En ma qualité de Président du Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC), je tiens à saluer publiquement la maturité politique remarquable du Professeur Maurice KAMTO, Président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), face aux événements survenus ce dimanche 8 juin 2025 à Douala.
Empêché d’accéder à son propre siège politique à Deido, dans une ambiance tendue et injustement verrouillée par les autorités administratives, le Professeur Kamto a fait le choix de la paix, de la retenue et de la République. Il a instruit ses militants à rester calmes, disciplinés, puis à rentrer paisiblement à 16h00, refusant toute confrontation.
Cet acte de leadership, dans une situation qui aurait pu dégénérer, mérite respect et reconnaissance. Il confirme que la politique, au service du peuple, doit toujours se faire dans le respect des principes républicains.
Je félicite également les forces de maintien de l’ordre qui, dans leur grande majorité, ont fait preuve de maîtrise professionnelle. Elles ont montré qu’il est possible de sécuriser une mobilisation politique sans recourir à la violence. Ce civisme institutionnel doit être renforcé.
Mais derrière ces félicitations sincères, il nous faut exprimer une inquiétude démocratique profonde.
🔴 L’interdiction faite à Maurice KAMTO d’accéder à son propre siège, et de tenir une réunion avec ses militants, constitue une violation flagrante des libertés fondamentales :
La liberté de réunion, garantie par l’article 20 de la Constitution, La liberté de mouvement, garantie par l’article 12 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, Et la primauté du droit international sur les lois internes, affirmée par l’article 45 de la Constitution.
Aucune menace à l’ordre public ne peut justifier une telle mesure. Cette interdiction était politiquement disproportionnée et juridiquement infondée.
Et pourtant, c’est le Président Paul Biya lui-même, fondateur du renouveau démocratique, qui rappelait dans son discours à la Nation du 11 octobre 1991 :
« Le retour au multipartisme constitue une avancée décisive vers la consolidation de la démocratie dans notre pays. »
Or, que reste-t-il de cette avancée, si l’on en vient à interdire à un leader de l’opposition de simplement se rendre dans ses bureaux et d’échanger avec ses partisans dans le calme ?
Le MLDC rappelle solennellement que le multipartisme n’est pas un privilège, mais un droit constitutionnel. L’espace politique ne doit pas être confisqué par la peur, ni verrouillé par l’arbitraire. C’est en garantissant le pluralisme, le respect du droit, et l’égalité entre tous les citoyens, que nous construirons un État digne de ce nom.
Nous appelons donc le Gouvernement camerounais à :
1. Mettre fin aux restrictions arbitraires contre les partis d’opposition ;
2. Respecter la lettre et l’esprit de la Constitution ;
3. Permettre un débat démocratique ouvert, loyal et pacifique.
Car ce n’est pas seulement Maurice KAMTO qui a été visé ce 8 juin 2025.
Ce sont les principes du droit, les acquis du multipartisme, et la dignité républicaine du Cameroun qui ont été atteints.
Le MLDC poursuivra son combat pour une République du droit, pour une République équitable, pour une République souveraine, fondée sur un État Développementaliste Communautaire au service du peuple et non de la peur.
✊🏾 Vive le Cameroun républicain,
✊🏾 Vive la démocratie pluraliste,
✊🏾 Vive les libertés fondamentales garanties à tous.
