L’ARMÉE CAMEROUNAISE: UN MODÈLE INCONTESTABLE DE CITOYENNETÉ DÉVELOPPEMENTALISTE COMMUNAUTAIRE DANS UNE JEUNESSE EN QUÊTE DE REPÈRES

Pr Jimmy Yab à l’Ecole Internationale de Guerre de Yaoundé

Résumé

Cet article analyse le rôle de l’armée camerounaise comme modèle de citoyenneté développementaliste dans un contexte où la jeunesse, confrontée à des crises sociales et économiques, cherche des repères. Par ses initiatives de développement communautaire, son engagement éducatif et son rôle dans la promotion des valeurs républicaines, l’armée incarne un acteur central de la cohésion sociale au Cameroun. En dépit des critiques liées à certains conflits, elle reste un pilier essentiel pour une jeunesse en quête de stabilité et d’unité nationale.

Mots-clés : Armée camerounaise, citoyenneté, développement communautaire, jeunesse, valeurs républicaines, cohésion sociale.

Abstract

This article examines the role of the Cameroonian army as a developmentalist model of citizenship in a context where youth face social and economic crises and seek guidance. Through its community development initiatives, educational engagement, and promotion of republican values, the army serves as a central actor in social cohesion in Cameroon. Despite criticisms linked to certain conflicts, it remains an essential pillar for youth seeking stability and national unity.

Keywords : Cameroonian army, citizenship, community development, youth, republican values, social cohesion.

Pr Jimmy Yab à l’Ecole Internationale de Guerre de Yaoundé

Introduction

J’ai eu le privilège de donner des séminaires sur la géopolitique militaire de la Chine à l’École Internationale de Guerre de Yaoundé, une institution reconnue pour son rôle dans la formation des élites stratégiques africaines. Cette expérience a confirmé une conviction profonde : l’armée, lorsqu’elle est bien structurée, peut jouer un rôle déterminant dans la construction de la citoyenneté et du développement communautaire.

Dans le cas du Cameroun, cette réalité est d’autant plus pertinente que la jeunesse, confrontée à des crises multiples — chômage endémique, perte de valeurs et insécurité — manque cruellement de repères. Dans ce contexte, l’armée camerounaise se distingue non seulement comme garant de la souveraineté nationale, mais aussi comme un modèle de citoyenneté active et développementaliste.

Cet article explore comment l’armée camerounaise, à travers ses engagements civiques, ses programmes éducatifs et son rôle dans la cohésion sociale, incarne une institution exemplaire pour une jeunesse désorientée. Il défend l’idée que l’armée est un acteur clé du développement communautaire et un repère incontournable pour la jeunesse camerounaise.

I. L’armée camerounaise : un modèle de citoyenneté républicaine

Avec une estimation de 40 000 soldats actifs (IISS), l’armée camerounaise occupe une place stratégique dans la défense et la sécurité nationale. Son rôle ne se limite pas aux missions militaires. En effet, elle participe activement à des missions de développement et de promotion de valeurs républicaines.

A. Une institution porteuse des valeurs républicaines

Depuis sa création, l’armée camerounaise s’est affirmée comme un pilier de l’unité nationale. À travers sa composition ethnique et régionale diversifiée, elle reflète la mosaïque culturelle du pays.

« La diversité au sein des forces armées camerounaises symbolise une volonté d’unité et de cohésion, surmontant les clivages ethniques et linguistiques » (Tchouala, 2018).

Les valeurs républicaines inculquées dans les écoles militaires incluent :

1. L’intégrité et la discipline : Ces principes, au cœur de la formation des recrues, sont transmis à travers des programmes éducatifs rigoureux.

2. Le respect de l’autorité et des institutions : L’armée agit comme un vecteur de stabilisation sociale dans un environnement souvent marqué par des crises politiques.

B. La promotion de l’unité nationale

Face aux tensions sociales et régionales, notamment dans les zones anglophones, l’armée joue un rôle clé dans la promotion de l’unité nationale. En intégrant des recrues de toutes les régions et en favorisant une éducation commune, elle réduit les fractures sociales.

• Exemple : L’École Militaire Interarmées (EMIA) rassemble des jeunes de toutes les régions, contribuant ainsi à forger un esprit de camaraderie nationale.

II. Un acteur central du développement communautaire

Pr Jimmy Yab à l’Ecole Internationale de Guerre de Yaoundé

A. Contributions tangibles au développement local

L’armée camerounaise dépasse ses fonctions traditionnelles pour devenir un acteur du développement communautaire. En 2021, elle a achevé plus de 30 projets communautaires, incluant la construction d’infrastructures et la mise en place de services essentiels.

Exemples spécifiques :

• Construction d’écoles dans l’Extrême-Nord pour accueillir des élèves déplacés par les attaques de Boko Haram.

• Réhabilitation de routes et de ponts dans les zones enclavées.

Ces actions renforcent le lien entre l’armée et les communautés locales, consolidant ainsi son rôle de modèle de citoyenneté développementaliste.

B. Soutien humanitaire en période de crise

Lors des crises humanitaires, l’armée joue un rôle vital dans l’assistance aux populations affectées.

En 2020, l’armée a fourni des vivres et des abris temporaires à plus de 20 000 réfugiés internes, contribuant à stabiliser les régions touchées par les conflits.

« L’armée camerounaise est un acteur clé dans les réponses d’urgence, combinant logistique militaire et action humanitaire » (Human Rights Watch, 2021).

C. Programmes éducatifs et civiques pour la jeunesse

L’armée organise des camps civiques et des programmes de sensibilisation pour les jeunes. Ces initiatives, qui ont touché plus de 10 000 participants entre 2019 et 2022, inculquent :

1. Les principes de citoyenneté active : Sensibilisation aux droits et devoirs des citoyens.

2. La discipline et l’engagement communautaire : Participation à des projets environnementaux et sociaux.

III. Une institution confrontée à des défis, mais toujours exemplaire

A. Gestion des conflits internes

Bien que des abus aient été signalés dans les régions anglophones, ces incidents concernent des éléments isolés. Des réformes sont en cours pour renforcer la transparence et la responsabilité des unités déployées. « Les critiques envers l’armée doivent être nuancées, car elles ne remettent pas en question son rôle structurant dans la société camerounaise » (Mouiche, 1996).

B. Comparaison avec les armées de la sous-région

En Afrique centrale, l’armée camerounaise se distingue par son engagement civique et développementaliste.

Contrairement au Tchad ou au Gabon, où les armées se concentrent sur des objectifs militaires ou politiques, l’armée camerounaise intègre le développement communautaire dans ses priorités stratégiques.

IV. Perspectives et recommandations

Pour pérenniser son rôle modèle, l’armée camerounaise pourrait :

1. Institutionnaliser les programmes de développement communautaire : Faire des initiatives sociales une composante obligatoire des missions militaires.

2. Renforcer la formation en droits humains : Intégrer systématiquement ces modules dans les formations de base et avancées.

3. Créer des partenariats avec les ONG et les institutions civiles : Collaborer avec les acteurs locaux pour maximiser l’impact des projets communautaires.

4. Multiplier les campagnes civiques pour la jeunesse : Étendre les camps civiques et les ateliers éducatifs à l’ensemble du territoire.

Conclusion

L’armée camerounaise incarne un modèle de citoyenneté développementaliste et communautaire dans un environnement où la jeunesse cherche des repères. Par ses actions tangibles, son engagement pour l’unité nationale et sa capacité à répondre aux besoins des populations, elle dépasse son rôle militaire traditionnel pour devenir un pilier de la cohésion sociale.

Avec des réformes structurelles et une collaboration accrue avec les acteurs civils, l’armée camerounaise continuera de jouer un rôle clé dans la construction d’une nation unie, stable et résolument tournée vers le développement.

Références

1. Tchouala, R. A. L. Diplomatie préventive et construction d’une communauté de sécurité en Afrique centrale. 2018.

2. Mouiche, I. Mutations socio-politiques et replis identitaires en Afrique: le cas du Cameroun. African Journal of Political Science, 1996.

3. Pondi, J. E. Citoyenneté et pouvoir politique en Afrique centrale. 2016.

4. Human Rights Watch. World Report 2023: Cameroon.

5. International Institute for Strategic Studies. Military Balance 2022.

Donald Trump and Africa: What to Expect in His Second Term

Donald Trump USA presidential elections 2024

Donald Trump and Africa: What to Expect in His Second Term

As Donald Trump assumes office once again as the 47th President of the United States, many are looking to assess what his return to the White House might mean for Africa. Trump’s previous term (2017-2021) was marked by a controversial and often divisive approach to the continent, with critics highlighting his blunt rhetoric, while supporters argue he was the first to bring much-needed attention to the growing influence of China in Africa. As Trump returns, it’s likely that his policies towards Africa will continue to prioritize U.S. economic interests and countering Chinese influence on the continent, though the specifics may evolve given the current global and regional context.

A Controversial Start: Trump’s First Term and Africa

Donald Trump’s first term as president was characterized by moments that reflected a seemingly dismissive attitude towards Africa. In 2018, reports surfaced that he referred to some African nations as “s-hole countries” in a meeting, a comment that sparked widespread condemnation and left a lasting impact on his administration’s reputation in Africa. Many African leaders and citizens saw the comment as emblematic of a lack of respect and understanding from the Trump administration toward the continent.

Yet despite the controversy, Trump’s Africa policy also had a strategic focus, especially in terms of countering China’s growing influence. His administration consistently underscored the risks of Chinese involvement in Africa, especially concerning China’s investments and infrastructure projects across the continent. Many African nations had increasingly turned to China for economic assistance, with Beijing financing major projects from railways to highways through its Belt and Road Initiative (BRI). Trump and his advisors saw this as a potential threat to U.S. strategic interests and sought to push back against China’s foothold.

Countering China: An Ongoing Priority

One area where Trump’s supporters argue he made a significant contribution was in raising awareness about China’s influence in Africa. “You will again see aggressive countering of Chinese influence in Africa,” stated Tibor Nagy, former Assistant Secretary of State for African Affairs under Trump. During Trump’s first term, Nagy and other officials frequently warned African leaders about the risks associated with Chinese debt and dependence, framing China as a “revisionist power” with interests that do not align with Africa’s long-term sovereignty and stability.

In Trump’s second term, this approach is expected to intensify, with an even greater focus on economic strategies that seek to curb China’s influence on the continent. Under Trump, the United States is likely to strengthen partnerships with African nations that share American views on economic sovereignty and could potentially benefit from alternatives to Chinese investment. Trump’s administration may explore initiatives such as the “Prosper Africa” initiative — an economic program from his first term aimed at boosting trade and investment between the U.S. and Africa — and expand on it to promote American business interests while creating competitive alternatives to China’s BRI.

Securing Critical Minerals for Green Technologies

One of the biggest areas of focus in Trump’s return to office will likely be securing access to Africa’s vast reserves of critical minerals, especially those essential to emerging green technologies. Africa is rich in minerals such as cobalt, lithium, and rare earth elements that are key components in the batteries used for electric vehicles, mobile phones, and other modern technologies. As the world moves toward greener energy solutions, the demand for these minerals is increasing rapidly, and the U.S. views stable access to these resources as a matter of national security.

“There is no denying that access to the many critical minerals that Africa has in great abundance is needed for America’s economy today as well as for the technologies that will lead us into the future,” said Ambassador J. Peter Pham, a former U.S. Special Envoy for the Sahel Region under Trump. Pham emphasizes that any monopolization of these supply chains — particularly by China, which has made strategic investments in Africa’s mining sector — represents a security risk for the United States. In his second term, Trump’s administration may push for partnerships and investments in Africa that help secure a more diverse and reliable supply chain for these resources, positioning the U.S. as a competitive partner to African nations looking to develop their mining industries.

A Transactional Approach to Diplomacy

In line with Trump’s signature “America First” philosophy, his approach to Africa is expected to remain transactional. Rather than promoting broad-based development aid, Trump’s policies are likely to focus on areas that directly serve U.S. interests, including trade, security, and resource acquisition. During his first term, Trump’s administration significantly cut foreign aid, and it is likely that he will continue to prioritize mutually beneficial agreements over traditional assistance. African nations that align with U.S. policy objectives may benefit from increased economic opportunities and security cooperation, while others may see reduced engagement from Washington.

Security and Counterterrorism Cooperation

Security cooperation in Africa, particularly in regions facing instability from extremist groups, was another aspect of Trump’s policy in his first term. The Sahel region, for instance, has seen a growing threat from terrorist groups such as Boko Haram and ISIS-affiliated organizations. The Trump administration supported counterterrorism initiatives in these regions, although his focus was often criticized as narrow and selective. In his second term, Trump is expected to continue supporting counterterrorism measures in Africa, especially if they align with U.S. security interests. However, Trump’s tendency to scale back American military involvement could lead to a more cautious approach, with the U.S. possibly encouraging regional allies and private security firms to take on a larger role.

What African Nations Can Expect

While the specifics of Trump’s Africa strategy remain to be seen, African leaders can expect an administration that prioritizes pragmatic partnerships over ideological commitments. Countries that are rich in critical minerals, aligned with U.S. anti-China policies, or play strategic roles in regional security may find themselves prioritized in Trump’s second term.

However, this transactional approach may also mean that countries that fail to align closely with U.S. interests could face disengagement. African nations may also be wary of Washington’s perceived unpredictability under Trump, with leaders potentially weighing whether to strengthen ties with other global powers such as China or Russia as a hedge against shifting U.S. policies.

A Different Kind of Engagement

Trump’s second term in office will likely bring a distinct and pragmatic engagement strategy with Africa, one that heavily focuses on securing U.S. economic interests, countering Chinese influence, and building selective security partnerships. African leaders and policymakers will have to navigate an evolving landscape, where U.S. engagement is driven by a transactional mindset rather than broad developmental goals. For better or worse, Trump’s approach to Africa may reshape the continent’s diplomatic landscape, making it essential for African leaders to weigh their own strategic priorities as they engage with the United States.