4ᵉ plénum, Comité central du PCC, 15ᵉ plan quinquennal, Xi Jinping, modernisation socialiste, développement de haute qualité, innovation technologique, discipline du Parti, autonomie technologique, concurrence géopolitique.

Summary

The 4th Plenum of the 20th CPC Central Committee (Oct 20-23, 2025) convened amid Xi Jinping’s strengthened leadership and focused on preparing the 15th Five-Year Plan (2026–2030). The official “Proposals” review past achievements and current challenges, and they outline a comprehensive five-year development blueprint. The plenum sets strategic goals to advance socialist modernization and “high-quality development,” seen as crucial to achieving China’s 2035 targets. Priorities identified include economic recovery, scientific and technological innovation, national security, and improving social welfare. Xi’s central role is strongly emphasized: he personally led drafting of the plan proposals, and the Party’s unity and authority around him are reaffirmed. The document reiterates Xi Jinping Thought as the guiding ideology and the goal of national rejuvenation via China’s own path to modernization. The plenary also underscores strict Party discipline and anti-corruption measures. Internationally, it calls for strengthening technological self-reliance and preparing for intensified geopolitical competition, while continuing China’s high-level opening and cooperative “win-win” approach.

Keywords: 4th Plenum, 20th CPC Central Committee, 15th Five-Year Plan, Xi Jinping, socialist modernization, high-quality development, technological innovation, party discipline, technological self-reliance, geopolitical competition.

Introduction

Le 4ᵉ plénum du 20ᵉ Comité central du Parti communiste chinois (PCC) s’est tenu à Pékin du 20 au 23 octobre 2025. Dans l’agenda chinois, les séances plénières du Comité central précédant la nouvelle rédaction du plan quinquennal revêtent une importance particulière : elles fixent les grandes orientations politiques, économiques et sociales pour les cinq années suivantes. Cette session visait essentiellement à examiner et adopter les « Propositions du Comité central… sur l’élaboration du XVe Plan quinquennal » (2026–2030) et à faire le bilan du XIVᵉ Plan (2021–2025). Xi Jinping, secrétaire général du PCC, a dirigé les débats et prononcé des discours clés, en particulier pour justifier les orientations stratégiques proposées.

Le communiqué officiel soulignait que le plénum intervenait à un tournant historique de la modernisation chinoise : l’objectif, déjà énoncé au XXᵉ Congrès, est de « réaliser pour l’essentiel la modernisation socialiste d’ici 2035 ». Le XVe Plan quinquennal (2026–2030) est décrit comme une période cruciale – un « lien-clé entre le passé et l’avenir » – pour consolider les fondements de la modernisation et relever les défis internes et externes qui se profilent. Le plénum affirmait que la Chine traverse « une conjonction inédite d’opportunités stratégiques et de risques sérieux » sur fond de « mutations du siècle », tout en disposant d’atouts solides (régime socialiste, vaste marché, main-d’œuvre abondante).

L’importance politique du 4ᵉ plénum réside aussi dans la consolidation du leadership de Xi Jinping : le communiqué insiste sur le « sens décisif de l’établissement de la position centrale du camarade Xi » au sein du Comité central et du Parti, et sur l’application guidée de la « pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère » comme idéologie directrice. Cette affirmation, parfois appelée les « deux établissements », confirme la centralisation du pouvoir autour de Xi et l’unité idéologique du Parti. En somme, le 4ᵉ plénum a eu pour fonction de valider les orientations stratégiques retenues par Xi et le Bureau politique et de les présenter comme le cadre consensuel du développement national pour 2026‑2030.

Bilan du XIVe Plan quinquennal : Fondations solides pour une modernisation accélérée

Sous l’impulsion du Parti communiste chinois, le 14e Plan quinquennal (2021–2025) a marqué une phase stratégique d’élévation vers la modernisation socialiste. En rassemblant toutes les composantes de la société autour de l’objectif du renouveau national, la Chine a franchi des étapes historiques dans son développement socio-économique. Le pays a significativement accru son potentiel économique, renforçant son statut de puissance industrielle mondiale.

La transformation de la structure industrielle s’est accompagnée d’une montée en gamme technologique : entre 2020 et 2024, la valeur ajoutée du secteur manufacturier est passée de 26 600 à 33 600 milliards de yuans, représentant plus de 30 % de la croissance manufacturière mondiale. La valeur ajoutée industrielle globale a bondi de 31 300 à 40 500 milliards de yuans.

L’investissement en R&D a progressé de près de 50 %, propulsant la Chine parmi les leaders mondiaux en matière de capital humain scientifique, de publications de haut niveau et de dépôts de brevets. L’économie verte s’est consolidée, tandis que les systèmes d’éducation, de santé et de protection sociale ont été renforcés. Plus de 12 millions d’emplois urbains ont été créés chaque année, réduisant l’écart de revenus entre villes et campagnes.

Dans un monde incertain, la Chine a démontré sa capacité à allier continuité stratégique, innovations audacieuses, transformation écologique et ouverture internationale. Le 14e Plan s’est ainsi imposé comme un moteur global de croissance, d’innovation et de durabilité.

Portée historique et modernisation socialiste

Les participants au plénum ont souligné la continuité historique des progrès accomplis sous le XIVᵉ Plan (2021–2025) et la nécessité de bâtir sur ces acquis pour atteindre les objectifs de 2035. Le communiqué rappelle que la Chine a traversé la période 2016–2025 comme une phase « remarquable » de développement malgré de « multiples difficultés et rudes épreuves » (pandémie, tensions internationales, etc.). Selon le texte, la puissance économique et technologique chinoise a atteint de « nouveaux sommets », et la modernisation chinoise « a fait un nouveau et solide pas en avant ».

Dans la perspective historique de l’« objectif du deuxième centenaire » (faire de la Chine « un grand pays socialiste moderne dans tous les domaines » d’ici 2049), le 4ᵉ plénum est présenté comme la jonction entre la période de démarrage et la période de consolidation. Xi expliquait que le XIVᵉ plan a jeté une « base solide », et que le XVe plan devra « consolider ces fondements » pour réaliser la modernisation globale. La période 2026‑2030, marquée par le 15ᵉ plan, est qualifiée de « période de transition très importante dans la réalisation globale de la modernisation socialiste ». En d’autres termes, le plénum confirme que les ambitions à long terme du PCC (pérennité du régime, renouveau national) reposent sur la réussite du prochain quinquennat, qui doit être celui d’une « construction du gros œuvre de la modernisation socialiste ».

4ᵉ Plénum du Parti Communiste Chinois

Sous l’impulsion du Parti communiste chinois, le 14e Plan quinquennal (2021–2025) a marqué une phase stratégique d’élévation vers la modernisation socialiste. En rassemblant toutes les composantes de la société autour de l’objectif du renouveau national, la Chine a franchi des étapes historiques dans son développement socio-économique. Le pays a significativement accru son potentiel économique, renforçant son statut de puissance industrielle mondiale.

La transformation de la structure industrielle s’est accompagnée d’une montée en gamme technologique : entre 2020 et 2024, la valeur ajoutée du secteur manufacturier est passée de 26 600 à 33 600 milliards de yuans, représentant plus de 30 % de la croissance manufacturière mondiale. La valeur ajoutée industrielle globale a bondi de 31 300 à 40 500 milliards de yuans.

L’investissement en R&D a progressé de près de 50 %, propulsant la Chine parmi les leaders mondiaux en matière de capital humain scientifique, de publications de haut niveau et de dépôts de brevets. L’économie verte s’est consolidée, tandis que les systèmes d’éducation, de santé et de protection sociale ont été renforcés. Plus de 12 millions d’emplois urbains ont été créés chaque année, réduisant l’écart de revenus entre villes et campagnes.

Dans un monde incertain, la Chine a démontré sa capacité à allier continuité stratégique, innovations audacieuses, transformation écologique et ouverture internationale. Le 14e Plan s’est ainsi imposé comme un moteur global de croissance, d’innovation et de durabilité.

Priorités politiques et idéologiques

L’une des principales finalités du plénum était de réaffirmer le primat politique du Parti et de son secrétaire général. Le communiqué insiste sur la nécessité d’« aller de l’avant à pas assurés » et de maintenir « l’autorité et la direction centralisée et unifiée du Comité central ». Le slogan des « quatre consciences » (conscience d’idéologie, de la ligne, des intérêts globaux et de la position) et de la « quadruple confiance en soi » (voie, théorie, système et culture du socialisme à la chinoise) est réitéré pour mobiliser le Parti autour de Xi. Cette rhétorique vise à cimenter l’unité interne et à légitimer la mainmise croissante de Xi sur le processus décisionnel.

Plusieurs analyses confirment cette tendance. Le commentaire de Yu Jie (Chatham House) note qu’aucun changement majeur de personnel n’a surpris, mais que les nombreuses purges anti-corruption, notamment dans l’armée, illustrent la vigueur de la campagne lancée par Xi et renforcent son autorité. L’expulsion simultanée de hauts cadres (par exemple Tang Renjian, ancien ministre de l’agriculture, et des généraux comme He Weidong) révèle selon les experts une méfiance profonde de Xi vis-à-vis de certains appareils jugés corrompus ou peu loyaux. Le redécoupage du Comité militaire central (CMC) – désormais à quatre membres permanents – et la nomination de Zhang Shengmin comme vice-président du CMC sont interprétés comme la volonté de Xi de contrôler directement l’appareil militaire.

Dans sa « pensée directrice », le plénum réaffirme l’orthodoxie idéologique du PCC : l’application du marxisme-léninisme, de Mao Zedong, de Deng Xiaoping, de la théorie des trois représentations de Jiang Zemin et de la pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise du nouveau ère. L’accent est mis sur la continuité idéologique : « le but fixé… est de faire de la Chine un grand pays socialiste moderne dans tous les domaines » et d’« assurer la direction du Parti sur tous les plans », considérée comme la « garantie absolue » de la modernisation socialiste. En somme, le plénum agit comme un rappel que la « direction du Parti » demeure la première priorité (d’ailleurs expressément classée en tête des principes directeurs ) et que les réformes et les politiques économiques doivent s’aligner sur cette ligne directrice.

Les priorités du XVe Plan quinquennal

Les propositions adoptées posent les orientations clés du prochain plan quinquennal. Sur le plan économique, le document insiste sur le « développement de qualité » plutôt que sur la croissance quantitative pure. Le « renforcement du système industriel national » est présenté comme objectif prioritaire, avec un « modernisation du système industriel » axée sur la promotion des technologies de pointe et la montée en gamme des filières traditionnelles. En pratique, cela signifie soutenir les industries stratégiques (énergie, télécommunications, aérospatiale, biotechnologies, etc.) et accélérer l’application du numérique, de l’intelligence artificielle et de la transition verte dans tous les secteurs.

Cette orientation confirme la rupture avec l’ancien paradigme de croissance par l’expansion du secteur des services. Comme le résume Yu Jie, « les jours de la poursuite exclusive de la croissance du PIB sont révolus » : l’accent est désormais mis sur la sécurité économique et technologique et l’« autosuffisance » technologique. De fait, les recommandations officielles font du renforcement de l’innovation scientifique et de la « capacité d’auto-renforcement » en science et technologie l’un des objectifs majeurs du plan. Les instituts spécialisés insistent également sur ces points : par exemple, MERICS note que l’« un des principes directeurs » du XVe plan est de mettre la « direction globale du Parti » au premier plan, ce qui renforce le rôle du secteur public dans l’investissement industriel, tandis qu’un autre article de MERICS souligne la priorité accordée à la production manufacturière et aux industries stratégiques.

Par ailleurs, les objectifs fixés pour la période 2026–2030 comprennent : un développement « d’avancées significatives en haute qualité », une « auto-renforcement substantiel de la science et technologie », des progrès en matière de réforme profonde, une élévation du niveau de vie (prospérité commune) et le renforcement de la sécurité nationale. Notamment, le plan prône la formation de « nouvelles forces productives » combinant technologie, innovation et capital humain, et la volonté de faire du marché intérieur un pilier solide de l’économie.

Enfin, en matière sociale, les propositions insistent sur la modernisation rurale (revitalisation des campagnes), l’interconnexion régionale (réduction des disparités), la promotion d’une « culture socialiste prospère », et l’amélioration du bien-être (éducation, santé, logement). Le plénum réaffirme le principe de « mettre le peuple au premier plan » dans les choix de politique économique et sociale, bien que les analystes notent que cette priorité vient seulement en deuxième rang après la « direction du Parti ». L’idée de la prospérité commune est ainsi reformulée dans un cadre de développement soutenu par l’investissement d’État, plutôt que par des transferts directs importants. En somme, le 4ᵉ plénum définit un plan quinquennal axé sur la modernisation industrielle, l’innovation technologique, la stabilité sociale et la sécurité, tout en maintenant la mainmise politique du PCC.

Dynamiques internes du PCC et réforme

Le plénum met également en lumière les équilibres et tensions internes au sein du PCC. D’une part, il affirme la suprématie de Xi et du noyau dur du Parti : l’« examen d’autocritique » collectif et la discipline renforcée (campagne anti-corruption, application rigoureuse des « huit recommandations » du leadership) sont présentés comme des garants de l’unité partisan. La dimension centralisatrice ressort clairement dans les documents officiels, qui martèlent que « pour bien gouverner le pays, il faut d’abord bien gouverner le Parti ».

D’autre part, le rythme des purges et les vides laissés par les cadres démis révèlent des dynamiques sous-jacentes. Des centaines de cadres supérieurs, tant civils que militaires, ont été sanctionnés pour « graves violations disciplinaires » autour du plénum, culminant avec l’expulsion de plusieurs membres du Comité central (dont le ministre Tang Renjian) et de neuf généraux de l’APL juste avant la session. Selon les observateurs, ces épurations massives traduisent une volonté de « nettoyer » les rangs et de substituer peu à peu des responsables plus « capables et loyaux ». Le fait que le PCC n’ait pas pour autant comblé immédiatement tous les postes vacants (notamment au CMC) montre que Xi privilégie la sélectivité et la confiance politique sur la rapidité des nominations.

Sur le terrain interne, les décisions du plénum (remplacement de postes clés, promotions d’alternants) concrétisent cette politique de « purge et recyclage ». Les analyses signalent que l’absence notable d’environ un sixième des membres du Comité central témoigne des vides laissés par les expulsions et de la prudence à nommer de nouveaux titulaires. L’insistance sur le « centralisme démocratique » et le renforcement de la « démocratie socialiste » dans le texte traduit aussi la rhétorique courante de ce genre de session, qui célèbre le rôle participatif du peuple et des cadres tout en légitimant le dirigisme central.

Contexte international et enjeux géopolitiques

Le 4ᵉ plénum s’est déroulé dans un environnement international tendu et en recomposition, ce qui transparaît dans les documents officiels. Ceux-ci soulignent les défis géopolitiques contemporains : retour de l’unilatéralisme et du protectionnisme, course aux technologies, risques de conflits majeurs, déclin de la croissance mondiale. L’agenda du plénum a notamment intégré la dimension « sécurité globale » du développement. En particulier, le concept de « sécurité économique » est désormais présupposé dans les orientations (allant de la gestion des chaînes d’approvisionnement à la souveraineté technologique).

Les experts notent que la stratégie chinoise continue de combiner ouverture et pragmatisme. D’un côté, le discours officiel réaffirme l’engagement pour une « ouverture à haut niveau » et la coopération (Belt and Road, multilatéralisme). De l’autre, les plans économiques montrent une défiance croissante : soutien massif aux championnes nationales, efforts de sécurisation des chaînes critiques (semi-conducteurs, etc.) et vision de concurrence techno-économique avec les États-Unis et leurs alliés. Par exemple, MERICS indique que le plénum appelle à « s’emparer des sommets de la science et de la technologie » via un « système national tout entier mobilisé », favorisant les entreprises stratégiques (Huawei, SMIC, CATL, etc.) dans un écosystème intégré. Ce tournant vers l’« autosuffisance » technologique et le protectionnisme « intelligent » répond à l’impératif de résilience face aux sanctions extérieures.

Au plan diplomatique, la dimension géopolitique a été également évoquée par la session. Le communiqué français mentionne que « nous continuons de pratiquer la diplomatie de grand pays aux caractéristiques chinoises », tandis que des analyses occidentales soulignent l’enjeu que représenteront les discussions sino-américaines (notamment le sommet Xi-Trump imminent). En résumé, le 4ᵉ plénum place le développement national dans un contexte de rivalités internationales croissantes, et implique que les choix politiques et économiques chinois contribueront à dessiner le nouvel équilibre mondial. Les orientations en matière de sécurité (militaire et intérieure) qui figurent dans le plan quinquennal – de la modernisation de l’armée à la « lutte contre les menaces internes » – témoignent de cette approche globale de la stabilité.

Conclusion

Le 4ᵉ plénum du 20ᵉ Comité central du PCC a réaffirmé la trajectoire politique actuelle de la Chine : stabilité idéologique, primat du leadership de Xi Jinping et de la direction du Parti, et continuité dans la planification économique. Il a mis en place le cadre stratégique du 15ᵉ Plan quinquennal (2026–2030), qui se veut le « bâtisseur des fondations » de la modernisation socialiste et le pont vers les objectifs de 2035. Les réformes du système de gouvernance du Parti (renforcement de la discipline, purges) et l’insistance sur l’indépendance technologique révèlent une volonté de consolider le régime face à un environnement incertain. D’un point de vue académique, cette session confirme que le modèle chinois actuel repose sur un triptyque : dirigisme d’État sous contrôle du PCC, développement technologique volontariste et préservation de la « sécurité globale » (économique, sociale, militaire).

À l’international, le plénum s’inscrit dans un contexte de concurrence géopolitique intense. Les stratégies déployées (forte industrialisation, encadrement de l’ouverture, rôle actif dans les initiatives globales comme la BRI) suggèrent que la Chine vise à sécuriser sa place dans un système international en mutation. En définitive, le 4ᵉ plénum, sans annoncer de rupture radicale, a stratégiquement réaffirmé un cap axé sur la « modernisation chinoise » sous « direction centralisée » du Parti. Son succès dépendra de la capacité de Beijing à traduire ces grandes orientations en politiques concrètes capables de surmonter les vulnérabilités structurelles (demande intérieure insuffisante, déséquilibres régionaux, pression démographique) et de naviguer les vents contraires d’une économie mondiale instable.

Sources : Documents officiels du PCC (communiqué du plénum, propositions sur le XVe plan, analyses d’instituts et d’universitaires (Brookings, Chatham House, MERICS, Asia Society/Horizon insights, etc.), et dépêches officielles chinoises (Xinhua, MFA) pour le contexte. Ces travaux mettent en lumière les dimensions politique, économique, sociale, idéologique et géopolitique du plénum et du plan quinquennal à venir.

Quand la Chine signe avec l’Iran, Israël se déchaîne: L’accord stratégique de 2021, catalyseur d’un embrasement multipolaire

When China Protects Iran, Israel Strikes Back: The 2021 Strategic Pact as a Catalyst of Multipolar Conflagration

Résumé

Depuis le 13 juin 2025, une guerre ouverte oppose l’Iran et Israël, marquée par des frappes aériennes massives, des missiles balistiques, et des drones kamikazes. Cet article explore comment l’accord stratégique sino-iranien signé en 2021, prévoyant des investissements chinois massifs dans les secteurs énergétique, militaire et numérique iraniens, a redéfini l’équilibre des forces au Moyen-Orient. En reconfigurant la posture iranienne face aux sanctions occidentales, cet accord a renforcé les capacités de riposte de Téhéran et suscité l’inquiétude stratégique d’Israël. Le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis, avec son soutien inconditionnel à Israël, a complété les conditions pour une offensive militaire israélienne, justifiée par la menace croissante de l’Iran renforcé par Pékin. L’article analyse cette séquence comme l’illustration d’une reconfiguration géopolitique multipolaire où la Chine devient un acteur de dissuasion indirecte dans les conflits du Proche-Orient.

Abstract

Since June 13, 2025, Iran and Israel have engaged in open military confrontation, marked by intense airstrikes, ballistic missile barrages, and drone warfare. This article examines how the 2021 China–Iran strategic partnership agreement—featuring massive Chinese investments in Iranian energy, defense, and technological sectors—reshaped regional power dynamics in the Middle East. By helping Tehran resist Western sanctions and modernize its military, the agreement undermined Israeli deterrence and triggered preemptive Israeli strikes. The return of Donald Trump to the White House, with overt backing for Israel, completed the preconditions for this escalation. We argue that this war episode reveals the emergence of a multipolar confrontation in which China plays an indirect but critical deterrent role, redrawing the contours of Middle Eastern geopolitics.

1. Introduction : une guerre annoncée dans un ordre en transition

L’attaque aérienne lancée par Israël le 13 juin 2025 contre plus de cent cibles stratégiques iraniennes constitue bien plus qu’une réponse ponctuelle à une menace nucléaire. C’est la matérialisation d’un déséquilibre stratégique aggravé par l’alliance sino-iranienne, forgée dans l’accord global de 25 ans signé en mars 2021. Ce partenariat, aux implications militaires, énergétiques et technologiques, a modifié en profondeur les équilibres du Moyen-Orient, en conférant à l’Iran une profondeur stratégique nouvelle face à son rival israélien.

Le présent article analyse la guerre Iran–Israël de juin 2025 à la lumière de cet accord, en démontrant que la protection indirecte chinoise a permis à l’Iran de défier la dissuasion israélienne, tandis que le soutien réaffirmé des États-Unis sous Donald Trump a libéré l’initiative offensive israélienne.

2. L’accord stratégique sino-iranien : redéfinir la sécurité régionale

Signé le 27 mars 2021, l’accord Chine–Iran prévoit :

jusqu’à 400 milliards $ d’investissements chinois dans l’énergie, les infrastructures, les transports et les télécommunications iraniens ; un approvisionnement en pétrole et gaz iranien garanti pour la Chine, à des prix réduits sur 25 ans ; un volet militaire discret : coopération en cybersécurité, équipements de surveillance, participation à des exercices conjoints.

Cet accord a permis à Téhéran de :

bypasser les sanctions américaines, en exportant son pétrole et en finançant son programme nucléaire ; moderniser son arsenal balistique et ses drones, notamment grâce à une coopération sino-russe ; obtenir un soutien diplomatique majeur au Conseil de sécurité des Nations unies, où la Chine joue un rôle de protecteur discret.

3. Le tournant de juin 2025 : frappes, ripostes, escalade

3.1 Israël frappe

Le 13 juin 2025, Israël lance “Opération Rising Lion” : plus de 200 aéronefs, 330 missiles de précision, frappent les centres de centrifugation (Natanz, Fordow), les bases du CGRI, les ports pétroliers. Objectif : détruire la capacité nucléaire et balistique iranienne, empêchée de progresser par des voies diplomatiques. L’action est rendue possible par l’appui diplomatique de Trump, qui appelle à la “reddition inconditionnelle” de Téhéran.

3.2 L’Iran riposte

Le 14 juin, l’Iran envoie plus de 400 drones et missiles vers Tel Aviv, Haïfa, et le Néguev. Bilan : des dizaines de morts, des centaines de blessés. C’est la première fois qu’une riposte directe et symétrique est déclenchée par l’Iran, signe d’un changement d’ère. Cette réaction repose sur la confiance stratégique dans l’axe Pékin–Téhéran–Moscou.

4. La Chine, arbitre ou catalyseur ?

Pékin n’a pas fourni directement d’armement à l’Iran, mais son rôle est structurel :

Grâce à ses investissements et technologies, l’Iran a résisté à la pression économique occidentale. Les systèmes de surveillance chinois (Huawei, Beidou) ont modernisé les défenses iraniennes. La présence économique chinoise en Iran est devenue un bouclier diplomatique : toute frappe massive sur l’Iran affecte les intérêts chinois.

La Chine appelle désormais à une désescalade, tout en accusant Israël d’avoir provoqué une crise aux conséquences régionales potentiellement incontrôlables.

5. Vers une guerre multipolaire froide ?

La guerre Iran–Israël de juin 2025 consacre un basculement :

L’ordre unipolaire centré sur les États-Unis est ébranlé. Le Moyen-Orient devient un espace de projection sino-américaine indirecte. L’Iran, longtemps isolé, est désormais une puissance régionale dotée de relais stratégiques majeurs.

Les risques d’internationalisation sont multiples :

Les intérêts chinois en mer d’Oman sont menacés. Le Hezbollah et les Houthis peuvent être activés en cas d’extension du conflit. La Russie, en retrait tactique, surveille de près tout renforcement de l’axe Pékin–Téhéran.

Conclusion : le “choc des pactes” dans un ordre mondial fracturé

L’accord Chine–Iran de 2021, loin d’être une initiative économique isolée, a préparé la mutation géopolitique de la guerre Iran–Israël. Il a permis à l’Iran de se projeter au-delà de la dissuasion passive, et à Israël de considérer la guerre comme une nécessité préemptive. À travers cette crise, la Chine devient l’acteur fantôme d’un conflit qu’elle n’a pas déclenché, mais qu’elle structure.

Une nouvelle architecture de sécurité moyen-orientale est en gestation. L’avenir dépendra de la capacité des grandes puissances à gérer cette polarisation sans collision directe.

Bibliographie indicative

Al Jazeera. (2025). “Israel launches massive airstrikes on Iran’s nuclear sites”.

The Times of India. (2025). “400 drones and missiles launched by Iran on Tel Aviv”.

Xinhua News. (2021–2025). “Iran-China Comprehensive Strategic Partnership”.

IISS Strategic Dossier (2022). “Iran’s Missile and Drone Capabilities: Emerging Threats”.

Middle East Institute (2023). “China’s rising influence in the Gulf and Iran”.

Reuters. (2021–2025). “China urges calm after Israeli strike”.

Global Times (2025). “Beijing condemns Israeli aggression, calls for restraint”.

Foreign Affairs. (2022). “The End of U.S. Primacy in the Middle East?” Trump, D. (2025). Statements on Iran and Israel, White House Archives.

Du Bureau du Premier Ministre au Silence de la Présidence : Pourquoi le MLDC Propose 4 Vice-Présidents Collégiaux Régionaux pour Refonder le Cameroun

Pour 4 Vice-Presidents Collégiaux dans le cadre de la construction d’un État Développementaliste Communautaire fondé sur un fédéralisme à 4 grandes régions

Pr. Jimmy Yab & S.E. Joseph Dion Ngute, Premier Ministre du Cameroun

Pr. Jimmy Yab
Président du MLDC
Président de l’Observatoire Chine-Afrique Francophone (OCAF
)

Résumé

Dans cet article, je propose une réflexion critique sur l’architecture exécutive de l’État camerounais dans le contexte d’une transition vers un État Développementaliste Communautaire fondé sur un fédéralisme à 4 grandes régions . À partir d’une expérience personnelle — la rencontre avec le Premier ministre Joseph Dion Ngute en décembre 2022 — et de l’échec institutionnel du Salon Industriel et Commercial Chine–Afrique Francophone (SICCAF), je met en lumière les limites structurelles du Premier ministère, symbole d’un centralisme postcolonial inefficace. Je plaide pour l’instauration d’une Vice-présidence collégiale régionale, ancrée dans les quatre grandes régions fédérées du Cameroun, comme solution à la crise de gouvernance. En mobilisant des exemples comparatifs (Nigeria, Bosnie-Herzégovine, Bolivie), je démontre que la co-représentation exécutive territoriale constitue une voie légitime, stabilisatrice et adaptée à la pluralité camerounaise. Il s’inscrit dans une approche de souveraineté partagée et de justice territoriale, au cœur du projet politique du MLDC.

Mots-clés : Fédéralisme communautaire, Cameroun, Vice-présidence, Gouvernance territoriale, Développement régional, MLDC, Institutions.

Abstract

This article provides a critical reflection on the executive architecture of the Cameroonian state within the context of a transition toward a community-based, developmental federalism. Grounded in a personal experience — a meeting with Prime Minister Joseph Dion Ngute in December 2022 — and the institutional failure of the Sino–Francophone Africa Trade Fair project, the author highlights the structural limitations of the Prime Minister’s office, emblematic of an ineffective postcolonial centralism. The article advocates for the establishment of a regional collegial Vice Presidency, rooted in Cameroon’s four proposed federated regions, as a response to the governance crisis. Through comparative case studies (Nigeria, Bosnia-Herzegovina, and Bolivia), it demonstrates that territorially balanced executive representation offers a legitimate, stabilising, and context-sensitive institutional model. The analysis is embedded in a framework of shared sovereignty and territorial justice, as promoted by the MLDC’s political agenda.

Keywords: Community-based federalism, Cameroon, Vice Presidency, Territorial governance, Regional development, MLDC, Institutions.

Introduction : une rencontre décisive, un projet bloqué, un diagnostic institutionnel

C’est dans les couloirs feutrés de l’Immeuble Étoile, un matin de décembre 2022, que j’ai rencontré le Premier ministre camerounais, Joseph Dion Ngute. En tant que Président de l’Observatoire Chine-Afrique Francophone (OCAF), je lui remettais les actes du Colloque international sur l’Afrique francophone de l’Initiative la Ceinture et la Route, organisé quelques mois plus tôt en partenariat avec l’ambassade de Chine au Cameroun. Ce colloque international avait réuni chercheurs, diplomates et décideurs autour d’une ambition partagée : inscrire l’Afrique francophone dans une nouvelle dynamique Sud-Sud fondée sur l’autonomie économique, la coopération bilatérale et l’intégration régionale de l’Initiative chinoise de « La Ceinture et La Route ».

Au-delà de la restitution intellectuelle, cette rencontre avait un second objectif tout aussi stratégique : présenter au gouvernement camerounais le projet du Salon Industriel et Commercial Chine–Afrique Francophone (SICCAF 2023), une grande initiative économique multilatérale prévue pour l’année suivante. À cette occasion, le Premier ministre exprima un soutien formel, déclarant clairement : Le gouvernement soutient pleinement votre initiative. Vous pouvez compter sur notre appui.

Ci-dessous le video-clip de promotion officiel du SICCAF 2023.

Mais quelques semaines, puis quelques mois plus tard, ce soutien s’évapora dans les méandres de l’administration. Le dossier, transmis au Secrétariat Général de la Présidence du Cameroun, à part quelques correspondances, resta sans suite. Malgré l’appui officiel de l’Ambassade de Chine au Cameroun, le soutien logistique du President de l’Association des Entreprises Chinoises au Cameroun (AECC), Mr Xu Huajiang, par ailleurs, Directeur Général de la Division Afrique centrale de China Harbour Engineering Company(CHEC), la multinationale meme, qui a construit le Port Autonome de Kribi et l’Auto-route Kribi-Edea et surtout le soutient des grandes entreprises chinoises en Afrique Centrale et d’autres venant directement de l’a Chine continentale, malgre ces garanties techniques apportées, les lourdeurs bureaucratiques prirent le dessus : manque de communication interinstitutionnelle, délais interminables, absence de décision claire. Cette inertie ne fut pas seulement une déception personnelle : elle fut une révélation structurelle. Elle montra à quel point le modèle institutionnel camerounais empêche la concrétisation de projets stratégiques, même lorsqu’ils sont validés politiquement et diplomatiquement.

Ci dessous Quelques photos de voyages du Pr Jimmy Yab en Chine pour la préparation du SICCAF 2023 et quelques grandes personnalités politiques et économiques

De cette expérience est née une interrogation fondamentale : quelle structure exécutive peut porter efficacement une vision de développement autonome, décentralisée et communautaire dans un Cameroun fédéré en quatre grandes régions ? Cet article répond à cette question en opposant deux options : d’une part, le maintien du Premier ministère, institution centrale héritée du modèle jacobin ; d’autre part, l’introduction d’une Vice-présidence collégiale régionale, fondée sur le fédéralisme développementaliste communautaire. L’analyse s’appuie sur une réflexion théorique, des comparaisons internationales et les réalités propres au Cameroun contemporain.

Ci- dessous quelques photos du Premier Colloque International sur « l’Initiative la Ceinture et la Route » en Afrique francophone du 25 au 27 mai 2022, au palais des congrès de Yaoundé

I. Le Premier ministère : héritage centralisateur et impasse exécutive dans un État en recomposition

L’échec du projet du Salon Commercial Chine–Afrique Francophone, malgré son approbation par le Premier ministre et l’appui formel de l’ambassade de Chine, illustre une faille structurelle profonde dans l’organisation du pouvoir exécutif au Cameroun. Une fois transmis au Secrétariat Général de la Présidence, le dossier s’est enlisé. Ce n’était pas un refus politique, ni une opposition idéologique, mais un symptôme récurrent d’un système exécutif hypercentralisé, opaque et inefficace. Ce constat appelle une analyse critique de la pertinence du Premier ministère dans le cadre du Cameroun du XXIe siècle, en transition vers un modèle fédéral communautaire.

Institué dans la Constitution camerounaise de 1972 (puis réaffirmé en 1996), le Premier ministère est un organe de coordination subordonné au Président de la République. L’article 12 alinéa 1er stipule que le Premier ministre « coordonne l’action gouvernementale sous l’autorité du Président ». Cette formulation dénote un pouvoir dérivé, sans autonomie stratégique. Contrairement aux modèles parlementaires classiques où le Premier ministre est le chef de l’exécutif, celui du Cameroun est dépourvu d’initiative politique autonome, ce qui le rend inefficace dans un contexte de transformation institutionnelle.

Dans un État fédéral organisé autour de quatre grandes régions souveraines — le Grand Sud, le Grand Nord, le Grand Littoral et le Grand Ouest —, le maintien d’un Premier ministre unique et centralisé est une anomalie fonctionnelle. Il empêche la territorialisation des décisions, bloque la remontée des priorités régionales, et reproduit un schéma néocolonial de gouvernance verticale. La dynamique développementaliste communautaire implique au contraire une coproduction des politiques publiques entre centre et périphéries, basée sur la souveraineté partagée, l’écoute communautaire, et la proximité.

D’un point de vue comparatif, les travaux de Hooghe et Marks (2003) sur la gouvernance multiniveau montrent que les exécutifs centralisés sont structurellement inefficaces dans les États pluriethniques et multiculturels. En Éthiopie, par exemple, la coexistence d’un fédéralisme ethnique avec un exécutif hyper-présidentialiste a mené à l’asphyxie des gouvernements régionaux, puis à l’explosion des conflits internes. Le Cameroun, avec ses tensions anglophones, ses déséquilibres historiques et sa diversité sociolinguistique, court les mêmes risques si la réforme institutionnelle reste superficielle.

Le Premier ministère ne saurait être l’instrument de pilotage d’un Cameroun fédéré à visée communautaire. Son existence même pourrait devenir un frein à l’innovation politique, un verrou dans la chaîne des décisions urgentes, et un symbole d’un passé institutionnel incompatible avec les réalités du présent. L’exemple du projet du Salon Industriel et commercial Chine–Afrique francophone en est la preuve vivante : même lorsque la volonté politique existe, le système d’exécution bloque l’action.

Le Cameroun n’a donc pas besoin d’un Premier ministre dans le sens classique du terme, mais d’une architecture exécutive pluraliste, enracinée dans ses régions, capable de dialoguer horizontalement avec les réalités locales. C’est ce que propose le modèle de la Vice-présidence collégiale, que nous développons dans la section suivante.

II. La Vice-présidence collégiale : une architecture de souveraineté territoriale pour un Cameroun fédéré

La déconvenue administrative qui a suivi l’accord formel du Premier ministre au sujet du Salon Industriel et Commercial Chine–Afrique Francophone ne fut pas simplement une péripétie bureaucratique. Ce fut une illustration concrète de l’absence d’ancrage territorial du pouvoir exécutif camerounais. Le fait que le dossier ait été bloqué, sans justification, au Secrétariat Général de la Présidence malgré l’aval d’un chef de mission diplomatique étranger – en l’occurrence l’Ambassadeur de Chine – démontre l’urgence de repenser l’organisation du pouvoir. C’est dans cette perspective que le concept de Vice-présidence collégiale régionale prend tout son sens.

Le modèle de fédéralisme développementaliste communautaire, tel que défendu par le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC), repose sur trois principes fondamentaux: la souveraineté partagée, la gouvernance de proximité, et la valorisation des identités territoriales. Dans un tel modèle, l’exécutif ne saurait rester vertical et unifié. Il doit refléter la diversité régionale du Cameroun, la pluralité de ses défis, et la richesse de ses ressources communautaires. La proposition d’une Vice-présidence collégiale à quatre pôles répond précisément à cette exigence.

Concrètement, chaque grande région fédérée — le Grand Nord, le Grand Sud, le Grand Littoral, le Grand Ouest — désignerait un Vice-président régional, membre d’un organe exécutif fédéral commun. Ces Vice-présidents, dotés d’un mandat national mais enracinés dans leur région, formeraient un collège décisionnel chargé de co-piloter l’action gouvernementale avec le Président de la République, garant de l’unité. Chaque Vice-présidence aurait une compétence thématique prioritaire, reflétant les réalités régionales :

Le Grand Nord, confronté aux défis sécuritaires, climatiques et agricoles, piloterait les politiques de résilience et de sécurité communautaire. Le Grand Sud, riche en ressources forestières et minières, aurait la charge de la gouvernance environnementale et du développement rural intégré. Le Grand Littoral, épicentre économique du pays, piloterait les politiques industrielles, portuaires et d’intégration commerciale régionale. Le Grand Ouest, marqué par une forte diaspora et un tissu entrepreneurial dynamique, serait responsable de la cohésion sociale, de la médiation intercommunautaire et de l’économie populaire.

Ce schéma n’est pas une invention abstraite. Il s’appuie sur des logiques éprouvées dans d’autres États pluriels. En Bolivie, l’État plurinational a intégré des formes communautaires de représentation dans l’exécutif. En Bosnie-Herzégovine, la présidence collégiale garantit une cohabitation interethnique. Le Cameroun, à travers ce modèle, pourrait construire un exécutif réconcilié avec sa diversité, garant de l’équité territoriale et de la participation de tous à la destinée nationale.

La Vice-présidence collégiale offre aussi une réponse systémique à l’immobilisme institutionnel. Dans le cas du Salon Chine–Afrique francophone, si le Grand Littoral avait eu une Vice-présidence dotée de compétence commerciale, ce projet porté par l’OCAF aurait immédiatement été co-construit et défendu à l’échelle fédérale, en évitant les blocages bureaucratiques du pouvoir central. En donnant à chaque région une capacité d’action exécutive au sommet, ce modèle décentralise la décision sans fragmenter l’État, et multiplie les points d’entrée pour les initiatives stratégiques.

Enfin, ce dispositif incarne la philosophie du développementaliste communautaire : un État proche de ses populations, réactif aux réalités locales, résilient face aux crises, et créatif dans sa manière de bâtir le futur.

III. Études comparées : la gouvernance exécutive partagée dans les États fédéraux pluriethniques

L’idée d’une Vice-présidence collégiale régionale au Cameroun, dans le cadre du fédéralisme développementaliste communautaire, s’inscrit dans une tradition institutionnelle bien établie dans plusieurs pays confrontés à une forte diversité culturelle, linguistique ou territoriale. Loin d’être une utopie camerounaise, ce modèle exécutif partagé s’appuie sur des précédents comparatifs qui en démontrent à la fois la faisabilité, la légitimité et l’efficacité relative.

1. Le Nigeria : du “federal character” à l’équilibre exécutif implicite

Voisin du Cameroun et ancienne colonie britannique, le Nigeria est souvent présenté comme l’un des fédéralismes les plus aboutis d’Afrique. Il est structuré en 36 États fédérés dotés de larges compétences constitutionnelles. Si la Constitution nigériane ne prévoit pas de vice-présidences régionales multiples, elle impose néanmoins un principe fondamental : le “federal character”. Selon ce principe, toutes les institutions nationales, y compris l’exécutif, doivent refléter la diversité géographique, ethnique et religieuse du pays (Suberu, 2001). En pratique, cela se traduit par une attention constante à l’équilibre régional dans les nominations présidentielles, y compris au niveau du vice-président.

Cette règle non seulement réduit les tensions intercommunautaires, mais elle crée une dynamique de co-responsabilité nationale, où les projets de développement régionaux peuvent bénéficier d’un appui exécutif explicite. Transposé au Cameroun, un tel équilibre ne peut plus être laissé à la discrétion du chef de l’État ; il doit être institutionnalisé par une vice-présidence collégiale constitutionnellement encadrée.

2. La Bosnie-Herzégovine : cohabitation exécutive dans un contexte post-conflit

Autre cas emblématique : la Bosnie-Herzégovine. Pays multiculturel et post-conflit, la Bosnie a adopté une présidence tripartite où les trois principaux groupes ethniques (Bosniaques, Croates, Serbes) sont représentés au sommet de l’État. Chaque président est élu par sa communauté, et la présidence est rotative tous les huit mois. Ce système, bien qu’administrativement lourd, a permis d’éviter un retour à la guerre civile et d’instaurer une paix structurelle fondée sur l’inclusion mutuelle (Bieber, 2006).

Dans le contexte camerounais, où les tensions entre communautés anglophones et francophones, entre régions centrales et périphériques, restent vives, une structure exécutive partagée pourrait jouer le même rôle stabilisateur. Chaque région disposerait d’un représentant à la Vice-présidence, garantissant que les intérêts locaux soient présents dans l’arène fédérale. Ce serait un rempart contre la marginalisation, mais aussi un mécanisme d’équilibre démocratique entre les territoires.

3. La Bolivie : le pluralisme constitutionnel au service de la représentativité

Enfin, l’expérience de la Bolivie offre un modèle particulièrement pertinent pour un État développementaliste communautaire. En 2009, le pays adopte une nouvelle Constitution reconnaissant officiellement l’existence de 36 peuples autochtones. L’État devient alors plurinational, ce qui implique la reconnaissance des droits politiques et institutionnels des communautés à participer au pouvoir (Postero, 2017). Dans les faits, cela s’est traduit par l’inclusion d’acteurs autochtones dans les institutions nationales, y compris l’exécutif, et par une forte décentralisation des politiques publiques.

Ce modèle inspire directement la logique camerounaise, où plus de 250 ethnies, plusieurs aires linguistiques, et une histoire coloniale différenciée (française et britannique) coexistent. L’instauration d’une Vice-présidence collégiale au Cameroun permettrait de formaliser cette pluralité dans l’État, sans tomber dans le piège de la balkanisation. Il s’agirait de passer de la juxtaposition de communautés à leur intégration fonctionnelle dans la gouvernance.

Ces trois exemples convergent vers une conclusion claire : dans les États multiculturels, la stabilité institutionnelle repose sur la reconnaissance structurelle des différences, et non sur leur effacement. En instaurant une Vice-présidence collégiale régionale, le Cameroun adopterait un instrument moderne, inclusif et adapté à ses réalités profondes. Cette réforme serait non seulement cohérente avec les exigences du développement local, mais aussi conforme aux standards internationaux d’un fédéralisme équitable et démocratique.

Conclusion : pour une refondation exécutive ancrée dans la souveraineté territoriale

L’échec du Salon Industriel et Commercial Chine–Afrique Francophone, malgré l’accord formel du Premier ministre du Cameroun et l’engagement diplomatique de l’ambassade de Chine, n’est pas un incident isolé. Il est le révélateur structurel d’un système exécutif qui concentre le pouvoir tout en diluant la responsabilité, incapable de porter des initiatives territoriales stratégiques ou de réagir efficacement aux mutations du monde. Ce blocage administratif, survenu au niveau du Secrétariat Général de la Présidence, est l’un des multiples symptômes d’un État centralisé, opaque et paralysé, dont les mécanismes de décision sont déconnectés des territoires, des communautés et même des engagements politiques supérieurs.

Dans ce contexte, le Cameroun ne peut plus se contenter d’une réforme marginale. Il doit s’engager dans une refondation structurelle de ses institutions, à commencer par l’architecture de son exécutif fédéral. Le modèle du Premier ministère, dérivé du jacobinisme français, a montré ses limites : vertical, symbolique, inefficace, il ne peut porter la logique du développement communautaire, ni incarner l’autonomie régionale.

Face à cette impasse, le modèle de Vice-présidence collégiale régionale, intégré dans le projet de fédéralisme développementaliste communautaire du MLDC, constitue une alternative viable, cohérente et fondamentalement démocratique. Il ne s’agit pas simplement d’un ajustement technique, mais d’un changement de paradigme : un passage de la centralité vers la coprésidence territoriale, de la hiérarchie administrative vers la responsabilité partagée, de la domination institutionnelle vers la souveraineté coopérative.

Chaque région fédérée — Grand Nord, Grand Sud, Grand Littoral, Grand Ouest — disposerait d’une Vice-présidence fédérale, à la fois représentative et décisionnelle. Ce collège de Vice-présidents ne serait pas une division du pouvoir, mais son approfondissement. Il permettrait de construire des réponses différenciées aux défis spécifiques de chaque région tout en consolidant une vision unifiée de la nation. Il serait l’incarnation exécutive d’un Cameroun polycentrique, communautaire, souverain.

Enfin, cette réforme n’est pas isolée dans l’histoire du monde. Le Nigeria, la Bosnie-Herzégovine, la Bolivie — et bien d’autres — ont montré que la stabilité dans les États complexes passe par la reconnaissance institutionnelle de la diversité. Le Cameroun peut devenir un modèle africain de fédéralisme équitable, à condition de s’émanciper des formes mortes du centralisme hérité et d’embrasser un avenir basé sur la coresponsabilité territoriale et la légitimité communautaire.

C’est là, dans cette vice-présidence collégiale souveraine, que se trouve la clé de la transformation républicaine du Cameroun, et peut-être même de sa survie politique comme État-nation. Le MLDC propose ainsi non une réforme parmi d’autres, mais un projet de réinvention nationale.

Références bibliographiques

• Bayart, J.-F. (1979). L’État au Cameroun*. Presses de la FNSP.

• Bieber, F. (2006). Post-War Bosnia: Ethnicity, Inequality and Public Sector Governance. Palgrave Macmillan.

• Fanso, V. G. (1989). Cameroon History for Secondary Schools and Colleges. Vol. 2. Macmillan.

• Geschiere, P. (1993). Chiefs and Colonial Rule in Cameroon: Inventing Chieftaincy, French and British Style*. Africa, 63(2), 151–175.

• Hooghe, L., & Marks, G. (2003). Unraveling the Central State, but How? Types of Multi-Level Governance. American Political Science Review, 97(2), 233–243.

• Konings, P., & Nyamnjoh, F. B. (2003). Negotiating an Anglophone Identity: A Study of the Politics of Recognition and Representation in Cameroon. Brill.

• Magrin, G. (2013). Périphéries en crise: Boko Haram et les territoires du bassin du lac Tchad. Afrique contemporaine.

• Ndoye, O., & Kaimowitz, D. (2000). Macro-economics, markets and the humid forests of Cameroon*. CIFOR.

• Postero, N. (2017). *The Indigenous State: Race, Politics, and Performance in Plurinational Bolivia*. University of California Press.

• Suberu, R. T. (2001). Federalism and Ethnic Conflict in Nigeria. United States Institute of Peace Press.

• Topa, G., Karsenty, A., Megevand, C., & Debroux, L. (2009). The Rainforests of Cameroon: A Vision for Sustainable Management World Bank Publications.

• Yab, J., Nkong-Njock, V. (2025). Pour un État Développementaliste Communautaire: le Cameroun

Donald Trump and Africa: What to Expect in His Second Term

Donald Trump USA presidential elections 2024

Donald Trump and Africa: What to Expect in His Second Term

As Donald Trump assumes office once again as the 47th President of the United States, many are looking to assess what his return to the White House might mean for Africa. Trump’s previous term (2017-2021) was marked by a controversial and often divisive approach to the continent, with critics highlighting his blunt rhetoric, while supporters argue he was the first to bring much-needed attention to the growing influence of China in Africa. As Trump returns, it’s likely that his policies towards Africa will continue to prioritize U.S. economic interests and countering Chinese influence on the continent, though the specifics may evolve given the current global and regional context.

A Controversial Start: Trump’s First Term and Africa

Donald Trump’s first term as president was characterized by moments that reflected a seemingly dismissive attitude towards Africa. In 2018, reports surfaced that he referred to some African nations as “s-hole countries” in a meeting, a comment that sparked widespread condemnation and left a lasting impact on his administration’s reputation in Africa. Many African leaders and citizens saw the comment as emblematic of a lack of respect and understanding from the Trump administration toward the continent.

Yet despite the controversy, Trump’s Africa policy also had a strategic focus, especially in terms of countering China’s growing influence. His administration consistently underscored the risks of Chinese involvement in Africa, especially concerning China’s investments and infrastructure projects across the continent. Many African nations had increasingly turned to China for economic assistance, with Beijing financing major projects from railways to highways through its Belt and Road Initiative (BRI). Trump and his advisors saw this as a potential threat to U.S. strategic interests and sought to push back against China’s foothold.

Countering China: An Ongoing Priority

One area where Trump’s supporters argue he made a significant contribution was in raising awareness about China’s influence in Africa. “You will again see aggressive countering of Chinese influence in Africa,” stated Tibor Nagy, former Assistant Secretary of State for African Affairs under Trump. During Trump’s first term, Nagy and other officials frequently warned African leaders about the risks associated with Chinese debt and dependence, framing China as a “revisionist power” with interests that do not align with Africa’s long-term sovereignty and stability.

In Trump’s second term, this approach is expected to intensify, with an even greater focus on economic strategies that seek to curb China’s influence on the continent. Under Trump, the United States is likely to strengthen partnerships with African nations that share American views on economic sovereignty and could potentially benefit from alternatives to Chinese investment. Trump’s administration may explore initiatives such as the “Prosper Africa” initiative — an economic program from his first term aimed at boosting trade and investment between the U.S. and Africa — and expand on it to promote American business interests while creating competitive alternatives to China’s BRI.

Securing Critical Minerals for Green Technologies

One of the biggest areas of focus in Trump’s return to office will likely be securing access to Africa’s vast reserves of critical minerals, especially those essential to emerging green technologies. Africa is rich in minerals such as cobalt, lithium, and rare earth elements that are key components in the batteries used for electric vehicles, mobile phones, and other modern technologies. As the world moves toward greener energy solutions, the demand for these minerals is increasing rapidly, and the U.S. views stable access to these resources as a matter of national security.

“There is no denying that access to the many critical minerals that Africa has in great abundance is needed for America’s economy today as well as for the technologies that will lead us into the future,” said Ambassador J. Peter Pham, a former U.S. Special Envoy for the Sahel Region under Trump. Pham emphasizes that any monopolization of these supply chains — particularly by China, which has made strategic investments in Africa’s mining sector — represents a security risk for the United States. In his second term, Trump’s administration may push for partnerships and investments in Africa that help secure a more diverse and reliable supply chain for these resources, positioning the U.S. as a competitive partner to African nations looking to develop their mining industries.

A Transactional Approach to Diplomacy

In line with Trump’s signature “America First” philosophy, his approach to Africa is expected to remain transactional. Rather than promoting broad-based development aid, Trump’s policies are likely to focus on areas that directly serve U.S. interests, including trade, security, and resource acquisition. During his first term, Trump’s administration significantly cut foreign aid, and it is likely that he will continue to prioritize mutually beneficial agreements over traditional assistance. African nations that align with U.S. policy objectives may benefit from increased economic opportunities and security cooperation, while others may see reduced engagement from Washington.

Security and Counterterrorism Cooperation

Security cooperation in Africa, particularly in regions facing instability from extremist groups, was another aspect of Trump’s policy in his first term. The Sahel region, for instance, has seen a growing threat from terrorist groups such as Boko Haram and ISIS-affiliated organizations. The Trump administration supported counterterrorism initiatives in these regions, although his focus was often criticized as narrow and selective. In his second term, Trump is expected to continue supporting counterterrorism measures in Africa, especially if they align with U.S. security interests. However, Trump’s tendency to scale back American military involvement could lead to a more cautious approach, with the U.S. possibly encouraging regional allies and private security firms to take on a larger role.

What African Nations Can Expect

While the specifics of Trump’s Africa strategy remain to be seen, African leaders can expect an administration that prioritizes pragmatic partnerships over ideological commitments. Countries that are rich in critical minerals, aligned with U.S. anti-China policies, or play strategic roles in regional security may find themselves prioritized in Trump’s second term.

However, this transactional approach may also mean that countries that fail to align closely with U.S. interests could face disengagement. African nations may also be wary of Washington’s perceived unpredictability under Trump, with leaders potentially weighing whether to strengthen ties with other global powers such as China or Russia as a hedge against shifting U.S. policies.

A Different Kind of Engagement

Trump’s second term in office will likely bring a distinct and pragmatic engagement strategy with Africa, one that heavily focuses on securing U.S. economic interests, countering Chinese influence, and building selective security partnerships. African leaders and policymakers will have to navigate an evolving landscape, where U.S. engagement is driven by a transactional mindset rather than broad developmental goals. For better or worse, Trump’s approach to Africa may reshape the continent’s diplomatic landscape, making it essential for African leaders to weigh their own strategic priorities as they engage with the United States.

International Friendship Conference in Beijing and 70th Anniversary of the Chinese People’s Association for Friendship with Foreign Countries chaired by H.E. Xi Jinping

By the China-Cameroon Friendship Association (AACC) and the China-Francophone Africa Observatory (OCAF)

BEIJING, October 11, 2024 — Chinese President Xi Jinping presided over the International Friendship Conference in Beijing, which we attended, an event celebrating the 70th anniversary of the Chinese People’s Association for Friendship with Foreign Countries (CPAFFC). This conference gathered nearly 200 international attendees, including former political leaders, members of royal families, and representatives from international cooperation organizations. The meeting highlighted Xi Jinping’s vision of a « community with a shared future » and the essential role of people-to-people diplomacy in strengthening international relations.

Renewed Commitment to Friendship Between Nations

In his opening speech, President Xi Jinping underscored the foundational importance of friendship between nations for global stability and prosperity. Reflecting on China’s 75 years of development since the founding of the People’s Republic, he noted that such progress would not have been possible without the support of numerous international partners. « We will always remember your important contributions to China and the sincere friendship developed with the Chinese people, » Xi stated.

Emphasizing the CPAFFC’s central role in building ties between nations, Xi reaffirmed that people-to-people diplomacy is essential for creating a fairer and more peaceful world. This approach, he explained, should serve as a model in the current context of global transformations.

Building a Community with a Shared Future for Humanity

In his address, Xi Jinping spoke about today’s global challenges and called for creating a « community with a shared future for humanity. » His vision includes three key areas:

  1. Shared Responsibility: Xi said, “We must build broad consensus on creating a community with a shared future for humanity,” based on values such as peace, development, and justice. He advocated for a multipolar world characterized by equality and an inclusive globalization.
  2. Win-Win Cooperation: Xi reiterated that China’s modernization does not aim for self-centered growth. He encouraged foreign nations to actively participate in this process, fostering shared prosperity and global peaceful development.
  3. Dialogue Between Civilizations: Xi Jinping championed a model of diplomacy that values intercultural exchange. Citing China’s longstanding openness, he promoted the Global Civilization Initiative to replace conflicts with constructive dialogue.

Xi concluded by stating that Chinese diplomacy serves the people, and the Chinese government will fully support the CPAFFC in its mission of fostering international friendship and pragmatic cooperation.

Remarks from Honorary Guests

Among the distinguished guests, former Nigerian President Olusegun Obasanjo and former President of Thailand’s National Assembly, Bhokin Bhalakula, expressed their admiration for China’s rapid development under Xi Jinping’s leadership. They praised initiatives like the « Belt and Road Initiative » as visionary steps toward a more interconnected and cooperative world. China, they affirmed, has become a beacon of hope for developing countries, demonstrating that absolute poverty can be eradicated and inclusive growth achieved.

A Message of Peace and Prosperity for the World

The International Friendship Conference and the CPAFFC’s 70th anniversary illustrate China’s commitment to promoting people-to-people diplomacy to support international cooperation. By inviting partners worldwide to join its modernization, China positions itself as a responsible player, aiming to build a united humanity based on shared values. Guided by Xi Jinping, this approach steers international relations toward a future rooted in solidarity, respect, and shared prosperity.

Outlook and Next Steps

As the world stands at a historical crossroads, the conference demonstrated that people-to-people diplomacy can play a leading role in addressing global challenges. Under Xi Jinping’s leadership and with CPAFFC’s support, China is committed to fostering friendly and peaceful relations while offering partner nations mutually beneficial development opportunities. This international dialogue marks a new chapter in China’s efforts toward a shared future, and the CPAFFC will continue to strengthen these ties in the years to come.

PR. JIMMY YAB
President of the China-Cameroon Friendship Association (AACC) and the China-Francophone Africa Observatory (OCAF).

Conférence Internationale d’Amitié à Beijing et 70e Anniversaire de l’Association du Peuple Chinois pour l’Amitié avec l’Étranger presidé par S.E. Xi Jinping

Par l’Association d’Amitié Chine Cameroun (AACC) et l’Observatoire Chine-Afrique Francophone (OCAF)

BEIJING, le 11 octobre 2024 — Le Président chinois Xi Jinping a présidé la Conférence Internationale d’Amitié à Beijing à laquelle nous avons assisté, un événement marquant le 70e anniversaire de l’Association du Peuple Chinois pour l’Amitié avec l’Étranger (CPAFFC). Cette conférence a réuni près de 200 participants internationaux, incluant d’anciens dirigeants politiques, des membres de familles royales et des représentants d’organisations de coopération internationale. La rencontre a mis en avant la vision de Xi Jinping d’une « communauté de destin partagé » et le rôle essentiel de la diplomatie populaire dans le renforcement des Relations Internationales.

Un Engagement Renouvelé pour l’Amitié entre les Peuples

Dans son discours d’ouverture, le Président Xi Jinping a souligné le fondement que représente l’amitié entre les peuples dans la stabilité et la prospérité mondiale. Rappelant les 75 ans de développement de la Chine depuis la fondation de la République Populaire, il a noté que ce progrès n’aurait pas été possible sans le soutien de nombreux partenaires internationaux. « Nous nous souviendrons toujours de vos contributions importantes à la Chine et de l’amitié sincère qui s’est développée avec le peuple chinois, » a déclaré Xi.

En insistant sur le rôle central de la CPAFFC dans l’établissement de liens entre les peuples, Xi a réaffirmé que la diplomatie populaire est essentielle pour créer un monde plus équitable et pacifique. Cette approche, selon lui, doit servir de modèle dans un contexte global marqué par des transformations profondes.

Bâtir une Communauté de Destin Partagé pour l’Humanité

Dans son allocution, Xi Jinping a fait écho aux défis contemporains en appelant à la création d’une « communauté de destin partagé pour l’humanité ». Dans cette vision, il a exposé trois axes essentiels :

  1. Responsabilité partagée : Selon Xi, « nous devons construire un large consensus sur la création d’une communauté avec un avenir commun pour l’humanité », en s’appuyant sur des valeurs telles que la paix, le développement et la justice. Il a prôné un monde multipolaire, caractérisé par l’égalité et une mondialisation inclusive.
  2. Coopération gagnant-gagnant : Xi a réitéré que la modernisation de la Chine ne vise pas un développement autocentré. Il a encouragé les nations étrangères à participer activement à ce processus, dans une approche qui favorise la prospérité partagée et le développement pacifique à l’échelle mondiale.
  3. Dialogue des civilisations : Xi Jinping a défendu un modèle de diplomatie qui valorise les échanges interculturels. En s’appuyant sur la tradition chinoise d’ouverture, il a promu l’Initiative pour la Civilisation Globale, visant à dépasser les conflits pour instaurer un dialogue constructif.

En conclusion, Xi a déclaré que la diplomatie chinoise est au service du peuple et que le gouvernement chinois soutiendra pleinement la CPAFFC pour poursuivre sa mission d’amitié internationale et de coopération pragmatique.

Témoignages des Invités d’Honneur

Parmi les invités, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo et l’ancien président de l’Assemblée nationale de Thaïlande, Bhokin Bhalakula, ont exprimé leur admiration pour le développement rapide de la Chine sous la direction de Xi Jinping. Ils ont salué les initiatives de Xi telles que la « Belt and Road Initiative » comme autant de signes de sa vision pour un monde plus interconnecté et solidaire. La Chine, ont-ils affirmé, est aujourd’hui une source d’espoir pour les pays en développement, ayant démontré qu’il est possible d’éradiquer la pauvreté absolue et d’atteindre une croissance inclusive.

Un Message de Paix et de Prospérité pour le Monde

La Conférence Internationale d’Amitié et le 70e anniversaire de la CPAFFC témoignent de la volonté de la Chine de promouvoir une diplomatie populaire en soutien à la coopération internationale. En invitant des partenaires du monde entier à s’associer à sa modernisation, la Chine se pose en acteur responsable et soucieux de bâtir une humanité unie autour de valeurs communes. Cette démarche, pilotée par Xi Jinping, engage les relations internationales vers un futur basé sur la solidarité, le respect et la prospérité partagée.

Perspectives et Prochaines Étapes

À l’heure où le monde est à un carrefour historique, la conférence a montré que la diplomatie populaire peut jouer un rôle de premier plan dans la résolution des défis globaux. Sous l’impulsion de Xi Jinping et avec le soutien de la CPAFFC, la Chine s’engage à développer des relations amicales et pacifiques, tout en offrant aux nations partenaires des opportunités de développement mutuellement bénéfiques. Ce dialogue international marque un nouveau chapitre dans les efforts de la Chine pour un avenir partagé, et la CPAFFC continuera de renforcer ces liens dans les années à venir.

PR. JIMMY YAB

President de l’Association d’Amitié Chine Cameroun (AACC) et de l’Observatoire Chine-Afrique Francophone (OCAF)

“À l’Intérieur du Palais du Peuple à Beijing : L’Attente Solennelle de l’Arrivée du Président Xi Jinping”

Dans un silence solennel, quasi mystique, semblable à celui d’un monastère bouddhiste, nous attendons l’arrivée du Président Xi Jinping. Tout bruit semble interdit, comme si chaque respiration devait rester suspendue, en attente. La tension est palpable, une intensité silencieuse flotte dans l’air. La table officielle du président Xi n’est qu’à quinze mètres de moi, une proximité qui intensifie chaque instant de cette attente. Chacun mesure le privilège de se trouver ici, à cette distance restreinte, dans ce lieu si chargé d’histoire et de symbolisme.

Le Palais du Peuple, majestueux et imposant, se dresse comme le gardien des valeurs de la République populaire de Chine. Symbole de l’unité nationale et de la puissance politique du pays, ce bâtiment sert de théâtre aux cérémonies d’État, aux grandes rencontres diplomatiques et aux décisions historiques. Il est l’écrin des ambitions et des desseins de la nation. Chaque pierre, chaque colonne semble porter le poids de l’histoire et l’aura des dirigeants qui y sont passés. En ce lieu sacré, le moindre mouvement prend un sens, et l’arrivée du président Xi Jinping incarne, pour chacun ici, une convergence entre passé et futur, tradition et modernité.

L’attente se prolonge, et dans ce silence presque sacré, on ressent la gravité du moment. Le Palais du Peuple devient, dans cette attente, bien plus qu’un bâtiment : il devient l’âme de la Chine, un sanctuaire où se joue l’avenir.

Historic Handshake: My Meeting with Xi Jinping

That morning, the Great Hall of the People in Beijing stood resplendent in its majestic glory. Inside, only 200 specially selected guests, world-renowned figures, were gathered for this historic event. Each guest was acutely aware of the privilege of being present in such an iconic venue, and as I represented Cameroon, I felt especially honored to be among this exclusive group. The atmosphere in the room, adorned with traditional Chinese artworks, was filled with palpable solemnity. Conversations were hushed, almost whispered, while a discreet security presence quietly oversaw the proceedings, much like in a scene from a suspenseful film where every detail carries weight.

The purpose of this gathering was exceptional: the celebrations of the 75th anniversary of the founding of the People’s Republic of China and the 70th anniversary of the Chinese People’s Association for Friendship with Foreign Countries. Yet, beyond the festivities, it was the anticipated arrival of President Xi Jinping that held everyone’s attention. Time seemed to stretch, heightening the subtle tension as each guest awaited his entrance.

Finally, the grand doors of the hall opened silently. President Xi Jinping entered, surrounded by his advisors. The entire room’s focus shifted toward him. His movements were measured, his gestures imbued with a calm confidence. He walked slowly, greeting a few guests along the way. Every step he took resonated like a note of suspense, intensifying the anticipation of a unique moment. Then, my turn came.

As President Xi approached me, a surge of adrenaline coursed through me. I was fully aware of the symbolic significance of this moment: I was representing Cameroon at this historic gathering. The President looked at me with a discreet smile and extended his hand. I shook it, deeply conscious of the importance of this moment. He looked into my eyes and, with a calm and dignified tone, asked his first question:

“How are you?”

I responded without hesitation, with confidence: “Very well, Mr. President.” A faint smile appeared on his face, then he continued with the second question, asked with the same measured calm:

“How is China?”

I took a quick breath, then answered with genuine emotion: “Magnificent, Your Excellency.” My voice marked by the privilege of this exchange. Finally, with palpable emotion, I concluded solemnly: “Thank you, sir.”

President Xi Jinping moved on to greet other guests, and at that moment, a profound realization struck me: I had just shaken hands with one of the most powerful men on the planet, perhaps the second most powerful after the President of the United States. The weight of this global recognition suddenly enveloped me. This was not merely a handshake – it was a reflection of my journey, my dedication as a scholar in Sino-African relations, and above all, of the importance China places on these relations.

For me, this exchange represented far more than a moment of diplomatic courtesy. It symbolized a validation of my efforts to build bridges between China and Africa, to promote a mutually beneficial partnership that transcends borders. This handshake was a promise of even stronger collaboration, and it reinforced my commitment to continue this vital work, to build this shared community of destiny for humanity.
PR JIMMY YAB

Cérémonie Historique avec Xi Jinping : 75 ans de la RPC

INVITATION A UNE CÉRÉMONIE HISTORIQUE SOUS LA PRÉSIDENCE DE S. E. XI JINPING, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE POPULAIRE DE CHINE.

Départ de LONDRES pour BEIJING tout de suite.

Je suis très honoré de vous informer que cette année marque deux anniversaires historiques pour la Chine : le 75e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine et le 70e anniversaire de la fondation de l’Association chinoise du peuple pour l’amitié avec les pays étrangers (CPAFFC). Ces célébrations auront lieu lors d’une cérémonie spéciale à Pékin, le 11 octobre 2024, sous la présidence de Son Excellence Xi Jinping, Président de la République populaire de Chine.

J’ai l’honneur d’avoir été invité à cet événement en tant que Président de l’Observatoire Chine-Afrique Francophone (OCAF). Je représenterai mon pays le Cameroun comme d’habitude avec distinction.

Cette invitation est une reconnaissance significative de notre travail dans le renforcement des relations sino-africaines, une marque de confiance qui reflète l’importance de nos contributions à l’amitié entre nos peuples et à la promotion d’une communauté de destin pour l’humanité.

Cet événement sera une opportunité unique pour approfondir nos partenariats et poursuivre nos objectifs de coopération internationale. Je suis sûr que cette reconnaissance rejaillira sur notre travail collectif et sur les efforts déployés pour une collaboration plus fructueuse entre la Chine et l’Afrique.

Je vous remercie d’avance pour votre soutien et compréhension à l’occasion de cette célébration majeure.

PR JIMMY YAB

Président de l’Observatoire Chine-Afrique Francophone (OCAF).