
Résumé
Le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) tire la sonnette d’alarme face aux rejets massifs des inscriptions sur les listes électorales publiées par ELECAM, atteignant des taux inquiétants allant jusqu’à 87 % dans certaines communes. Cet article analyse les failles institutionnelles, technologiques et organisationnelles de cet organe électoral, tout en examinant l’impact sur la crédibilité du processus démocratique. À travers une analyse approfondie, le MLDC exige un audit indépendant et propose des réformes pour garantir des élections transparentes et inclusives en 2025.
Mots-clés : MLDC, ELECAM, audit électoral, élections 2025, Cameroun, rejets d’inscriptions, processus démocratique, transparence, crédibilité, Ghana, Sanegal, Rwanda, Afrique du Sud.

Introduction : Un scandale qui menace la démocratie camerounaise
Le processus électoral est au cœur de la démocratie, car il incarne la participation citoyenne et la légitimité des institutions publiques. Au Cameroun, les préparatifs pour les élections présidentielles de 2025 sont entachés par des dysfonctionnements graves, notamment les rejets massifs d’inscriptions électorales. Selon les données publiées par ELECAM, certaines communes enregistrent des taux de rejet atteignant 87 %, comme à Yaoundé 5.
Ces chiffres alarmants ont des conséquences profondes sur le processus démocratique et la confiance publique envers ELECAM. Pour le MLDC, ces rejets massifs constituent un scandale électoral qui exige un audit immédiat et des réformes profondes. Cet article explore les causes, les implications et propose des solutions concrètes pour assurer la crédibilité des élections de 2025.
1. Analyse des données d’ELECAM : Des rejets massifs sans justification claire
Les chiffres publiés par ELECAM montrent une situation critique :
- Yaoundé 5 : 87 % de rejets (14 235 sur 16 409 inscrits).
- Yaoundé 3 : 75 % de rejets (10 130 sur 13 273 inscrits).
- Douala 5 : Un taux plus faible de 7 % (3 912 sur 54 695 inscrits), révélant une disparité inexplicable entre les communes.
Ces disparités soulèvent plusieurs questions :
- Défaillances technologiques ? L’absence d’empreintes digitales comme motif principal de rejet suggère que les équipements biométriques d’ELECAM sont soit obsolètes, soit mal utilisés.
- Incohérences dans les procédures : Pourquoi certaines communes comme Douala 5 affichent-elles des taux de rejet beaucoup plus faibles que Yaoundé 5 ?
- Manque de formation : Les agents d’ELECAM, souvent mal formés, pourraient être à l’origine d’erreurs dans la collecte des données.
Le MLDC considère ces rejets comme un symptôme d’un dysfonctionnement institutionnel majeur et demande un audit pour identifier les causes profondes.
2. Implications pour la démocratie camerounaise : Un processus électoral en péril
Les conséquences des rejets massifs d’inscriptions vont bien au-delà des chiffres :
2.1. Exclusion massive des électeurs
Des milliers de citoyens camerounais risquent d’être exclus du processus électoral, notamment dans des zones urbaines stratégiques comme Yaoundé. Cela compromet gravement le principe d’inclusion démocratique, où chaque citoyen a le droit de voter sans obstacle inutile.
2.2. Suspicion de manipulation électorale
Des taux de rejet aussi élevés pourraient être perçus comme une tentative délibérée d’exclure des électeurs potentiellement favorables à l’opposition, une accusation qui pourrait polariser davantage la société camerounaise.
2.3. Perte de confiance dans ELECAM
ELECAM, en tant qu’organe électoral indépendant, est censé garantir la transparence et l’équité des élections. Cependant, des erreurs massives et des disparités inexpliquées risquent d’entraîner une défiance généralisée envers cette institution.
2.4. Risques de tensions sociales
Dans un contexte politique déjà fragile, l’exclusion de milliers d’électeurs pourrait alimenter des tensions sociales, voire des manifestations, surtout si les régions affectées sont politiquement sensibles.
3. Une crédibilité entamée : La perception publique d’ELECAM
Pour le MLDC, la crédibilité d’un processus électoral repose sur la confiance du public envers les institutions chargées de son organisation. Les rejets massifs d’inscriptions compromettent cette confiance pour plusieurs raisons :
- Manque de professionnalisme perçu : Les citoyens pourraient voir en ELECAM une organisation incapable de gérer efficacement un processus aussi crucial que les inscriptions électorales.
- Risque de partialité : Si les rejets affectent principalement certaines régions ou communes perçues comme des bastions de l’opposition, ELECAM pourrait être accusé de biais en faveur du régime en place.
- Impact négatif sur la participation : Une perte de confiance risque de décourager de nombreux électeurs potentiels, aggravant ainsi l’abstention.
Pour restaurer sa crédibilité, ELECAM doit agir de manière proactive, en engageant des réformes et en acceptant une supervision externe.
4. Une alerte pour sauver la démocratie camerounaise
Le taux alarmant de rejets d’inscriptions sur les listes électorales au Cameroun met en évidence des failles majeures dans l’organisation électorale. Des taux allant jusqu’à 87 % dans certaines communes, comme Yaoundé 5, suscitent des interrogations sur la compétence, l’intégrité et l’impartialité d’ELECAM. Pour le MLDC, ce scandale exige des mesures immédiates et une approche comparative pour tirer des leçons des expériences réussies dans d’autres démocraties.
4.1. Audit indépendant : Apprendre de l’exemple du Kenya
Contexte et exemple international
Le Kenya, après des élections controversées en 2007 ayant engendré des violences post-électorales, a entrepris un audit complet de son système électoral en 2017. Cet audit, réalisé par des experts nationaux et internationaux, a permis d’identifier les défaillances dans l’inscription des électeurs, la transmission des résultats et l’utilisation de la biométrie. Ces recommandations ont conduit à une modernisation réussie du système.
Application au Cameroun
Le MLDC propose qu’un audit indépendant d’ELECAM soit mené par une commission composée :
- D’experts internationaux (ONU, Union africaine, IDEA).
- De représentants de la société civile camerounaise, pour garantir la transparence et éviter les biais institutionnels.
- De techniciens spécialisés dans la gestion électorale et la biométrie.
Cet audit permettra de :
- Diagnostiquer les causes des rejets massifs.
- Évaluer les capacités technologiques et organisationnelles d’ELECAM.
- Proposer des solutions adaptées pour rétablir la confiance dans le processus électoral.
4.2. Modernisation des équipements électoraux : L’exemple du Ghana
Contexte et exemple international
Le Ghana a introduit des équipements biométriques modernes en 2012 pour lutter contre la fraude électorale. Après avoir rencontré des problèmes techniques, la Commission électorale ghanéenne a investi dans des machines biométriques de deuxième génération en 2020, réduisant considérablement les erreurs et augmentant la fiabilité des données électorales.
Application au Cameroun
Le MLDC recommande :
- L’acquisition de technologies biométriques modernes, adaptées aux conditions climatiques et au niveau d’infrastructure des zones rurales et urbaines du Cameroun.
- L’entretien régulier des équipements pour éviter les pannes.
- La création de centres régionaux de maintenance pour une gestion rapide des dysfonctionnements techniques.
ELECAM pourrait collaborer avec des entreprises internationales spécialisées, comme la société Smartmatic, qui a équipé plusieurs pays d’Afrique avec des technologies électorales avancées.
4.3. Formation intensive des agents électoraux : L’exemple du Rwanda
Contexte et exemple international
Le Rwanda, reconnu pour son organisation méthodique, investit lourdement dans la formation de ses agents électoraux. En 2020, tous les agents impliqués dans les élections ont suivi des ateliers de formation intensifs sur la manipulation des technologies électorales, la gestion des données et l’interaction avec les électeurs.
Application au Cameroun
Le MLDC propose un programme national de formation pour les agents d’ELECAM, incluant :
- Une formation technique sur l’utilisation des technologies biométriques.
- Une sensibilisation sur les principes de neutralité et d’impartialité.
- Une évaluation périodique des compétences.
Le Cameroun pourrait également solliciter l’appui de l’Union africaine pour financer et organiser ces formations.
4.4. Période de régularisation des inscriptions : L’exemple du Nigeria
Contexte et exemple international
Au Nigeria, avant les élections générales de 2023, la Commission électorale nationale indépendante (INEC) a accordé une période supplémentaire pour permettre aux électeurs dont les données étaient incomplètes ou erronées de corriger leur situation. Cette démarche a favorisé une participation massive.
Application au Cameroun
Le MLDC recommande qu’ELECAM ouvre une période exceptionnelle de régularisation pour :
- Permettre aux citoyens rejetés de fournir leurs empreintes digitales ou de rectifier leurs informations.
- Lancer une campagne nationale pour informer les citoyens sur les modalités de régularisation.
- Établir des centres d’inscription mobiles dans les zones reculées, inspirés du modèle ougandais.
4.5. Supervision internationale : L’exemple du Sénégal
Contexte et exemple international
Le Sénégal est souvent cité comme un modèle de démocratie en Afrique. Depuis plusieurs années, ses élections sont supervisées par des observateurs internationaux (CEDEAO, Union européenne), garantissant leur transparence. Cette supervision a renforcé la confiance des citoyens et des partis politiques dans le processus électoral.
Application au Cameroun
Le MLDC propose que les élections présidentielles de 2025 soient supervisées par :
- Des observateurs internationaux, issus d’organisations telles que l’Union africaine, l’Union européenne et Transparency International.
- Des observateurs nationaux indépendants, incluant des représentants de la société civile camerounaise.
Cette mesure renforcerait la perception d’impartialité et contribuerait à prévenir les fraudes.
4.6. Sensibilisation massive des citoyens : L’exemple de l’Afrique du Sud
Contexte et exemple international
L’Afrique du Sud organise régulièrement des campagnes nationales pour encourager la participation des citoyens aux élections. Avant les élections générales de 2019, la Commission électorale sud-africaine (IEC) a utilisé les médias, les réseaux sociaux et des partenariats communautaires pour sensibiliser les électeurs sur les procédures d’inscription et de vote.
Application au Cameroun
Le MLDC recommande :
- Le déploiement d’une campagne de sensibilisation nationale, utilisant la télévision, la radio, les réseaux sociaux et les leaders communautaires.
- La production de matériel éducatif multilingue, adapté aux différentes communautés linguistiques du Cameroun.
- La collaboration avec des ONG et des organisations religieuses, pour atteindre les populations rurales et marginalisées.
Cette sensibilisation massive permettra de réduire les taux de rejet et d’encourager une participation plus inclusive.
Conclusion : Une réforme indispensable pour restaurer la confiance
Les rejets massifs des inscriptions électorales publiés par ELECAM constituent une menace sérieuse pour la démocratie camerounaise. Le MLDC, fidèle à sa vision d’un État Développementaliste Communautaire, et inspiré des meilleures pratiques internationales, lpropose des réformes concrètes et ambitieuses pour moderniser le système électoral, renforcer la transparence et rétablir la confiance des citoyens. Sans ces mesures, le Cameroun risque de voir les élections de 2025 entachées d’irrégularités, compromettant ainsi la stabilité politique et sociale du pays.
Références
- Schmitter, P. C., & Karl, T. L. (1991). What Democracy Is… and Is Not. Journal of Democracy, 2(3), 75-88.
- International IDEA. (2021). The Global State of Democracy Report. Stockholm: International IDEA.
- Elklit, J., & Reynolds, A. (2005). Judging Elections: Criteria for Free and Fair Elections. Political Science Quarterly, 120(2), 231-250.
- ELECAM. (2024). Liste des rejets des inscriptions aux listes électorales au Cameroun.
- Transparency International. (2023). Perceptions of Electoral Integrity in Africa. Berlin: Transparency International.
