Succès des Politiques de Développement en Asie de l’Est : Étude comparative des politiques économiques de développement: Japon, Corée du Sud, Taïwan, Thaïlande, Malaisie, Singapour et Indonésie. (1960- 1997)

Comment l’Asie de l’Est s’est développé
Mon livre intitulé « Succès des Politiques de Développement en Asie de l’Est« , publié en 2020, est une analyse approfondie qui compare les stratégies de développement de sept pays asiatiques : le Japon, la Corée du Sud, Taïwan, Singapour, la Thaïlande, la Malaisie et l’Indonésie. L’ouvrage se distingue par sa visée pédagogique, orientée vers les étudiants, chercheurs et enseignants en sciences politiques, en leur fournissant des outils analytiques pour comprendre et critiquer les politiques de développement dans les pays du Sud. Contrairement aux approches qui privilégient des modèles occidentaux comme normes de développement, ce livre prend comme point de départ les expériences asiatiques, offrant ainsi une critique des modèles conventionnels et un cadre pour dépasser les limites de ces cadres de référence.
Dans l’introduction, je développe l’idée que l’Asie de l’Est a émergé comme un acteur clé dans l’économie mondiale, un statut renforcé par des prévisions selon lesquelles elle représentera 60 % de la croissance mondiale d’ici 2030. Ce dynamisme économique est essentiel pour comprendre pourquoi cette région est vue comme un modèle potentiel pour les pays en développement, en particulier ceux d’Afrique subsaharienne. Toutefois, cette exploration exige une rigueur analytique et une méthode d’étude exhaustive, en prenant en compte des facteurs multiples tels que les institutions, les processus politiques, et la dynamique entre les acteurs publics et privés. Le but de ce livre est de dépasser la simple description des succès économiques pour proposer une analyse approfondie qui puisse inspirer d’autres régions.
L’introduction établit une définition détaillée du « développement » en tant que concept multidimensionnel. Ce concept s’appuie sur les théories de Huntington et Goulet, qui perçoivent le développement non seulement comme un processus de croissance économique, mais aussi comme un projet normatif complexe intégrant des dimensions sociales, politiques, et culturelles. Huntington met en avant des objectifs clés tels que la stabilité, la démocratie et l’autonomie nationale, tout en reconnaissant les tensions internes au processus de développement. Quant à Goulet, il propose une vision critique du développement en le décrivant comme une « épée à double tranchant » qui génère à la fois des avantages matériels et des conflits sociaux. En adoptant cette vision, l’introduction invite les lecteurs à aller au-delà d’une vision simpliste du développement en prenant conscience de ses implications sur la société.
L’Asie de l’Est est présentée dans ce livre comme un laboratoire d’expériences socio-économiques, où les politiques de développement sont étudiées non seulement pour leurs résultats immédiats, mais aussi pour les leçons théoriques qu’elles offrent. Cette approche comparative met en évidence les caractéristiques spécifiques de la région, telles que le rôle du confucianisme en Asie du Nord-Est, qui valorise la hiérarchie, l’autorité et la famille, ou l’importance de l’agriculture et des ressources naturelles en Asie du Sud-Est. Ces particularités culturelles, combinées aux stratégies politiques et économiques, ont influencé les chemins de développement des différents pays et constituent des exemples concrets des défis et opportunités propres à chaque société.
L’ouvrage est structuré de manière à développer ces points clés, avec un premier chapitre consacré aux théories dominantes du développement. Ce chapitre établit le cadre théorique et prépare le terrain pour les analyses empiriques qui suivent. Les chapitres 2 à 4 explorent ensuite les succès économiques de la région en examinant comment les politiques de croissance ont permis d’améliorer le bien-être général, avec une augmentation notable de l’espérance de vie et une diminution de la pauvreté, malgré des différences de stratégies et de ressources disponibles.
Les chapitres 5 à 7 sont centrés sur l’évolution politique des pays étudiés, en abordant des thèmes comme la démocratie illibérale japonaise et les trajectoires de démocratisation variées en Corée du Sud, Taïwan et Thaïlande. Ces analyses mettent en avant le rôle déterminant des luttes politiques et de la géopolitique plutôt que des spécificités culturelles, et révèlent les mécanismes de pouvoir qui sous-tendent le développement. Le livre critique également l’idée que la culture asiatique (ex. « valeurs asiatiques ») serait un facteur explicatif universel de la réussite des politiques de développement, préférant mettre en lumière le rôle des institutions, de la politique et des choix économiques.
La crise financière asiatique de 1997-98, abordée dans le chapitre 9, constitue un moment clé pour l’Asie de l’Est et pour l’analyse de ce livre, en marquant la fin d’une période de croissance ininterrompue et en initiant une réévaluation des modèles de développement. La crise a permis d’analyser les vulnérabilités structurelles et d’initier des ajustements importants dans les politiques économiques de la région, redéfinissant ainsi le développement en réponse aux nouvelles réalités nationales et internationales.
Enfin, le dernier chapitre traite de la montée du régionalisme en Asie de l’Est, en abordant les coopérations émergentes au sein de la région et les défis posés par l’intégration économique et politique. Cette analyse du régionalisme permet de saisir les interactions entre politique nationale et internationale, mettant en lumière comment les pays de la région ont collaboré pour renforcer leur position globale.
Ce livre se veut ainsi une contribution à l’étude des politiques de développement en proposant une approche alternative aux cadres conventionnels, orientée vers les réalités empiriques et contextuelles de l’Asie de l’Est. Il encourage les chercheurs, notamment ceux en Afrique subsaharienne, à tirer parti de ces leçons tout en adaptant leurs stratégies aux spécificités culturelles, économiques et politiques de leurs propres régions.
