Optimiser la Fonction Publique Camerounaise : De 1 Fonctionnaire pour 85 Habitants à un Ratio de 1 pour 60 selon le Modèle du MLDC

Ministère de la Fonction Publique

Résumé

La fonction publique camerounaise est confrontée à des défis majeurs, allant de la surpopulation administrative à un manque d’efficacité, dû à un système de recrutement biaisé et une centralisation excessive des postes. Ce diagnostic examine les faiblesses structurelles actuelles en mettant en évidence les effets de l’actuel ratio de 1 fonctionnaire pour 85 habitants. En comparaison avec les modèles de Singapour, de la Chine et de plusieurs autres pays, nous proposons une réduction et une redistribution des effectifs afin de parvenir à un ratio optimal de 1 pour 60, tel que recommandé par le Mouvement pour la Libération du Cameroun (MLDC). Ce nouveau ratio permettrait une administration plus décentralisée, compétente et apte à répondre aux besoins spécifiques des populations locales, s’inscrivant dans une vision d’État développementaliste communautaire.

Mots clés : fonction publique, Cameroun, décentralisation, efficacité administrative, ratio optimal, MLDC, comparaison internationale, Chine , Singapour

Introduction

La fonction publique camerounaise est marquée par des failles systémiques qui réduisent son efficacité et freinent le développement socio-économique du pays. Ces maux incluent une gestion pléthorique, des pratiques de recrutement peu rigoureuses, une centralisation excessive et un manque de technocrates compétents dans des secteurs stratégiques. Ce dysfonctionnement se traduit par une inflation des effectifs, peu de valorisation des compétences locales et une faible réactivité aux besoins des citoyens.

Cet article dresse un diagnostic des principaux maux de la fonction publique camerounaise en tenant compte de comparaisons internationales et propose un ratio de 1 fonctionnaire pour 60 habitants, comme solution selon le modèle d’État développementaliste communautaire proposé par le MLDC.

I. Diagnostic des Dysfonctionnements de la Fonction Publique Camerounaise

Les faiblesses de la fonction publique au Cameroun peuvent se résumer en plusieurs points clés :

1. Un Ratio Excessif et Inefficace :

Actuellement, le Cameroun compte environ 1 fonctionnaire pour 85 habitants, un ratio qui pourrait paraître modeste, mais qui masque une inefficacité structurelle. La répartition des effectifs reste déséquilibrée, avec une concentration des postes dans les grands centres urbains au détriment des zones rurales. Cette configuration limite la capacité de l’administration à répondre efficacement aux besoins de toutes les communautés.

2. Recrutements Biaisés et Favoritisme :

Les processus de recrutement privilégient souvent le népotisme et le clientélisme au détriment de la compétence. Cette pratique entraîne un déficit de technocrates qualifiés, notamment dans les secteurs critiques du développement local et économique.

3. Centralisation Excessive des Postes et Manque de Décentralisation :

La centralisation des décisions et des ressources entrave l’efficacité de la gouvernance locale et aggrave les disparités régionales. Bien que le Cameroun ait initié des réformes de décentralisation, leur mise en œuvre reste limitée, empêchant les collectivités locales de répondre efficacement aux besoins de leurs citoyens.

4. Absence de Formation Continue et d’Évaluation des Performances :

Les fonctionnaires camerounais bénéficient rarement de formations continues, et les évaluations de performance sont quasi-inexistantes. Ceci nuit à l’efficience de l’administration, réduisant la capacité des agents à s’adapter aux nouvelles exigences technologiques et aux priorités économiques.

II. Comparaison Internationale : Leçons de la Fonction Publique à l’Étranger

Pour déterminer un ratio plus optimal, il est utile de se référer à d’autres pays ayant des structures de fonction publique plus performantes.

Singapour : Avec un ratio de 1 fonctionnaire pour 20 habitants, Singapour met l’accent sur l’excellence administrative, la compétence et la formation continue des agents. Ce modèle est hautement performant grâce à une rigueur de recrutement et un processus de responsabilisation strict (Lee, 2019).

Chine : La Chine maintient un ratio d’environ 1 fonctionnaire pour 60 habitants, avec une fonction publique décentralisée et orientée vers les priorités de développement. L’administration chinoise repose sur une planification stratégique et un déploiement de technocrates qualifiés dans les zones locales, permettant une exécution rapide et ciblée des politiques de développement (Ming, 2021).

France : La France, avec un ratio de 1 pour 12, conserve une administration étoffée, mais les défis de centralisation et de bureaucratie restent notables. Ce ratio, bien que permettant une forte couverture des services, n’illustre pas nécessairement une efficacité optimale pour un pays en développement comme le Cameroun (INSEE, 2022).

Afrique du Sud : La fonction publique sud-africaine, avec un ratio de 1 fonctionnaire pour 35 habitants, affiche une structure centralisée avec des problèmes d’inefficacité similaires à ceux du Cameroun, notamment en matière de décentralisation (StatsSA, 2022).

III. Vers un Ratio Optimal pour une Fonction Publique Efficace au Cameroun : 1 Fonctionnaire pour 60 Habitants

Au vu des modèles internationaux, le MLDC propose de fixer un ratio de 1 fonctionnaire pour 60 habitants au Cameroun, permettant de répondre aux besoins d’efficacité administrative tout en allégeant les charges budgétaires. Ce ratio vise à favoriser un équilibre entre couverture administrative et efficience, et s’accompagne des mesures suivantes :

1. Réduction et Redistribution des Effectifs :

La réduction des effectifs dans les centres urbains pour une meilleure redistribution vers les communes rurales permettrait de répondre aux besoins locaux. En promouvant la décentralisation et en renforçant les capacités des communes, ce modèle assure une gouvernance plus proche des citoyens.

2. Recrutement Basé sur la Compétence et Formation Continue :

Inspiré par les modèles singapourien et chinois, le MLDC recommande une réforme des procédures de recrutement, priorisant la compétence et la transparence. La formation continue et l’évaluation de la performance doivent être intégrées pour renforcer les compétences et maintenir la qualité des services publics.

3. Encourager la Responsabilisation Locale et l’Autonomie des Communes :

La décentralisation doit s’accompagner d’une responsabilisation accrue des administrations locales, permettant à chaque commune d’adapter les politiques publiques à ses spécificités locales, ce qui est un pilier de l’État développementaliste communautaire.

IV. Conclusion : Une Réforme Nécessaire vers une Administration Efficiente

Pour améliorer la fonction publique camerounaise, une révision du ratio fonctionnaires/population s’impose, de 1 pour 85 actuellement à 1 pour 60, comme proposé par le MLDC. Ce changement, associé à des réformes de décentralisation, de recrutement et de formation, pourrait transformer l’administration publique en un levier essentiel du développement. En adoptant ce modèle d’État développementaliste communautaire, le Cameroun pourra mieux répondre aux attentes de sa population, promouvoir l’équité régionale et engager une dynamique de croissance inclusive.

Références

• Lee, H. (2019). Public Administration in Singapore: Lessons for Developing Countries. Singapore Journal of Public Policy.

• Ming, Z. (2021). Technocracy and Economic Development in China: A Case Study. Journal of East Asian Development.

• INSEE (2022). Les effectifs de la fonction publique en France. Paris: INSEE.

• StatsSA (2022). Public Sector Employment Data. South African Statistical Association.

• INS (2021). Statistiques de la fonction publique camerounaise. Yaoundé : Institut National de la Statistique.


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