Le Pr Viviane Ondoua Biwolé, dans son étude approfondie sur la gestion des entreprises publiques camerounaises, fait des révélations accablantes qui soulèvent une question urgente : la nécessité d’un soutien actif de ses collègues de l’académie camerounaise. Elle révèle que 43 présidents de Conseil d’Administration (PCA) ont illégalement perçu 634 millions de francs CFA depuis juillet 2023, alors même que la durée de leur mandat excède la limite légale fixée par la loi de 2017. En outre, ces dirigeants illégaux, dont les mandats auraient dû être révoqués, ont contribué à une perte de 195 milliards de francs CFA pour l’État du Cameroun entre 2020 et 2024.
Face à cette situation préoccupante, il est clair que le Pr Ondoua Biwolé ne peut porter seule le fardeau de ces révélations. Ses collègues universitaires, experts en gouvernance, économie, droit et management, doivent s’engager publiquement pour soutenir ses revendications. En effet, son analyse montre que ces dirigeants d’entités publiques perçoivent des rémunérations conséquentes sans que leurs résultats soient à la hauteur des attentes, une réalité qui met à mal les finances publiques du pays. Elle souligne que 77 % des 48,4 milliards de FCFA versés aux dirigeants publics entre 2020 et 2024 ont été alloués à des entités qui affichent des performances décevantes voire déficitaires.
Ce constat soulève des questions cruciales sur l’efficacité de la gouvernance et de la gestion des entreprises publiques. Mais pour espérer un changement, le Pr Ondoua Biwolé a besoin d’un large front uni de l’académie camerounaise. Il ne s’agit pas seulement de dénoncer, mais de mobiliser les forces intellectuelles pour exiger une réforme des pratiques de gestion publique, tout en proposant des solutions concrètes et adaptées. Le silence de ses collègues face à des révélations aussi graves risque de perpétuer un système où les dirigeants contre-performants continuent de dégrader la valeur des entreprises publiques, tout en bénéficiant d’importantes sommes de l’État.
Le Pr Ondoua Biwolé insiste également sur la nécessité d’évaluer la performance des dirigeants, soulignant que « les dirigeants d’entreprises en stagnation et régression coûtent plus cher à l’État, sans véritablement produire la valeur attendue ». À cet égard, l’académie camerounaise doit jouer un rôle de premier plan, non seulement en appuyant ces revendications, mais aussi en se positionnant comme un acteur incontournable pour l’amélioration de la gouvernance au Cameroun.
En définitive, l’universitaire ne peut réussir cette mission sans un appui fort et public de ses pairs, qui doivent s’élever contre les pratiques illégales et inefficaces qui affaiblissent l’État. En unissant leurs forces à celles du Pr Viviane Ondoua Biwolé, ils pourront non seulement exiger des comptes, mais aussi œuvrer pour une République plus exemplaire, fondée sur la bonne gouvernance et l’utilisation optimale des ressources publiques.
PR JIMMY YAB
