Du Bureau du Premier Ministre au Silence de la Présidence : Pourquoi le MLDC Propose 4 Vice-Présidents Collégiaux Régionaux pour Refonder le Cameroun

Pour 4 Vice-Presidents Collégiaux dans le cadre de la construction d’un État Développementaliste Communautaire fondé sur un fédéralisme à 4 grandes régions

Pr. Jimmy Yab & S.E. Joseph Dion Ngute, Premier Ministre du Cameroun

Pr. Jimmy Yab
Président du MLDC
Président de l’Observatoire Chine-Afrique Francophone (OCAF
)

Résumé

Dans cet article, je propose une réflexion critique sur l’architecture exécutive de l’État camerounais dans le contexte d’une transition vers un État Développementaliste Communautaire fondé sur un fédéralisme à 4 grandes régions . À partir d’une expérience personnelle — la rencontre avec le Premier ministre Joseph Dion Ngute en décembre 2022 — et de l’échec institutionnel du Salon Industriel et Commercial Chine–Afrique Francophone (SICCAF), je met en lumière les limites structurelles du Premier ministère, symbole d’un centralisme postcolonial inefficace. Je plaide pour l’instauration d’une Vice-présidence collégiale régionale, ancrée dans les quatre grandes régions fédérées du Cameroun, comme solution à la crise de gouvernance. En mobilisant des exemples comparatifs (Nigeria, Bosnie-Herzégovine, Bolivie), je démontre que la co-représentation exécutive territoriale constitue une voie légitime, stabilisatrice et adaptée à la pluralité camerounaise. Il s’inscrit dans une approche de souveraineté partagée et de justice territoriale, au cœur du projet politique du MLDC.

Mots-clés : Fédéralisme communautaire, Cameroun, Vice-présidence, Gouvernance territoriale, Développement régional, MLDC, Institutions.

Abstract

This article provides a critical reflection on the executive architecture of the Cameroonian state within the context of a transition toward a community-based, developmental federalism. Grounded in a personal experience — a meeting with Prime Minister Joseph Dion Ngute in December 2022 — and the institutional failure of the Sino–Francophone Africa Trade Fair project, the author highlights the structural limitations of the Prime Minister’s office, emblematic of an ineffective postcolonial centralism. The article advocates for the establishment of a regional collegial Vice Presidency, rooted in Cameroon’s four proposed federated regions, as a response to the governance crisis. Through comparative case studies (Nigeria, Bosnia-Herzegovina, and Bolivia), it demonstrates that territorially balanced executive representation offers a legitimate, stabilising, and context-sensitive institutional model. The analysis is embedded in a framework of shared sovereignty and territorial justice, as promoted by the MLDC’s political agenda.

Keywords: Community-based federalism, Cameroon, Vice Presidency, Territorial governance, Regional development, MLDC, Institutions.

Introduction : une rencontre décisive, un projet bloqué, un diagnostic institutionnel

C’est dans les couloirs feutrés de l’Immeuble Étoile, un matin de décembre 2022, que j’ai rencontré le Premier ministre camerounais, Joseph Dion Ngute. En tant que Président de l’Observatoire Chine-Afrique Francophone (OCAF), je lui remettais les actes du Colloque international sur l’Afrique francophone de l’Initiative la Ceinture et la Route, organisé quelques mois plus tôt en partenariat avec l’ambassade de Chine au Cameroun. Ce colloque international avait réuni chercheurs, diplomates et décideurs autour d’une ambition partagée : inscrire l’Afrique francophone dans une nouvelle dynamique Sud-Sud fondée sur l’autonomie économique, la coopération bilatérale et l’intégration régionale de l’Initiative chinoise de « La Ceinture et La Route ».

Au-delà de la restitution intellectuelle, cette rencontre avait un second objectif tout aussi stratégique : présenter au gouvernement camerounais le projet du Salon Industriel et Commercial Chine–Afrique Francophone (SICCAF 2023), une grande initiative économique multilatérale prévue pour l’année suivante. À cette occasion, le Premier ministre exprima un soutien formel, déclarant clairement : Le gouvernement soutient pleinement votre initiative. Vous pouvez compter sur notre appui.

Ci-dessous le video-clip de promotion officiel du SICCAF 2023.

Mais quelques semaines, puis quelques mois plus tard, ce soutien s’évapora dans les méandres de l’administration. Le dossier, transmis au Secrétariat Général de la Présidence du Cameroun, à part quelques correspondances, resta sans suite. Malgré l’appui officiel de l’Ambassade de Chine au Cameroun, le soutien logistique du President de l’Association des Entreprises Chinoises au Cameroun (AECC), Mr Xu Huajiang, par ailleurs, Directeur Général de la Division Afrique centrale de China Harbour Engineering Company(CHEC), la multinationale meme, qui a construit le Port Autonome de Kribi et l’Auto-route Kribi-Edea et surtout le soutient des grandes entreprises chinoises en Afrique Centrale et d’autres venant directement de l’a Chine continentale, malgre ces garanties techniques apportées, les lourdeurs bureaucratiques prirent le dessus : manque de communication interinstitutionnelle, délais interminables, absence de décision claire. Cette inertie ne fut pas seulement une déception personnelle : elle fut une révélation structurelle. Elle montra à quel point le modèle institutionnel camerounais empêche la concrétisation de projets stratégiques, même lorsqu’ils sont validés politiquement et diplomatiquement.

Ci dessous Quelques photos de voyages du Pr Jimmy Yab en Chine pour la préparation du SICCAF 2023 et quelques grandes personnalités politiques et économiques

De cette expérience est née une interrogation fondamentale : quelle structure exécutive peut porter efficacement une vision de développement autonome, décentralisée et communautaire dans un Cameroun fédéré en quatre grandes régions ? Cet article répond à cette question en opposant deux options : d’une part, le maintien du Premier ministère, institution centrale héritée du modèle jacobin ; d’autre part, l’introduction d’une Vice-présidence collégiale régionale, fondée sur le fédéralisme développementaliste communautaire. L’analyse s’appuie sur une réflexion théorique, des comparaisons internationales et les réalités propres au Cameroun contemporain.

Ci- dessous quelques photos du Premier Colloque International sur « l’Initiative la Ceinture et la Route » en Afrique francophone du 25 au 27 mai 2022, au palais des congrès de Yaoundé

I. Le Premier ministère : héritage centralisateur et impasse exécutive dans un État en recomposition

L’échec du projet du Salon Commercial Chine–Afrique Francophone, malgré son approbation par le Premier ministre et l’appui formel de l’ambassade de Chine, illustre une faille structurelle profonde dans l’organisation du pouvoir exécutif au Cameroun. Une fois transmis au Secrétariat Général de la Présidence, le dossier s’est enlisé. Ce n’était pas un refus politique, ni une opposition idéologique, mais un symptôme récurrent d’un système exécutif hypercentralisé, opaque et inefficace. Ce constat appelle une analyse critique de la pertinence du Premier ministère dans le cadre du Cameroun du XXIe siècle, en transition vers un modèle fédéral communautaire.

Institué dans la Constitution camerounaise de 1972 (puis réaffirmé en 1996), le Premier ministère est un organe de coordination subordonné au Président de la République. L’article 12 alinéa 1er stipule que le Premier ministre « coordonne l’action gouvernementale sous l’autorité du Président ». Cette formulation dénote un pouvoir dérivé, sans autonomie stratégique. Contrairement aux modèles parlementaires classiques où le Premier ministre est le chef de l’exécutif, celui du Cameroun est dépourvu d’initiative politique autonome, ce qui le rend inefficace dans un contexte de transformation institutionnelle.

Dans un État fédéral organisé autour de quatre grandes régions souveraines — le Grand Sud, le Grand Nord, le Grand Littoral et le Grand Ouest —, le maintien d’un Premier ministre unique et centralisé est une anomalie fonctionnelle. Il empêche la territorialisation des décisions, bloque la remontée des priorités régionales, et reproduit un schéma néocolonial de gouvernance verticale. La dynamique développementaliste communautaire implique au contraire une coproduction des politiques publiques entre centre et périphéries, basée sur la souveraineté partagée, l’écoute communautaire, et la proximité.

D’un point de vue comparatif, les travaux de Hooghe et Marks (2003) sur la gouvernance multiniveau montrent que les exécutifs centralisés sont structurellement inefficaces dans les États pluriethniques et multiculturels. En Éthiopie, par exemple, la coexistence d’un fédéralisme ethnique avec un exécutif hyper-présidentialiste a mené à l’asphyxie des gouvernements régionaux, puis à l’explosion des conflits internes. Le Cameroun, avec ses tensions anglophones, ses déséquilibres historiques et sa diversité sociolinguistique, court les mêmes risques si la réforme institutionnelle reste superficielle.

Le Premier ministère ne saurait être l’instrument de pilotage d’un Cameroun fédéré à visée communautaire. Son existence même pourrait devenir un frein à l’innovation politique, un verrou dans la chaîne des décisions urgentes, et un symbole d’un passé institutionnel incompatible avec les réalités du présent. L’exemple du projet du Salon Industriel et commercial Chine–Afrique francophone en est la preuve vivante : même lorsque la volonté politique existe, le système d’exécution bloque l’action.

Le Cameroun n’a donc pas besoin d’un Premier ministre dans le sens classique du terme, mais d’une architecture exécutive pluraliste, enracinée dans ses régions, capable de dialoguer horizontalement avec les réalités locales. C’est ce que propose le modèle de la Vice-présidence collégiale, que nous développons dans la section suivante.

II. La Vice-présidence collégiale : une architecture de souveraineté territoriale pour un Cameroun fédéré

La déconvenue administrative qui a suivi l’accord formel du Premier ministre au sujet du Salon Industriel et Commercial Chine–Afrique Francophone ne fut pas simplement une péripétie bureaucratique. Ce fut une illustration concrète de l’absence d’ancrage territorial du pouvoir exécutif camerounais. Le fait que le dossier ait été bloqué, sans justification, au Secrétariat Général de la Présidence malgré l’aval d’un chef de mission diplomatique étranger – en l’occurrence l’Ambassadeur de Chine – démontre l’urgence de repenser l’organisation du pouvoir. C’est dans cette perspective que le concept de Vice-présidence collégiale régionale prend tout son sens.

Le modèle de fédéralisme développementaliste communautaire, tel que défendu par le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC), repose sur trois principes fondamentaux: la souveraineté partagée, la gouvernance de proximité, et la valorisation des identités territoriales. Dans un tel modèle, l’exécutif ne saurait rester vertical et unifié. Il doit refléter la diversité régionale du Cameroun, la pluralité de ses défis, et la richesse de ses ressources communautaires. La proposition d’une Vice-présidence collégiale à quatre pôles répond précisément à cette exigence.

Concrètement, chaque grande région fédérée — le Grand Nord, le Grand Sud, le Grand Littoral, le Grand Ouest — désignerait un Vice-président régional, membre d’un organe exécutif fédéral commun. Ces Vice-présidents, dotés d’un mandat national mais enracinés dans leur région, formeraient un collège décisionnel chargé de co-piloter l’action gouvernementale avec le Président de la République, garant de l’unité. Chaque Vice-présidence aurait une compétence thématique prioritaire, reflétant les réalités régionales :

Le Grand Nord, confronté aux défis sécuritaires, climatiques et agricoles, piloterait les politiques de résilience et de sécurité communautaire. Le Grand Sud, riche en ressources forestières et minières, aurait la charge de la gouvernance environnementale et du développement rural intégré. Le Grand Littoral, épicentre économique du pays, piloterait les politiques industrielles, portuaires et d’intégration commerciale régionale. Le Grand Ouest, marqué par une forte diaspora et un tissu entrepreneurial dynamique, serait responsable de la cohésion sociale, de la médiation intercommunautaire et de l’économie populaire.

Ce schéma n’est pas une invention abstraite. Il s’appuie sur des logiques éprouvées dans d’autres États pluriels. En Bolivie, l’État plurinational a intégré des formes communautaires de représentation dans l’exécutif. En Bosnie-Herzégovine, la présidence collégiale garantit une cohabitation interethnique. Le Cameroun, à travers ce modèle, pourrait construire un exécutif réconcilié avec sa diversité, garant de l’équité territoriale et de la participation de tous à la destinée nationale.

La Vice-présidence collégiale offre aussi une réponse systémique à l’immobilisme institutionnel. Dans le cas du Salon Chine–Afrique francophone, si le Grand Littoral avait eu une Vice-présidence dotée de compétence commerciale, ce projet porté par l’OCAF aurait immédiatement été co-construit et défendu à l’échelle fédérale, en évitant les blocages bureaucratiques du pouvoir central. En donnant à chaque région une capacité d’action exécutive au sommet, ce modèle décentralise la décision sans fragmenter l’État, et multiplie les points d’entrée pour les initiatives stratégiques.

Enfin, ce dispositif incarne la philosophie du développementaliste communautaire : un État proche de ses populations, réactif aux réalités locales, résilient face aux crises, et créatif dans sa manière de bâtir le futur.

III. Études comparées : la gouvernance exécutive partagée dans les États fédéraux pluriethniques

L’idée d’une Vice-présidence collégiale régionale au Cameroun, dans le cadre du fédéralisme développementaliste communautaire, s’inscrit dans une tradition institutionnelle bien établie dans plusieurs pays confrontés à une forte diversité culturelle, linguistique ou territoriale. Loin d’être une utopie camerounaise, ce modèle exécutif partagé s’appuie sur des précédents comparatifs qui en démontrent à la fois la faisabilité, la légitimité et l’efficacité relative.

1. Le Nigeria : du “federal character” à l’équilibre exécutif implicite

Voisin du Cameroun et ancienne colonie britannique, le Nigeria est souvent présenté comme l’un des fédéralismes les plus aboutis d’Afrique. Il est structuré en 36 États fédérés dotés de larges compétences constitutionnelles. Si la Constitution nigériane ne prévoit pas de vice-présidences régionales multiples, elle impose néanmoins un principe fondamental : le “federal character”. Selon ce principe, toutes les institutions nationales, y compris l’exécutif, doivent refléter la diversité géographique, ethnique et religieuse du pays (Suberu, 2001). En pratique, cela se traduit par une attention constante à l’équilibre régional dans les nominations présidentielles, y compris au niveau du vice-président.

Cette règle non seulement réduit les tensions intercommunautaires, mais elle crée une dynamique de co-responsabilité nationale, où les projets de développement régionaux peuvent bénéficier d’un appui exécutif explicite. Transposé au Cameroun, un tel équilibre ne peut plus être laissé à la discrétion du chef de l’État ; il doit être institutionnalisé par une vice-présidence collégiale constitutionnellement encadrée.

2. La Bosnie-Herzégovine : cohabitation exécutive dans un contexte post-conflit

Autre cas emblématique : la Bosnie-Herzégovine. Pays multiculturel et post-conflit, la Bosnie a adopté une présidence tripartite où les trois principaux groupes ethniques (Bosniaques, Croates, Serbes) sont représentés au sommet de l’État. Chaque président est élu par sa communauté, et la présidence est rotative tous les huit mois. Ce système, bien qu’administrativement lourd, a permis d’éviter un retour à la guerre civile et d’instaurer une paix structurelle fondée sur l’inclusion mutuelle (Bieber, 2006).

Dans le contexte camerounais, où les tensions entre communautés anglophones et francophones, entre régions centrales et périphériques, restent vives, une structure exécutive partagée pourrait jouer le même rôle stabilisateur. Chaque région disposerait d’un représentant à la Vice-présidence, garantissant que les intérêts locaux soient présents dans l’arène fédérale. Ce serait un rempart contre la marginalisation, mais aussi un mécanisme d’équilibre démocratique entre les territoires.

3. La Bolivie : le pluralisme constitutionnel au service de la représentativité

Enfin, l’expérience de la Bolivie offre un modèle particulièrement pertinent pour un État développementaliste communautaire. En 2009, le pays adopte une nouvelle Constitution reconnaissant officiellement l’existence de 36 peuples autochtones. L’État devient alors plurinational, ce qui implique la reconnaissance des droits politiques et institutionnels des communautés à participer au pouvoir (Postero, 2017). Dans les faits, cela s’est traduit par l’inclusion d’acteurs autochtones dans les institutions nationales, y compris l’exécutif, et par une forte décentralisation des politiques publiques.

Ce modèle inspire directement la logique camerounaise, où plus de 250 ethnies, plusieurs aires linguistiques, et une histoire coloniale différenciée (française et britannique) coexistent. L’instauration d’une Vice-présidence collégiale au Cameroun permettrait de formaliser cette pluralité dans l’État, sans tomber dans le piège de la balkanisation. Il s’agirait de passer de la juxtaposition de communautés à leur intégration fonctionnelle dans la gouvernance.

Ces trois exemples convergent vers une conclusion claire : dans les États multiculturels, la stabilité institutionnelle repose sur la reconnaissance structurelle des différences, et non sur leur effacement. En instaurant une Vice-présidence collégiale régionale, le Cameroun adopterait un instrument moderne, inclusif et adapté à ses réalités profondes. Cette réforme serait non seulement cohérente avec les exigences du développement local, mais aussi conforme aux standards internationaux d’un fédéralisme équitable et démocratique.

Conclusion : pour une refondation exécutive ancrée dans la souveraineté territoriale

L’échec du Salon Industriel et Commercial Chine–Afrique Francophone, malgré l’accord formel du Premier ministre du Cameroun et l’engagement diplomatique de l’ambassade de Chine, n’est pas un incident isolé. Il est le révélateur structurel d’un système exécutif qui concentre le pouvoir tout en diluant la responsabilité, incapable de porter des initiatives territoriales stratégiques ou de réagir efficacement aux mutations du monde. Ce blocage administratif, survenu au niveau du Secrétariat Général de la Présidence, est l’un des multiples symptômes d’un État centralisé, opaque et paralysé, dont les mécanismes de décision sont déconnectés des territoires, des communautés et même des engagements politiques supérieurs.

Dans ce contexte, le Cameroun ne peut plus se contenter d’une réforme marginale. Il doit s’engager dans une refondation structurelle de ses institutions, à commencer par l’architecture de son exécutif fédéral. Le modèle du Premier ministère, dérivé du jacobinisme français, a montré ses limites : vertical, symbolique, inefficace, il ne peut porter la logique du développement communautaire, ni incarner l’autonomie régionale.

Face à cette impasse, le modèle de Vice-présidence collégiale régionale, intégré dans le projet de fédéralisme développementaliste communautaire du MLDC, constitue une alternative viable, cohérente et fondamentalement démocratique. Il ne s’agit pas simplement d’un ajustement technique, mais d’un changement de paradigme : un passage de la centralité vers la coprésidence territoriale, de la hiérarchie administrative vers la responsabilité partagée, de la domination institutionnelle vers la souveraineté coopérative.

Chaque région fédérée — Grand Nord, Grand Sud, Grand Littoral, Grand Ouest — disposerait d’une Vice-présidence fédérale, à la fois représentative et décisionnelle. Ce collège de Vice-présidents ne serait pas une division du pouvoir, mais son approfondissement. Il permettrait de construire des réponses différenciées aux défis spécifiques de chaque région tout en consolidant une vision unifiée de la nation. Il serait l’incarnation exécutive d’un Cameroun polycentrique, communautaire, souverain.

Enfin, cette réforme n’est pas isolée dans l’histoire du monde. Le Nigeria, la Bosnie-Herzégovine, la Bolivie — et bien d’autres — ont montré que la stabilité dans les États complexes passe par la reconnaissance institutionnelle de la diversité. Le Cameroun peut devenir un modèle africain de fédéralisme équitable, à condition de s’émanciper des formes mortes du centralisme hérité et d’embrasser un avenir basé sur la coresponsabilité territoriale et la légitimité communautaire.

C’est là, dans cette vice-présidence collégiale souveraine, que se trouve la clé de la transformation républicaine du Cameroun, et peut-être même de sa survie politique comme État-nation. Le MLDC propose ainsi non une réforme parmi d’autres, mais un projet de réinvention nationale.

Références bibliographiques

• Bayart, J.-F. (1979). L’État au Cameroun*. Presses de la FNSP.

• Bieber, F. (2006). Post-War Bosnia: Ethnicity, Inequality and Public Sector Governance. Palgrave Macmillan.

• Fanso, V. G. (1989). Cameroon History for Secondary Schools and Colleges. Vol. 2. Macmillan.

• Geschiere, P. (1993). Chiefs and Colonial Rule in Cameroon: Inventing Chieftaincy, French and British Style*. Africa, 63(2), 151–175.

• Hooghe, L., & Marks, G. (2003). Unraveling the Central State, but How? Types of Multi-Level Governance. American Political Science Review, 97(2), 233–243.

• Konings, P., & Nyamnjoh, F. B. (2003). Negotiating an Anglophone Identity: A Study of the Politics of Recognition and Representation in Cameroon. Brill.

• Magrin, G. (2013). Périphéries en crise: Boko Haram et les territoires du bassin du lac Tchad. Afrique contemporaine.

• Ndoye, O., & Kaimowitz, D. (2000). Macro-economics, markets and the humid forests of Cameroon*. CIFOR.

• Postero, N. (2017). *The Indigenous State: Race, Politics, and Performance in Plurinational Bolivia*. University of California Press.

• Suberu, R. T. (2001). Federalism and Ethnic Conflict in Nigeria. United States Institute of Peace Press.

• Topa, G., Karsenty, A., Megevand, C., & Debroux, L. (2009). The Rainforests of Cameroon: A Vision for Sustainable Management World Bank Publications.

• Yab, J., Nkong-Njock, V. (2025). Pour un État Développementaliste Communautaire: le Cameroun

MLDC’s CALL FOR INTERNATIONAL OVERSIGHT OF ELECTIONS IN CAMEROON: Why Elders Like OLUSEGUN OBASANJO Must Supervise Elections Cameroon’s (ELECAM) Audit for Credible Presidential Elections in Cameroon in 2025

Pr Jimmy Yab & Président OLUSEGUN OBASANJO

Abstract

Cameroon’s democratic future hangs in the balance as the nation prepares for the 2025 presidential elections amidst widespread distrust in its electoral body, ELECAM. High rejection rates of voter registrations, reaching 87% in some constituencies, signal systemic failures that threaten the credibility of the electoral process. In response, the Movement for the Liberation and Development of Cameroon (MLDC) has called for an international audit of ELECAM, advocating for elder statesmen like Olusegun Obasanjo to oversee the process. This article explores why Cameroon urgently needs global oversight for its electoral reforms, drawing lessons from Kenya, Ghana, and Nigeria while situating the MLDC’s proposals within a broader framework for democratic renewal and geopolitical stability in Central Africa.

Keywords: Cameroon, MLDC, ELECAM, electoral reform, Olusegun Obasanjo, democracy, international audit, African leadership.


Introduction: A Nation in Need of Credible Elections

Cameroon is facing a crisis of confidence in its electoral process, with the 2025 presidential elections looming as a critical test of its democratic integrity. The alarming rejection rates of voter registrations revealed by ELECAM have sparked widespread concerns about voter suppression and administrative failures. In this context, the Movement for the Liberation and Development of Cameroon (MLDC) has proposed a groundbreaking solution: an international audit of ELECAM, supervised by respected elder statesmen like Olusegun Obasanjo.

This proposal reflects the MLDC’s commitment to building a credible, inclusive electoral system as part of its broader vision for a developmentalist state. The involvement of figures like Obasanjo—renowned for their impartiality and experience in resolving electoral disputes—could restore public trust and set the stage for meaningful reforms. By drawing on lessons from other African nations, this article argues for the urgency of international oversight to safeguard Cameroon’s democracy.


ELECAM’s Failures and the Urgency for Reform

1. The Alarming Voter Rejection Rates

Data from ELECAM reveals rejection rates as high as 87% in constituencies like Yaoundé 5, primarily attributed to failures in biometric registration systems. Such figures highlight critical flaws in Cameroon’s electoral infrastructure, undermining public confidence in the fairness of the upcoming elections.

2. A Crisis of Public Trust

Widespread accusations of partisanship and incompetence against ELECAM have fueled public disillusionment. The lack of transparency in voter registration processes has raised concerns about voter suppression, particularly in opposition strongholds, deepening political tensions.

3. Regional and Global Implications

Cameroon’s political stability is crucial for the broader Central African region. Electoral failure in Cameroon could exacerbate regional instability, disrupt economic integration efforts, and provide opportunities for extremist groups like Boko Haram to exploit the resulting chaos. Ensuring credible elections is, therefore, not just a domestic priority but a regional necessity.


Why International Oversight Is Crucial

1. Restoring Public Confidence

The appointment of an international audit team led by figures like Olusegun Obasanjo would reassure Cameroonians of the impartiality and transparency of the process. Public trust is a cornerstone of democratic legitimacy, and an international audit could provide the accountability ELECAM currently lacks.

2. Aligning with Best Practices

African nations like Ghana and Kenya have demonstrated the importance of international oversight in building credible electoral systems. Ghana’s adoption of biometric voter technology and Kenya’s post-crisis electoral reforms, both supported by international observers, serve as models for Cameroon.

3. Preventing Political Crises

Nigeria’s peaceful transfer of power in 2015, facilitated by the Independent National Electoral Commission (INEC) and supported by international observers, underscores the importance of credible elections in preventing political instability. Cameroon must learn from these examples to avoid electoral disputes that could lead to unrest.

4. Leveraging African Expertise

Elder statesmen like Olusegun Obasanjo bring unparalleled experience and moral authority to electoral mediation. Obasanjo’s leadership in resolving disputes in Liberia (2017) and Zimbabwe (2008) demonstrates his ability to navigate complex political landscapes and foster consensus.


MLDC’s Vision: A Blueprint for Electoral Reform

The MLDC’s proposal for an international audit is part of its broader strategy to transform Cameroon into a developmentalist state rooted in transparency and accountability. The party’s recommendations include:

1. An Independent International Audit

The MLDC proposes a comprehensive audit of ELECAM’s operations, led by a team of international electoral experts, African statesmen, and civil society representatives.
Example: Kenya’s Independent Electoral and Boundaries Commission (IEBC) benefited from similar oversight, which strengthened its credibility after the 2007 electoral crisis.

2. Upgrading Electoral Technology

To address the high rejection rates, the MLDC advocates for the adoption of advanced biometric technology, following the example of Ghana’s successful implementation of second-generation systems in 2020.

3. Ensuring Institutional Independence

The MLDC emphasizes the need to depoliticize ELECAM by restructuring its governance model to mirror South Africa’s Independent Electoral Commission (IEC), renowned for its impartiality and professionalism.

4. Multi-Stakeholder Oversight

The MLDC calls for the establishment of a multi-stakeholder advisory council, including representatives from political parties, civil society, and international observers, to monitor ELECAM’s activities and ensure accountability.

5. Nationwide Voter Education Campaigns

Recognizing the importance of informed citizen participation, the MLDC proposes a robust voter education campaign modeled on Nigeria’s « Vote Not Fight » initiative, which successfully engaged youth in peaceful electoral participation.


The Role of Olusegun Obasanjo in Electoral Transformation

Olusegun Obasanjo’s involvement in the proposed audit would be transformative. As a former Nigerian president and seasoned election observer, Obasanjo has a track record of mediating electoral disputes and fostering democratic transitions. His leadership would ensure that the audit is thorough, impartial, and credible, setting a new standard for electoral integrity in Cameroon.


Geopolitical Implications of Electoral Reform in Cameroon

1. Stabilizing Central Africa

Cameroon’s stability is vital for the economic and political integration of Central Africa. Credible elections would strengthen regional confidence in Cameroon’s leadership and foster collaboration on security and development initiatives.

2. Enhancing Cameroon’s Global Standing

By embracing international oversight, Cameroon can position itself as a leader in democratic governance in Africa. This would attract foreign investment and strengthen partnerships with global institutions committed to supporting democratic development.

3. Preventing External Interference

Transparent elections reduce the likelihood of external actors exploiting political instability for strategic or economic gains, safeguarding Cameroon’s sovereignty and national interests.


Conclusion: A Call for Action

The 2025 presidential elections present a critical opportunity for Cameroon to restore trust in its democratic institutions. The MLDC’s call for an international audit, led by elder statesmen like Olusegun Obasanjo, represents a bold and practical solution to the nation’s electoral crisis. By embracing this proposal, Cameroon can not only ensure credible elections but also reaffirm its commitment to democratic principles and regional stability. The time to act is now—before the crisis of confidence becomes a crisis of democracy.


References

  1. Annan, K. (2014). Interventions: A Life in War and Peace. New York: Penguin Press.
  2. Obasanjo, O. (2014). My Watch: A Memoir. Lagos: Prestige Publishers.
  3. Electoral Commission of Ghana. (2020). Biometric Voter Registration Lessons. Accra: ECG.
  4. Transparency International. (2023). Perceptions of Electoral Integrity in Africa. Berlin: Transparency International.
  5. IFES. (2021). Enhancing Electoral Integrity through Technology. Washington, DC: IFES.

Presentation and Discussion of the book titled: « Construction d’un État Développementaliste Communautaire: Le Cameroun »

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Dear friends,

I am pleased to announce the upcoming presentation and discussion of our new book, titled “Building a Community-Based Developmental State: Cameroon. A Development Policy Project through Local Community Networking”.

This work presents a bold vision for the development of Cameroon and sub-Saharan Africa, based on mobilizing and structuring local communities to build a sustainable and inclusive development model.

Two sessions will be held:

Yaoundé: November 13, at the Palais des Congrès, at 4:00 PM

Douala: November 15, at C’ Kans, Bali (across from Serena Hotel), at 4:00 PM

The event is free and open to anyone with a critical mind and a desire to understand the stakes and challenges of this new development model for sub-Saharan Africa. However, due to limited seating, we kindly ask you to register in advance to secure your spot.

To register, please go to the “Leave a Comment” section at the bottom of the page and provide your name, email address, and phone number.

Thank you in advance for your presence and support. I hope many of you will join us to discuss, debate, and enrich this collective reflection on the future of our country and our continent.

Thank you all!