
Mots clés : Torture, ONU, Cameroun, Martinez Zogo, Longue Longue, Droits humains, Sécurité, Impunité, Violations, Réformes, Paul Biya, MLDC, Justice.
Le Comité des Nations Unies contre la torture (CAT) a entrepris un examen rigoureux du respect par le Cameroun de la Convention des Nations Unies contre la torture, à la lumière de récentes allégations d’abus et de mauvais traitements. Cet examen, inscrit dans le cadre de l’évaluation périodique du CAT, qui se déroule du 28 octobre au 22 novembre, évalue les mesures prises par six pays, dont le Cameroun, pour prévenir la torture et assurer le respect des normes internationales en matière de droits de l’homme.
Le Comité contre la torture des Nations Unies examine actuellement le Cameroun pour évaluer son respect de la Convention contre la torture, une convention internationale que le pays a ratifiée en 1986. Ce processus, qui s’inscrit dans une série de révisions périodiques, met le pays sous pression alors qu’il doit répondre aux graves accusations de torture, notamment dans le cadre d’affaires marquantes comme celles de Martinez Zogo et Longue Longue.
Contexte et objectif du Comité contre la torture
Le Comité contre la torture (CAT) est une instance composée d’experts indépendants, chargée de surveiller l’application de la Convention contre la torture dans les pays signataires. À travers des dialogues publics et des analyses de rapports étatiques, le comité vise à garantir que les États respectent leurs engagements en matière de prévention de la torture, d’investigation des abus, et de mise en place de mécanismes de justice et de réparation.
Les affaires Martinez Zogo et Longue Longue : un examen embarrassant
Les affaires de Martinez Zogo et Longue Longue sont au cœur de cette révision, mettant en lumière des allégations de torture qui embarrassent le Cameroun et suscitent l’indignation internationale.

- Martinez Zogo : Journaliste audacieux et populaire, Martinez Zogo était réputé pour ses enquêtes sur la corruption et les abus de pouvoir. Il a été retrouvé mort en janvier 2023, visiblement torturé avant d’être tué. Zogo avait été menacé à plusieurs reprises, notamment pour ses enquêtes mettant en cause des personnalités influentes. Les rapports d’autopsie ont confirmé des signes de torture, et l’affaire a rapidement pris une dimension internationale, soulevant des questions quant à l’implication présumée d’agents de sécurité. Son décès met en lumière les risques encourus par les journalistes et a suscité une demande d’explications de la part du Comité contre la torture.

- Longue Longue : Le chanteur engagé Longue Longue, connu pour ses critiques contre le régime, a rapporté avoir été arrêté et torturé par des forces de sécurité. Son franc-parler lui aurait valu des intimidations et des abus visant à le faire taire, ce qui incarne la répression des voix dissidentes au Cameroun. Des témoins et des organisations de défense des droits de l’homme ont corroboré ces accusations, rappelant les pressions exercées pour dissuader l’expression publique d’opinions contraires aux intérêts de l’État.
Le Cameroun en zones de conflit : une situation inquiétante
En plus de ces affaires individuelles, le Comité a exprimé de profondes inquiétudes concernant la situation dans les régions de conflit, particulièrement dans les zones anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi que dans le cadre des opérations antiterroristes dans l’Extrême-Nord. Les témoignages font état de détentions arbitraires, de mauvais traitements, éxecutions extrajudiciaires par les forces de sécurité. Ces pratiques touchent souvent des individus perçus comme hostiles ou critiques à l’égard de l’État, intensifiant le sentiment d’insécurité et d’injustice au sein de ces populations.
Au-delà des individus : le régime de Paul Biya au tribunal de l’histoire
Ces affaires ne concernent pas seulement des abus isolés, mais elles traduisent des pratiques plus vastes qui, selon de nombreux observateurs, caractérisent le régime de Paul Biya, au pouvoir depuis plus de 40 ans. À travers cet examen, c’est le régime Biya qui se retrouve au tribunal de l’histoire. Ce contrôle international questionne non seulement la gestion des droits humains sous sa gouvernance mais aussi l’engagement du Cameroun à respecter ses obligations internationales.
Si le CAT conclut que le Cameroun manque à ses responsabilités, cela pourrait avoir de lourdes conséquences pour son image internationale. Une condamnation ou une réprimande officielle ternirait la réputation du Cameroun et pourrait affaiblir sa position diplomatique, compromettre des accords d’aide et renforcer les pressions pour des réformes internes.
Conséquences et attentes
Face à cette situation, le Comité contre la torture pourrait recommander des réformes concrètes, telles que l’adoption de nouvelles lois anti-torture, la création de mécanismes de surveillance indépendants pour encadrer les forces de sécurité, et des enquêtes exhaustives sur les cas d’abus signalés. À défaut de progrès, le Cameroun risquerait de s’isoler davantage sur la scène internationale, impactant ses relations diplomatiques et mettant en péril des partenariats vitaux.
Pour le MLDC c’est une opportunité de changement pour l’avenir
Pour le MLDC, cette révision constitue une occasion cruciale de démontrer un engagement à respecter les droits humains et de redorer son image sur le plan international. En s’efforçant de répondre aux préoccupations du CAT et en adoptant des réformes transparentes et responsables, le Cameroun pourrait restaurer la confiance de ses citoyens et montrer une volonté de changement face aux critiques. Ce contrôle du Comité contre la torture rappelle que l’histoire retiendra les actions de l’État et l’importance de protéger la dignité humaine, aujourd’hui et pour les générations futures.
