La Jeunesse Camerounaise: Bonne vs Mauvaise

Je me permets de diviser la jeunesse camerounaise en deux catégories contrastantes : celle que j’appellerai la « MAUVAISE jeunesse », et celle que j’identifie comme la « BONNE jeunesse ». Ces deux segments de la société, formés et influencés par des dynamiques politiques et sociales distinctes, incarnent des visions radicalement opposées pour l’avenir du Cameroun. Mon analyse s’efforce de mettre en lumière ces divergences, tout en espérant que la « bonne jeunesse » finira par transformer durablement notre pays car comme le dit Nelson MANDELA : “Les jeunes sont l’avenir d’une nation. Ils doivent être valorisés et responsabilisés afin de contribuer positivement à la société.”

LA MAUVAISE JEUNESSE: ENTRE FRUSTRATION ET AMBITION DÉVOYÉE

La « mauvaise jeunesse » est le produit d’un système corrompu et inefficace, alimenté par le régime en place, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC). Cette jeunesse est formée dans un environnement où la réussite et la promotion sociale dépendent non pas du mérite, mais de l’allégeance politique et du clientélisme. Nombre de jeunes, frustrés par le manque d’opportunités malgré leur fidélité au RDPC, se heurtent à un plafond de verre imposé par des aînés qui refusent de céder la place, préférant conserver leur pouvoir et leurs privilèges.

Le résultat de cette dynamique est une jeunesse sans ambition réelle, qui, en l’absence de perspectives, aspire à l’enrichissement rapide, souvent par des moyens illicites. Cette « mauvaise jeunesse » reproduit ainsi les travers de ses mentors, adoptant une approche de survie axée sur le favoritisme, la corruption et la quête de gains rapides. Elle devient également vulnérable à une double frustration : d’une part, elle doit rivaliser avec une diaspora camerounaise, dont la réussite et le dynamisme mettent en exergue ses propres lacunes ; d’autre part, elle subit des conditions de vie précaires, aggravées par des salaires souvent insuffisants.

Le rejet de la diaspora par cette jeunesse est symptomatique d’un malaise profond. Par exemple, Samuel Eto’o, figure emblématique de la diaspora, a souvent été confronté à une opposition virulente de cette jeunesse lorsqu’il a voulu s’impliquer dans les affaires locales, notamment à la tête de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT). De même, je parie que si Francis Ngannou venait un jour à briguer un poste politique au Cameroun, cette jeunesse, loin de le soutenir, serait l’une de ses principales opposantes. Ce rejet illustre une insécurité face aux Camerounais de la diaspora, perçus comme des « intrus » qui menacent un système de privilèges bien ancré. Ironiquement, elle semble oublier que le président actuel, S.E. Paul Biya, lui-même ancien membre de la diaspora, gouverne le Cameroun à partir de l’étranger, notamment depuis Genève.

LA BONNE JEUNESSE: RÉSISTANCE ET ESPOIR DU CHANGEMENT

À l’opposé, la « bonne jeunesse » représente l’espoir d’un Cameroun nouveau. Cette jeunesse résiste aux pratiques corrompues et clientélistes et aspire à un avenir fondé sur la justice sociale, la transparence et le mérite. Bien que confrontée à un environnement économique difficile, marqué par le chômage et des obstacles quotidiens, elle refuse de céder aux sirènes de la corruption et s’efforce de maintenir une éthique de travail intacte.

La force de cette jeunesse repose sur sa capacité de résilience et sa vision optimiste pour l’avenir. Elle est prête à relever les défis et à se sacrifier pour la construction d’un Cameroun plus juste et équitable. Cette « bonne jeunesse » voit en la diaspora un allié et non un rival. Elle reconnaît que le retour de la diaspora et la contribution de ceux qui, comme Eto’o ou Ngannou, ont réussi à l’étranger, pourraient apporter une expertise précieuse et revigorer le développement du pays.

L’exemple des jeunes Camerounais impliqués dans des initiatives sociales et politiques, montre cette détermination à surmonter les difficultés pour promouvoir le changement. Ces jeunes, loin de se laisser décourager par les conditions répressives imposées par le régime, persistent dans leur engagement pour une réforme politique et économique du pays. Ils incarnent cette jeunesse résistante qui préfère œuvrer pour le changement de l’intérieur plutôt que de fuir le pays en quête de meilleures conditions ailleurs.

UN APPEL À L’UNITÉ DES DEUX JEUNESSES

À mes yeux, la voie vers un Cameroun uni et prospère repose sur la réconciliation entre ces deux jeunesses. La « bonne jeunesse » doit continuer de tendre la main à ses pairs, leur offrant des modèles alternatifs fondés sur l’intégrité et le service à la nation. Cette alliance pourrait aider la « mauvaise jeunesse » à redécouvrir les valeurs de solidarité et de patriotisme nécessaires à la construction d’un Cameroun commun.

Il est crucial que cette bonne jeunesse, en collaboration avec la diaspora, joue un rôle actif dans les prochaines élections, notamment en 2025. Un changement politique profond, porté par une jeunesse unie et visionnaire, pourrait enfin mettre fin aux pratiques de corruption et de favoritisme qui gangrènent notre société. Comme le dit un proverbe africain, « quelque soit la durée de la nuit, le soleil finit toujours par apparaître ».

PR JIMMY YAB