À quoi nous en tenir avec Donald Trump
L’élection de Donald Trump, désormais 47e président des États-Unis, suscite une réflexion intense sur sa relation avec les Afro-Américains et les Africains. L’ancien président, au cours de son premier mandat, n’a pas hésité à exprimer des opinions parfois polarisantes sur les communautés noires, tant aux États-Unis qu’à l’international. Entre commentaires controversés, accusations de racisme et défense par ses partisans, Trump a souvent été au cœur de débats sur le racisme et la discrimination.
Cette transparence brutale dans ses paroles permet, selon certains, de savoir à quoi s’en tenir. Voici un retour sur certaines de ses déclarations les plus célèbres concernant les Noirs et ce qu’elles impliquent pour l’avenir.
Les “Pays de Merde” : Une Vision Brute de l’Afrique
L’un des commentaires les plus marquants de Donald Trump concernant l’Afrique fut sa fameuse déclaration en 2018. Lors d’une réunion à la Maison-Blanche sur l’immigration, il aurait qualifié des nations africaines, ainsi qu’Haïti, de “pays de merde”. Cette phrase a provoqué une onde de choc, tant aux États-Unis qu’à l’international. Ce commentaire a été largement perçu comme une expression de mépris envers les pays africains et leurs habitants, renforçant l’idée que Trump voyait l’Afrique comme un continent sans valeur aux yeux des États-Unis.
Bien que Trump ait nié avoir utilisé ces mots, plusieurs sources présentes lors de la réunion ont confirmé la véracité de cette déclaration. Ce commentaire laisse entrevoir une vision simpliste et péjorative de l’Afrique, en dépit de sa richesse culturelle, de son potentiel économique et de son importance géopolitique croissante.

Les Accusations de Racisme Aux États-Unis
La relation de Trump avec les Afro-Américains a également été teintée de controverses. Avant même de devenir président, il avait été accusé de discrimination raciale. Dans les années 1970, lui et son père avaient été poursuivis par le département de la Justice pour avoir discriminé les locataires noirs dans leurs propriétés. Bien que l’affaire ait été réglée sans reconnaissance de culpabilité, elle a laissé une empreinte dans l’imaginaire collectif américain.
Durant son mandat, Trump a souvent utilisé des propos qui ont été interprétés comme racistes. Il a été critiqué pour sa réaction aux manifestations de Charlottesville en 2017, où il avait déclaré qu’il y avait “des gens bien de chaque côté” en faisant référence aux nationalistes blancs et aux manifestants anti-racistes. Beaucoup y ont vu un manque de condamnation claire du racisme et des suprémacistes blancs.
Les Afro-Américains et la Réaction de Trump aux Violences Policières
Lors des manifestations de 2020 après la mort de George Floyd, Trump a souvent utilisé un langage perçu comme hostile envers les manifestants, qualifiant ceux-ci de “fauteurs de troubles” et menaçant de répondre par la force. Son commentaire célèbre “When the looting starts, the shooting starts” (Quand le pillage commence, les tirs commencent) a été largement condamné et interprété comme une incitation à la violence contre les manifestants, dont beaucoup étaient noirs.
Plutôt que de s’adresser aux causes profondes du mouvement Black Lives Matter, Trump a souvent préféré un discours de loi et d’ordre, se positionnant en défenseur de la police, malgré les demandes de réformes pour mettre fin aux violences policières contre les Afro-Américains.
“Qu’avez-vous à perdre ?”
Pendant sa campagne présidentielle de 2016, Donald Trump a tenté d’attirer les électeurs noirs avec la célèbre question : “Qu’avez-vous à perdre ?” Ce commentaire, bien que destiné à montrer que le Parti républicain pourrait offrir une alternative aux électeurs noirs, a été perçu par certains comme paternaliste et condescendant. En posant cette question, il semblait minimiser les complexités des inégalités raciales et économiques auxquelles la communauté afro-américaine est confrontée.
Une Relation Translucide
En fin de compte, Donald Trump, par ses déclarations directes et parfois choquantes, offre une transparence unique qui permet de savoir où il se positionne sur certaines questions raciales. Contrairement à d’autres politiciens qui pourraient masquer leur position réelle, Trump expose, sans détour, ses sentiments et ses opinions.
Pour certains, cela peut sembler rassurant dans le sens où il est possible de prévoir comment il pourrait aborder certaines questions relatives aux relations raciales. Cependant, pour d’autres, cela soulève des préoccupations importantes sur la manière dont son administration pourrait affecter les droits civiques et les politiques d’égalité, tant pour les Afro-Américains que pour les Africains.
Que Peut-On Attendre de Ce Second Mandat ?
Avec un retour à la Maison-Blanche, Trump pourrait renforcer son approche de “l’Amérique d’abord” (America First), un credo qui s’est souvent traduit par une politique peu centrée sur les préoccupations des minorités et des nations en développement. Sur le continent africain, certains s’attendent à un renforcement de la compétition avec la Chine, mais également à une réduction des aides, remplacées par une approche strictement transactionnelle.
Pour les communautés noires aux États-Unis, il est probable que son discours de “loi et ordre” pourrait encore une fois prendre le pas sur les demandes de réformes sociales et policières. Son retour à la présidence pose ainsi la question de savoir si ces prochaines années marqueront un recul ou une continuation du statu quo en matière de relations raciales.
Conclusion : “Nous savons à quoi nous en tenir”
Les propos de Trump, qu’ils soient interprétés comme des expressions racistes ou non, mettent en lumière une transparence parfois brutale dans sa vision des Noirs et des Africains. Pour certains, cette franchise est préférée à l’hypocrisie ou aux non-dits ; pour d’autres, elle est perçue comme un signal d’alarme pour les droits civiques. En tout cas, ses déclarations passées laissent présager une politique intérieure et étrangère dont les implications pour les communautés noires devront être observées de près.
Quoi qu’il en soit, comme le dit l’adage : “au moins, nous savons à quoi nous en tenir”.
