J’avais programmé une alarme quotidienne sur mon téléphone, un rappel simple qui disait : « appelle mère Mary ». J’appelais toujours ma maman « mère Mary ». Chaque jour, à la même heure, cette petite notification apparaissait. Parfois, je l’ignorais, absorbé par le travail ou les tracas du quotidien. « Je l’appellerai demain », je me disais. Il y a toujours un demain, n’est-ce pas ?
Mais ce « demain » est venu sans elle. Et maintenant, chaque fois que cette alarme retentit, elle ne m’apporte plus qu’un sentiment de vide, un rappel cruel de ce que j’ai perdu, et de ces moments que je ne pourrai jamais rattraper. Je me surprends à laisser l’alarme active, comme si j’espérais encore l’entendre de l’autre côté du fil, comme si un appel pouvait la ramener. Mais ce silence… ce silence est déchirant. C’est un silence que je n’avais jamais expérimenté, une absence qui résonne plus fort que toutes les paroles que je n’ai pas prononcées.
La solitude qui s’est installée en moi est accablante. C’est une solitude qui me fait comprendre que je ne retrouverai jamais ce lien unique, cet amour inconditionnel qu’elle me donnait. Je réalise maintenant à quel point sa voix apaisait mes inquiétudes, à quel point elle me donnait de la force, simplement en étant là, à l’autre bout du téléphone, ou alors sachant seulement que je peux l’appeler à n’importe quel moment. Sans elle, je me sens perdu, déconnecté, comme si le monde autour de moi continuait de tourner alors que je suis figé dans ce chagrin. C’est une tristesse que je n’aurais jamais pu imaginer, une douleur qui me laisse sans souffle, sans repère.
Il y a des jours où je me demande comment j’ai pu prendre pour acquis tous ces moments, tous ces appels que j’ai remis à plus tard. J’avais encore tant de choses à lui dire, tant de fois où j’aurais voulu entendre son rire, recevoir ses conseils, sentir son amour enveloppant. Mais le temps m’a échappé, et avec lui, ma maman. Cette solitude que je ressens n’est pas seulement celle d’un cœur brisé ; c’est une solitude au monde, une sensation d’être coupé de tout, d’être seul dans une réalité que personne ne peut comprendre.
À ceux qui ont encore la chance d’avoir leur maman, je vous le dis avec tout le poids de mon expérience : ne laissez pas ces moments s’échapper. Ne remettez pas ces appels à demain, ne laissez pas une alarme vous rappeler ce que vous risquez de perdre. Dites-lui que vous l’aimez, parlez-lui aussi souvent que possible, serrez-la dans vos bras. Parce qu’un jour, cette alarme sonnera encore, mais elle ne pourra plus jamais répondre. Et alors, il ne vous restera que le silence, la solitude, et le regret.
APPELLE TA MAMAN À L’INSTANT OU ALORS VA LUI RENDRE VISITE.
PR. JIMMY YAB
