LE MLDC EXIGE LE PAIEMENT DE LA PRIME DE MODERNISATION DE LA RECHERCHE: LETTRE OUVERTE AU PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT DU CAMEROUN

Pr Jimmy Yab & S.E. Dion Ngute, Premier Ministre du Cameroun

MOUVEMENT POUR LA LIBÉRATION ET LE DÉVELOPPEMENT DU CAMEROUN (MLDC)

Secrétariat Général

Yaoundé, 10 Décembre, 2024

À l’attention de Son Excellence, Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement

Réf : Exigence de paiement de la « Prime de modernisation de la recherche »

Objet : Plaidoyer pour la valorisation du rôle des enseignants-chercheurs par le paiement de la prime de modernisation de la recherche

Excellence,

Je viens, en ma qualité de Secrétaire Général du Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC), vous adresser cette lettre pour attirer votre attention sur une question cruciale et urgente : le paiement de la « Prime de modernisation de la recherche » aux enseignants-chercheurs camerounais.

L’importance stratégique des enseignants-chercheurs pour le Cameroun

Les enseignants-chercheurs constituent un pilier fondamental de la construction d’une société prospère et innovante. Ils ne sont pas de simples transmetteurs de savoir, mais également des artisans de la transformation sociale et économique par la recherche. Comme le souligne Paulo Freire dans Pedagogy of the Oppressed (1970), « une éducation émancipatrice repose sur la valorisation de ceux qui produisent et diffusent le savoir ». En négligeant les conditions de travail de ces acteurs, nous compromettons non seulement leur mission éducative, mais également notre ambition de faire du Cameroun un État compétitif sur la scène internationale.

Les travaux des enseignants-chercheurs, à travers la formation des générations futures et la production scientifique, participent directement à la résolution des défis économiques, sanitaires et technologiques. À titre d’exemple, le rôle des universités dans le développement de solutions locales pendant la pandémie de COVID-19 a été déterminant. Cependant, leur dévouement ne peut être durablement soutenu sans une reconnaissance matérielle appropriée.

Origine de la prime et engagements non tenus

La « Prime de modernisation de la recherche » a été instituée par le décret présidentiel n°2009/121 du 8 avril 2009. Cette initiative, saluée à l’époque comme une avancée majeure, visait à encourager l’excellence académique et à stimuler la recherche scientifique, levier clé pour le développement national. Le Président de la République, Son Excellence Paul Biya, en prenant cette décision, traduisait sa volonté de repositionner le Cameroun comme un acteur clé de la production de savoir en Afrique.

Cependant, depuis sa création, cette prime n’a été payée que sporadiquement, laissant les enseignants-chercheurs dans un état d’incertitude et de frustration croissante. Ce retard de paiement est perçu non seulement comme une trahison de la promesse faite par le chef de l’État, mais également comme un signe d’incohérence dans la mise en œuvre des priorités nationales.

Conséquences des retards de paiement

Le non-paiement de cette prime engendre des conséquences graves :

1. Baisse de la motivation et fuite des cerveaux : De nombreux enseignants-chercheurs, découragés par le manque de reconnaissance financière, préfèrent chercher des opportunités à l’étranger. Ce phénomène, connu sous le nom de « fuite des cerveaux », prive le Cameroun de ses talents les plus brillants.

2. Image internationale détériorée : Un État qui ne respecte pas ses engagements envers son corps académique projette une image de mauvaise gestion et de non-respect de ses priorités. Cela affecte notre capacité à attirer des partenaires internationaux dans le domaine de l’éducation et de la recherche.

3. Affaiblissement de la recherche locale : Sans incitations financières adéquates, les enseignants-chercheurs ont de moins en moins les moyens de financer des travaux de recherche, ce qui limite la production scientifique nationale.

Comme l’explique Michael Apple dans The State and Higher Education (2000), « la dévalorisation du corps académique affaiblit directement la qualité des systèmes éducatifs et, par extension, la capacité d’un État à innover ». Cette vérité s’applique malheureusement à la situation actuelle des enseignants-chercheurs camerounais.

Recommandations

Au nom du MLDC, je vous exhorte à prendre des mesures concrètes et immédiates pour résoudre cette crise. Voici nos recommandations :

1. Règlement immédiat des arriérés : Publier un calendrier clair et précis pour le paiement des primes dues aux enseignants-chercheurs.

2. Création d’un fonds spécial pour la recherche : Mettre en place un fonds indépendant, géré en collaboration avec des représentants du corps académique, pour garantir la régularité des paiements futurs.

3. Dialogue avec les parties prenantes : Organiser des consultations avec les syndicats des enseignants-chercheurs pour identifier les obstacles à la mise en œuvre des primes et y remédier efficacement.

4. Valorisation des enseignants-chercheurs : Accompagner le paiement de la prime par des mesures de revalorisation globale des conditions de travail, notamment en termes de dotation en ressources pour la recherche.

L’enjeu pour le Chef de l’État

Le Président de la République, garant des engagements pris en son nom, ne saurait rester indifférent face à cette situation. Le non-paiement de la prime de modernisation de la recherche compromet l’image de leadership et de crédibilité qu’il s’efforce de projeter. Comme le disait Nelson Mandela : « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde. » En soutenant ses enseignants-chercheurs, le Cameroun peut démontrer sa détermination à bâtir un avenir meilleur.

Excellence, nous ne pouvons pas nous permettre de sacrifier l’avenir de notre pays en négligeant ceux qui forment sa jeunesse et produisent le savoir nécessaire à son développement. En agissant rapidement et résolument, vous avez l’opportunité de redresser cette situation et de montrer votre engagement en faveur de l’éducation et de la recherche, qui sont des piliers essentiels pour la transformation de notre nation.

Dans l’espoir d’une réponse rapide et favorable, je vous prie d’agréer, Excellence, l’expression de ma très haute considération.

PR. JIMMY YAB

Secrétaire Général, Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC)

L’Enseignement Supérieur au Cameroun : Un Salaire de Misère entre 500 & 600 000 FCFA Face aux 1 200 000 FCFA en Côte d’Ivoire et au Bénin – Symptôme d’un Système Malade

Pr. Jimmy Yab dans son bureau à Yaoundé

Résumé :

Cet article analyse les résultats du Cameroun au concours d’agrégation en médecine du CAMES, où le pays affiche un faible taux de réussite de 23,53 %, comparé à des taux dépassant 90 % dans des pays comme la Côte d’Ivoire et le Bénin. Cette performance médiocre est liée aux conditions de travail précaires des enseignants camerounais, notamment un salaire moyen de 600 000 FCFA par mois, bien inférieur à celui de leurs homologues en Côte d’Ivoire et au Bénin, qui gagnent respectivement environ 1 200 000 FCFA et 1 100 000 FCFA. L’écart de rémunération souligne la crise de l’enseignement supérieur au Cameroun et l’impact de la sous-valorisation des enseignants sur la qualité de l’éducation et de la recherche. L’article prône une revalorisation des salaires pour redonner au Cameroun une chance de rivaliser dans le domaine académique en Afrique.

Mots clés :

CAMES, Enseignement Supérieur, Cameroun, Agrégation, Salaire, Crise académique, Comparaison salariale, réforme, Bénin, Côte d’Ivoire, Médecine, Paul Biya, MLDC.

Introduction

Les résultats du dernier concours d’agrégation en médecine du CAMES (Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur) révèlent une contre-performance alarmante pour le Cameroun. Avec un taux de réussite de seulement 23,53 %, le Cameroun est largement distancé par des pays comme la Côte d’Ivoire (97,26 %) et le Bénin (93,94 %). Ce constat met en évidence une crise structurelle de l’enseignement supérieur au Cameroun, aggravée par les conditions précaires et la faible rémunération des enseignants. Cet article explore l’impact de cette sous-valorisation salariale sur les performances académiques et le développement du pays.

1. Le concours CAMES : Une évaluation révélatrice

Au concours CAMES pour l’agrégation en médecine, le Cameroun n’a enregistré que 4 admissions sur 17 candidats, soit un taux de réussite de 23,53 %. Ce résultat est préoccupant lorsque l’on considère que le taux moyen d’admission pour les pays participants est de 87,87 %. Par exemple, le Bénin et la Côte d’Ivoire, avec respectivement 93,94 % et 97,26 % de taux de réussite, montrent que l’investissement dans les enseignants se reflète directement dans les résultats académiques internationaux.

2. Comparaison des salaires des enseignants : Le Cameroun à la traîne

Une analyse des salaires des enseignants dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale met en lumière l’écart de rémunération qui explique en partie la crise de l’enseignement supérieur au Cameroun :

Cameroun : En moyenne, un professeur titulaire gagne entre 500 et 600 000 FCFA par mois. Un maître de conférences démarre à environ 450 000 FCFA. Ces montants sont parmi les plus bas de la région.

Côte d’Ivoire : Un professeur titulaire gagne autour de 1 200 000 FCFA par mois, soit le double du salaire au Cameroun.

Bénin : Les professeurs titulaires touchent en moyenne 1 100 000 FCFA par mois. Ce salaire est près de 83 % supérieur à celui des enseignants camerounais.

Sénégal : Les professeurs d’université gagnent en moyenne 1 000 000 FCFA, un salaire plus attractif qui contribue à un climat académique plus stable et plus compétitif.

Cette comparaison révèle un manque d’investissement dans le personnel académique au Cameroun, créant un climat de découragement et une démotivation accrue parmi les enseignants.

3. Les conséquences d’une faible rémunération sur la qualité de l’enseignement

Plusieurs études ont montré l’importance de la rémunération des enseignants dans la qualité de l’éducation et de la recherche. Selon Bankole et Adebayo (2020), la rémunération insuffisante des enseignants est corrélée à une baisse de motivation, un phénomène observé au Cameroun où de nombreux enseignants, confrontés à des salaires bas, sont obligés de chercher des revenus complémentaires. Cette situation nuit à leur productivité académique et à la qualité de leur encadrement des étudiants.

Au Cameroun, le faible salaire des enseignants pousse certains à exercer des activités parallèles ou à quitter le secteur universitaire pour des postes mieux rémunérés dans le privé ou à l’étranger. Ce phénomène est amplifié par des retards de paiements fréquents et une absence de soutien pour les projets de recherche. Les pays comme la Côte d’Ivoire et le Bénin, où les enseignants sont mieux rémunérés, bénéficient non seulement de taux d’admission plus élevés au concours CAMES, mais aussi d’un meilleur climat de recherche, avec des chercheurs mieux soutenus et plus motivés.

4. Impact sur le développement national

L’enseignement supérieur est un pilier du développement d’une nation, produisant des experts et des chercheurs essentiels pour l’innovation et la croissance économique. Un pays qui néglige la rémunération et les conditions de travail de ses enseignants hypothèque son avenir. La crise de l’enseignement supérieur au Cameroun, exacerbée par des salaires faibles, affecte non seulement les performances académiques mais aussi la capacité du pays à retenir ses talents.

En Côte d’Ivoire et au Bénin, les gouvernements ont investi dans la revalorisation salariale des enseignants, reconnaissant leur rôle dans la formation de cadres et de chercheurs compétents. Le Cameroun pourrait tirer des leçons de ces exemples pour restructurer son système d’enseignement supérieur, améliorer les conditions de travail des enseignants et offrir des salaires compétitifs pour favoriser la stabilité et l’attractivité du secteur.

Conclusion

Le faible taux de réussite du Cameroun au concours CAMES pour l’agrégation en médecine et la rémunération inadéquate des enseignants universitaires traduisent une crise profonde de l’enseignement supérieur. Avec un salaire moyen de 600 000 FCFA, les enseignants camerounais sont moins bien rémunérés que leurs homologues en Côte d’Ivoire (1 200 000 FCFA) et au Bénin (1 100 000 FCFA), ce qui limite leur efficacité et affecte la qualité de l’éducation. Le Cameroun doit entreprendre une réforme de son système d’enseignement supérieur en revalorisant les salaires des enseignants pour retrouver sa compétitivité académique en Afrique et garantir un avenir prometteur à sa jeunesse.

Références

• Bankole, A., & Adebayo, O. (2020). Higher Education Salary Structure in Sub-Saharan Africa: Comparative Perspectives. African Education Review, 17(3), 450-467.

• Moll, P., & Tlamelo, T. (2019). The Impact of Teacher Compensation on Educational Quality: Evidence from Southern Africa. Journal of African Development, 21(2), 35-52.

• Smith, J., Adams, R., & Choi, J. (2021). Linking Teacher Well-being to Educational Outcomes: Insights from Low-Income Countries. Global Journal of Education Policy, 29(1), 100-125.

Prime de modernisation de la recherche, Encore un Echec du Gouvernement! Une stratégie d’infantilisation des enseignants camerounais: Les SOLUTIONS DU MLDC

Mots Clés: Prime de modernisation de la recherche-Enseignants-chercheurs-Infantilisation-Incompétence- Gouvernement-MLDC (Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun)-État développementaliste communautaire-Michael Apple-Paolo Freire-Michel Foucault-Modèle anglo-saxonPaul Biya

Analyse du Pr Jimmy Yab, SG du MLDC

Le décret présidentiel n°2009/121 du 8 avril 2009, instituant une « prime pour la modernisation de la recherche » au Cameroun, avait initialement été salué comme une avancée majeure. Cette prime, destinée aux enseignants-chercheurs, visait à stimuler la recherche scientifique et à positionner le Cameroun comme un acteur compétitif dans la production de savoir. Cependant, quinze ans après cette annonce, l’absence de paiement effectif a révélé des failles profondes dans la gestion de cette promesse. Cette situation met en lumière une stratégie politique bien plus complexe, relevant autant de la manipulation et de l’incompétence que d’une volonté délibérée d’infantiliser le corps enseignant camerounais. Face à cette crise, le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) propose des solutions fondées sur les principes d’un État développementaliste communautaire et inspirées des meilleures pratiques de l’éducation universelle pour rétablir la dignité des enseignants.

1. Manipulation et incompétence : une promesse non tenue pour décourager l’excellence académique

Dès l’introduction de la prime, les autorités camerounaises ont présenté cette initiative comme une réponse aux besoins urgents de financement de la recherche. Cependant, le paiement a été retardé année après année, sous des prétextes administratifs qui masquent une incapacité chronique à gérer efficacement le secteur éducatif. Les enseignants-chercheurs, malgré leur engagement et leurs sacrifices, se trouvent démunis face à des institutions qui manquent de transparence et de responsabilité.

Dans son ouvrage The State and Higher Education, Michael Apple (2000) souligne que « les systèmes éducatifs en crise reflètent souvent une crise de l’État lui-même, où l’incapacité à respecter les engagements sociaux traduit un échec de la gouvernance ». Cette observation s’applique pleinement au Cameroun, où l’incapacité à payer la prime de modernisation de la recherche illustre le dysfonctionnement d’un État qui, en sous-estimant le secteur éducatif, compromet son propre développement.

Le MLDC estime que la première étape pour redresser cette situation est la mise en place d’un système transparent et indépendant de gestion des fonds pour l’éducation et la recherche. Inspiré des pratiques de transparence financière anglo-saxonnes, le MLDC propose de créer un Fonds national pour la modernisation de la recherche, administré par un conseil incluant des représentants des enseignants, des experts financiers, et des membres de la société civile. Ce fonds serait entièrement dédié aux primes et financements de recherche, et ses comptes publiés annuellement pour assurer un suivi citoyen et réduire les risques de détournement.

2. L’infantilisation des enseignants : une stratégie de contrôle politique

La crise actuelle dépasse la simple question de l’incompétence. Pour de nombreux observateurs, le refus de payer cette prime traduit une politique de dépendance et de soumission, destinée à maintenir les enseignants dans une position d’infériorité. En refusant d’assurer aux enseignants des droits économiques garantis, le gouvernement semble s’assurer que le corps académique reste « en attente » de la bonne volonté de l’État. Comme le soutient Paolo Freire dans Pedagogy of the Oppressed (1970), « la privation de droits économiques équivaut à une privation de dignité, et un groupe privé de sa dignité est plus facile à dominer ». Au Cameroun, cette approche crée une culture de dépendance et de résignation chez les enseignants, les empêchant de contester ouvertement les décisions du pouvoir.

Le MLDC considère qu’une éducation émancipatrice est un élément fondamental d’un État développementaliste. Pour rompre avec cette dynamique d’infantilisation, il est nécessaire de garantir aux enseignants non seulement une rémunération équitable, mais également une autonomie financière. Inspiré des systèmes anglo-saxons, où les universités disposent d’une forte indépendance budgétaire et académique, le MLDC propose la création d’un système de financement décentralisé, où chaque université camerounaise serait responsable de gérer ses propres ressources pour rémunérer ses enseignants et financer ses projets de recherche. Cette approche permettrait aux institutions d’enseignement supérieur de négocier directement avec le gouvernement les subventions nécessaires, offrant ainsi aux enseignants une plus grande sécurité financière et une indépendance vis-à-vis des caprices de l’État central.

3. Le maintien dans une dépendance économique : une stratégie de domination symbolique

Au-delà de la privation économique, cette prime impayée symbolise une stratégie politique de domination. En gardant les enseignants dans un état de précarité économique, le gouvernement les place dans une situation de vulnérabilité permanente, freinant toute velléité d’opposition. Comme le décrit Michel Foucault dans Surveiller et punir (1975), « la précarité économique est une technique de contrôle, car elle déstabilise psychologiquement les individus, les empêchant d’organiser une résistance collective efficace ». Les enseignants, censés être des vecteurs de savoir et de pensée critique, se retrouvent donc économiquement dépendants d’un gouvernement qui peut, selon son bon vouloir, choisir de respecter ou non ses engagements.

Le MLDC est convaincu que l’indépendance financière et intellectuelle des enseignants est cruciale pour garantir un système éducatif sain et résilient. Inspiré par les universités britanniques et américaines, où le financement de la recherche repose sur un mélange de fonds publics, de mécénat et de contributions privées, le MLDC propose de créer des partenariats public-privé pour la recherche au Cameroun. Ces partenariats permettraient de diversifier les sources de financement de la recherche académique, offrant aux enseignants un accès plus large aux ressources, tout en réduisant la dépendance des institutions académiques vis-à-vis du budget étatique. En parallèle, un Conseil des enseignants-chercheurs, indépendant du gouvernement, serait créé pour assurer un suivi des financements et proposer des projets de recherche d’intérêt national.

Les propositions du MLDC : un modèle éducatif inspiré du système anglo-saxon

Le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC) est conscient que le développement du Cameroun passe par une réforme en profondeur de son système éducatif. Inspiré par les modèles anglo-saxons, le MLDC propose les solutions suivantes pour revaloriser durablement le corps enseignant :

1. Établissement d’une autonomie académique et financière pour les universités : En suivant le modèle britannique, où les universités bénéficient d’une grande liberté administrative et budgétaire, chaque établissement au Cameroun disposerait d’un budget indépendant et d’un pouvoir décisionnel autonome. Cela permettrait de garantir une gestion efficiente des fonds de recherche et des primes des enseignants.

2. Création d’un Institut de Formation Permanente pour les Enseignants : Inspiré des programmes de formation continue anglo-saxons, cet institut permettrait aux enseignants camerounais d’accéder à des formations de pointe, financées par l’État et par des partenaires privés, pour adapter leurs compétences aux évolutions de la recherche et des pratiques pédagogiques.

3. Développement d’un système de financement mixte de la recherche : Le MLDC propose d’ouvrir le financement de la recherche aux contributions privées et aux dons d’entreprises, comme c’est le cas dans les universités américaines. Cela permettrait de diversifier les sources de financement, d’encourager les projets innovants, et d’atténuer la dépendance des universités à l’égard du budget étatique.

4. Création d’un Conseil National de la Recherche et de l’Éducation : À l’image du Higher Education Funding Council du Royaume-Uni, cet organe indépendant surveillerait l’allocation des financements dans le domaine éducatif, assurant ainsi transparence et équité dans la répartition des fonds destinés à la recherche et aux enseignants.

5. Mise en place d’une Charte de la Dignité Enseignante : Inspirée des chartes éthiques anglo-saxonnes, cette charte garantirait aux enseignants des droits économiques et sociaux fondamentaux, reconnaissant leur rôle crucial dans le développement de la société camerounaise.

En somme, pour le MLDC, l’amélioration du système éducatif camerounais passe par la mise en place de politiques transparentes, l’autonomisation des universités et le respect des droits des enseignants. En s’inspirant des modèles anglo-saxons et en instaurant des réformes profondes, le Cameroun peut non seulement rendre justice à ses enseignants, mais aussi bâtir une société plus prospère et plus juste. Le MLDC est résolu à mener ces réformes pour que le Cameroun devienne un État développementaliste communautaire, où chaque acteur du savoir est respecté et valorisé dans sa contribution à l’édification nationale.

Réévaluation des Philosophes Racistes en Afrique tels que Kant, David Hume, Voltaire et Georg Wilhelm Friedrich Hegel

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« Décoloniser l’éducation africaine : Écarter les philosophes racistes pour redonner du pouvoir intellectuel et spirituel a l’Afrique

Lorsque j’ai écrit « Kant and the Politics of Racism: Towards Kant’s Racialised Form of Cosmopolitan Right » c’est-a-dire: Kant et la politique du racisme : Vers une forme racialisée du droit cosmopolitique chez Kant, publié en 2021 par Palgrave Macmillan, l’une des plus prestigieuses maison d’edition occidentale, mon objectif principal était de dévoiler les préjugés raciaux profondément ancrés dans la philosophie de Kant, un biais qui n’est pas unique à lui, mais partagé par d’autres penseurs des Lumières tels que David Hume, Voltaire et Georg Wilhelm Friedrich Hegel. Ces philosophes, largement célébrés pour leurs contributions intellectuelles, ont également propagé des idées qui soutenaient et justifiaient les hiérarchies raciales au fondement du colonialisme et de l’oppression. Dans les universités africaines, où le contenu éducatif devrait être aligné avec les objectifs de libération, de valorisation culturelle et de décolonisation, l’inclusion non critique de telles figures dans les programmes représente un risque. Voici les principaux arguments pour lesquels des philosophes comme Kant et d’autres ayant des points de vue similaires devraient être réévalués, voire exclus, des programmes universitaires en Afrique.

1. La perpétuation des hiérarchies raciales dans l’éducation

Le concept de droit cosmopolitique de Kant, qui en apparence semble universel, soutient implicitement une hiérarchie plaçant les Européens au sommet, les considérant comme moralement et intellectuellement supérieurs aux autres races. Si ces perspectives sont enseignées sans recul critique, elles peuvent subtilement promouvoir un sentiment d’infériorité chez les étudiants africains, sapant ainsi leur identité culturelle et perpétuant des mentalités coloniales. En intégrant Kant dans les programmes sans un cadre critique qui souligne ses préjugés raciaux, nous risquons de maintenir un modèle qui place la pensée occidentale—spécifiquement celle empreinte de préjugés raciaux—comme le summum du raisonnement philosophique.

D’autres philosophes, tels que David Hume et Hegel, partageaient des vues également destructrices sur la race. Hume qualifiait les Africains d’« inférieurs par nature » aux Européens, tandis que Hegel décrivait l’Afrique comme un continent sans histoire ni civilisation. Continuer d’enseigner ces perspectives comme des piliers philosophiques dans les universités africaines revient, en quelque sorte, à valider leurs présupposés racistes et à dénigrer l’héritage et les capacités intellectuelles africaines.

2. Incompatibilité avec les objectifs de décolonisation en Afrique

L’éducation en Afrique est aujourd’hui perçue comme un outil de décolonisation, un moyen de cultiver la pensée indépendante, la fierté culturelle et l’émancipation socio-économique. Cependant, l’intégration non critique de philosophes ayant soutenu des idéologies colonialistes va directement à l’encontre de ces objectifs de décolonisation. Des figures comme Kant et Voltaire ont contribué à un héritage philosophique justifiant l’exploitation et la déshumanisation des Africains, qui fut à la base du projet colonial.

Lorsque j’ai écrit Kant et la politique du racisme, j’ai souligné l’urgence de réévaluer les philosophies présentées comme des « vérités universelles ». En écartant—ou au moins en recontextualisant de manière critique—ces penseurs, nous créons un espace pour des philosophies africaines qui favorisent le respect de soi, la résilience et l’indépendance intellectuelle.

3. Impact psychologique sur les étudiants africains

L’inclusion de philosophes ayant dénigré les cultures non-européennes crée un environnement psychologique néfaste pour les étudiants africains. Une exposition répétée à des penseurs reléguant les Africains à des rôles inférieurs dans leurs cadres philosophiques peut influencer subtilement la perception de soi des étudiants. L’héritage éducatif colonial a déjà présenté l’Afrique et ses habitants comme étant « dépourvus » de civilisation ou d’intellect. Enseigner ces œuvres sans analyse critique risque de perpétuer un sentiment d’infériorité internalisé, un vestige colonial qui continue d’affecter le bien-être psychologique des étudiants africains.

Dans mon livre, je montre comment la représentation de Kant des non-Européens comme étant moralement et rationnellement inférieurs sous-tend son cosmopolitisme. En présentant Kant et ses contemporains comme le sommet de l’accomplissement intellectuel, nous risquons de réinscrire les mêmes hiérarchies coloniales dont les nations africaines cherchent encore à se libérer.

4. Philosophies alternatives pour les contextes africains

Des intellectuels africains tels que Cheikh Anta Diop, Fabien Eboussi Boulaga et Kwasi Wiredu proposent des philosophies ancrées dans les contextes, cultures et expériences africains, offrant des cadres précieux pour aborder les problématiques contemporaines africaines. Remplacer ou compléter les programmes avec ces penseurs ne refléterait pas seulement les réalités vécues des étudiants africains, mais inspirerait également une fierté dans les accomplissements intellectuels africains. Lorsque les universités en Afrique priorisent Kant ou Hegel au détriment de Diop ou Wiredu, elles relèguent les contributions des penseurs africains qui répondent mieux aux réalités historiques et culturelles du continent.

Dans mon livre, je montre comment, en se tournant vers la philosophie africaine, c’est-a- dire celle des africains, les universités africaines peuvent cultiver un environnement éducatif qui soutient l’émancipation et la fierté culturelle. Les penseurs africains ont développé des philosophies éthiques, politiques et sociales complètes ; leur inclusion dans les programmes servirait bien mieux les étudiants africains que des philosophes dont l’héritage est lié à la subjugation raciale.

5. Promouvoir un cosmopolitisme réellement inclusif

Enfin, l’objectif d’une éducation cosmopolite devrait être de favoriser le respect mutuel, la compréhension interculturelle et une inclusion authentique. Les philosophies de Kant et de ses contemporains, cependant, contredisent ces idéaux en excluant les non-Européens de leurs définitions d’êtres moraux et rationnels. Une éducation plus inclusive en Afrique devrait critiquer et remettre en question ces limitations, en favorisant un cosmopolitisme qui valorise toutes les cultures de manière égale.

En conclusion, comme je le soutiens dans« Kant and the Politics of Racism: Towards Kant’s Racialised Form of Cosmopolitan Right », les universités africaines devraient réévaluer avec soin la place de Kant et d’autres philosophes empreints de préjugés raciaux dans leurs programmes. Plutôt que d’enseigner ces figures sans recul critique, les universités devraient privilégier des penseurs dont le travail s’aligne avec les objectifs de libération, d’émancipation et d’inclusion authentique pour les étudiants africains.

PR JIMMY YAB