“Quand un État cesse de protéger ses enfants, il cesse d’être un État.”
Le MLDC adresse ses condoléances les plus sincères à la famille du petit Mathis, atrocement arraché à la vie, à seulement six ans, dans une scène d’horreur qui glace le sang. Ce drame n’est pas un simple fait divers : c’est un miroir brisé de notre société, une tragédie nationale, un cri d’alarme contre un système judiciaire rongé par la corruption, l’impunité et la déshumanisation.
Dans un pays normal, un tel acte entraînerait une réaction rapide, juste, transparente et exemplaire. Mais nous sommes au Cameroun de Paul Biya, où la justice est une marchandise, une arme au service des puissants, et un fardeau pour les faibles. Où les crimes sont étouffés sous le poids des réseaux, des influences, et des silences complices. Où, parfois, les liens de sang d’un coupable avec une célébrité suffisent à brouiller les pistes et à dévier l’opinion du cœur de l’horreur : un enfant égorgé. Un pays en ruine morale. Une justice malade.
Oui, nous refusons de détourner le regard. Le MLDC exige justice pour Mathis. Une justice non pas médiatique, mais structurelle. Non pas émotionnelle, mais institutionnelle. Une justice que seul l’État Développementaliste Communautaire (EDC) que nous portons peut bâtir, car c’est un État fondé sur la vérité, la responsabilité, la dignité humaine, et la participation communautaire.
Dans l’État Développementaliste Communautaire :
-Les juges sont élus localement, par les communautés, pour garantir leur indépendance et leur proximité avec les victimes. Les magistrats sont évalués selon leur intégrité et efficacité, pas leur loyauté au pouvoir. Les victimes comme les familles de Mathis ont accès à un système d’accompagnement judiciaire, psychologique et financier, pour reconstruire, se défendre, et obtenir réparation. Les citoyens participent à la surveillance du fonctionnement de la justice, à travers des mécanismes communautaires de contrôle.
Ce que nous vivons aujourd’hui n’est pas un mal isolé. C’est le fruit pourri d’un système autoritaire, élitiste et centralisé, qui a vidé l’État de toute humanité. Combien d’enfants comme Mathis devront encore tomber avant que la peur ne devienne colère ? Avant que la colère ne devienne changement ?
Le MLDC ne se contente pas de pleurer les morts : nous portons l’ambition d’un nouveau Cameroun, où chaque vie compte, où chaque crime est puni, où chaque citoyen peut croire en sa justice. Mathis mérite mieux. Le Cameroun mérite mieux.
Et c’est pourquoi nous appelons à un sursaut national. Pas seulement pour condamner un meurtre, mais pour réinventer un système. Pour que plus jamais un autre Mathis ne soit sacrifié dans le silence ou dans le chaos.
Repose en paix, petit ange. Que ton sang devienne semence de justice.
MLDC — Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun
CHAPITRE 2: Construire avec le PEUPLE ce que la MAIRIE DE POUMA A DÉTRUIT sous LE REGARD COMPLICE DE L’ÉTAT : un acte de résistance face à l’abandon
Un État qui laisse détruire ses infrastructures vitales sans réagir est un État complice. Un État qui ignore les cris de détresse de ses citoyens est un État assassin. Et un État qui, face à la souffrance de son peuple, choisit le silence est un État mort. Le pont de Nkanla n’a pas été détruit par une catastrophe naturelle. Il a été détruit par une entreprise privée, sous le regard complice de la mairie de Pouma et dans l’indifférence totale de l’administration camerounaise.
Ce pont n’était pas un simple passage. C’était le cordon ombilical reliant les populations de Nkanla 1 et 2 au reste du pays, leur permettant d’accéder aux marchés, aux écoles, aux hôpitaux, et tout simplement de vivre. Pendant trois à quatre ans, ces populations ont été abandonnées, privées d’un droit aussi fondamental que celui de se déplacer librement.
Nous avons écrit à toutes les autorités concernées : la mairie, la sous-préfecture, la préfecture, et même les instances supérieures de l’administration centrale. Silence absolu. Pas une seule réponse, pas un seul acte concret, pas même une visite sur le terrain pour constater l’ampleur du drame. Pire encore, lorsque j’ai interpellé les autorités lors du conseil municipal du 31 décembre 2024, le représentant du préfet est resté muet, aussi inerte qu’une statue, comme si ce crime ne le concernait pas.
Alors, face à cette trahison étatique, il ne nous restait qu’une seule solution : prendre nous-mêmes en main notre destin et reconstruire ce que l’État a laissé détruire.
Ici la page FB de la chefferie de Ngompem signalant le début des travaux le 30 juin 2023 en vain
Un projet titanesque sans les moyens de l’État
Reconstruire un pont sans les moyens d’un État, dans un village tropical enclavé, relève d’un défi herculéen. Mais lorsque l’injustice devient insupportable, la résistance devient une nécessité. Nous avons donc lancé la reconstruction avec les forces et les ressources du peuple, dans un esprit de solidarité qui contraste avec la lâcheté des autorités.
Emplacement choisit pour le pont de déviation
Le coût total des travaux s’est élevé à près de 3 500 000 FCFA, entièrement financés par mes propres fonds. Un chiffre dérisoire comparé aux budgets astronomiques que l’État alloue chaque année à des projets fictifs dont l’argent disparaît dans les poches de l’élite corrompue.
Voici comment ces fonds ont été répartis :
1. Mobilisation des jeunes travailleurs :
• Près de 100 jeunes, y compris ceux des villages avoisinants comme Dibang, ont été mobilisés.
• Transport : Les amener sur le site n’a pas été une mince affaire, nécessitant des véhicules et des motos.
• Nourriture et eau potable : Travailler sous le soleil brûlant, avec des outils rudimentaires, exigeait de nourrir correctement les volontaires. Chaque jour, nous avons dû acheter du riz, du maïs, du manioc, de la viande, et de l’eau potable.
2. Prospection et coupe du bois :
• Dans une région tropicale, le choix du bois est crucial. Il fallait une essence robuste, résistante à l’humidité et aux termites.
• Nous avons mené une prospection en forêt pendant plusieurs jours, identifiant les arbres appropriés et organisant leur abattage dans le respect de l’environnement et des traditions locales.
• Transport du bois : Une tâche titanesque. Faute de grues ou d’équipements modernes, nous avons transporté les troncs à la force humaine et avec des charrettes improvisées.
3. Construction du pont :
• Assemblage des poutres : Sans machines, tout a été fait à la hache, à la scie et à la machette. Chaque poutre a été taillée avec précision pour garantir la stabilité de l’ouvrage.
• Fixation et renforcement : Nous avons utilisé des cordes solides, des clous en acier et des techniques artisanales éprouvées par des générations de bâtisseurs locaux.
• Remblayage et stabilisation : La terre et les pierres ont été compactées pour solidifier les abords du pont et empêcher son effondrement en saison des pluies.
Chaque jour, sous un soleil accablant, pieds nus pour certains, avec des mains couvertes d’ampoules, ces jeunes ont travaillé sans relâche pour restaurer ce que l’État avait laissé détruire.
L’État complice : silence et mépris face à la souffrance des populations
Ce chantier a révélé deux Cameroun diamétralement opposés. D’un côté, le Cameroun du peuple, celui qui, sans ressources, sans budget, sans soutien institutionnel, est capable de reconstruire un pont vital par la force de sa volonté et de sa solidarité. De l’autre, le Cameroun des élites corrompues, qui, malgré des milliards de francs CFA en budget, est incapable de garantir une infrastructure de base à ses citoyens.
L’administration, pourtant alertée depuis des années, n’a rien fait. Et ce silence est un aveu de complicité. Comment expliquer qu’un individu privé puisse reconstruire un pont avec 3 500 000 FCFA, tandis que l’État, avec ses milliards, ne bouge pas le petit doigt ?
Ce n’est pas un oubli. Ce n’est pas une négligence. C’est une politique délibérée de mépris et de prédation. Laisser mourir les infrastructures publiques est un moyen pour la mafia au pouvoir de justifier de nouveaux budgets qu’ils détournent ensuite. Et si une communauté ose se prendre en charge, ils réagissent par la répression, car un peuple autonome est un peuple dangereux pour un régime autoritaire.
Quand la solidarité du peuple supplante l’incompétence de l’État
Face à cet abandon criminel, les jeunes de Nkanla et Dibang ont donné une leçon d’honneur et de dignité à l’administration camerounaise. Ils ont montré que la résilience et la solidarité valent mieux que les promesses creuses des politiciens.
Pendant des jours, ils ont travaillé dans des conditions extrêmes. Ils ne demandaient pas des salaires exorbitants, des contrats juteux, ou des privilèges. Ils voulaient juste rétablir un droit fondamental : celui de circuler librement sur leur propre territoire.
Et ils l’ont fait. Le pont de Nkanla a été reconstruit par la sueur et le sang de ces jeunes, et non par les milliards dilapidés dans les hôtels de luxe de Yaoundé et de Genève.
Un acte de résistance, un modèle pour l’avenir
Ce projet ne fut pas qu’une simple réparation d’infrastructure. C’était un acte de résistance politique, un défi lancé à un État qui a fait de la négligence une arme contre son propre peuple.
Si 100 jeunes ont pu reconstruire un pont avec 3 500 000 FCFA, que pourrions-nous accomplir avec une gestion honnête et patriotique des ressources publiques ? Cette question, les dirigeants du Cameroun refusent de se la poser, car la réponse est une menace pour leur règne.
Le pont de Nkanla est plus qu’un passage restauré. C’est un symbole de ce que nous, Camerounais, pouvons réaliser si nous refusons d’être esclaves d’un système corrompu.
Et si l’État refuse de nous écouter, alors nous devons bâtir notre propre avenir, pierre après pierre, poutre après poutre, en nous souvenant toujours que ce pays appartient au peuple, et non à ceux qui le pillent.
Et c’est dans cette lutte que j’ai failli laisser ma propre vie, lors de la troisième étape de mon séjour : un accident de moto sur une route délabrée, une route qui, comme tant d’autres au Cameroun, aurait dû être entretenue par un État qui, encore une fois, n’a pas fait son travail.
CHAPITRE 3 : UN ACCIDENT ÉVITABLE, UN ÉTAT CRIMINEL: QUAND LA ROUTE DEVIENT UNE ARME DE MORT
Moi, le jour des obsèques chaussant déjà une béquille auprès de Mgr
Dans un pays normal, voyager d’un point A à un point B ne devrait pas être un pari sur la vie ou la mort. Mais au Cameroun, l’état des routes est si catastrophique qu’un simple trajet peut se transformer en tragédie. Le 4 février 2025, sur la colline dangereuse de Dongui, j’ai failli perdre la vie. Victime d’un accident de moto où je partais chercher ma voiture au garage, sur une route totalement délabrée, j’ai quitté cet endroit avec une jambe en lambeaux, une douleur indicible et une conviction encore plus forte : au Cameroun, l’incurie de l’État tue autant que la répression politique.
Un réseau routier en état de mort clinique
Si l’on voulait résumer en une image l’échec du régime de Paul Biya, il suffirait de photographier une route camerounaise après une pluie. Ornières béantes, bitume éventré, poussière suffocante en saison sèche et rivières de boue en saison des pluies : tel est le sort de la majorité des axes routiers du pays.
Selon la Banque mondiale (2022), plus de 90 % des routes rurales au Cameroun sont impraticables après une forte pluie. Et pourtant, chaque année, des milliards de francs CFA sont officiellement destinés à l’entretien routier. Où va cet argent ? Dans les poches des pontes du régime, dans les comptes offshore de ministres corrompus, tandis que le peuple, lui, paie le prix du sang.
Le cas de la colline de Dongui est emblématique. Depuis des décennies, cette route est un piège mortel pour ceux qui l’empruntent. Trop pentue, mal entretenue, transformée en un véritable champ de mines par les intempéries, elle aurait dû être sécurisée depuis des années. Mais l’État camerounais ne construit pas des routes pour ses citoyens. Il en construit pour des marchés surfacturés, pour enrichir une oligarchie qui ne circule jamais sur ces axes mortels, préférant les avions privés et les convois sécurisés.
Le Cameroun enregistre l’un des taux de mortalité routière les plus élevés d’Afrique. Selon l’OMS (2023), plus de 16 500 Camerounais meurent chaque année dans des accidents de la route, soit l’équivalent d’un massacre permanent et silencieux, orchestré par l’incompétence et la corruption.
Un accident qui aurait pu m’être fatal
Ce jour-là, j’allais chercher ma voiture au garage à Pouma lorsque ma moto a perdu le contrôle sur cette route en ruine. En une fraction de seconde, j’ai vu défiler ma propre mort. La moto a percuté une crevasse, j’ai été projeté violemment au sol et ma jambe s’est écrasée sous le poids de la moto. Une douleur fulgurante a traversé mon corps. Au sol, incapable de bouger, j’ai réalisé à quel point nous, Camerounais, sommes à la merci de l’incompétence de ceux qui nous gouvernent.
Mon accident n’était pas un simple fait divers. C’était un crime d’État. Car chaque trou non réparé, chaque route abandonnée, chaque infrastructure délaissée est une sentence de mort signée par ce régime. Si les routes camerounaises étaient entretenues, cet accident ne se serait jamais produit. Mais au Cameroun, comme dans bien d’autres domaines, la norme est l’abandon, le mépris, et l’indifférence totale face aux souffrances du peuple.
L’indifférence des pouvoirs publics face à la détresse des citoyens
Après mon accident, aucun service d’urgence n’est venu me secourir. Dans un pays où les ambulances sont des luxes réservés aux ministres, les victimes d’accidents doivent compter sur la chance et la solidarité populaire. J’ai été transporté tant bien que mal par des villageois, sur une route qui, ironie du sort, était en aussi mauvais état que celle qui m’avait blessé.
Les hôpitaux camerounais, eux aussi victimes de décennies de mauvaise gestion, offrent peu d’espoir à ceux qui y arrivent en situation d’urgence. Selon le Rapport sur la Santé en Afrique (2023), plus de 60 % des hôpitaux publics camerounais souffrent d’un manque criant de matériel médical et de personnel qualifié. Pourtant, les élites du régime ne s’y soignent jamais : elles prennent l’avion pour la France, la Suisse ou les États-Unis, pendant que le peuple est abandonné à son sort dans des structures médicales délabrées.
J’ai survécu à cet accident, mais combien d’autres n’ont pas cette chance ? Combien de Camerounais meurent chaque jour sur des routes qui devraient être sûres, dans un pays qui pourrait largement se permettre de les entretenir si les fonds publics étaient réellement investis dans le développement au lieu d’être pillés par une caste prédatrice ?
Quand l’absence d’État devient une condamnation à mort
Mon accident sur la colline de Dongui est plus qu’un simple événement personnel. Il est le symbole d’un Cameroun où l’on ne meurt pas seulement de maladie ou de vieillesse, mais aussi de négligence, de corruption et de l’abandon total du peuple par ses dirigeants. Au Cameroun, chaque trajet est un pari sur la vie. Chaque kilomètre parcouru est un défi contre la mort.
Et le plus tragique, c’est que cet état des routes n’est pas une fatalité. D’autres pays africains, avec des budgets similaires, ont su construire et entretenir des infrastructures viables. Le Rwanda, malgré des ressources bien moindres, possède un réseau routier en bien meilleur état que le Cameroun, simplement parce que la corruption y est combattue et que l’argent public sert réellement à l’intérêt collectif.
Mais au Cameroun, l’État ne sert pas le peuple. Il le méprise. Il le sacrifie. Il lui impose une souffrance quotidienne qui, à force d’être banalisée, est devenue la norme. Et c’est cette normalisation du chaos qui est la plus révoltante.
Je suis reparti de la colline de Dongui avec une jambe meurtrie, mais avec une détermination encore plus forte : ce pays ne changera pas tant que ceux qui l’ont plongé dans cet état ne seront pas balayés.
Si nous acceptons cet état des choses, alors nous nous condamnons nous-mêmes à mourir sur des routes éventrées, dans des hôpitaux sans médicaments, dans des écoles qui s’effondrent. Mais si nous refusons, si nous nous levons pour exiger des comptes, pour réclamer la justice, alors il reste un espoir.
De la route délabrée aux obsèques d’une mère : une transition amère
Malgré la douleur et les séquelles de mon accident, je n’avais pas le luxe de m’arrêter. Un autre combat m’attendait : rendre un dernier hommage à ma mère, dans un pays où même le deuil est politisé. Car si la route du Cameroun est un enfer physique, le système politique qui l’accompagne est un enfer moral où la division, la haine et la peur dictent qui peut pleurer avec vous et qui ne le peut pas.
Introduction : Un discours en trompe-l’œil pour masquer l’échec total
Le 31 décembre 2024, Paul Biya, fidèle à une tradition vieille de plusieurs décennies, s’est adressé aux Camerounais avec un discours empreint de promesses, de chiffres flatteurs et d’un ton résolument optimiste. Pourtant, derrière cette rhétorique bien rodée, se cache une réalité incontestable : celle d’un pays en proie à une crise multiforme et à un recul socio-économique constant. Depuis son accession au pouvoir en 1982, Paul Biya a multiplié les discours exaltant des avancées imaginaires, alors que la situation sur le terrain se détériore inexorablement. Les problèmes liés à la sécurité, à l’économie, aux infrastructures sociales et à l’industrialisation sont autant de preuves d’un échec total que ce discours tente de dissimuler.
Ce discours s’inscrit dans une stratégie récurrente du régime : afficher une image de progrès et de stabilité pour légitimer un pouvoir en déclin, tout en éludant les véritables causes des maux dont souffre le Cameroun. Les taux de croissance vantés, les projets d’infrastructures annoncés et les efforts sécuritaires supposés concluants ne résistent pas à une analyse objective des faits. Derrière les chiffres officiels se cachent des réalités plus sombres : un chômage endémique, une dépendance économique accrue, une désindustrialisation rampante et une insécurité persistante dans plusieurs régions du pays.
Le contraste entre le discours et la réalité est frappant, notamment sur des aspects cruciaux tels que :
• L’économie, où une croissance purement quantitative masque une pauvreté généralisée et une absence de véritable transformation structurelle.
• La sécurité, où les conflits dans les régions anglophones et les attaques de Boko Haram continuent de semer la terreur, malgré les déclarations sur un retour à la paix.
• Les infrastructures sociales, où la majorité des Camerounais peinent à accéder à des services de base de qualité, malgré des décennies de promesses gouvernementales.
• L’industrie, où le Cameroun, autrefois leader industriel en Afrique centrale, a vu disparaître la plupart de ses fleurons industriels sous le règne de Paul Biya, laissant place à une économie largement dépendante des importations.
Cette introduction met en lumière l’écart abyssal entre les déclarations officielles et la réalité vécue par les Camerounais. Si le régime de Paul Biya s’emploie à maquiller la réalité par des discours soigneusement élaborés, les faits montrent que le Cameroun est confronté à une gestion défaillante de ses ressources, une gouvernance minée par la corruption et un manque cruel de vision stratégique pour sortir le pays de la stagnation.
Dans cette analyse, il s’agira de déconstruire le discours de fin d’année 2024 en mettant en évidence ses contradictions, ses failles et ses omissions volontaires. À travers une étude critique des principaux thèmes abordés, économie, sécurité, infrastructures sociales et industrialisation, nous démontrerons que ce discours, loin de refléter une réalité tangible, n’est qu’une opération de communication destinée à maintenir un pouvoir vieillissant et à masquer les véritables échecs d’un régime à bout de souffle. Le Cameroun, après 42 ans de promesses non tenues, mérite une gouvernance nouvelle, tournée vers le développement inclusif et la justice sociale.
I. Des chiffres de croissance économique trompeurs : le vrai visage de l’économie camerounaise
Dans son discours de fin d’année 2024, Paul Biya s’est félicité d’une croissance économique de 3,8 % en 2024 et a annoncé une projection de 4,1 % pour 2025. Ce chiffre, bien qu’attrayant sur le papier, est loin de refléter la réalité économique vécue par la majorité des Camerounais. En effet, cette croissance, essentiellement quantitative, masque de profondes inégalités, une pauvreté persistante et une absence de véritable transformation structurelle de l’économie.
1. Une croissance sans impact sur le quotidien des Camerounais
Bien que le Cameroun affiche régulièrement des taux de croissance positifs, cette croissance ne se traduit pas par une amélioration significative des conditions de vie de la population :
• Taux de pauvreté élevé : Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), plus de 37 % de la population camerounaise vit en dessous du seuil de pauvreté, malgré la croissance affichée. Cette pauvreté est particulièrement marquée dans les zones rurales, où l’accès aux services de base (éducation, santé, eau potable) reste limité.
• Inégalités sociales accrues : Le Cameroun présente un indice de Gini (mesure des inégalités) supérieur à 0,43, indiquant une forte concentration des richesses dans les mains d’une minorité. Cette inégalité est perceptible à travers le contraste entre les quartiers huppés de Douala et Yaoundé et les bidonvilles en pleine expansion.
Exemple concret : À Douala, le quartier de Bonanjo abrite les sièges de grandes entreprises et des résidences luxueuses, tandis que, non loin de là, des quartiers comme New Bell et Makepe sont caractérisés par une pauvreté extrême, sans accès régulier à l’eau potable ni à l’électricité.
2. Une économie dépendante des matières premières
Le Cameroun reste fortement dépendant de l’exportation de matières premières, sans véritable transformation locale :
• Secteur pétrolier : Bien que le pétrole contribue à plus de 40 % des recettes d’exportation, il n’a pas permis de diversifier l’économie ni de créer des emplois massifs. La chute des prix du pétrole sur le marché international entre 2015 et 2018 a révélé la fragilité de cette dépendance.
• Exportation brute des produits agricoles : Le Cameroun exporte principalement du cacao, du café et de l’hévéa sous forme brute, sans transformation locale significative. En 2024, le pays a exporté plus de 300 000 tonnes de cacao, mais seule une infime partie a été transformée localement, privant ainsi l’économie nationale de valeur ajoutée et d’emplois.
Exemple concret : La filière cacao-café, qui emploie plus de 600 000 producteurs, souffre d’un manque d’industries locales de transformation. La majorité des producteurs vendent leurs récoltes à bas prix à des multinationales étrangères, qui se chargent de la transformation et de la commercialisation sur les marchés internationaux.
3. Un secteur industriel embryonnaire
Malgré les annonces sur l’industrialisation, le secteur industriel camerounais reste peu développé :
• Faible contribution au PIB : Le secteur secondaire, incluant l’industrie manufacturière, ne représente que 14 % du PIB, un chiffre faible pour un pays aspirant à l’émergence.
• Projets industriels non aboutis : De nombreuses zones économiques, comme celle de Kribi, censées attirer les investisseurs industriels, peinent à décoller en raison de la bureaucratie, de l’absence d’infrastructures de qualité et d’un climat des affaires peu attractif.
Exemple concret : Le projet de la zone industrielle de Kribi, lancé en grande pompe en 2017, devait accueillir des usines de transformation du bois, du cacao et du pétrole. À ce jour, très peu d’usines ont vu le jour, et la zone reste largement sous-utilisée.
4. Chômage et sous-emploi massifs
Le chômage et le sous-emploi constituent l’un des plus grands défis économiques du Cameroun :
• Chômage des jeunes : Selon l’Institut National de la Statistique (INS), le taux de chômage chez les jeunes de 15 à 35 ans dépasse 30 %, une situation aggravée par l’absence de politiques publiques efficaces de création d’emplois.
• Sous-emploi : La majorité des Camerounais actifs travaillent dans le secteur informel, souvent dans des conditions précaires, sans couverture sociale ni sécurité de l’emploi. En 2024, le secteur informel représentait environ 90 % de l’emploi total.
Exemple concret : À Yaoundé et Douala, les jeunes diplômés peinent à trouver des emplois correspondant à leurs qualifications et se retrouvent souvent contraints de travailler comme conducteurs de mototaxis ou petits commerçants dans le secteur informel.
5. Inflation et perte du pouvoir d’achat
Malgré les affirmations du président sur la maîtrise de l’inflation, la réalité est que les prix des produits de première nécessité continuent de grimper :
• Inflation persistante : L’inflation, bien que réduite à 5 % en 2024, reste élevée pour une économie où les salaires sont faibles et stagnants.
• Hausse des prix des denrées alimentaires : Le prix du pain, du riz, de l’huile et des autres produits de base a fortement augmenté ces dernières années, mettant à mal le pouvoir d’achat des ménages.
Exemple concret : Entre 2021 et 2024, le prix du litre d’huile de palme est passé de 600 FCFA à 1 200 FCFA, et celui du sac de riz de 12 000 FCFA à 18 000 FCFA, entraînant une baisse du niveau de vie des familles les plus modestes.
Une croissance factice et déséquilibrée
Le discours officiel sur la croissance économique ne reflète pas la réalité quotidienne des Camerounais. Derrière les chiffres flatteurs se cache une économie fragile, marquée par une dépendance excessive aux matières premières, une absence de véritable industrialisation et des inégalités croissantes. Cette situation illustre l’échec des politiques économiques menées sous le régime de Paul Biya, incapables de traduire la croissance en développement inclusif.
II. Une politique industrielle fictive : où sont les vraies usines ?
Dans ses discours, Paul Biya vante régulièrement les « progrès industriels » réalisés sous son régime, citant quelques projets ponctuels comme la création de nouvelles cimenteries ou d’usines de carreaux. Toutefois, cette rhétorique masque une réalité bien plus sombre : une désindustrialisation massive depuis son accession au pouvoir en 1982. Le Cameroun, autrefois doté d’un tissu industriel dynamique, a vu la fermeture de nombreuses usines majeures au cours des quatre dernières décennies, laissant place à une dépendance accrue aux importations.
1. Un tissu industriel en déclin depuis les années 1980
Avant l’arrivée de Paul Biya au pouvoir, le Cameroun possédait un secteur industriel prometteur, soutenu par un État interventionniste qui investissait dans des industries stratégiques. Certaines des usines les plus emblématiques de cette époque étaient :
• CELLUCAM (Cellulose du Cameroun) : Cette usine, située à Edea, était spécialisée dans la transformation du bois en pâte à papier. Elle jouait un rôle clé dans l’exploitation des vastes ressources forestières du pays. Sa fermeture dans les années 1990, due à une mauvaise gestion et à un manque d’investissements, a non seulement entraîné la perte de milliers d’emplois, mais aussi forcé le Cameroun à importer du papier.
• CICAM (Cotonnière Industrielle du Cameroun) : Acteur majeur de l’industrie textile, la CICAM produisait des tissus destinés à la consommation locale et à l’exportation. Sous Paul Biya, l’usine a progressivement décliné en raison de la concurrence des produits importés, notamment asiatiques, et de l’absence de protection de l’industrie locale. Aujourd’hui, la CICAM fonctionne à peine, avec une production bien en deçà de sa capacité initiale.
• CAMSUCO (Cameroun Sugar Company) : Cette entreprise sucrière, située dans la région du Centre, contribuait à la production locale de sucre. Sa privatisation mal encadrée dans les années 1990 a conduit à son effondrement. Le Cameroun est depuis devenu dépendant des importations pour combler sa consommation de sucre.
Exemple marquant : En 1980, le Cameroun exportait une partie de sa production textile et de son papier. Aujourd’hui, il importe l’essentiel de ces produits, aggravant son déficit commercial.
2. Des privatisations désastreuses sous les programmes d’ajustement structurel
Dans les années 1990, le Cameroun, sous pression du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, a lancé une série de privatisations dans le cadre des programmes d’ajustement structurel. Ces privatisations, mal préparées et souvent entachées de corruption, ont conduit à la fermeture de nombreuses usines :
• Privatisation de la SONEL (Société Nationale d’Électricité) : Cette entreprise, autrefois publique, a été privatisée en 2001. La gestion privée qui s’en est suivie n’a pas permis d’améliorer l’accès à l’électricité, et les coupures de courant restent fréquentes, entravant le développement industriel.
• Liquidation de la REGIFERCAM (Régie Ferroviaire du Cameroun) : La disparition de cette société publique a eu des conséquences dramatiques sur le transport des marchandises et l’approvisionnement des usines en matières premières.
Conséquence : La privatisation et la fermeture de ces entreprises ont entraîné une désorganisation de l’économie nationale et une hausse des coûts de production pour les rares industries restantes.
3. Des projets industriels récents non aboutis
Depuis les années 2010, le gouvernement a multiplié les annonces de projets industriels ambitieux, mais peu d’entre eux ont réellement vu le jour :
• Zone industrielle de Kribi : Cette zone, censée accueillir des usines de transformation du bois et des matières premières, reste largement sous-exploitée. En 2024, seules quelques entreprises y opèrent, et les infrastructures promises ne sont toujours pas finalisées.
• Technopôle agro-industriel de Ouassa-Babouté : Ce projet, annoncé pour relancer la transformation des produits agricoles locaux (céréales, tubercules, lait), n’a toujours pas démarré, plusieurs années après son lancement officiel.
Exemple concret : La transformation du cacao, un secteur stratégique pour le Cameroun, est un échec flagrant. Bien que le pays soit l’un des premiers producteurs mondiaux de cacao, plus de 85 % de la production est exportée sous forme brute. Les rares usines de transformation fonctionnent en dessous de leur capacité, faute d’investissements et d’un environnement favorable.
4. Un secteur manufacturier embryonnaire
Le secteur manufacturier, clé du développement économique, reste marginal au Cameroun :
• Faible contribution au PIB : Le secteur manufacturier représente à peine 14 % du PIB, contre plus de 30 % dans des pays comme l’Éthiopie ou le Maroc, qui ont su diversifier leur économie.
• Absence de chaîne de valeur locale : La plupart des produits consommés au Cameroun sont importés, même ceux fabriqués à partir de matières premières disponibles localement. Par exemple, le pays importe des meubles alors qu’il dispose de vastes ressources forestières.
Exemple concret : Dans le secteur de la cimenterie, bien que de nouvelles usines aient vu le jour (comme celle de Dangote Cement), le coût du ciment reste élevé, et l’industrie ne parvient pas à répondre à la demande locale en raison de problèmes d’approvisionnement en énergie et en transport.
5. Conséquences de la désindustrialisation
La désindustrialisation massive sous le régime de Paul Biya a eu des conséquences profondes sur l’économie camerounaise :
• Perte de souveraineté économique : Le Cameroun est devenu dépendant des importations pour de nombreux biens de consommation, aggravant son déficit commercial.
• Chômage et précarité : La fermeture des grandes usines a entraîné une perte massive d’emplois formels. La majorité des Camerounais travaillent désormais dans le secteur informel, sans couverture sociale ni sécurité de l’emploi.
• Faible compétitivité : L’absence d’une industrie forte empêche le Cameroun de s’insérer dans les chaînes de valeur régionales et mondiales, limitant ainsi son potentiel de croissance.
Une illusion industrielle entretenue par le régime
Contrairement aux discours officiels, la réalité industrielle du Cameroun est celle d’un déclin constant depuis les années 1980. Les quelques usines récemment inaugurées ne suffisent pas à masquer la disparition de véritables fleurons industriels, ni à compenser les emplois perdus.
III. Gouvernance et corruption : une plaie béante jamais guérie
Paul Biya promet une fois de plus de renforcer la lutte contre la corruption. Or, selon le classement de Transparency International de 2024, le Cameroun figure parmi les 25 pays les plus corrompus au monde, occupant la 142e place sur 180.
Quelques exemples récents illustrent l’ampleur de cette corruption endémique :
Les rapports de la Cour des comptes : Un miroir accablant de la mauvaise gouvernance au Cameroun
Les rapports annuels de la Cour des comptes du Cameroun constituent une source essentielle pour comprendre les dysfonctionnements structurels qui caractérisent la gestion publique sous le régime de Paul Biya. Ces documents, élaborés par une institution indépendante censée surveiller l’utilisation des deniers publics, révèlent chaque année des irrégularités massives, des détournements de fonds et une mauvaise gestion des ressources publiques. Toutefois, malgré la gravité des conclusions de ces rapports, les mesures correctives tardent à être prises et les responsables identifiés ne subissent que rarement des sanctions exemplaires.
1. Des détournements de fonds à grande échelle
Les rapports de la Cour des comptes soulignent régulièrement des cas de détournements massifs de fonds publics dans plusieurs secteurs clés :
• Affaire CovidGate : Dans un rapport publié en 2022, la Cour des comptes a dénoncé la gestion opaque et les détournements de plusieurs milliards de FCFA destinés à la lutte contre la pandémie de Covid-19. Ce scandale a impliqué des ministères stratégiques, mais à ce jour, peu de sanctions concrètes ont été prises.
• Projets d’infrastructures routières : La Cour des comptes a pointé du doigt des surcoûts injustifiés dans plusieurs projets routiers, comme l’autoroute Yaoundé-Douala, dont la première phase, entamée en 2014, n’est toujours pas achevée. Des surfacturations et des paiements effectués pour des travaux non réalisés figurent parmi les irrégularités relevées.
2. La mauvaise gestion des entreprises publiques
Un autre point régulièrement souligné par la Cour des comptes concerne la gestion inefficace des entreprises publiques. De nombreuses sociétés d’État, bien que bénéficiant de subventions massives, continuent d’accumuler des pertes sans contribuer au développement économique :
• CAMTEL (société de télécommunications) et SONARA (raffinerie nationale) figurent parmi les entreprises dont la gestion a été qualifiée de catastrophique par les rapports successifs de la Cour.
• Les zones économiques, telles que la zone industrielle de Kribi, censées dynamiser l’industrialisation, peinent à produire des résultats concrets en raison d’une gestion inadéquate et d’un manque de vision stratégique.
3. Une gouvernance inefficace et un manque de reddition des comptes
Les rapports mettent également en évidence un problème chronique de gouvernance, notamment :
• Absence de suivi des recommandations : Bien que la Cour des comptes formule chaque année des recommandations pour améliorer la gestion publique, celles-ci sont rarement suivies d’effet. Cela témoigne d’un manque de volonté politique de mettre en œuvre des réformes.
• Implication de hauts responsables intouchables : Nombre des détournements et irrégularités concernent des personnalités proches du pouvoir, qui bénéficient d’une impunité totale.
4. Un signal ignoré par Paul Biya
Les rapports de la Cour des comptes auraient pu être un outil puissant de réforme et d’assainissement de la gestion publique. Cependant, sous le régime de Paul Biya, ils restent largement ignorés, réduisant cette institution à un simple observateur sans réel pouvoir de contrainte. Cette situation illustre parfaitement l’incapacité du régime à instaurer une gouvernance fondée sur la transparence et la reddition des comptes.
Les rapports de la Cour des comptes offrent une preuve irréfutable de l’échec du régime en matière de gestion publique. Ils montrent que, malgré les discours officiels sur la lutte contre la corruption et l’amélioration de la gouvernance, le Cameroun reste enlisé dans des pratiques prédatrices qui freinent son développement. Si Paul Biya décide de se présenter à l’élection présidentielle de 2025, il devra répondre de cet héritage accablant. À moins qu’il ne choisisse de sortir par la grande porte, en facilitant une alternance politique et en permettant une nouvelle gouvernance plus efficace et transparente.
Le scandale des stades de football au Cameroun : Une vitrine de la mauvaise gouvernance
Le scandale entourant la construction et la réhabilitation des stades de football au Cameroun est un symbole éclatant de la mauvaise gestion des projets d’infrastructures sous le régime de Paul Biya. Ce scandale a pris de l’ampleur lors de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2021, initialement prévue en 2019, mais reportée en raison des retards accumulés dans la livraison des infrastructures. Les dysfonctionnements constatés révèlent non seulement une gestion calamiteuse des fonds publics, mais aussi un système profondément corrompu.
1. Des coûts exorbitants et injustifiés
Le coût total des infrastructures sportives liées à la CAN a largement dépassé les prévisions initiales. Le cas emblématique est celui du stade d’Olembe, dont le coût initial était estimé à 163 milliards de FCFA, mais qui a finalement dépassé 330 milliards de FCFA. Cette explosion des coûts s’explique par :
• La mauvaise planification : Des modifications répétées des plans et des délais non respectés ont conduit à une inflation artificielle des coûts.
• La surfacturation et les détournements de fonds : Selon des rapports de la Cour des comptes et de certaines enquêtes journalistiques, une partie importante des fonds alloués a été détournée ou mal utilisée.
Le stade d’Olembe, censé être un joyau architectural et une fierté nationale, n’a été partiellement achevé qu’à la veille de la compétition, après plusieurs avertissements de la Confédération Africaine de Football (CAF).
2. Des infrastructures inachevées ou sous-utilisées
Malgré les sommes faramineuses investies, plusieurs stades restent partiellement achevés ou sous-utilisés :
• Le stade d’Olembe, malgré son inauguration précipitée pour la CAN, présente encore des travaux inachevés. Le complexe sportif prévu autour du stade, comprenant des hôtels et des commerces, n’a jamais été réalisé.
• Le stade de Japoma, construit à Douala à un coût également élevé, souffre d’un entretien insuffisant, et son utilisation est limitée faute d’une gestion adaptée.
3. Un scandale sans véritable sanction
Malgré l’ampleur des dysfonctionnements et des détournements constatés, aucune sanction significative n’a été prise contre les responsables de ce fiasco. Les appels de la société civile et de certains parlementaires à ouvrir une enquête indépendante sont restés sans suite. Ce silence s’explique par la proximité des principaux bénéficiaires de ces détournements avec le cercle du pouvoir :
• Responsabilité politique : Plusieurs ministres et hauts responsables ayant supervisé ces projets n’ont jamais été inquiétés.
• Impunité systémique : Le régime Biya a démontré à plusieurs reprises son incapacité, ou son absence de volonté, à sanctionner les cas de corruption impliquant des proches du pouvoir.
IV. Un bilan sécuritaire désastreux : le mythe de la paix retrouvée
Dans son discours de fin d’année 2024, Paul Biya affirme que la paix et la sécurité sont désormais consolidées au Cameroun, malgré quelques « attaques lâches » de groupes terroristes et des « atrocités commises par des bandes armées ». Cette affirmation, loin de refléter la réalité sur le terrain, s’inscrit dans une longue tradition de discours minimisant la gravité des crises sécuritaires que traverse le pays. En vérité, le bilan sécuritaire du régime Biya est désastreux, marqué par une gestion inefficace des conflits et une détérioration constante de la situation dans plusieurs régions.
1. La persistance de la crise anglophone : Une guerre non déclarée
Depuis 2016, le Cameroun est plongé dans une grave crise dans ses régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où des groupes séparatistes anglophones affrontent les forces gouvernementales. Malgré les déclarations répétées du gouvernement sur un retour progressif à la paix, la réalité est bien différente :
• Un conflit meurtrier : Selon les estimations de l’International Crisis Group, le conflit a fait plus de 6 000 morts et forcé près d’un million de personnes à fuir leurs foyers. Les civils, pris en étau entre les forces de sécurité et les groupes séparatistes, paient le prix fort.
• Exactions des deux camps : Des rapports de Human Rights Watch et d’autres organisations de défense des droits humains documentent des exactions commises par les deux parties. Les forces de sécurité sont accusées d’exécutions extrajudiciaires, de viols et de destruction de villages, tandis que les groupes séparatistes multiplient les enlèvements, les attaques contre les écoles et les assassinats de civils soupçonnés de collaborer avec le gouvernement.
• Un processus de paix au point mort : Le Grand Dialogue National organisé en 2019, censé résoudre la crise, n’a produit aucun effet concret. Les principales revendications des anglophones, comme la fédéralisation ou une autonomie accrue, ont été ignorées, ce qui a conduit à un durcissement des positions des groupes séparatistes.
Exemple marquant : En novembre 2024, une attaque dans un village de la région du Nord-Ouest a causé la mort de 27 civils, dont des femmes et des enfants, un événement qui illustre la violence persistante dans cette zone. Malgré la présence de forces de sécurité, les habitants continuent de vivre dans la peur quotidienne.
2. La menace persistante de Boko Haram dans l’Extrême-Nord
La région de l’Extrême-Nord du Cameroun est confrontée depuis 2014 à la menace de Boko Haram, un groupe terroriste originaire du Nigeria. Bien que Paul Biya se félicite des « progrès significatifs » dans la lutte contre ce groupe, les faits démontrent que la menace persiste :
• Attaques régulières : En 2024, plusieurs dizaines d’attaques ont été recensées dans la région, causant la mort de civils et de militaires. Ces attaques visent principalement des villages isolés et des postes de sécurité.
• Déplacements de population : Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), plus de 340 000 personnes restent déplacées dans l’Extrême-Nord à cause des violences de Boko Haram, vivant dans des conditions précaires.
• Recrutement forcé : Le groupe terroriste continue de recruter de force des jeunes dans les villages reculés, profitant de la pauvreté et de l’absence d’opportunités économiques.
Exemple marquant : En juillet 2024, une attaque de Boko Haram dans la localité de Mozogo a fait 15 morts, principalement des civils, et provoqué le déplacement de centaines de familles. Cet événement démontre que, malgré les opérations militaires, la menace terroriste reste vive.
3. Criminalité urbaine et insécurité dans les grandes villes
En plus des crises majeures dans les régions anglophones et l’Extrême-Nord, le Cameroun est confronté à une montée de la criminalité dans les centres urbains :
• Banditisme et vols à main armée : À Douala et Yaoundé, les cas de vols à main armée, d’agressions et de cambriolages se sont multipliés ces dernières années. Malgré l’annonce de mesures pour renforcer la sécurité, les populations continuent de vivre dans l’insécurité.
• Développement des gangs : Des gangs organisés, souvent composés de jeunes désœuvrés, prolifèrent dans plusieurs quartiers sensibles, profitant de l’absence de politiques efficaces de réinsertion sociale.
Exemple marquant : En octobre 2024, une série de cambriolages spectaculaires dans des quartiers résidentiels de Yaoundé a suscité une vive inquiétude parmi les habitants, forçant les autorités à lancer une opération de sécurisation. Cependant, ce type d’actions ponctuelles reste sans effet durable sur la criminalité.
4. L’échec des programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR)
Pour tenter de résoudre les conflits armés, le gouvernement camerounais a mis en place des programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) destinés aux combattants séparatistes et aux ex-membres de Boko Haram. Cependant, ces programmes peinent à atteindre leurs objectifs :
• Faible adhésion : Très peu de combattants séparatistes ont rejoint les centres de DDR, craignant des représailles ou ne croyant pas en la sincérité de l’offre gouvernementale.
• Conditions de vie précaires dans les centres : Plusieurs rapports font état de mauvaises conditions de vie dans les centres de DDR, où les ex-combattants peinent à recevoir une formation professionnelle ou un accompagnement adéquat.
• Rechute dans la violence : Faute de suivi et d’opportunités économiques, certains ex-combattants retournent dans la clandestinité et reprennent les armes.
Un discours déconnecté de la réalité
Le bilan sécuritaire de Paul Biya est loin d’être celui d’un pays en voie de pacification. En réalité, le Cameroun reste confronté à de multiples foyers de tension qui continuent de déstabiliser plusieurs régions et d’affecter la vie quotidienne des populations. Le discours du régime, qui présente une image d’un pays en paix, relève davantage de la propagande que de la réalité.
V. Des infrastructures sociales insuffisantes : un quotidien difficile pour les Camerounais
Malgré les discours optimistes de Paul Biya sur l’amélioration des conditions de vie des Camerounais, les infrastructures sociales restent gravement insuffisantes. Les secteurs clés comme l’éducation, la santé, l’eau potable et l’électricité souffrent d’un sous-investissement chronique et d’une gestion inefficace. Ces défaillances ont des conséquences directes sur le quotidien des populations, notamment les plus vulnérables.
1. Éducation : Des écoles sous-équipées et des enseignants mal rémunérés
Le système éducatif camerounais est confronté à de nombreux défis :
• Manque d’infrastructures scolaires : Dans de nombreuses régions, les écoles sont en nombre insuffisant et mal équipées. Il n’est pas rare de voir des enfants suivre les cours dans des abris de fortune ou sous des arbres, faute de salles de classe adaptées.
• Classes surchargées : Dans les zones urbaines, les écoles publiques accueillent souvent plus de 100 élèves par classe, ce qui nuit à la qualité de l’enseignement.
• Faible motivation des enseignants : Les enseignants, mal rémunérés et confrontés à des conditions de travail précaires, multiplient les grèves pour réclamer de meilleures conditions. En 2022, le mouvement des enseignants baptisé “On a trop supporté” a paralysé le secteur pendant plusieurs semaines.
Ces problèmes contribuent à un taux d’abandon scolaire élevé, en particulier dans les zones rurales et les régions anglophones touchées par la crise.
2. Santé : Un système sous-équipé et inaccessible
Malgré les annonces répétées sur le renforcement du système de santé, la réalité reste préoccupante :
• Insuffisance des infrastructures de santé : De nombreuses localités, notamment en zones rurales, ne disposent pas d’hôpitaux ou de centres de santé fonctionnels. Là où ils existent, ils manquent souvent de personnel qualifié, de médicaments et d’équipements essentiels.
• Hôpitaux en crise : Les grands hôpitaux publics des villes comme Yaoundé et Douala sont saturés et sous-équipés. Le manque de lits, de matériel médical et de médicaments est récurrent. En 2023, une enquête a révélé que plus de 60 % des patients hospitalisés dans les grandes villes devaient acheter eux-mêmes leurs médicaments en pharmacie.
• Frais de santé élevés : L’absence d’un système de couverture universelle efficace rend les soins de santé inaccessibles à une grande partie de la population. De nombreuses familles doivent choisir entre se soigner et subvenir à leurs besoins de base.
Exemple marquant : le Centre hospitalier universitaire de Yaoundé (CHUY), qui, malgré son statut d’hôpital de référence, souffre d’un manque chronique de financement et d’équipements, entraînant une détérioration constante de la qualité des soins.
3. Eau potable : Un défi quotidien pour des millions de Camerounais
L’accès à l’eau potable reste un défi majeur dans de nombreuses régions :
• Pénurie d’eau dans les grandes villes : À Yaoundé et Douala, les coupures d’eau sont fréquentes, obligeant les habitants à s’approvisionner auprès de revendeurs informels à des prix élevés. En 2024, plusieurs quartiers de Yaoundé ont connu des périodes de pénurie prolongée, suscitant la colère des populations.
• Accès limité en milieu rural : Dans les zones rurales, moins de 40 % des habitants ont accès à une source d’eau potable. La majorité des populations s’approvisionne encore dans les rivières et les puits non protégés, exposant ainsi les familles à des maladies hydriques comme le choléra.
Bien que des projets d’adduction d’eau aient été lancés, comme celui du projet d’alimentation en eau de la ville de Yaoundé à partir du fleuve Sanaga, leur impact reste limité en raison des retards et des problèmes de gestion.
4. Électricité : Un accès irrégulier et insuffisant
Malgré les promesses d’amélioration de l’accès à l’électricité, le Cameroun continue de faire face à des délestages fréquents :
• Délestages chroniques : Les coupures de courant sont monnaie courante, même dans les grandes villes. Cela perturbe non seulement la vie des ménages, mais aussi les activités économiques, notamment les petites entreprises.
• Inégalité dans l’accès : Selon un rapport de la Banque mondiale, environ 30 % de la population rurale n’a toujours pas accès à l’électricité. Dans certaines localités, les habitants doivent parcourir de longues distances pour recharger leurs appareils électriques à des générateurs privés.
Exemple marquant : le barrage de Lom Pangar, annoncé comme une solution durable au problème énergétique, a été achevé avec plusieurs années de retard et n’a pas permis de résoudre les délestages persistants.
5. Logement et urbanisation : Une gestion anarchique
L’urbanisation rapide des grandes villes comme Douala et Yaoundé a conduit à une crise du logement :
• Bidonvilles en expansion : Une grande partie de la population urbaine vit dans des quartiers précaires, sans accès aux services de base (eau, électricité, assainissement). Selon une étude de l’ONU-Habitat, plus de 60 % des habitants de Douala vivent dans des bidonvilles.
• Projets de logements sociaux non achevés : Plusieurs programmes de logements sociaux annoncés par le gouvernement, comme ceux de Logpom à Douala et de Mbanga-Bakoko à Yaoundé, n’ont pas été finalisés ou restent inaccessibles en raison de coûts élevés.
Le quotidien difficile des Camerounais, marqué par des infrastructures sociales insuffisantes, contraste fortement avec les discours officiels qui se félicitent de progrès inexistants. La détérioration des services de base reflète l’échec d’une gouvernance incapable de répondre aux besoins essentiels de sa population.
VI. Paul Biya et la présidentielle de 2025 : Le faux appel du peuple et le choix de sa sortie
Dans son discours de fin d’année 2024, Paul Biya laisse habilement entendre qu’il pourrait à nouveau être candidat à l’élection présidentielle prévue en 2025. Bien qu’il ne déclare pas ouvertement ses intentions, les sous-entendus sont clairs : il évoque sa « détermination intacte » et le soutien prétendu d’un peuple reconnaissant, tout en insistant sur la nécessité de poursuivre le chemin entamé sous son impulsion. Cette mise en scène prépare le terrain à une candidature que ses partisans présenteront comme une « demande du peuple ». Mais au-delà des apparences, cet « appel » du peuple n’est qu’une mascarade orchestrée par une élite politico-administrative soucieuse de préserver ses privilèges sous un régime usé.
1. L’illusion de l’appel populaire : Une manœuvre politicienne bien rodée
Depuis plusieurs décennies, chaque élection présidentielle au Cameroun est précédée d’une série de « motions de soutien » adressées au président Paul Biya par des groupes d’élites locales, des chefs traditionnels et des membres du parti au pouvoir, le RDPC. Ces motions, souvent relayées par les médias publics, présentent toujours la même rhétorique : elles implorent le président de « répondre favorablement à l’appel pressant du peuple » et de briguer un nouveau mandat « pour assurer la stabilité et la continuité du développement ».
Or, il est important de rappeler que ces appels ne sont ni spontanés ni représentatifs de la volonté populaire réelle. En effet :
• Mobilisation artificielle : Les motions de soutien sont le fruit de pressions exercées sur les élites locales, qui craignent de perdre leurs privilèges ou leurs postes s’ils ne participent pas activement à cette mise en scène.
• Répression des voix dissidentes : Toute voix s’opposant à cette narrative est systématiquement étouffée. L’espace démocratique étant extrêmement restreint au Cameroun, la majorité des citoyens n’a ni les moyens ni la liberté de s’exprimer véritablement.
Le véritable sentiment populaire est tout autre : une grande majorité des Camerounais aspire à un changement de leadership, une alternance démocratique et une nouvelle dynamique politique après 42 années d’immobilisme.
2. Une candidature qui prolongerait la crise politique et économique
Si Paul Biya décidait de se représenter en 2025, cela signifierait le prolongement d’un régime marqué par :
• Une économie stagnante : Malgré les discours optimistes, le Cameroun peine à diversifier son économie et reste dépendant des matières premières, tandis que le taux de chômage reste élevé, notamment chez les jeunes.
• Une gouvernance défaillante : La corruption endémique, la mauvaise gestion des ressources publiques et l’absence de réformes structurelles continueraient de freiner le développement.
• Une instabilité sécuritaire persistante : La crise anglophone, mal gérée depuis son déclenchement, risque de s’enliser davantage si le régime actuel, perçu comme illégitime par une partie de la population, reste en place.
En choisissant de se maintenir au pouvoir, Paul Biya ne ferait que retarder une transition inévitable, au risque de plonger le pays dans une crise politique et sociale encore plus profonde.
3. Le choix historique de Paul Biya : La grande porte ou la petite porte
À 92 ans et après plus de quatre décennies à la tête du Cameroun, Paul Biya est face à un choix crucial qui déterminera son héritage historique :
• Sortir par la grande porte : Le geste d’un homme d’État
Paul Biya a encore la possibilité de marquer positivement l’histoire en renonçant à briguer un nouveau mandat et en organisant une transition démocratique transparente. Ce geste serait celui d’un homme d’État responsable, soucieux de préserver la stabilité de son pays et d’assurer une alternance pacifique. Il pourrait devenir un exemple pour les autres dirigeants africains souvent accusés de s’accrocher au pouvoir. Cette sortie par la grande porte lui permettrait de se retirer avec honneur, respecté non seulement par les Camerounais, mais aussi par la communauté internationale.
• Sortir par la petite porte : L’épilogue d’un règne contesté
À l’inverse, s’il choisit de se représenter, Paul Biya risque d’être emporté par une contestation populaire croissante. Une nouvelle candidature ne ferait que renforcer le sentiment de frustration et d’exaspération d’une grande partie de la population, ouvrant la voie à des troubles politiques majeurs. L’histoire est pleine de dirigeants qui, refusant de lire les signes du temps, ont fini par être chassés du pouvoir dans l’humiliation et la violence.
La sagesse voudrait que Paul Biya prenne la mesure de la situation et comprenne qu’il est temps de laisser la place à une nouvelle génération de dirigeants capables de relever les défis de l’heure. Cette décision lui appartient seul : elle sera celle d’un homme qui choisit de rester dans l’histoire comme un bâtisseur de paix ou d’être rejeté comme un dirigeant ayant refusé de céder sa place au moment opportun.
4. Une opportunité pour un nouveau départ démocratique
La non-candidature de Paul Biya pourrait ouvrir une nouvelle ère au Cameroun :
• Une transition pacifique et crédible : En se retirant, il permettrait au Cameroun d’organiser des élections crédibles, transparentes et inclusives, qui offriraient au pays une chance de se réinventer.
• Un dialogue national sincère : Son retrait ouvrirait la voie à un véritable dialogue avec toutes les forces vives de la nation, y compris l’opposition et la société civile, pour définir un nouveau projet national.
• Une réconciliation nationale : L’alternance politique favoriserait la réconciliation des régions anglophones et le renforcement de l’unité nationale.
Conclusion générale : L’heure du choix a sonné
Paul Biya est à un moment décisif de son règne. Son choix de se maintenir au pouvoir ou de céder sa place déterminera non seulement son héritage personnel, mais aussi l’avenir du Cameroun. Ce pays, riche de son potentiel et de sa jeunesse, mérite mieux que la stagnation actuelle. Il mérite une nouvelle direction, une nouvelle vision, un nouveau souffle.
Seul Paul Biya peut encore décider de sortir par la grande porte, en homme d’État conscient de sa responsabilité historique. S’il ne le fait pas, l’histoire et le peuple camerounais lui imposeront tôt ou tard une sortie par la petite porte, avec le souvenir amer d’un règne trop long, marqué par des promesses non tenues et une transition manquée.
Le Cameroun a besoin de changement, et ce changement doit commencer maintenant.
Bibliographie
1. Banque mondiale, « Promouvoir une croissance inclusive au Cameroun : Défis et opportunités », Washington DC, 2023.
2. Institut National de la Statistique (INS), Rapport sur l’évolution du secteur industriel au Cameroun, Yaoundé, 2024.
3. Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), Indice de développement humain et rapport sur la compétitivité économique du Cameroun, Yaoundé, 2023.
4. Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), Rapport sur la désindustrialisation en Afrique centrale : le cas du Cameroun, Vienne, 2023.
5. Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), « Politique industrielle et chaînes de valeur en Afrique », Genève, 2022.
6. Transparency International, Indice de perception de la corruption : focus sur les grands projets d’infrastructures et gouvernance au Cameroun, Berlin, 2024.
7. Human Rights Watch, « Cameroon: Armed Separatists and Security Forces Abuses », New York, 2024.
8. Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), Rapport sur les déplacés internes au Cameroun, Genève, 2023.
9. International Crisis Group, « Cameroon’s Anglophone Crisis: The Need for Dialogue », Bruxelles, 2024.
10. Agence Ecofin, Articles sur l’économie, les infrastructures et la sécurité au Cameroun, Douala, 2023-2024.
11. Le Messager, « CELLUCAM, CICAM, CAMSUCO : un passé industriel glorieux abandonné », Yaoundé, édition spéciale, 2023.
12. Mutations, « Privatisations et fermetures d’usines : un bilan controversé », Douala, juin 2024.
13. Cour des comptes du Cameroun, Rapport sur la gestion des projets d’infrastructures sportives liés à la CAN 2019 et audit des entreprises publiques, Yaoundé, 2021-2023.
14. ONU-Habitat, Rapport sur l’urbanisation et le logement au Cameroun, Nairobi, 2023.
15. Ministère de la Défense du Cameroun, Rapport annuel sur les opérations de maintien de l’ordre et la lutte contre le terrorisme, Yaoundé, 2024.
16. Cameroon Tribune, Articles sur les défis de la transformation locale et les projets industriels, Yaoundé, 2023-2024.
17. Mutations, « Le chômage des jeunes au Cameroun : une bombe à retardement », Douala, édition spéciale, mai 2024.
18. Le Messager, « Crise anglophone : les civils entre deux feux », Yaoundé, édition spéciale, décembre 2023.
19. Agence Ecofin, « Les échecs des zones industrielles au Cameroun : cas de Kribi et Ouassa-Babouté », Douala, 2023.
20. Confédération Africaine de Football (CAF), Rapports d’inspection des infrastructures sportives au Cameroun, 2018-2021.
Three apparently different signatures of the President of the Republic of Cameroon
Abstract
This article scientifically analyzes the authenticity of signatures affixed to recent decrees from the Presidency of the Republic of Cameroon. Using the presidential signature captured live and publicly broadcast during the Final Communiqué of the Extraordinary CEMAC Summit held in Yaoundé on December 16, 2024, we compare this signature with those found on official decrees signed in early December 2024. The observed discrepancies raise significant questions about potential falsification or manipulation of these documents. This study highlights the consequences of such manipulation on the credibility of the State, national trust, and Cameroon’s international relations. Finally, it offers recommendations to restore transparency and strengthen document security mechanisms.
Keywords
Presidential signature, Document authenticity, Political manipulation, Trust crisis, Document security, Cameroon, MLDC, Friedman, Paul Biya, Dawson, Martin et Smith.
Final Communiqué of the CEMAC Extraordinary Summit held in Yaoundé on December 16, 2024
Introduction The presidential signature occupies a central place in the functioning of the State. It guarantees the legitimacy of the administrative and political acts of the executive branch, while embodying national sovereignty. During the CEMAC Extraordinary Summit held on December 16, 2024 in Yaoundé, the signature of the President of the Republic, Paul Biya, was carried out live, under the watchful eye of the heads of state present and the international media. This signature, broadcast on television, thus constitutes an authentic visual reference.
However, an in-depth analysis of recent decrees signed in early December 2024 reveals troubling divergences. These signatures, which differ from the visual reference of the CEMAC Summit, raise fundamental questions: is this a falsification or an administrative error? The implications of such manipulation could be disastrous for institutional stability, public confidence and Cameroon’s reputation on the international scene. As Friedman (2021) points out, “the integrity of official documents is the cornerstone of democratic governance and the rule of law.”
This article, structured around a scientific analysis of signatures, examines these inconsistencies using rigorous visual and graphological comparison methods. It also explores the possible consequences of falsification and proposes concrete solutions to ensure the integrity of official documents in the future.
A. Methodology The approach adopted is based on a multi-step methodology aimed at establishing the reliability of the presidential signatures examined:
Collection of official documents from the official website of the Presidency of the Republic of Cameroon: https://www.prc.cm The decrees analyzed include: 1.1. Decree No. 2024/638: financing of the rice value chain.
Decree No. 2024/638 of December 2, 2024 relating to the financing of the Rice Value Chain Development Project in Cameroon (PDCVRC)
1.2. Decree No. 2024/643: appointment to the Ministry of Scientific Research
Decree No. 2024/643 of December 3, 2024 appointing an Inspector General at the Ministry of Scientific Research and Innovation
1.3. Decree No. 2024/637: promotion to the higher rank of the defense forces
Decree No. 2024/637 of December 2, 2024 promoting to the higher rank of an Active Officer of the Defense Forces, as of the second half of the 2024 budget year, as a regularization
1.4.Decree No. 2024/639: financing of the video surveillance system.
Decree No. 2024/639 of December 2, 2024 relating to the partial financing of the National Extension Project of the Intelligent Urban Video Surveillance System
1.5. Decree No. 2024/642: loan for the electricity sector
Decree No. 2024-642 of December 3, 2024 authorizing MINEPAT to sign – with the AfDB – a Loan Agreement for the financing of the Support Program for the Recovery of the Electricity Sector in Cameroon (PARSEC)
Comparative analysis of signatures Scientific analysis of discrepancies: Each signature was visually and graphically evaluated to identify anomalies that could suggest manipulation. Signatures were compared according to the following criteria:
-Letter inclination: the regularity of the writing. -Pen pressure: uniformity of the strokes, thick and thin areas. -Fluidity of the curves: consistency and continuity of the handwritten movement.
2.1. Reference signature: The signature made live during the CEMAC Final Communiqué constitutes the standard of comparison.This methodology is based on proven techniques in documentary analysis. As Martin and Smith (2020) note, “a forged signature is distinguished by a lack of natural fluidity and an absence of continuity in the strokes.”
B. Analysis of Signatures of Decrees and Results
Decree No. 2024-638 and Decree No. 2024-637: When examining the signatures affixed to these two decrees, several inconsistencies appear: -The inclination of the letters is irregular, unlike the authentic signature. -The pressure of the pen varies excessively, with abnormally thick areas. -Some letters appear distorted or hesitant, which is not characteristic of natural writing. Decree No. 2024-639: In this decree, the signature presents more rigid and mechanical strokes, suggesting a possible automated reproduction. The visual comparison clearly shows a lack of fluidity. Decree No. 2024-642 and Decree No. 2024-643: These two signatures are the most troubling. They display striking differences with the reference signature, including: -Misaligned letters. -A disproportion in the curves and loops. -A lack of continuity in the movement of the pen. These inconsistencies, compared to the authentic signature of the Final Communiqué, suggest a potential manipulation or a potential falsification.
C. Consequences of a Manipulation
Crisis of National Confidence The falsification of the presidential signature is an extremely serious act that can lead to a total breakdown of trust between the Cameroonian people and their institutions. The signature of the Head of State symbolizes the sovereignty, legitimacy and continuity of the State. When doubt arises about the authenticity of such a signature, it calls into question the validity of the decrees and decisions taken, thus weakening the foundations of the social contract between the governors and the governed. A generalized loss of confidence can extend to all structures of the State, in particular public administrations, law enforcement and the judicial system, perceived as complicit or ineffective in the face of such manipulation. Furthermore, this crisis of legitimacy could give rise to citizen protests, fueling a climate of social and political instability. The Cameroonian people, already facing many socio-economic challenges, would see this situation as further proof of weak governance. Ultimately, this crisis could delegitimize all decisions taken by the government, leading to a blockage of reforms and projects necessary for the country’s development. As Dawson (2019) points out, “trust is the oxygen of democratic institutions. When this oxygen becomes scarce, society suffocates.”
International Repercussions The manipulation of a presidential signature is not limited to national borders. It has direct consequences on Cameroon’s diplomatic and economic relations with its international partners. International organizations such as the African Development Bank (AfDB) or the International Monetary Fund (IMF), which finance projects essential to the country’s development, could suspend their financing agreements until the situation is clarified. Such a decision would compromise infrastructure, health or education projects, plunging the country into a major economic crisis. In addition, foreign investors, already cautious in an African context often perceived as risky, would turn away from Cameroon, weakening its economic attractiveness. In diplomacy, the credibility of a State is based on the consistency and transparency of its actions. Confirmed manipulation would permanently tarnish Cameroon’s image on the international scene, leading to political and economic consequences. As Friedman (2021) states, « a State that fails to guarantee the integrity of its official documents exposes itself to global distrust ».
Weakening the Rule of Law The rule of law is based on citizens’ trust in the authentic and legitimate nature of the decisions taken by their leaders. A falsification of the presidential signature would weaken this fragile balance. Indeed, if official documents, supposed to be irreproachable, are found to be manipulated, this would open the door to more serious abuses such as systemic corruption or the falsification of other crucial decisions. The judicial system would also be called into question, as citizens could doubt its ability to sanction those responsible for such fraud. Such manipulation encourages the development of a culture of impunity, where forgers go unchallenged, which undermines the effectiveness of public institutions. This situation would set a dangerous precedent, where laws and rules would be perceived as manipulable according to personal or political interests. As Martin and Smith (2020) remind us, “the solidity of a state rests on its capacity to guarantee the integrity of its institutional processes and to inspire confidence in citizens”
Risks of Social Tensions In a context where economic inequalities and political frustrations are already marked, a manipulation of the presidential signature could exacerbate social tensions in Cameroon. Citizens, feeling their rights violated and their trust betrayed, could take to the streets to demand accountability from the authorities. Such demonstrations, if left uncontrolled, could degenerate into violence, with clashes between the security forces and the population. Opposition groups could exploit this situation to mobilize their supporters, accentuating political divisions. Social tensions could also extend to ethnic and regional communities, fueling already existing divisions. This instability could compromise the economic and social progress made so far. As Friedman (2021) indicates, “the stability of a country rests on its capacity to guarantee transparency and justice, failing which citizens end up contesting its legitimacy”.
D. MLDC Recommendations
Official Clarification Given the observed discrepancies, the General Secretariat of the Presidency must imperatively publish an official communiqué explaining in detail the circumstances surrounding the signing of the recent decrees. This communiqué must clarify the processes that led to these inconsistencies and present the authentic documents to dispel doubts. Transparency is essential to reassure the population and prevent this situation from degenerating into a political crisis. The government must also commit to providing irrefutable documentary evidence, such as recordings or signature registers, in order to strengthen the credibility of the explanations put forward.
Establishment of an Independent Investigation The MLDC proposes the creation of an independent commission of inquiry composed of experts in graphology, document security and constitutional law, from national and international structures. This commission must have unlimited access to the decrees concerned and to the presidential archives to conduct a rigorous scientific analysis. Such an investigation would ensure an objective assessment of the signatures and would make it possible to identify potential perpetrators of falsification. The results of this investigation must be made public to ensure full transparency and restore trust.
Strengthening Security Mechanisms To prevent future manipulations, the MLDC recommends the integration of advanced security technologies in the validation of official documents. For example, the implementation of encrypted digital signatures would ensure the authenticity of documents and make their falsification almost impossible. These tools, already used in several countries, guarantee the traceability of documents and allow their provenance to be quickly verified.
Mobilization of Civil Society Civil society organizations, the media and citizens must play an active role in this situation by demanding accountability from the authorities. Their mobilization is essential to maintain the political pressure necessary to establish the truth. In addition, awareness-raising campaigns could allow the population to better understand the issues related to this manipulation.
Conclusion The integrity of the presidential signature is crucial for the functioning of the state and national trust. The inconsistencies noted in recent decrees raise serious questions about the authenticity of documents emanating from the Presidency of the Republic. If this situation is not addressed with transparency and rigor, it risks compromising the political, social and economic stability of Cameroon. The MLDC calls on the authorities to act responsibly by clarifying this situation through an independent investigation and structural reforms aimed at strengthening documentary security. The Cameroonian people have a right to the truth to preserve their trust in institutions and guarantee the stability of the nation. As Dawson (2019) said: “Transparency is the foundation of democratic legitimacy.”
Bibliography
Friedman, J. (2021). State Integrity and Document Security. Oxford University Press.
Martin, R., & Smith, L. (2020). Graphological Analysis in Governance. Cambridge University Press.
Dawson, P. (2019). The Fragility of Public Trust. Routledge.
Je disais déjà à l’époque dans l’émission Hutu Africa de Stéphane Mbarga à Info TV que:
IL FAUT REMPLACER TOUS LES DEPUTES ET MAIRES RDPC EN 2025-2026, C’EST UN IMPERATIF CITOYEN POUR NOUS ET LES FUTURES GENERATIONS
Lorsqu’un pays est gouverné pendant des décennies par de mauvaises lois, il en résulte inévitablement des conséquences désastreuses. D’une part, on forme des citoyens qui manquent de compétences et d’initiative. D’autre part, on crée des individus qui, moralement, perdent leurs repères et se retrouvent dans des comportements nuisibles, souvent contraires aux valeurs de bienveillance, de solidarité et d’intégrité.
Pr Jimmy Yab à Info TV
Le problème du Cameroun ne se limite pas à la personne de Paul Biya. Il réside également dans un système entier qui favorise des pratiques et des structures inefficaces, notamment à travers :
1. Les députés du RDPC qui votent des lois inadaptées aux réalités et aux besoins de notre société, renforçant ainsi des normes qui freinent le progrès.
2. Les maires RDPC qui, pour beaucoup, font preuve d’incompétence et d’arrogance, éloignant ainsi l’administration des préoccupations et du bien-être des populations locales.
Ce cadre, qui se perpétue depuis des années, a engendré une partie de notre jeunesse qui manque de repères et de perspectives positives, et qui, parfois, sombre dans des comportements contraires à l’éthique et aux valeurs citoyennes. Pour réformer ce pays, nous devons non seulement transformer les institutions, mais aussi insuffler un nouveau sens des responsabilités et de l’engagement, afin de bâtir une société où les citoyens sont compétents, éthiques et guidés par des valeurs solides.
Cette vidéo met en évidence l’impact des mauvaises pratiques politiques sur la société camerounaise et la nécessité d’un changement en profondeur pour rétablir une gouvernance basée sur des valeurs solides et une administration compétente.
Nouvelle génération de leadership politique camerounais
Le 6 novembre dernier, date commémorative de l’accession au pouvoir du président camerounais Paul Biya en 1982, le ministre du Commerce a déclaré que ne pas soutenir Biya équivaudrait à « défier Dieu qui l’a choisi. » Cette affirmation, bien que provocante, soulève de sérieuses questions sur la démocratie, la responsabilité politique et les aspirations de la nouvelle génération. L’idée que s’opposer à un dirigeant est contraire à la volonté divine est non seulement contestable, mais aussi dangereuse pour l’avenir d’une nation. Cet article démontre pourquoi une telle déclaration est à la fois injuste et irresponsable, et comment elle prive la jeunesse camerounaise de son droit de participer activement à l’avenir de son pays.
Une déclaration injuste pour la nouvelle génération
L’affirmation du ministre du Commerce s’inscrit dans une vision figée de la gouvernance, où la continuité au pouvoir est vue comme un devoir sacré, indépendamment de l’aspiration des jeunes générations à participer aux décisions politiques. La jeunesse camerounaise, comme toute génération montante, souhaite s’investir pour construire son avenir, apporter des solutions aux défis actuels, et participer au développement de son pays. Restreindre cet élan sous prétexte d’une « volonté divine » fige le destin du Cameroun et étouffe le potentiel d’innovation et de progrès dont la nouvelle génération est porteuse.
Chaque génération a le droit de gouverner. L’histoire montre que des sociétés prospères et durables reposent sur une transmission du pouvoir aux nouvelles générations, porteuses de nouvelles idées et mieux adaptées aux enjeux actuels. Imposer un dirigeant de façon perpétuelle, au nom d’une légitimité divine ou supposée, va à l’encontre des principes fondamentaux de la démocratie et empêche l’émergence de nouveaux leaders.
Une affirmation égoïste et irresponsable
L’idée que Paul Biya est un dirigeant « choisi par Dieu » relève d’une vision politique égoïste qui évite de considérer la volonté des citoyens. Une telle déclaration sert avant tout les intérêts de ceux qui bénéficient du système actuel et cherchent à maintenir le statu quo. Cette position dénote une volonté d’exclure toute alternative politique, de décourager le débat et d’éloigner la jeunesse des instances de décision. Elle crée un fossé profond entre les dirigeants et la population, qui voit ses aspirations négligées.
Le Cameroun est actuellement confronté à des crises profondes, notamment la crise anglophone dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NOSO), qui a divisé le pays et généré des souffrances incommensurables. Depuis des années, le gouvernement est dans l’incapacité de résoudre ce conflit qui mine la cohésion nationale et la paix sociale. En ancrant l’idée que Biya est le seul et unique dirigeant légitime, cette affirmation détourne l’attention des problèmes réels et des inégalités qui persistent dans le pays.
Une déclaration dangereuse pour la stabilité du Cameroun
Lier le pouvoir politique à une notion divine limite les possibilités de changement pacifique et peut inciter à la violence en cas de crise. En suggérant que toute opposition est illégitime, voire sacrilège, on crée un environnement de défiance et de radicalisation. Au lieu de promouvoir un climat d’échange et de consensus, cette idée creuse encore davantage le fossé entre les gouvernants et les gouvernés, et rend la transition politique de plus en plus incertaine.
Au lieu de préserver la paix et la stabilité, cette rhétorique augmente les tensions. La jeunesse camerounaise se sent exclue des processus de décision, ce qui peut exacerber les frustrations et fragiliser la cohésion nationale. Un Cameroun fort est un Cameroun qui valorise les contributions de chaque génération et qui permet à la jeunesse de s’impliquer activement dans la construction de l’avenir.
Conclusion : une honte pour le ministre du Commerce
Le ministre du Commerce devrait se soucier davantage de l’avenir du Cameroun que de ses intérêts personnels. Pousser un homme de 92 ans à tenir les rênes d’une nation qu’il peine à maîtriser est non seulement injuste pour Paul Biya lui-même, mais aussi pour toute la société. Le pays est en attente d’un renouveau, d’une vision portée par des dirigeants en phase avec les réalités contemporaines et les aspirations de la jeunesse.
Il est temps de promouvoir une alternance politique saine et d’encourager des leaders qui répondent aux besoins réels du pays. La jeunesse camerounaise a le droit de rêver d’un avenir meilleur et de s’engager pour y parvenir. Le devoir de chaque dirigeant, au lieu de maintenir un pouvoir personnel sous le couvert d’une légitimité divine, est de préparer le terrain pour une nouvelle génération capable d’assurer la pérennité et la prospérité de la nation.
From left to right: Obiang father and son and Engonga Edjo’o and son Balthazar
An Unprecedented Sexual and Political Scandal
A major scandal is currently shaking Equatorial Guinea. Hundreds of intimate videos featuring Baltasar Ebang Engonga, the country’s head of tax administration and a member of the powerful Obiang family, have been leaked on social media. These videos show Engonga, nicknamed « Bello, » engaging in sexual acts with the wives and daughters of ministers, generals, and high-ranking officials. The footage, sometimes filmed in his own office with the national flag in the background, reveals a complex network intertwining sex, power, and political rivalries.
Who is Baltasar Ebang Engonga?
Baltasar Ebang Engonga, known as Bello, the director of the tax administration of Equatorial Guinea
Baltasar Ebang Engonga, son of Baltasar Engonga Edjo’o, president of the Central African Economic and Monetary Community (CEMAC) Commission, and great-nephew of President Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, holds a prominent position within Equatorial Guinea’s ruling elite. He is in charge of managing tax administration, a key position that has made him powerful and influential. Known for his charisma and looks, Engonga was seen as a rising figure and potential successor to President Obiang, thus posing a challenge to Vice President Teodoro Nguema Obiang Mangue, known as Teodorín, the president’s son.
Suspicious Money Transfers and Public Fund Embezzlement
The sex scandal is not the only incriminating matter against Engonga. He is also accused of embezzling public funds by making suspicious transfers from state accounts to private accounts in the Cayman Islands. In October, Teodorín, aiming to weaken his political rival, launched an official investigation into these suspicious transfers. This investigation led to Bello’s arrest, who is currently detained in Black Beach Prison, notorious for its harsh conditions. During his arrest, his phones and computers were seized, revealing more than 400 compromising videos.
Repercussions Within the Elite and CEMAC
The President of the CEMAC Commission, Baltasar Engonga Edjo’o in Paris, November 27, 2023
The shockwave caused by this affair could extend beyond Equatorial Guinea’s borders, reaching personalities within the Central African Economic and Monetary Community (CEMAC). Bello’s father, Baltasar Engonga Edjo’o, now finds himself in a delicate position, summoned to Malabo to answer for his son’s actions. The Obiang family, known for its tight control over political and economic affairs, seems determined to use this scandal to reassert its authority.
Teodorín Obiang: An Opportunity for Power Consolidation
The President of Equatorial Guinea Teodoro Obiang Nguema Mbasogo
Teodorín quickly seized this opportunity to strengthen his control over the state apparatus and weaken potential competitors. The vice president has taken drastic measures, holding crisis meetings with those close to people implicated in the videos. Influential figures such as Jesús Edu Moto Mangue, the presidential security supervisor, and Nicolás Obama Nchama, the minister of public security, have been named. Teodorín has further stated that “sexual relations are forbidden in offices,” adding that severe penalties would be applied.
An Internationally Significant Scandal
The scandal’s international dimension is also noteworthy. Marisa Nlang Engonga Esono, Bello’s sister, who works at UNESCO in Paris, could be affected by the repercussions of this affair. This scandal also highlights the power games within the Obiang family and Teodorín’s attempts to eliminate competitors who might challenge his succession to the presidency.
Towards a Cleanup of the Obiang Household?
Teodoro Nguema Obiang Mangue, known as Teodorín, vice-president of Equatorial Guinea and son of the head of state
This scandal may mark a turning point in the political history of Equatorial Guinea. The revelations of embezzlement and sexual affairs involving elite figures raise many questions about the management of public finances and ethics at the top of the state. Teodorín seems determined to take advantage of the situation to strengthen his grip on power, perhaps with a view to succeeding his father, who has held power since 1982.
In Equatorial Guinea, where power is often passed down through family lines, this case reveals the extent of corruption and internal struggles plaguing the administration. Time will tell whether Teodorín can capitalize on this scandal to consolidate his rise, or if further revelations will shake the Obiang family even more.
Le Pr Viviane Ondoua Biwolé, dans son étude approfondie sur la gestion des entreprises publiques camerounaises, fait des révélations accablantes qui soulèvent une question urgente : la nécessité d’un soutien actif de ses collègues de l’académie camerounaise. Elle révèle que 43 présidents de Conseil d’Administration (PCA) ont illégalement perçu 634 millions de francs CFA depuis juillet 2023, alors même que la durée de leur mandat excède la limite légale fixée par la loi de 2017. En outre, ces dirigeants illégaux, dont les mandats auraient dû être révoqués, ont contribué à une perte de 195 milliards de francs CFA pour l’État du Cameroun entre 2020 et 2024.
Face à cette situation préoccupante, il est clair que le Pr Ondoua Biwolé ne peut porter seule le fardeau de ces révélations. Ses collègues universitaires, experts en gouvernance, économie, droit et management, doivent s’engager publiquement pour soutenir ses revendications. En effet, son analyse montre que ces dirigeants d’entités publiques perçoivent des rémunérations conséquentes sans que leurs résultats soient à la hauteur des attentes, une réalité qui met à mal les finances publiques du pays. Elle souligne que 77 % des 48,4 milliards de FCFA versés aux dirigeants publics entre 2020 et 2024 ont été alloués à des entités qui affichent des performances décevantes voire déficitaires.
Ce constat soulève des questions cruciales sur l’efficacité de la gouvernance et de la gestion des entreprises publiques. Mais pour espérer un changement, le Pr Ondoua Biwolé a besoin d’un large front uni de l’académie camerounaise. Il ne s’agit pas seulement de dénoncer, mais de mobiliser les forces intellectuelles pour exiger une réforme des pratiques de gestion publique, tout en proposant des solutions concrètes et adaptées. Le silence de ses collègues face à des révélations aussi graves risque de perpétuer un système où les dirigeants contre-performants continuent de dégrader la valeur des entreprises publiques, tout en bénéficiant d’importantes sommes de l’État.
Le Pr Ondoua Biwolé insiste également sur la nécessité d’évaluer la performance des dirigeants, soulignant que « les dirigeants d’entreprises en stagnation et régression coûtent plus cher à l’État, sans véritablement produire la valeur attendue ». À cet égard, l’académie camerounaise doit jouer un rôle de premier plan, non seulement en appuyant ces revendications, mais aussi en se positionnant comme un acteur incontournable pour l’amélioration de la gouvernance au Cameroun.
En définitive, l’universitaire ne peut réussir cette mission sans un appui fort et public de ses pairs, qui doivent s’élever contre les pratiques illégales et inefficaces qui affaiblissent l’État. En unissant leurs forces à celles du Pr Viviane Ondoua Biwolé, ils pourront non seulement exiger des comptes, mais aussi œuvrer pour une République plus exemplaire, fondée sur la bonne gouvernance et l’utilisation optimale des ressources publiques.