Étiquette : Jeunesse camerounaise
Réponse du Pr Jimmy Yab, Président du MLDC, à Paul Atanga Nji: Gouverner avec le peuple, non contre lui
À vous, Monsieur le Ministre, je dis ceci :
Vous êtes aujourd’hui au cœur d’une période sensible de notre histoire. Vous avez entre vos mains une responsabilité immense, celle de préserver la cohésion nationale.
Je vous invite à être non seulement le ministre de l’administration territoriale, mais le ministre de la réconciliation territoriale, celui qui apaise, qui unit, qui écoute.
MON CAMEROUN, MON COMBAT ET MON DESTIN :DE L’ASSUJETTISSEMENT À LA PUISSANCE
Par Pr. Jimmy Yab, Président du Mouvement Pour La Libération et le Développement du Cameroun (MLDC)

Enfin, bâtir nos Souverainetés par un État Développementaliste Communautaire
L’État camerounais, en tant qu’institution censée garantir la souveraineté et assurer les fonctions régaliennes – sécurité, justice, éducation, santé et développement économique – a échoué dans chacune de ces missions fondamentales. Comme le souligne Jean-François Bayart (2009), les États postcoloniaux africains ont souvent évolué vers des « États rentiers », où les ressources publiques sont captées par une élite politique prédatrice. Le Cameroun illustre parfaitement ce modèle de captation des richesses, où l’État fonctionne davantage comme un instrument de consolidation des privilèges d’une minorité plutôt que comme un moteur de développement.
L’urgence de la transformation nationale
Dans ce contexte, l’urgence d’une transformation nationale est plus que jamais d’actualité. Le Cameroun ne peut continuer à fonctionner sous l’ombre d’un État dont la souveraineté est constamment remise en cause. Le pays doit se réapproprier son destin et tracer une voie nouvelle, fondée sur les principes d’indépendance réelle et de développement durable. Cette transformation ne pourra se faire qu’en repensant radicalement la gouvernance, l’économie et la culture, afin de mettre en place un système qui place les intérêts du peuple camerounais au cœur de l’action publique.
La souveraineté du Cameroun n’est pas un luxe, mais une nécessité absolue pour assurer l’avenir du pays et de ses citoyens. Cette quête de souveraineté doit être l’objectif central de toute action politique, car sans elle, il n’y a ni liberté, ni développement.
Cette quête de souveraineté réelle implique un renversement des logiques dominantes, notamment celles de la corruption, de la dépendance extérieure et de la répression politique. Le Cameroun doit sortir de son rôle de vassal pour devenir un acteur souverain dans le concert des nations. Il doit se doter d’un État développementaliste communautaire, un État qui non seulement protège ses citoyens, mais qui les place au centre de son projet de développement. Ce modèle d’État, à la fois politique, économique et culturel, doit répondre aux besoins réels du peuple camerounais, en assurant un accès équitable à la santé, à l’éducation, et aux ressources naturelles. Seule une transformation radicale du système pourra rendre au Cameroun sa souveraineté véritable et lui permettre d’entrer dans une nouvelle ère de prospérité et d’indépendance.
- Souveraineté Politique et Territoriale

La souveraineté politique
La souveraineté politique et territoriale constitue l’une des pierres angulaires sur lesquelles repose l’existence même d’un État. En effet, la souveraineté politique fait référence à la capacité d’un État à exercer un contrôle exclusif sur ses affaires internes et externes sans ingérence extérieure, tandis que la souveraineté territoriale désigne le droit d’un État à exercer son autorité sur un territoire délimité. Ces deux notions sont intimement liées et essentielles pour assurer l’indépendance et l’intégrité d’un pays. Or, la réalité du Cameroun, à travers les prismes de son histoire et de son contexte politique actuel, nous révèle qu’un déficit de souveraineté existe, tant au niveau politique qu’à celui de son territoire, ce qui est un frein majeur au développement du pays.
L’héritage colonial et la souveraineté limitée
L’histoire du Cameroun est marquée par un héritage colonial qui a façonné les contours de son existence politique actuelle. L’Empire colonial allemand, puis le mandat français et britannique, ont laissé un modèle d’organisation politique et territorial qui, loin d’être une base de développement, s’est révélé être une structure artificielle vouée à la dépendance. Le Cameroun, à l’indépendance en 1960, a hérité d’une structure étatique qui, bien qu’autonome sur le papier, est restée fortement influencée par les anciennes puissances coloniales, en particulier la France. Cette situation a généré des tensions internes, notamment en raison de la division entre les deux régions anglophone et francophone, chacune avec ses spécificités politiques, culturelles et juridiques. Le sentiment de nationalité a été, dès le départ, fragmenté, et l’unité nationale n’a jamais été pleinement réalisée.
Le Cameroun a donc hérité d’un État dont l’intégrité territoriale et l’autonomie politique étaient déjà compromises par une architecture coloniale qui avait pour but de servir des intérêts étrangers, plutôt que de développer une nation souveraine. En outre, la décolonisation, au Cameroun comme dans d’autres pays d’Afrique, a été marquée par des processus de transition maladroits et inachevés, dans lesquels les anciennes puissances coloniales ont maintenu des liens d’influence et de contrôle. Ces liens, souvent cachés sous des formes de coopération et de soutien, ont permis aux anciennes métropoles de conserver des positions stratégiques dans les affaires internes des États nouvellement indépendants.
La fragilité de l’État camerounais : des institutions sous contrôle extérieur
Bien que le Cameroun ait proclamé son indépendance en 1960, sa souveraineté politique et territoriale reste sujette à des influences extérieures qui vont bien au-delà des formes officielles de coopération internationale. Le système politique du Cameroun est en effet caractérisé par une forte centralisation du pouvoir, qui a entravé l’émergence d’une gouvernance véritablement démocratique et souveraine. L’État camerounais semble gouverner sous l’ombre persistante de l’influence de puissances étrangères, en particulier de la France, mais aussi de pays tels que les États-Unis, qui jouent un rôle dans l’orientation de la politique camerounaise, en raison de ses intérêts stratégiques en Afrique centrale.
Cette relation néocoloniale, bien qu’elle soit rarement discutée ouvertement, se manifeste dans la manière dont les décisions politiques importantes sont prises, notamment en matière de politique étrangère et de sécurité. Le Cameroun, sous la présidence de Paul Biya depuis 1982, a maintenu une relation particulièrement étroite avec la France, à travers des accords de coopération militaire et économique, qui, loin d’être bénéfiques pour la population camerounaise, ont renforcé la dépendance du pays vis-à-vis des intérêts étrangers. Le soutien militaire français, notamment l’opération Barkhane en Afrique de l’Ouest et la présence de troupes françaises au Cameroun, soulignent la place importante de la France dans les affaires internes du pays, notamment dans la gestion des crises et des conflits internes.
Ce modèle de gouvernance politique a ainsi renforcé une structure autoritaire, où le pouvoir est concentré entre les mains d’un petit groupe d’individus qui bénéficient de l’appui d’acteurs extérieurs pour maintenir leur position. La démocratie n’a jamais réellement pris racine au Cameroun, et l’État continue de vivre sous un contrôle qui n’est pas exclusivement endogène. L’absence d’une véritable séparation des pouvoirs, la répression de l’opposition politique et le recours à la violence pour maintenir l’ordre ne sont que des symptômes d’un déficit de souveraineté politique, où les décisions sont souvent dictées par des considérations étrangères plutôt que par les besoins du peuple camerounais.
La Souveraineté territoriale
La souveraineté territoriale du Cameroun, quant à elle, a également été façonnée par des héritages coloniaux complexes et mal résolus. Les frontières actuelles du Cameroun ont été tracées par les puissances coloniales sans consultation des peuples locaux. La ligne de partage entre le Cameroun francophone et anglophone, par exemple, a été établie dans des conditions qui ont engendré des frustrations et des tensions qui persistent jusqu’à aujourd’hui. Le sentiment d’injustice qui découle de la division linguistique du pays est palpable, et cette fracture est l’un des facteurs sous-jacents du conflit qui a opposé l’État camerounais aux séparatistes anglophones dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, conflits qui ont émergé à partir de 2016.
Le Cameroun, tout comme de nombreux autres pays africains, se trouve encore sous l’emprise de frontières tracées par des puissances coloniales, qui ne tiennent pas compte des réalités ethnolinguistiques et culturelles des populations locales. Les conflits qui en découlent sont une conséquence directe de l’absence de souveraineté véritable sur le territoire, et d’un manque de cohésion nationale pour résister à ces fractures internes. Ce ne sont pas seulement les frontières physiques qui sont mises à mal, mais aussi les liens sociaux et politiques entre les différentes communautés du pays.
Le modèle d’un fédéralisme développementaliste communautaire pour restaurer la souveraineté territoriale
La souveraineté territoriale du Cameroun pourrait trouver une solution durable à travers l’instauration d’un fédéralisme développementaliste et adapté aux réalités du pays. Ce modèle de fédéralisme ne se contenterait pas de diviser le pays en simples régions administratives, mais viserait à structurer le pays en quatre grandes zones autonomes : le Grand Nord, le Grand Sud, le Grand Littoral, et le Grand Ouest. Chacune de ces régions disposerait d’une autonomie suffisante pour gérer ses propres affaires, tout en préservant une souveraineté partagée avec l’État central. Ce modèle hybride, inspiré des théories de l’État développementaliste (Evans, 1995; Rodrik, 2007), met l’accent sur l’autonomie régionale, la participation communautaire, et la coopération nationale pour garantir un développement inclusif et durable.
Un fédéralisme développementaliste permettrait de mieux répondre aux spécificités locales en matière de culture, de langue, et de gestion des ressources, tout en renforçant la cohésion nationale par une gouvernance partagée et une répartition plus équitable des ressources. Ce modèle favoriserait également la résilience des communautés face aux défis sociaux et économiques, en permettant à chaque région de participer pleinement à l’édification d’un Cameroun prospère et stable. Il offrirait également une solution à la question de l’équilibre entre les différentes communautés, notamment en fournissant aux régions anglophones un espace de gouvernance plus adapté à leurs aspirations.
Une telle réforme de la souveraineté territoriale permettrait d’atténuer les tensions entre les différentes communautés, tout en réduisant la centralisation excessive du pouvoir qui a mené à des conflits internes. En instaurant un système fédéral, l’État camerounais pourrait ainsi restaurer son autorité sur l’ensemble de son territoire, tout en respectant la diversité des cultures et des aspirations des peuples camerounais.
Vers une refondation de la souveraineté politique et territoriale
La souveraineté politique et territoriale du Cameroun, dans son état actuel, demeure incomplète et fragile. Le pays, héritier d’une histoire coloniale complexe, est toujours pris dans les filets d’influences extérieures, particulièrement celles des anciennes puissances coloniales, mais aussi de nouvelles puissances géopolitiques. Si la souveraineté politique a été compromise par une centralisation excessive et une gestion autoritaire du pouvoir, la souveraineté territoriale, quant à elle, est constamment mise à mal par des héritages de frontières coloniales mal tracées et des tensions internes non résolues. Le modèle de gouvernance actuel, fondé sur une gestion unitaire, ne parvient pas à répondre aux spécificités régionales et communautaires du pays, engendrant ainsi des fractures profondes au sein de la société camerounaise.
Il est donc impératif de repenser, de manière globale et inclusive, la souveraineté du Cameroun. Cette refondation nécessite une révision radicale de la structure politique et territoriale du pays, dans le but de restaurer l’intégrité du territoire et l’autonomie politique face à des influences extérieures. Il ne suffit plus de revendiquer une souveraineté théorique ; il est nécessaire de la concrétiser par des actions concrètes, par la mise en place de réformes profondes et durables qui répondent aux aspirations réelles des Camerounais.
Le fédéralisme développementaliste, comme alternative au modèle centralisé actuel, offre une solution novatrice et adaptée aux réalités socio-culturelles du pays. En offrant plus d’autonomie aux régions, en particulier aux zones anglophones et aux autres communautés sous-représentées, le Cameroun pourrait non seulement apaiser ses tensions internes, mais aussi renforcer la solidarité nationale à travers une gouvernance partagée. Le défi réside dans la capacité à instaurer un équilibre entre un État central fort, garant de l’unité nationale, et des entités régionales autonomes, capables de gérer leurs propres affaires dans le cadre d’un développement harmonieux et durable. Ce modèle de gouvernance, bien qu’hybride, semble être la voie à suivre pour surmonter les écueils d’une souveraineté politique et territoriale mal maîtrisée.
Le processus de refondation doit également inclure la réévaluation des relations du Cameroun avec ses partenaires extérieurs, notamment la France et d’autres puissances, pour établir des relations basées sur le respect de la souveraineté véritable et la coopération équitable. La mise en place de nouvelles politiques étrangères, totalement indépendantes des anciens rapports de dépendance, doit viser à renforcer la position du Cameroun sur la scène internationale tout en préservant sa souveraineté.
En somme, vers une refondation de la souveraineté politique et territoriale, le Cameroun doit redéfinir son modèle de gouvernance pour l’adapter aux défis contemporains. La mise en place d’une gouvernance décentralisée, respectueuse des diversités internes du pays, et la restitution de l’autorité de l’État central sur l’ensemble de son territoire, permettront de restaurer une véritable souveraineté, garante de paix, de stabilité et de développement pour tous les Camerounais.
- Souveraineté Économique et Financière
La souveraineté économique et financière est un élément fondamental de la souveraineté nationale. Elle désigne la capacité d’un pays à contrôler ses ressources économiques, à décider de ses politiques économiques sans dépendance excessive vis-à-vis des puissances étrangères, et à garantir la stabilité de ses institutions financières. Un pays souverain sur le plan économique doit être capable de définir ses priorités en matière de développement, d’orienter ses investissements en fonction de ses besoins, de contrôler ses ressources naturelles, et de bénéficier de conditions financières favorables pour ses citoyens. Le Cameroun, malheureusement, se trouve encore loin de cette indépendance économique, et ses politiques économiques sont marquées par une dépendance vis-à-vis de l’extérieur, notamment par la domination des multinationales, l’absence de diversification de son économie et l’exploitation extérieure de ses ressources naturelles.
Une économie sous contrôle extérieur : la domination des multinationales
L’économie camerounaise repose largement sur des secteurs primaires, tels que l’agriculture, l’exploitation minière et le pétrole, mais ces secteurs sont dominés par des multinationales étrangères qui exploitent les ressources du pays à un coût très faible pour eux, tout en bénéficiant d’accords commerciaux favorables qui n’apportent que peu de bénéfices aux Camerounais. Les entreprises étrangères, souvent en partenariat avec l’État, sont responsables d’une part importante des exportations du pays, mais les Camerounais en tirent peu de bénéfices directs. Cette situation est un héritage direct du modèle économique colonial, où les colonisateurs exploitent les ressources naturelles pour leur propre profit, tout en créant une dépendance vis-à-vis de l’extérieur.
Prenons l’exemple du secteur pétrolier. Le Cameroun, malgré sa richesse en pétrole et en gaz naturel, demeure un exportateur net de ces ressources sans en bénéficier véritablement à l’échelle nationale. En 2020, le pays a produit environ 30 millions de barils de pétrole, mais l’industrie pétrolière reste dominée par des entreprises étrangères, et l’État camerounais en tire une part relativement modeste. Le secteur pétrolier contribue à hauteur de 10% du PIB du pays, mais cette richesse est largement captée par des entreprises étrangères, et l’impact direct de cette exploitation sur la population camerounaise reste limité. Les profits générés sont souvent réinvestis à l’étranger, et les bénéfices qui devraient être utilisés pour financer des projets de développement national sont absorbés par les intérêts étrangers.
Les contrats de partage de production conclus entre l’État camerounais et les multinationales pétrolières sont souvent opaques et déséquilibrés. Selon le rapport de la Publish What You Pay (PWYP), un réseau d’organisations de la société civile, les conditions de ces contrats sont souvent avantageuses pour les entreprises étrangères, qui payent des impôts et redevances réduits, tandis que les Camerounais continuent de voir leurs richesses naturelles exploitées sans en tirer des bénéfices tangibles. Cette situation est un véritable frein à l’émancipation économique du pays, car elle maintient une dépendance permanente vis-à-vis des puissances économiques mondiales et des acteurs économiques étrangers.
La fragilité du secteur bancaire et financier : une économie non souveraine
Une autre dimension essentielle de la souveraineté économique est la maîtrise du système financier national. Le Cameroun souffre d’un secteur bancaire et financier qui est largement dominé par des banques étrangères et qui reste très étroitement lié aux intérêts économiques externes. Le système bancaire camerounais, bien qu’il ait montré quelques signes de modernisation, reste encore très dépendant des flux de capitaux étrangers, et la politique monétaire est largement influencée par les accords de coopération avec la France, notamment à travers la zone CFA.
La zone CFA, qui regroupe un certain nombre de pays africains, dont le Cameroun, est un mécanisme de régulation monétaire qui lie les économies de ces pays à la France. Bien que l’objectif initial de la zone CFA ait été de stabiliser les monnaies des pays africains, dans les faits, elle sert d’instrument de contrôle pour la France et limite la souveraineté monétaire des pays membres. La gestion de la monnaie, le franc CFA, reste en grande partie sous l’autorité de la Banque de France, qui est responsable de la gestion des réserves de change et des décisions économiques clés. Cette situation a créé une sorte d’impasse économique, où les pays de la zone CFA, y compris le Cameroun, n’ont qu’un contrôle limité sur leurs politiques monétaires et sur la valeur de leurs devises.
Ce manque de contrôle sur la monnaie a des conséquences directes sur la souveraineté économique du pays. Le Cameroun ne peut pas prendre de décisions monétaires indépendantes pour favoriser son développement économique, comme la dévaluation de sa monnaie ou l’ajustement de ses taux d’intérêt en fonction de ses besoins internes. Le pays reste ainsi captif d’un système monétaire qui ne répond pas toujours à ses intérêts économiques et qui le prive de la possibilité d’adopter des politiques monétaires plus adaptées à ses réalités.
La dette publique : un fardeau écrasant sur l’économie
Le Cameroun, comme de nombreux pays africains, se trouve confronté à un fardeau de dette publique qui limite sa capacité à investir dans des projets de développement national. Selon les données de la Banque mondiale, la dette publique du Cameroun a considérablement augmenté au cours des dernières décennies, passant de 1,5 milliard de dollars en 2005 à plus de 9 milliards de dollars en 2020. Cette dette est largement constituée de prêts extérieurs, accordés par des institutions financières internationales comme le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale, ainsi que par des créanciers bilatéraux, souvent des pays comme la Chine et la France.
Cette situation crée une dépendance accrue du Cameroun vis-à-vis des créanciers étrangers et des institutions financières internationales. Les intérêts de la dette publique pèsent lourdement sur les finances de l’État, limitant sa capacité à investir dans des secteurs clés comme l’éducation, la santé, les infrastructures et la sécurité. Le remboursement de la dette occupe une part importante du budget national, ce qui prive le gouvernement de la marge de manœuvre nécessaire pour soutenir les projets de développement qui pourraient favoriser l’indépendance économique du pays.
De plus, cette dette est souvent accompagnée de conditions strictes imposées par les créanciers internationaux. Les réformes économiques exigées par le FMI et la Banque mondiale, telles que la réduction des dépenses publiques et la libéralisation des marchés, ont des conséquences sociales dramatiques. Elles réduisent les investissements publics dans les secteurs sociaux essentiels et entraînent une dégradation des conditions de vie des Camerounais, créant ainsi un cercle vicieux de dépendance et de pauvreté.
Vers une souveraineté économique durable : diversification et gouvernance
Pour restaurer une véritable souveraineté économique, le Cameroun doit impérativement se libérer de sa dépendance aux multinationales et aux institutions financières internationales. Cela passe par une diversification de son économie, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie et des services, afin de réduire la dépendance aux ressources naturelles et de créer de la valeur ajoutée à l’intérieur du pays. Le pays doit également promouvoir une politique de développement industriel local, en favorisant les investissements dans des secteurs tels que les infrastructures, les technologies de l’information, les énergies renouvelables, et l’industrie manufacturière.
Par ailleurs, une révision des politiques économiques est indispensable, afin de garantir que les richesses du pays bénéficient d’abord aux Camerounais. Une réforme des contrats d’exploitation des ressources naturelles, plus transparente et plus favorable aux intérêts du pays, s’impose pour que le Cameroun tire pleinement profit de ses atouts économiques. Le pays doit également renforcer ses institutions financières nationales pour qu’elles puissent financer des projets de développement locaux et garantir une plus grande autonomie financière.
La souveraineté économique et financière du Cameroun repose sur une volonté politique forte, capable de rompre avec le modèle de dépendance extérieur. C’est en adoptant des politiques économiques qui privilégient l’intérêt national, en réformant les structures bancaires et en réduisant la dette publique que le Cameroun pourra aspirer à une réelle indépendance économique. Le pays doit redevenir acteur de son propre développement et ne plus se laisser dicter sa politique économique par des intérêts étrangers.
3. Souveraineté Technologique et Industrielle
La souveraineté technologique et industrielle est l’un des piliers essentiels sur lesquels repose la véritable indépendance d’un État moderne. Elle fait référence à la capacité d’un pays à développer, maîtriser et déployer ses propres technologies et infrastructures industrielles pour répondre aux besoins de son développement, tout en garantissant qu’il ne soit pas soumis à la volonté de puissances étrangères ou à des acteurs économiques extérieurs qui pourraient exploiter sa vulnérabilité technologique pour des fins dominantes. Dans un monde globalisé où la technologie devient de plus en plus centrale dans la production de richesse, l’accès à des technologies avancées et la maîtrise de la production industrielle locale deviennent des enjeux majeurs de souveraineté. Le Cameroun, malheureusement, est encore loin d’avoir atteint cette souveraineté technologique et industrielle, malgré ses ambitions affichées et ses potentiels dans certains secteurs clés.
Une économie dominée par la dépendance technologique
L’une des caractéristiques les plus évidentes de la situation actuelle du Cameroun est sa dépendance massive à l’égard des technologies étrangères. Cette dépendance se manifeste à la fois dans les domaines des infrastructures numériques, de la production industrielle, des systèmes de transport, de l’énergie et même dans le secteur agroalimentaire. Le pays a historiquement manqué d’investissements massifs dans l’éducation scientifique et technique, ce qui a conduit à un retard considérable dans l’adoption de technologies modernes et la création de capacités de production locales. En conséquence, le Cameroun reste un consommateur passif de technologies, sans pouvoir développer ses propres industries technologiques ou ses infrastructures complexes.
Prenons l’exemple de l’industrie télécommunications. Bien que le Cameroun ait un marché de la téléphonie mobile en croissance rapide, avec des géants mondiaux comme Orange, MTN et Camtel qui dominent le secteur, le pays ne dispose d’aucune entreprise technologique locale de grande envergure capable de développer des innovations ou des infrastructures adaptées aux besoins spécifiques de la population. Les services offerts sont souvent basés sur des technologies importées, et les profits générés par ces entreprises sont largement rapatriés à l’étranger, ne contribuant que marginalement à l’économie locale. Cela souligne l’incapacité du pays à se doter d’une industrie technologique véritablement autonome, alors même que la demande intérieure et le potentiel humain sont là pour soutenir un secteur technologique florissant.
Dans d’autres secteurs, comme celui de l’énergie, les technologies énergétiques avancées, telles que celles utilisées dans les centrales électriques ou dans le secteur des énergies renouvelables, restent essentiellement importées. Les projets de production énergétique sont souvent financés par des capitaux étrangers et dépendent de technologies étrangères, en grande partie des entreprises occidentales et asiatiques, réduisant ainsi les possibilités pour le pays de bénéficier d’une chaîne de valeur locale. Ce phénomène est également exacerbé par l’absence de capacités de recherche et développement internes solides qui permettraient au pays de développer ses propres solutions adaptées à son contexte géographique et économique.
Un secteur industriel sous-développé : la désindustrialisation du Cameroun
L’absence d’une souveraineté industrielle est un autre obstacle majeur à l’émancipation économique du Cameroun. L’industrie est un secteur clé pour la création de valeur ajoutée dans une économie, mais le pays reste largement dominé par les secteurs primaire et tertiaire, c’est-à-dire l’agriculture et les services, qui constituent encore la majorité du PIB. La part de l’industrie dans le PIB du Cameroun ne représente que 25,8% en 2021, bien loin des pays voisins comme le Nigéria, le Ghana, ou encore le Rwanda, où le secteur industriel représente un pourcentage bien plus élevé de l’économie.
Cette faible part de l’industrie dans l’économie nationale n’est pas le fruit du hasard, mais résulte d’une série de décisions politiques qui ont favorisé une économie de rente basée sur l’exportation de matières premières plutôt que sur la création d’industries à forte valeur ajoutée. La déréglementation des secteurs industriels et la mauvaise gestion des ressources naturelles ont conduit à une désindustrialisation progressive du pays. Les industries qui existent encore au Cameroun, comme l’industrie du ciment, du textile ou de l’alimentaire, sont largement dominées par des acteurs étrangers ou des multinationales, et leur production reste insuffisante pour couvrir les besoins internes ou pour générer une croissance industrielle soutenue.
Les infrastructures et la chaîne de production : un grand fossé
L’une des raisons majeures pour lesquelles le Cameroun reste dépendant des technologies étrangères et de l’importation d’industries clés réside dans ses infrastructures insuffisantes et obsolètes. Le pays souffre d’un manque cruel d’infrastructures modernes, notamment dans les domaines de l’industrie manufacturière, du transport, de la logistique et de l’énergie. Bien que des projets d’infrastructure aient été entrepris, leur mise en œuvre reste lente, inefficace et souvent marquée par une mauvaise gestion des fonds publics et des partenariats privés, ce qui limite leur impact réel sur le développement industriel.
Les chaînes de production sont entravées par une absence d’infrastructures de qualité dans les secteurs critiques. Par exemple, l’industrie locale du ciment a connu un fort essor en raison de la demande intérieure croissante, mais sa capacité de production est limitée par l’absence de chaînes de distribution et d’installations logistiques efficaces. Le manque de routes de qualité, d’installations portuaires modernes, de voies ferrées, et d’une énergie fiable augmente les coûts de production et empêche l’essor d’une véritable industrie locale compétitive. Ce manque d’infrastructures modernes empêche également le développement des entreprises locales dans d’autres secteurs comme la construction, les textiles, ou l’automobile.
Le fossé éducatif et l’absence de compétences locales
Une dimension essentielle de la souveraineté technologique et industrielle réside dans le développement des compétences locales. Le Cameroun, comme de nombreux autres pays africains, souffre d’une insuffisance dans la formation d’experts et de techniciens capables de mener des projets d’innovation et de développement industriel. Le système éducatif camerounais, bien qu’il forme un nombre important de jeunes diplômés chaque année, reste trop peu orienté vers les métiers techniques, scientifiques et industriels. Le pays manque cruellement de formations spécialisées qui permettent de développer une main-d’œuvre qualifiée capable de soutenir la révolution industrielle et technologique dont le pays a besoin.
Les investissements dans les sciences et les technologies restent faibles et souvent insuffisants. De nombreuses universités camerounaises, bien que nombreuses, ne disposent pas des infrastructures adéquates pour offrir des formations de qualité dans les disciplines techniques. Cela entraîne une pénurie d’ingénieurs, de chercheurs et de techniciens, et une dépendance accrue vis-à-vis des expatriés et des technologies importées.
Vers une souveraineté technologique et industrielle réelle : une réorientation urgente
La souveraineté technologique et industrielle ne peut être atteinte sans une volonté politique claire et des investissements soutenus dans la formation des ressources humaines, le financement des innovations locales, et la modernisation des infrastructures. Le Cameroun doit impérativement réorienter ses politiques industrielles vers une diversification économique et un soutien actif à l’innovation locale. L’industrie doit devenir un secteur stratégique, avec des politiques incitatives visant à soutenir l’émergence d’entreprises locales et la montée en compétence de la main-d’œuvre camerounaise. Cela inclut l’investissement dans les secteurs comme la construction, l’énergie, l’agriculture industrielle, les technologies de l’information et de la communication (TIC), et la recherche-développement.
Le pays doit également investir massivement dans ses infrastructures de transport, de logistique et d’énergie, en priorisant des projets nationaux qui permettent de réduire la dépendance vis-à-vis des investisseurs étrangers. Une politique d’innovation locale, accompagnée de mesures pour encourager l’entrepreneuriat dans les secteurs technologiques et industriels, est essentielle pour permettre au Cameroun de se libérer de sa dépendance vis-à-vis des multinationales et des technologies étrangères.
Ainsi, la souveraineté technologique et industrielle passe par un effort concerté pour rompre avec le modèle de consommation passive et s’engager résolument dans la voie de la production locale, de l’innovation et du développement d’une industrie qui réponde aux besoins du peuple camerounais. La véritable indépendance du Cameroun dépendra de sa capacité à développer un secteur industriel robuste et une base technologique locale, en s’appuyant sur ses ressources humaines et en s’adaptant aux réalités locales tout en intégrant les évolutions mondiales.
VOTER PAUL BIYA EN 2025 C’EST VOTER L’ECHEC. ANALYSE DU DISCOURS DE PAUL BIYA DU 31 DÉCEMBRE 2024 : 42 ANS DE PROMESSES, 42 ANS de CONTRE-VÉRITÉS, 42 ANS D’ÉCHECS… DE L’ÉMERGENCE FANTÔME À LA DUPERIE NATIONALE. Une analyse académique…

Introduction : Un discours en trompe-l’œil pour masquer l’échec total
Le 31 décembre 2024, Paul Biya, fidèle à une tradition vieille de plusieurs décennies, s’est adressé aux Camerounais avec un discours empreint de promesses, de chiffres flatteurs et d’un ton résolument optimiste. Pourtant, derrière cette rhétorique bien rodée, se cache une réalité incontestable : celle d’un pays en proie à une crise multiforme et à un recul socio-économique constant. Depuis son accession au pouvoir en 1982, Paul Biya a multiplié les discours exaltant des avancées imaginaires, alors que la situation sur le terrain se détériore inexorablement. Les problèmes liés à la sécurité, à l’économie, aux infrastructures sociales et à l’industrialisation sont autant de preuves d’un échec total que ce discours tente de dissimuler.
Ce discours s’inscrit dans une stratégie récurrente du régime : afficher une image de progrès et de stabilité pour légitimer un pouvoir en déclin, tout en éludant les véritables causes des maux dont souffre le Cameroun. Les taux de croissance vantés, les projets d’infrastructures annoncés et les efforts sécuritaires supposés concluants ne résistent pas à une analyse objective des faits. Derrière les chiffres officiels se cachent des réalités plus sombres : un chômage endémique, une dépendance économique accrue, une désindustrialisation rampante et une insécurité persistante dans plusieurs régions du pays.
Le contraste entre le discours et la réalité est frappant, notamment sur des aspects cruciaux tels que :
• L’économie, où une croissance purement quantitative masque une pauvreté généralisée et une absence de véritable transformation structurelle.
• La sécurité, où les conflits dans les régions anglophones et les attaques de Boko Haram continuent de semer la terreur, malgré les déclarations sur un retour à la paix.
• Les infrastructures sociales, où la majorité des Camerounais peinent à accéder à des services de base de qualité, malgré des décennies de promesses gouvernementales.
• L’industrie, où le Cameroun, autrefois leader industriel en Afrique centrale, a vu disparaître la plupart de ses fleurons industriels sous le règne de Paul Biya, laissant place à une économie largement dépendante des importations.
Cette introduction met en lumière l’écart abyssal entre les déclarations officielles et la réalité vécue par les Camerounais. Si le régime de Paul Biya s’emploie à maquiller la réalité par des discours soigneusement élaborés, les faits montrent que le Cameroun est confronté à une gestion défaillante de ses ressources, une gouvernance minée par la corruption et un manque cruel de vision stratégique pour sortir le pays de la stagnation.
Dans cette analyse, il s’agira de déconstruire le discours de fin d’année 2024 en mettant en évidence ses contradictions, ses failles et ses omissions volontaires. À travers une étude critique des principaux thèmes abordés, économie, sécurité, infrastructures sociales et industrialisation, nous démontrerons que ce discours, loin de refléter une réalité tangible, n’est qu’une opération de communication destinée à maintenir un pouvoir vieillissant et à masquer les véritables échecs d’un régime à bout de souffle. Le Cameroun, après 42 ans de promesses non tenues, mérite une gouvernance nouvelle, tournée vers le développement inclusif et la justice sociale.
I. Des chiffres de croissance économique trompeurs : le vrai visage de l’économie camerounaise
Dans son discours de fin d’année 2024, Paul Biya s’est félicité d’une croissance économique de 3,8 % en 2024 et a annoncé une projection de 4,1 % pour 2025. Ce chiffre, bien qu’attrayant sur le papier, est loin de refléter la réalité économique vécue par la majorité des Camerounais. En effet, cette croissance, essentiellement quantitative, masque de profondes inégalités, une pauvreté persistante et une absence de véritable transformation structurelle de l’économie.
1. Une croissance sans impact sur le quotidien des Camerounais
Bien que le Cameroun affiche régulièrement des taux de croissance positifs, cette croissance ne se traduit pas par une amélioration significative des conditions de vie de la population :
• Taux de pauvreté élevé : Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), plus de 37 % de la population camerounaise vit en dessous du seuil de pauvreté, malgré la croissance affichée. Cette pauvreté est particulièrement marquée dans les zones rurales, où l’accès aux services de base (éducation, santé, eau potable) reste limité.
• Inégalités sociales accrues : Le Cameroun présente un indice de Gini (mesure des inégalités) supérieur à 0,43, indiquant une forte concentration des richesses dans les mains d’une minorité. Cette inégalité est perceptible à travers le contraste entre les quartiers huppés de Douala et Yaoundé et les bidonvilles en pleine expansion.
Exemple concret : À Douala, le quartier de Bonanjo abrite les sièges de grandes entreprises et des résidences luxueuses, tandis que, non loin de là, des quartiers comme New Bell et Makepe sont caractérisés par une pauvreté extrême, sans accès régulier à l’eau potable ni à l’électricité.
2. Une économie dépendante des matières premières
Le Cameroun reste fortement dépendant de l’exportation de matières premières, sans véritable transformation locale :
• Secteur pétrolier : Bien que le pétrole contribue à plus de 40 % des recettes d’exportation, il n’a pas permis de diversifier l’économie ni de créer des emplois massifs. La chute des prix du pétrole sur le marché international entre 2015 et 2018 a révélé la fragilité de cette dépendance.
• Exportation brute des produits agricoles : Le Cameroun exporte principalement du cacao, du café et de l’hévéa sous forme brute, sans transformation locale significative. En 2024, le pays a exporté plus de 300 000 tonnes de cacao, mais seule une infime partie a été transformée localement, privant ainsi l’économie nationale de valeur ajoutée et d’emplois.
Exemple concret : La filière cacao-café, qui emploie plus de 600 000 producteurs, souffre d’un manque d’industries locales de transformation. La majorité des producteurs vendent leurs récoltes à bas prix à des multinationales étrangères, qui se chargent de la transformation et de la commercialisation sur les marchés internationaux.
3. Un secteur industriel embryonnaire
Malgré les annonces sur l’industrialisation, le secteur industriel camerounais reste peu développé :
• Faible contribution au PIB : Le secteur secondaire, incluant l’industrie manufacturière, ne représente que 14 % du PIB, un chiffre faible pour un pays aspirant à l’émergence.
• Projets industriels non aboutis : De nombreuses zones économiques, comme celle de Kribi, censées attirer les investisseurs industriels, peinent à décoller en raison de la bureaucratie, de l’absence d’infrastructures de qualité et d’un climat des affaires peu attractif.
Exemple concret : Le projet de la zone industrielle de Kribi, lancé en grande pompe en 2017, devait accueillir des usines de transformation du bois, du cacao et du pétrole. À ce jour, très peu d’usines ont vu le jour, et la zone reste largement sous-utilisée.
4. Chômage et sous-emploi massifs
Le chômage et le sous-emploi constituent l’un des plus grands défis économiques du Cameroun :
• Chômage des jeunes : Selon l’Institut National de la Statistique (INS), le taux de chômage chez les jeunes de 15 à 35 ans dépasse 30 %, une situation aggravée par l’absence de politiques publiques efficaces de création d’emplois.
• Sous-emploi : La majorité des Camerounais actifs travaillent dans le secteur informel, souvent dans des conditions précaires, sans couverture sociale ni sécurité de l’emploi. En 2024, le secteur informel représentait environ 90 % de l’emploi total.
Exemple concret : À Yaoundé et Douala, les jeunes diplômés peinent à trouver des emplois correspondant à leurs qualifications et se retrouvent souvent contraints de travailler comme conducteurs de mototaxis ou petits commerçants dans le secteur informel.
5. Inflation et perte du pouvoir d’achat
Malgré les affirmations du président sur la maîtrise de l’inflation, la réalité est que les prix des produits de première nécessité continuent de grimper :
• Inflation persistante : L’inflation, bien que réduite à 5 % en 2024, reste élevée pour une économie où les salaires sont faibles et stagnants.
• Hausse des prix des denrées alimentaires : Le prix du pain, du riz, de l’huile et des autres produits de base a fortement augmenté ces dernières années, mettant à mal le pouvoir d’achat des ménages.
Exemple concret : Entre 2021 et 2024, le prix du litre d’huile de palme est passé de 600 FCFA à 1 200 FCFA, et celui du sac de riz de 12 000 FCFA à 18 000 FCFA, entraînant une baisse du niveau de vie des familles les plus modestes.
Une croissance factice et déséquilibrée
Le discours officiel sur la croissance économique ne reflète pas la réalité quotidienne des Camerounais. Derrière les chiffres flatteurs se cache une économie fragile, marquée par une dépendance excessive aux matières premières, une absence de véritable industrialisation et des inégalités croissantes. Cette situation illustre l’échec des politiques économiques menées sous le régime de Paul Biya, incapables de traduire la croissance en développement inclusif.
II. Une politique industrielle fictive : où sont les vraies usines ?
Dans ses discours, Paul Biya vante régulièrement les « progrès industriels » réalisés sous son régime, citant quelques projets ponctuels comme la création de nouvelles cimenteries ou d’usines de carreaux. Toutefois, cette rhétorique masque une réalité bien plus sombre : une désindustrialisation massive depuis son accession au pouvoir en 1982. Le Cameroun, autrefois doté d’un tissu industriel dynamique, a vu la fermeture de nombreuses usines majeures au cours des quatre dernières décennies, laissant place à une dépendance accrue aux importations.
1. Un tissu industriel en déclin depuis les années 1980
Avant l’arrivée de Paul Biya au pouvoir, le Cameroun possédait un secteur industriel prometteur, soutenu par un État interventionniste qui investissait dans des industries stratégiques. Certaines des usines les plus emblématiques de cette époque étaient :
• CELLUCAM (Cellulose du Cameroun) : Cette usine, située à Edea, était spécialisée dans la transformation du bois en pâte à papier. Elle jouait un rôle clé dans l’exploitation des vastes ressources forestières du pays. Sa fermeture dans les années 1990, due à une mauvaise gestion et à un manque d’investissements, a non seulement entraîné la perte de milliers d’emplois, mais aussi forcé le Cameroun à importer du papier.
• CICAM (Cotonnière Industrielle du Cameroun) : Acteur majeur de l’industrie textile, la CICAM produisait des tissus destinés à la consommation locale et à l’exportation. Sous Paul Biya, l’usine a progressivement décliné en raison de la concurrence des produits importés, notamment asiatiques, et de l’absence de protection de l’industrie locale. Aujourd’hui, la CICAM fonctionne à peine, avec une production bien en deçà de sa capacité initiale.
• CAMSUCO (Cameroun Sugar Company) : Cette entreprise sucrière, située dans la région du Centre, contribuait à la production locale de sucre. Sa privatisation mal encadrée dans les années 1990 a conduit à son effondrement. Le Cameroun est depuis devenu dépendant des importations pour combler sa consommation de sucre.
Exemple marquant : En 1980, le Cameroun exportait une partie de sa production textile et de son papier. Aujourd’hui, il importe l’essentiel de ces produits, aggravant son déficit commercial.
2. Des privatisations désastreuses sous les programmes d’ajustement structurel
Dans les années 1990, le Cameroun, sous pression du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, a lancé une série de privatisations dans le cadre des programmes d’ajustement structurel. Ces privatisations, mal préparées et souvent entachées de corruption, ont conduit à la fermeture de nombreuses usines :
• Privatisation de la SONEL (Société Nationale d’Électricité) : Cette entreprise, autrefois publique, a été privatisée en 2001. La gestion privée qui s’en est suivie n’a pas permis d’améliorer l’accès à l’électricité, et les coupures de courant restent fréquentes, entravant le développement industriel.
• Liquidation de la REGIFERCAM (Régie Ferroviaire du Cameroun) : La disparition de cette société publique a eu des conséquences dramatiques sur le transport des marchandises et l’approvisionnement des usines en matières premières.
Conséquence : La privatisation et la fermeture de ces entreprises ont entraîné une désorganisation de l’économie nationale et une hausse des coûts de production pour les rares industries restantes.
3. Des projets industriels récents non aboutis
Depuis les années 2010, le gouvernement a multiplié les annonces de projets industriels ambitieux, mais peu d’entre eux ont réellement vu le jour :
• Zone industrielle de Kribi : Cette zone, censée accueillir des usines de transformation du bois et des matières premières, reste largement sous-exploitée. En 2024, seules quelques entreprises y opèrent, et les infrastructures promises ne sont toujours pas finalisées.
• Technopôle agro-industriel de Ouassa-Babouté : Ce projet, annoncé pour relancer la transformation des produits agricoles locaux (céréales, tubercules, lait), n’a toujours pas démarré, plusieurs années après son lancement officiel.
Exemple concret : La transformation du cacao, un secteur stratégique pour le Cameroun, est un échec flagrant. Bien que le pays soit l’un des premiers producteurs mondiaux de cacao, plus de 85 % de la production est exportée sous forme brute. Les rares usines de transformation fonctionnent en dessous de leur capacité, faute d’investissements et d’un environnement favorable.
4. Un secteur manufacturier embryonnaire
Le secteur manufacturier, clé du développement économique, reste marginal au Cameroun :
• Faible contribution au PIB : Le secteur manufacturier représente à peine 14 % du PIB, contre plus de 30 % dans des pays comme l’Éthiopie ou le Maroc, qui ont su diversifier leur économie.
• Absence de chaîne de valeur locale : La plupart des produits consommés au Cameroun sont importés, même ceux fabriqués à partir de matières premières disponibles localement. Par exemple, le pays importe des meubles alors qu’il dispose de vastes ressources forestières.
Exemple concret : Dans le secteur de la cimenterie, bien que de nouvelles usines aient vu le jour (comme celle de Dangote Cement), le coût du ciment reste élevé, et l’industrie ne parvient pas à répondre à la demande locale en raison de problèmes d’approvisionnement en énergie et en transport.
5. Conséquences de la désindustrialisation
La désindustrialisation massive sous le régime de Paul Biya a eu des conséquences profondes sur l’économie camerounaise :
• Perte de souveraineté économique : Le Cameroun est devenu dépendant des importations pour de nombreux biens de consommation, aggravant son déficit commercial.
• Chômage et précarité : La fermeture des grandes usines a entraîné une perte massive d’emplois formels. La majorité des Camerounais travaillent désormais dans le secteur informel, sans couverture sociale ni sécurité de l’emploi.
• Faible compétitivité : L’absence d’une industrie forte empêche le Cameroun de s’insérer dans les chaînes de valeur régionales et mondiales, limitant ainsi son potentiel de croissance.
Une illusion industrielle entretenue par le régime
Contrairement aux discours officiels, la réalité industrielle du Cameroun est celle d’un déclin constant depuis les années 1980. Les quelques usines récemment inaugurées ne suffisent pas à masquer la disparition de véritables fleurons industriels, ni à compenser les emplois perdus.
III. Gouvernance et corruption : une plaie béante jamais guérie
Paul Biya promet une fois de plus de renforcer la lutte contre la corruption. Or, selon le classement de Transparency International de 2024, le Cameroun figure parmi les 25 pays les plus corrompus au monde, occupant la 142e place sur 180.
Quelques exemples récents illustrent l’ampleur de cette corruption endémique :
Les rapports de la Cour des comptes : Un miroir accablant de la mauvaise gouvernance au Cameroun
Les rapports annuels de la Cour des comptes du Cameroun constituent une source essentielle pour comprendre les dysfonctionnements structurels qui caractérisent la gestion publique sous le régime de Paul Biya. Ces documents, élaborés par une institution indépendante censée surveiller l’utilisation des deniers publics, révèlent chaque année des irrégularités massives, des détournements de fonds et une mauvaise gestion des ressources publiques. Toutefois, malgré la gravité des conclusions de ces rapports, les mesures correctives tardent à être prises et les responsables identifiés ne subissent que rarement des sanctions exemplaires.
1. Des détournements de fonds à grande échelle
Les rapports de la Cour des comptes soulignent régulièrement des cas de détournements massifs de fonds publics dans plusieurs secteurs clés :
• Affaire CovidGate : Dans un rapport publié en 2022, la Cour des comptes a dénoncé la gestion opaque et les détournements de plusieurs milliards de FCFA destinés à la lutte contre la pandémie de Covid-19. Ce scandale a impliqué des ministères stratégiques, mais à ce jour, peu de sanctions concrètes ont été prises.
• Projets d’infrastructures routières : La Cour des comptes a pointé du doigt des surcoûts injustifiés dans plusieurs projets routiers, comme l’autoroute Yaoundé-Douala, dont la première phase, entamée en 2014, n’est toujours pas achevée. Des surfacturations et des paiements effectués pour des travaux non réalisés figurent parmi les irrégularités relevées.
2. La mauvaise gestion des entreprises publiques
Un autre point régulièrement souligné par la Cour des comptes concerne la gestion inefficace des entreprises publiques. De nombreuses sociétés d’État, bien que bénéficiant de subventions massives, continuent d’accumuler des pertes sans contribuer au développement économique :
• CAMTEL (société de télécommunications) et SONARA (raffinerie nationale) figurent parmi les entreprises dont la gestion a été qualifiée de catastrophique par les rapports successifs de la Cour.
• Les zones économiques, telles que la zone industrielle de Kribi, censées dynamiser l’industrialisation, peinent à produire des résultats concrets en raison d’une gestion inadéquate et d’un manque de vision stratégique.
3. Une gouvernance inefficace et un manque de reddition des comptes
Les rapports mettent également en évidence un problème chronique de gouvernance, notamment :
• Absence de suivi des recommandations : Bien que la Cour des comptes formule chaque année des recommandations pour améliorer la gestion publique, celles-ci sont rarement suivies d’effet. Cela témoigne d’un manque de volonté politique de mettre en œuvre des réformes.
• Implication de hauts responsables intouchables : Nombre des détournements et irrégularités concernent des personnalités proches du pouvoir, qui bénéficient d’une impunité totale.
4. Un signal ignoré par Paul Biya
Les rapports de la Cour des comptes auraient pu être un outil puissant de réforme et d’assainissement de la gestion publique. Cependant, sous le régime de Paul Biya, ils restent largement ignorés, réduisant cette institution à un simple observateur sans réel pouvoir de contrainte. Cette situation illustre parfaitement l’incapacité du régime à instaurer une gouvernance fondée sur la transparence et la reddition des comptes.
Les rapports de la Cour des comptes offrent une preuve irréfutable de l’échec du régime en matière de gestion publique. Ils montrent que, malgré les discours officiels sur la lutte contre la corruption et l’amélioration de la gouvernance, le Cameroun reste enlisé dans des pratiques prédatrices qui freinent son développement. Si Paul Biya décide de se présenter à l’élection présidentielle de 2025, il devra répondre de cet héritage accablant. À moins qu’il ne choisisse de sortir par la grande porte, en facilitant une alternance politique et en permettant une nouvelle gouvernance plus efficace et transparente.
Le scandale des stades de football au Cameroun : Une vitrine de la mauvaise gouvernance
Le scandale entourant la construction et la réhabilitation des stades de football au Cameroun est un symbole éclatant de la mauvaise gestion des projets d’infrastructures sous le régime de Paul Biya. Ce scandale a pris de l’ampleur lors de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2021, initialement prévue en 2019, mais reportée en raison des retards accumulés dans la livraison des infrastructures. Les dysfonctionnements constatés révèlent non seulement une gestion calamiteuse des fonds publics, mais aussi un système profondément corrompu.
1. Des coûts exorbitants et injustifiés
Le coût total des infrastructures sportives liées à la CAN a largement dépassé les prévisions initiales. Le cas emblématique est celui du stade d’Olembe, dont le coût initial était estimé à 163 milliards de FCFA, mais qui a finalement dépassé 330 milliards de FCFA. Cette explosion des coûts s’explique par :
• La mauvaise planification : Des modifications répétées des plans et des délais non respectés ont conduit à une inflation artificielle des coûts.
• La surfacturation et les détournements de fonds : Selon des rapports de la Cour des comptes et de certaines enquêtes journalistiques, une partie importante des fonds alloués a été détournée ou mal utilisée.
Le stade d’Olembe, censé être un joyau architectural et une fierté nationale, n’a été partiellement achevé qu’à la veille de la compétition, après plusieurs avertissements de la Confédération Africaine de Football (CAF).
2. Des infrastructures inachevées ou sous-utilisées
Malgré les sommes faramineuses investies, plusieurs stades restent partiellement achevés ou sous-utilisés :
• Le stade d’Olembe, malgré son inauguration précipitée pour la CAN, présente encore des travaux inachevés. Le complexe sportif prévu autour du stade, comprenant des hôtels et des commerces, n’a jamais été réalisé.
• Le stade de Japoma, construit à Douala à un coût également élevé, souffre d’un entretien insuffisant, et son utilisation est limitée faute d’une gestion adaptée.
3. Un scandale sans véritable sanction
Malgré l’ampleur des dysfonctionnements et des détournements constatés, aucune sanction significative n’a été prise contre les responsables de ce fiasco. Les appels de la société civile et de certains parlementaires à ouvrir une enquête indépendante sont restés sans suite. Ce silence s’explique par la proximité des principaux bénéficiaires de ces détournements avec le cercle du pouvoir :
• Responsabilité politique : Plusieurs ministres et hauts responsables ayant supervisé ces projets n’ont jamais été inquiétés.
• Impunité systémique : Le régime Biya a démontré à plusieurs reprises son incapacité, ou son absence de volonté, à sanctionner les cas de corruption impliquant des proches du pouvoir.
IV. Un bilan sécuritaire désastreux : le mythe de la paix retrouvée
Dans son discours de fin d’année 2024, Paul Biya affirme que la paix et la sécurité sont désormais consolidées au Cameroun, malgré quelques « attaques lâches » de groupes terroristes et des « atrocités commises par des bandes armées ». Cette affirmation, loin de refléter la réalité sur le terrain, s’inscrit dans une longue tradition de discours minimisant la gravité des crises sécuritaires que traverse le pays. En vérité, le bilan sécuritaire du régime Biya est désastreux, marqué par une gestion inefficace des conflits et une détérioration constante de la situation dans plusieurs régions.
1. La persistance de la crise anglophone : Une guerre non déclarée
Depuis 2016, le Cameroun est plongé dans une grave crise dans ses régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où des groupes séparatistes anglophones affrontent les forces gouvernementales. Malgré les déclarations répétées du gouvernement sur un retour progressif à la paix, la réalité est bien différente :
• Un conflit meurtrier : Selon les estimations de l’International Crisis Group, le conflit a fait plus de 6 000 morts et forcé près d’un million de personnes à fuir leurs foyers. Les civils, pris en étau entre les forces de sécurité et les groupes séparatistes, paient le prix fort.
• Exactions des deux camps : Des rapports de Human Rights Watch et d’autres organisations de défense des droits humains documentent des exactions commises par les deux parties. Les forces de sécurité sont accusées d’exécutions extrajudiciaires, de viols et de destruction de villages, tandis que les groupes séparatistes multiplient les enlèvements, les attaques contre les écoles et les assassinats de civils soupçonnés de collaborer avec le gouvernement.
• Un processus de paix au point mort : Le Grand Dialogue National organisé en 2019, censé résoudre la crise, n’a produit aucun effet concret. Les principales revendications des anglophones, comme la fédéralisation ou une autonomie accrue, ont été ignorées, ce qui a conduit à un durcissement des positions des groupes séparatistes.
Exemple marquant : En novembre 2024, une attaque dans un village de la région du Nord-Ouest a causé la mort de 27 civils, dont des femmes et des enfants, un événement qui illustre la violence persistante dans cette zone. Malgré la présence de forces de sécurité, les habitants continuent de vivre dans la peur quotidienne.
2. La menace persistante de Boko Haram dans l’Extrême-Nord
La région de l’Extrême-Nord du Cameroun est confrontée depuis 2014 à la menace de Boko Haram, un groupe terroriste originaire du Nigeria. Bien que Paul Biya se félicite des « progrès significatifs » dans la lutte contre ce groupe, les faits démontrent que la menace persiste :
• Attaques régulières : En 2024, plusieurs dizaines d’attaques ont été recensées dans la région, causant la mort de civils et de militaires. Ces attaques visent principalement des villages isolés et des postes de sécurité.
• Déplacements de population : Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), plus de 340 000 personnes restent déplacées dans l’Extrême-Nord à cause des violences de Boko Haram, vivant dans des conditions précaires.
• Recrutement forcé : Le groupe terroriste continue de recruter de force des jeunes dans les villages reculés, profitant de la pauvreté et de l’absence d’opportunités économiques.
Exemple marquant : En juillet 2024, une attaque de Boko Haram dans la localité de Mozogo a fait 15 morts, principalement des civils, et provoqué le déplacement de centaines de familles. Cet événement démontre que, malgré les opérations militaires, la menace terroriste reste vive.
3. Criminalité urbaine et insécurité dans les grandes villes
En plus des crises majeures dans les régions anglophones et l’Extrême-Nord, le Cameroun est confronté à une montée de la criminalité dans les centres urbains :
• Banditisme et vols à main armée : À Douala et Yaoundé, les cas de vols à main armée, d’agressions et de cambriolages se sont multipliés ces dernières années. Malgré l’annonce de mesures pour renforcer la sécurité, les populations continuent de vivre dans l’insécurité.
• Développement des gangs : Des gangs organisés, souvent composés de jeunes désœuvrés, prolifèrent dans plusieurs quartiers sensibles, profitant de l’absence de politiques efficaces de réinsertion sociale.
Exemple marquant : En octobre 2024, une série de cambriolages spectaculaires dans des quartiers résidentiels de Yaoundé a suscité une vive inquiétude parmi les habitants, forçant les autorités à lancer une opération de sécurisation. Cependant, ce type d’actions ponctuelles reste sans effet durable sur la criminalité.
4. L’échec des programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR)
Pour tenter de résoudre les conflits armés, le gouvernement camerounais a mis en place des programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) destinés aux combattants séparatistes et aux ex-membres de Boko Haram. Cependant, ces programmes peinent à atteindre leurs objectifs :
• Faible adhésion : Très peu de combattants séparatistes ont rejoint les centres de DDR, craignant des représailles ou ne croyant pas en la sincérité de l’offre gouvernementale.
• Conditions de vie précaires dans les centres : Plusieurs rapports font état de mauvaises conditions de vie dans les centres de DDR, où les ex-combattants peinent à recevoir une formation professionnelle ou un accompagnement adéquat.
• Rechute dans la violence : Faute de suivi et d’opportunités économiques, certains ex-combattants retournent dans la clandestinité et reprennent les armes.
Un discours déconnecté de la réalité
Le bilan sécuritaire de Paul Biya est loin d’être celui d’un pays en voie de pacification. En réalité, le Cameroun reste confronté à de multiples foyers de tension qui continuent de déstabiliser plusieurs régions et d’affecter la vie quotidienne des populations. Le discours du régime, qui présente une image d’un pays en paix, relève davantage de la propagande que de la réalité.
V. Des infrastructures sociales insuffisantes : un quotidien difficile pour les Camerounais
Malgré les discours optimistes de Paul Biya sur l’amélioration des conditions de vie des Camerounais, les infrastructures sociales restent gravement insuffisantes. Les secteurs clés comme l’éducation, la santé, l’eau potable et l’électricité souffrent d’un sous-investissement chronique et d’une gestion inefficace. Ces défaillances ont des conséquences directes sur le quotidien des populations, notamment les plus vulnérables.
1. Éducation : Des écoles sous-équipées et des enseignants mal rémunérés
Le système éducatif camerounais est confronté à de nombreux défis :
• Manque d’infrastructures scolaires : Dans de nombreuses régions, les écoles sont en nombre insuffisant et mal équipées. Il n’est pas rare de voir des enfants suivre les cours dans des abris de fortune ou sous des arbres, faute de salles de classe adaptées.
• Classes surchargées : Dans les zones urbaines, les écoles publiques accueillent souvent plus de 100 élèves par classe, ce qui nuit à la qualité de l’enseignement.
• Faible motivation des enseignants : Les enseignants, mal rémunérés et confrontés à des conditions de travail précaires, multiplient les grèves pour réclamer de meilleures conditions. En 2022, le mouvement des enseignants baptisé “On a trop supporté” a paralysé le secteur pendant plusieurs semaines.
Ces problèmes contribuent à un taux d’abandon scolaire élevé, en particulier dans les zones rurales et les régions anglophones touchées par la crise.
2. Santé : Un système sous-équipé et inaccessible
Malgré les annonces répétées sur le renforcement du système de santé, la réalité reste préoccupante :
• Insuffisance des infrastructures de santé : De nombreuses localités, notamment en zones rurales, ne disposent pas d’hôpitaux ou de centres de santé fonctionnels. Là où ils existent, ils manquent souvent de personnel qualifié, de médicaments et d’équipements essentiels.
• Hôpitaux en crise : Les grands hôpitaux publics des villes comme Yaoundé et Douala sont saturés et sous-équipés. Le manque de lits, de matériel médical et de médicaments est récurrent. En 2023, une enquête a révélé que plus de 60 % des patients hospitalisés dans les grandes villes devaient acheter eux-mêmes leurs médicaments en pharmacie.
• Frais de santé élevés : L’absence d’un système de couverture universelle efficace rend les soins de santé inaccessibles à une grande partie de la population. De nombreuses familles doivent choisir entre se soigner et subvenir à leurs besoins de base.
Exemple marquant : le Centre hospitalier universitaire de Yaoundé (CHUY), qui, malgré son statut d’hôpital de référence, souffre d’un manque chronique de financement et d’équipements, entraînant une détérioration constante de la qualité des soins.
3. Eau potable : Un défi quotidien pour des millions de Camerounais
L’accès à l’eau potable reste un défi majeur dans de nombreuses régions :
• Pénurie d’eau dans les grandes villes : À Yaoundé et Douala, les coupures d’eau sont fréquentes, obligeant les habitants à s’approvisionner auprès de revendeurs informels à des prix élevés. En 2024, plusieurs quartiers de Yaoundé ont connu des périodes de pénurie prolongée, suscitant la colère des populations.
• Accès limité en milieu rural : Dans les zones rurales, moins de 40 % des habitants ont accès à une source d’eau potable. La majorité des populations s’approvisionne encore dans les rivières et les puits non protégés, exposant ainsi les familles à des maladies hydriques comme le choléra.
Bien que des projets d’adduction d’eau aient été lancés, comme celui du projet d’alimentation en eau de la ville de Yaoundé à partir du fleuve Sanaga, leur impact reste limité en raison des retards et des problèmes de gestion.
4. Électricité : Un accès irrégulier et insuffisant
Malgré les promesses d’amélioration de l’accès à l’électricité, le Cameroun continue de faire face à des délestages fréquents :
• Délestages chroniques : Les coupures de courant sont monnaie courante, même dans les grandes villes. Cela perturbe non seulement la vie des ménages, mais aussi les activités économiques, notamment les petites entreprises.
• Inégalité dans l’accès : Selon un rapport de la Banque mondiale, environ 30 % de la population rurale n’a toujours pas accès à l’électricité. Dans certaines localités, les habitants doivent parcourir de longues distances pour recharger leurs appareils électriques à des générateurs privés.
Exemple marquant : le barrage de Lom Pangar, annoncé comme une solution durable au problème énergétique, a été achevé avec plusieurs années de retard et n’a pas permis de résoudre les délestages persistants.
5. Logement et urbanisation : Une gestion anarchique
L’urbanisation rapide des grandes villes comme Douala et Yaoundé a conduit à une crise du logement :
• Bidonvilles en expansion : Une grande partie de la population urbaine vit dans des quartiers précaires, sans accès aux services de base (eau, électricité, assainissement). Selon une étude de l’ONU-Habitat, plus de 60 % des habitants de Douala vivent dans des bidonvilles.
• Projets de logements sociaux non achevés : Plusieurs programmes de logements sociaux annoncés par le gouvernement, comme ceux de Logpom à Douala et de Mbanga-Bakoko à Yaoundé, n’ont pas été finalisés ou restent inaccessibles en raison de coûts élevés.
Le quotidien difficile des Camerounais, marqué par des infrastructures sociales insuffisantes, contraste fortement avec les discours officiels qui se félicitent de progrès inexistants. La détérioration des services de base reflète l’échec d’une gouvernance incapable de répondre aux besoins essentiels de sa population.
VI. Paul Biya et la présidentielle de 2025 : Le faux appel du peuple et le choix de sa sortie
Dans son discours de fin d’année 2024, Paul Biya laisse habilement entendre qu’il pourrait à nouveau être candidat à l’élection présidentielle prévue en 2025. Bien qu’il ne déclare pas ouvertement ses intentions, les sous-entendus sont clairs : il évoque sa « détermination intacte » et le soutien prétendu d’un peuple reconnaissant, tout en insistant sur la nécessité de poursuivre le chemin entamé sous son impulsion. Cette mise en scène prépare le terrain à une candidature que ses partisans présenteront comme une « demande du peuple ». Mais au-delà des apparences, cet « appel » du peuple n’est qu’une mascarade orchestrée par une élite politico-administrative soucieuse de préserver ses privilèges sous un régime usé.
1. L’illusion de l’appel populaire : Une manœuvre politicienne bien rodée
Depuis plusieurs décennies, chaque élection présidentielle au Cameroun est précédée d’une série de « motions de soutien » adressées au président Paul Biya par des groupes d’élites locales, des chefs traditionnels et des membres du parti au pouvoir, le RDPC. Ces motions, souvent relayées par les médias publics, présentent toujours la même rhétorique : elles implorent le président de « répondre favorablement à l’appel pressant du peuple » et de briguer un nouveau mandat « pour assurer la stabilité et la continuité du développement ».
Or, il est important de rappeler que ces appels ne sont ni spontanés ni représentatifs de la volonté populaire réelle. En effet :
• Mobilisation artificielle : Les motions de soutien sont le fruit de pressions exercées sur les élites locales, qui craignent de perdre leurs privilèges ou leurs postes s’ils ne participent pas activement à cette mise en scène.
• Répression des voix dissidentes : Toute voix s’opposant à cette narrative est systématiquement étouffée. L’espace démocratique étant extrêmement restreint au Cameroun, la majorité des citoyens n’a ni les moyens ni la liberté de s’exprimer véritablement.
Le véritable sentiment populaire est tout autre : une grande majorité des Camerounais aspire à un changement de leadership, une alternance démocratique et une nouvelle dynamique politique après 42 années d’immobilisme.
2. Une candidature qui prolongerait la crise politique et économique
Si Paul Biya décidait de se représenter en 2025, cela signifierait le prolongement d’un régime marqué par :
• Une économie stagnante : Malgré les discours optimistes, le Cameroun peine à diversifier son économie et reste dépendant des matières premières, tandis que le taux de chômage reste élevé, notamment chez les jeunes.
• Une gouvernance défaillante : La corruption endémique, la mauvaise gestion des ressources publiques et l’absence de réformes structurelles continueraient de freiner le développement.
• Une instabilité sécuritaire persistante : La crise anglophone, mal gérée depuis son déclenchement, risque de s’enliser davantage si le régime actuel, perçu comme illégitime par une partie de la population, reste en place.
En choisissant de se maintenir au pouvoir, Paul Biya ne ferait que retarder une transition inévitable, au risque de plonger le pays dans une crise politique et sociale encore plus profonde.
3. Le choix historique de Paul Biya : La grande porte ou la petite porte
À 92 ans et après plus de quatre décennies à la tête du Cameroun, Paul Biya est face à un choix crucial qui déterminera son héritage historique :
• Sortir par la grande porte : Le geste d’un homme d’État
Paul Biya a encore la possibilité de marquer positivement l’histoire en renonçant à briguer un nouveau mandat et en organisant une transition démocratique transparente. Ce geste serait celui d’un homme d’État responsable, soucieux de préserver la stabilité de son pays et d’assurer une alternance pacifique. Il pourrait devenir un exemple pour les autres dirigeants africains souvent accusés de s’accrocher au pouvoir. Cette sortie par la grande porte lui permettrait de se retirer avec honneur, respecté non seulement par les Camerounais, mais aussi par la communauté internationale.
• Sortir par la petite porte : L’épilogue d’un règne contesté
À l’inverse, s’il choisit de se représenter, Paul Biya risque d’être emporté par une contestation populaire croissante. Une nouvelle candidature ne ferait que renforcer le sentiment de frustration et d’exaspération d’une grande partie de la population, ouvrant la voie à des troubles politiques majeurs. L’histoire est pleine de dirigeants qui, refusant de lire les signes du temps, ont fini par être chassés du pouvoir dans l’humiliation et la violence.
La sagesse voudrait que Paul Biya prenne la mesure de la situation et comprenne qu’il est temps de laisser la place à une nouvelle génération de dirigeants capables de relever les défis de l’heure. Cette décision lui appartient seul : elle sera celle d’un homme qui choisit de rester dans l’histoire comme un bâtisseur de paix ou d’être rejeté comme un dirigeant ayant refusé de céder sa place au moment opportun.
4. Une opportunité pour un nouveau départ démocratique
La non-candidature de Paul Biya pourrait ouvrir une nouvelle ère au Cameroun :
• Une transition pacifique et crédible : En se retirant, il permettrait au Cameroun d’organiser des élections crédibles, transparentes et inclusives, qui offriraient au pays une chance de se réinventer.
• Un dialogue national sincère : Son retrait ouvrirait la voie à un véritable dialogue avec toutes les forces vives de la nation, y compris l’opposition et la société civile, pour définir un nouveau projet national.
• Une réconciliation nationale : L’alternance politique favoriserait la réconciliation des régions anglophones et le renforcement de l’unité nationale.
Conclusion générale : L’heure du choix a sonné
Paul Biya est à un moment décisif de son règne. Son choix de se maintenir au pouvoir ou de céder sa place déterminera non seulement son héritage personnel, mais aussi l’avenir du Cameroun. Ce pays, riche de son potentiel et de sa jeunesse, mérite mieux que la stagnation actuelle. Il mérite une nouvelle direction, une nouvelle vision, un nouveau souffle.
Seul Paul Biya peut encore décider de sortir par la grande porte, en homme d’État conscient de sa responsabilité historique. S’il ne le fait pas, l’histoire et le peuple camerounais lui imposeront tôt ou tard une sortie par la petite porte, avec le souvenir amer d’un règne trop long, marqué par des promesses non tenues et une transition manquée.
Le Cameroun a besoin de changement, et ce changement doit commencer maintenant.
Bibliographie
1. Banque mondiale, « Promouvoir une croissance inclusive au Cameroun : Défis et opportunités », Washington DC, 2023.
2. Institut National de la Statistique (INS), Rapport sur l’évolution du secteur industriel au Cameroun, Yaoundé, 2024.
3. Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), Indice de développement humain et rapport sur la compétitivité économique du Cameroun, Yaoundé, 2023.
4. Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), Rapport sur la désindustrialisation en Afrique centrale : le cas du Cameroun, Vienne, 2023.
5. Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), « Politique industrielle et chaînes de valeur en Afrique », Genève, 2022.
6. Transparency International, Indice de perception de la corruption : focus sur les grands projets d’infrastructures et gouvernance au Cameroun, Berlin, 2024.
7. Human Rights Watch, « Cameroon: Armed Separatists and Security Forces Abuses », New York, 2024.
8. Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), Rapport sur les déplacés internes au Cameroun, Genève, 2023.
9. International Crisis Group, « Cameroon’s Anglophone Crisis: The Need for Dialogue », Bruxelles, 2024.
10. Agence Ecofin, Articles sur l’économie, les infrastructures et la sécurité au Cameroun, Douala, 2023-2024.
11. Le Messager, « CELLUCAM, CICAM, CAMSUCO : un passé industriel glorieux abandonné », Yaoundé, édition spéciale, 2023.
12. Mutations, « Privatisations et fermetures d’usines : un bilan controversé », Douala, juin 2024.
13. Cour des comptes du Cameroun, Rapport sur la gestion des projets d’infrastructures sportives liés à la CAN 2019 et audit des entreprises publiques, Yaoundé, 2021-2023.
14. ONU-Habitat, Rapport sur l’urbanisation et le logement au Cameroun, Nairobi, 2023.
15. Ministère de la Défense du Cameroun, Rapport annuel sur les opérations de maintien de l’ordre et la lutte contre le terrorisme, Yaoundé, 2024.
16. Cameroon Tribune, Articles sur les défis de la transformation locale et les projets industriels, Yaoundé, 2023-2024.
17. Mutations, « Le chômage des jeunes au Cameroun : une bombe à retardement », Douala, édition spéciale, mai 2024.
18. Le Messager, « Crise anglophone : les civils entre deux feux », Yaoundé, édition spéciale, décembre 2023.
19. Agence Ecofin, « Les échecs des zones industrielles au Cameroun : cas de Kribi et Ouassa-Babouté », Douala, 2023.
20. Confédération Africaine de Football (CAF), Rapports d’inspection des infrastructures sportives au Cameroun, 2018-2021.
PR JIMMY YAB
MGR KELDA, UNE INTERVIEW A RFI SANS SUBSTANCE: L’Église Catholique Camerounaise, Une Institution en Retrait face aux Luttes de son Peuple

Résumé
L’Église catholique au Cameroun, pourtant historiquement influente, semble s’être retranchée dans une posture prudente face aux défis politiques et sociaux cruciaux du pays. À travers l’interview de Mgr Samuel Kleda, archevêque de Douala, on observe une déconnexion croissante entre l’institution religieuse et les attentes populaires. Cet article critique cette posture en soulignant son manque d’engagement concret, tout en la comparant à des Églises africaines plus engagées, comme celle de Côte d’Ivoire, qui ont su assumer un rôle prophétique et défendre fermement les intérêts des populations. Une telle comparaison révèle l’échec de l’Église camerounaise à incarner un véritable soutien aux luttes populaires, renforçant son image d’une institution timorée, voire complice du statu quo.
Mots clés: Église catholique au Cameroun, Engagement politique, Mgr Samuel Kleda, Crise anglophone, Transition démocratique, Justice sociale, Leadership religieux en Afrique, Église catholique en Côte d’Ivoire, Médiation des conflits, Société civile et religion, Influence religieuse en politique, Églises africaines et droits humains
Abstract
The Catholic Church in Cameroon, historically an influential institution, appears increasingly disconnected from the pressing demands of its people. This paper critically examines the recent interview of Archbishop Samuel Kleda, analyzing its lack of substantive proposals and highlighting the Church’s passive stance on critical national issues such as political transition, the Anglophone crisis, and socioeconomic inequalities. Drawing comparisons with more politically engaged Catholic Churches in Africa, such as those in Côte d’Ivoire and the Democratic Republic of Congo, this study underscores the Church’s failure to embody a prophetic voice. The analysis demonstrates how the Church’s reticence compromises its credibility and alienates it from the struggles of the Cameroonian people, contrasting this with examples of proactive and transformative ecclesiastical leadership in Africa. Finally, the paper calls for a reimagined role of the Catholic Church in Cameroon as a bold advocate for justice, democracy, and social change.
Keywords: Catholic Church in Cameroon, Political engagement, Archbishop Samuel Kleda, Anglophone crisis, Church and democracy, Justice and social change, Côte d’Ivoire Catholic Church, Democratic Republic of Congo (DRC) Catholic Church, Church and political transition, African ecclesiastical leadership
1. Introduction : L’Église face à une crise d’engagement
Dans les contextes africains marqués par des crises politiques, économiques et sociales, les institutions religieuses jouent souvent un rôle déterminant en tant que médiateurs et catalyseurs de changement. Pourtant, l’Église catholique camerounaise semble hésiter à assumer pleinement cette responsabilité. L’interview de Mgr Kleda, bien qu’évoquant des préoccupations légitimes telles que la transition politique et la résolution de la crise anglophone, manque de profondeur, de fermeté et de propositions concrètes pour accompagner le peuple dans sa quête de justice et de démocratie.
2. L’interview de Mgr Kleda : Une neutralité malvenue
2.1. Un appel à la transition politique sans substance
Mgr Kleda appelle à une « transition pacifique » et qualifie une nouvelle candidature de Paul Biya de « non réaliste ». Cependant, cette déclaration évite d’aborder les racines profondes de la crise politique au Cameroun : la gouvernance autocratique et les élections systématiquement contestées.
• Neutralité et passivité institutionnelle
Selon Philpott (2004), les Églises qui réussissent à influencer les transitions démocratiques adoptent des positions claires et courageuses face aux régimes autoritaires. L’Église catholique en Pologne, par exemple, a joué un rôle décisif dans la chute du communisme en soutenant activement le mouvement Solidarnosc. Par contraste, les déclarations de Mgr Kleda manquent de substance et ne remettent pas directement en question le système en place.
2.2. Une position floue sur la crise anglophone
La crise anglophone, l’un des conflits les plus meurtriers en Afrique centrale, n’est abordée que de manière superficielle dans l’interview. L’appel au dialogue de Mgr Kleda, bien intentionné, reste dénué de propositions concrètes sur la manière de structurer ce dialogue ou d’en garantir l’efficacité.
• L’inaction face aux conflits prolongés
Lederach (1997) insiste sur l’importance de la médiation proactive et de la création d’espaces sûrs pour les négociations dans les conflits prolongés. L’Église camerounaise, malgré son influence, n’a pas organisé de forums ou offert ses ressources comme médiateur impartial, contrairement à ce que l’on a vu dans d’autres pays.
2.3. L’oubli des préoccupations socio-économiques
L’interview de Mgr Kleda néglige totalement les préoccupations socio-économiques des Camerounais, tels que le chômage massif, l’inflation et l’inégalité croissante. Cette omission illustre une déconnexion de l’Église avec les réalités quotidiennes de ses fidèles.
• La justice sociale comme mission centrale
Gutierrez (1973) souligne que l’Église doit être à l’avant-garde des luttes pour la justice sociale. En ignorant ces questions, l’Église camerounaise échoue à incarner une institution réellement au service du peuple.
3. Une comparaison avec des Églises africaines engagées
3.1. L’Église catholique de Côte d’Ivoire : Une voix prophétique dans les crises
En Côte d’Ivoire, l’Église catholique s’est démarquée par son franc-parler et son engagement dans les crises politiques. Lors de la crise post-électorale de 2010-2011, les évêques ivoiriens ont publiquement condamné la violence et les abus de pouvoir, tout en appelant à une solution pacifique basée sur la justice. Leur déclaration collective, « Nous n’avons pas peur de la vérité », a marqué une prise de position courageuse et sans ambiguïté.
• Exemple : La médiation active de l’Église ivoirienne
En plus de ses déclarations, l’Église catholique ivoirienne a initié des médiations entre les factions rivales et a plaidé pour des réformes institutionnelles afin de garantir des élections crédibles. Cette posture contraste fortement avec l’attentisme de l’Église camerounaise.
3.2. L’Église catholique au Congo-Kinshasa : Leader de la société civile
En République démocratique du Congo (RDC), l’Église catholique est un acteur majeur de la société civile. En 2018, face à l’incertitude politique entourant la succession de Joseph Kabila, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a joué un rôle crucial dans la supervision des élections et la dénonciation des irrégularités.
• Exemple : Mobilisation pour la vérité électorale
En mobilisant des milliers d’observateurs pour surveiller les élections et en publiant des rapports détaillés sur les irrégularités, la CENCO a démontré un engagement clair en faveur de la démocratie et des droits des citoyens. Cette mobilisation a renforcé la légitimité de l’Église auprès du peuple.
3.3. Comparaison : Une Église camerounaise en retrait
Contrairement à ces exemples, l’Église catholique au Cameroun reste sur la défensive, évitant les confrontations directes avec le régime et négligeant les initiatives concrètes pour accompagner la transition démocratique ou résoudre la crise anglophone.
4. Conclusion : L’Église catholique camerounaise à la croisée des chemins
L’Église catholique camerounaise est confrontée à une crise de crédibilité en raison de son manque d’engagement clair face aux luttes populaires. L’interview de Mgr Kleda, bien qu’évoquant des thématiques importantes, illustre une institution plus soucieuse de préserver son équilibre institutionnel que de défendre les aspirations des Camerounais.
À la lumière des exemples ivoiriens et congolais, il est évident que l’Église au Cameroun a les moyens de jouer un rôle plus actif et courageux. Cependant, son hésitation actuelle renforce l’idée qu’elle est déconnectée du peuple qu’elle prétend servir.
Pour retrouver sa place en tant qu’institution prophétique et morale, l’Église catholique camerounaise doit :
1. Prendre des positions claires et courageuses sur les crises politiques et sociales.
2. Proposer des initiatives concrètes pour accompagner les transitions démocratiques et résoudre les conflits.
3. S’engager davantage dans les luttes pour la justice sociale et économique.
Faute de quoi, elle continuera à être perçue comme une institution timorée, complice du statu quo, et déconnectée des réalités et des aspirations des Camerounais.
Références
• Gutierrez, G. (1973). A Theology of Liberation: History, Politics, and Salvation. Orbis Books.
• Lederach, J. P. (1997). Building Peace: Sustainable Reconciliation in Divided Societies. United States Institute of Peace Press.
• Philpott, D. (2004). “The Catholic Wave.” Journal of Democracy, 15(2), 32-46.
• Conférence Épiscopale de Côte d’Ivoire (2011). Déclaration sur la vérité et la réconciliation.
ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES 2025, TRAFIC DES CARTES NATIONALES D’IDENTITÉS: LETTRE OUVERTE DU SG DU MLDC À L’ATTENTION DE M. MBARGA NGUELE, DÉLÉGUÉ GÉNÉRAL À LA SÛRETÉ NATIONALE

Individu identifié comme militant du RDPC, entouré d’un stock de cartes nationales d’identité
Objet : Appel à une intervention urgente pour mettre fin au trafic des cartes nationales d’identité en lien avec les élections présidentielles de 2025
Monsieur le Délégué Général,
En ma qualité de Secrétaire Général du Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC), je me permets de m’adresser directement à vous, en tant que patriarche et serviteur dévoué de la République, pour attirer votre attention sur une situation gravissime qui menace l’intégrité de notre nation et la paix sociale.
Il y’a quelques temps, une vidéo, devenue virale sur les réseaux sociaux, met en évidence un trafic présumé de cartes nationales d’identité. Cet acte, perpétré par des individus qui semblent affiliés au RDPC, met en lumière un réseau organisé visant à manipuler le processus électoral. Ce trafic est une menace directe contre l’État de droit et la démocratie, et il engage la responsabilité des institutions chargées de protéger ces valeurs, en particulier la Police nationale.
Monsieur le Délégué Général, en tant que garant de la sécurité nationale, votre sens du devoir et votre amour profond pour le Cameroun vous imposent d’agir avec fermeté et transparence. Le peuple camerounais, et en particulier sa jeunesse, repose sur votre sagesse pour garantir que de telles dérives ne restent pas impunies.
Nous vous demandons respectueusement de :
- Ouvrir une enquête immédiate : Identifier et poursuivre les responsables impliqués dans ce trafic de cartes nationales d’identité, y compris Monsieur Ali Bachir, dont le nom est cité dans cette affaire.
- Renforcer les mécanismes de contrôle : Mettre en place des procédures strictes pour sécuriser la production et la distribution des cartes nationales d’identité.
- Collaborer avec ELECAM : Assurer une gestion transparente et impartiale des documents électoraux en amont du scrutin présidentiel de 2025.
Monsieur le Patriarche, le Cameroun traverse une période critique. L’histoire retiendra votre courage et votre sens du devoir si vous agissez maintenant pour protéger l’intégrité de notre système électoral. Votre patriotisme et votre amour pour notre pays sont la garantie que justice sera faite. Nous croyons fermement que vous saurez répondre à cet appel du peuple camerounais.
Recevez, Monsieur le Délégué Général, l’expression de ma très haute considération.
PR JIMMY YAB
Secrétaire Général Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC)
L’Étincelle d’Espoir : Le Dynamisme des Étudiants de l’Université de Bertoua face aux Défis Éducatifs du Cameroun

Résumé
Cet article analyse l’engagement exceptionnel des étudiants de l’Université de Bertoua dans un environnement éducatif marqué par des défis structurels, économiques et sociaux. Lors de la présentation de l’ouvrage: Construction d’un état Développementaliste communautaire: le Cameroun, leur enthousiasme et leur participation active au débat ont mis en évidence un dynamisme remarquable. À travers une réflexion approfondie, nous examinons les facteurs qui expliquent cet engagement et proposons des perspectives pour renforcer ce dynamisme dans le cadre d’un projet de société centré sur le développement humain et l’éducation. Ces analyses mettent en avant la résilience étudiante et leur rôle central dans la construction d’un Cameroun nouveau.

Abstract
This article explores the exceptional engagement of students at the University of Bertoua, despite the structural, economic, and social challenges facing their educational environment. During the presentation of the book Constructing a Developmentalist State: Cameroon, their enthusiasm and active participation in discussions highlighted an extraordinary dynamism. Through a detailed analysis, we examine the factors driving this engagement and propose perspectives to strengthen it within a human-centered developmental agenda. These findings underscore students’ resilience and their pivotal role in building a renewed Cameroon.
Mots-clés
Dynamisme étudiant, Université de Bertoua, résilience éducative, participation critique, état développementaliste.
Keywords
Student dynamism, University of Bertoua, educational resilience, critical participation, developmentalist state.

Introduction
Nous débutons cet article en exprimant notre profonde gratitude envers Monsieur le Recteur de l’Université de Bertoua, Professeur DIEUDONNÉ EMMANUEL PEGNYEMB, pour avoir facilité l’organisation de cette rencontre académique. Son soutien a été déterminant dans la mise en place d’un cadre de réflexion intellectuelle. Nos remerciements s’adressent également à Monsieur le Doyen de la Faculté des Arts, Professeur MARTIN PAUL ANGO MEDJO, Lettres et Sciences Humaines, qui nous a accueillis dans un esprit chaleureux et symbolisé cette rencontre par un cadeau d’une grande valeur culturelle : un lion miniature en ébène. Ce geste, à la fois simple et significatif, incarne l’identité culturelle forte de cette institution. Enfin, nous saluons la participation active et enrichissante du corps enseignant, dont les contributions ont permis d’élever la qualité des échanges.
Cet article vise à analyser et comprendre comment, malgré des conditions éducatives parfois précaires, les étudiants de l’Université de Bertoua font preuve d’un dynamisme unique, révélateur d’un espoir profond et d’une volonté de transformation sociale. Cette réflexion s’inscrit dans une démarche académique visant à démontrer que l’éducation, en tant que levier central de développement, peut être un moteur puissant pour construire un État Développementaliste Communautaire.

Contexte et Enjeux de l’Éducation au Cameroun
1. Les défis structurels et économiques
Le Cameroun se trouve dans une phase charnière de son développement, mais son système éducatif est confronté à des défis multiples : des infrastructures inadéquates, un financement limité, et des inégalités d’accès aux ressources pédagogiques, particulièrement dans les universités des zones périphériques comme celle de Bertoua. Selon Tchatchouang (2020), “les universités dans les régions marginalisées deviennent souvent des espaces de survie académique où la quête de connaissances est freinée par des conditions matérielles déplorables.”
À l’Université de Bertoua, les étudiants doivent composer avec des salles de cours parfois insuffisamment équipées, des bibliothèques peu fournies et un accès limité aux technologies modernes. Ces contraintes pourraient, dans d’autres contextes, décourager l’enthousiasme. Pourtant, ces étudiants montrent une énergie intellectuelle qui dépasse les limites imposées par leur environnement.
Ce dynamisme peut s’expliquer par une prise de conscience collective de l’importance de l’éducation comme outil de mobilité sociale et comme moyen de transformer leur réalité. En effet, pour beaucoup d’étudiants, la réussite académique est perçue comme une réponse aux inégalités structurelles qui persistent dans le pays.
2. L’importance de la culture locale dans la résilience étudiante
La culture camerounaise, avec sa diversité et son attachement à des valeurs de solidarité, joue un rôle essentiel dans la résilience des étudiants. Le lion miniature en ébène, offert comme cadeau symbolique par le Doyen, illustre la place centrale de l’art et de l’identité culturelle dans la construction d’un esprit collectif fort. Le lion, symbole de courage et de leadership, incarne la manière dont ces étudiants se voient eux-mêmes : comme des leaders potentiels d’un Cameroun en devenir.
Mbembe (2001) souligne que “les jeunes Africains puisent souvent dans leur patrimoine culturel des sources d’inspiration pour surmonter des défis modernes.” De manière similaire, les étudiants de Bertoua semblent transformer leur environnement culturel en une force motrice pour leur réussite académique.
Le Dynamisme Étudiant comme Facteur de Changement
1. Un engagement intellectuel exceptionnel
La présentation de l’ouvrage Construction d’un état développementaliste : le Cameroun a été marquée par une participation impressionnante des étudiants. Leurs questions, portant sur des sujets complexes tels que la redistribution des richesses, les réformes éducatives et la gouvernance, montrent leur capacité à penser de manière critique et à proposer des solutions novatrices.
Cet engagement ne se limite pas à une simple curiosité intellectuelle. Il s’agit d’un véritable activisme intellectuel où les étudiants cherchent à influencer positivement leur environnement. Leurs interventions traduisent une volonté d’être des acteurs du changement, en phase avec les idéaux d’un État développementaliste.
La participation aux débats académiques comme catalyseur de résilience
Lors de la présentation de l’ouvrage Construction d’un État développementaliste : le Cameroun, les étudiants ont posé des questions stratégiques sur les enjeux de gouvernance, de réformes éducatives et de participation citoyenne. Leur capacité à relier théorie et pratiques locales témoigne d’une compréhension profonde des défis auxquels leur pays est confronté.
Cette interaction active s’appuie sur la conviction que les jeunes doivent être les « architectes de leur propre avenir », une idée défendue par un étudiant en sciences politiques. Cela révèle une volonté de se projeter comme des agents de transformation sociétale, en cohérence avec les aspirations d’un État Développementaliste communautaire.

Le Symbolisme du Lion en Ébène et l’Identité Culturelle
Le cadeau offert par le Doyen, un lion miniature en ébène, a suscité une réflexion collective sur le courage et la résilience. Symbole du leadership et de la force, cet objet d’art incarne la volonté des étudiants de surmonter l’adversité et de s’affirmer comme des leaders du changement.
Le lion, en tant que métaphore, reflète une vision d’avenir où les jeunes Camerounais, guidés par des valeurs culturelles profondes, s’imposent comme les moteurs d’une transformation durable. Cette symbolique résonne avec l’idée de Tchatchouang (2020) selon laquelle « la culture locale joue un rôle fondamental dans la mobilisation pour le développement. »

2. Le rôle des enseignants comme catalyseurs
Le dynamisme des étudiants est soutenu par l’engagement du corps enseignant. À l’Université de Bertoua, les enseignants jouent un rôle clé dans la stimulation de la pensée critique. Leur présence massive lors de la présentation débat illustre une solidarité académique et un désir de construire une communauté intellectuelle forte.
Selon Todaro et Smith (2015), “un système éducatif réussi repose sur des enseignants capables de transcender les limitations institutionnelles pour inspirer leurs élèves à atteindre leur potentiel maximal.”
Perspectives pour un Cameroun Développementaliste Communautaire
1. Renforcer les investissements dans l’éducation
Pour libérer pleinement le potentiel des étudiants de Bertoua et d’ailleurs, il est impératif que l’État camerounais investisse davantage dans les infrastructures éducatives. Des bibliothèques modernes, des laboratoires équipés et un accès accru à Internet sont essentiels pour aligner les ambitions des étudiants avec les exigences du marché global.
2. Promouvoir la décentralisation académique
L’Université de Bertoua, en tant qu’institution régionale, doit recevoir davantage de soutien pour devenir un pôle d’excellence académique. Ce modèle pourrait être reproduit dans d’autres régions afin de réduire les disparités éducatives.
3.Encourager les approches communautaires et locales
Les stratégies de développement doivent s’appuyer sur les dynamiques locales. Les universités régionales, comme celle de Bertoua, doivent être reconnues comme des pôles stratégiques pour la croissance inclusive.
Conclusion
Le dynamisme des étudiants de l’Université de Bertoua, malgré des défis notables, est une source d’espoir pour l’avenir du Cameroun. Leur résilience, associée à une culture académique collaborative, démontre que l’éducation peut être un levier puissant pour construire un État développementaliste. Les discussions autour de notre ouvrage ont révélé une communauté universitaire déterminée à jouer un rôle actif dans la transformation sociale et économique du pays. Il appartient désormais aux décideurs de répondre à cet appel en investissant dans une éducation de qualité pour tous.
Bibliographie
• Mbembe, A. (2001). On the Postcolony. Berkeley: University of California Press.
• Ngnintedem, P. (2018). L’éducation comme levier de transformation sociale au Cameroun. Yaoundé : Presses universitaires du Cameroun.
• Tchatchouang, F. (2020). Résilience et innovation dans les universités camerounaises périphériques. Douala : Éditions Africaines.
• Todaro, M., & Smith, S. (2015). Economic Development. Harlow: Pearson Education.
• Amin, S. (1990). L’avenir du développement en Afrique. Dakar : CODESRIA.
Le problème du Cameroun : 1. Les députés RDPC qui votent de mauvaises lois depuis des décennies et 2: Les maires RDPC incompétents et mauvais depuis des décennies
Je disais déjà à l’époque dans l’émission Hutu Africa de Stéphane Mbarga à Info TV que:
IL FAUT REMPLACER TOUS LES DEPUTES ET MAIRES RDPC EN 2025-2026, C’EST UN IMPERATIF CITOYEN POUR NOUS ET LES FUTURES GENERATIONS
Lorsqu’un pays est gouverné pendant des décennies par de mauvaises lois, il en résulte inévitablement des conséquences désastreuses. D’une part, on forme des citoyens qui manquent de compétences et d’initiative. D’autre part, on crée des individus qui, moralement, perdent leurs repères et se retrouvent dans des comportements nuisibles, souvent contraires aux valeurs de bienveillance, de solidarité et d’intégrité.

Le problème du Cameroun ne se limite pas à la personne de Paul Biya. Il réside également dans un système entier qui favorise des pratiques et des structures inefficaces, notamment à travers :
1. Les députés du RDPC qui votent des lois inadaptées aux réalités et aux besoins de notre société, renforçant ainsi des normes qui freinent le progrès.
2. Les maires RDPC qui, pour beaucoup, font preuve d’incompétence et d’arrogance, éloignant ainsi l’administration des préoccupations et du bien-être des populations locales.
Ce cadre, qui se perpétue depuis des années, a engendré une partie de notre jeunesse qui manque de repères et de perspectives positives, et qui, parfois, sombre dans des comportements contraires à l’éthique et aux valeurs citoyennes. Pour réformer ce pays, nous devons non seulement transformer les institutions, mais aussi insuffler un nouveau sens des responsabilités et de l’engagement, afin de bâtir une société où les citoyens sont compétents, éthiques et guidés par des valeurs solides.
Cette vidéo met en évidence l’impact des mauvaises pratiques politiques sur la société camerounaise et la nécessité d’un changement en profondeur pour rétablir une gouvernance basée sur des valeurs solides et une administration compétente.
Le Botswana a un nouveau Président de 54 ans: Seule une Coalition Populaire et un Programme d’Amélioration du Niveau de Vie Peuvent Vaincre les Partis Historiques comme le RDPC— Vers un Nouvel Élan pour le Cameroun avec le MLDC

Dans une cérémonie d’investiture haut en couleur le 8 Novembre 2024 et un tournant politique historique, le Botswana a vu l’élection de Duma Boko, jeune président de 54 ans, qui incarne le changement tant attendu par les citoyens. En s’appuyant sur l’Umbrella for Democratic Change (UDC), une coalition unissant le Botswana National Front et l’Alliance for Progressives, Boko a réussi à renverser le parti au pouvoir après 58 ans de domination. Ce succès est un témoignage de la force d’une coalition qui place le bien-être des citoyens au centre de son programme, avec des promesses concrètes pour relever le niveau de vie de la population.
Lors de son investiture à Gaborone, Boko, acclamé par des milliers de citoyens enthousiastes, a souligné l’importance de l’unité et du changement. « C’est l’un des moments les plus rares de notre histoire — une démonstration de la puissance du peuple lorsqu’il s’unit pour un objectif commun », a-t-il déclaré. Son premier discours a mis en avant les valeurs de respect et de coopération, même envers son prédécesseur, Mokgweetsi Masisi, qui a permis une transition pacifique.
Le MLDC : Une Alternative de Changement pour le Cameroun
Inspiré par l’exemple botswanais, le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) se positionne pour les élections de 2025 avec une vision similaire de coalition et de transformation sociale. Conscient que seul un programme populaire et inclusif peut battre le RDPC, parti au pouvoir depuis des décennies, le MLDC propose une coalition large qui réunit les jeunes, les femmes et diverses forces politiques autour d’un objectif commun : améliorer les conditions de vie des Camerounais. Le MLDC est convaincu que seul un mouvement inclusif et solidaire, soutenu par un programme axé sur le bien-être des citoyens, peut apporter l’alternance dont le pays a besoin.
Un Programme pour Élever le Niveau de Vie des Populations
Duma Boko et la coalition UDC ont su capter l’attention des Botswanais avec des engagements concrets : un salaire minimum de 4 000 pulas (302 dollars), des allocations de chômage, des aides pour les personnes âgées, et la création de nouvelles entreprises. Ces mesures répondent directement aux besoins des citoyens, alors que le chômage au Botswana est monté à 27,6 % en 2024. Ce programme pragmatique et orienté vers le développement social a été un facteur clé dans la victoire de l’UDC.
Le MLDC, de son côté, s’engage également à améliorer le niveau de vie des Camerounais, avec des propositions pour lutter contre le chômage, optimiser les services publics, et offrir un accès équitable à l’éducation et à la santé. En mettant l’accent sur une gestion efficace et transparente des fonds publics, le MLDC promet de recentrer les politiques nationales sur les besoins essentiels du peuple, un impératif pour créer un changement durable.
Optimiser les Ressources Nationales pour le Développement
Un autre aspect décisif de la victoire de l’UDC au Botswana est son engagement à renégocier les accords avec De Beers pour maximiser les bénéfices des ressources en diamants, qui constituent 80 % des exportations du pays. En s’inspirant de cette approche, le MLDC au Cameroun propose de réformer la gestion des ressources naturelles telles que le pétrole et le bois, afin d’augmenter les revenus nationaux et de soutenir l’économie locale par la création d’emplois durables.
Un Modèle pour l’Afrique et un Espoir de Transition pour le Cameroun
Le succès de la coalition UDC montre qu’une opposition unie et portée par un programme de progrès social peut triompher même face à un parti historiquement puissant. Cela représente un modèle inspirant pour le Cameroun, où le MLDC se prépare à une campagne historique pour 2025.
En rassemblant les forces populaires et en promouvant un programme qui place le bien-être des Camerounais au premier plan, le MLDC espère encourager la reproduction de ce succès botswanais au Cameroun.
La Faillite d’une Affirmation MENSONGÈRE, MANIPULATRICE, INJUSTE, ÉGOÏSTE, IRRESPONSABLE, DANGEREUSE ET HONTEUSE à l’encontre de la nouvelle génération : « Ne pas soutenir Paul BIYA, c’est défier Dieu qui l’a choisi »

Le 6 novembre dernier, date commémorative de l’accession au pouvoir du président camerounais Paul Biya en 1982, le ministre du Commerce a déclaré que ne pas soutenir Biya équivaudrait à « défier Dieu qui l’a choisi. » Cette affirmation, bien que provocante, soulève de sérieuses questions sur la démocratie, la responsabilité politique et les aspirations de la nouvelle génération. L’idée que s’opposer à un dirigeant est contraire à la volonté divine est non seulement contestable, mais aussi dangereuse pour l’avenir d’une nation. Cet article démontre pourquoi une telle déclaration est à la fois injuste et irresponsable, et comment elle prive la jeunesse camerounaise de son droit de participer activement à l’avenir de son pays.
Une déclaration injuste pour la nouvelle génération
L’affirmation du ministre du Commerce s’inscrit dans une vision figée de la gouvernance, où la continuité au pouvoir est vue comme un devoir sacré, indépendamment de l’aspiration des jeunes générations à participer aux décisions politiques. La jeunesse camerounaise, comme toute génération montante, souhaite s’investir pour construire son avenir, apporter des solutions aux défis actuels, et participer au développement de son pays. Restreindre cet élan sous prétexte d’une « volonté divine » fige le destin du Cameroun et étouffe le potentiel d’innovation et de progrès dont la nouvelle génération est porteuse.
Chaque génération a le droit de gouverner. L’histoire montre que des sociétés prospères et durables reposent sur une transmission du pouvoir aux nouvelles générations, porteuses de nouvelles idées et mieux adaptées aux enjeux actuels. Imposer un dirigeant de façon perpétuelle, au nom d’une légitimité divine ou supposée, va à l’encontre des principes fondamentaux de la démocratie et empêche l’émergence de nouveaux leaders.
Une affirmation égoïste et irresponsable
L’idée que Paul Biya est un dirigeant « choisi par Dieu » relève d’une vision politique égoïste qui évite de considérer la volonté des citoyens. Une telle déclaration sert avant tout les intérêts de ceux qui bénéficient du système actuel et cherchent à maintenir le statu quo. Cette position dénote une volonté d’exclure toute alternative politique, de décourager le débat et d’éloigner la jeunesse des instances de décision. Elle crée un fossé profond entre les dirigeants et la population, qui voit ses aspirations négligées.
Le Cameroun est actuellement confronté à des crises profondes, notamment la crise anglophone dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NOSO), qui a divisé le pays et généré des souffrances incommensurables. Depuis des années, le gouvernement est dans l’incapacité de résoudre ce conflit qui mine la cohésion nationale et la paix sociale. En ancrant l’idée que Biya est le seul et unique dirigeant légitime, cette affirmation détourne l’attention des problèmes réels et des inégalités qui persistent dans le pays.
Une déclaration dangereuse pour la stabilité du Cameroun
Lier le pouvoir politique à une notion divine limite les possibilités de changement pacifique et peut inciter à la violence en cas de crise. En suggérant que toute opposition est illégitime, voire sacrilège, on crée un environnement de défiance et de radicalisation. Au lieu de promouvoir un climat d’échange et de consensus, cette idée creuse encore davantage le fossé entre les gouvernants et les gouvernés, et rend la transition politique de plus en plus incertaine.
Au lieu de préserver la paix et la stabilité, cette rhétorique augmente les tensions. La jeunesse camerounaise se sent exclue des processus de décision, ce qui peut exacerber les frustrations et fragiliser la cohésion nationale. Un Cameroun fort est un Cameroun qui valorise les contributions de chaque génération et qui permet à la jeunesse de s’impliquer activement dans la construction de l’avenir.
Conclusion : une honte pour le ministre du Commerce
Le ministre du Commerce devrait se soucier davantage de l’avenir du Cameroun que de ses intérêts personnels. Pousser un homme de 92 ans à tenir les rênes d’une nation qu’il peine à maîtriser est non seulement injuste pour Paul Biya lui-même, mais aussi pour toute la société. Le pays est en attente d’un renouveau, d’une vision portée par des dirigeants en phase avec les réalités contemporaines et les aspirations de la jeunesse.
Il est temps de promouvoir une alternance politique saine et d’encourager des leaders qui répondent aux besoins réels du pays. La jeunesse camerounaise a le droit de rêver d’un avenir meilleur et de s’engager pour y parvenir. Le devoir de chaque dirigeant, au lieu de maintenir un pouvoir personnel sous le couvert d’une légitimité divine, est de préparer le terrain pour une nouvelle génération capable d’assurer la pérennité et la prospérité de la nation.
De VIVIANE à l’Urne : Quand la Mobilisation de la Jeunesse Camerounaise pour un Clip Devient Espoir pour les Élections Présidentielles de 2025

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https://youtu.be/5EdVEghU-Xc?si=kBV4DR9n-KX3YxB-
La récente ferveur autour du clip VIVIANE (Remix) de PRINCE AIMÉ, featuring Maahlox Le Vibeur, Magasco, Lili Anoma, et Thérapie, a démontré une puissance mobilisatrice inattendue chez la jeunesse camerounaise. En seulement deux jours, le clip a atteint 4,3 millions de vues sur YouTube, attestant de l’engagement massif des jeunes. Cette énergie, déployée autour de l’univers musical, peut-elle se transposer aux prochaines élections présidentielles de 2025 ?
Pour beaucoup d’observateurs, cette mobilisation pour un clip musical révèle une jeunesse active, passionnée et capable de se rassembler autour d’objectifs communs. Il est désormais crucial d’orienter cette même dynamique vers les enjeux politiques du pays, notamment la présidentielle de 2025, où chaque voix comptera pour l’avenir du Cameroun.
1. Un besoin de changement qui appelle à l’engagement citoyen
À travers leurs millions de vues et de partages, les jeunes camerounais expriment un désir de reconnaissance et de représentation. Ils veulent être acteurs de leur société, prendre part aux décisions et se sentir concernés par les choix politiques de leur pays. Cette génération, largement connectée et influencée par les réseaux sociaux, ne se contente plus d’un rôle passif. Dans le contexte des élections, cette jeunesse pourrait être le moteur d’un réel changement politique, en apportant sa voix à des projets et des candidats qui répondent à ses aspirations.
2. L’impact des réseaux sociaux et l’accès à l’information
Comme en témoigne le succès fulgurant du clip VIVIANE (Remix), les réseaux sociaux jouent un rôle majeur dans la sensibilisation et la mobilisation des jeunes Camerounais. Ces plateformes sont de puissants outils de communication et d’organisation, rendant chaque information instantanément accessible. Pour les élections, ces mêmes réseaux pourraient devenir le canal de prédilection pour les débats, les campagnes et les appels au vote, offrant à chaque jeune la possibilité d’exercer une influence concrète sur l’avenir du Cameroun.
3. Un engagement artistique comme modèle de rassemblement politique
La scène musicale et artistique du Cameroun inspire et rassemble massivement la jeunesse. Les artistes incarnent souvent les valeurs et les idéaux qui résonnent avec les aspirations de cette génération. À l’image de leur soutien pour le clip VIVIANE (Remix), les jeunes pourraient soutenir des projets politiques qui leur parlent, qui comprennent leurs réalités et qui promettent des solutions tangibles. Les élections de 2025 sont ainsi une opportunité pour eux de prolonger cette logique d’engagement artistique vers un engagement civique.
4. L’importance des enjeux socio-économiques et de la vision d’avenir
En 2025, les attentes sont grandes, et la jeunesse camerounaise est de plus en plus consciente des défis sociaux et économiques auxquels elle fait face : chômage, difficultés d’accès à l’éducation et à la santé, et manque d’opportunités pour un avenir stable. Ce contexte pourrait inciter cette jeunesse à se mobiliser en masse, espérant trouver des solutions dans un choix de leaders politiques susceptibles de transformer positivement le Cameroun. Leur engagement ne serait donc pas une simple formalité mais bien une décision porteuse d’avenir pour eux-mêmes et pour les générations futures.
5. Une génération qui veut réinventer la politique camerounaise
À l’heure où les jeunes se sont massivement mobilisés pour VIVIANE (Remix), le Cameroun se trouve à un carrefour décisif. Les élections de 2025 représentent une occasion unique pour que cette génération s’affirme en tant qu’acteur principal du destin de son pays. La mobilisation autour de cette échéance pourrait être l’occasion pour les jeunes Camerounais de réinventer la politique, de revendiquer leur droit à un avenir meilleur, et de manifester leur volonté de prendre les rênes de leur propre histoire.
L’enthousiasme des jeunes pour le clip VIVIANE (Remix) est un signe clair que cette génération est prête à se mobiliser quand elle se sent concernée et inspirée. Aux acteurs politiques de capter cette énergie et d’inviter les jeunes à transformer leur passion en votes et en engagement pour les élections présidentielles de 2025. Ce serait là le vrai remix : un Cameroun où la jeunesse trouve enfin sa place dans l’arène politique, façonnant l’avenir de leur nation avec la même ardeur qu’ils ont pour leur culture.
La Jeunesse Camerounaise: Bonne vs Mauvaise
Je me permets de diviser la jeunesse camerounaise en deux catégories contrastantes : celle que j’appellerai la « MAUVAISE jeunesse », et celle que j’identifie comme la « BONNE jeunesse ». Ces deux segments de la société, formés et influencés par des dynamiques politiques et sociales distinctes, incarnent des visions radicalement opposées pour l’avenir du Cameroun. Mon analyse s’efforce de mettre en lumière ces divergences, tout en espérant que la « bonne jeunesse » finira par transformer durablement notre pays car comme le dit Nelson MANDELA : “Les jeunes sont l’avenir d’une nation. Ils doivent être valorisés et responsabilisés afin de contribuer positivement à la société.”
LA MAUVAISE JEUNESSE: ENTRE FRUSTRATION ET AMBITION DÉVOYÉE
La « mauvaise jeunesse » est le produit d’un système corrompu et inefficace, alimenté par le régime en place, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC). Cette jeunesse est formée dans un environnement où la réussite et la promotion sociale dépendent non pas du mérite, mais de l’allégeance politique et du clientélisme. Nombre de jeunes, frustrés par le manque d’opportunités malgré leur fidélité au RDPC, se heurtent à un plafond de verre imposé par des aînés qui refusent de céder la place, préférant conserver leur pouvoir et leurs privilèges.
Le résultat de cette dynamique est une jeunesse sans ambition réelle, qui, en l’absence de perspectives, aspire à l’enrichissement rapide, souvent par des moyens illicites. Cette « mauvaise jeunesse » reproduit ainsi les travers de ses mentors, adoptant une approche de survie axée sur le favoritisme, la corruption et la quête de gains rapides. Elle devient également vulnérable à une double frustration : d’une part, elle doit rivaliser avec une diaspora camerounaise, dont la réussite et le dynamisme mettent en exergue ses propres lacunes ; d’autre part, elle subit des conditions de vie précaires, aggravées par des salaires souvent insuffisants.
Le rejet de la diaspora par cette jeunesse est symptomatique d’un malaise profond. Par exemple, Samuel Eto’o, figure emblématique de la diaspora, a souvent été confronté à une opposition virulente de cette jeunesse lorsqu’il a voulu s’impliquer dans les affaires locales, notamment à la tête de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT). De même, je parie que si Francis Ngannou venait un jour à briguer un poste politique au Cameroun, cette jeunesse, loin de le soutenir, serait l’une de ses principales opposantes. Ce rejet illustre une insécurité face aux Camerounais de la diaspora, perçus comme des « intrus » qui menacent un système de privilèges bien ancré. Ironiquement, elle semble oublier que le président actuel, S.E. Paul Biya, lui-même ancien membre de la diaspora, gouverne le Cameroun à partir de l’étranger, notamment depuis Genève.
LA BONNE JEUNESSE: RÉSISTANCE ET ESPOIR DU CHANGEMENT
À l’opposé, la « bonne jeunesse » représente l’espoir d’un Cameroun nouveau. Cette jeunesse résiste aux pratiques corrompues et clientélistes et aspire à un avenir fondé sur la justice sociale, la transparence et le mérite. Bien que confrontée à un environnement économique difficile, marqué par le chômage et des obstacles quotidiens, elle refuse de céder aux sirènes de la corruption et s’efforce de maintenir une éthique de travail intacte.
La force de cette jeunesse repose sur sa capacité de résilience et sa vision optimiste pour l’avenir. Elle est prête à relever les défis et à se sacrifier pour la construction d’un Cameroun plus juste et équitable. Cette « bonne jeunesse » voit en la diaspora un allié et non un rival. Elle reconnaît que le retour de la diaspora et la contribution de ceux qui, comme Eto’o ou Ngannou, ont réussi à l’étranger, pourraient apporter une expertise précieuse et revigorer le développement du pays.
L’exemple des jeunes Camerounais impliqués dans des initiatives sociales et politiques, montre cette détermination à surmonter les difficultés pour promouvoir le changement. Ces jeunes, loin de se laisser décourager par les conditions répressives imposées par le régime, persistent dans leur engagement pour une réforme politique et économique du pays. Ils incarnent cette jeunesse résistante qui préfère œuvrer pour le changement de l’intérieur plutôt que de fuir le pays en quête de meilleures conditions ailleurs.
UN APPEL À L’UNITÉ DES DEUX JEUNESSES
À mes yeux, la voie vers un Cameroun uni et prospère repose sur la réconciliation entre ces deux jeunesses. La « bonne jeunesse » doit continuer de tendre la main à ses pairs, leur offrant des modèles alternatifs fondés sur l’intégrité et le service à la nation. Cette alliance pourrait aider la « mauvaise jeunesse » à redécouvrir les valeurs de solidarité et de patriotisme nécessaires à la construction d’un Cameroun commun.
Il est crucial que cette bonne jeunesse, en collaboration avec la diaspora, joue un rôle actif dans les prochaines élections, notamment en 2025. Un changement politique profond, porté par une jeunesse unie et visionnaire, pourrait enfin mettre fin aux pratiques de corruption et de favoritisme qui gangrènent notre société. Comme le dit un proverbe africain, « quelque soit la durée de la nuit, le soleil finit toujours par apparaître ».
PR JIMMY YAB












